Par
Laurent Quevilly-Mainberte
Voilà une énigme généalogique que nous soumet Francis Paillette, du Désarmement havrais et qui intéresse Jumièges et La Mailleraye...
Lancée
aux chantiers de la Guerbaville en 1839, la Camille, trois
mâts de 130 tonneaux, fera plusieurs voyages à New
York sous le commandement d'Alphonse Legrand. Puis à la
Martinique. Enfin, menée par Jean-Baptiste Buisson, la Camille rallia
Panama, en Californie, après deux escales prévues chemin faisant à
Montevideo et Callao.
Un bien jeune passager !
Un bien jeune passager !
En plus des hommes d'équipage, on comptait au départ du Havre deux passagers dont l'un pose question. Il était âgé... de 13 ans ! Voilà qui est bien jeune pour voyager seul. Il s'appelait Emile Ursin Desmoulins, fils d'un cordonnier-bottier de Guerbaville et qui débarqua en route à Callao. Le petit Emile était porteur d'un passeport établi à Rouen et visé au Havre. Ce qui suppose un consentement parental.
Coïncidence ? A bord du navire se trouvaient deux marins de Guerbaville, un oncle et son neveu, le matelot Pierre Amand Boudier et le mousse Alexandre Benoït, sans lien de famille apparent avec le jeune passager. Mais le connaissaient-ils, l'accompagnaient-ils ?
Emile est d'une
famille originaire de Jumièges où son
père est né, elle compte des mariniers mais rien
ne dit que l'un d'eux se soit établi en Amérique
latine où l'enfant l'aurait rejoint.
Curieusement, alors
que le navire avait été armé pour son
voyage le 22 novembre 1850, Emile Ursin fut encore recensé
en 1851 au domicile de ses parents à Guerbaville comme
apprenti cordonnier. Par erreur ? Anticipation du passage de l'agent
recenseur? En tout cas Il ne figure pas à celui de 1861 ni
au suivant.
Quand la Camille atteignit Panama, elle fut condamnée pour innavigabilité et vendue sur place le 24 Octobre 1851 à Panama.
Quand la Camille atteignit Panama, elle fut condamnée pour innavigabilité et vendue sur place le 24 Octobre 1851 à Panama.
En 1870, un jeune
frère d'Emile Ursin, cafetier à Heurteauville,
donnera ce prénom à un fils qui hélas
ne vécut qu'un mois. Mais c'est une preuve d'attachement
familial envers le jeune passager parti pour le Pérou vingt
ans plus tôt.
Aux amateurs de
généalogie de vérifier de plus
près les liens entre ces personnages, de formuler des
hypothèses...
Laurent QUEVILLY.
