Par Laurent Quevilly-Mainberte

On l'appelait Léonis ou encore Maître Danet selon que l'on se voulait familier ou respectueux. Dans les deux cas affectueux. Léonis Danet fut maire de Saint-Martin de juin 1912 à mai 1944. Sous deux guerres...

" Tous les bons Français sans exception, qu'ils se soient éloignés pendant quelque temps de leur domicile durant les jours sombre de juin, ou qu'ils soient, stoïques, demeurés à leur poste, applaudissent de tout cœur aux éloges que l'on fait avec juste raison, des personnalités responsables qui ont veillé avec sollicitude et dévouement à la sauvegarde et au ravitaillement de leurs administrés en détresse.

" Les villes ont eu leurs dignes représentants dont le courage le disputait à la clairvoyance. Mais nos campagnes n'ont pas été moins bien partagées.

" Qui ne connaît, aux portes de Rouen, par delà Canteleu et les frondaisons de la forêt de Roumare, ce magnifique village de Saint-Martin-de-Boscherville qu'on nomme encore, par habitude ancestrale, Saint-Georges à cause de sa fière église abbatiale des XI et XIIIe siècles ? Que de touristes dévorés de curiosité, de peintres délicats, de poètes même, se sont attardés le long de ses vieux murs aux lierres croulants dorés par le soleil couchant, devant ses chapiteaux romans aux sculptures volontairement naïves et pleines de mystères !

" Tout dans ce beau décor, respire l'harmonie et la douceur de vivre par le travail ; depuis son coteau du Genétay que couronnent l'antique Maison des Templiers du XIIIe siècle et sa chapelle Saint-Gorgon, jusqu'aux rives fleuries de Seine où les terriens du « Marais » récoltent à foison les foins blonds et les fruits réputés, en passant par la Carrière que surplombe sa colline du « Gibet », et par le Val Saint-Léonard qui s'enfonce loin dans la forêt mystérieuse...


" C'est dans ce vallon, véritable col qui conduit vers la Vaupalière, qu'habite le maire du pays, M. Léonis Danet, un sage. C'est là que, depuis 28 années qu'il est maire sans interruption, tous les habitants sont venus lui soumettre leurs doléances, lui demander conseil, quelque fois même une assistance urgente.

" C'est là que ce grand vieillard de 73 ans cultive fidèlement avec ses fils – dont l'un a fait la guerre de 14 et l'autre la retraite de Dunkerque – un sol exigeant, difficile, mais productif.

" M. Léonis Danet vous recevra avec la plus franche bonhomie et sans vantardise aucune, vous contera des anecdotes savoureuses de sa longue carrière municipale."

Les Danet de la terre...



C'est ainsi que débute, le 17 juin 1940,
le portrait de Léonis Danet dans un  Journal de Rouen qui inaugure sa collaboration avec l'Occupant. "Il vous contera des anecdotes" nous promet le quotidien. Léonis n'est bien sûr plus là pour s'y livrer. Mais imaginons-nous un instant à la table de sa ferme, dans le val Saint-Léonard. Et fermons les yeux...

Léonis, dont le prénom s'écrit aussi Léonisse, a vu le jour le 25 janvier 1865 à Hénouville d'un père agriculteur, natif de Montigny, Antoine Félix et d'Eugénie Frémont, établie à Boscherville. Son parrain fut Joseph Letourneur, la marraine née Philippe, femme Danet.
Les Danet étaient de longue date liés à la terre. Leur berceau se situait à la Vaupalière. D'un balayeur journalier, ils s'étaient élevés à la condition de laboureurs en donnant au passage quelques marchands de chevaux. Tous gravitèrent autour de "Boquerville".

Son père étant décédé prématurément, Léonis s'est marié à son tour le 8 novembre 1892 à Montigny avec la fille d'un brigadier forestier, Eugénie Verneuil, native de Saint-Hellier.

En 1892, Léonis eut encore la tristesse de perdre son frère aîné, Félix Charles. C'était le garde-champêtre de Canteleu après avoir été gendarme à cheval.

Léonis et Eugénie auront quatre enfants. Les deux premiers naissent à Hénouville. Maurice en 1893, Robert en 1897. Les deux autres viennent au monde à Boscherville : Valentine, la seule fille, en 1902. enfin Jean que l'on peut qualifier de "ravisé" car né tardivement en 1912. La ferme Danet comptera un voire plusieurs domestiques au fil du temps. En 1906, c'est Arthur Legras, originaire d'Hautot-sur-Seine. En 1921, ce sera Augustine Cadinot, d'Yvetot, et Isidore Tourant, ouvrier agricole venu de Quevilly. Cinq ans plus tard, nouvelle équipe avec Fernand Constant, de Petit-Quevilly et Jean Leullier, Boschervillais. Un frère de Léonis, Alphonse, sera aussi de la partie. Bref, belle entreprise agricole que la ferme du Val-Saint-Léonard.


La famille Danet au grand complet. Léonis est à droite. J'ai longtemps espéré voir le visage de celui que fut le maire de ma mère. Et voilà que Louise, son arrière-arrière-petite-fille, m'a adressée celle-ci


Le défenseur de la veuve...

 
Léonis commence à se distinguer dès août 1907. Ce mois-là, la veuve Roquigny, octogénaire, disparaît de la rue Fontenelle, à Rouen. "Oh! Elle n'a pas dû aller bien loin estime la famille, elle a tant de mal à marcher. Mais elle a perdu la mémoire..." Alors la Police recherche toute femme
en corsage noir, jupon bleu à pois, tablier bleu, des chaussons en drap noir...
Le jeune Danet est alors cultivateur et laitier à Saint-Martin-de-Boscherville. Et il lit le Journal de Rouen. La veuve Danet, il la connait vaguement. Il a quelques clients rue Fontenelle. A Hénouville, lorsqu'il croise une femme en chemise  il hésite. Mais ce visage encadré par un bonnet blanc, oui, c'est bien la veuve Roquigny ! Léonis alors la confie à, quelqu'un qui, dira-t-on, avait le devoir de la prendre en charge, ne serait-ce provisoirement. Devant son refus, Léonis la prit sous son aile et hébergea la pauvre femme chez lui, Le lendemain, il a ramène à sa famille où il est chaleureusement remercié.

L'entrée en politique



C'est aux élections de mai 1908 que la carrière politique de Léonis Danet prend corps. Il est l'adjoint de Georges Andrieu, négociant en bois, bientôt appelé aux fonctions de conseiller d'Arrondissement. Le siège de maire va alors se libérer.
En 1912, à la faveur d'un nouvel appel aux urnes, Léonis Danet préside désormais un conseil composé de sept Progressistes et cinq Républicains de gauche. Les Progressistes, qui vont du Centre droit à la Droite républicaine, sont
attachés à l’ordre et à la propriété privée, mais opposés à un retour d'une Monarchie qui n'a pas dit son dernier mot. Ce courant est donc majoritaire au sein du conseil de Boscherville mais peut-on parler d'opposition de la part des élus de centre-gauche. Eux aussi sont les héritiers de la tradition républicaine modérée, mais plus avancés que leurs collègues progressistes sur les questions sociales et la laïcité.

La bête de Montigny


Une nuit de décembre 1910, les habitants de Montigny sont terrorisés par des cris déchirants qui s'élèvent soudain d'un enclos. Et cessent dès leur approche. Egorgeait-on une femme ? Etait-ce une bête inconnue jusque là. Oui, c'est plutôt cela, c'est une bête, une bête comme celle qui, à Rouen, terrorisa la habitants du quartier de Martainville en 1758. Le phénomère se répétant plusieurs nuits, on fit des battues, s'arma de fusils, tendit des pièges, lâcha les chiens. Rien n'y fit. La bête jouait à cache-cache avec ses poursuivants. Les vieux, les gardes forestiers croyaient y reconnaitre comme le cri de l'orfraie et chacun y allait de son hypothèse : un fantôme, un mystificateur, une vengeance après une vive querelle locale. Après les gendarmes de Maromme, le Journal de Rouen se rend sur place et en fait alors ses choux gras. L'affaire n'était pas sans rappeler celle du Marais Vernier qui, cinquante ans plus tôt, avait abouti à l'arrestation... de deux hérons. Du coup, le quotidien rouennais n'hésita pas une seconde à publier ce temoignage de Léonis Danet :

Saint-Georges, le 20 janvier 1910.

Monsieur le directeur,

Relativement à la bête de Montigny et pour corroborer notre opinion qui tend à accuser un oiseau nocturne des cris dont frissonnent encore les habitants de cette commune, voici ce qui m'est arrivé il y a deux ans :
J'exploite depuis de longues années une ferme dans un vallon de Saint-Georges, en bordure de la forêt. Au début de janvier 1908, nous fûmes, une certaine nuit, réveillés en sursaut par des cris déchirants qui blaient partir de notre cour. Je m'habillai en hâte et je sortis avec mon domestique. Des hurlements, comparables à des clameurs d'enfant qu'on égorge, se renouvelaient de cinq en cinq minutes et, ce qui nous parût bizarre, se déplaçaient rapidement, se rapprochant ou s'éloignant; une heure après, ils cessaient subitement.
Bien entendu, la nuit étant obscure, nous ne découvrîmes rien; mon chien, un robuste gardien, cependant, ne paraissait pas plus que nous rassuré.
Les nuits suivantes, les bruits redoublèrent et ce ne fut qu'à la cinquière ou sixième alerte que je pus avec certitude les attribuer à un oiseau étranger à nos parages.
Pendant quinze jours, il nous fut impossible ne dormir; a la fin, à bout de patience, et après avoir reconnu avec soin l'endroit d'où paraissaient particulièrement provenir les hurlements, j'y restai en faction jusqu'au petit jour.
Après bien des heures d'attente, j'eus enfin la chance, un beau matin, d'apercevoir dans un sapin un énorme oiseau que j'abattis d'un coup de fusil. Il ressemblait tout à fait au hibou commun de nos forêts, mais il était, à mon avis, trois fois plus gros, et je n'en avais jamais vu de cette espèce.
Je me croyais débarrassé, mais la nuit d'après, les cris recommencèrent, moins nourris peut-être. Je repris ma faction, me doutant que je n'avais rempli qu'à moitié ma besogne. Il y avait un couple !... Quelques jours plus tard, je fus assez heureux pour, au même endroit, abattre un second oiseau semable au premier. Et depuis, nous dormons tranquilles.
Léonis DANET,
Cultivateur
à Saint-Martin-de-Boscherville.

Et voilà que le mystère de la Bête de Montigny s'épaissit. Le 5 février suivant, le Journal de Rouen dut publier ce démenti :


M. Léonis Danet, de Saint-Martin-de-Boscherville, nous écrit qu'il n'est nullement l'auteur de la lettre parue sous sa signature, avec ce titre, dans notre numéro du 29 janvier dernier.
Nous tenons à sa disposition l'original de cette lettre ; l'écriture lui permettra peut-être de découvrir le mystificateur qui s'est servi de son nom.

Curieux tout de même. Il n'y avait rien qui pouvait porter préjudice à Léonis dans ce courrier. C'était une information somme toute banale car semblable à d'autres témoignages à l'époque. Alors pourquoi cette usurpation d'identité ?

Et c'est 14-18...


Le 20 août 1913, Léonis et Eugénie ont le malheur de perdre leur fils Maurice. il allait avoir 21 ans. Un an plus tard, c'est la mobilisation générale. Le Journal de Rouen loue le dévouement de Léonis Danet durant cette tragédie ; "Pendant la guerre de 14-18, M. Danet s'était acquis déjà la reconnaissance de ses administrés qui ne souffrirent pas de disette parce qu'il ravitaillait directement de Rouen avec ses propres charrettes."
En avril 1916, les Danet enterrent cette fois leur fille Valentine, elle avait 15 ans. Le 4 septembre 1916, Léonis et Eugénie voient partir  leur fils Robert, canonnier, incorporé dans l'Infanterie. En tant que maire, informé par l'Armée, Léonis Danet avait la lourde tâche d'aller toquer à la porte des familles qui venait de perdre l'un des siens. En embrassant son fils Robert, il ne put s'empêcher d'y penser.

Le maire de ma mère...


L'Armistice ayant enfin sonné au clocher de Saint-Georges, vint le temps où la fratrie orpheline de ma mère quitta Yainville pour se réfugier à Boscherville. Elle avait déjà sur place ses têtes de pont. Gaston Poulard, le cafetier-grainetier du hameau des Carrières, Raoul Chandelier, ancien combattant et bientôt capitaine des pompiers. Tous deux avaient épousé des Chéron, sœurs de ma grand-mère emportée trop tôt après son mari. Raoul Chandelier, on le retrouve très vite trésorier de la section de l'UNC (Union Nationale des Combattants) qui regroupe les anciens Poilus de Boscherville mais aussi de Quevillon et d'Hénouville. Léonis Danet en est le président d'honneur avec ses deux homologues. dans l'entre-deux guerres, toutes les fêtes de l'UNC seront honorées de sa présence.
Le 14 août 1921, ma mère, écolière donc à Boscherville, déposa avec sa classe une gerbe de fleurs au pied du monument aux morts. Léonis présidait la cérémonie.  Au moment des discours, il citera le Maréchal Foch au sujet des régiments normands : "Quand ils étaient là, j'étais tranquille !"
Ah ! cette sacrée stèle commémorative ! En novembre 1923, le Journal de Rouen crut déontologique de publier cette dénonciation anonyme : " Ne pourrait-on pas ériger sur la place de l'Abbaye un urinoir pour éviter à certains d'uriner au pied du monument aux morts. Ce fait s'est encore passé le 1er novembre à l'heure de la messe. C'était un membre de la municipalité..." (sic!)
Le sang de Léonis ne fit qu'un tour pour démentir ce ragot. D'ailleurs les élus locaux étaient si respectueux des 19 Poilus morts pour la France qu'ils avaient érigé non pas un mais deux monuments aux morts. Un sur la place, une autre dans le cimetière...

Prix d'honneur du maire


Le 26 juillet 1925, Andréa Mainberte, ma mère, termina son cours moyen en beauté. Léonis lui remit le prix d'honneur offert chaque année par le maire pour ses résutats en morale, lecture, orthographe, histoire et géographie, calcul, leçon de chose, composition française, écriture, dessin travaux manuels et chant. Excusez du peu.

Andréa Mainberte, l'écolière modèle
primée par Léonis Danet.

Robert, le fils de Léonis et Eugénie, se maria en octobre 1925 avec Madeleine Guilbert, une Boschervillaise. Hélas, elle décèdera un an plus tard. Robert se remaria avec une homonyme, Hélène Danet, native d'Hénouville où le patronyme fait florès. Elle va lui donner trois fils : Robert, Hubert et Michel. La descendance de Léonis était assurée.
Mais 1925, c'est aussi l'année où Léonis fut réélu dans un fauteuil. Pour lui, la vie de maire continuera encore longtemps. Avec ses grandeurs et servitudes. Comme en 1927 lorsqu'il engage des travaux à l'abbaye, en 1932 lorsqu'il rétribue les chômeurs pour l'entretien de la voirie et du passage Saint-Georges. En 1933, il accourt sur les lieux du terrible incendie de la ferme Chauvon.

La même année, en décembre, on le voit assurer le service d'ordre  sur les lieux d'un accident qui fait plusieurs blessés. Trois voitures et un car se sont encastrés dans un bus à l'arrêt.
Oui, la vie de maire n'est pas une sinécure. En 36, avec mon grand-oncle Chandelier, Léonis ira témoigner au procès d'Emile Colley qui tua d'un coup de fusil un jeune ouvrier de la commune.

L'année suivante, un autre procès fit de Boscherville la risée du journal Détective. Un cabaret y accueillait paraît-il des spectacles fort peu vêtus où disparut par enchantement un portefeuille.
Mais Boscherville avait déjà retrouvé son entière réputation lorsqu'en juillet 1939 les moines de Saint-Wandrille vinrent à l'abbaye animer une journée de la famille chrétienne.


Et une seconde guerre !


39. Voici encore que la folie des hommes embrase l'Europe. Les deux fils Danet son mobilisés. Robert, père de trois enfants, l'avait déjà été durant la Grande guerre. Puis c'est l'Exode, l'Occupation. Le Journal de Rouen poursuit : "En 1940, ce maire dévoué n'abandonna pas davantage ce qui restait de sa population. Il réquisitionna le four du boulanger absent, l'approvisionna de farine, on ne manqua pas de pain, ni même de viande. Peu à peu, tout le monde est rentré et chacun réserve sa première visite à Maître Léonis. Modeste et juste, il vous vantera la collaboration précieuse de plusieurs conseillers municipaux, de son vieil ami Georges Andrieu et surtout celle de M. Coffre qui fut pendant quinze années son auxiliaire dévoué comme instituteur et comme secrétaire de mairie et qui, à 75 ans lui aussi, a repris cette double charge restée provisoirement vacante.

"Ces dévouements admirables ne méritent-ils pas d'être signalés ? Vingt-hui années maire d'un grand village de 800 habitants. Deux guerres durant, accablé de soucis extraordinaires que vous connaissez. Vingt-huit années penché, après le labeur quotidien, sur les besoins d'une population qui appelle son maire respecté « Léonis » par une touchante affection. C'est beau, n'est-ce pas ? M. Léonis Danet et son épouse peuvent être fiers de l'estime dont ils sont entourés."

La défaite de juin 40, dont nous parle le Journal de Rouen
nécessita la création d'une association. Léonis était secondé par MM. Dussault, trésorier et Delavaux secrétaire. Rien qu'en 1942, Léonis fit distribuer 785 cartes d'alimentation. Un de ces derniers actes notables fut d'accueillir, cette année-là, Mgr Petit de Julleville, l'archevêque de Rouen, venu inaugurer la salle paroissiale.

Le mandat de Léonis Danet prit fin en mai 1944, quelques jours avant le Débarquement, période où Vichy, en effervescnce, procède à une épuration parmi les maires. Alors destitution ? Démission ? Dans les deux cas, c'est tout à l'honneur de Maître Danet. Léonis est décédé dix ans plus tard, le 3 février 1954, peu avant son 90e printemps.

Laurent QUEVILLY.
 
Notes


Léonis Danet ayant été maire de juin 1912 à mai 1944, il eut notamment pour secrétaires de mairie Émile Burgot et M. Delavaux, Emile Féret pour garde-champêtre en 1939. De 1917 à 1938, Léonis a connu l'abbé Poisson comme curé de la paroisse qui, à son décès, fut remplacé par l'abbé Capron. C'est Pierre Baratte, natif de Lille qui succéda à Léonis Danet un an après son départ de la mairie. Une zone blanche à combler.

Sources


Article numérisé aux Archives départementales avant mise en ligne par Josiane Marchand.

Gilbert Fromager, le canton de Duclair.
Louise Danet, arrière-arrière petite-fille de Léonis.

Journal de Rouen, collection complète jusqu'en 1945, AD76


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