Par Laurent QUEVILLY.

Après Duclair où ils vécurent des lustres, les Quevilly s'établirent à Varengeville. Là, ils participèrent à la révolution industrielle dans la vallée de l'Austreberte. Comme prolétaires...

A la Révolution,
vieillissant, Guillaume Quevilly a quitté Duclair pour devenir contremaître dans une manufacture de fabrication d'huile d'éclairage à Varengeville. il s'agit de l'un des moulins situés à Beaumets.

V. - Pierre Pascal Amédée Quevilly


Huilier à Varengeville, ce sera aussi le métier des trois fils de Guillaume Quevilly : autre Guillaume à Duclair, Pierre Pascal Amédée, mon ancêtre direct et son frère François à Varengeville.
"Des moulins
, nous dit Jean-Pierre Hervieux, il y en avait deux à Beaumais ayant appartenu aux religieux de Jumièges puis à la famille Duval de Beaumet et, en 1821, à Auguste Baudouin.
Mais il y en avait également dans la vallée des Vieux et à Rougaine. A cette époque, l
e terme hameau de la vallée regroupait les hameaux actuels du Paulu et des Vieux ."

En 1793, Pierre Pascal Amédée Quevilly a déjà 28 ans lorsqu'il épouse Marie-Barbe Paumier. Avant de passer  l'église, celui qui va les unir en mairie n'est autre que l'ancien curé, Nicolas Barette, reconverti en révolutionnaire pur et dur malgré son nom attaché à la religion. L'acte de mariage civil :
UN MONSTRE !

Au temps de la Révolution, on parla dans la région d'un bien curieux phénomène. En l'an IX, une femme aurait accouché d'un prématuré mort-né. Il avait deux têtes et huit bras et jambes ! Bref, des frères siamois...
"Le 17 juin 1793, à 11h du matin, par devant moi, Nicolas Barette, membre du conseil général de la commune de ND-de-Varengeville, élu le 16 décembre dernier, pour rédiger les actes... Sont comparus
Pierre Pascal Amédée Quevilly, huilier âgé de 28 ans, fils de Guillaume Quevilly, contremaître huilier âgé de 61 ans et de Marie Madeleine Bardet, fileuse, tous domiciliés en cette commune,
d'autre part Marie Barbe Paumier, âgée de 23 ans, fille de Jean Paumier, marchand âgé de 62 ans et de Marie Anne Ferry, fileuse, âgée de 58 ans, tous domiciliés à Saint-Pierre-de-Varengeville,
les futurs conjoints étant accompagnés de Guillaume Quevilly, âgé de 35 ans, huilier, frère du futur conjoint, domicilié à Duclair, de Guillaume Gofray, marchand de cidre, âgé de 35 ans, domicilié à Saint-Pierre de Varengeville, ami du futur, de Denis Poulain, tailleur, âgé de 23 ans, domicilié à Saint-Pierre de Varengeville..."

Guillaume Quevilly père et fils signent ainsi que Jean Paumier, Marie Barbe appose un gribouillis, son époux une croix. Elle a pourtant un oncle qui sait écrire. Pierre Paumier fut l'un des rédacteurs des cahiers de doléances...

Labeur, malheurs...


Pierre Quevilly et Marie-Barbe Paumier vécurent à Varengeville. Le couple ne sera pas prolixe. Il accueillit d'abord une fille, Élisabeth en 1794, puis viendra Pierre Guillaume le 26 février 1797, mon quadrisaïeul. Sa grand-mère eut-elle le temps de le voir ? Marie-Madeleine Bardet rendit l'âme un mois après la venue de ce garçon.

Aujourd'hui, sept de germinal an cinq de la république française, une et indivisible, par devant moi, Michel Sylvestre Léguillon, agent municipal de la commune de Notre-Dame de Varengeville, département de la Seine-Inférieure, canton de Duclair, sont comparus le citoyen Guillaume Quevilly, contremaître de manufacture pour fabrication d'huile, âgé de soixante et quatre ans et Pierre Vignerot, maître d'ouvriers (?), âgé de soixante et dix ans, tous deux domiciliés en ce lieu de Varengeville, lesquels m'ont déclaré que Marie Anne Madeleine Bardet, épouse du dit Quevilly, âgée de viron soixante et cinq ans, est décédée aujourd'hui, à trois heures du matin, dans la maison du dit Quevilly, située hameau de la Vallée. D'après cette déclaration, je me suis sur le champ transporté au lieu de ce domicile, je me suis assuré du décès et j'ai rédigé le présent procès verbal que le dit citoyen Quevilly et Pierre Vigneront ont signé avec moi. Fait à Notre-Dame de Varengeville, jour mois et an que dessus. A aussi signé Guillaume Quevilly, fils du dit déclarant. Deux Guillaume Quevilly signent en effet, le veuf et son fils établi à Duclair.

Louis Quevilly se noie !

A Varengeville vivait aussi François Quevilly, frère de Pierre Pascal Amédée. Il s'était marié à Saint-Paër en 1788 étant alors mineur, huilier de profession, résidant à Varengeville mais de Duclair de droit. Soldat provincial, il avait eu une autorisation de De Maussion, intendant de Rouen.
 
En mai 1797, le corps de son fils, Louis Quevilly, fut retrouvé noyé dans la rivière des Vieux, près de la maison familiale. Averti par le père de la victime et Nicolas Pierre Barette, employé de l'administration cantonale, Michel Sylvestre Léguillon, agent communal de Notre-Dame de Varengeville s'était transporté sur place. Le juge de Paix, de Duclair, Jacques-Louis Neufville, ne vit aucune opposition à l'inhumation sur avis de l'officier de santé Dupuits et de Léguillon.

Tout le portrait de Guillaume

Le 24 pluviôse de l'an 7 (12 février 1799), un passeport est délivré à Guillaume Quevilly, père de Pascal Amédée et de François. Taille 5 pieds 1 pouce, cheveux et sourcils mêlés de gris, yeux bleus, nez ordinaire, bouche moyenne, menton rond, front bas, visage ovale, inscrit n° 124, pour aller à Rouen, Routot et Pont-Audemer. Ce Guillaume Quevilly semble correspondre à mon ancêtre, né en 1732, car il est dit âgé de 66 ans et originaire de Duclair. Mais le cercle généalogique du Pays de Caux le dit "huissier". Il faut sans doute lire "huilier". Il a relevé aussi qu'il était à Notre-Dame-de-Varengeville "depuis 31 ans". Or, on le voit encore à Duclair quelques temps avant la délivrance de ce passeport. Alors, s'agit-il d'une erreur de transcription et faut-il lire "3 ans" ?


La mort du père


En mai 1802, les frères Quevilly, de Varengeville, enterrèrent leur père. Guillaume Quevilly mourut en effet  le 29 Floréal de l'an X, à 7h du matin, en son domicile des Vieux. Il est dit âgé de 72 ans et ouvrier huilier. Guillaume Fabulet, ouvrier plâtrier de Saint-Paër en fit la déclaration. C'était son voisin. Michel Godalier, ami du défunt et demeurant au Houlme, fit la même démarche. Deux témoins ayant leurs habitudes dans la mairie des Vieux.

Les malheurs de François

Lors des travaux de remise en état du pont des Vieux, vers 1805 ; la commune des Vieux devait participer à raison de 25 F répartis entre les plus imposés ; François Quevilly, le frère de Pierre Pascal Amédée y contribua à hauteur de 3 F. Il était locataire d'un nommé Petit. François Quevilly, on l'a vu, avait perdu un enfant, noyé dans l'Austreberthe. En 1801, une de ses filles mourut à 3 ans. Il alla déclarer le décès en compagnie du citoyen Guillaume Fabulet, ouvrier papetier aperçu plus haut. En 1810, François déplora encore la perte d'un fils, mort pour Napoléon. Il était chasseur de la 2e Cie du 2e bataillon auxiliaire, 5e régiment d'infanterie légère. Entré à l'hôpital de Tolosa, en Espagne, le 26 juillet pour fièvre, il succomba le lendemain.
MOULINS A LOUER

A louer, pour entrer en jouissance le 1er vendémiaire an 14,
deux moulins à huile, un moulin à bled, une masure et les bâtimens nécessaires à l'exploitation, situés en la commune de Varengeville, vallée des Vieux.


Lesdits objets sont a une demi-lieue de Duclair, trois lieues de Caudebec et d'Yvetot, quatre de Rouen, et occupés par le sieur  François Gelée fils.
Nota. S'il était nécessaire, on fournirait aux locataires quelques acres de terre labourable et de prairie
S'adresser sur les lieux pour voir les susdits objets ; et, pour en traiter, au sieur Marin Petit fils, fabricant d'huile à Pavilly.

Journal de Rouen, 26 septembre 1804
En revanche, en 1813, François maria l'une de ses filles à un meunier, Jean-Baptiste Poulingue.

Une justice implacable

Prenez garde, les Quevilly, de vous écarter du bon chemin. Car la justice de Napoléon ne plaisante pas. En 1812, Antoine Sourbelle, le sabotier de Varengeville, part six ans aux travaux forcés. Il avait volé des galoches dans l'Eure.
En 1813, on condamne au carcan et à huit ans de travaux forcés Louis Baillif, dit Coluchon, journalier
demeurant à Varengeville-les-deux-églises chez le sieur Daléhus, son beau-père. Son crime ? Il s'est emparé d'une toile de lin à sécher dans un jardin clos de Quevillon. Il est vrai que c'était celui du château de la Rivière-Bourdet, n'est-pas... Mais Coluchon était en fuite.

La Restauration ne sera pas plus clémente. En août 1816, Jacques Gohon, tisserand natif de Varengeville et établi à Villers-Ecalles recèle du blé volé par Nicolas Glatigny, natif de Duclair, garde-moulin chez la veuve Fontaine à qui il a soustrait les grains. Cinq ans de réclusion.
En octobre 1816, des draps de lit et des chemises sont volés dans un grenier de Notre-Dame-de-Varengeville. On arrête Joseph Nicolas Bernard, 50 ans, natif de Jumièges et cuisinier à Rouen, place Saint-Sever, chez le sieur Bois. cordonnier et aubergiste. Bernard a commis d'autres rapines. Vol de cuir à Duclair, de volailles à Hénouville. Dix ans de travaux forcés.
En 1817, Pierre Nicolas Lecoutre, toilier établi à Varengeville, est flétri avant de partir comme ses deux complices aux travaux forcés à perpète pour faux en écritures commerciales. La mort assurée...

C'est à cette époque que Élisabeth, la fille aînée de Pierre Pascal Amédée Quevilly, se retrouva enceinte d'un certain Lemaître, couvreur en paille.
Nous étions alors en 1816. Un mois après la naissance de l'enfant, ils le reconnurent en se mariant. 

Cette parenthèse refermée, la Justice suit son cours. En 1825, Constance Poignant, dévideuse, prend un an de prison pour avoir été reconnue coupable de la mort de son enfant par imprudence.
En 1826, Pierre Edmée et sa femme, Marie Catherine Cottard, journaliers, volent du blé dans la grange du sieur Leboucher. Cinq ans de réclusion.
1828 : Louis Trouvé, journalier de 52 ans, et sa femme, Marie Madeleine Duclos sont condamnés à trois ans de prison.
1830 : Jean-Baptiste Godard, journalier, écope de deux ans de prison pour coups et blessures envers un sieur Leprince.

Revenons à la famille. En mai 1831, un moulin à huile était à vendre à Villers-Chambellan. Pour le visiter, il fallait s'adresser à Victor Quevilly, habitant alors sur la commune.
Marie Barbe Paumier, femme Quevilly, fit son testament en octobre en novembre 1833 chez le notaire de Duclair.
En 1836, Élisabeth Quevilly, épouse Lemaître, était lingère de même que sa fille Antoinette, 18 ans. Son autre fille, Euphrosine, 16 ans, était fileuse. Quant à Théodore Lemaître, le fils du couple, il vivait à présent chez son grand-père maternel, Pierre Pascal Amédée Quevilly, toujours huilier à 65 ans. Le gamin en a 19 et gagne sa vie comme charron.

Sur l'Austreberthe, les moulins changeaient sans cesse de propriétaires et de grains à moudre. En 1840, le sieur Lerevert mit en vente les trois filatures qu'il exploitait aux Vieux, à cheval sur Varengeville et Saint-Paër.

Le 13 décembre 1840, chez Me Rigoult, à Duclair, Pierre Quevilly et son épouse, Marie Barbe Paumier, signèrent un bail avec Lemaître. Mais au recensement de 1841, on retrouve Pierre Pascal Amédée Quevilly avec la qualité de propriétaire. Il ne semble plus travailler
Le petit-fils charron est toujours là. Élisabeth Quevilly vit avec Jean Théodore Lemaitre, couvreur et leur fille Euphrosine, 22 ans.

Godefroy Quirinus Rouff, maire de Varengeville, entrepreneur dans les vallées de l'Austreberthe et du Cailly. Venu des environs de Bâle, il a créé un atelier d'indienne à Rouen en 1785 puis une usine au Houlme en 1793. Il a acquis le château de Varengeville en 1828. Sa fille en héritera en 1854.




Sa mort



Pierre Pascal Amédée est mort le 8 janvier 1842 en sa maison de Varengeville à une heure de l'après-midi. Il avait 77 ans. On le déclara " ancien ouvrier huilier ". Les témoins furent son gendre Lemaître, couvreur en paille, et son petit-fils, 25 ans, ouvrier charron. L'homme qui parapha l'acte de décès fut Godefroy Quinirus Rouff, maire, chevalier de la Légion d'honneur, élu en 1837.
Curieusement, on ne retrouve pas le décès de Marie-Barbe Paumier dans le canton de Duclair. Elle semble encore vivante en octobre 1845 lorsque sa fille Élisabeth, épouse du chaumier Lemaître, décède à 51 ans à Varengeville.

Entre temps Pierre Quevilly, le fils de Marie-Barbe Paumier et
Pierre Pascal Amédée, s'était établi à Saint-Paër où ses descendants allaient faire florès. Mais la famille Quevilly restera présente à Varengeville.

Le cousin malfrat

Ne vous écartez surtout pas du bon chemin, les Quevilly.Le 25 mai 1849, un procès fait grand bruit aux Assises de Rouen. Depuis plusieurs années, de nombreux vols étaient commis à Saint-Paër. Le mode opératoire était celui d'une bande parfaitement organisée. On pénétrait de nuit à l'aide d'une pesée dans les granges, les poulaillers pour y soustraire volailles, grains et outils. Le 1er août 1848, un nouveau vol redonne espoir aux enquêteurs. Des lettre anonymes dénoncent un receleur. Et l'on trouve chez lui les poules d'un voisin. Un coup de filet et six hommes comparaissent bientôt devant la Justice.

Charles Lucas, berger de 40 ans, né à Varengeville et demeurant à Saint-Paër. Il écope de huit années de travaux forcés.
Pierre Miot, cultivateur de 47 ans né à Sainte-Marguerite et demeurant à Saint-Paër.
Huit ans de réclusion
Eugène François Carpentier, 38 ans, né à Barentin et demeurant à Saint-Paër. Cinq années de réclusion.
François Deconihout, cultivateur de 47 ans,  né à Sainte-Marguerite, demeurant à Saint-Paër. Quatre années de prison.
Louis Pascal Foulogne, 45 ans, cultivateur à Epinay, demeurant à Saint-Paër. Deux années de prison.
Victor Quevilly, dit âgé de 25 ans, journalier, né à Varengeville.
Pierre Victor Quevilly en avait 29 en réalité, il demeurait au Pont-des-Vieux avec sa femme,  Marie Lebourg et ses quatre jeunes enfants. Il avait été papetier, ouvrier huilier et enfin journalier.
Comme les deux derniers, il bénéficie, si l'on peut dire, de circonstances atténuantes et prend tout de même cinq années de prison. En outre, il est privé pour dix ans de ses droits civiques ainsi que Carpentier et Deconihout. Mais finalement ce sera une peine de mort...

Dans les années 1850, il y avait un moulin à blé dans la vallée connu sous le nom de moulin Martin. Ses propriétaires souhaitaient rattacher ce hameau à Duclair. Varengeville s'y oppose. Après enquête du Conseil général, André et Alphonse Martin obtinrent gain de cause en avril 51.
En octobre, un bâtiment, appartenant au sieur Osmonl-Drouet, est détruit par un incendie.

Victor Quevilly allait finir sa peine lorsqu'il mourut à la maison centrale de Gaillon le 11 février 1854 à 8h du soir. Il avait 34 ans. On aimerait connaître les causes de son décès. Journalière, chargée de quatre enfants, sa jeune veuve n'a que les yeux pour pleurer.

Mars 1869 : alors que la nouvelle église a été inaugurée le 19 juillet 1867, l'abbé Masqueray, desservant de Saint-Pierre-de-Varengeville, est nommé curé-doyen de Duclair. Avril 1869 : l'abbé Picot, vicaire de Saint-Remi de Dieppe, est nommé curé de Saint-Pierre-de-Varengeville.  Il est installé par l'abbé Parmentier, curé de Saint-Rémi. Ce qui fait dire à la Vigie de Dieppe : "M. l'abbé Picot a reçu dans sa nouvelle paroisse le plus cordial accueil. M. l'abbé Picot laisse à Dieppe de nombreux regrets. Modeste et dévoué, d'un esprit éclairé, conciliant et sage, M. l'abbé Picot est un de ces prêtres qui font respecter la religion dont ils sont les ministres."
Juillet 1873. Picot, curé de Saint-Pierre-de-Varengeville, est nommé curé-doyen de Grand-Couronne.

Au mois de novembre suivant, il y eut une petite affaire de famille. Édouard Quevilly, ouvrier huilier à Varengeville, était le tuteur ad hoc des mineurs Adolphe et Émile Drapier. il fut témoin à ce titre de la vente d'une masure avec jardin, sise près de l'église de Varengeville et dépendant de la succession de Alphonse-Martin Drapier. (JDR, 15 nov.1873, p. 4)

En 1879, dans la section de Candos, Édouard Quevilly exploitait une petite ferme de 3 hectares. Elle fut mise en vente avec d'autres exploitations et le château dit de Varengeville.

A la fin du XIXe, un descendant de Pierre Quevilly reviendra de Saint-Paër pour s'établir quelque temps aux Vieux et travailler à la filature Delaporte avec son épouse. C'était mon grand-père, Henri Emmanuel Quevilly.
Delaporte, camelot du roi...

Ancien élève de l'école polytechnique, Édouard Delaporte est un catholique et royaliste convaincu. En 1880, il est membre de la Société normande de géographie. Trois de ses fils participeront à la Grande-Guerre. Deux y laisseront leur vie. Après l'armistice, Delaporte restera membre de l'Action française.

Octobre 1885. Un début d'incendie dans le bâtiment des filatures Delaporte, à Varengeville, est maîtrisé par les pompiers de la localité.

En 1891, au Paulu, Victorine Quevilly, 32 ans, est ouvrière de filature. Son mari, Florimond Ruaud, couvreur, est de 20 ans son aîné.

Aux élections de 1903, trois Quevilly sont inscrits sur les listes de Varengeville. Henri, mon aïeul, 35 ans qui a pour voisin Édouard Quevilly, menuisier, enfin Narcisse, le cantonnier, demeurant au village.

Février 1907. De nombreux vols ou des tentatives ont été commis, soit à l'aide d'effraction et d'escalade, soit en perçant les murailles. Chez Trépagny, on a volé 12 poules et 2 lapins ; chez M. Albert Leriche, 2 lapins. En pratiquant des trous, les malfaiteurs se sont introduits dans la buanderie de Massé et dans l'étable de Brunel, mais ils ont dû être dérangés, car ils n'ont rien emporté.

Juin 1907. En allant à une citerne, Mme Dutils trouve le cadavre de sa voisine, la veuve Lattelais, 70 ans, flottant sur l'eau. Suicide.

Janvier 1910. On enquête au sujet de la mort du jeune Léon Fabulet, 3 ans, décédé, paraît-il, à la suite de mauvais traitements.

1911, ils sont toujours trois les électeurs Quevilly. Mon grand-père a regagné Saint-Paër mais
Édouard, le menuisier établi au Paulu, vote toujours à Varengeville. Narcisse, notre cantonnier est toujours fidèle au poste, ce qui lui vaudra une médaille. Son fils de 26 ans, Auguste, fait également partie des électeurs, mais il est militaire. Pour son malheur. Auguste et Édouard Quevilly mourront durant la Grande guerre. Édouard à Croix-en-Champagne en octobre 1915, les jambes déchiquetées par des éclats d'obus. Un mois avant l'Armistice, Auguste Quevilly perdra la vie dans une catastrophe ferroviaire. Tous deux reposent dans le carré militaire de Varengeville.

Laurent QUEVILLY.


Sources bibliographiques



, Jean-Pierre Hervieux : Saint-Pierre-de-Varengeville d'hier et Les Poilus varengevillais