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De
la collaboration en Normandie au soleil de l'Équateur
André Tioch, alias Valhubert Par Laurent Quevilly. |
Coiffeur
au Tréport, journaliste à Rouen André Tioch a
choisi le bon cheval pour tracer sa route. Membre
influent du Parti radical, il voit sa formation politique
accéder au
pouvoir avec le Front populaire. Dans la capitale régionale, son
journal s'en fera le porte-voix. Ce qui vaudra au Républicain
normand une meilleure place dans les kiosques. Mais aussi quelques procès...
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Pain ! Paix ! Liberté !..." En mai 1936, soutenus par un
syndicat CGT tout juste réunifié, Socialistes,
Radicaux et Communistes remportent
les
législatives sous la bannière du Front
populaire. Léon Blum forme un
gouvernement en juin. Ce sera sans le PCF. Le camarade Thorez choisit
le soutien sans participation pour ménager les radicaux et
garder les mains libres.
Groupe de radicaux dans le défilé du 14 Juillet 1936, rue Thiers, à Rouen... Le 20 septembre 1936 se tient à la salle des fêtes de Dieppe le congrès de la Fédération du Parti radical. La circonscription a été gagnée triomphalement par le jeune Galimand. Pour saluer cette victoire, le président national du parti, le député Edouard Daladier, a fait le déplacement. Devant le ministre de la Guerre et numéro deux de l'exécutif, Tioch prend la parole sur le thème de la propagande. Mendès-France et André Marie, deux futurs chefs du gouvernement, sont parmi ses auditeurs. Public de choix pour l'ancien coiffeur du Tréport. Injures publiques
Depuis 1926, à Rouen, un monument de la Victoire Représente Charles Maurras. Sa statue sera décapitée. Les Camelots du Roi ! Tout ce que déteste Tioch. L'affaire arrive en justice après qu'il ait écrit cet article : "
On connait l'aventure arrivée à Leheurteux fils, jeune
industriel d'Action Française, habitant Darnétal, qui
s'était livré à des violences sur ses
ouvrières. Pris par la foule ouvrière indignée,
sorti de sa voiture, il dût venir à l'usine et, sous la
pression des masses, M. Leheurteux père qui est aussi Action
Française, mais sensiblement plus équilibré que
son fils signa l'accord présenté par les
employées. D'ailleurs estime André Tioch, n'est-ce pas le patron lui même qui a provoqué cet incident ? Leheurteux aurait tenté d’entrer dans son usine par une voie dérobée pour récupérer des ballots de marchandises. Son manège découvert, c'est là que ses ouvrières lui barrèrent la route. Quant au père, il signa l'accord salarial en jurant ses grands dieux qu'une fois les commandes honorées, il mettrait la clef sous la porte.
André Marie
Photo du Républicain Normand Mais Pierre Lheureux s'estimant outragé a porté plainte. Alors en novembre 1936, si la Dépêche de Rouen, qui a également relaté les faits, est acquittée, Tioch est quant à lui condamné pour injures publiques. N'a-t-il pas laissé entendre que le fils était plus bête que le père ? Les deux feuilles étaient encore défendues par André Marie. Qui fit appel et avec son talent habituel parvient encore à laver Tioch de sa condamnation. Quant aux Leheurteux, ils mirent leur menace à exécution. L'usine ferma ses portes. Drôles de clients chez les TIoch
Un ténor des Radicaux
Edouard Daladier. Tioch le rencontrera à plusieurs reprises. Le 20 mars 1937, les Radicaux tiennent leur assemblée générale au Tréport. Tout naturellement, André Tioch, l'enfant du pays brosse à la tribune le bilan de la Fédération. Quand elle tiendra de nouvelles assises, Tioch met encore en garde le Parti contre contre son manque de propagande Bref, à chaque assemblée le directeur du Républicain est un orateur écouté. Mais
la guerre civile en Espagne fissure le Front populaire.
Blum rechigne à voler au secours du gouvernement
légal. Tensions au sein de la coalition. La crise économique, la pression des milieux financiers rendent
difficile la poursuite de sa politique sociale. Contraint à la démission, Blum cède, en juin 1937, la présidence du
gouvernement à Chautemps, un radical
modéré. Les 31 juillet et 1er août, c'est la grande fête du Républicain normand marquée
par un ralllye. Dernière manifestation du journal dans des locaux de la rue des Tonneliers.
Nouveau déménagement En août 1937, la rédaction déménage une seconde fois pour s'établir 94 bis, rue Verte. C'est un long artère de la capitale normande qui mène de la gare de Rouen à la campagne, la forêt...
Les Tioch s'installent à proximité de ces maisons du haut de la rue Verte... Avant l'arrivée des Tioch, plusieurs familles se sont succédé au 94. La famille Robin de Morhery semble, sinon propriétaire des lieux, du moins liée à cette rue où elle a vécu. Né à Nancy, combattant de 14-18 mobilisé à Rouen, Adolphe Robin de Morhéry est chirurgien-dentiste de profession. Mais il est surtout vice-président de l'Association de la presse démocratique française et membre de l'Alliance démocratique, un mouvement de droite proche des Radicaux. C'est un descendant direct de Louis‑Adolphe Robin‑Morhéry, médecin, chansonnier, connu pour son engagement républicain jusqu'à la Révolution de Juillet. Si bien qu'il avait jeté aux orties la particule roturière de ses ancêtres. Quand viendra la guerre, Adolphe Morin de Morhéry partagera bien des choses avec André Tioch. Et pas qu'un prénom avec Hitler. Laurent QUEVILLY. (A suivre) |

