7 février 1900. En se rendant de bon matin à son travail, M. Quibel, ouvrier à la filature Prévost, à Villers-Ecalles, trouva étendu dans le fossé de la route le corps d'un homme, dont la figure était couverte de sang et qui avait le cou entouré avec un de ces fils de cuivre dont les braconniers se servent pour faire des collets à lapins.

Le malheureux, qu'on ne tarda pas à reconnaître pour un nommé Théodule Margas, âgé de quarante-huit ans, jardinier au château de Mme Dieusy, à Saint-Pierre-de-Varengeville, respirait encore, mais il ne tarda pas à rendre le dernier soupir sans avoir pu prononcer un mot.


Près de l'endroit où le corps avait été trouvé on releva des traces de lutte, le sol était piétiné et à terre on ramassa la casquette et la pipe de Margas.

La gendarmerie de Duclair, immédiatement prévenue, commença son enquête et interrogea deux individus, le père et le fils Masson qui habitent à quelques mètres de là dans une sorte de roulotte au milieu des champs.

Ces individus prétendirent tout d'abord ne rien savoir, mais, pressés de questions, ils finirent par déclarer que, Margas les ayant injuriés, ils l'avaient frappé à coups de bâton. 

Or, rien ne paraît moins vrai, car Margas est un très honnête ouvrier sur lequel on fournit les meilleurs renseignements, vivant paisiblement au hameau de Boisjoli avec sa femme et son enfant. Les Masson sont des braconniers dangereux plusieurs fois condamnés.











SOURCES

Le Temps, 8 février 1900.