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De
la collaboration en Normandie au soleil de l'Équateur
André Tioch, alias Valhubert Par Laurent Quevilly. |
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Ces grands francophiles d'Outre-Rhin Pour capter son auditoire, le chef de la propagande se met à hauteur d'homme. « Je suis de cette génération qui a entrepris ses études après-guerre. J'ai connu l'amertume, les difficultés d'une vie qui n'était pas très swing ». On rit de cette expression mise à la mode par le chanteur zazou Johnny Hess. Fort de son effet, Rasch poursuit : « Vous comprendrez pourquoi nous avons accueilli le national-socialiste comme une libération.» Qui étaient-ils ces étudiants allemands de 1920 ? « Nous nous sentions plus près d'André Gide que de Maurice Barrès. Passionnément
allemand, Stefan George éveillait en nous de profondes
résonances. Stefan George fut le
traducteur de Baudelaire, de Verlaine, de Mallarmé,
de Rimbaud. Dès cette époque, la jeune Allemagne,
loin
de haïr la France,
cherchait dans sa culture française des
éléments de compréhension. C'est un
poète
allemand, Rainer Maria Rilke, qui fit connaître à
ses
compatriotes le génie de Rodin...»Selon l'opinion du Dr Rasch, « une entente durable ne peut être réalisée qu'à la condition que les chefs d'une nation, sûrs d'être suivis par les masses, prennent la ferme décision d'une relation de bon voisinage...» « La guerre n'est pas encore terminée, rappelle le conférencier, et dans la croisade qu'elle mène contre la ploutocratie anglo-saxonne et ensuite le bolchevisme, l'Allemagne a engagé toutes ses forces.» Mais déjà l'après-guerre se dessine. La France y trouvera sa place. Une condition : « que le peuple français adhère à cette mission grande et noble d'une collaboration européenne. » La rédemption par la souffrance Évoquant Georges Claude, Alphonse de Chateaubriant, Abel Bonnard et d'autres éminents collaborateurs français, Rasch insiste au bon Luthérien : « les nations ne peuvent prétendre à la grandeur et à la durée historique que par l'acceptation de sacrifices consentis pour l'avenir commun de l'Europe.» Il y avait jusque là en France de petits bourgeois en pantoufles dont l'horizon était borné à la barrière de leur jardin. Mais d'autres énergies avaient donné à ce pays une place importante dans le concert des Nations. « Et ce sont ces énergies vivaces qu'il faut amener, de la politique catastrophique de l'ancien régime, à un travail positif pour l'ordre européen. » L'orateur l'assure : le Reich s'intéresse de près la Révolution nationale entreprise par Vichy, « la littérature allemande en suit le développement. Il serait à souhaiter que la France s'intéressât autant à la personnalité de la culture allemande. »
"On ne savait pas" sera le leitmotiv des collaborateurs. Ce soir-là en tout cas, personne, effectivement, ne sait encore que ce beau sermon ascétique, ce discours de façade nous conduit, non pas vers le bonheur, mais déjà vers l'horreur. Car il y a l'envers du décor. Ce mois de juillet 42 est celui de la rafle du Vel d'Hiv, celui où les fumées d’Auschwitz-Birkenau s'intensifient. Pourtant, dans cette salle de la rue aux Ours, on fait semblant d’y croire à cette Europe de demain. Et on applaudit Rasch à tout rompre. ![]() "On ne savait pas..." Les premiers camps d'extermination seront libérés par l'Armée rouge dès juillet 1944, les camps de concentration par les Alliés occidentaux au printemps 45. (DR) La collaboration. Non seulement André Lioch va pouvoir l'apprécier de visu. Mais aussi la promouvoir. Avec quelques journalistes français, il part en Allemagne... |
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