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LA SEINE PAR VICTOR HUGO
En 1837,
Victor HUGO effectue
la remontée du fleuve en vapeur du Havre jusqu'à
Elbeuf.
Voici ses impressions rédigées dans une lettre
à
l'attention de Léopoldine - le 10 septembre 1837
"
De Dieppe, je suis allé au Havre,
je suis descendu jusqu'à Elbeuf par le bateau à
vapeur. c'est
un beau couronnement à mon voyage que ces admirables bords
de Seine.
Ce
matin, à 4 heures, le bateau sortait du
Havre. La mer était houleuse, il faisait encore nuit ; au
point
du jour nous atteignions Honfleur et au soleil levant Quillebeuf. A
midi,
nous étions à Rouen.
Je
n'avais pas encore vu le cours de la Seine, que
par la route de terre.
Le
papier me manque pour te dire combien c'est beau,
je te le dirai de vive voix à Paris.
Par
moments, il y a de petites falaises qui imitent
les grandes et les petites vagues qui copient les grosses. Ils ont
aussi
vers Tancvarville des petites tempêtes et de grands naufrages.
Pendant
des lieues, les collines, hautes et escarpés
ont des ondulations gigantesques. on croirait côtoyer des
fosses
de Titans.
| Je
t'ai déjà dit dans mes autres voyages
combien Rouen est admirable, je ne t'en reparlerai donc pas. J'ai revu
Villequier, Caudebec, La Mailleraye. Il y avait un singe dans le
bateau,
ce qui fait que personne n'a regardé Jumièges." |
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LA SEINE PAR LEOPOLDINE-1839
Extrait
de "Léopoldine
Hugo, une jeune fille romantique" par Pierre Georgel - 1967
à Victor Hugo :
"
Toutes les rives de la Seine sont si belles
que pendant la traversée nous n'avons pas eu un instant
d'ennui
; nous regardions toujours, nous ne perdions aucun des magnifiques
point
de vue qui nous ont semblé, à nous qui n'avions
rien vu encore,
plus superbes qu'à ceux qui voyagent souvent.
Nous avons ensuite
admiré Rouen et ses belles
églises, sa cathédrale surtout que j'aurais voulu
visiter
complètement.
Je t'ai
remercié dans le fond de mon coeur,
mon père chéri, car c'est toi qui nous a appris
à
apprécier et à jouir des belles choses."
à Julie Foucher :
"J'aurai
voulu t'avoir avec moi afin que tu
jouisses aussi de toutes les belles choses que nous avons vues. J'en
suis
encore étourdie et émerveillée, les
bords de Seine
sont ce que j'ai vu de plus magnifique jusqu'à
présent. Rouen
est une charmante ville que j'espère nous verrons encore."
à
son père :
"La
Seine borde le jardin de M. Vacquerie
; nous voyons de petits navires stationnaires depuis plusieurs jours en
cet endroit, le matin je regarde l'eau de mon lit ; c'est une bien
charmante
maison que celle-ci."

à
Julie Foucher :
"La
position de notre habitation est charmante
; elle borde la Seine d'un côté et de l'autre de
belles collines
bien vertes et bien boisées ; le jardin est
tout-à-fait sur
le bord de l'eau, nous voyons les petites vagues se briser sur le quai."
Tout
proche de Villequier, Caudebec avait été
visité
par Victor Hugo en 1835, lors de son deuxième voyage en
Normandie.
==> Léopoldine s'empressa de suivre
les traces de son père.
Le
20 septembre, elle donne la description suivante :
"Nous avons visité la
cathédrale
de Caudebec, c'est un magnifique monument, gracieux et superbe, plein
de
vitraux, de figurines, de colonnettes avec un beau portail, un orgue en
chêne sculpté très finement.
Nous sommes
montés dans le clocher, la vue
en est superbe. D'un côté on voit la Seine qui se
déroule
sur l'horizon comme un magnifique ruban : de l'autre c'est un meli melo
de collines qui se rencontrent : elles sont vertes et
boisées. En
regardant à ses pieds on voit la ville, à toits
pointus,
à rues étroites, une vrai vieille ville. Les
galeries qui
entourent le clocher sont très
délabrées, il faut
être pourvu d'un courage aussi extraordinaire pour s'y
promener paisiblement
et tranquillement."
Dossier réalisé par SEQUANA-NORMANDIE
Le 3 novembre 1999

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