Par Laurent Quevilly

To Sheila LeSueur

With tenderness...

Fondés par un combattant d'Hastings, prénommés Guillaume d'aîné en aîné, les Clérel forment la famille la plus illustre et l'une des plus anciennes de Jumièges. Comme pour nombre de mes compatriotes, les Clérel sont mes ascendants. Seule la branche aînée continua à s'inscrire dans l'ordre de la noblesse en quittant le pays de Caux pour la Basse-Normandie. Là, elle donna notamment Alexis Clérel de Toqueville, penseur et ministre resté très adulé dans les pays anglo-saxons. Généalogie...




Ier degré: Guillaume Clarel, le "combattant d'Hastings"

 A Jumièges, dans les années 1060, vivait alors Guillaume Clarel, un personnage qui tenait son surnom de Clarellus, forme de Clarus, autrement dit illustre. Cette appellation, Clarellus, suppose donc un statut relativement aisé et ce rang peut avoir été acquis par la famille dès l'époque gallo-romaine. Toujours est-il que, dans les années 1060, Guillaume est un officier laïc de l'abbaye de Jumièges.

Quand Guillaume le Bâtard réunit tous ses barons pour lever une armée de conquête, l'abbé de Jumièges lui aurait fourni notre ancêtre. Et il combattit à Hastings. C'est du moins ce qu'affirment plusieurs généalogistes: Mangon du Houquet, Paulmy, Couppey, la duchesse de Cléveland, l'abbé Bernard et l'abbé Simon de qui nous tenons l'essentiel cette étude. Nous la considérons avec précaution. Simon réalisa avec déférence la généalogie des Tocqueville. On sent chez lui l'obstination de donner du lustre aux origines de cette maison. La déduction prévaut souvent sur la preuve formelle.

  Pour tous ces auteurs, un Clarell est en tout cas mentionné dans certaines versions du Roll of Battle abbey, antique liste des combattants d'Hastings.  Lui, voire plusieurs membres de sa famille. Sous le nom de Clarel, il figure encore dans la liste de Brompton, celles de Leland, de Guillaume de Worcester, d'Eudemare. En 1631, Du Moulin fait état d'un sieur de Clarel à Hastings. Le Vavasseur, en 1698, nous parle d'un sieur de Clairel.

Si notre ancêtre prit effectivement part à la Conquête, à l'instar des autres combattants, le duc de Normandie couronné roi d'Angleterre lui aura donc octroyé quelques fiefs que Simon suppose situés dans le sud du Yorkshire, à Tickhill, où existe un Clarell's Haulle, berceau de la famille Clarell. On a tôt fait de la considérer comme la branche anglaise des Clarel de Jumièges. Mais ces possessions ne figurent pas dans le Domesday book. Une explication : on estime à 70.000 le nombre de fiefs distribués après la victoire d'Hastings. Et autant d'arrière-fiefs. Clarell's Haulle serait de ceux-là. Enfin, Masseville cite parmi les chevaliers normands qui participèrent ensuite à la conquête de la Sicile un Guillaume Claret. Aux yeux de nos généalogistes, voilà l'identité complète du Clarel d'Hastings. Et, seul à porter ce nom, ce ne peut être que le Guillaume Clarel que l'on va bientôt retrouver en Normandie.

Vers 1090, Guillaume Clarel est parmi les témoins d'un charte de l'abbaye de Saint-Evroult concernant le don de deux acres de terres par Eudes Le Queux en réparation d'une injure faite au frère portier. L'abbé Simon le donne encore vivant le 11 janvier 1112. Cinquante-deux ans après la conquête ! Nous le retrouvons cette fois dans la salle du chapitre de l'abbaye de Jumièges, aux côtés de l'abbé Urson. Renaud de Sainte-Hélène fait alors cession pour dix ans d'une terre sise aux Crouttes, près de Vimoutiers.

Si l'abbé Simon accorde une descendance à Guillaume Clarel en Angleterre, il lui en prête également une en Sicile qui aurait donné la famille Clarelli. Enfin une troisième lignée, celle qui nous intéresse, subiste en Normandie. Ce qui fait beaucoup pour un seul homme. Pour nous, Guillaume Ier Clarel, attesté en 1112 à Jumièges, eut au moins un fils qui épousa une noble héritière :

IIe degré: Guillaume, l'époux de Rose d'Ouézy


uillaume II Clarel. Lui aussi fait partie de la cour de l'abbé de Jumièges puisqu'il est cité dans des chartes de 1127 et 1141. Il fut témoin de la donation faite aux moines de Jumièges. par Hubert de Méry de terres sises en la paroisse d'Ouézy, près Mézidon, diocèse de Sées, aujourd'hui département du Calvados. Le prieuré d'Ouézy était une dépendance de l'abbaye de Jumièges. Guillaume II Clarel y accompagna l'abbé de Jumièges pour mettre un terme à un conflit de patronage opposant le prélat à Herbert de Méry. Guillaume Clarel était flanqué comme souvent de Robert Filleul, Guillaume Le Maréchal, Raoul le Chambellan et Guillaume Harenc. Sur place, ils retrouvent notamment Hervé d'Ouézy, un proche de Méry. Les deux partis se réunirent au château de Guillaume du Chesne.

Et Guillaume Clarel épousa précisément Rose d'Ouezy, sans doute la sœur d'Hervé. La généalogie de cette famille s'établirait ainsi:

- Guimond d'Ouezy, peut-être combattant d'Hastings en 1066.

- Eudes d'Ouéry, fils du précédent, témoin d'une donation faite à Jumièges par Raoul de Conches.

- Richard d'Ouézy, peut-être frère du précédent.

- Hervé, fils du précédent, attesté en 1088. Témoin en 1119 d'un accord entre Urson, abbé de Jumièges et Herbert, évêque de Lisieux.

La lignée se poursuivra avec:

- Guillaume d'Ouéry, témoin en 1198 et 1213 d'une donation fait par Guillaume de Cesny, de Cesny-aux-Vignes, près Ouézy.

- Aélicie d'Ouézy qui cède à Jumièges en 1275 ses droits sur les moulins d'Ouézy. Elle est alors en viduité, c'est à dire veuve.

A l'apparition des armoiries, cette maison blasonna de gueules au chevron d'or accompagné de trois besans d'argent. Elle incorporera à son nom le fief d'Olendon, près de Falaise. C'est attesté en 1408. Les d'Ouezy deviennent alors seigneurs d'Olendon et de Sassy. Leur noblesse fut confirmée en 1521. Le nom s'est éteint au XIXe siècle.

Le 11 décembre 1138, Guillaume II Clarel est aussi à Rouen, toujours aux côtés de l'abbé, dans un arrangement relatif à la tour Alvarède, bien de l'abbaye. Il y a là les barons les plus notables du duché: Louis, abbé de Boscherville, Galleran, comte de Meullant, Guillaume, comte de Warenne...

Guillaume et Rose laissèrent après eux des possessions à Conteville, en pays d'Auge, à Ouézy mais aussi en Angleterre comme nous les verrons. Ils eurent au moins les trois enfants qui suivent:

IIIe degré: Guillaume le donateur


A) Guillaume III Clarel est cité de 1189 à 1241 et compte parmi les officiers de l'abbaye. Peu avant 1189 et vers 1190, il fut appelé comme témoin de diverses donations faites au prieuré bénédictin de Longueville, près de Dieppe. Ayant pris l'habit, Gautier d'Anneville céda en effet aux moines les terres à son nom. Son frère, Gilbert Belin, confirma par serment qu'il respecterait cette donation. Guillaume Clarel est là. Gilbert de Falaise, lui, fit don de plusieurs terres sises à Ouville-la-Rivière, Petiville. Enfin, Fandille de Saint-Ouen céda sa terre d'Auppegard.

Que Guillaume III Clarel fut appelé comme témoin lors de ces cessions suppose qu'il possédait des intérêts dans les régions concernées. A Ouville-la-rivière, baronnie de Longueville, il y avait précisément un fief Clarel. A ce fief étaient attachées des obligations militaires. Vraisemblablement, Guillaume III Clérel était armiger, autrement dit simple écuyer... En résumé, Guillaume III Clarel possède l'essentiel de ses biens au Conihout de Jumièges, un huitième de fief de chevalier près de Dieppe mais aussi des possessions en Basse-Normandie et en Angleterre. En 1207, avec sa mère, Rose d'Ouézy, alors veuve, il concéda aux moines de Jumièges:

- Le tiers de leur vignoble en Angleterre. C'est ce qui conforte les généalogistes dans la thèse d'un Clarel à Hastings. Seulement, ces vignobles, est-il précisé, sont des acquisitions. Qu'à cela ne tienne, Simon vous dira qu'elles sont venues agrandir un domaine primitif. Une objection: ces vignobles ne viennent-ils pas plutôt de la famille d'Ouézy puisqu'il est dit que Guimond d'Ouézy prit part à la Conquête...

Rose et son fils cédèrent aussi:

- Le tiers du fief qu'ils possédaient à Ouézy, Tertiam partem totius feodi Osei, fief consistant en terres labourables, plants et pâtures.

- L'abandon d'un droit de passage à travers le bois des moines.

- Trois vergées de vignes et une demie acre de terre que la famille tenait du comte Roger Le Bigot. A ce don, Rose et son fils lui substituèrent plus tard deux parties d'une fief qu'ils tenaient du chevalier Roger de Plainville. C'est de ce dernier, du reste, que Rose et Guillaume tiennent la plupart de leurs biens d'Ouézy. En l'an de grâce 1207, en l'église Saint-Aubin d'Ouézy, Roger confirme la donation sur les évangiles devant Henry, prêtre, Hervé de la Barre dont les terres jouxtent celles de Rose et beaucoup d'autres...

Guillaume III eut au moins deux fils qui suivront en IV. Passons d'abord à son frère:

B) Robert Ier Clarel dit de Conteville, lui aussi officier de l'abbaye, attesté vivant dans des actes allant de 1176 à 1203, inscrivit sa vie dans le sillage de Guillaume de la Mare dont il était le secrétaire greffier. Guillaume de la Mare frère de l'abbé de Jumièges, était justicier du Roi, vicomte de Sainte-Mère-Eglise et de Conteville où Robert se voit précisément affermer des terres. Il tenait des vignobles situé près de Pont-Audemer et en Bessin. Guillaume de la Mare entretenait aussi des rapports étroits avec le Cotentin en y acheminant des matériaux de construction pour les bâtiments mais aussi les vaisseaux. Il est probable qu'il ait montré la voie aux Clérel qui, plus tard, s'établiront dans cette région. Les associés de Guillaume de la Mare eurent également a guerroyer contre les Bretons et l'on ne sait si Robert Clérel les suivit dans cette entreprise. Dans le diocèse de Bayeux où les de la Mare auront des possessions de même que l'abbaye de Jumièges, on retrouve un Moulin-Clarel, sur la terre de Barbery, près de Bretteville-sur-Laize. Ce moulin est cité en 1260.

En 1176, Robert Clarel est aux assises de Monfort-sur-Risle (Eure) présidées par Guillaume de la Mare. Là, il assiste à un accord entre Robert de Tourville et Gilbert d'Yainville au sujet d'un héritage sis à Tourville-la-Rivière, près Elbeuf, et d'une terre de la Mare-du-Bec.

En 1180, il est aux assises d'Argentan, toujours avec Guillaume et les plus grandes figures du Duché: Guillaume Fitz-Ralph, vicomte de Nottingham et de Derby, Richard Giffart, le comte Jehan, Foulques d'Aunou, Raoul Tesson, Robert de Fresquiennes...

Entre 1182 et 1183, Robert est à Bellême (Orne), à la cour de Rotrou, comte du Perche où il a suivi l'abbé de Jumièges, Robert d'Argences. Là se juge un procès au sujet de la régie des biens que l'abbaye possède à Dame-Marie. Ce qui se termine par un accord entre l'abbé et Giroie le Bâtard. Là aussi, les officiers de l'abbaye sont présents.

A la même époque, en compagnie des dignitaires de l'abbaye, il assiste à un jugement relatif aux dîmes du Vieux-Verneuil, rendu par Jean, évêque d'Evreux et Durand, abbé de Troarn, commis par le pape Lucius III. En 1195, Robert verse à Guillaume de la Mare, alors bailli d'Auge et de Conteville depuis 15 ans, la somme de 5 sols pour les vignobles qu'il possède en cette baillie. Il versera encore 10 sols, en 1203, au successeur de De la Mare, Pierre d'Estokes. Bref, on le retrouve comme témoins d'actes où Guillaume a des intérêts: Jumièges, Pont-Audemer, Conteville et en Cotentin...

C) Pierre Ier Clarel, dont on ne sait rien, sinon qu'il est père d'un Guillaume.

IVe degré: Le Clérel qui se déposséda de tout


A) Guillaume Clarel, mentionné en 1241, fils de Pierre Ier. Possède des terres à Jumièges. Il eut au moins un fils prénommé Pierre.

B) Guillaume IV Clarel, né vers 1180, fils de Guillaume III, dit aussi Guillaume de Conihout, sans doute pour se démarquer de son cousin. Il est cité de 1211 à 1241. Certains ajoutent jusqu'en 1275. Il est dans l'entourage de l'abbé où l'on se succède toujours de père en fils et dont il est aussi bienfaiteur.

1211, c'est l'année où il assiste à des dons de terres consenties à l'abbaye par le neveu de Guillaume de la Mare, Guillaume du Gué. Déjà, en 1190 et 1191, il avait concédé des terres sises à Duclair.

En août 1212, Guillaume assiste à la donation du tiers des gerbes de la dîme de Puiseaux par Amfride Baignard. Septembre suivant, il observe encore la ratification de cet acte par le neveu du donateur, le chevalier Robert de Bouffey.

Les principaux biens de Guillaume IV Clarel sont situés dans le village du Conihout, au lieu-dit Le Clif, sur le bord de la Seine. Ses possessions avoisinent celles d'autre Guillaume, son cousin, mais aussi de Raoul, son frère et enfin de son neveu Guillaume. En 1241, il consent une donation considérable aux moines de Jumièges: sa maison manale et le masage qui en dépend, autrement dit terres, prés, bruyères, vignobles, jardins, bâtiments d'exploitation, le tout entouré de fossés. Un autre masage, sis également à Jumièges, enfin neuf pièces de terres.

Voici le détail de la donation qui, ajoutée aux terres voisines de deux autres Clarel, donnera une idée du domaine primitif de la famille à Jumièges.

1) La maison de Conihout avec son masage, telle qu'elle se comporte, depuis le masage de Guillaume, fils de Pierre Clarel, jusqu'au chemin du Roi.

2) Un clos s'étendant du susdit masage à la Seine.

3) Un autre masage, tenu du fief de Robert de la Porte, sis entre la terre de Raoul Clérel et celle de Béatrice la Maquerelle.

4) Une pièce de terre sise entre le chemin du Lendin et la terre de Laurent Minel.

5) Une autre pièce sise entre la terre de Guillaume Sergent et celle de Durant Warouf, laquelle pièce relevait du fief de Raoul le Lardenier.

6) Une vergée sise près de la terre de Guillaume le Hartel et une autre sise à la Haise, près de la terre de Guillaume, fils de Pierre Clarel.

7) Une pièce de terre non localisée par Simon.

8) Une pièce de terre sise au lieu dit le Clif, entre la terre de Guillaume Clarel, neveu du donateur, et la Seine, pièce aboutant les terres d'Ansfred Robin.

9) Une pièce de terre sise au Clif, près du chemin du Lendin.

10) Un clos tenu du prévôt de Jumièges par trois mines annuelles, situé entre la maison de l'Abbé et le pré de Jehan Engenot.

11) Une partie de pré jouxtant le pré de Durand le Gras.

Cette donation est une étape importante dans le désengagement de la branche aînée des Clarel à Jumièges. Les neveux n'ont rien à lui opposer. En revanche, ils doivent la garantir selon les us et coutumes de Normandie. Les témoins furent Robert de la Porte, Guillaume du Bosc, Guillaume Pelot, Robert Engenot, Raoul Blangi, Robert Coqus et plusieurs autres.

Les revenus de ces possessions iront pour un tiers à l'aumônerie, et donc aux pauvres. Les deux autres tiers aux moines. En retour, Guillaume et sa femme recevront chaque jour, jusqu'à leur mort, "trois pains, trois mesures de vin et trois portions convenables d'aliments." Pour qui la troisième? Un domestique, sans doute. Car l'abbé Simon n'accorde à Guillaume aucune postérité. Sinon, il se serait dépossédé "du consentement de ses hoirs".

Se déposséder, une pratique courante

Ce type de donation très conséquente n'est pas un cas isolé. En janvier de cette même année 1241, Adam de Livet de Conihout cède dans les même conditions sa maison située en la paroisse Saint-Philibert-du-Mesnil avec le masage où elle se trouve et plusieurs pièces de pré. Le tiers du don va au salut de son âme, les deux autres pour subvenir tant à ses nécessités qu'à celles de sa femme. Savoir, pour chaque jour, trois pains, trois mesures de vin et, à la cuisine, ce que le dépensier pourra leur procurer et au gré des religieux. Quant aux vêtements et aux chaussures, il leur seront fournis en quantité suffisante. Après le décès du mari, si la femme lui survit, les religieux subviendront à ses nécessités pendant sa vie dans une juste mesure et en autant de temps toutefois qu'elle voudra bien adhérer à leurs conseils. Une quinzaine d'années plus tard, en septembre 1257, c'est Rodolphe Salomon qui se dépossède à son tour. Il délaisse à Dieu, à l'église de Notre-Dame et Saint-Pierre de Jumièges et aux moines qui y servent Dieu, pour le salut de son âme et de ses antécesseurs, tout le bien-fonds qu'il a et peut avoir en ladite paroisse de Jumièges et partout ailleurs, sans aucune réserve ni réclamation de sa part, soit de ses héritiers, soit de tous autres, et avec toute garantie de droit, parce que de leur côté l'abbé et ses religieux fourniront au donateur et à sa femme, pendant leur vie commune, deux pains miches, un petit pain blanc du couvent, et deux mesures de vin de la qualité de celui qui est donné journellement à leurs meilleurs serviteurs. De plus, pour chaque année, le mari recevra huit aunes d'étoffe et quatre autre pour sa femme. Si cette dernière lui survit, elle conservera ses même pitances mous toute fois le petit pain blanc comme aussi les quatre aunes d'étoffe. Si c'est au contraire le mari qui reste, rien ne sera excepté de ses fournitures de bouche, mais aussi il ne recevra plus que quatre aunes d'étoffe au lieu de huit. Les témoins de cet acte sont Roger Le Moigne, Robert de la Porte, Guillaume Beaufils, Robert d'Anneville, Guillaume Le Valet, Anquetil Picart et beaucoup d'autres.

Si Guillaume n'a pas eu de postérité, on lui donne en revanche un frère:

C) Raoul Clarel, cité en 1241 et 1267. Il possédait une terre près de la "ruette du Lendin" et cinq fils qui poursuivent la branche aînée:

Ve degré


A) Guillaume V Clarel, cité de 1241 à 1275. Lui aussi a des terres au Clif, près du chemin du Roy. Mais aussi près du marais. C'est un contemporain de mon aïeul, Hugues de Mainberte. Manifestement, son rôle auprès de l'abbaye n'est plus celui de ses ancêtres. On ne voit apparaître son nom comme témoin ou riverain de ventes de terrains. Jusque là, l'abbaye fieffait une terre en échange d'un service. A l'époque de Guillaume V, les officiers laïcs semblent remplacer ce service par une rente. Du coup, Guillaume Clérel aura cherché à s'employer ailleurs, plus au nord du pays de Caux où il est possessionné.

En mars 1271, à Jumièges, il assiste à la vente d'une rente consentie par Jehanne, veuve de Robert Grart à Richard Beaucousin, époux de Sibille. Comme témoin également: Nicolas Clarel, son frère.

Janvier 1272, il est encore témoin d'une vente de terre par Albérède, épouse de Richard de Conihout, au même Richard Beaucousin, près des "près aux Clareaux". Pierre Clarel est également témoin. Toujours en janvier, toujours à Beaucousin, Raoul Vassal vend une terre proche de celle de Guillaume, proche de la "voie traverseine" et de la "Noe des amblettes".

1275: Emmeline et son époux, Robert de Touberville, vendent à Richard Beaucousin une rente en gueline que Guillaume Clarel et ses héritiers devaient audit Guillaume de Touberville. Cette vente est fondée sur une terre sise entre le bien de Martin Clarel et celui de Gautier Luce.

Guillaume, reprenant la tradition, eut un fils aîné prénommé Guillaume comme nous le verrons plus loin. Mais voyons d'abord qui furent ses frères :

B) Robert, mort avant 1247, sans postérité connue, et dont une rente alla cette année-là à son frère qui suit :

C) Renaud, attesté en mars 1247, notamment par un sceau de forme ronde, représentant un rameau avec cette inscription: S Reginaldi Clarel. Père de Durand et Robert Clarel, il revendit la rente héritée de son frère Robert à cet autre qui suit :

E) Martin, attesté de 1247 à 1272. En 1250, l'une de ses terres du Conihout jouxtait celle de Robert Enguenout. En mars 1259, il céda 9 sols et 2 deniers de rente pour 10 livres à l'abbé de Jumièges. En 1272, Pierre de la Fosse vend aux moines une rente sur un fief que tenaient en commun Martin et son frère Nicolas qui suit :

F) Nicolas, attesté en 1271, fixé au Mesnil. Il eut un fils prénommé de même. Nicolas et Martin devaient à cette époque 25 sols à l'aumônerie de Jumièges pour la mi-carême.

On peut rajouter :

- Emmeline la Clarelle, mentionnée en 1298, peut-être sœur des précédents.

- Pierre Clarel, cousin des précédents, fils d'un Guillaume vu plus haut, lui même fils de Pierre Ier.


VIe degré: les Clérel essaiment la presqu'île


 A partir de ce moment, il devient difficile de suivre la descendance des Clarel dont les différentes branches donnèrent des notaires, des marchands, des prêtres et surtout des laboureurs aisés dans la presqu'île. Au moins une dizaine de frères et cousins Clérel sont recensés un temps à Jumièges :

 
A) Guillaume VI Clarel, fils de Guillaume V. Attesté de 1272 à 1297, il avait une terre avec plants, près de la Seine, attenante à celles de Nicolas Fresnel et de Guillaume Clarel, son père. Cette possession était affermée par Jean Le Blanc qui, à ce titre, lui devait 5 sols tournois par an. En février 1295, Guillaume VI en fit profiter l'abbaye. Durant dix ans, cette rente sera versée aux moines en la fête de l'Assomption et de la Bienheureuse Vierge". Nous sommes sous l'abbatiat de Guillaume Becquet. L'abbaye comte une soixantaine de moines. "Moi, Guillaume Clarel, en mon nom et en celui de mes hoirs, avons délibéré garantir contre tous, aux susdits moines et à leurs successeurs, la jouissance et la possession des susdits cinq sols de revenu annuel. Ceux-ci les tiendront librement, paisiblement et pacifiquement, sauf le droit capital. Et même si la chose devenait nécessaire, nous en ferons l'échange à même notre propre héritage." Cette rente fut affectée à la Pitancerie. Pour les jours de fête, on appelait ainsi les fonds versés par les donateurs et destinés au supplément de nourriture. C'est que les exigences des bienfaiteurs allongeaient les offices et donnaient faim... En juillet 1295, Guillaume VI est témoin d'une vente de Guillaume Fresnel à l'abbaye. Mort avant 1297, il eut au moins deux fils, Guillaume et Pierre, qui suivent plus loin.


B) Robert et C) Durand, attestés en 1297, fils de Renaud. Ils eurent une postérité à Jumièges.
Robert vendit en faveur de la Pitancerie une rente que lui versait Pierre Clarel, son cousin. Cette rente était assise sur deux terres voisinant le jardin dudit Pierre et celui des hoirs de Guillaume Clarel, autres cousins, tout près du chemin du Roy et du sentier Traversein. En 1305, Robert céda aux moines une rente de 20 sols que lui payait annuellement Roger Clarel, encore un cousin, pour un jardin situé près du masage de ce dernier.
Durand confirma à la Pitancerie la rente consentie par son frère en 1297. A cette époque, il céda lui aussi aux moines une terre qu'un acte de 1302 mentionne encore comme étant la "terre de Durand Clarel".

D) Hamon et E) Nicolas, deux fils de Nicolas Ier.
Nicolas, deuxième du nom, fut écuyer. En 1302, il vendit 25 sous tournois pour la "pitancerie" de l'abbaye des rentes à prendre sur sa terre du Mesnil jouxtant celle d'Hamon, son frère et sur sa terre de Jumièges jouxtant celles de Raoul, Pierre et Durand Clarel, ses cousins. Ce qui scelle cette rente est un sceau gothique sans caractère héraldique, portant quatre croisettes, 1, 2 et 1 et l'inscription S Nicola Clarel. Le 28 septembre de la même année, Nicolas Clarel donna quittance de ses gages alors qu'il servait à l'ost de Flandres: "Je, Colins Clarel, escuiers, ait rechut de Maistre Guillaume Chaut' de Milly et Geffroy Cocatris, sur mes gages, sept livres dix sols tournois..." Cette fois, son sceau est héraldique et porte un écu à deux fasces qui préfigure les armes des Clérel. Même inscirption: S Nicolai Clarel, mais avec cet ajout: Armigeri. Ce sceau est conservé à la bibliothèque nationale de France dans la collection Clérambault. En 1305, Nicolas vendit à Jehan Morel, un clerc, 22 sols de rente à prendre sur une terre de Jumièges et sur une autre au Mesnil jouxtant celles des hoirs de Martin Clarel et celle d'Hamon Clarel, ses cousins.

F) Pierre Clarel, IIe du nom, attesté le 12 juillet 1291 et G) Raoul, dont on ne sait rien. Si ce n'est qu'il avait pour surnom "Le Cloustier" et qu'il vivait à Jumièges en 1302 et 1317, année où il vendit aux moines 12 sols de rente.

H) Thomas Clarel le jeune vend en 1305 aux moines une rente de 6 sols tournois à prendre sur Gilles Lesage à cause d'une masure et maison sises à Jumièges. Si ce n'est le même, un autre Thomas Clarel est mentionné en 1306, date où il vend aux moines 8 sols de rente sur une masure sise à Jumièges.

I) Roger Clarel. On l'a vu, il loue en 1305 un jardin à Robert Clarel, son cousin.

J) Hoirs de Martin Clarel, au Mesnil, près de la terre de Pierre Clarel.

VIIe degré


A) Nicolas III Clarel, alias Colin, fils de Nicolas II, vivait au Mesnil-sous Jumièges où il avait épousé une prénommée Robine. Le 14 novembre 1376, il fit une vente aux moines. Décédé avant 1402. Un fils: Perrin.

B) Simon et C) Roger Clarel sont parmi les tenants du fief au Maréchal en 1398.

D) Pierre Clarel, fils cadet de Guillaume VI. Il continua à honorer la charte de son père qui, en 1295, faisait don de 5 sols par an à la Pitancerie. Au dos de cette charte, on retrouve son nom: Petrus Clarel sous celui de Will. Clarel. Sur les chartes de l'abbaye, les signatures se succèderont et l'on peut donner à Pierre pour descendants: autre(s) Petrus Clarel, puis Pierre, Jehannet et Philippot, peut-être trois frères qui prennent le nom de Clérel. Ils continuent à Jumièges les branches cadettes parvenues jusqu'à nous.

E) Guillaume VII, aîné de Guillaume VI, chevalier, attesté en 1315. Cette année-là, il échange une terre avec l'évêque de Bayeux, Guillaume de Trie. C'est le neveu du seigneur du Tot, de Petitville. Les domaines échangés sont en Basse-Normandie, près de la seigneurie de Rampan où la branche aînée des Clarel ira bientôt s'établir définitivement. En effet, le petit-fils de Guillaume, Thomas, épousera l'héritère du dernier seigneur de Rampan, Henriette. Pour l'heure, les Clérel restent enracinés en pays de Caux. La femme de Guillaume, dont on ignore le nom, lui apporta des terres dans la presqu'île de Jumièges. Cette possession est citée en 1323 dans une des premières chartes en langue française concernant l'abbaye. La charte porte sur la vente faite par Valentine La Guodeniennne à Thomas Desilles d'un domaine sis en la paroisse de Jumièges, lequel est borné d'une part "par le masage Guillaume Clarel par la resson de sa fame". Guillaume VII eut au moins deux fils qui combattirent dans des camps opposés :

VIIIe degré: les frères ennemis


A) Guillaume VIII Clarel, écuyer, attesté en 1350, possédait bien des terres à Rampan, près Saint-Lô, mais non point toute la seigneurie dont le chef était assis en la paroisse de Notre-Dame-de-Rampan, dite encore Rampan-la-Meauffe. Germain de Rampan en était alors le seigneur et il inféodait une partie de son fief à Guillaume Clarel. Il s'agissait du domaine de Rampan-Montcoq dont le chef était assis en la paroisse de Saint-Georges-de-Montcoq. En Cotentin, Guillaume ne pouvait donc se prévaloir du titre de gentilhomme. C'est encore Germain de Rampan qui rendait aveu de toute la seigneurie. En revanche, en pays de Caux; Clarel est au rang de la noblesse. En 1356, nous sommes dans la première partie de la guerre de cent ans. Jean de la Heuze, dit le Baudran, gentilhomme cauchois, maréchal de Normandie, amiral de France poursuit Anglais et Navarrais dans le Cotentin et les épouvre dans les marais des Veys, près de Carentan. Quand vint septembre 1357, il entreprit de dégager Honfleur. Alors, le 2 du mois, il organise une montre où sont convoqués les hommes d'armes du pays de Caux. Parmi eux, l'écuyer Guillaume Clarel, cinquième sur la liste, ainsi décrit: "Willaume Clarel, cheval brun gris, 25 livres..." C'est le revenu moyen d'un écuyer. On ne sait s'il était encore présent à Jumièges où il a certainement hérité des terres de son père et de sa mère. Guillaume conservait sans doute aisso des attaches au fief Clérel d'Ouville-la-rivière. Le 16, Guillaume et ses compagnons lèvent le siège de Honfleur. Puis, derrière Le Baudran de la Heuze, il poursuit la campagne. Notamment à Harfleur. En 1360, avant Pâques, les Anglais disséminés un peu partout décident d'une contre offensive collective. Alors on battit le rappel des troupes françaises. De violentes batailles se déroulèrent au Favril, près Thiberville (Eure). Louis de Harcourt, sourd aux conseils de Baudran, accusa la défaite des Français. L'état-major, emprisonné à Honfleur, fut délivré contre rançon. On ne sait si Guillaume fut du nombre. Onze ans plus tard, il est en tout cas à Harfleur, le 19 juillet 1371, pour une nouvelle montre de Baudran. Guillaume eut au moins pour fils autre Guillaume qui suit plus loin.

B) Robert II, attesté de 1366 à 1389. Alors que son frère conservait de fortes attaches en Pays de Caux, Robert avait reçu en héritage des terres en Cotentin. Or, la région était aux mains du roi de Navarre, Charles le Mauvais, cousin du roi d'Angleterre Edouard III. Du coup, il va combattre contre les troupes du roi de France derrière la bannière de Guillaume de la Haye. En 1366, Guillaume de Troismonts, abbé de N-du-Vœu, à Cherbourg, alloue 54 francs par mois à la troupe de De la Haye composée de quatre hommes d'armes et six servans au rang desquels Robert Clérel. 1367: Robert défend Valognes. 1368: qualifié d'archer, Robert mène des expéditions contre les Bretons qui envahirent la baillie du Cotentin pour arracher les richesses du roi de Navarre. Robert eut au moins deux enfants qui suivent plus loin.

Signalons encore ce cousin:

- Pierre, dit Perrin, fils de Nicolas III Clérel, quitta Le Mesnil pour Anneville. 4 mars 1402: "Fut présent en sa personne Perrin Clarel, fils de feu Colin Clarel, pour lors qu'il vivoit demourant en la paroisse de Mesnil-jouxte-Jumièges et ledit Perrin demourant a présent en la paroisse d'Anneville, lequel de sa bonne volonté vend aux religieux de Jumièges tous les héritages quelconques généralement que le dit feu son père tenoit et possédoit pour le temps de son vivant."

Xe degré


A) Guillaume IX, dénommé Monsieur, ce qui le fait passer pour chevalier, il prendra définitivement le nom de Clérel dans les manuscrits. Tout simplement parce que le "a" se prononçait "é" en parler normand. La même transformation s'opéra chez les Clarel de Jumièges. Dans un armorial, ses armes rappellent curieusement la maison d'Yvetot: d'azur à une bande d'or à deux cotiches d'or et un chef de gueulles. En 1372, il prit part aux plaids de la sergenterie de Canville, vicomté de Caudebec, sergenterie proche du fief Clérel d'Ouville-la-Rivière où les Anglais rasèrent les habitations. Guillaume IX est le dernier représentant de la branche aînée dans le pays de Caux et l'on ne sait où il résidait. A Jumièges restent en tout cas les branches cadettes avec une nombreuse postérité. Guillaume eut un fils, prénommé Thomas, qui suit plus loin.

B) Jehan, présent à une montre de 1375 à Saint-Sauveur-le-Vicomte et Robert, dit aussi Robinet, sont les fils de Robert II. Robinet prit part, le 1er janvier 1378, à une montre organisée par Jehan de Hodenc à Mortain. Le 20 août 1383, il est cité comme écuyer dans une revue des partisans du roi de Navarre en Normandie. On le retrouve le 1er septembre dans une montre à Carentan. On le retrouve encore dans trois montres en 1388 et 1389.

Les branches cadettes de Jumièges


Jumièges, la lignée des Clérel se poursuivit par les branches cadettes. Délaissées des généalogistes. Voici quelques bornes chronologiques qui nous conduisent jusqu'à nous:

- 4 janvier 1414: Simon et Jehan, dits Clarel, font aveu aux moines du fief aux Cléreaux.

- 14 novembre 1487: Les religieux fieffent une terre à Pierre Clarel, demeurant au hamel de Conihout.

- 1545: mariage d'un Jehan Clérel avec Marie Bizet, c'est l'union la plus ancienne des registres de Jumièges. Les Clérel font alors florès. Parmi tous ces mariages, voici ceux qui concernent ma famille:

- 4 mai 1562, mariage de Marguerite Clérel avec Robin Mainberte.

- Vers 1630, mariage d'Andrieu Clérel et Marion Clérel, mes onzièmes arrière-grands-parents. Tous deux ont la même souche d'origine.

- 6 novembre 1684, mariage de Marie Clérel, ma neuvième arrière-grand-mère, avec Valentin Roussel. Elle était fille de Jacques Clérel et Madeleine Boutard.

- 9 nivose an 9, mariage de Marie Victoire Clérel, fille de Jean et Marie Rose avec mon 3e arrière-grand-père, Charles Mainberte.

A titre purement indicatif, nous poursuivons ici la descendance de la branche aînée où figure Alexis de Tocqueville. Sans en développer les ramages.

Xe degré


Thomas Ier Clarel marque la rupture de la branche aînée avec le Pays de Caux qui se fixe dans le Cotentin. Il épouse, en 1380, Henriette, fille de Renouf, la dernière héritière des Seigneurs de Rampan près de St-Lô. D'où :

XIe degré


Robert III Clérel de Rampan, époux de Pérette d'Arclais le 3 juillet 1425.

XIIe degré


Lô Clérel, époux de Jeanne de Parfouru, le 1er mai 1460.

XIIIe degré


Guillaume X Clérel, marié en premières noces à Anne de Meuldrac, le 10 novembre 1498, le 21 juin 1499 à Jehanne de Brébeuf. Dont quatre enfants, Nicolas, Georges, Marie et André qui suit.

XIVe degré


André Clérel, époux de Jeanne du Mesnildot, le 27 avril 1525. Cinq enfants: Gilles, Jehan, Thomas, Jehanne et Michel qui suit:

XVe degré


Michel, marié à Louise Le Roy d'Amigny, le 23 février 1546. Huit enfants: Marguerite, Michel, André, époux d'Anne de Beuzeville Jeanne, Judith, Charles, Pérette, Pierre qui suit.

XVIe degré


 Pierre, marié à Jacqueline Le Roux, dame d'Auville, le 22 juillet 1590. Dont Hervé.

XVIIe degré


Hervé, époux de Marie-Jallot de Beaumont le 20 janvier 1623. Quatre enfants: Suzanne, épouse Jean-Nicolas de la Haye, Pierre, Jeanne et Charles qui suit.

XVIIIe degré


Charles, 1623-1693, époux de Elisabeth du Chemin le 26 août 1659. Trois enfants: Georges-Richard, Anne et Guillaume Clérel de Tocqueville.

XIXe degré


Guillaume Clérel de Tocqueville, 1665-1715, marié le 22 octobre 1702 à Charlotte-Françoise Bénard de Maison. Dont Georges Charles qui suit:

XXe degré


Georges Charles Clérel, 1703-1755, comte de Tocqueville, il épouse en 1723 Catherine Madeleine de Muldrac de Sainte-Croix, d'où le compte Georges René Clérel de Tocqueville et Bernard Bonaventure qui suit qui suit:

XXIe degré


Bernard Bonaventure Clérel de Tocqueville, comte de Tocqueville, Anville et autres lieux (°1730-+1776) épouse en 1769 Catherine Antoinette de Damas Crux (°1749-+1786) fille de Louis Alexandre, cte de Damas, baron de Denain et de Souhey et de Marie-Louise de Menou-. (les "Dama" tiennent leur nom de la prise de Damas où l'ancêtre s'illustra). D'où:

XXIIe degré


Hervé Louis Francois Bonaventure clérel, comte de Tocqueville, cher, sgr de Tocqueville et de Tourlaville (°1772-+1856) ép. Louise de Rosambo -de son vrai nom Louise Madeleine Le Pelletier de Rosambo, fille de Louis Le Pelletier, sgr de Cors-Guier, marquis de Rosambo, président à mortier au parlement de Paris et de Marguerite-Thérèse de Lamoignon de Malesherbes, l'une des filles du président Guillaume Chrétien de Lamoignon de Malesherbes, avocat de Louis XVI après avoir été son ministe. L'autre fille étant Mme de Montboissier dont descendent les Mandat-Grancey, d'où les trois enfants qui suivent:

XXIIIe degré


A) Hippolyte Clérel de Tocqueville, 1797-1877 sans postérité, époux de Emilie Evrard de Belisle.

B) Edouard Clérel, vicomte de Tocqueville (°1800-+1874) ép 1830 Alexandrine Ollivier (1772-1883). Député de Paris, régent de la banque de France, pair de france en 1827, membre du conseil général de l'Oise jusqu'à sa mort.

C) Alexis de Tocqueville (°1805-+1859) époux en 1835 Marie Mottley, d'origine anglaise qui adopta la religion de son mari. Le couple n'eut pas d'enfant. Philosophe, sociologue et politicien, il séjourna aux Etats-Unis et en Angleterre pour préparer son célèbre ouvrage "De la démocratie en Amérique", puis "L'ancien régime et la révolution". Elu à l'Académie française ainsi qu'à l'Académie des sciences morales et politiques, sa réputation est plus notoire en amérique que dans son propre pays. Délaissé car difficile à classer, suspect par les libéraux et les socialistes parcequ'aristocrate, par les conservateurs et traditionnalistes suspect parce que démocrate, il disait de lui "je n'ai pas de traditions, je n'ai pas de parti, je n'ai pas de cause, si ce n'est celle de la liberté humaine".


D'Edouard et d'Alexandrine Ollivier :

XXIVe degré


1) Denise de Tocqueville (Mme de Blic) °St-Germain-en-Laye le 6/12/1830, ép le 2/9/1849 de Philippe-Emmanuel de Blic (°Dijon le 11/1/1820, fils de Philippe-Eusebe de Blic, ancien officier aux chevau-légers de Louis XVIII et d'Eugenie Grandet de la Villette) d'où sept enfants.

2) Hubert Clérel, baron de Tocqueville, ° 1832, épouse le 27/5/1860 Madeleine de Chazelle, vieille famille d'Auvergne alliée deux fois aux Pascal. Dont un garçon qui poursuit la lignée du nom et qui suit...

3) Clotilde de Tocqueville, comtesse de la Bourdonnaye-Blossac, °v 1835, ép 1856 le comte Léon de la Bourdonnaye-Blossac, l'une des plus anciennes et illustres maison de Bretagne (un chevalier croisé en 1248).

4) René clérel, vicomte de Tocqueville, °1837 ép 1) Mlle Crombez (sp) ép 2) Henriette Leroy; s'embarqua clandestinement pour l'Amérique. Il s'engagea dans l'armée au régiment des guides, fit partie de l'expédition de Chine où il se distingua dans l'affaire du palais d'eté où il fut blessé. En 1870, il participa aussi à la campagne contre l'Allemagne.

5) Marthe de Tocqueville, marquise de Thuisy, °1840, ép 1858 Eugène de Goujon de Thuisy marquis de Thuisy (° Compiègne 10/8/1836, fils d'Auguste de Thuisy (1785-+1836) et d'Eulalie de Béthune (le premier marquis de Thuisy, Hierosme Goujon épousa en 1664 Anne-Francoise d'Haussonville et par elle : ascendance Beauvau, liens avec les Bourbons de France (Isabeau de Beauvau, ép 1454 Francois de Bourbon, IIème du nom). Eugène, diplomate et secrétaire d'ambassade, démissionnera pour se consacrer à la composition musicale. Il habita le château de Baugy près de Compiègne. Maire de sa commune et conseiller général de l'Oise, il était chevalier de la Légion d'honneur, chevalier de Malte et des ordres pontificaux.

XXVe degré


Christian Clérel de Tocqueville, né en 1862, mort en 1924, époux de Alix de Chastenet le 14 juin 1894. Dont: René, Bernard et Jean qui suit

XXVIe degré


Jean Clérel de Tocqueville, né en 1896, marié à Marie-Louise d'Harcourt. Deux filles :
1) Marie-Henriette, née en 1933, épouse de Guy d'Hérouville dont trois garçons qui suivent...
2) Marie-Alix, née en 1936.

XXVIe degré


De Marie-Henriette et de Guy d'Hérouville :
1) Jean-Guillaume, époux d'une noble belge. Il a relevé le nom de Tocqueville;
2) Patrick  d'Hérouville.
3) Alexis d'Hérouville.




J'ai dédié cette page à Sheila LeSueur. Qui est Sheila? Elle est née à Jersey et vit aujourd'hui aux Etats-Unis sans rien renier de ses racines normandes. Ecrivain, elle a voué toute sa vie à Alexis de Tocqueville. Un jour, j'ai reçu un mail signé de son nom. Puis d'autres. Et d'autres encore. Mais je lui laisse la parole...


More and more in my 82nd year I find myself reflecting about my past. To look back on these years with their richness and variety of memories is like having a special library of my own. Whenever I wish, I can go to one of the shelves, pull out one of those memories and enjoy it all over again.

Television also brings back the past; I’m grateful for the many outstanding documentaries. Recently our public television had a series on “The Monarchy.”

One of the programs featured Queen Elizabeth’s wedding. As I watched it, I was a 20-year-old again, on duty in Grocer’s ward, at the London. The ceremony was broadcast so the patients could listen by radio (wireless) -– for the London that was a very big deal!

The past year has been a tumultuous one for all of us throughout the world. In America, I was intent on following the democratic process so I could gain an even better understanding of the entire experience of bipartisan conventions, the nomination procedure and finally, the election. Since I voted for Barak Obama, I felt it was a personal victory that he won!

I am deeply impressed by this young man because he has so valiantly accepted the enormous responsibility of what lies ahead. The country is broken and sorely in need of the type of strong leadership that I believe he will provide.

Without going into details about the current financial crisis and how we got to where we are today, I can’t help wondering whatever happened to the notion of everyone rolling up their shirt sleeves, wearing a smile and getting down to work…

When I arrived in New York on November 26, 1952, even though I felt welcome and made wonderful friends—even though I settled in rather quickly, still I couldn’t help wondering if I would ever feel like a “real” American.

And now, here I am, talking and thinking like one… assessing the current political and economic climate in this country as if I’d been living here forever. As if it really is my country!

That doesn’t mean, however, that I will not always be from Jersey. I never want to lose that part of myself.

I have so much to be thankful for. My health continues to be excellent; in fact, my only challenges this year were when I took a fall last May, and when I had to have Carpal tunnel surgery. Both required a cast on my left arm and much patience. I do not have a high tolerance level for inconveniences!

I like to compare my mind to that of a sixty-year-old, or-- better yet—a car with low mileage!

During the year I made several trips to Michigan to visit friends. These visits are always a special treat that provides special time for sharing plenty of laughter and wonderful memories.

My creative work has been somewhat neglected, but Mary Mottley research is calling me again. That means I’ll soon be getting back to my writing.

Please know how much you mean to me and how much pleasure I continue to have whenever I return to my special “Library of Memories” and one of the chapters is a story that includes you!

May it be a lovely year for all of you: happy, healthy and highly productive!

With much love,
Sheila


Sheila vit en Arizona, près de Phoenix et c'est sur la chaîne culturelle C-Span qu'elle a découvert Tocqueville.
Sheila à née à Jersey en 1927 et a connu l'occupation allemande. De cet épisode lui est restée une notion particulière de la Liberté. Son père étant mort à la Libération, elle suit sa mère et sa soeur aux Etats-Unis où elle sera infirimière. Mais elle conserve des liens avec son île natale de même que la "grande terre", la Normandie. On lui doit un ouvrage de souvenirs
Two Flags, One Heart, et un portrait de Mary Mottley, épouse d'Alexis de Tocqueville pour qui elle voue une véritable passion. Dans sa biographie consacrée à Tocqueville, chez Perrin, en 2013, le Granvillais Jean-Louis Benoist consacre un chapitre aux recherches menées pas Sheila durant sept ans. Il raconte : "J'ai rencontré Sheila en 2005, lorsque j'ai été l'un des trois organisateurs du colloque du bicentenaire de la naissance de Tocqueville. Nous avons lié amitié et je lui ai promis de faire une place à son remarquable travail dans un prochain ouvrage..."




Annexe : à propos de la famille d'Ouézy


La famille Douézy, ou d'Ouézy, D'Ollendon appartient à la nobleesse de Normandie.

On trouvera sur elle d'intéressants renseignements dans les Carrés d'Hozier et dans le Nouveau d'Hozier, au Cabinet des Titres Beauchet-Filleau a donné les derniers degrés de la filiation dans le Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou.

La famille Douézy occupait dès le XVIe siècle un rang distingué dans les environs de Falaise.

Elle est vraisemblablement la même que celle d'un Guillaume Douaizy, de l'élection de Falaise, que l'on trouve avoir obtenu en 1521 des lettres d'anoblissement vérifiées en 1528. Demoiselle Barbe Douézi, fille de noble homme Agnan Douézi, Sgr de Facy et d'Ollendon, épousa noble homme Abraham de la Haie, Sgr de la Vaïée, par contrat passé le 27 septembre 1577 en présence de Guillaume Douézi, écuyer, licencié ès lois, avocat au Parlement de Normandie.
Ce même Abraham de la Haye passa un acte le 3 septembre 1897 avec ses beaux-frères, noble Jean Douézy, Sgr de la Varende, et Guillaume Douézy, Sgr de Facy.

Jean Douézy, sieur de Caumont, fut anobli par le mariage qu'il contracta en 1609 avec demoiselle Gabrielle de Gripel, ou d'Agripel. Celle-ci était, en effet, fille de Pierre de Gripél, qui avait épousé en 1582 Geneviève Desquey, et petite-fille de Jean Desquey, sieur de Rapilly, qui avait été lui-même anobli par son mariage, en 1549, avec demoiselle Isabeau le Fournier de Tournehu, descendante par les femmes d'un frère de Jeanne d'Arc. On sait que les frères de Jeanne d'Arc furent anoblis par lettres du roi Charles VII avec toute leur postérité, même par les femmes, et que ce privilège ne fut supprimé que par une déclaration du roi Louis XIII rendue en 1614 et postérieure, par conséquent, au mariage de Jean Douézy. Celui-ci laissa deux fils dont l'un, Louis Douézy, ne parait pas avoir laissé de postérité et dont l'autre, Jean II Douézy, écuyer, sieur d'Ardaines, demeurant à Saint-Loup de Prébois, dans l'élection de Falaise, épousa, le 8 juillet l640, Jeanne Billard, fille d'un lieutenant général en l'élection d'Alençon.

Ces deux frères, ayant été attaqués dans l'exercice de leurs privilèges nobiliaires, durent s'adresser à la Cour des aides de Rouen qui les maintint dans leur noblesse par arrêt du 15 juillet 1655. Lors de la grande recherche des faux nobles, commencée en 1066, ils ne purent faire reconnaitre leur noblesse par M. de Marie, intendant d'Alençon. Ce magistrat les renvoya devant le Conseil d'État qui les maintint dans leur noblesse par arrêt du 3 mars 1667. Paul Douézy, fils de Jean 11 et de Jeanne Billard, était officier de Mme la duchesse d'Orléans quand il épousa, le 30 octobre 1700, Jeanne-Isabelle le Marchand, fille d'un président en l'élection d'Alençon. Ayant à son tour été inquiété dans sa noblesse, il se fit définitivement maintenir noble par lettres patentes du 27 janvier 1720. Ces lettres, dont on trouvera le texte dans le Nouveau d'Hozier, rappellent que Paul Douézy descend par les femmes d'un frère de Jeanne d'Arc et que son père et son oncle ont été maintenus dans leur noblesse par arrêts de 16S5 et de 1667. Elles furent enregistrées, le 4 février 1730 à la Cour des comptes, aides et finances de Normandie par les soins d'Elisabeth le Marchand, veuve de l'obtenteur, et de ses deux fils, Adrien-Paul Douézy, Sgr de la Couture, né en 1701, qui continua la descendance, et François Douézy, né en 1704, qui périt quelques années plus tard, en 1734, au siège de Philippsbourg.

M. Douézy d'Ollendon prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à Falaise.

Edouard-Jean Douézy d'Ollendon. né à la Ferté-Macé en 1785, ayant été nommé receveur des actes judiciaires à Poitiers, vint se fixer dans cette ville ou il mourut en 1852. Il avait épousé Mlle Duhamel de Villechien, décédée à Poitiers en 1850. Il fut père d'Alexandre Douézy, marié à Mlle de la Ville-sur-lllon, qui fut connu sous le litre de baron d'Ollendon, et gçand-père d'Alexandre-Edouard Douézy, baron d'Ollendon, né a Poitiers en 1852, inspecteur d'instruction publique, marié en 1890 à Mlle de Beaumont d'Auty, décédé en 1910, dont deux fils ont succombé dans la guerre de 1914-1915.

Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle. XIV. Des-Dug. - 1915 / par C. d'E.-A. [Chaix d'Est-Ange] -impr. de C. Hérissey (Évreux)-1903-1929  





Haut de page