Par Jean-Pierre Hervieux.


Ranulf P. Beames avait 18/19 ans en 1946 lorsqu'il passa au camp Twenty Grand.



Ce vétéran américain, ancien de la 94e Chemical Morter Bataillon (artillerie de campagne) n'a pas participé au débarquement allié en Normandie en juin 1944. Le port n'étant pas accessible, il débarqua sur la plage du Havre en novembre 1944.

Après un voyage en train, dans un wagon à bestiaux, d'une dizaine d'heures, il gagna Duclair d'où il monta à pied de nuit dans le froid et la boue, sous la pluie et le ventre vide jusqu'au camp de Twenty Grand.



Il fit partie des premiers bataillons à séjourner au camp Twenty. Il en partit au début du printemps 1945 pour participer à l'occupation en Allemagne (Bavière) puis en Autriche à Lindt.


R.P. Beames ne garda pas de bons souvenirs de son passage à Twenty Grand. Pour le simple soldat qu'il était, la vie y était rude.

Lors de son séjour à Twenty Grand, R.P. Beames descendait aux Vieux prendre des douches. L'armée américaine avait installé un système puisant l'eau de l'Austreberthe, la réchauffant puis restituant l'eau à la rivière après la douche.

L'armée amériaine emmenait ses soldats en camion dans les communes voisines, en détente et les récupérait le soir à 21 h.

Lors de ces détentes, les soldats américains échangeaient des cigarettes et des savonnettes contre de la nourriture française et notamment du pain.

C'est ainsi que R.P. Beames fit la connaissance et se lia d'amitié avec la famille Michel, boulanger à Pavilly. Ces liens d'amitié se perpétuent depuis 50 ans.



Le vétéran qui avait tenu à revenir en France pour le 50e anniversaire de la Libération fur reçu avec son épouse le 4 juin dernier par le conseil municipal en présence de la famille Michel et de personnes ayant travaillé au camp Twenty Grand : Raymonde et Lucien Bertin, Jean Talleur et Michel Lorcher.

Instant de forte émotion lorsque Bernard Léger lui fit signer le livre d'or et lui remit la médaille de la commune.



Beaucoup d'émotion également lors de la visite de l'exposition après un détour par la salle des fêtes. La réception se termina autour d'un verre de l'amitié après quelques photos près des arbres gravés.

Jean-Pierre HERVIEUX



La libération de Saint-Pierre-de-Varengeville




Claude se souvient, c'était il y a cinquante ans... le 30 août 1944.

Le petit Claude avait une dizaine d'années à cette époque.

La population de Saint-Pierre avait été avertie que Duclair était libérée et que des soldats se dirigeaient vers les Vieux et le Paulu.

Le père de Claude avait sorti quelques drapeaux français cachés pendant l'occupation allemande et la famille était descendue dans la côte du Paulu à leur rencontre en début d'après-midi.

" Ils étaient 50 à 60 soldats canadiens à pied, précédés de deux motos. nous sommes parvenus au bourg avec eux."

Ils installèrent leur campement, composé de tentes de forme canadienne, dans le champ à l'angle de la route du Paulu et de la rue de la Paix et y demeurèrent jusqu'au 3 ou 4 septembre.

"Ils nous donnèrent à manger et des cigarettes, et fournirent le dessert pour le mariage de Roger, le grand frère. C'est là que j'ai fumé ma première cigarette et je me suis brûlé les lèvres."
C'était il y a cinquante ans.



Source

Bulletin municipal n° 38, décembre 1994.

Souvenirs de Claude Godard recueillis par Jean-Pierre Hervieux.

Iconographie : collection Jean-Claude Quevilly, Jean-Pierre Hervieux (photo de la réception), Hans Pedersen (photographié par son père en novembre 44).