En parcourant un texte de M. de Beaurepaire, nous sommes partis de Vernon à Rouen. Poursuivons ici la route des bacs de Rouen à la mer. Nous aurons surtout pour passeur Jean-Pierre Derouard...

CHOISISSEZ VOTRE LIEU D'EMBARQUEMENT : le bac de Rouen à Croisset, la barque de Croisset, le bac de Croisset, bac de Dieppedalle à la chaussée de Grand-Quevilly, de Petit-Couronne au Val-de-la-Haye, de Grand-Couronne au Val-de-la-Haye, le passage de l'île du Val-de-la-Haye, d'Hautôt-sur-Seine à Grand-Couronne, Trémauville, bac de la Bouille à Sahurs,  de Caumont à Saint-Pierre-de-Manneville, bac de Nouret, bac du Val-des-Leux, bac des Saint-Georges-de-Boscherville, le passage de la Fontaine, la chaussée Dupont, le bac de Duclair, le bac d'Yville au Mesnil-sous-Jumièges, le passage de la Roche, le passage du Gouffre, le passage de la Foulerie, le bac de Jumièges, le bac de Yainville, le passage du Trait, le bac de la Mailleraye, le bac de Caudebec, le passage de Villequier, le passage de Courval ou de Vieux-Port, le passage de Quillebeuf, le passage de Tancarville, le bac du Hode, le passage d'Harfleur à Honfleur,



Bac du bassin Saint-Gervais
Il n'a fonctionné que de 1924 à 1926


Bac de Rouen à Croisset.
La confrérie du S.-Esprit et de la Trinité, fondée en l'église S.-Martin de Canteleu, avait droit, en vertu d'une ancienne concession confirmée par charte de l'année 1330, par lettres patentes de Henry V d'Angleterre, 1440, à tous les deniers perçus pour le passage des personnes et des marchandises de Rouen à Croisset et de Croisset à Rouen, le dimanche après la fête S.-George, le jour de l'assemblée S.-Gorgon, autrefois fameuse dans le pays. Les confrères s'adressaient aux juges du bailliage, et à partir de 1755, au Vicomte de l'Eau, pour faire publier leur privilège à son de trompe sur les quais de Rouen et de Croisset. Ce droit est indiqué en termes un peu différents dans l'aveu de la châtellenie de Croisset rendu par François de Pardieu, le 12 novembre 1680. « Les bateliers qui passent et repassent les hommes, femmes et enfants, le jour de S.-Jores, sont tenus de bailler la tierce partie de leur gaing à l'église de Canteleu pour l'entretien d'icelle. »
 


Barque de Croisset

Elle se faufilait entre l'île Sainte-Barbe et la presqu'île Elie pour atteindre les chantiers de Normandie.

En 1816, ce passage concerne les communes du Petit-Quevilly et de Canteleu avec un bateau.

1811 : Philippe Questel.
1822 : Bailhâtre passager.

1824 : Bazière.
Philippe passager en 1839.
Viger en 1844.

Passage fermé en 1987.






Bac de Dieppedalle à la chaussée du Grand-Quevilly.
Il appartenait, à la fin du XVIIIe siècle, à Catherine de Moutier, veuve de J. B. Ango, marquis de la Motte Lézeau.
Fermier de 1763 à la Révolution :Jean-Baptiste Delamare. Evincé au profit de Pierre Leclerc en 1792.
1802 :  Paschal Gilles.
1811 : Chéron.

1870 : Mettiez.
En 1816, concerne les communes de Grand-Quevilly et Canteleu avec un bateau.
 Propriété de la famille Deschamps puis des Ponts-et-Chaussées, l'île Saine-Barbe a disparu du paysage en 1933.
Le bachot de Dieppedalle a coulé dans les années 60, heurté par une péniche.





Non cités par Beaurepaire
Petit-Couronne - Val-de-la-Haye

Il s'appelait passage du Haut du Val de la Haye et concernait la commune du même nom et Petit-Couronne en 1816 avec un bateau.
D'abord piétons puis véhicules en 1972 avec le bac n° 15. 








Grand-Couronne - Val-de-la-Haye
Attesté au XIIe siècle. Appartenait à la commanderie de Sainte-Vaubourg. On l'appelait toujours passage de Sainte-Vauxbourg en 1816 avec un bateau.
Véhicules doublé d'un passage piétons.
1873 : Grosmesnil passager.
1890 : Cotelle.
Fermé en 1972. Déplacé à Petit-Couronne.




Passage de l'île du Val-de-la-Haye


N'apparaît pas en 1816. Piétons. Le plus court de tous. L'île fut rattachée à la rive en 1951.
Hautôt-sur-Seine - Grand-Couronne

N'apparaît pas en 1816. Piéton. En 1920, Etienne Boimare est passager.
En décembre 60, M. Lefebvre, le passeur s'est noyé. Il était père de cinq enfants. Bac épisodique à partir de 1987. Fermé en 1994.
source et photo : Jean-Pierre Derouard.
 Trémauville

N'apparaît pas en 1816. Entre le château de Trémauville, à Sahurs et celui de la Vacherie, à Moulineaux. Piétons. Fermé en 1968.
Les quatre bacs du marquis de Mauny


Aux termes d'un aveu rendu le 3 mai 1685, Charles d'Estampes avait droit de port et de passage tant à La Boui, Caumont, Le Nouret et le Val-des-Leux fieffés par ses prédécesseurs avec exemption pour lui, sa maison et ses officiers de ne payer aucun droit de passage.


1) le bac de la Bouille à Sahurs...


Il fut d'abord à rame... ici doté d'un abri Tracté par une vedette dès 1925
La nouvelle vedette 1960 : mise en service du n° 11 Le bac n° 20 arrrive en 1988.

1804 : Froment passager.
Deux bateaux en 1816.
2) de Caumont à S.-Pierre de Manneville...
Nicolas Vignant passager en 1836. Piétons. Fermé en 1967.


3) le bac de Nouret...

4) le bac du Val-des-Leux.
Concerne les communes de Mauny et de Saint-Pierre de Manneville.

1809 : Guilaume Bouteheut passager
1816 : deux bateaux.
1850 : Jean-Louis Gosse.
1886 : Capron.
Fermé à cette époque, victime de la concurrence du bac de Caumont.


Bac de S.-George

Concerne Bardouville et Boscherville

Il appartenait au XIII
e siècle aux religieux de S.-George. Il s'éleva, au sujet de ce bac, une contestation entre eux et Anseau de Braie, seigneur de Bardouville ; elle fut terminée en 1248 par la sentence arbitrale de l'archevêque de Rouen que nous avons déjà citée. Il fut reconnu que le chevalier avait droit à une rente de 6 s. t. chaque année, au jour S.-Michel, sur ce port alors nommé le port Herbert portus Herberti, qu'il pouvait prétendre franc passage pour lui, pour sa maison et pour son chapelain, le prêtre de Bardouville. Lorsque le chevalier, un homme de sa maison ou le chapelain, voulaient passer la Seine de bon matin et qu'ils avaient prévenu la veille le batelier du couvent, celui-ci devait se trouver au port, à l'heure indiquée. Le seigneur tenait sans doute beaucoup à ce qu'on ne le fit point attendre ; car toutes les causes légitimes de retard furent prévues avec un soin minutieux, et il fit mettre à sa disposition tous les moyens nécessaires pour n'avoir pointà souffrir de la mauvaise volonté du gardien du port ou de ses sergents. En 1560, les religieux aliénèrent leur bac. Il fut adjugé, en 1680, par arrêt du parlement, aux dames de Bardouville, comme étant compris dans la mouvance de leur seigneurie.

Le passeur, Maurice Saumon, sa belle-mère, Louise Mauger, sa femme Rollande et sa fille Mauricette.

Selon une chartre de 1248, la portion de fleuve comprise entre le Val des Leux et Ambourville portait le nom d’Eau de Bardouville, elle appartenait aux seigneurs du même nom et disposaient d’un libre droit de pêche sur les deux rives du fleuve. Le bac appartenait aux religieux de l’abbaye de Saint-Georges et lors du procès qui les opposa à Anceaux de Braye en 1248, il fut reconnu que le seigneur de Bardouville avait droit à une rente de six soles chaque année, au jour de la Saint-Michel, sur ce port nommé alors Port Herbert et qu’il pouvait prétendre franc passage sur la Seine, pour lui, pour sa maison et pour son chapelain, le prêtre de Bardouville.
Il avait l’obligation de faire prévenir le batelier du couvent la veille de la traversée, celui-ci devait se trouver au port à l’heure convenue, car le sire de Bardouville tenait à ce que l’on ne le fasse pas attendre ; toutes les causes légitimes de retard furent prévues avec un soin minutieux et il fit mettre à sa disposition tous les moyens nécessaires pour n’avoir point à souffrir de la mauvaise volonté du gardien du port.

Sources : Archives départementales de la Seine-Maritime

1749 : Jean Leroux passager
1771: Louis Perdrix, le passager, s'est noyé.


Après la révolution, les lois de 1798 et 1804 confient les passages d’eau aux Départements qui deviennent propriétaires des abords et embarcations et aux Ponts et chaussées qui doivent les visiter deux fois par an. De nouveaux cahiers des charges définissent pour la sécurité les obligations des locataires, qui sont désormais de véritables passeurs professionnels.

1802 : Pierre Noël Delahaye, passager.
1812 : Quibel.
1816 : deux bateaux
1850 : Laurent Loisel

1862: Mr Pierre François Roger de Bardouville est déclaré adjudicataire des droits à percevoir du passage et il en a accepté l’affermage. Le 31 décembre 1867 un procès-verbal lui est dressé pour négligence apporté au service du passage, l’entretien des bachots laissant à désirer et le service étant fait le plus souvent par un vieillard ou un enfant de 12 ans.

1868: Le bail du Sieur Roger lui est renouvelé moyennant un loyer annuel de 100 Francs, l’entretien du
matériel étant à sa charge.
Le passage était naturellement payant, le tarif devait être indiqué sur un panneau, celui de 1899 nous renseigne :
- Un piéton 10 centimes, ainsi qu’un vélocipède à 2 roues.
- Une remorque accrochée à un vélocipède 25 centimes.

1877 : Veuve Bazille Letellier.

1931: M. André Mauger d’Hénouville obtient la concession et devient fermier du passage, qu’il exploitera jusqu’en 1944. Il viendra habiter à Bardouville avec sa famille.

1934. M. Guéroult exploite une barque à rame qui fut brisée, son amarre yant été rompue par le passage du steamer Hanseat. Il fit un procès mais fut débouté.

1940: C’est la guerre et l’invasion de la France par l’armée allemande. Mr Mauger est affecté par les
autorités françaises à la surveillance du pont de chemin de fer de Saint-Aubin-lès-Elbeuf. Pendant une
absence d’environ six mois, c’est son épouse Louise qui assure le service du passage, à la rame bien sûr, car à cette époque les bachots ne sont pas motorisés.

1944: Le bail de M. Mauger étant expiré, l’exploitation du passage est vacante.

10 janvier 1944: l’affectation d’un matelot est demandée à la Feldkommandantur par Mr Marcel Haussy
ingénieur en chef des Ponts et chaussées. C’est Mr Pierre Laloyer de Bardouville qui y sera affecté.

1945: Mr Maurice Saumon de Bardouville est affecté comme matelot.

1949: Le 1er juin la concession du passage est attribuée à Mr Joseph Decaux de Bardouville moyennant un loyer annuel de 230 000 Frs. Il assurera le service jusqu’en 1968.

14 mai 1956: Sur un voeu présenté par M. Raymond Brétéché, conseiller général et Maire au Trait, le Conseil Général accepte la motorisation des barques assurant le passage de Saint-Georges ainsi que celui de la Fontaine. Jusqu’à cette date les barques étaient actionnées à la rame. En fait les passeurs avaient tous déjà doté leurs barques (à leurs frais) d’un moteur auxiliaire hors-bord. Le Conseil général reconnaît et officialise cette situation.

1968: Après enquête de l’ingénieur en chef du Port Autonome de Rouen et un comptage discret du trafic effectué à l’insu du passeur, il apparaît que le passage n’est utilisé que par sa famille. Après délibération, la commission départementale décide de sa fermeture définitive le 1er Août 1968. Dernier passeur : Joseph Decaux.


Sources : Archives du Port Autonome de Rouen.
J.P. Derouard et G. Fromager : Histoire des bacs de Seine, de l’aviron au moteur.


Le Passage de La Fontaine.
Non cité par Beaurepaire. Entre Ambourville et Saint-Pierre-de-Varengeville. En 1816, avait un caractère provisoire et constituait une annexe de Duclair. Fermé en 1972. Dernier passeur : André Lebourgeois.

Le hameau de la Fontaine, au bord de la Seine, se trouve dans sa majorité situé sur la commune d'Hénouville. Une petite partie dont justement le passage d'eau et la chapelle Saint-Anne accrochée à flanc de falaise, appartient à Saint-Pierre de Varengeville.
Ce passage d'eau existe à la Fontaine depuis fort longtemps. En janvier 1362, Philippe Harel, de Barneville, vend à Nicolas Le Couëtte, "huit milliers de tuiles et la fourniture dont il y en aura un miller de tuiles plombées rendues à la Fontaine sur Duclair pour 16 écus à payer à Pâques."
Le chemin de halage qui menait de rouen à Duclair changeait de rive à cet endroit. L'entretien en était à la charge des propriétaires riverains. Entre le Fontaine et l'Anerie, on trouve le sieur Leclerc condamné les 15 mai 1750 et 26 juin 1752 pour non entretien du chemin de halage et, le 23 juin 1752 on trouve le sieur Pigache condamné pour le même motif.
Mais revenons au passage d'eau. Au début du XIXe siècle, il est la propriété de M. de Marivaux, seigneur d'Ambourville,. Le 9 septembre 1780, le passager, c'est à dire le passeur, se nommait Dieppedalle. Il fut condamné pour n'avoir pas fait enregistrer son bail. Le 1er février 1790, le sieur Poullain déclare qu'il n'est pas passager. Par contre, il l'est en l'An 8 lors d'une inspection de la vicomté de l'eau. Le bachot de 19 pieds est au tiers usé. Le 28 vendémiaire An 8, la maison située près du passage est louée pour loger la garde nationale.

Le cahier des charges des droits à percevoir pendant les années 1856 à 1861 au passage d'eau de Duclair date du 18 août 1855. Il concerne également le passage de la Fontaine qui est une annexe de Duclair. A cette époque, les Ponts et Chaussées du Département afferement le service. Le fermier, après adjudication, devait fournir et entretenir les bacs, bateaux et bateliers ainsi que tout le matériel nécessaire pour assurer le passage des gens, des animaux et des véhicules. En outre, lors de l'adjucication, il devait déposer une caution et payer ensuite un loyer au Département. En contrepartie, il était autorisé à percevoir des droits aux tarifs arrêtés par le gouvernement. Le cahier des charges du 20 décembre 1888 reprendra les mêmes dispositions.
Jean-Pierre Hervieux


Les passeurs
Leclerc (1750), Pigache (1752), Dieppedalle (1780), Poullain (an 8), Non signalé en 1816. Louis Jérôme Delaunay (1850-1855), Jean-Thomas Fleury (1855-1857), Jean Philippe Vallois (1857-1862), François Elie Lefebvre, (1862-1864), natif de Guerbaville, il a fait quatre ans dans l'armée de terre, Durand (186?-1867), Adrien Bellet (1882-1888),
Alfred Lecat (?-1920), Charles Agasse (1920-1935), Daniel Delaville (1936-1960), Mme Delaville (1960-1967) André Lebourgeois (1967-1972). Fermé le 1er avril 1972.



Les bacs de Duclair, de Jumiéges, du Gouffre, d'Heurteauville et du Trait, précise Beaurepaire, appartenaient aux religieux de Jumiéges. Nous y ajouterons La Foulerie et Quillebeuf. Nous avons vu qu'un fermier de la Vicomte de l'Eau, vers le milieu du XVe siècle, avait contesté aux religieux le passage de Jumiéges. A cette époque leur bac leur rapportait plus de 200 l. par an.  Reprenons le trajet...

La chaussée Dupont
Non cité par Beaurepaire. A l'usage privé de l'abbé de Jumièges. Situé sur Anneville.


Le bac de Duclair.

Concerne Berville et Duclair.

1772 : Jean-François Masselin est passeur. Par ailleurs boulanger.
1776 : Jean Duramé est passeur. Par ailleurs journalier.
1784 : Le passeur, Nicolas Bardet, ose faire payer le seigneur du Pont. Procès.
1789 : François Feugray.
1799 : Quatre bateaux. Leroux nouveau passager mais aussi la veuve Feugray.
1813 : mise en service d'un bachot à tablier.
1816 : le bac est conduit par la femme et la fille de Désiré Vautier. Naufrage le 27 février.
1817 : Lachèvre passager.
1819 : travaux sur le bac pour 5.500F.
1838 : Delaunay est passeur. Soumis à contribution foncière, il conteste.
1868 : bac à rames de 13,20 m sur 4,30. Contenance : 180 passagers ou 20 têtes de bétail.
1870. Le bac, manœuvré par Savalle est coulé par les Prussiens.
1873 : inauguration du premier bac à vapeur. Lire  :
1930 : inauguration du bac N° 6.
1963 : inauguration du bac N° 8.
1970 : inauguration du bac N° 14.
1999 : inauguration du grand bac.


Le bac d'Yville au Mesnil-sous-Jumièges.
En 1816, avait un caractère provisoire et formait une annexe du passage de La Roche. La ligne actuelle est entrée en service en 1882.


Le passage du port-d'Yville
Non cité par Beaurepaire. Le seigneur d'Yville avait un passage privé.

Le passage de la Roche.



Non cité par Beaurepaire. Piétons. Concerne Barneville (Eure) et Le Mesnil.
1816 : un bateau.
1863 : Saint-André passager.
1916 : Mme Deshayes batelière.
Fermé en 1972
. Notre page spéciale



Le passage du Gouffre.


Propriété des moines de Jumièges.
Ce passage partant du domaine de l'abbaye de Jumièges pour accoster à Barneville, sur la seigneurie de Mauny, le sieur Michel Lefort fut convoqué devant la haute justice de cette dernière, le 28 mai 1619, pour s'expliquer sur cette incursion. Il eut manifestement gain de cause car le passage fut maintenu.
En 1652, il est considéré comme une annexe du passage de Jumièges. Les passeurs sont Nicolas Marc en 1732, François Amand en 1771. Il semble avoir disparu avec la Révolution. On ne le cite pas en 1816.

Source : Jean-Pierre Derouard, Un passage de la Basse-Seine, Jumièges, Les Gémétiques, 1993.


Le passage de la Foulerie
Non cité par Beaurepaire. 


Le bac de Jumièges.
Propriété des moines.

Un bac et deux bateaux en 1816.

Portrait de Michel Guyomard


Le passage de la Rue des Iles
Sert surtout aux gens d'Heurteauville pour venir à la grand messe de Jumièges.

Le passage d'Yainville à la grange aux dîmes

Le bac d'Yainville à Heurteauville
voir nos pages spéciales


Le passage du Trait à Heurteauville

En 1816, on ne signale qu'un bac au Trait, celui qui aboutit à Jumièges, autrement dit Heurteauville. Pourtant le bac du Trait à La Mailleraye est attesté en 1817.

Piétons. Attesté au XIVe siècle. Fermé en 1980.
1850 : Jean-Charles Leborgne
1857 : Etrot.



Le bac de La Mailleraye
Jean de Moy, seigneur de la Mailleraie, déclarait dans son aveu de 1583 « avoir le droit de bacs et bateaux pour passer le travers de la rivière à venir et retourner de son marché qui avait lieu tous les jeudis et de prendre tous les profits qui y appartenaient». Le 30 avril 1783, la marquise de Nagu baillait à ferme « le bac pour passer la rivière devant la Mailleraie, en embarquant aux endroits les plus commodes, depuis le bourg dudit lieu jusqu'à la pointe du petit château, et en débarquant sur la commune du Trait », à charge par le preneur de se conformer aux règlements de l'amirauté et de la Vicomte de l'Eau, et au tarif des droits fixes par l'arrêt du conseil du mois d'août 1782. Elle baillait en outre le droit de transport de toutes les marchandises, de la Mailleraye à Caudebec et de Caudebec à la Mailleraye, avec faculté d'embarquer et débarquer depuis le Rouge-Saule jusqu'au puits Coquerel sous Aiziers du sud.

1817 : Désiré Vautier passager.
1842 : mise en service d'un grand bac à rames.

1858 : Duramé.
1869 : Lebourgeois passager.
1876 : Edouard Lefranc.

1890 : Aubert
Deux bacs pour piétons et bachot à rames pour véhicules et bétail jusqu'au 5 juin 1892, date de l'inauguration du bac à vapeur. Cale décentrée à Gauville.
1928 : mise en service du bac n° 5. Fermé en 1977.


Notre page spéciale


Bac de Caudebec.
Il appartenait aux religieux de S.-Wandrille. Au XIII
e siècle, ils ne possédaient point encore exclusivement le droit de passage Roger Toupin, chevalier, et Jean de la Noereie, écuyer, eurent en 1253, une discussion, avec le couvent, au sujet du bateau qu'ils avaient au port de Caudebec. Ils reconnurent que ce bateau ne devait avoir que 51 pieds de long sur 12 de large, et s'engagèrent, dans le cas où ils le loueraient, à payer une partie du prix aux religieux.
En 1277, Robert d'Esquetot le jeune, Jean de Nouier et Basire de la Meslerée (la Mailleraie) cédèrent à S.-Wandrille le droit qu'ils avaient sur le bateau de la Mailleraie, moyennant certaine rente, et en se réservant le droit d'usage pour eux, pour leur famille et pour leurs vassaux.
Pierre du Val, seigneur de la Mailleraie, confirma en 1279 la cession faite par Basire de la Meslerée sa mère, par Jean du Nouier et par ses prédécesseurs.

Les bateaux de Caudebec dépendaient de l'office du cuisinier de S.-Wandrille. En 1788, ils rapportaient 200 l. par an. Le tarif du passage avait été augmenté par arrêt du conseil du 6 juin 1663. Parmi les considérations que les religieux firent valoir à l'appui de la requête qu'ils présentèrent à cet effet à l'intendant, quelques-unes méritent d'être signalées.

Ils soutenaient que lors de la fixation des droits qui avait eu lieu, il y avait près de 140 ans, le port et passage de Caudebec était fort facile et de peu de distance, en sorte que l'on se parlait de bord en autre, et que les bacs et petits bateaux en ce temps servaient audit passage, au lieu que pour le présent l'impétuosité de la mer ayant ruiné et mangé toutes les terres voisines, le passage avait une demi-lieue de largeur et était devenu très-difficile ».

Les petites barques d'autrefois ne pouvaient plus servir ; il fallait de grands bateaux, et il était nécessaire de trois ou quatre personnes là où une seule suffisait jadis. Vers le milieu du XVIIIe siècle, ils sollicitèrent une nouvelle augmentation des droits de bac, en alléguant les difficultés du passage, la largeur de la Seine, qui, vis-à-vis de Caudebec, n'avait pas moins, de 396 toises, la nécessité de construire des bateaux de 700 à 800 l. qui pussent résister à la barre et à l'impétuosité des tempêtes. Ces raisons parurent plausibles, le tarif fut encore une fois réformé par arrêt du conseil du 29 aout 1778.

Les moines de S.-Wandrille soutenaient qu'il ne devait point y avoir d'autres bateaux que les leurs entre le Trait et Etelan. Le 9 juin 1485, un bateau, établi par Colard de Moy, seigneur de la Mailleraie, avait été sequestré. Cependant nous voyons en 1686, Angélique de Fabert, veuve de François de Harcourt, dame de la Mailleraie, renouveler ces prétentions et établir plusieurs bateaux de la Mailleraie à Caudebec.

15 janvier 1792 : le bac apporte à Caudebec 50 agriculteurs chargés de denrées. Quand il sombre. 18 sont ramenés à terre mais meurent tous dans les bras des médecins. Le passeur est mis en cause. Son navire était en mauvais état et il n'a pas hésité à le surcharger pour gagner plus...

Histoire contemporaine

1856 : bac à voile et à rame de 15m.
1868 : premier bac à moteur, L'Union coque en bois.
1890  : le bac est détruit par le mascaret. Mise en service de L'Union des Deux Rives, coque acier.
1925 : bac n°4 à hélice.
1935 : bac n°7.
1944 : le bac est coulé, remplacé par la Marmotte jusqu'en 1948. Réparé, le n°7servira de bac de remplacement jusqu'en 1969.
1949 : bac n°9.
Le dernier bac de Caudebec est le n°10. Fermé en 1977.


Passage de Villequier
Entre Villequier et Vatteville, ce bac pour piétons a fonctionné de 1841 à 1972.
Passager en 1870 : Desmarest.

Cale rive gauche, appontement rive droite.




Passage de Courval
ou de Vieux-Port.

Ce passage appartenait autrefois aux moines de Jumiéges. En
1497, ils furent troublés dans leur possession par Louis Picard, chevalier, seigneur d'Etelan, qui les menaça de leur faire mille outrages et de brûler leur bateau s'ils continuaient à s'en servir. Aucun fermier ne se présentait, de peur d'attirer sur lui la colère de ce farouche seigneur; ce qui mit les moines dans la nécessité de s'adresser au duc d'Orléans, gouverneur de Normandie, pour en obtenir des lettres de sauvegarde.

Plus tard ils cédèrent ce passage à Cossé, comte de Brissac, maréchal de France, auquel appartenait la seigneurie d'Etelan. On voit par l'aveu de François d'Epinai S.-Luc, petit fils du comte de Brissac, que le seigneur d'Etelan avait alors pour le port de Corval, autrement dit de Thuit, « le droit de descente sur toutes les terres d'environ, tant d'un côté que d'autre, quand il n'y avait sur sa terre aucune propre et convenable descente, et que tous les hommes de Norville étaient francs audit passage, s’ils n’étaient marchands, en payant un tourteau et deux deniers à Noël et en août une gerbe de blé»

A  la  fin  du  18ème,  le  passage  de  Vieux-Port, dépendant de la terre d’Etelan appartenait au comte de Jonsac, lieutenant général des armées du Roi. Les droits y étaient ainsi de : 2 sous pour une personne à pied, 1 sou pour un homme et un cheval, 4 sous pour les chevaux de foire, 3 livres Pour une chaise avec les chevaux, 3 sous pour un colporteur qui a une balle sur le dos.
 En  1755,  le  bac  de  Vieux-Port  était  affermé 500 livres par an. Il  existait  en  outre  un  passage  de  Vieux  Port  à Caudebec-en-Caux  ;  il  appartenait  au  Roi  qui le fieffait à bail.


1774 : François Dubosc passager.
En 1803, surchargé, le bac de Saint-Maurice d'Etelan coule. Huit morts, trois chevaux disparus.

1813 : Lemarié passager.
1910 : ALexandre Lefieux.

Mai 1935. Messieurs, vous êtes saisis du voeu suivant déposé par MM. Louis Leloup et Briquet :

En raison des nombreuses pétitions des usagers éventuels d'un bac à voitures à mettre en service au passage d'eau de Vieux-Port, dont ont été saisis les signataires du présent voeu, ceux-ci émettent le désir de voir l'étude du rétablissement dudit bac reprise au cours de la présente session.  (question ajournée).


Entre Vieux-Port et Petitville. Piétons. Fermé en 1953. M. Quintric fût le dernier passeur.

Passage d'Aizier à Caudebec

Source : Madeline Jotte

Au  18ème  siècle,  le  passage  de  Vieux-Port  fut  pendant  quelques  années  concurrencé  par  le service  d’Aizier  à  Caudebec  appartenant  à  l’abbaye  de  Fécamp.  Celle-ci  l’avait  donnée gratuitement peu avant 1786.

Louis Rachet, propriétaire du bâtiment le Saint-Louis, eu égard à ce qu’il avait eu les deux jambes coupées dans un combat sur les vaisseaux du Roi pendant la guerre d’Amérique. C’était la seule ressource que ce malheureux avait pour vivre. Avec ce bateau, Louis Rachet faisait le transport des marchandises d’Aizier à Caudebec et de Caudebec à Aizier.
Pendant    plusieurs    années,    Rachet    put    pratiquer tranquillement  son  petit  trafic.  Saugrain,  alors  fermier du  passage  de  Vieux-Port  et  environs  à   Caudebec, n’avait jamais cherché à lui susciter la moindre entrave. Mais  le  20  octobre  1786,  le  passage  de  Vieux-Port  à Caudebec  est  affermé  moyennant  40  livres  par  an  à Jean   Saffrey.   Celui-ci  ne   vit   pas  du   même   oeil   la concurrence que pouvait faire à son entreprise le bateau de Rachet et le 13 octobre 1787, il s’opposait à Caudebec au chargement de blés que faisait Rachet, sur «le Saint-Louis», à destination d’Aizier. Rachet protesta par une clameur de haro et un procès fur engagé. Le propriétaire du passage d’Aizier exposa qu’il avait toujours conduit son bateau sous les passeports de l’amirauté de Quillebeuf sans jamais avoir été troublé par les prédécesseurs de Saffrey. Le passage d’Aizier à Caudebec ne pouvait d’ailleurs avoir rien de commun avec celui de Vieux-Port à Caudebec ; ces deux passages étaient distincts et indépendants l’un de l’autre et Rachet n’avait jamais rien entrepris pour troubler Saffrey ou ses prédécesseurs.Le propriétaire du passage d’Aizier soutenait en outre que le bail de Saffrey était illégal, n’ayant pas été fait «au  plus  offrant  et  dernier  enchérisseur»,  ce  qui  au  lieu  de  40  livres, l’aurait fait monter à 150 et plus. Le domaine prit fait et cause pour Saffrey et produisit même un long mémoire pour appuyer ses conclusions, qui ne tendaient à rien moins qu’à la suppression du passage d’Aizier. Nous ne savons ce qu’il advint de ce procès


Passage de Quillebeuf.

D'après l'accord conclu entre l'abbé de Jumiéges et Henri de Longchamp, seigneur du Marais-Vernier, les hommes de cette seigneurie pouvaient toute l'année passer au port de Quillebeuf, moyennant paiement au portier des religieux d'un denier ou d'un tourteau à Noël, faute de quoi ils étaient tenus de payer à chaque fois, comme les autres, les droits d'usage. Quant aux hommes de la table du seigneur, ils ne devaient aucun droit.

1873 : premier bac motorisé à vapeur, roues à aubes.
1908 : l'Ampère, bac à électricité et moteurs à essence.
1930 : bac à vapeur et à hélice.
1970 : bac n° 13, quatre moteurs diésel entraînant quatre propulseurs Shottel. Marraine : Mme Michel Dubosc.
2011 : bac n° 23.



Passage de Tancarville.

Concerne les commune de Larocque (Eure) et Tancarville. Un bateau en 1816. Fermé fin XIXe avec l'endiguement de la Seine.

Le comte de Tancarville avait « droit de nef ou bac et passage d'une rive à l'autre de ladite rivière et du havre de Tancarville à Quillebeuf, de S.-Jacques du Val-Ullin à Grestain et à la Rille et d'Oudale à Honfleur et S.-Sauveur, pour porter et rapporter toutes personnes, marchandises et bestiaux, en payant par chacune personne 2 s., pour chaque cheval ou vache 5 s., pour chaque porc 3 s., pour chaque mouton 2 s., pour chaque cent de marchandises 3 s. » Les comtes avaient donc trois bacs : un  au  pied  du  château, un  à  Saint-Jean  du  Val  Hulin et  le  troisième  à  Oudale. 
Si quelqu'un contrevenait ou usurpait ledit passage, son bateau était confisqué au profit de la seigneurie, et les conducteurs étaient condamnés en amende arbitraire (1464). Ces droits furent confirmés par un arrêt du conseil d'État du 30 mars 1780.


Bac du Hode
En aval de Tancarville. Entre le Hode et Berville-sur-Mer, véhicules, en service de 1932 à 1944 et de 1949 à 1959. Condamné par le pont de Tancarville.





Passage d'Harfleur à Honfleur
Enfin je citerai, pour clore ce chapitre, l'obligation pour le seigneur du fief de Drumare, « de quérir ou trouver navire ou bateau pour faire le passage du Roy, luy huitiesme toutes et quantes fois qu'il luy plaisoit passer de Harfleur à Honfleur ». En récompense de ce service, le seigneur devait avoir le cheval ou autre bête sellée et bridée, sur laquelle le Roi était monté en arrivant au bateau, avec le bassin où il avait lavé ses mains, les linges de table dont il s'était servi au dîner à Honfleur, la coupe dans laquelle il avait bu, le plat servi devant lui, ou, si le Roi l'aimait mieux, une somme de 100 l.

La voiture d’eau

La voiture de Rouen à Duclair et à Caudebec servait surtout au transport des blés et des boissons. Elle appartenait, en 1670, à un nommé Pierre de Saint. Une sentence de Pierre Duval, Vicomte de l'Eau, fit défenses aux voituriers, mariniers, bateliers et marchands d'employer d'autres gribannes et bateaux que ceux de Pierre de Saint, et de procéder ailleurs qu'au siége de la Vicomté de l'Eau pour les affaires concernant ladite voiture. Vers la fin du XVIIIe siècle elle partait de Caudebec chaque samedi, pour arriver à Rouen le mercredi suivant, ou au plus tard le jeudi, conformément à un arrêt du parlement, du 12 mars 1694


Pour en savoir plus...

Charles de Beaurepaire, la Vicomté de l'Eau.
Jean-Pierre Derouard, historien des bacs de Seine.
Le site des Usagers des bacs de Seine.
Les bacs de Vernon à Rouen :
Nos photos de bacs

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