Par
Jean-Pierre Hervieux.
Créée
en 1789, la garde bourgeoise de Paris, milice civique, participa
à la prise de la Bastille. Son commandant, Lafayette, lui
donna
le nom de Garde nationale. Elle fut étendue à
l'ensemble
du territoire et servira de réserve pour le recrutement des
volontaires de 1791. Elle joua un rôle actif lors des
journées révolutionnaires de 1792.
Dissoute
à
plusieurs reprises, elle réapparaît
régulièrement entre 1796 et 1825 et demeure de
tendance
libérale. Dissoute à nouveau en avril 1827, mais
non
désarmée, elle se reconstitue dès le
27 juillet
1830 et participe à la Révolution de 1830.
Elle
est
réorganisée par Louis Philippe par un loi
promulguée le 22 mars 1831. Elle était
chargée de
défendre la royauté constitutionnelle, de
conserver et de
maintenir l'ordre et la paix publique et de seconder l'armée
dans la défense du territoire.
Les
gardes nationales
étaient organisées en compagnies par commune et
formaient
un bataillon par canton. Les dépenses en
découlant
étaient à la charge des communes.
Tous
les citoyens de 20
à 60 ans devaient assurer le service de la Garde nationale.
Les
archives communales comportent des listes des années 1830
à 1837. Le 1er septembre 1830, le maire, M. Drouet, charge
Monsieur Roger, garde-champêtre, d'avertir les 156 hommes
recensés qu'ils sont convoqués à la
mairie le
lundi 6 septembre à 7h du matin pour constituer la Garde
nationale et élire leurs officiers. La 1ère
compagnie est
composée de 97 hommes. Elle est commandée par
Aimable
Lemonnier, capitaine, secondé par André Martin,
lieutenant, François Philippe, sous-lieutenant, Augustin La
Tour, sergent-major ; elle comprend en outre quatre sergents et huit
caporaux, Jacques Rivière est le tambour.
La 2ème compagnie comprend 89 hommes. Elle est
commandée
par Jean-Baptiste Séhet, lieutenant (et futur maire de
Saint-Pierre) secondé par Jean Quibel, sous-lieutenant,
aidé de quatre sergents et six caporaux ; le fils Pierre est
tambour.
A
partir de 1834, les
listes comportent, outre les noms, l'âge et la profession des
gardes nationaux. En mai 1834, l'état de contrôle
comprend
75 noms. Des cultivateurs y côtoient des
propriétaires,
des maçons, des charpentiers, des aubergistes et un boucher.
Le
benjamin, Édouard Delépine, a 21 ans, le doyen,
Jean
Saillard, a 54 ans. Il est propriétaire.
En
février 1835,
il n'y a plus que 73 noms. Louis Jourdain, 55 ans, cultivateur, est
maire (depuis décembre 1831), Frédéric
Allais, 38
ans, également cultivateur, est son adjoint. La garde
nationale
est commandée par André Martin, 52 ans,
capitaine,
secondé par Pierre Delaunay, 44 ans, sous-lieutenant et
Pontif
Quibel, 49 ans, sous-lieutenant. Ils sont tous trois
propriétaires.
En
février 1837, il ne reste plus que 64 hommes.
Le
28 août 1870,
une liste des hommes composant la garde nationale sédentaire
est
dressée en application de la loi du 12 août 1870.
Elle
comporte 82 noms et est composée principalement d'ouvrier de
filature et de cultivateurs mais également du directeur de
la
filature.
Le
18 septembre 1870, le
conseil municipal décide d'armer 84 gardes nationaux. Le
bataillon de Garde nationale de Duclair est commandé par
Charles
Darcel. Charles Darcel était à cette
époque maire
de Berville-sur-Seine et conseiller général du
canton de
Duclair.
Les dépenses de la Garde nationale
s'élèvent
à 1.095,60 francs. Cette somme est répartie entre
les
communes au prorata de la population. Saint-Pierre doit
régler
76,34 francs. Charles Darcel écrit au maire de notre commune
et
lui demande d'inscrire cette somme au budget additionnel de 1871 (ce
qui n'avait pas été fait au budget primitif). La
commune
connaissait, à cause de la guerre, de graves
difficultés
financières. Dans ce même courrier, Charles Darcel
indique
que le bataillon de Duclair avait demandé à
participer
aux combats de Buchy, le 5 décembre 1870, mais que leur
proposition n'avait pas été retenue par
l'état-major. La Garde nationale s'étant
ralliée
à la Commune de Paris fut définitivement dissoute
le 30
août 1871.
Jean-Pierre
HERVIEUX.

