En mille ans, l’église
Saint-Valentin aura vu défiler bien des curés. Leurs
noms, leurs actes jalonnent son histoire. En bons pasteurs, ils
s'opposèrent souvent aux moines de l’abbaye,
seigneurs tout puissants de la presqu'île. Depuis Gilles de Corbie, en 1339,
en voici quelques-uns. A vous de compléter la procession...
Gilles de Corbie. Mandement à Jean Le Charron, sergent au Châtelet de Paris, d'exécuter l'arrêt du 5 août précédent (1339) et de faire jouir Me Gilles de Corbie de l'église et de la maison paroissiales de Jumièges et de tous biens, droits et offrandes appartenant à ladite église ; en outre, d'assigner au Parlement Pierre Ridel, se donnant comme procureur de Me Pierre de Neuville (qui d'ailleurs le désavouait), pour y répondre sur ses désobéissances. Ridel avait, notamment, repris par force au procureur de Me Gilles l'argent, les offrandes et les chandelles offerts par les paroissiens, et aux injonctions que le sergent lui faisait de par le Roi répondu qu'il agissait de par le Pape, vilipendant ainsi la juridiction royale et l'arrêt précité.
Annulation de la procédure défectueuse du vicomte de Pont-Audemer et de tout ce qui s'en est suivi. Me Gilles sera remis en possession de l'église paroissiale et de la maison presbytérale de Jumièges, dont ses gens ont été, nobnostant les panonceaux royaux apposés en signe de sauvegarde, expulsés par le vicomte, et de tous les fruits perçus postérieurement par me Pierre ; en outre, il fera déclaration des choses qu'il dit lui avoir été prises dans ladite maison et me Pierre y répondra ; mais, d'autre part, il devra répondre sans retard sur l'infraction de sauvegarde et les violences dont se plaint Me Pierre. Tous deux affirmaient avoir été mis en possession en vertu d'une collation du souverain pontife et par sentence d'un juge délégué.|
Simon Durand, attesté en 1520. En 1525. il est dit que les prêtres de la paroisse créèrent une association sacerdotale en l'honneur du saint-sacrement, ceci pour contrecarrer les idées protestantes qui se répandaient alors. R. Bertin, 1533. Jean Dupuis, 1548. Nicolas
Dupuis, 1553 Pierre D'Anneville, 1558 Me Nicolas Dupuis & Guillaume Lucas, 1575. Nicolas Jourdain, 1558. Charles de Quincarnon, 1592. D'une famille noble de Normandie. En 1615, le prieur claustral de l'abbaye sera dom Jean de Quincarnon, qui blasonnait d'argent à 3 trèfles de sinople 2 et 1. Jehan Bouilly, prebstre, en l’esglize de Saint-Valentin de Jumièges, est attesté en 1606-1609. Nicolas Aubert, 1622. |
Au XIXe siècle, quelqu'un a dressé la liste des desservants de l'église Saint-Valentin depuis 1520 en leur attribuant un numéro d'ordre. Elle complète nos propres recherches mais reste à affiner. |
Jacques de la Brosse, 1639, 1665, 1677. Curé, il eut pour vicaire Michel Boutard. On le voit inhumer dans l'église, près de l'autel Saint-Benoît, le mercredi, 10e jour de juin 1671, maître Lanvery Dossier, prêtre de Jumièges, 55 ans, après qu'il ait reçu saint-sacrement et extrême onction des mains de Michel Boutard.
Cérémonie similaire le dimanche 10 janvier 1677, près de l'autel de Saint-Benoît. De la Brosse inhume un prêtre clerc de la paroisse, âgé de 27 ans, et nommé Pierre Grandmare.
Michel Boutard (1642-1682) fut prêtre et vicaire à Jumièges. "Maistre Michel Boutard, pbre et vicaire de Jumièges a esté inhumé dans l'église aagé de quarantes ans ou environ après avoir reçu les sacrements par moy curé dud. lieu le dimanche dix de may 1662."
Maître Jean Mauger, 1643.
Michel Viel, 1681, 1710. Né à Jumièges.
En 1690, les religieux obtinrent une sentence des requêtes à Rouen, portant injonction au sieur Viel, curé de Saint-Valentin de Jumièges, d'aller avec la procession de sa paroisse prendre les religieux dans l'église de l'abbaye, de les accompagner au lieu de la station les jours de Saint-Marc et des Rogations, et de ne les quitter qu'après les prières finies dans leur église, suivant l'usage ordinaire.Sous le ministère de l'abbé Viel fut inhumé, le 20 septembre 1708, dans la chapelle de la Vierge, "maître Jacques Harel, prestre, aagé de 80 ans". Ce décès fut porté sur le registre paroissial avec trois signatures difficilement déchiffrables. On devine un Robert Harel, un Le Terrier... (3E 00999 1708-1710 Jumièges - P. 6) La qualité de maître fait penser à un prêtre séculier plutôt qu'un moine.
Michel Viel est mort à Jumièges le 1er juin 1714 à l'âge de 69 ans. Il fut inhumé dans l'église par le doyen de Saint-Geoges, l'abbé de Villers.
François Gilles, prêtre attesté en 1714, il fut inhumé le 14 mai 1733 dans le choeur, au dessus du lutrin. Il avait 55 ans.
Noël Louis Declan. 1733. Cité par Grossetête dans un acte de baptème du 2 septembre 1749 comme ancien curé de Jumièges.
Jumiau, 1734.
Leboucher, 1735-1736, possible desservant d'Heurteauville
Ferrant,
vicaire en 1735, prêtre
avec paraphe jusqu'au 18 mars 1736, possible desservant
d'Heurteauville en 1737 et 1738.
Poisson, vicaire.
Guillaume Grossetête. 1735. Premier acte 22 mars 1736. Dernier acte le 20 février 1748. Inhumé le 4 mars 1748 dans l'église de Jumièges par le curé de Montigny en présence de Pierre Renouvel, de Jean Louvet, curé du Mesnil, de Jacques Cauvin, desservant d'Yainville.
Acher vicaire, possible desservant d'Heurteauville en 1739
Pouchin, Jean-Yves
Marchand le donne desservant d'Heurteauville de 1740 à 1750.
Attesté à Heurteauville en 1746,
il dessert
Jumièges jusqu'en juin 1748.
Jean-Pierre
Grenier,
Nommé le 5 juin 1748. En date du 28 octobre 1770, on trouve
dans
les archives Dépouville un bail de Monsieur le
curé de
Jumièges à Jean Lecointe.
Dès janvier 1773, est à la fois curé
de Jumièges et d'Yville. Son successeur, Adam, est encore
vicaire desservant d'Heurteauville. Texte retrouvé dans les
registres paroissiaux :
Il était cy-devant titulaire des chapelles d'Yville-sur-Seine où il fut dix huit ans et fut nommé à la cure de Mauny en 1734 par M. le marquis d'Estampes.
Le sieur curé, sur les représentations qu'il fit aux religieux, il fit retirer les balustrades qui étaient autour du chœur, semblables à celles de derrière le grand autel, il fit retirer une grande croix et y fit placer celle qui y est présentement, soutenue par les décors de fer qui pèsent cent quatre vingt livres.
Le père Fautdemer, prieur alors de l'abbaye aida à cette décoration, il donna un louis de vingt-quatre livres.
Le sieur curé fit acheter par les trésoriers les six chandeliers qui sont sur le grand autel, il fit aussi acheter une croix argentée, le tout au dépens du trésor. Dans le même temps, il fit raccommoder deux chasubles, l'une blanche, l'autre rouge et raccommoder trois chapes noires, fit relier les dieu missels et fit avoir du linge à sacristie où il y en avoit très peu. Dans le même temps, il fit placer une image de sainte Clotilde qu'il eut à Rouen et fit faire le devant d'autel de la chapelle de sainte Clotilde et celui aussi de la chapelle de saint Adrien.
M. le cardinal de Tararre, archevêque de Rouen, permi au sieur curé de Jumièges de faire la translation des reliques de saint Valentin le 21 juillet, c'est à dire le dimanche le plus proche du 21 de ce même mois.
En 1760, le 4 de mars, M. Grenier fut nommé à la cure du Mesnil et en prit possession dans le même mois. Les trésoriers ont donné en 1760 deux chapes neuves, rouges et blanches, qui ont coûté 50 livres.
En 1761, les trésoriers ont donné un tapis d'autel a coûté 10 livres. En 1762, Nicolas Poisson et les trésoriers ont donné une chasuble par fleurs (?) avec une écharpe argentée, le tout a coûté 130 livres.
Le 20 février 1762, le révérend père dom Louis Charlemagne Fontaine, prieur de l'abbaye de Jumièges, grand vicaire de Mgr le prince de Lorraine, abbé de Jumièges, a nommé M. Grenier, curé de Jumièges, à la cure de Cotteverand, doyenné de Cailly et en a pris possession.
Lorsque M. Grenier, curé de Jumièges, vint en 1748, il trouva le presbytère en fort mauvais état, il dit que le sommier (linteau) de la salle était totalement creux... (on comprend que l'on en fit un nouveau) et les propriétaires dans le même temps firent faire la muraille du côté jardin.
Le dit curé fit faire les fenêtres de la petite chambre à ses dépens, la porte du jardin, les croisées de la cuisine et faire paver la salle en totalité qui était cy devant en plastre et en très mauvais état, il fit aussi couvrir la grand porte déserte telle qu'elle est, l'ayant trouvée auparavant couverte avec du mortier qui pourrissoit les petits sommiers.
Le Cordier, donné comme prêtre et desservant d'Heurteauville de 1755 à 1764.
Jean
Baptiste François Adam
: D'abord
nommé le 31 mars 1773 vicaire de Grenier qui
résigna aussitôt en sa faveur, il signe son
premier acte en qualité de curé de
Jumièges le 15 mai 1773.
Né le 21 mars 1738, tonsuré le 15 octobre 1757,
il avait été ordonné prêtre
à Rouen le 27 mars 1762. Jean-Yves Marchand le donne
desservant d'Heurteauville de 1765 jusqu'à
février 1773.
Il vivait au presbytère avec sa sœur et on lui
reproche d'avoir refusé l'abbaye pour église
paroissiale, ce qui aurait engendré sa destruction. Sans
doute exagéré. Adam figure au tableau des
pensionnaires ecclésiastiques du 19 pluviôse an 4
; il perçoit une pension trimestrielle de 250 francs.
Nommé à nouveau curé de
Jumièges le 27 août 1804.
Il mourut en fonction le 9 novembre 1811 en sa maison de
Jumièges à 11h du matin. Son
beau-frère, Pierre Boutard, cultivateur de 62 ans, vint
déclarer le décès en mairie en
compagnie de Jacques Charles Leprévost, 44 ans, charpentier,
voisin du défunt.
Nicolas Jérémie Fleury, prêtre, desservant d'Heurteauville de mars 1773 à 1780. (Source Jean-Yves Marchand). Le 28 mars 1777, c'est avec se titre qu'il est le parrain de Valentin Victor Barnabé en compagnie de Marie Madeleine Mustel.
Daviron, vicaire, desservant d'Heurteauville de 1781 à 1790.
de
Montigny, ancien moine, desservant d'Heurteauville de 1790
à 1793 puis de 1802
à 1807. Serait mort à l'autel de la chapelle du
Bout-du-Vent le dimanche 31 mars 1811. Dès lors on a un
manque
de neuf ans sur Heurteauville.
Burel, 1802-1804. La tradition veut que le maire de Jumièges ait fait passer pour mort l'abbé Adam. On lui désigna donc un successeur jusqu'à ce qu'il réintègre officiellement ses fonctions en 1804.
Carpentier 1812. Une étoile filante.
Testu. 1813. Le 6 novembre 1820, il signa avec le notaire, Charles Antoine Deshayes, une pétition pour le rétablissement du marché de Jumièges. Il est flanqué de l'abbé Dujardin, prêtre desservant la chapelle d'Heurteauville qui fait encore partie de la paroisse de Jumièges.
Dujardin, desservant d'Heurteauville en 1820, année où il signe une pétition pour le rétablissement du marché en compagnie de Testu et Charles Antoine Deshayes. (2 O 1397)
Jean
Philippe Prévost, 1824. Né le 6 juin
1793 au Sablon, à Jumièges. Son père
était charpentier et clerc. Les deux témoins
civils de sa naissance furent Noël Augustin Philippe Marchand,
50 ans, cousin et Catherine Rose Nobert, 33 ans, sœur de sa
mère, Elisabeth Nobert.
Vicaire de Saint-François d'Assises, au Havre, en 1817,
curé d'Yville en 1818, nommé curé de
Jumièges le 5 mars 1824.
En 1831, il habite avec son sacristain, Jean Charles
Prévost,
sans doute son frère. Sa mère et sa
sœur sont
également présents.
En 1851, il vivait toujours avec sa mère,
Rose Naubert, 84 ans et sa sœur Marie Elisabeth
âgée
de 40 ans.
La lettre suivante datée du Palais des Tuileries le 12 novembre 1855 a été adressée par M. Ouin-Lacroix, secrétaire général de la grande aumônenie : "Monsieur le curé, j'ai l'honneur de vous informer que LL MM l'empereur et l'impératrice prenant votre demande en considération et voulant donner à votre paroisse ainsi qua vous-même un témoignage de leur auguste bienveillance viennent de vous accorder par l'entremise de Mgr le premier aumônier de leur maison un calice pour l'église de Jumièges, j'ai donné des ordres pour que ce don de la munificence impériale vous soit directement transmis..."
En 1860, il publie une Vie
et miracles de saint Valentin,
membre de la société française
d’archéologie. Il retrouva un document
intitulé
"Vestures et professions" de la communauté
gémétique relié en parchemin
qui renseigne sur les rites de l'ordre de Saint-Benoit, à
Jumièges, de
1670 à 1715. L'abbé
Prévost était
propriétaire de la maison qui lui servait de
presbytère.
Ce qui ne l'empêchait pas de toucher une indemnité
de
logement de 300F. Il est mort en fonction le 12
août 1874, à 81 ans.
Deux cousins virent déclarer son décès
en mairie :
Pierre Isidore Prévost, rentier, 72 ans, de Thibouville et
Jean
Félix Clouet, instituteur, 42 ans, d'Harcourt. Il laissa
après lui une fondation en faveur de l'église de
Jumièges contre des messes basses.
Voici l'hommage qui lui fut rendu
dans la presse diocésaine :
«
Nul, nous dit en général l'Ecriture sainte, n'est
prophète dans sa patrie. Cette règle a eu ses
exceptions
: témoin M. Prévost. Né dans la
paroisse dont il
vient de mourir curé, il y a exercé le
ministère
pendant cinquante ans, constamment entouré du respect, de la
confiance, de l'affection de ses compatriotes, devenus ses paroissiens.
« Ce fait se passe de commentaires. N'est-il pas le plus bel
éloge qu'on puisse faire de la jeunesse et des
débuts de
ce digne curé ? Pas de vie ne fut plus active, pas
d'existence ne fut mieux remplie.
Au moment de son arrivée dans cette paroisse, le vide que la
Révolution avait fait dans les rangs sacerdotaux
n'était
pas encore comblé. Non seulement il lui fallut se charger du
poids que lui imposait son titre de curé de
Jumiéges,
mais encore de celui des paroisses voisines. Doué d'une
santé robuste et d'un courage au-dessus de toute
épreuve,
il sut se multiplier pour se faire tout à tous. Il
accueillait
avec une telle bonté ceux qui l'appelaient auprès
desà
l'édifice n'était ni la moins bien
travaillée ni
la moins polie. Un de ses confrères le visitant il y
à
à peine deux mois, au moment où il
commençait
à ressentir les étreintes de la mort, le trouva
entouré de quelques in-folio, préparant sa
conférence.
« On ne peut lui donner le titre d'orateur. Il causait avec
ses
paroissiens. Comme sa doctrine était pure ! que frappantes
étaient ses pensées ! Ses paroissiens
l'écoutaient
avec avidité. C'était l'homme de Dieu qui
annonçait la parole de Dieu.
« Son désintéressement était
absolu ; en
voici la preuve : M. Prévost possédait quelques
pauvres
maisons. Elles lui rapportaient l'avantage de payer les contributions
et de faire les réparations. Cependant les locataires se
présentaient chez lui à
l'échéance des
termes. « Eh bien ! leur disait-il, m'apportez-vous
de
l'argent ? Non, Monsieur le Curé. Hélas!
Assez, leur
disait-il, voici votre quittance. C'est un faux que vous me
faites
faire. C'est égal, allez. Son casuel, qui aurait pu
être très-bon, était à peu
près nul
pour la même cause.
« La dernière visite que Monseigneur a faite
à
Jumiéges lui a été très
sensible. Descendue
chez lui, Son Eminence a diné au presbytère.
«
Toutes les fois, disait-il, que Monseigneur a honoré le pays
de
sa présence, les grandes maisons de la paroisse ont
tenu
à le recevoir. Aujourd'hui, c'est à moi
que ce
bonheur est échu. Son Eminence a «
été si
bonne, si bienveillante, si aimable pour moi, que je
regarde le
jour de sa visite comme le plus beau de ma vie de curé ; il
me semble que je puis maintenant chanter mon Nunc dimittis.
»
« Sa parole était-elle une prophétie ?
Toujours
est-il que depuis deux mois il s'affaiblissait de jour en jour,
conservant néanmoins cette gatté charmante qui
était comme le fond de son caractère. M.
Prévost
paraissait peu communicatif; mais, dans l'intimité, il se
dépensait absolument, racontant avec une finesse d'esprit de
petites histoires très-attrayantes. On dit qu'il
négligeait beaucoup sa santé. Il est vrai que sa
sobriété était excessive ; mais elle
ne
commençait pas dans sa vieillesse ; elle ne faisait que
continuer. A un jeune confrère qui lui disait qu'il se
laissait
mourir, il répondit : « Je souhaite, Monsieur
le Curé, que, comme moi, vous vous laissiez mourir
à
quatre-vingt-un ans. »
« Ses funérailles, auxquelles ont
assisté les
prêtres du canton, quelques prêtres
étrangers, les
autorités municipales, les marguilliers, les trois
confréries, la compagnie des sapeurs-pompiers, enfin la
paroisse
tout entière désolée, ont
été
très-pompeuses. M. le Doyen de Duclair officiait. M. Noyon,
curé d'Anneville et ami intime du défunt, a
chanté
la Messe.
« L'office terminé, M. le Doyen a
adressé à la foule quelques paroles
émues et bien senties.
« M. le curé Prévost, dans son
testament, n'a pas
oublié son église qu'il aimait tant, ni l'asile
des
prêtres anciens. »
Il reste après M. Prévost deux prêtres
seulement de
son ordination (1817). Il en reste aussi deux de l'ordination de 1816
et un seul de 1812,qui est le doyen d'âge des
prêtres du diocèse.
Gille, ordonné en 1849, desservant d'Heurteauville jusqu'en mars 1850.
Benet, desservant d'Heurteauville de mars 1850 à août 1856.
Drieu, desservant d'Heurteauville d'août 1856 à janvier 1859.
Marical, desservant d'Heurteauville de janvier 1859 à novembre 1861.
A
partir de novembre 1861, l'abbé Prévost,
curé de
Jumièges, vint officier à la chapelle du
Bout-du-Vent. Il
la vit érigée en chapelle succursale le 14 juin
1865.
Dès lors, elle ne dépend plus de la cure de
Jumièges. Toutefois, Prévost continue de la
desservir
jusqu'en décembre 1865. La paroisse d'Heurteauville
connaîtra des vacances de curés durant lesquelles
les
prêtres des alentours viendront biner.
En septembre 1871, Pierre Louis Deconihout est le trésorier de la fabrique de Jumièges. En février 1875, juste avant l'arrivée de Trouplin, Pierre-Pascal Desjardins est président de la fabrique. Jean-Philippe Prévost légua des objets au trésor de l'église.
Léon Arthur Trouplin, 1875. Né le 8 décembre 1836 à Caudebec-en-Caux. Son père, Sothène, était marchand-boucher et s'était marié à Berstot, dans l'Eure, avec Marie Anne Lécuyer. Il avait huit frères et sœurs. Ordonné en 1860, professeur à Boisguilaume, desservant de Touffreville-la-Cable, nommé à jumièges le 18 mars 1875. Trouplin bénéficiait de 250F de supplément de traitement de la part de la municipalité qui versait aussi 300F au propriétaire de la maison occupée par le curé. Il fut en désaccord profond avec les confréries. Nommé à Foucart puis Sainte-Hélène de Bondeville, il démissionna en 1880. L'abbé Trouplin est décédé à Bonsecours en février 1890.
Auguste Eugène Houlière. 1876. Né à Yvetot le 12 juin 1839, ordonné en 1863, professeur au petit séminaire, il est nommé à Jumièges le 21 décembre 1876 ù il eut affaire aux turbulentes confréries. En 1879, il demanda des subventions à la société des Antiquaires pour la réfection de l'église. A la suite d'un conflit entre la commune et la fabrique, il fut déplacé en 1881. On le retrouve curé de Graville-Sainte-Honorine en 1883 puis de Flamanville en 1892. En 1894, il est l'aumônier des Dames des Sacrés-Coeurs d'Yvetot. Il meurt dans cette fonction le 9 octobre 1905.
Il signa la seconde préface des poèmes de
l'abbé Houlière, son cousin qui fut un
temps curé d'Yainville. Les paroissiens firent une
pétition pour s'opposer à son changement.
Gustave Pierre Baray. 1882. Né le 3 août 1841 à Veules-les-Roses, il fit de solides études littéraires et théologiques. Ordonné prêtre en 1866, il fut vicaire d'Envermeu, curé de Crasville-la-Mallet. Nommé à Jumièges le 22 avril 1882. Il souscrivit en 1884 à l'érection d'un monument au cardinal de Bonnechose. Le 27 avril 1885, il a déterré deux anciens bénitiers de l'abbaye, et s'est empressé de les réintégrer dans l'église paroissiale. Ce sont deux grandes cuves en pierre fort anciennes et de dimensions considérables. Nommé à Saint-Vincent-de-Paul du Havre où il fut installé le 27 septembre 1885. Il est décédé en décembre 1923.
Elysée Lequy. 1885. Né
le 26 décembre 1845 à Sedan, ses
prénoms sont
Jacques Marie mais les listes électorales de
Jumièges le
nomment Elysée. Ordonné le 17 juillet
1870, il fut vicaire de Bertreville en 70 et de Sasstetot-le-Mauconduit
en 1871, curé de
Sassetot-le-Mal-Gardé en 76, nommé le 1er octobre
1885
à Jumièges. On le verra biner la paroisse
d'Heurteauville
en alternance avec le curé du Trait de décembre
1898
à octobre 1899. En 1901, à 54 ans, Lequy vit avec
sa
bonne, Victorine Benoit, de 10 ans son aînée. Il
en usa
une autre en 1906, Louise Menier, née en 1843 dans les
Côtes-d'Or.
Lequy est mort à Jumièges le
9 avril 1916. Le curé
doyen de Duclair, Guéroult, prononça
l'éloge
funèbre.
Sur sa tombe, Rousée, notaire et gendre du maire de
Jumièges assassiné six ans plus tôt,
retraça
la vie de l'abbé Lequy.
Sosthène-Albert Levacher. (1917-1920). Professeur à l'institution Join-Lambert, il fut nommé curé de Smermesnil en 1908, d'Houppeville en 1913. Il arrive à Jumièges en mars 1917. Il fut ensuite curé de Saint-Jean-du-Cardonnay en juin 1920. En 1925, il est nommé professeur à l'école Saint-Georges-de-Roncherolles de Bolbec, en 1927 curé de Crasville-la-Roquefort.
Joseph-Albert Groult. (1921-1931). Il était vicaire de Saint-Paul à Rouen quand il fut nommé à Jumièges.
Le
bulletin religieux : 29 AVRIL-2 MAI 1926. Triduum pour
Jubilé
précédant bénédiction d'une
statue de
sainte Thérèse. Antique et vaste
église
splendidement fleurie et remplie chaque soir d'une foule visiblement
saisie. Le missionnaire, M. l'abbé Boivin, raconte la vie de
sainte Thérèse, son enfance et sa
première
communion ; sa vie religieuse, sa petite vole et en tire de
très
pratiques applications.
Pluie de roses : rombreux retours à Dieu. Clôture
triomphale. M. l'abbé Grout, très ému
de ces
sourires de la petite sainte à sa paroisse, dit sa joie
débordante et remercie les fidèles - plus de
mille -, les
artistes qui ont chanté, les prêtres
présents, dont
le vénéré Doyen de Duclair, M. le
Supérieur
de l'Institution Saint-Romain et le cher missionnaire. E. T.
En 1929, il servait aussi au Trait où il installa l'abbé Auzou le dimanche 15 avril. Ce qui fut fait sous la présidence de l'abbé Haquet, doyen de Duclair. On faisait appel à ses talents à l'harmonium. C'est notamment le cas le 11 décembre 1927 à Heurteauville lors d'une bénédiction de la statue de sainte Thérèse. En 1931, il célébra la messe des funérailles de Mme Eric Lepel-Cointet, propriétaire de l'abbaye, en l'église Saint-Pierre de Chaillot, à Paris, Lefrançois représentant le conseil municipal. L'inhumation eut lieu ensuite au Père Lachaise. L'abbé Groult fut le dernier prêtre à bénir le feu de la Saint-Jean à l'occasion de la procession du Loup Vert. Il recueillit la démission des quatre derniers charitons et tenta de reconstituer la confrérie. En vain. L'abbé Groult partit pour Valmont où il remplaça l'abbé Bucaille, démissionnaire pour raisons de santé.
Abbé Aphone-Marius Debris. (1931-1938). Né à Vattetot-sur-Mer le 23 février 1879, ordonné le 23 juillet 1905, il fut nommé vicaire à Boisguillaume en 1905, curé d'Ernemont-la-Villette en 1906, curé d'Etainhus en 1908, curé de Jumièges en 1931.

Mars 1935 : Jumièges. Bénédiction d'un Calvaire XVe s. restauré, - A 15 h. 30. Vêpres, Complies, Sermon. Salut solennel. Offic. : M. l'abbé Falaise, ch. h., curé-doyen de St- Valery-en-Caux; Préd. : M. l'abbé Thoumire, curé de Barentin. Procession au Calvaire, qui sera bénit par M. le Curé-doyen de Duclair. Chants par la Chorale des Philippins.
En
1936 vivait au presbytère une certaine Cécile
Chambeland,
née en 1877 à Etambus. Une servante
était au
service du curé, Anna Guillou, née à
Goury en
1897, L'abbé Debris est
décédé le 3 janvier
1938. Obsèques de M. l'abbé Débris. .—
L’estime particulière en laquelle était tenu M.
l’abbé Debris, curé de Jumièges-Yainville,
s’est manifestée de façon touchante à ses
obsèques célébrées jeudi.
La population des deux paroisses remplissait l’église de
Jumièges.. Dans l’assistance on remarquait le chanoine
Durand-Viel. supérieur du grand séminaire, et plus de 40
prêtres, amis et confrères du défunt ;M. de
Malartic, conseiller général ; MM. Dupuich, maire du
Trait ; Quesne, maire de Jumièges ; les conseillers paroissiaux
et municipaux, les anciens combattants.
Avant l'absoute, M. le doyen de Duclair retraça la vie du défunt, rappela ses vertus, sa bonté et remercia l’assistance. Puis, au cimetière, M. Cadinot prit
la parole au nom des A.C., M. Quesne au nom du Conseil municipal et
paroissial, des habitants de Jumièges pour adressder au
regretté défunt un hommage de respectueuse reconnaissance.
Abbé
Charles Coupel. (1938-1963).
Né
en 1894, ordonné
en 1924, vicaire de Déville-lès-Rouen puis
curé de
Hodeng-Hodenger en 1930. En 1934, il est nommé
prêtre
auxiliaire à Saint-Vincent de Rouen où, en 1937,
ont lieu
les funérailles de son père André.
L'abbé
Coupel fut nommé
à Jumièges en 1938. Une
cérémonie eut lieu
le 31 juillet pour son installation. Un cortège descendit du
presbytère, se recueillit devant le monument aux morts puis
ce
fut la remise des clef devant la porte de Saint-Valentin.
Son frère Gustave, curé
doyen de la Sainte-Trinité de Fécamp mourut au
presbytère de Jumièges en 1939.
Il fut mobilisé durant la Seconde guerre. Il
déservait
dans les années 60 les trois paroisses de la
presqu'île. Après son sacerdoce, il se retira en
1963 à
Saint-Valery-en-Caux où il est mort en 1977. Il repose dans
le
cimetière de Jumièges. Les anciens combattants
apposèrent une plaque sur sa tombe.
Abbé Luc Leblond,
12 juillet
1964, venant
d'Ouville-la-Rivière. Il
fut nommé à Montville en 1977.
L'abbé Leblond lors des communions de Yainville en 1971.
Abbé Bouvier. En 77, d'octobre à Pâques, les offices avaient lieu le dimanche à 11h15 et le mercredi à 18 h.
Abbé Marchand
Abbé Sodde (1979-1991)
Abbé Gérard Meybeck (1991-1999) Né en 1938 à Rouen, il a étudié au lycée Jean-Baptiste de la Salle, et est entré au séminaire par la suite. « En 1964, confiait-il à L'Eclaireur, j’ai été ordonné prêtre à la cathédrale. Nous étions quatre. Aujourd’hui quand il y a une personne, c’est bien ». Il a été vicaire à Pavilly, Dieppe, curé de Doudeville, Duclair. Nommé en 2005 curé de la paroisse Saint Hildevert de Gournay-lès-Lyons, il a hérité de 21 communes.

Bernard Hück. (1999-2009) Né le 19 avril 1950
à Rouen. Ordonné le 27 juin 1976 en la
cathédrale de Rouen, il est nommé vicaire
à Sotteville-lès-Rouen et aumônier du
lycée des Bruyères en 1976, curé de
Bouville en 1986, de Saint-Saëns en 1995, de la paroisse
Saint-Philibert de Duclair - Boucles de Seine en 1999, et de la
paroisse Saint-Joseph de Malaunay - Le Houlme en 2009. Après
une année de repos, il est nommé
aumônier de la communauté des
Béatitudes aux Essarts à Grand-Couronne en 2012.
Il fut également prêtre animateur des Jeunes chrétiens en monde rural de 1986 à
1999, et aumônier des Scouts de France de 1986 à
1995. Bernard Hück est décédé
le 12 mars 2013 à la Maison diocésaine des
Essarts à Grand-Couronne. Ses obsèques ont
été célébrées le
lundi 18 mars 2013, à 14h30, en
l’église de Duclair.
Christian Lejeune (13 septembre 2009) La communauté La Mère de Dieu comprend alors Jumièges, Mesnil-sous-Jumièges et Yainville. Elle a pour servante Thérèse Iguenane.
L’abbé
Christian Lejeune est né le 21 mai 1946 à
Neufchâtel-en-Bray, aîné de 4 enfants
d’une
famille originaire de la Somme. Son père est greffier au
Tribunal d’instance de Neufchâtel-en-Bray.
L’abbé Lejeune effectue sa scolarité
à
Neufchâtel-en-Bray et au Petit séminaire de Rouen
puis
entre en 1965 au séminaire Saint-Jean-les-deux-Jumeaux dans
le
diocèse de Meaux.
En 1968 il poursuit ses études par un premier cycle au Grand
séminaire de Rouen. En 1970 il effectue un stage
d’un an
au Foyer Saint-Martin, foyer d’insertion pour travailleurs.
Il
reprend le cours de ses études au Grand séminaire
de
Rouen puis au séminaire de Saint-Sulpice à
Issy-les-Moulineaux.
Le 23 juin 1974, il est ordonné prêtre par Mgr
André Pailler, archevêque de Rouen. Il sera
nommé
successivement vicaire de la paroisse de Gournay-en-Bray puis vicaire
au service du groupement paroissial d’Yvetot en 1980,
curé
du groupement paroissial de Saint-Léger-aux-Bois en 1987. Il
le
sera jusqu’en 1997 date à laquelle il devient
curé
du groupement paroissial d’Yvetot qui deviendra la paroisse
Saint-Pierre d’Yvetot – Terre de Caux.
L’abbé Christian Lejeune sera également
doyen du
secteur Aumale-Neufchâtel entre 1987 et 1996, en 2001 doyen
du
secteur Pays de Caux – Sud puis en 2005 doyen du Pays de Caux.
L’abbé Christian Lejeune est également
aumônier du CMR (Chrétiens en Monde Rural) et
depuis juin
2006, chanoine titulaire du Chapitre de la cathédrale
primatiale
et métropolitaine de Notre-Dame de Rouen.
Il est membre élu du collège des
prêtres en activité au Conseil
Presbytéral.
Il fait partie du collège des consulteurs et du groupe des
curés à consulter.
En juin 2009 Mgr Jean-Charles Descubes le nomme curé de la
paroisse Saint-Philibert de Duclair – Boucles de Seine
Il participe aux travaux du Synode représentant le chapitre
de la cathédrale.
Septembre 2017 : nommé conseiller ecclésiastique
de l’Oeuvre du blé eucharistique (3°
mandat)
Septembre 2018 : nommé prêtre auxiliaire de la
Saint-Philibert de Duclair – Boucles de Seine
Septembre 2019 : nommé prêtre auxiliaire de la
paroisse Saint-Ouen d’Offranville – Pointe
d’Ailly
Septembre 2020 : nommé conseiller ecclésiastique
de l’Oeuvre du blé eucharistique (4°
mandat) Source :
diocèse de Rouen.
Curés nés à Jumièges
Etienne-Guillaume Thirel, né à Jumièges, le 2 mars 1806, ordonné prêtre à Evreux en juin 1835, a exercé les fonctions de curé successivement à Touffreville, à Bourg-Beaudoin, à Bémécourt, à Caugé, à Saint-Paul-de-Fourques, à Saint-Denis-des-Monts et à Barquet où il est mort dans sa 76e année.
Duquesne
( Pierre-Valentin), né à
Jumiéges le 6 novembre
1808, ordonné le 9 août 1835, a
été
nommé curé de Butot, doyenné de
Pavilly, le 27
août 1835, puis curé de Varneville,
doyenné
d'Auffay, le 4 janvier 1837.
Curés
retirés à Jumièges
Pierre Engran, recensé en 1836, âgé de 80 ans. Il semble flanqué d'une fille de confiance, Prudence Pain, 39 ans.
Avant la révolution française, MM. les religieux et M. le curé prévenaient à l'avance les paysans du jour où ils dîmeraient. Cette perception en nature avait lieu en plein air, dans les champs. Les premiers prélevaient la treizième gerbe ; le second le treizième boisseau, car il avait uniquement la verte dîme sur les fruits, tels que poires, pommes, etc. La cure de Jumièges était évaluée, dîme et casuel compris, à 1200 ou 1500 livres ; celle du Mesnil à 2000 ou 2500 livres ; celle d'Yville (à la nomination de M. de Gasville), à 4000 ou 5000 livres. Le curé d'Yainville recevait en tout une pension annuelle de MM. les religieux, ne s'élevant pas à plus de 300 livres.La chapelle d'Heurteauville n'avait pas titre de succursale, pas de clocher et, comme on ne dîmait qu'en vertu de celui-ci, les ressources du desservant consistaient dans une rente de MM. les religieux et dans le revenu de 7 acres environ de prairies, qu'il récoltait lui-même et dont il envoyait les foins au marché de Caudebec.
Duclair : Delanos, Andrieu
Jumièges : Adam, Daviron
Le Trait : Lepeinteur, Hautot
Mesnil-sous-Jumièges : Le Faucheur
N.-D.-de-Varengeville : Barette, Quentin
Ste-Marguerite : Sallentin, Lendormy
ST-Paër (2e portion) : Bahot
St-Pierre-de-Varengeville : Ouen
Vaurouy : Martin
Yainville : Lechanoine
J 88, document numérisé par Josiane et Jean-Yves Marchand.
Registres paroissiaux d'Heurteauville, consultés par Jean-Yves Marchand.

