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De
la collaboration en Normandie au soleil de l'Équateur
André Tioch, alias Valhubert Par Laurent Quevilly. |
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AVEC LES TRAVAILLEURS FRANÇAIS EN ALLEMAGNE Ceux-là sont rentrés... MAIS
IL EN RESTE !
Par
ANDRÉ TIOCH
CORRESPONDANT
SPECIAL DE L’ECHO DE NANCY
![]() Quelque part en Allemagne. — GIROT Désiré, habitant 29, faubourg Paris, à Gisors, actuellement prisonnier et travaillant à l'usine, s'entretient avec André TIOCH, « Je ne suis pas malheureux, dit Girot, mais j'attends le retour avec impatience. » Je ne veux pas diminuer la joie de ceux qui rentrent et de leurs familles. Je crois cependant nécessaire de rappeler qu’il reste encore là-bas des prisonniers. En dehors des gestes généreux que peut avoir le Führer à l’égard de certains événements, on ne doit pas oublier que le retour des autres prisonniers s’opère automatiquement grâce au départ des ouvriers en Allemagne. Ce que l’on doit savoir surtout, c’est que le retour des prisonniers est subordonné au départ des spécialistes. Souvent, en effet, les usines sont fort satisfaites du travail des prisonniers détachés dans les entreprises. On comprend aisément que l’Allemagne ne tienne pas à relâcher des prisonniers « bons ouvriers » pour recevoir des manœuvres ou des chômeurs professionnels. L’exemple de Girot Désiré que je présente ici est typique. Prisonnier depuis 26 mois, il travaille dans le même atelier comme spécialiste. Si le travail en Allemagne était basé sur le vieux système « capitaliste », une première raison s’opposait au retour de Girot. C’est que le salaire donné à ces prisonniers n’est pas le même que celui accordé à un civil et qu’en conséquence l’usine aurait tout intérêt à garder le « prisonnier » qui lui coûte moins cher. Mais dans ce vieux pays rajeuni qu’est l’Allemagne Nationale-Socialiste, on est très souvent surpris par des actes ou des thèses qui renversent toutes les données des problèmes économiques de la vieille Europe. Libérée de l’emprise capitaliste, le système économique allemand qui se base sur le travail et non sur la monnaie, peut se permettre de se moquer des vieilles lois économiques et de remplacer les ouvriers qui coûtent peu par des ouvriers qui coûtent cher, à condition que les deux ouvriers aient la même valeur professionnelle. Je sais qu’en lisant ce papier, certains lecteurs hausseront les épaules et me traiteront d’utopiste. Là est pourtant la vérité et l’exemple des allocations militaires versées aux femmes de mobilisés allemands est encore plus surprenant. J’ai voulu simplement démontrer aujourd’hui que l’Allemagne a besoin de bons ouvriers et que seuls ces bons ouvriers peuvent assurer la libération prochaine de tous les Girot qui n’ont pas le bonheur d’habiter Dieppe. André TIOCH.
( A suivre ) |

