Par Laurent Quevilly-Mainberte

Janvier 1900. — Le 2 janvier, au Trait, le dournier Baillif est au travail et sa femme au marché de Dulair. Les cambrioleurs en profitent pour explorer minutieusement leur maison. Et emporter pour un millier de francs en espèces et bijoux.

A Saint-Paër, le jeune Etancelin, 5 ans, profite de l'absence de ses parents, déjoue la surveillance de la personne à qui il a été confié et grimpe sur une chaise pour jouer avec des allumettes. Il sort ensuite et veut enflammer de la paille. Ses vêtements prennent feu. Alors, il traverse la cour jusqu'à la grand route. A ses cris, M. Villette accourt, l'enserre, le porte chez ses parents. Mais il est brûlé des jambes à la poitrine. Des lambeaux de peau restaient accrochés aux vêtements. Le Dr Maillard, en tournée sur la commune, jugeait l'enfant perdu. Un pansement fut fait par Tancrel fils. Mais le blessé succomba à ses blessures après douze heures de souffrances.

Nouvelle journée lugubre à Saint-Paër le 8 janvier. La veuve Féron, 72 ans, se suicide dans l'Austreberthe. Huguerre fils, industriel, découvre son corps et le repêche avec ses ouvriers. Plusieurs fois, cette femme qui souffrait d'une maladie incurable avait exprimé des intentions suicidaires.

Au château des Vieux, une heure après, un jeune menuisier d'Yerville, Daon, vient voir son parent jardinier. En se lavant au bord de la citerne, il est pris d'étourdissements liés aux Rois fêtés la veille. Il se noie...  Ce château appartient à Baudouin de Joigny et est habité l'été par M. Roux.

A Varengeville, Tranquille Hauchecorne, 24 ans, ébranchait un arbre chez Pigache. Coup de vent. Chute. Colonne vertébrale brisée, il meurt instantanément et laisse une veuve et un enfant de 5 jours.

A Sainte-Marguerite, on retrouve le cadavre de Pierre-Eloy Ponty, un journalier. Le docteur Allard diagnostique une congestion. Autrement dit, il est mort de froid.

Domestique à Saint-Paër, Eugène Deblede, 47 ans, fera quatre mois de prison pour vol.

Février 1900. — Le 6 février, meutre à Varengeville (affaire Masson).

Heurteauville : Henri Lévesque, journalier de 24 ans, est condamné à six jours de prison pour outrage à un garde particulier.

Deux personnes d'Heurteauville se déclarent victimes d'un horloger ambulant, Joseph Jouanne, de Flamanville, qui aura écumé la région. La première, Léopold Vattier, lui avait donné à réparer une montre en or d'une valeur de 140F. La seconde, Rose Delaunay, une montre de 70 F. Elles lui ont écrit mais attendent toujours réponse et montres.

A Heurteauville, Ambroise Coursin se plaint quant à lui du vol de sa chienne.

Mars 1900. — On condamne à Rouen un marin russe par défaut. Le 1er janvier, au Mesnil, il avait cassé une carreau et volé quelques effets chez M. Martin. Le 2, même mode opératoire chez Bailly, au Trait, où, là, il repart avec 900F de bijoux et 60 F en espèces. Il laissa sur place ses vieux habits pour en endosser de plus saillants. On sait qu'il se nomme Irbit...

M. Tabouret, instituteur à Jumièges, donne un spectacle scolaire au profit de la bibliothèque de l'école.

Avril 1900. — Le 1er, représentation de la Passion à l'église de Sainte-Marguerite.

Cureur de rivière, Aristide Auvièvre, 57 ans, a été congédié et depuis a disparu de Saint-Paër, Son frère, maçon à Bliquetuit, a trouvé sa maison en ordre. On repêchera son corps au Mesnil.
Tentative d'assassinat à Hénouville contre Mme Costé, la vieille cabaretière. C'est l'affaire Pigache.

Au Trait, chez Boulet, la vache vélait d'un veau... de 72 kilos que l'on a dû débiter en morceaux pour délivrer la mère. On a peu d'espoir de la sauver.

A Varengeville, un accident rappelle celui de janvier. Henri Marcotte, 42 ans, ébranchait un arbre chez Georges Lucas. Chute. Etat désespéré...

Mai 1900. — Sont élus à Duclair dès le premier tour : Roussel, Léonard Léveillard, Alexandre Lamiré, Henri Denise, Albert Choulant, Léonide Maillard, Edouard Prunier, François Duclos, Désiré Ménielle, Alphonse Allard, François Chéron, Louis Bance, Pierre Prunier, Louis Délu, Gustave Niel, marchand de nouveautés, ballotage pour un siège.

Masson père et fils, de Varengeville, passent aux Assises pour l'assassinat de Margas. 8 ans pour l'un acquittement pour l'autre.

Juin 1900. — Allard est élu maire de Duclair, Niel adjoint.

Léon Morin, un jeune garçon boucher de Duclair se baigne un dimanche dans la Seine vers quatre heures de l'après-midi. Il est près du Bouillon avec deux camarades. Quand il perd pied et coule à pic. On retrouvera son corps au Mesnil. Constat du Dr Allard.

Le 17, à Saint-Paër, l'assemblée du Saint-Sacrement se tient dans la cour de Léon Thierry.
Jean Duchemin, journalier de Saint-Paër, est ramassé ivre dans la rue de la Boucherie à Caudebec.

Mort d'un chemineau ayant travaillé chez Guibert à Yainville.

Juillet 1900. — Aux Assises, Pigache, d'Hénouville, est condamné à dix ans de travaux forcés.

Incendie dans la ferme de la veuve Levasseur, à Sainte-Marguerite. Un bâtiment à usage de maison, écurie, charreterrerie, étable à porc et tout le mobilier ont été détruits, on a pu sauver les animaux sauf deux porcs.

A
ssemblée de Sainte-Marguerite le 22 dans la cour chez Louvet.

Août 1900. — Céléstin Dacher, domestique chez Duboc, à Saint-Paër, est un ennemi de l'automobile. Sur la route de Caudebec à Saint-Wandrille, conduisant un lourd chariot sans sa plaque réglementaire, il croise M. et Mme Motte qui sont obligés de rouler sur le bas-côté.  Motte, garde général des forêts, demande des comptes. Le ton monte. Dacher sera condamné par le tribunal d'Yvetot.

Cafetier au Trait, Pionnier entend des gémissements venant du dehors, de la route de Rouen au Havre. Il ramène dans son café un blessé qui raconte qu'une voiture lui a passé sur l'épaule. Il s'appelle Eugène Perrault, 20 ans, travaillant à la réfection de la ligne Duclair-Barentin. Confus. Il fut transporté à l'hôtel-dieu de Rouen.

Linant est nommé huissier à Duclair en remplacement de Charle Villeroy.

On retrouve près du phare du Trait le cadvre d'un homme nu, plus loin un paquet de vêtements. Allard fait le constat légal.

Septembre 1900. — Abandonnée depuis une trentaine d'années, l'extraction de la tourbe reprend à Heurteauville face à la hausse du prix du charbon et du bois à brûler.

La famille Roux, du château des Vieux, donnera un nouveau concert spirituel à l'église de Saint-Paër.

Louise-Valentine Hazard, originaire du Trait, avait vécu maritalement avec Alexis Boisseau. Avant d'être abandonnée, elle et sa fille de 2 ans. Au Havre, elle tire plusieurs coups de révolver sur son ancien compagnon alors qu'il déjeune dans un café. En fuite, elle fut arrêtée dans la soirée. Aux Assises, elle sera acquittée.

Création d'une poste à Varengeville.

Octobre 1900. — Vincent est nommé greffier à la Justice de Paix de Duclair en remplacement de Messier, démissionnaire en sa faveur.
Une meule de bottes de paille de blé et d'avoine est détruite par le feu chez Auguste Vallois, couvreur en chaume à Sainte-Marguerite.
A Heurteauville, on vole une pince en fer à Lemaréchal.

Novembre 1900. — Touzé est nommé notaire à Duclair en remplacement d'Hervieu, démissionnaire en sa faveur.

A Villers-Ecalles, Drouet, débitant et logeur est allé chercher sa femme à la gare de Barentin. Quand il rentre à minuit, il découvre deux carreaux de sa chambre à coucher brisés et sa porte ouverte. Théodule Alfred Golle, ouvrier de filature et pensionnaire, lui dit être tombé accidentellement sur ces vitres. Seulement quand, le lendemain, Drouet découvre lee vol d'objets de valeur, ses soupçons se portent sur Golle qui, arrêté à Barentin, finit par avouer.
Originaire de Saint-Paër, Emile Henri Herment porte des coups de couteau à son patron, Anatole Leroux, de Roumare.

A Quevillon, des vols sont commis chez Chauvon et Lesage.

Décembre 1900. — A Villers-Ecalles, Mme Caron va porter le repas de midi à son mari chez Prévost-Grenier. Un voleur en profite pour voler dans la maison des effets de literie.
A Heurteauville, Constantin Cuffel se voit décerner la médaille coloniale avec l'agrafe Tunisie.
Emile Egret, de Jumièges, se plaignait qu'on l'ait obligé de payer le passif d'une succession. Sa pétition est rejetée.

A Duclair, Albert Mauger, 25 ans, de Jumièges, déchargeait du cotret à bord d'un bateau sur le quai neuf. Il tombe accidentellement et coule à pic.

Allard distribue des médailles aux pompiers de Duclair : Pierre Frémont, Alexandre Boisard, Albert Ponty et Onésime Carpentier, lesquels totalisent plus de 30 ans de service.

Une Traitonne avait été insultée dans le train par le charcutier de Caudebec. Ayant obtenu 50 F de réparation, elle verse la somme aux bureaux de bienfaisance des deux villes.

En 1900, il y aura eu 320 naissances dans le canton pour 330 décès, 98 mariages et 11 reconnaissances...



Janvier 1901. — Le 1er, à Saint-Paër, Gustave Burel s'absente. On lui casse un carreau pour lui voler 210 F dans un tiroir.

Quelques conscrits tirés au sort. Yainville : Ancron, Tatard, Virvaux. Mesnil : Delamarre, Vézier. Jumièges : Delahaye, Fleury, Lefebvre, Ybert...

Charretier de Rouas fils, farinier à Duclair, Henri Valentin Gueroult s'en revenait de Rouen avec un attelage de quatre chevaux. Trompé par le brouillard, il tombe, la roue lui brise le bras, il ramène le convoi et le Dr Maillard lui prodigue les premiers soins. Mais on devra le diriger sur l'hôtel-dieu. Là, la gangraine le fera succomber. Le corps fut transporté à Saint-Paër. A 33 ans, il laissait une veuve et plusieurs enfants.

On apprend que Joseph Martin, qui avait fait ses débuts d'instituteur à Jumièges, depuis officier d'Académie et professeur à l'école normale est admis inspecteur.

Février 1901. — Aux Assises a lieu le procès d'Aglaé-Julia Gallien pour vols de titre chez M. Lenez, de Duclair. Cette servante était devenue sa maîtresse et il l'avait couchée aussi sur son testament. Mais l'apouse légitime l'accusait de vols. Elle est acquittée.

Chéron, propriétaire à Duclair, chasse dans les bois des Demoiselles, hameau du Ronceray, à Saint-Paër. Les chiens lèvent une bande de six sangliers. Chéron tue une laie porteuse de dix petits.

En forêt de Mauny, le Rouennais Paul Grousset, avoué, tue d'un seul coup de fusil une bête de compagnie et un marcassin. 

Jules Desanneaux, charpentier de 51 ans, se tire un coup de fusil dans la bouche à Varengeville. Une veuve, six orphelins. Constat de Maillard.

Le 17, à 8 h du soir, des jeunes accompagnés de musiciens allument un feu de joie dans la plaine dite de la campagne de Duclair, route de Barentin. 

Chez Mustad, Bourgeois attèle plusieurs chevaux à une voiture de camionnage. Quand l'un d'eux rue et blesse grièvement le charretier. Transporté chez lui, il reçoit les soins d'un médecin. Mais succombe à ses blessures.

Mort à Bolbec de Jules Dumesnil, l'ancien percepteur de Duclair.

Deux bûcherons, Emille Baville de Duclair et Théodule Cornier, de Saint-Paër, travaillent chez Mme Dieusy, près Duclair, le 27 février vers cinq heures. Baville, dont la femme est absente, propose à son camarade de souper chez lui. Ce fut bien arrosé. Comme il faisait nuit et froid, Cormier restera dormir. Baville se réveille en pleine nuit, encore ivre, et prend Cormier pour un voleur. Le voilà qui le frappe à coups de bâton. A ses cris, Baville retrouve ses esprits et se fait cette fois infirmier. Mais Cormier est grièvement blessé. Surtout à la tête. Dans la matinée du vendredi, il put cependant regagner Saint-Paër. Chez lui, il se remit au lit. Le lendemain, il était mort. Baville est arrêté.

Feu de cheminée chez Jouanno, lieutenant de douane à Heurteauville. La maison appartient à Bardel, de Caudebec. Les pompiers de Jumièges et quelques riverains éteignent le sinistre.

Lambert, agriculteur à Jumièges, reçoit 80F pour le concours qu'il a apporté en 1900 aux champs de démontration. Il reçoit en outre une médaille d'argent.

A 58 ans, décès de Ferdinand Quibel, adjoint au maire de Varengeville, président d'honneur de la section des anciens militaires.

Gustave Lefebvre, 26 ans, batelier à Yainville est condamné à 6 jours de prison pour vol par le tribunal d'Yvetot avec bénéfice de la loi de sursis.

Mars 1901. — On y avait fait cuir du pain, ce four aura communiqué le feu au bâtiment agricole d'Alphonse Simon, à Epinay. Un cheval et une vache ont péri carbonisés.

A Sainte-Marguerite, il y aura bal le dimanche à la belle saison chez Landrin.

Lamiré, caitaine des pompiers de Duclair et Carbonnier, comptable chez Mustad montent une société de tir...

Avril 1901. — 5 avril, vers neuf heures, le bateau à voiles chargé de sable pour la construction d'une digue, à Saint-Nicolas-de-Bliquetuit, a chaviré en Seine, en face de Saint-Wandrille-Rançon. Les deux hommes qui la montaient, nommés Henri Tarrz, vingt-quatre ans, célibataire, et Pierre Besnard, quarante ans, père de six enfants, tous deux demeurant au Trait, se sont noyés. L'accident parait dû au mauvais état du bateau qui coula déjà il y a deux ans et demi. 

Pelage, de Guerbaville, n'étant pas payé de son loyer, alla chez Guéroult, au Landin, et cassa tout dans la maison ainsi que les ruches à l'extérieur.

28 avril. C'était un dimanche matin. Louis Sizun, étranger au pays, portait une pelle et une pioche sur le quai de Duclair. Tout à coup, il jette ses outils, ôte sa veste et se jette dans la Seine. Il réapparaît et nage sur quelque 200 m. Un canot de l'hôtel de la Poste se porte à son secour. Mais au moment d'atteindre le nageur, celui-ci disparaît. On retrouva ses papiers dans ses habits. Chemineau, il aurait travaillé au Val-Vernier...

Deux hectares de sapins de la forêt d'Etat du Trait partent en fumée.

Le cris d'un enfant près du Chêne-à-Leu. Deux bûcherons se précipitent et aperçoivent un individu près d'un gamin qui pleure. L'homme prend la fuite mais il est rattrapé et remis entre les mains du maire de Boscherville. Enquête des gendarmes de Duclair. 

Victor Bruneau a trouvé des clefs à Yainville. Les réclamer en mairie.

Ribert travaillait dans le bois de Saint-Thomas, à Varengeville, quand sur le coup de midi il fait cuir un hareng de Fécamp que lui a donné un compagnon le matin. Le vent... Le feu... Il sera condamné à 25F d'amende pour incendie par imprudence. Cher le repas...

Mai 1901. — Emile Baville comparaît aux Assises après avoir frappé à mort son compagnon. On le présente comme un ivrogne qui bat sa femme, "même quand celle-ci ne fait pas de cauchemards". Mais il n'écope que de six mois de prison.

Duclair compte 536 maisons, 574 ménages, 1976 habitants soit 25 de plus qu'en 1896.

Henri Victor Delalonde, 18 ans, natif de Quevillon, journalier à Boscherville, comparaît aux assises le 14. On l'accuse d'avoir entraîné avec lui dans la forêt un enfant de 5 ans, Gustave Guévée, pour se livrer sur lui à un acte inqualifiable. Ce qu'il nie. Deux ans de prison.

Au Trait, Gustave Pécot, d'Arques, est nommé garde domanial des Eaux et Forêts.

A Varengeville, au lieu dit le Belvédère, on s'introduit par effraction dans le rendez-vous de chasse de Mme Dieusy, la porte, les vitres, les chaises sont brisées. Dehors, un banc est arraché, des caisses, des planches jetées dans la citerne. Du coup, les promenades dans le bois de  Varengeville est interdit de ce jour.

Les pompiers de Duclair se distinguent au concours de Déville.

Juin 1901. — Beaucoup de monde à Boscherville dans les prairies de démonstraton de Georges Robert avec le concours de Laurent, professeur d'agriculture.

Le 3, le général commandant le 3e corps d'armée vient examiner plusieurs terrains susceptibles de servir à des tirs à l'arme de guerre. Du sérieux...

Le 9, l'assemblée du Saint-Sacrement se tient dans la cour de Boulleport, à Saint-Paër.

L'affaire Gallien se poursuit au civil. Certaines valeurs seront soustraites du legs dont elle a bénéficié mais Mme et Mlle Lenez sont déboutées d'une grande part de leurs prétentions.

Au service des sœurs Millon, rentières à Duclair, quai de Rouen, Mlle Druot, 18 ans, était allée
puiser deux seaux d'eau. Faux mouvement. Elle tombe en Seine. Un jeune pêcheur crie au secours. Auguste Mouty, garçon de cave chez Lamiré plonge trois fois. En vain. Deux durant, M. Testu et deux employés de Lamiré effectuent des recherches. Et finissent par retrouver le cadavre de la jeune fille, face à l'hôtel de M. Bien, dont une bonne, voici trois ans, était tombée à l'eau exactement au même endroit mais avait pu être sauvée. Ainée de huit enfants, employée depuis plusieurs années, Mlle Druot a été conduite dans sa famille à Sainte-Marguerite.

Le 29, après des journées de chaleur accablante, un terrible orage s'abat sur la région, ravageant récoltes et fruitiers. A Duclair, la foudre tombe sur la pharmacie Godard, place du marché, la clouterie, un poteau télégraphique face à Délu, sur le quai.

(Le Petit Parisien 2 juillet 1901 ) Des orages ont sévi avec une violence toute particulière en divers endroits. A Hénouville, la foudre est tombée sur le château de Mme veuve Dérivry et a provoque un incendie qui l'a détruit. Les pertes, estimées à environ 70,600 francs, sont couvertes par une assurance. Une avalanche de grêle, qui n'a pas duré moins de trois quarts d'heure, a tout saccagé à Duclair. Les arbres fruitiers sont hachés, les jardins fortement endommagés. La foudre est tombée en plusieurs endroits. 

Juillet 1901. — Coignard, le boulanger de Jumièges, puise de l'eau pour faire son pain dans le puits attenant à sa maison. Le lundi  1er juillet, il envoie son mitron chercher de l'eau vers 6h du matin. Quand il revient, Coignard sent comme une odeur de pétrole. On en a répandu une grande quantité dans le puits durant la nuit. Plainte.

Sans concurrent, Denise se représente au conseil d'arrondissement.

Le Félix-Faure sombre à Yville.

Le 14 Juillet, Arthur L..., batelier, aurait porté sans raison un coup de poing à Henri Fauvel, domestique à Heurteauville. Plainte.

Le soir du 15, Demagny, concierge à Mauny, est à l'affût contre les sangliers qui ravagent un champ de seigle à Barneville. Quand, quittant la place qui lui est assignée, il reçoit un coup de feu accidentel tiré par Onésime Varon. On le croit hors de danger. Le tétanos s'en mêle. Il mourra à l'hôtel-dieu.

Les 16 et 17, passage du 74e de ligne à Duclair.

La société de tir la Sentinelle est présidée par le Dr Allard. Elle compte 92 membres.

A SaintPaër, route de Duclair, Alfred Capelle 58 ans, au service du constructeur Henri Bataille, charrie du fourrage avec une voiture à gerbes atttelée de deux chevaux. Il tombe. Une roue lui passe sur le corps. On le porte à la ferme, distante de 500 m. Il meurt en arrivant.
Médaille d'honneur des sapeurs pompiers à Edmond Hamelin, lieutenant et Louis Bellest, caporal de la compagnie de Duclair.

Au Trait, un garçon de 14 ans, Auguste Duthil, dont les parents habitent Barentin, est sur une embarcation pour allumer les fanaux d'un bateau de sable à l'ancre. Il perd l'équilibre et se noie. Cariel père et fils retrouveront le cadavre.

Août 1901. — Deshayes, le cafetier de Saint-Paul, organise la Sainte-Laurent dans l'avenue du château du Taillis.

Au Sablon de Jumièges, les ormes sont attaqués depuis maintenant trois ans par les larves de la Galeruca Xanthomolona ou Calmariensis.

Heurteauville : le sieur Savary, batelier, vit en mauvaise intelligence avec son voisin Burgot. Ses poules empiètent chez son rival. Et il fait la sourde oreille. Un jour, une mère et ses poussins investissent la cour à Burgot. Qui en tue trois à coup de fusil et casse une patte de la poule. Plainte.

Le 12, on enterre le père Paumier, figure de Jumièges dont se souvient Maurice Leblanc.

A la Saint-Philibert du Mesnil ont voit des manèges de chevaux de bois place de la mairie.
Renflouement du Félix-Faure.
Vaut mieux boire ici qu'en face...
Jeudi 22 août 1901: visite de la société industrielle de Rouen: "Nous saluons au passage la gracieuse petite ville de Duclair, si renommée pour ses canetons, toute ensoleillée au milieu de la roche pittoresque qui l'encadre. Un facétieux commerçant a inscrit sur son enseigne avec quelque vérité « Vaut mieux boire ici qu'en face ».
Un peu plus loin, nous ralentissons notre marche afin de ne pas gêner les opérations de renflouage du  Félix-Faure qui touche à sa fin. Puis, nous arrivons à Jumièges à temps pour visiter les ruines de l'abbaye. (...) Parmi les vestiges intéressants recueillis et groupés dans le musée que Mme Lepel-Cointet, propriétaire actuelle, avait bien voulu nous permettre de visiter, citons la dalle tumulaire d'Agnès Sorel, celle du Tombeau des Enervés et un buste du célèbre abbé Simon Du Bosc, et quantité d'objets recueillis au cours des fouilles.
Après un déjeuner ou la gaieté et la bonne humeur suppléent aux somptuosités de la table, les objectifs multiplient les souvenirs de cette journée et nous reprenons la route de Rouen..."

22 août 1901 toujours, un douanier à la retraite, Joseph Stempf, rentre chez lui à Port-Jumièges. Et tue sa femme, née Rosalie Soligny, à coups de marteau. Il va ensuite se noyer. Lire notre page spéciale


31 août. Le petit Persil, 11 ans, tombe dans la Seine à Port-Jumièges. Appels aux secours d'Henriette Adacar, 12 ans. Un Mauger rattrape cet enfant dont les mains seules sortaient de l'eau.

Septembre 1901
. — Le 8, ouverture du stand de tir de la Sentinelle, à Duclair.

Démission du maire d'Heurteauville, Leprince, suite à une réflexion du juge de Paix concernant l'affaire Stempf.

Expulsion des Bénédictins de Saint-Wandrille.

Dans son armoire, Mme Etienne, de Duclair, ne retrouve plus que 20 F sur les 100 qu'elle avait retirés de la Caisse d'Epargne pour payer son loyer. Enquête.

Toujours un concert offet par la famille Roux à Saint-Paër.

100F dans une armoire sont également volés à Georges Graverend, de Varengeville, hameau de l'Anerie. C'est un ouvrier couvreur originaire du Maine-et-Loire, François Gautier, qui a fait le coup.

Octobre 1901. — Incendie criminel au Haut de la Côte, à Duclair, dans la grange à blé de M. Bigot. Les pompiers ne parviennent qu'à protéger les maisons voisines.

Un terrassier de 35 ans, Delestre, disparaît de l'hôtel Chrétien sans payer.

Villeres-Ecalles. Edmond Grain, domestique de 27 ans, profite de l'absence de Mme Lebourg, casse une vitre, fouille les meubles et trouve 240F dans une boite. Il sera retrouvé.

A Yainville est donnée une conférence de M. Cormier, délégué de la section de Rouen de l'Union française anti-alcoolique. Thème : alimentation et alcool. Projection lumineuse, chants, poésies et final sur des vues amusantes.

Elle s'étaient réfugiée chez son père voici cinq ans. Menacée de mort depuis par son journalier de mari, une Jumiégeoise respire : il est arrêté.

Marie Deslandes, élève de Duclair, est reçue au brevet d'institutrice.

A Mauny, les Angrand habitent dans une carrière. Le mari frappe la femme. Elle finit par se réfugier chez Mme Gibert, à Barneville. Angrand s'y rend, fait du tapage, casse de vitres. Son épouse s'échappe par une porte de derrière. Mais il la rettrappe dans le chemin, la traîne par les cheveux, redouble de coups. Un voisin alerté par les cris parvient à la délivrer. Enquête des gendarmes.

Au bas de la côte du Landin, beaucoup connaissent la source qui coule à une centaine de mètres en amont du passage d'Heurteauville. Les navires de plaisance y font souvent provision d'eau douce. Edouard VII, roi d'Angleterre, jurait, alors qu'il était prince de Galles, n'avoir jamais rencontré meilleure eau pour son absinthe. On murmure qu'une société va acheter le terrain où elle sourd pour le compte de la commune de Bourg-Achard.

Le corps d'Hippolyte Gagu, 42 ans, charrtier à Quevillon, est retrouvé sur la route à Boscherville à 7h du matin. On pense à une congestion.

A Varengeville, Mme Monnier, ouvrière de filature, laisse sa fille de neuf ans seule à la maison. Elle met le feu à la literie. Des voisins arrivent à temps.

Journalière au Trait, la veuve Leboucher trouve un porte-monnaie dans le train qu'elle remet au chef de gare de Duclair.

Victor Chandelier, agriculteur à Saint-Paër, était fier du poulain rouge foncé qu'il venait d'acheter à la foire Saint-Romain. Il chargea un individu de le conduire chez M. Huet, herbager à Maromme. Qui ne vit jamais venir à lui le bel animal...

Agé de 16 ans et surnommé Suirault, un ouvrier cordonnier de 16 ans prend la route de Duclair à Yainville. Et découvre une femme étendue sur le bord du chemin et paraissant bien malade. Il alla prévenir la gendarmerie. L'inconnue fut conduite à l'hospice et l'on apprit bientôt qu'elle s'était évadée de l'asile de Saint-Yon.

Novembre 1901. — Linant, l'huissier de Duclair, flanqué de ses clercs, se rend au hameau de Claquemeure pour procéder à une vente judiciaire au domicile de Louis Pierre Couteux, Charrieur. Celui-ci rentre dans une rage folle, menace, mais la vente commence. Pendant ce temps, Couteux va se pendre dans une dépendance.

Douyère, le maréchal-ferrant de Saint-Paër, revient à son atelier et y trouve un domestique de 15 ans, Mauger, qui s'amuse avec un fusil chargé trouvé on ne sait où. Douyère le réprimande. Mais le gamin continue. Un coup part et blesse grièvement à l'épaule de frère du maréchal, André Douyère, qui se trouvait à 30 mètres de là.

Dans la vitrine de la rue du Bec, à Rouen, on peut voir une gigantesque araignée dotée d'énormes pattes. C'est en fait un radis gris de plusieurs kilos récolté dans un champ d'Hénouville.

Le lieutenant Lambert, des pompiers de Jumièges, revient un après-midi du marché de Duclair. Dans la campagne de Jumièges, il dépasse le banneau attelé de Percepied qui s'apprête à reprendre la route. Quand soudain, le cheval prend peur et s'élance sur la route. Percepied saute à terre, Lambert poursuit l'attelage qui risque de blesser quelque enfant à la sortie des classes mais il parvient à le stopper à l'entrée du bourg.

Deux sangliers sont tués au cours d'une battue à Mauny.

Aux Vieux, le charretier de Mme Dieusy passe tranqillement sur la route de Duclair à Barentin. Quand trois individus, sortant de chez Albert Golle, l'agressent sans motif apparent. L'homme parvient à corriger Golle. Mais les deux autres ouvrent leur couteau. Alors il s'enfuit. Des voix s'élèvent pour en finir avec ces gens qui ne vivent que de braconnage. Albert Golle vient justement d'écoper de deux mois de prison pour ce délit.

Chez Rose Cauvin, au Trait, on a volé par deux fois de l'argent. Augustine Ducastel, 17 ans, est soupçonnée. Elle passe à table.

Stanislas Dacher, menuisier, s'en est pris au maire de Varengeville, M. Séhet, et a brisé à coups de poing plusieurs vitres de la mairie. Arrêté par le garde-champêtre Dévé, il a été remis aux gendarmes de Duclair puis confié au Parquet.

Décembre 1901. — A Anneville, le garde de Darcel surprend un braconnier occupé à visiter ses collets et lui dresse procès-verbal. Quelques heures plus tard, le contrevenant se rend chez le garde, lui assène quelques coups de poing et brise sa porte. Les gendarmes, le parquet...

Et huit poules en moins chez Armand Messier, propriétaire à Heurteauville !

Meule de blé et de vesce détruite par le feu chez Hautot à Sainte-Marguerite.

Une année s'achève à Duclair par un pain bénit organisé par la jeunesse à l'occasion de la Nativité et la Sainte-Cécile célébrée par la fanfare. Son programme : messe, concert, banquet à l'hôtel de la Poste, quête pour les Boërs, tour de chant.

A Sainte-Margueite, une crèche de Noël aménagée sous le porche de l'église fait l'admiration des gens de la région.



Janvier 1902. — Le feu chez Coignard, marchand de journaux des quais et d'articles de chasse à Duclair. Du coup, des détonations, des pétarades se font entendre. Le caporal Bien evacue de l'arrière-boutique le père du patron sur le point de suffoquer en haut de l'escalier tandis que le lieutenant Chapellière neutralise le compteur de gaz au moment où fondaient les conduits. Le docteur Maillard a donné les premiers soins au père Coignard.

Un feu de cheminée a été combattu au Trait chez le débitant Pionnier par le fils de la maison juché sur le toit et aidé de MM. Pihan, Poignant et Albert Bourgeois.

Une médaille va à Pierre Laurent, ancien syndic des gens de mer à Duclair. Une autre à Sulpice Hardi, farde du marais communal de Sainte Marguerite.

Au Trait, le jour des Rois, alors que Alphonsine Lebourgeois, cultivatrice, est allée chez sa mère, non loin de sa ferme, on lui vole deux billets de 100 F et un louis dans une commode.

Augustine Désirée Delaunay, épouse Alphonse Martin, lègue 4.000 F à l'asile de Duclair par testament et 2.000F au bureau de bienfaisance de Villers-Ecalles.

Une nouvelle fête est en projet à Duclair pour meubler le printemps des commerçants.

Marie Georgette Déperrois, 17 ans, tissuse, Saint-Etienne-du Rouvray est repêchée à Bardouville.

Maillard et Denise s'opposent au projet de dragage de Rouen à la Roche et appellent à la contestation du projet.

Lambert, cultivateur à Jumièges, porte plainte pour abus de confiance. Il a fourni de l'osier et payé au vannier L..., 27 ans, la façon de 300 paniers. Quand il va les chercher, seuls 40 sont prêts. L'osier des 260 autres aurait été brûlé, car de mauvaise qualité.

Un incendie à Saint-Paër détruit la grange d'Eugène Chandelier.

Février 1902. — Le 9 février, 600 bourrées font un feu de joie allumé par une jeune fille, à Jumièges. Au cours des danses, elle procède à la quête, conduite par un des organisateurs. Idem à Heurteauville, au Passage du Trait. Une pratique largement répandue dans la région à cette époque.

MM. Pécot et Pionnier, de Sainte-Marguerite, veulent donner une leçon au "chef de gare maladroit (d'Yainville) qui ne s'est pas assuré avant de donner le signal que les voyageurs étaient montés et les portières fermées."

140 bottes d'herbe sèche sont volées à la harelle au préjudice de Jules Bettencourt, journalier.
Sous un chêne, à Heurteauville, Gontier, cultivateur de Guerbaville, retrouve la brouette qu'on lui avait volée en septembre. Tout arrive...

Un charpentier de Berville, Pierre Perdrix, sait que sa fille Angèle a une relation avec un boulanger d'Anneville, le sieur Prévost. Il parvient à les localiser chez un journalier d'Yville, Alfred Lefebvre. De l'extérieur, il tire un coup de fusil. Plainte. Arrestation...

Mars 1902
. — Incendie chez Prévost et Grenier à Villers-Ecalles. Vingt ouvriers sont au chômage.

Un épicier de Barentin, Romain, est de passage à Varengeville. Son cheval, effrayé par un enfant jouant au toupillon, s'emballe, parcourt le quariet de l'église et de la mairie. Un postier, Augusté Wéber, parvient à lui prendre les naseaux.

Eugène Guibert, le carrier d'Yainville, remporte les travaux de réfection des digues de l'Eure.
Au marché de Pâques, à Duclair, plusieurs dames ont été délestées de leur porte-monnaie parmi lesquelles Mme Prévost de Yainville.

Guéroult, ancien conseiller d'arrondissement, capitaine des pompiers de Boscherville, négociant en liquides à Déville meurt dans sa 72e année. Inventeur voici une quinzaine d'années d'une échelle-ascenseur, il était vice-président de l'Union départementale des sapeurs-pompiers. Il fut aussi à plusieurs reprise vice-président de la caisse de retraite des pompiers de France et d'Algérie.

Avril 1902. — Le notaire Touzé se marie avec une Rouennaise, Mlle Borde.

Ventre aux enchères des herbes à récolter au trou du Malaquis.

Incendie d'une buanderie chez Alfred Martel, appartenant à du Bourg, châtelain du Vaurouy.
Baville, de Duclair, avait un domestique de 17 ans, originaire d'Yville, nommé Aubert. Un jour, il le découvre dans son caveau, près de la cuisine, et l'interroge sur sa présence. L'autre le repousse et s'enfuit. Baville constate un important vol d'alcool dans sa cave.

Lattelais, maire de Saint-Paër depuis neuf ans, nommé officier d'Académie, se coir offrir de palmes en brillant par son conseil.

Auguste Massif, de Villers-Ecalles, se voir dépossédé de 27 poules. Il n'est pas un jour sans qu'une demi-douzaine de vols de ce type ne soit enregistré et non plus seulement en période de Noël.

Morel, maire de Villes-Ecalles, victime d'une crise cardiaque.

Une figure disparaît à Jumièges : Victrice Lambert, 75 ans, longtemps conseiller municipal.

Une grange appartenant à de Joigny, occupée voici peu par Jules Bigot et depuis par M. Bataille est entièrement détruite par un incendie. Elle contenait les récoltes de Bigot, ses diversrs voitures agricoles et une machine à battre appartenant à Sauvage, de Fréville.

A Mauny, Cerfon, lieutenant de louveterie et vingt tireurs font un carton : huit bêtes dont quatre laies. Deux sangliés blessés par les chiens sont servis au couteau par un piqueur de 15 ans, Pierre Saulnier et le piqueur Deshays.

Le feu détruit la grande de Pierre Lesage, à Berville, occupée par Pierre Lamy.

Il avait disparu le 24 décembre. Le carrier Mabit est retrouvé à Yainville dans la Seine.

Varengeville. Henri Aubert, journalier de 35 ans, est découvert dans sa chambre. Suicide par arme à feu.

Mai 1902. — Hébert est remplacé par Petit à l'école d'Yainville.

Un carreau de cassé, une armoire ouverte, 200 F sont volés xhez M. Simon, cultivateur à Sainte-Marguerite. On a des soupçons...


Anneville vote un crédit pour les sinistrés de la Martinique.



Juin 1902. Jumièges — Le croiseur Cassini et les torpilleurs de haute mer Yatagan, Durandut et Fauconneau, venant du Havre, ont fait leur apparition devant Jumièges, samedi. à huit heures du matin. La présence de cette escadrille a fait sensation dans le pays el les bords de la Seine n'ont pas tardé a se garnir de curieux. Cette force navale a séjourné devant Jumièges jusqu'à trois heures de l'après-midi. Elle a ensuite regagné le Havre pour de là se rendre à Cherbourg.

Mustad, via le maire de Duclair, apporte son soutien à la Martinique. Au Trait, les élèves Dupré et Lechevallier mènent la quête, Jeanne, l'adjoint au maire, a recueilli des fonds.

Inauguration à Sainte-Marguerite de deux vitraux sortis des ateliers Moïse.

Pendant qu'il célébrait la messe, le curé de Saint-Paër reçoit de la visite au presbytère. 515F son volés dans son secrétaire. On soupçonne deux rôdeurs venus de Varengeville.

Mme Mauger, batelière à La Mailleraye, informe qu'elle organise un service pour les régates de Caudebec.
Juillet 1902. Max de Joigny st encore impliqué dans les régates de Duclair.

Un incendie se déclare au Trait dans un bâtiment où dorment onze ouvrier agricoles. Peu de dégâts. En revanche, deux heures plus tard, un second départ de feu dans un autre bâtiment ravage tout. Nous sommes dans la ferme de M. Bocquet, la propriétaire est Mme Tuvache, de Guerbaville.

Le Trait connaîtra un autre incendie dans la ferme occupée par Ernest Lefebvre et appartenant à Me Gobin, ancien notaire de Caudebec. Divers bâtiments et leur contenu sont détuits.

L'école privée sommée de fermer
24 juillet, en pleine guerre de religion, le journal Le Temps s'insurge: "Les religieuses qui dirigent l'école maternelle libre de Jumièges ont reçu l'ordre de fermer cet établissement dans un délai de huit jours. L'asile de Jumièges a été construit il y a trente ans environ par Mme veuve Eric Lepel-Cointet. Le terrain, la-construction, l'aménagement, l'ameublement, n'ont pas coûté un centime à la commune.
Depuis cette époque, Mme Lepel-Cointet a payé de ses deniers les religieuses qui ont successivement dirigé l'asile, où tous les enfants sans distinction étaient non seulement admis, recueillis, soignés, instruits, mais encore presque entièrement nourris.
Ces temps derniers ils étaient au nombre de soixante-cinq. De plus, une religieuse était chargée de visiter les malades et de leur délivrer gratuitement des médicaments." 


Dans la Vigie de Dieppe — La commune de Jumièges va connaîre les douceurs des proscriptions édictées par M. Combes. Les religieuses dirigeant l'Ecole maternelle libre ont reçu, par lettre préfectorale en date du 13 juillet, l'ordre de fermer leur établissement dans les huit jours. L'Ecole maternelle de Jumièges recevait plus de soixante enfants. Cet asile — on lui a conservé dans le pays cette ancienne appellation — avait été fondée il y a une trentaine d'années par Mme Erric Lepel-Cointet, qui entretenait de ses deniers les soeurs institutrices. L'établissement qui vient d'être fermé par l'autorité ne coûtait donc rien à la commune ; inutile de dire qu'il lui rendait de grands services.
Le Journal de Duclair fait une constatation piquante ; Il rappelle que le même M. Mastier qui, en qualité da préfet, vient de donner l'ordre de fermer 1'asile, a été,  il y a quelque vingt cinq ans, précepteur des enfants Lepel-Cointet, « c'est à dire instituteur libre et privé, aux gages de la famille Lepel-Coinlet, dans les mêmes conditions que les religieuses qu'il fait partir aujourd'hui. M. Mastier connaissait donc mieux que personne les conditions dans lesquelles l'école maternelle libre de Jumièges a été créée et fonctionnait
."

Août 1902. — A Boscherville, le cafetier Morand se fait vider sa cave en champagne et tabac. Au hameau des Carrières, c'est la Saint-Roch que l'on fête. Etienne Cornillaux est l'orgaisateur. Il y a des courses vélocipédiques cantonales de vitesse et lenteur.

Les époux Legros sont condamnés à de la prison pour injures envers le maire de Duclair devant son domicile et ivresse.

Septembre 1902. — Bien remis de son naufrage, le Félix-Faure bat des records de vitesse grâce à de nouvelles hélices.

Octobre 1902. — Le 28 décède la veuve Silvestre. Son testament libères  des legs.

A Port-Jumièges, le sous-lieutenant des Douanes, Castel, prend du gallon.

Novembre 1902. — Le tocsin à Duclair. Le feu se déclare dans une remise de M. Vincent adossée à un bâtiment occupé par le boulanger Lenormand. Les pompiers et un tuyau venant de chez Mustad ont eu raison du sinitre. Les secours étaient organisés par le maréchal des logis Godé.

En se rendant au marché de Caudebec, Mme Cottard, de Sainte-Marguerite, trouve une montre d'homme en argent...

Heurteauville : Albertine Pilon, 2 ans, tombe dans le feu pendant que sa mère puise de l'eau. Elle est retrouvée avec le bras droit et une partie du corps carbonisés.

Saint-Paër : on ne voyait plus la veuve d'Alexandre Tiphagne, 68 ans. Ses voisins les découvrent morte.

C'est un classique. Vous êtes injurié, diffamé, vous touchez une amende, vous la versez à une œuvre de bienfaisance. Les époux X... ont été condamnés par le juge de Paix à verser 30 F à Mme Jérémie Feuillye d'Heurteauville. Elle en fait don à la commune.

Un bateau des carrières d'Yainville est coulé en Seine. Pas de victimes.

Décembre 1902. — A Jumièges, le 2, l'épouse d'Augustin Hébert, née Chambry, met trois garçons au monde à une heure d'intervalle. Seul l'aîné reste en vie.

Le 3, un navire rouennais s'échoue à Villequier. Il est remorqué jusqu'à Duclair par le Colibri. Là, la grue le déleste de son vin d'Algérie. La voie d'eaupu alors être aveuglée.

Sont nommés délégués du canton Allard, maire de Duclair, Andrieu, maire de Boscherville, Riquier, instituteur à Sainte-Marguerite.

Un cas de rage, le maire de Duclair interdit la divagation des chiens durant deux mois.

Paul Bellest a fait don de 20 pélerines pour les écoliers des hameaux isolés. On prévient que la distribution de vêtements et chaussures aux nécessiteux sera suspendue en cas d'absence à l'école, ce qui donnera lieu même à des poursuites...

Mme Isidore Deconihout, nouvelle doyenne de Duclair, meurt à son tour dans sa 90e année, remplacée par la veuve Tétard, 84 ans, et le père Maresquier, 89.

A Yainville, mon cousin Michel Acron abat un chien enragé. Le maire prend un arrêté.

Edouard-Pol Bellest, ancien maire de Duclair, ancien membre du bureau de bienfaisance, ancien président de la Société de secours mutuels, président honoraire et fondateur de la Société des régates, décède à 66 ans.

Tentative de vol chez Gobert, cafetier à Quevillon. Réveillé alors que l'on fracture la porte de sa cave, il tire six coups de révolver sur trois inconnus se trouvant dans sa cour. Ils s'enfuient.

Le journal Le Renseignement nous renseigne précisément sur le succès grandissant d'une nouvelle pratique: le divorce. Un jugement du 23 décembre 1902  du tribunal de Rouen nous apprend celui de Marie Séraphine Landrin, résidant à Jumièges, d'avec le sieur Blard, qui n'y habite plus. Le jugement est au profit de l'épouse.



 
Janvier 1903. — A Boscherville, on trouve chez elle le cadavre de veuve Angélique Gille, 80 ans. Mort naturelle.

A Saint-Päër, Hémard loue une grange à Mme Lenez. Il s'y rend en compagnie de deux domestiques. Et trouve la barrière close avec un cadenas. Qu'il ôte quand deux coups de fusil sont tirés d'une haie. Les chevaux s'emballent, une roue brise le poteau d'un bâtiment et se casse. Il faut dételer les bêtes pour les calmer. Alors apparaît Mme Lenez qui met Hémard en joue. Si tu bouges, tu es mort ! Les domestiques parviennent à désarmer la femme qui se couche alors devant les chevaux pour les empêcher d'avancer. Après plainte à la gendarmerie, Mme Lenez est conduite à Rouen sous l'inculpation de menaces de mort. A son arrivée, place Verdrel, elle brandit un crucifix en vociférant et suscitant un attroupement...

Souffrant, il était sans ressources ces derniers temps et craignait de finir sa vie en mendaiant. Louis Millon, natif de Saint-Paër, 70 ans, domestique chez M. Guilbert, à Tourville, se pend dans le grenier de son patron.

La grange de la veuve Duhamel, au hameau des Ifs, à Bouville, est ravagée par un incendie.
Au marché de Duclair, Alfred Harris est pincé en flagrand-délit de vol à l'étalage au détriment de Jean Lafond.

Il avait disparu depuis le 22 décembre. Le corps d'Eugène Constantin, garçon-boucher de 26 ans à La Bouille, est repêché à Boscherville.

La gribane Robert, des carrières d'Yainville, prend feu au large de Quillebeuf.

Mme Silvestre préside à une remise de galoches aux élèves nécessiteux et assidus d'Yainville.

Signe des temps. Dans la région, des messageries automobiles sont à l'essai.

Février 1903. Un jugement du 11 février 1903 scelle la séparation de biens entre Mme Ouin, demeurant à Jumièges et M. Barbey, journalier, au profit de la femme.

Des élections ont lieu à Jumièges pour trois sièges. Mutel est élu. Ballotage entre Peschard qui arrive en tête et Lafosse, Neveu, Jouvin, Valentin Lambert, Eléonor Lambert, Monguerard. Joseph Lafosse et Prosper Peschard sont élus au second.

Mars 1903. — Le calvaire d'Yville du XIVe siècle est en mauvais état et oscille dangereusement... Dans cette commune, le cadacre d'un inconnu est repêché.

A Boscherville, un ancien militaire, Gourdon, remplace Briache comme recveur des Postes.
Malvina Lequesne, épouse Boulleux, 55 ans, est retrouvée pendue dans le chambre de sa maison du Mesnil.

Emile Bénard est messager à Yainville. Un dimanche soir, vers 10h, il conduit un attelage de deux chevaux et accroche un équipage similaire à La Fontaine. Le conducteur git sous la voiture. Bénard le traîne sur le bord de la route. Et part chez les gendarmes. Seulement, quand on revient, il n'y a plus personne. Edouard Jeanne, 65 ans, cultivateur à Boscherville, a été relevé par Renaud, cavalier du 9e cuirassiers en permission, qui transporta le blessé chez lui. Touché à la tête, Jeanne succomba quelque temps après.


Henri Duclos fils, de Duclair, traverse Boscherville pour se rendre à Rouen à bicyclette. Le chien du cafetier Levasseur se jette sur la roue. Le Dr Allard constatera qu'il s'est démis l'épaule dans sa chute.

Toujours à Boscherville, Laurent fait une conférence sur la mortalité du bétail.

Avril 1903. — Le vendredi 10, à cinq heures du soir, on déplore le second accident à cet endroit à Yainville. Une automobile montée par deux commerçants de Rouen se jette à grande vitesse sur le conducteur d'un tombereau de sable se rendant à la gare pour le compte de M. Leroy. Il est légèrement blessé et le tombereau est brisé. Les commerçant proposent dassumer toutes les dépenses.

Mai 1903. — Classement des chevaux dans le canton de Duclair du 6 au 11 juin.

Juin 1903. — Tous les ans a lieu un pèlerinage du Précieux sang au Trait. Messe basse, Grand messe avec le sermon d'un curé invité enfin vêpres.

Léon Bertaut sort un livre sur l'abbaye de Jumièges avec des photographies de René Duval.

Hausse du prix de la matière première, écoulement difficile des produits manufacturés, c'est la crise cotonnière. A Villers-Ecalles, Lucien Gillon licencie ses 85 ouvriers. Quelques-uns sont repris par Prévost et Grenier et Badin.

Juillet 1903. — Le 5, la Saint-Pierre de Jumièges voit le concours de la fanfare de Duclair.

La bonne du curé de Saint-Paër, l'abbé Mauger, a été réveillée par le crépitement des flammes. La buanderie du presbytère voit sa toiture détruite par un feu de cheminée.

Le 12, la Société d'histoire naturelle d'Orival en visite à la harelle.


Cabrol et Delaporte ferment désormais leur filature le lundi. Les deux usines totalisent 340 ouvriers.

Régates de Duclair les 12 et 12. Médaille douarnière au brigadier Saintsaulieu.

Début d'incendie dans une coupe de sapins appartenant à Prat, au Mesnil.

Le 15, la Saint-Anne a lieu chez les dibitant Thuillier, à La Fontaine.

Lundi 20 juillet, vers midi, la foudre détruit le four et la grange contenant 600 tonnes de foin et des instruments aratoires chez Théodore Castel. Au coup de clairon accourent Léon Delametterie, adjoint, le curé, M. Tabouret et la famille Lepel-Cointet. Une heure et demie plus tard, le feu est éteint et les pompiers se contentent de protéger les maisons voisines. 3.000F de dégâts.

Au Trait, on volait régulièrement le linge de la veuve Blanchet. C'était le fait d'Augustine Ducastel, 19 ans, accompagnée d'un gamin de 8 ans.

26 juillet, Fête Sainte-Madeleine chez Cuffel, débitant, près de l'église d'Yainville.

Août 1903. — Escale du Félix-Faure à Port-Jumièges le 6 pour une visite de l'abbaye par le congrès nationale des sociétés de Géographie.

Saint-Laurent le 9 organisée par Deshayes das l'avenue du château du Taillis.

L'abbé Carpentier, vicaire d'Oissel, est nommé au Mesnil en remplacement de Chauvin nommé à Bliquetuit.

Médaille du travail à Villers-Ecalles chez Badin et fils pour Delabarre, surveillant, Aubrée, ajusteur...

Septembre 1903. — Voilà que l'on fête la Sainte-Croix à Yainville, ça se passe le 13, chez Bénard, avec courses vélocypédiques cantonlales, à 3h, le soir, à la chûte  du jour bal suivi d'une séance de phonographe.

Octobre 1903. Saint-Paër : Roux, inspecteur des finances à Paris, meurt le 3 au château des Vieux.

A Sainte-Marguerite, une grange appartenant à Thuillier est détruite par un incendie. Un jeune garçon sera dans le mois grièvement blessé par un animal domestique. Il est soigné par Chivé.

Le 13, au Trait, dans une prairie face à la cale du bac de La Mailleraye, le cheval de Bocquet est poignardé en plen cœur. On vole trois dindes chez la dame Autin, deux sont retrouvées chez son voisin. On retrouve le cops de Monique Chevalier, 69 ans, dans sa citerne.
Raoul Levillain, 39 ans, vannier au Mesnil, est retrouvé pendu dans l'étable attenante à son habitation.

Un mendiant profère des menaces de mort chez Mme Silvestre, à Duclair. Il est arrêté.

Un braconnier agresse le garde particulier de Max de Joigny.

Au marché de Duclair, la perception des droits de place va pour cinq ans à une Marseillais, Henri Charve.

Novembre 1903. — En voulant dégager son fouet, le jeune Leroy, du Trait, est culbuté. Une route de sa voiture en bois lui roule sur les jambes. Soins du Dr Chivé.

A Jumièges, on s'est introduit chez N... en cassant un carreau pour lui voler une montre et sa chaîne en or ainsi qu'une somme de 50F.


Décembre 1903. — A Saint-Paër, Jules Frédéric Bigot, conseiller municipal, chevalier du Mérite agricole, succombe à la maladie.

Le soir de Noël, Léon Emile Desanneaux, ouvrier de filature de 26 ans à Varengeville, est réprimandé par sa femme qui lui reproche de top boire. "Je m'en vas boire un coup avec Golle. C'est aujourd'hui le jour de Noël. Tu t'en souviendras !" Chez son beau-frère, il demande une corde, ce que Golle lui refuse. A 7h du matin, Delphin Marecht aperçoit son corps se balançant à un arbre au bord de la route du Paulu à Saint-Paër. Décroché, son asphyxie est hélas dépassée. Sa femme l'aura cherché toute la nuit.



Janvier 1904. —  A Saint-Paul, on retrouve Emilienne Deconihout, veuve de Louis Baville, 68 ans, pendue à son cerisier.

Alphonse Perdrix, 55 ans, rentier, est retrouvé pendu à Barneville, de l’aut’ côté d’l’iau. Le Dr Texier constate le décès. Dans la même commune, Antoine Coignard, journalier 81 ans, se pend aussi dans la grande cheminée de sa cuisine. Il est retrouvé par son fils.

Louis Cotelle, du Trait, pêche le premier saumon de l'année.

Au Trait, des vêtements sont retrouvés près du phare. Ils correspondent à ceux d'un homme roux aperçu rôdant dans la commune et ne semblant pas en possession de toutes ses facultés.

Au marché de Duclair, Suzanne Cahagne, 16 ans, du Trait, se fait arrêter pour le vol de vêtements et de chaussures. Au service de Delamare, elle sera remise à ses parents à Norville après avoir été présentée au parquet.

Muette depuis longtemps la grosse cloche de Sainte-Marguerite, qui avait une fêlure, est brasée à Montargis par le fondeur Chambon. On est ravi de l'entendre répondre à ses deux consœurs...

Février 1904. —  Le Dr Allard, maire, nommé suppléant du juge de paix de Duclair.

Il lance aussi une souscription en faveur des sinistrés d'Aslesund, Norvège. Touché, Mustad y va de son obole et dote les pompiers et le bureau de bienfaisance de la commune. La société de Secours mutuels de Duclair est présidée par Obéron, Roussel est vice-président, Emery, trésorier, Dubosc, secrétaire, Guéroult, Vallet, Bien Lecanu et Marget administrateurs.

Le 8 un certain Vincent, 42 ans, journalier d'Heurteauville, part avec une barque de location pour se rendre à Norville en compagnie de son fils âgé de 12 ans. On ne les revit jamais.

Le 14, nouveau feu de joie avec 600 bourrées allumées par une jeune fille. suivi d'un bal.

16 poules sont volées chez Leclerc à Sainte-Marguerite. Deux marniers de Carville sont soupçonnés.


Promotion pour Colignon, receveur des douanes à Duclair. Désert, commis greffier est nommé au cabinet de Deligne, juge d'instruction à Rouen.

Arrestation de l'instituteur d'Yainville pour abus de confiance.

Mars 1904. — Chaque année à Sainte-Marguerite a lieu le pèlerinage à saint Benoît.

Cléret, rentier de 61 ans à Port-Jumièges, glisse et tombe dans la Seine d'une hauteur de 5m sur des pierres. Entendant ses cris, Persil le tire de là et le transporte chez lui en voiture. Deux côtes cassées, constate le médecin...

Le remorqueur Hermine descend la Seine à destination de Quillebeuf, traînant trois chalands. La péniche à l'arrière du train vient à heurter le trois-mâts Cap-Race, de retour de Buenos-Aires, chargé de grain et faisant escale à 200 m du feu d'Yainville. Lourdement chargée de ciment, la péniche Le bienfaiteur-d'un-mère, prend eau. A bord, Jean Dagua, du Cher, et ses deux jeunes enfants. Ils sont sauvés avant que leur navire ne sombre à 14 m de profondeur. Dans un premier temps on ne pense pas le renflouer mais un scaphandrier viendra à Yainville examiner favorablement l'épave. Le voilier est quant à lui très endommagé.

Dans un bâtiment sur la place du marché de Duclair servant à M. Hitté, on retrouve pendu le charretier Alphonse Gervais. Il était sans travail.

Les pickpockets continuent de sévir sur les marchés de Duclair et d'Yvetot.

Natif du Trait, sans domicile, Léon Dupré, 18 ans, est condamné à 4 mois de prison pour abus de confiance.

Avril 1904. — Arrestation de Jourdain, originaire de Pavilly, auteur notamment d'un vol de volailles à Saint-Paër

Des poules, on en vole aussi chez Mme Saussay, à Heurteauville. Le chien n'a pas aboyé. Or, un domestique de la maison est allé chez la soeur Saussay à Hauville. Vol de volaille aussi chez le débitant Cléret

L'abbé Bourdon est nommé chapelain de la Fontaine.

Mai 1904. — Un livreur de café passe la nuit chez Besnier, débitant à Saint-Paër. Et part sans payer le lendemain matin après avoir fini son chocolat.

L'Emile I
, des carrières d'Yainville, est coulé par un vapeur anglais.


A Duclair, on a volé des effets chez les Quiédeville. On pense à leur nièce, Berthe, 21 ans...

A Varengeville, chez Mentier, on a volé de l'argent caché dans la literie. C'est Colignon, ouvrier briquetier, vu alors qu'il escaladait la fenêtre.


Juin 1904. Le 7, ce sont les fêtes normandes à Rouen. La matinée et une partie de l'après-midi sont consacrées à une excursion à Jumièges. Les membres du comité et leurs invités se sont embarqués, à huit heures du matin, au quai de la Bourse, sur le vapeur Félix-Faune, qui s'est bientôt mis en marche pour son lieu de destination. La visite des ruines de la célèbre abbaye, chantée par Victor Hugo et qui fut fondée au douzième siècle (sic !) par saint Philbert, et du musée lapidaire, ont vivement intéressé nos hôtes, qui étaient de retour à Rouen dans l'après-midi. Le comité avait par ailleurs prévu ce même 10 juin, une course en canot automobile de Rouen à Jumièges et retour avec le concours du fameux journal L'Auto.

A Anneville, Louis Poulain s'était fait voler de l'argent. Il se décide à porter plainte, apprenant qu'un jeune vient de changer une des pièves d'or qui lui a été volées.

Peschard, le notaire de Jumièges, perd sa femme.

Contestée, l'élection de Delaporte au conseil de Varengeville est validé. Charles Pigache est maire, Josachim Dumont adjoint.

Une souscription est ouverte pour l'achat d'une bannière en faveur de la fanfare de Duclair

Anneville. Bellest veut retourner en barque à Duclair. Il relève sa chaine. Et pousse un cri d'effroi. le cadavre d'une femme est pris dans la chaine. Il court chercher le maire. Qui prévient les gendarmes. L'enquête révèle qu'à l'aller, Bellest, en raison du courant, avait dû aborder dans la cour de Mme Pierrot Lamy. Celle-ci emprunta la barque pour aller faire des courses à Duclair. A son retour, elle se noya.

Disparition de Joseph Persil, batelier, 33 ans, à Heurteauville. Ivre, il rentra chez lui, dormit jusqu'à 10h puis se releva, demanda en vain de l'argent à sa femme, s'empara d'une pièce de 20F dans un buffet puis sortit. On a vu au Malaquis se barque où se trouvait sa casquette.
 
 

Juillet 1904. —  Au Trait, un marchand de primeurs du Havre, Ortiz, trompé par l'obscurité, s'échoue sur la berge. Il est secouru par les ouvriers agricoles de M. Bocquet alors qu'il avait déjà de l'eau jusqu'aux épaules.

A Duclair, le soir du 10 juillet, Alphonse Levitre arrive à Duclair en voiture quand il voit le journalier Albert Maurice, portant une caisse de bouteilles. Maurice demanda au conducteur de le conduire au café de la Roche. Là, une automobile conduite par un ingénieur parisien arrive et percute Maurice. Il sera transporté à l'hôtel-dieu avec une fracture de la jambe.

Ozanne, "victime de l'alcoolisme et de la politique" est interné aux Quatre-Mares. Il y mourra peu après...

Jumièges : Armandine Thuillier, veuve Chrétien, 67 ans, avait été internée à Saint-Yon et manifestait des idées suicidaires. Elle se jette dans sa citerne.

Cuffel organisa la Sainte-Madeleine à Yainville.

Anneville : Pierre Quesnel, 61 ans, cueille des cerises dans sa cour, perd l'équilibre, se défonce les côtes et l'estomac. Il expire le soir même.
Ancien instituteur de Jumièges nommé à Saint-Aubin-Celleville, Tabouret reçoit un prix pour son action auprès des enfants assistés.
Le Ferdinand A, basé à Rouen, part en Angleterre subir des réparations. Au travers du Trait, le mousse Rollin, natif de Caudebec, tombe dans la Seine en jetant des épluchures à l'eau. Personne ne s'en rend compte sur le coup. Lui, sait nager et on vient le récupérer. Confié au syndic de Villequier, il regagne Rouen. Les armateurs l'enverront tout de même en Angleterre.
Hanton, de Sainte-Marguerite, est ordonné sous-diacre.
Tojours la Sainte-Anne à La Fontaine chez le débitant Thuillier.
Natif d'Anneville, le chiffonier Généreux Amédée Tolmer, accusé d'avoir poignardé sa femme à Servaville. Ivrogne, souvent oisif, Tolmer avait déjà été condamné pour violences. Perpétuité. Il s'évadera le 2 avril 1905.
Le chef de gare d'Yainville, Chinard, reçoit la médaille d'honneur des anciens ouvriers.
Henri Lévesque, 29 ans, journalier à Heurteauville, condamné à un mois de prison pour délit forestier.
Le 31,
le Dr Maillard est réélu conseiller général du canton. Sans concurrent... Quelques voix se portent cependant sur le Dr Allard.

Août 1904. —  La compagnie de navigation organise une excursion le 7 à Caudebec avec escale à Jumièges.

Un employé de Beaudelin, Georges Cocher, 43 ans, décharge une voiture. Il a la main écrasée en refermant le panneau arrière d'une voiture.

A Port-Jumièges, le douanier Thuillier reçoit la médaille militaire. A Jumièges, le Mérite agricole pour Joachim Michel Neveu, trésorier de l'assurance contre la mortalité du bétail, vice président de l'union syndicale des sociétés d'assurance.

Varengeville : l'instituteur Heurteault est lauréat de l'almanach Vermot.

Mérite agricole au maire de Villers-Ecalles, Patient Préaux.

Septembre 1904. —  Accident aux chantiers Frébourg.

A Duclair, Raymond Dubosc, 14 ans, tombe du quai. Par trois fois il réapparait à la surface. Le garde-champêtre appelle au secours. Personne n'ose s'y risquer, à l'exception de René Buquet, 14 ans lui aussi, qui sauve son camarade de classe.

Mort mystérieuse au Sablon. C'est l'affaire Barbey, conseiller municipal.

Octobre 1904. —  Mme Héricher revient du marché de Duclair avec un tombereau de patates. Au Paulu, un enfant, le petit Fouquet, 6 ans, tombe à  la renverse. La conductrice surveillant d'autres enfants, ne voit pas venir l'accident. Elle écrase la tête du gamin.  Ses blessures sont gravissimes mais le Dr Allard ne désespère pas de le sauver.

A Duclair, Louis Bellet est fier de déclarer son douzième enfant. Emile Barbey est aperçu au marché de Duclair. Libre. En attendant son procès...

A Duclair, une voiture conduite par un Rouennais défonce la devanture d'articles pour fumeurs chez Trevet, place du marché.

Mort de l'abbé Duchesne, curé de Villers-Ecalles.

Novembre 1904. — Toujours de vol à la tire au marché de Duclair. Mlle Hautot, de Sainte-Marguerite, se fait délester de son porte-monnaie. Heureusement, c'était en fin d'achats. 

Journalier, Jules Orange est retrouvé sans vie à une vingtaine de la chambre du premier qu'il partageait avec le fils de la maison. Sans doute le froid, estime le Dr Chatel. 

Au Trait, M. et Mme Auguste Cordier fêtent leurs noces d'or.

Dans la nuit du 22 au 23, à 2h du matin, la ferme Deconihout est en feu, près de l'abbaye. Bottes d'avoine et de paille alimentent le foyer dans une grange. Le fermier coupe les longes de ses vaches et les chasse dans la cour avant de donner l'alarme au bourg. La pompe est sortie avec célérité et aménée au galop d'un cheval pour être mise en batterie. Une chaîne humaine d'organise très vite. Après deux heures, le feu cède du terrrain et l'habitation voisine est préservée. Le propriétaire, Emile Danger, est assuré, pas le fermier qui perd plusieurs milliers de francs en récoltes et mobilier...

Rétablissement du passage Mesnil-Yville avec concession pour cinq ans à Alexandre Lefebvre.

Décembre 1904. — Un individu se présente chez Luce, l'horloger de Duclair, pour lui vendre une alliance. Refus. Un jour, à Guerbaville, Luce reconnait son vendeur, Louis Pelage, un journalier. Quant à la bague, elle a été volée à Mme Varin, la bouchère du cru. Pelage nie farouchement. Un mois de prison.

Parmi les ordinations de Noël, l'abbé Georges Hauton, diacre, de Sainte-Marguerite.

Henri Falaise, 19 ans, ouvrier serrurier chez Vallet, place du marché, décharge une grille de fer de 500 kg, rue des Moulins. Quand elle lui tombe dessus. Il est dégagé aussitôt par son collègue, Frezer et du messager Durosay. Il souffre des reins et de viscères mais le Dr Allard se veut rassurant.



Janvier 1905. —   Le 1er janvier, le passage de Saint-Georges à Bardouville est rétabli.
Le jeudi 5, disparition à Canteleu de Léon Prat, propriétaire de la forêt de Jumièges, emporté à 67 ans par un anévrisme.

Samedi 7 janvier. Incendie dans l'entrepôt de la veuve Neveu, à Jumièges, un bâtiment de 35m de long renfermant essentiellement du liquide. Deux chevaux sont sauvés, une vache meurt asphyxiée. Une octogénaire dont la maison est léchée par les flammes ne doit son salut qu'a un boulanger Coignard qui a déjà sauvé plusieurs personnes de la noyade. Le sinistre est tel qu'il faut appeler en renfort les pompiers de Duclair dirigés vers minuit par le capitaine Lamiré. Les dégâts sont estimés à 50.000 F.

Mardi 14 janvier. Sur les quais de Duclair, les frères Catherine, minotiers à Saint-Wandrille, sont lourdement chargés de farine. Près de la cale du bac, leurs chevaux prennent peur. Le véhicule verse. Dégâts matériels. Quinze jours plus tard, les mêmes auront encore un accident de voiture en croisant un attelage à la sortie du bourg. Là, un cheval y laissera la vie.

Le 15, Sever Boutard, chevalier du Mérite agricole depuis 1896, est élevé au rang d'officier poutt 40 ans de pratique agricole, 35 de service administratif.

A la foire d'Yvetot, Crevel, cultivateur au Trait, se fait escroquer par deux individus qui lui vendent un cheval 425 F. On va trinquer. Puis Crevel est prié d'aller acherter un licol. Quand il revient, il ne retrouve qu'un canasson ne valant pas 200F.

Une femme de Varengeville allait se jeter à l'eau à La Fontaine. Aucun de ses neuf enfants ne subvenaient à ses besoins et ceux de son mari. Ce ne semble pas être un cas isolé...

Pécot, garde forestier et Vermont, garde particulier à Sainte-Marguerite surprennent le chiffonnier Saunier, 42 ans, relevant ses collets.

Vingt poules et quatre dindes manquent à l'appel dans le poulailler d'Auguste Tanquerel, au Trait, six poules et un coq dans celui d'Ernest Lefebvre. Perquisitions...

Un comité des fêtes est constitué à Duclair, présidé par Maillard, Denise et Panthou. Objectif : un festival de fanfares.

Février 1905. —  Qu'est-il arrivé à Gustave Bellele, de Saint-Paër ? 64 ans, jugé excentrique, il avait été à Duclair chez le notaire Touzé toucher une petite somme d'argent. On le retrouva le lendemain matin dans l'herbage de M. Langlois. Mort.

Nouvel incendie à Jumièges. Chez Saint-André fils, cette fois. Puis un autre chez Modeste Deconihout. L'incendiaire est arrêté.

Mars 1905. —  L'imprudence d'un fumeur. 25 hectares d'herbes, bruyères et roseaux parmi lesquels quelques bouleaux et saules sont détruits par le feu. Lieur de cotrets à Guerbabille, Arthur Martin qui coupait des joncs dans la harelle aura tenté de combattre le sinistre, appuyé par plusieurs riverains. En vain. Orange, Herpin et Saffray sont les propriétaires concernés.

Heurteauville déplore aussi deux vols. A son retour de Paris, Ambroise Cousin découvre un carreau de cassé, son révolver envolé ainsi que quelques bouteilles et autres. Même le maire, Charles Guérin, est au rang des plaignants. On lui a vidé son poulailler !

Pour la quatrième fois depuis le début de l'année, le train du soir reste en rade en gare de Caudebec. Avarie de la machine. Les voyageurs durent attendent une locomotive de secours...

Avril 1905. —  Il prit la précaution de retirer sa chaussette pour bien agir du pied sur la gachette du fusil dont il plaça le canon dans sa bouche. On retrouvera sa cervelle éparpillée jusque sur la table. A Jumièges, Ernest Martel, journalier de 31 ans, avait de fréquentes disputes avec sa femme. Elle était encore partie se réfugier avec ses cinq enfants chez ses parents. Quand les agents de l'autorité vinrent frapper chez les Martel, ils découvrirent à travers la fenêtre le corps d'Ernest allongé sur le sol, son fusil sur lui. Sever Boutard et la pauvre épouse furent avertis.

Maire de Duclair, Joseph Panthou perd sa femme de 28 ans, emportée en quelques jours par la maladie. Elle s'appelait Alice Marie Léontine Boullard.

A Varengeville, il ne vivait plus que d'aumônes et dormait dans le réduit d'une maison inhabitée. Ses forces l'abandonnaient, il avait confié à un parent sa peur de ne plus pouvoir tenir sur ses jambes. On retrouvera au Bourg-Joli le cadavres d'Emile Charles Dacher, 45 ans.

A Sainte-Marguerite, le poulailler de la veuve Ponty est nettoyé.

L'un est soldat au 39e de ligne à Rouen, l'autre au 15e de chasseurs à Châlons. Chasseurs, le mot est juste. Mais le moment mal choisi. Ces deux frères P... chassent en plaine au Mesnil où ils sont en permission. Le garde Clépoint les surprend. Pourchasse l'un d'eux jusque dans un bois-taillis. Où il trébuche et fait partir son arme qui lui transperse la cuisse droite et entaille la gauche. Aux cris du garde, on transporte le blessé chez ses parents. Là, il accuse le garde d'avoir voulu s'emparer de son arme et de faire ainsi partir le coup, version démentie par les témoins devant les gendarmes de Duclair. Le blessé est transporté à l'hôtel-dieu, lui et son frère sont poursuivis pour délit de chasse.

Mai 1905. —  Louis Lefebvre, charpentier, se rend à son travail quand, sur le chemin de halage, près du passage d'Yainville, il découvre le cadavre d'Albert Deconihout, journalier de 55 ans. la veille, c'était le marché à Duclair. Deconihout avait aidé Lechevalier à passer les voyageurs d'une rive à l'autre. Au soir, il était ivre et le passeur l'avait abandonné sur la rive, pensant qu'il regagnerait son domicile. Le Dr Pasquier, de Guerbaville, diagnostiquera une congestion alcoolique.

Panthou, le maire de Duclair, est à nouveau éprouvé. Après son épouse, il perd sa fille aînée de 18 mois, Céline Marguerite...

A Sainte-Marguerite, la dame Baudry va faire boire ses bêtes à la mare, en plaine. Elle y trouve le corps flottant d'Eugénie Frémont, veuve Dacher, octogénaire aux intentions suicidaires.

Juin 1905. —  Les 3 et 4, grande fête à Duclair. Nomination de Joseph Toquet, principal clerc d'avoué à Dieppe, comme huissier à Duclair en remplacement d'Henri Linant, démissionnaire en sa faveur.

A Sainte-Marguerite, la veuve Ferment rentre des champs et retrouve soigneusement cachée sous une marmite la clef de la maison. Seulement, dans un tiroir de son armoire, on a volé pour 400 F de monnaie, délaissant trois billets de 100F. La cultivatrice soupçonne une jeune homme venu voici peu lui demander du travail.

Le 15, pèlerinage de Saint-Onuphre à la chapelle du Mesnil-Varin, en Saint-Paër.

Juillet 1905. — Le 2 a lieu la Saint-Pierre à Jumièges. Courses de bicyclettes réservées au habitants puis aux coureurs du canton, fanfare de Duclair, bal etc. 

A Saint-Paër, Louis Onésime Grandsire, journalier de 36 ans, se fait exploser la cervelle. Sa femme le découvre en rentrant du trail.

Du 15 au 20 juillet eut lieu une régate entre Duclair et Le Havre alors qu'en début du mois eut lieu la fête nautique traditionnelle. 

A Jumièges, Caré, journalier, se noya en Seine en prenant un bain en fin de journée. Une certaine Marie Bettencourt, 24 ans, vola 79 F dans l'armoire de son patron, M. Barbet. Elle s'appellerait en réalité Tournache et aurait battu la contrée l'hiver dernier en compagnie de Ferdinand Pigné. On la recherche du côté de La Mailleraye.

Le 17, deux bataillons du 74e cantonnèrent à Hénouville et La Fontaine et deux du 39e à Varengeville.

A Heurteauville, Athanase Lemaréchal retrouva sa barrière cassée à vingt mètres de chez lui, sur le halage.

A Saint-Paul, un bâtiment de 35 m de long sur 30 de large, appartenant à Louis Onésime Fleuriette, est détruit par le feu. Voitures, boisson, 3.000 bottes de foin sont détruits. Lamiré se rend maître du sinistre sous l'œil de Denise, conseiller d'arrondissement, Becquet, juge de Paix, Allard, Goimbault, conseillers, Pigache, maire de Varengeville, les gendarmes etc. L'enquête révélera que le jeune domestique de la maison, Fernand Masson, 14 ans, a déclaré le feu en allumant une cigarette.

Trois vagabonds étrangers au pays sont arrêtés par les gendarmes de Duclair. L'un d'eux s'enfuit, se jette dans la Seine, puis reprend sa course. Il est neutralisé par un douanier alerté par les cris de la maréchaussée, le sous-brigadier Boulanger.

Le 23, Cuffel organise la Sainte-Madeleine près de l'église d'Yainville. La fête dégénère en bagarre générale.

Première messe solennelle de l'abbé Hauton, à Sainte-Marguerite. Sermon de l'abbé Jouen, aumônier du Saint-Sacrement, à Rouen.

Curieux rapports de voisinage. A Jumièges, Louise Rigault passe une partie de la journée avec la dame Ponty. S'étant rendue chez cette dernière pour y cueillir des fruits, Louise laisse sur la table les clefs de sa maison. Mme Ponty prétextant devoir s'absenter s'en empare et s'en va voler de l'argent chez la Rigault. Plainte...

Août 1905. — Lamiré, capitaine des pompiers de Duclair, est fait chevalier de la Légion d'honneur. Cérémonie...

Bardouville : Léon Vasse, Robert Capelle et Louis Perdrix jouent au bord de la Seine. Quand Perdrix veut s'emparer d'un poisson mort. Et le voilà emporté par le courant. Vasse se jette à l'eau, saisit son camarade par un chausson. Qui lui reste dans la main. En péril, il doit faire des efforts pour sortir de là. Perdrix, lui, a coulé. On retrouvera plus tard son corps. Voici deux mois, le troisième larron, Robert Capelle, avait déjà glissé sur le talus bétonné à cet endroit. Il s'en était tiré avec peine.

C'est le 15 août qu'a lieu la fête des Monts, à Duclair.

Les gendarmes verbalisent un voiture passant sur les quais de Duclair à 48 km/h. Déjà des radars ?

Des voleurs de poules et de lapins ayant opéré à Varengeville, Cantrel et Lacaille, sont jugés à Rouen. On examine aussi une affaire de subornation de témoins à Duclair.

Eugène Antoine Lecœur, prêtre auxiliaire du Sacré-Cœur à Rouen est nommé curé d'Epinay.

Au Trait, à la Neuville, une auto renverse et traine sur la route Suzanne Leboucher, 7 ans. Les deux occupants du véhicule sont expulsés au cours d'un tête-à-queue mais s'en sortent avec quelques contusions. Ce qui n'est pas le cas de la gamine qu'examinera le Dr Chivé. Nous sommes aux débuts de la circulation automobile et les mœurs nous semblent étranges. Les automobilistes auront conduit la blessée chez sa mère, versé 50 F et pris la direction de Caudebec en laissant là leur auto accidentée.

La jeune Société de tir de Duclair animée par Lamiré est renommée au plan national. Elle reçoit ce mois-ci à son stand des vétérans de la guerre de 70 venus de Barentin.

Au service de Ernest Lamy, Auguste Angot, 16 ans, était allé chercher du lait de Berville à Duclair. Quand il regagna Berville, on aperçut que le canot de son patron était vide. Son corps fut retrouvé peu après, mis sur un bachot et amené à ses parents.

Qui a vu la petite génisse  de Alexandre Caron, à Quevillon ? Il paraît qu'elle a la tête et la queue d'un bulldog.

Septembre 1905. — Dans la plaine d'Yainville, Albert Burgot, 50 ans, déplace les piquets qui délimitent la zone de chasse. Augustin Cottard, garde de M. Prat, l'interpelle. L'autre réplique par un coup de bâton en pleine figure, le sasisit par la bretelle de son fusil et le renverse. Cottard frappe à soin tour. La gendarmerie enquête.

Charles Quevilly, cultivateur à Sainte-Marguerite, est sur le marché au porcs, à Duclair, quand il constate la disparition de son porte-monnaie contenant 300F or.

Cette année, le pèlerinage de saint Côme et saint Damien, à Ambourville, est animé par les abbés Thillard, d'Yville et Fressard, de Sainte-Marguerite.

Devant Duclair, un matelot danois tombe du steamer Volmer. Coups de sirène. Arrive un navire anglais, le Vear, le bac se porte aussi au secour du naufragé qui est recueilli par les anglais et ramené à son bord devant la foule des témoins massés sur les quais.

Octobre 1905. — Grande fête des sapeurs pompiers de Duclair avec revue, tir, banquet...

Les gendarmes continuent de contrôler la vitesse sur les quais de Duclair. Pressées de voir la mascaret à Caudebec, deux automobilises sont verbalisées pour avoir roulé à 36 et 45 km/h.

Au marché, la veuve Jeanne, de Boscherville, se fait voler son porte-monnaie contenant 20F.
Guillemard, receveur de l'enregistrement, est nommé de Duclair à Mesnil-Enard.

Forêt du Trait : le garde forestier Pécot  surprend Jules et Marius Vincent, journaliers de Duclair âgés de 20 et 16 ans, visitant leurs collets sur la friche de la veuve Chéron, à la Haie-d'Yainville. Les gardes particuliers de M. Cury, Merlet et Vermont, aperçoivent Emile Ferdinand Adam, journalier de 22 ans sans domicile fixe, tendant des collets. Puis Frédéric Fleruy, 35 ans, même condition. Lui en a tendu 80 et est en possession de plusieurs lapins. PV. Les riverains de la forêt situés sur Duclair se plaignent par ailleurs des sangliers.

Aux carrières Cauvin, on déplore un blessé, Edouard Deconihout.

A Bardouville, Emile Viger, 44 ans, porte un coup de bâton à son beau-père, Jules Morin, 59 ans, blessé au Thorax. Enquête de la gendarmerie pour déterminer les responsabilités entre ces deux journaliers...

La veuve Blondel, de Barentin, se fait détrousser de son porte-monnaie contenant 85F au marché de Duclair.

Le canton compte plusieurs dispensés. Forcher, d'Heurteauville, dont le frère est mort au service, Ouin, de Jumièges, aîné d'orphelins etc.

A Heurteauville, Des outils et deux traversins ont été volés à la ferme d'Adonis Thirel.

A Jumièges, la fête des pompiers est présidée par le député Quilbeuf.

Prévost, le filateur de Villers-Ecalles, découvre au petit matin un bureau de son usine fracturé. On a volé un lot de vêtements que Prévost vendait journellement à ses ouvriers. Un poignard a lame fixe a été oublié au milieu de la pièce.

Dimanche soir 22 octobre, vers 8h et demie, Edouard Chassin sort du débit de tabac Weber à Varengeville. C'est un menuisier de 34 ans. Soudain, il est agressé par un homme qu'il n'a pas le temps de reconnaître car il s'enfuit aussitôt les coups portés. Alors qu'il rentre chez lui, Chassin est de nouveau la proie de son adversaire. Etourdi, il s'affaisse mais reconnaît cette fois Léon Augustin Dufour, ouvrier briquetier de 27 ans. Les Dr Allard est appelé. Les gendarmes aussi...

Novembre 1905. — Le dimanche 12 eut lieu un grand concours de dominos dans la grande salle du Café central, place de l'hôtel de ville, tenu par Goujon. 48 joueurs s'affrontèrent sous la présidence de Léon Lalonde, le propriétaire de l'hôtel de la Marine à Caudebec. Le concours fut remporté par un gendarme retraité de Duclair, Léon Lecanu devant ... un Norvégien ! Des concours de ce genre existaient déjà à Auzebosc et Caudebec.

Qu'est-il arrivé à Hyacinthe Blarre, 72 ans, hameau du Genetay à Boscherville ?  Il était sorti comme tous les matins pour vaquer à ses occupations. Son fils retrouva sa casquette flottant dans la citerne. Son père s'était noyé.

Décembre 1905. — L'abbé Dupré, d'Heurteauville, est nommé à Beaurepaire, il est remplacé par l'abbé Brocard, venant de Beaurepaire.

Le vautrait de Bardin est en forêt du Trait. A la Haye-d'Yainville, sur le terrain de Bénard, près de la ligne de chemin de fer, a lieu la curée d'un cerf dix cors.

Albert Eugène Burgot, 24 ans, cultivateur à Jumièges est inventif. Il a mis au point un moulinet fixé sur un trou et dissimulé par une légère couche de terre. Quand les lapins passent dessus, ils sont capturés. La gendarmerie vient saisir l'engin...

Marin à Anneville, Léon Agnès tombe à Guerbaville sur Albert Bréant, journalier du Trait, qui décharge un bateau. Il l'agresse. Aux gendarmes, Agnès expliquera qu'il était ivre et que Bréant lui avait pris son emploi.

L'affaire bouleverse tout le canton. Au hameau d'Elondettes, à Saint-Paër, le sieur Lerebours réservait le plus mauvais traitement aux trois enfants nés de son premier lit tandis que celui du second, une petite fille, avait tous les égards. Les gamins étaient privés de soins, de nourriture et dormaient sur la paille avec de vieux sacs pour couvertures. Le juge Becquet et le conseiller Chéron se rendirent sur place et l'on entendit de nombreux témoins avant de saisir le Procureur.

Des fouilles à l'abbaye de Jumièges auront été opérées au cours de l'année 1905 par Roger Martin du Gard, logé chez le peintre Maurice Ray, à Yainville. Les assises du transept et du chœur de Notre-Dame sont dégagées.

Des champs d'expérience sur avoine auront eu lieu à Berville. Coruble, l'instituteur, en fera le rapport.


Janvier 1906. — Dans la nuit noire et venteuse de la Saint-Sylvestre, un inconnu s'introduit dans la cour d'Henri Simon, journalier à Sainte-Marguerite, fait sauter le cadenas du poulailler et emporte quatre poules et un coq.

Le mardi 2, du vapeur Anjou, 700 balles de coton sont débarquées à Duclair pour Badin.

Le même jour, un ouvrier carrier, Alphonse Pellandrin, déclare aux gendarmes de Duclair le vol d'outils dans la carrière où il travaille à Varengeville.

Le mercredi 3, Ponty, 26 ans, frappeur chez Mustad, a la main blessée par une barre d'acier. Allard le soigne et préconise quinze jours d'arrêt.

Le même jour, à Varengeville, les gendarmes aperçoivent deux silhouettes qui, en lisière de forêt, semblent vouloir se cacher. Ils font appel au garde Martin et un homme qui passaient par là et tous quatre parviennent à cerner les deux braconniers au coin du petit bois. Albert Edouard Golle, journalier sans domicile fixe, 24 ans, est porteur d'un furet et de 12 bourses à lapins. Jules Alfred Descharrois, 19 ans, a 10 bourses et 26 collets appartenant à Golle. Ce dernier, sous le coup d'une contrainte par corps depuis septembre, est arrêté.

A Heurteauville, Mme Thirel sort traire ses vaches à 6h du matin. Quand elle rentre, son fusil à piston a disparu...

L'enquête se poursuit concernant la maltraitance des enfants d'Elondettes, confiés à l'Assistance publique. Un juge d'instruction, les gendarmes, complètent les investigations du juge de Paix. L'enfant du second lit, Suzanne Lerebours, est confiée à son grand-père maternel, Théodule Quevilly.

Le Flandria débarque grande quantité de fer pour Mustad.

Sur le bac, les gendarmes remarquent un militaire mal à l'aise. Charles Adrien Hurel, 21 ans, soldat au 39e de ligne à Rouen, a en effet fait le mur. Il est arrêté.

Employé chez Pigache, à Varengeville, Léon Quibel, 58 ans, se blesse avec un morceau de verre sur un chantier de Duclair. Le Dr Chatel ne se prononce pas encore sur la gravité des blessures.

Cantonnier à Saint-Paër, Charles Brunet était traîné en correctionnelle pour violence envers sa femme. Celle-ci, plaide-t-il, a abandonné le foyer conjugal avec ses cinq enfants. Il est acquitté.

Polémique au sujet de l'école de Jumièges.

Février 1906. — L'affaire d'Elondettes arrive en correctionnelle avec la comparution de la femme Lerebours, présentée comme indigente et alcoolique. Les trois enfants, révèlent l'enquête, étaient vêtus de haillons, dénutris, couchés sur la paille, parmi leurs excrément et portant des traces de coups. Les voisins entendaient parfois leurs cris et s'étaient émus de leur sort. A 5h du matin, la marâtre les envoyait nus pieds dans la gelée chercher du maquer à lapins. Son propre enfant, une petite fille âgée de 2 ans, était en revanche choyée. Au procès, on entendit le Dr Allard, qui examina les enfants et les époux Hémard, préoccupés de leur sort. 

Alphonse Hémard était un gros agriculteur ayant plusieurs domestiques, dont Victor Quevilly 77 ans. Les Roger, grands-parents maternels des trois petits martyrs, ont déjà à leur charge cinq orphelins. Ils ne demandent pas mieux que d'accuillir ces trois enfants, encore faut-il les aider. A voir entre l'Assistance et les Roger. Julia Quevilly, la mauvaise femme, écoppa de quatre mois de prison. Pas son mari qui n'eut nulle condamnation et que l'on retrouvera mobilisé en 14. Il finira par divorcer en février 1916. Chacun se remariera de son côté. La fille du second lit, Suzanne, est décédée le 16 mars 1968 à Grugny, commune connue pour son asile départemental.

Un aigle fut tué à La Fontaine par un Rouennais, André long, l'un des meilleurs chasseurs de France. Gadeau de Kerville examina ce rapace de 2,14 m d'envergure. Il plânait là depuis quelques jours et avait dû essuyer une cinquantaine de coups de fusil.

L'équipage Prat-Cauvin traque le sanglier en forêts de Jumièges et du Trait. Un jour on tue une laie qui a traversé la Seine jusqu'à Yville. Un autre, c'est un ragot qui se précipite de la falaise pour tomber dans la propriété Baville, à Saint-Paul. La journée s'achève devant l'hôtel Denise à grands renforts de cors de chasse sur fond de feu de paille.

Un matin, Félix Cadinot quitte sa ferme du Sablon. Un inconnu brise le carreau de sa chambre, vide l'armoire de son linge, jette une montre sous le lit. Une dame Guéroult verra un homme à l'aspect de maquignon quitter la maison. Les gendarmes enquêtent. On pense que notre homme est parti pour l'Eure...

Le Steamer Flandria, capitaine Dahlgren, ramène de Gothembourg 300 tonnes de fer pour Mustad.

Mars 1906. —  En forêt du Trait, le vautrait Prat-Cauvin a tué son 25e sanglier dans le déplacement de Duclair. Les cerfs ne sont pas épargnés. L'équipage Bardin en tue un non loin de la mare aux loups, près la route d'Yainville à Sainte-Marguerite. Puis un dix cors un autre jour. Lors d'une troisième battue, le cerf poursuivi disparaît en Seine. Enfin on en pourchasse un jusque dans le bourg de Saint-Wandrille.

René Bucquet n'en finit pas d'être récompensé pour le sauvetage du jeune Dubosc en avril 1905. Médaille de bronze...

Avril 1906. — Passages de grades chez les pompiers de Duclair. Mme Silvestre est promue déléguée cantonale. La gelée compromet la récolte des premiers fruits tendres. 

A Varengeville, Louis Désiré Mesanguel soigne un cheval acquis voici peu. Qui soudain lui assène un coup de pied à l'abdomen. Le Dr Allard ne pourra pas le sauver. 

Henri Denise perd son beau-père, Ferdinand Joseph Siméon, mort à Berville à 78 ans.

La foire de Pâques aura été ensoleillée à Duclair avec ses attractions foraines. Une voiture est verbalisée à 40 km/h sur les quais. 

La veuve Montaigne, du hameau de Saint-Gilles, à Varengeville, avait un beau poulailler. Avait...

La maison de la veuve Jules Couturier n'est plus qu'un tas de cendre à Yville. Réveillé par la détonation d'un fusil dans le hangar qui a pris feu, le fils Couturier a donné l'alerte. Seuls les meubles du rez-de-chaussée ont pu être sauvés. Pas les engins de pêche du fils, ni les outils de culture de la mère. Les bâtiments appartiennent à Couvreur, ancien instituteur.

Né à Sainte-Marguerite, le gendarme Louis Alexandre Dabencourt s'est distingué dans la répression des grévistes du Nord. Médaille militaire. Quand la Société de Secours mutuels de réunit, les jeunes du patro offre des saynètes : Une bonne farce et La consigne est de ronfler sont au programme...

On débarque 200 tonnes de fer du vapeur suédois Normandie pour Mustad

Mai 1906. — Un mercredi, quatre fillette après la classe regagnent le hameau de Saint-Paul. Au lieu de prendre la route de Caudebec, elles empruntent le halage. Tentées par les petits poisons de la Seine, elles descendent la cale face à la propriété Silvestre. Eugénie Joséphine Landrin se penche, perd l'équilibre et tombe en Seine. Aux cris des enfants, plusieurs personnes accourent. Dont René Buquet, jeune sauveteur de 14 ans. Qui plonge et replonge en compagnie d'un autre. Inutilement... Le cadavre de la pauvre enfant qui n'avait que 9 ans fut repêché 200 m plus loin après trois heures de recherches. Veuve, ouvrière chez Mustad, Mme Eugène Louis Landrin fut prévenue avec tout le ménagement qui s'imposait.

A Jumièges, Louis Martin, un journalier, agresse à coups de bâton le charpentier Fernand Lepareux qui se rendait à son chantier à Yainville. Il était 5 h du matin. Lepareux s'étant réfugié dans la cour de Cadinot, l'agresseur lâcha prise. Aux gendarmes, Martin reconnaît les faits attribués à une vengence électorale. Mais est-ce le bon prénom. On connaît les frasques de Jules Martin, 

Chargée de briques, la péniche L'idée est amarrée au quai de Duclair. Quand explose son moteur à pétrole. Les 600 litres de carburant propagent l'incendie. Le patron Duchemin, 38 ans, sa femme, un matelot et une domestique peuvent se sauver. Mais Duchemin est gravement brûlé aux mains. Mobilier, argent sont épargnés grâce à l'intervention de nombreuses personnes, comme Frébourg, charpentier de navire et son personnel. La péniche est alors tirée du quai de débarquement pour ne pas communiquer l'incendie aux structures. Les pompiers commandés par Lamiré et Mustad mettent leurs pompes en action sous l'œil du juge de Paix et des gendarmes, Denise et la plupart des conseillers municipaux ainsi que Jacquemin, sous-ingénieur des Ponts et Chaussées.

Un soir, Guillaume Berezaie, patron du Saint-Simon, attend son matelot d'Heurteauville pour lever l'ancre avec un chargement de bois. Quand Charles Lecomte apparaît sur le quai de La Mailleraye, Berezaie s'en va le chercher en canot puis renonce, Lecomte lui paraissant ivre. En mettant pied à terre, le matelot secoue le patron comme un prunier et lui déchire ses vêtement. "Si vous aviez pas 40 ans, je vous casserai la goule !" Plainte. Dépositions contradictoires. Mais un témoin confirme les dires du patron.

Juin 1906. — A Berville, Mme Moulin, nourrice, est distinguée. 
Saint-Paër est riche en fêtes en juin : pèlerinage à Saint-Onuphre à la chapelle de Mesnil-Varin, pèlerinage à saint Antoine de Padoue à l'église, assemblée du Saint-Sacrement chez Boullefort.

Juillet 1906. — Avec la séparation de l'Eglise et de l'Etat et les directives préfectorales, les maires de petites communes se trouvent souvent très embarrassés, tel celui de Mesnil-sous-Jumièges, qui adresse une véritable supplique : «Je voudrais, M. le Préfet, pouvoir sortir de ce dilemme le plus tôt possible afin de ne pas paraître plus longtemps ridicule...» 

Mme Charles Mallet ne vit plus avec son mari qu'en hiver. Elle est occupée dans un champ de haricots à Heurteauville quand son mari vient la menacer de mort. Ce qu'il niera mais les témoins le contredisent. 

Heurteauville encore, on apprend la mort à Bonsecours de l'ancien curé de la paroisse, l'abbé Boulanger. 

Deux paysans du canton, Raoul Lefebvre, de Saint-Paër et Quesne, de Berville, récoltent les prix à Maromme.

Jules Emile Lefebvre, bûcheron de 19 ans à Sainte-Marguerite, est condamné pour coups.
Le 22 juillet, l'assemblée de Sainte-Marguerite et la Sainte-Madeleine d'Yainville sont en compétion,
l'une dans la cour de Louvet, l'autre chez Cuffel.

A Heurteauville, Stanislas Lefebvre se fait voler ses artichauts. 

A Duclair, un enfant jette de petites cartes à l'eau. Parmi ses camarades, Henri Ponty, 5 ans, veut les rattraper, et le voilà entraîné par le courant. Henri Lépron, 11 ans, saute dans une barque et rattrape le naufragé.

Le 27, vers 10 heures du matin, le vapeur Hippolyte-Worms s'échoua sur la rive gauche du chenal, près du passage d'eau de Mesnil-sous-Jumièges ; s'étant renfloué par ses propres moyens et sans avaries apparentes, à l'arrivée du flot, il se remit en marche vers 2 heures après-midi.

Au Trait, le feu se déclare dans l'écurie d'Alphonse Lebourgeois, une chaumière de 30 m de long appartenant à Bocquet père. Tout brûle : le bâtiment, un porc, du foin... 

Août 1906. — 50 km/h ! Encore un PV sur les quais de Duclair.

Delphin Cabut, 73 ans, tombe de son échelle en cueillant des fruits au Passage de Jumièges. Colonne vertébrale brisée, il décède peu après. Il était sergent-major chez les pompiers.

A la fête des Monts, le 15 août au Vaurouy, des jeunes renversent poteaux, oriflammes, lanternes...

Au Trait, les gardes Merlet et Vermont obtiennent une prime de rendement pour leur action contre les braconniers.

Septembre 1906. Rien ne va plus chez les pompiers de Duclair. Capitaine de la compagnie, conseiller municipal, président de la société de tir la Sentinelle, Alexandre Lamiré démissionne le 1er septembre avec le lieutenant Albert Lemarchand, le sergent-major Achille Lécuyer et le sergent-fourrier Adolphe Falaise. Lamrié avait été reçu la légion d'honneur le 3 août 1905 en qualité de capitaine de réserve du 39e d'Infanterie. Quand Lamiré démissionne, le sergent Georges Vespier vient dêtre nommé sous-lieutenant. Les raisons de cette démission? Le refus du préfet d'accepter les candidats présentés.

A Sainte-Marguerite, poursuivi pour délit de chasse, Alexandre Langanay, 61 ans, se tire un coup de fusil dans la rête. Constat du Dr Chatel.

Dans huit jours le mardi 18 septembre (1906) on vendra, chez un notaire de Caudebec-en-Caux, l'antique monastère de Fontenelle. Ce monastère, qui est situé dans un vallon boisé, sur le territoire do la commune de Sàint-Wandrille-Rançon., était occupé, avant la dispersion des congrégations non autorisées, par des bénédictins de Solesmes. Il y a une dizaine d'années, avant leur arrivée, on vendit, à l'hôtel des commissaires-priseurs de Rouen, le « trésor » de cette abbaye, et les vieux Rouennais se souviennent d'avoir vu, à cette époque, de fort belles boiseries, des missels et de curieuses orgues portatives du quinzième siècle qui passèrent dans les mains des collectionneurs. 

On inhume à Duclair Charles Roth, vétéran des campagnes de Crimée et d'Italie. Natif d'Alsace-Lorraine, il était venu couler sa retraite à Duclair où il avait des attaches familiales.
Ches de Heyn est nommé capitaine des pompiers de Duclair et Alexandre Germont lieutenant.

Octobre 1906. Le 1er, à 16h30, un domestique fait sortir un cheval de l'écurie de l'hôtel de la Poste. Quand l'animal a un mouvement de recul et tombe dans une cave en contrectuction où travaillent trois ouvriers de l'entreprise Pigache. L'un d'eux, blessé et soigné ar le Dr Chatel, est reconduit chez lui.

Drame de l'alcoolisme à Varengeville

1er octobre 1906. (Le Petit Parisien)

Le parquet de Rouen s'est transporté au hameau de Candos, près Saint-Pierre-de-Varengeville, où un drame de l'alcoolisme a eu lieu.

Hippolyte Carré, journalier, âgé de cinquante-cinq ans, avait fait la fête, dimanche soir, avec Ernest Golle, âgé de trente-cinq ans, Gustave Bollée, vingt-huit ans, tous deux ouvriers de fabrique, et quelques amis. Vers minuit, tout le monde était ivre.
Une discussion très vive éclata entre eux pour un motif futile dans la cour d'un voisin, nommé Cavelier. Celui-ci sépara les antagonistes. Alors, Golle rentra chez lui et revint avec un fusil chargé de plomb no 7. Il était accompagné de Bollée tous deux invectivèrent Cavelier, sur lequel ils auraientcertainement tiré si sa femme ne l'avait empêché de sortir de sa maison.
Pour son malheur, Carré, lui, sortit, et voyant Golle armé, il s'élança pour lui arracher son arme. Dans la lutte, un premier coup partit qui n'atteignit personne. Le choc fit tomber Golle et, au moment où Carré allait lui arracher l'arme, l'ouvrier de fabrique lui envoya une décharge à bout portant quil'étendit raide mort, la trachée artère coupée. Les deux coupables allèrent ensuite se coucher.

La gendarmerie de Duclair, avisée par Cavelier, les a arrêtés ce matin. Après l'autopsie pratiquée par le docteur Didier, les meurtriers, qui se rejettent la faute l'un sur l'autre, ont été emmenés à Duclair.

Le 6 octobre 1906 naît Raphaël Quevilly à Saint-Paër sans qui je n'aurais pu écrire ces lignes...

Accident lors du déchargement du Flandria. Eugène Prévost, charretier chez Mustad, reçoit une masse de fer sur la jambe. Soins du Dr Allard.

Encore un crime à Varengeville. Dans la nuit du 15 au 16 octobre, un journalier éventre sa maîtresse.

Le vapeur anglais Sheldon s'échoue sur le banc de Saint-Georges.

A Saint-Paër, la maison des Sieurin, journaliers, est visitée. On a pris le soin de découper une vitre. Tout cela pour emporter une montre en argent.

Au Trait, décès d'Eugène Vallée, ancien douanier et receveur buraliste. Hommage lui est rendu.

Le 28, à Epinay, Auguste Tasserie, parti à la messe, constate en rentrant qu'un carreau a été déscellé et ses meubles fouillés. On lui a emporté un révolver 7 mm.

Novembre 1906. —  30 volailles sont volées chez la veuve Leboulenger, à Epinay. Un trou a été pratiqué dans le mur à une hauteur de 1 m.

Les pompiers de Duclair continuent leur réorganisation avant de célébrer la Sainte-Cécile. Un cercle de danse se constitue, présidé par Dubosc. Le bureau compte un Jumiégeois, Prévost.

Léon Tétard, 54 ans, était sans travail depuis des semaines. Mlle Simon l'aperçoit pendu dans le hangar du marbrier Collet, route de Caudebec, où l'homme avait travaillé quelque temps. Alerté, M. Hermal coupe la corde. On appelle le Dr. Allard. A l'hospice, Tétard reprend ses esprits.

A Saint-Paër, hameau du Bas-Mouchel, les six poules, deux coqs et trois lapins du journalier Alphonse Lattelais sont volés.

La fille Gabery, 18 ans, est condamnée pour bris de clôture à Heurteauville.

A Sainte Marguerite, où le patro donne encore un spectacle, on édite un Alamanach contenant des histoires et renseignements utiles sur la commune.

Trois affaires concernant Varengeville clôturent la session d'Assises.

Décembre 1906. — Foule considérable à Duclair pour l'adoration perpétuelle du Saint-Sacrement le dimanche 2. Le même jour, les pompiers animent la Sainte-Cécile

Gabery, chef de chantier à Heurteauville, se fait voler du bois destiné à reéparer la digue de la Seine.

Au Trait, alors qu'il traverse la forêt, le sieur Depoix, charretier de Duparc, marchand de bois à Barentin, reçoit une ruade de son cheval. Soins du Dr Allard.

Jean Darcel, maire d'Hénouville, meurt dans son appartement parisien.

Albert Uchard, 19 ans, bûcheron d'Heurteauville est condamné pour le vol d'une hache à la scierie Tertre, de Guerbaville. Son père est poursuivi pour recel. 

A Heurteauville encore, les délibérations en faveur du traitement du curé sont annulées par les préfecture.

A l'approche des fêtes, les vols se poursuivent. A Saint-Paër, hameau du Bas-Mouchel, il manque huit lapins dans le clapier de Charles Villette. Un trou a été pratiqué dans le mur. Les voleurs en revanche ne viennent pas à bout de la porte du poulailler de la veuve Morel, à Villers-Ecalles. Mais c'est le même mode opératoire et certainement la même bande qui se déplace maintenant vers le canton de Pavilly.

Alors qu'il était piqueur à Canteleu, Elie David avait épousé en 1889 Marie Constance Olympe Vauquelin, fille de rentiers jumiégeois. En décembre 1906, âgé de 42 ans, il vit depuis deux ans séparé de corps avec sa femme. Lui est à Paris, elle à Jumièges. Le 27 décembre, il vient régler la succession de sa belle-mère, Rose Olympe Lainé, veuve Vauquelin, qui vient de rendre l'âme. David fut bien reçu par sa femme qui lui fit à dîner et le quitta dans la soirée. Il alla se coucher. Vers 10 h et demie, l'ancien domestique des Vauquelin, Jules Mutel, 27 ans, se saisit d'une échelle, pénètre dans la chambre du mari et lui règle son compte. C'est que Mutel passe dans le pays pour être l'amant de Mme David. C'est à demi-nu que le mari parvient à s'enfuir. Il parviendra ainsi à la gendarmerie de Duclair pour faire constater ses blessures : pourtour des yeux violacés, joue gauche tuméfiée, blessure près de l'œil. Les gendarmes se rendent à Jumièges. Mutel reconnaît les faits mais jure ignorer la qualité de celui qu'il trouva couché dans son lit. Il accuse en revanche David de s'être emparé des cinq louis de vingt francs qui étaient cachés dans la couche. Procès verbal fut dressé contre Mutel. Quant à David, il divorça définitivement au mois de mars suivant.

La femme, le mari, l'amant...

Le 28 décembre, à 14 h 30, les gendarmes de Duclair patrouillent à Yainville. Et perçoivent une détonation venant d'un champ qui borde leur route. Ils se précipitent et interpellent un individu armé d'un fusil et qui avoue avoir tué un merle. C'est Adolphe Lefebvre, 24 ans, batelier à Yainville. Il n'a pas de permis de chasse et braconne en outre par temps de neige. PV.

En 1906, Henri Denise aura fait construire à Duclair sa norvégienne de un tonneau, le Comme tu Voudras... Elle circule encore en 1915.  Cette année-là, le Dr Chatel fait construire sa barque de plaisance du port de un tonneau, le Mischief. Il la cèdera au sous-brigadier des douanes, Fleury et elle prendra le nom de Vol au Vent.

Dans les années 1906-1907, Henry Lécuyer, le frère de lait de Maupassant, vit vraisemblablement à Jumièges après avoir épousé à Canteleu Augustine Duhamel. Il établit en effet une descendance ici à cette époque mais on perd ensuite sa trace…



Janvier 1907. — Il venait de leur offrir à boire et à manger. A Sainte-Marguerite, le cultivateur Jules Dubosc reçoit sur le pas de sa porte des coups portés par deux journaliers : Jules Pionnier, 28 ans, et Jeni Bottais, 24 ans. Plainte.

Mme Honoré, née Langevin, de Sainte-Marguerite, se voit condamnée pour emploi d'enfants à la mendicité.

A Varengeville, M. Quibel arrête un escroc tout juste sorti de prison.

Dans la nuit du 17 au 18, nouveau vol de volailles, 24 poules et un coq, au préjudice de la veuve Duval, à Saint-Paër.

René Bucquet, journalier de 17 ans à Duclair, est à l'angle des routes de Rouen et de Barentin et regarde manœuvrer le rouleau à vapeur. Soudain apparaît la voiture des minotiers de Saint-Wandrille. Il a l'habitude de suivre ces voitures comme porte-sac. Il s'élance vers le voiturier pour lui demander sa destination mais glisse et se fait rouler sur le pied. Plusieurs orteils brisés.

Février 1907. — Guérin se fait voler du bois à Heurteauville. Là, l'instituteur Moitrelle est nommé à Bosc-Guérard. Il est remplacé par Leneveu, instituteur-adjoint à Grand-Quevilly.

Le train du matin est encore resté en rade au Paulu. Si bien que les voyageurs ont raté leur correspondance. Ce n'est pas nouveau...

Le Dr Allard est promu officier de l'instruction publique, Bellard, ancien instit de Duclair officier d'Académie.

A Villers-Ecalles, voilà deux ans que la filature de jute de Lucien Guillon est à l'arrêt et livrée au pillage. On estime à 25.000 F le préjudice. 

Le 3, Alfred Héricher, gardien de l'usine, découvre que 30 m de tuyaux de cuivre ont été encore volés.

Dans une petite commune des environs de Duclair, une femme de quarante-cinq ans boit tellement qu'à son retour au logis, le mari ne trouve aucune nourriture préparée. Cette femme envoie plusieurs fois par  jour sa fillette, âgée de six ans, chercher de l'eau-de-vie chez débitant. L'enfant boit à même la bouteille le long du chemin en disant ; « Que c'est bon ! Que j'aime donc cela ! »

Bulletin de l’académie de médecine, 1907

Dimanche 10 février, à Jumièges, Madeleine Duparc alluma un feu de joie fait de mille bourrées. Mille !
Dans la soirée du 16, Contremoulin, le boucher de Duclair, termine sa tournée au Mesnil. A hauteur de la maison d'Anfry Thuillier, son cheval s'effarouche et se jette dans la Seine. Contremoulin se jeta à l'eau et pu gagner un endroit où il avait pied. De là, il pu tirer son cheval de l'eau. Quant à la voiture, il fallut attendre la marée basse...



Mars 1907. — Duclair connaît alors une polémique à propos de son presbytère. Léonide Maillard n'est pas le dernier à l'alimenter. Le Dr Allard lui donne la réplique.

La Société des Régates renouvelle son bureau. Max de Joigny président, Dr Chatel vice-président, Denise trésorier, Pellerin secrétair. Membres : Daverne, Délu, Touzé, Vidal.

On pensait que les pickpockets avaient déserté la contrée. En une seule matinée, sur le marché de Duclair, ils font au moins cinq victimes : Mme Alphonse Sehot, de La Mailleraye, Mme Anthime Damandé, de Saint-Wandrille, Mme Veuve Louis Mesanguel et Mme Eugénie Duval, de Varengeville, Mme veuve Joly de Duclair. D'autres victimes n'ont pas porté plainte.

Victor Thierry, épicier à Duclair, s'adonnait à la fabrication de chandelle dans un bâtiment appartenant à Eugène Hitté, entrepositaire, route de Varengeville.Eloigné de toute habitation, il est déjà détruit par le feu quand des flammes sont aperçues. 

Dimanche 24 mars, 20 h 30, Dominique François Blondel, journalier de 46 ans à Sainte-Marguerite, dévale un escalier. Alerté, son gendre, Langanay, le retrouve râlant. Malgré des soins, il va mourir d'une fracture du crâne. Constat du Dr Châtel.

Avril 1907. — Le Flandria apporte 100 tonnes de fer pour Mustad.

Au marché, Charles Beaucamp, de Barentin, dépose trois veaux et se rend à l'hôtel pour y remiser sa voiture. A son retrour, un veau a disparu.

Gêné par la brume, le vapeur norvégien Bayard détruit l'appontement du Touring-club de France, à Duclair. Sa gazette de mai indiquera que les services de la navigation le répareront promptement pour sauver la saison

Curé du Trait, Joseph Marie François Ouice est nommé à Manneville.

Les perceurs de murailles poursuivent leurs exploits. A Saint-Paër, quatre poules sont soustraites à Alphonse Lattelais, journalier du Bas-Mouchel.

A Sainte-Marguerite, chez Frédéric Bettencourt, 73 ans, 25 F cachés dans une cafetière du buffet sont volés ainsi qu'une montre et un pendant en or placés dans un vase.

Vol de volailles encore chez Louis Delhaye, à Epinay.

Un soir de marché, Narcisse Pascal Moulin, journalier de 38 ans à Pavilly, fait du bal au milieu d'un attroupement. Violon municipal.

Le même soir, Albert Vincent Marins, journalier de 18 ans, de Duclair, demande à être servi chez Poittevin, route de Caudebec. Refus. Jets de pierres sur la devanture.

Mai 1907. —  Les frères Maurioe, curés et historiens de la région, perdent leur père, décédé au presbytère de Sotteville.

Yvetot. — Fernaud Jauffrey, vingt-quatre ans, a été arrêté par le commissaire de police au moment où il mettait en vente sur le marché une vache qu'il avait volée dans un pré de Jumièges.

Apprenant qu'elle était enceinte, Joseph Vauclin, journalier de 25 ans à Heurteauville, rompt avec la fille Leboucher, du Trait. Celle-ci le menace paraît-il de mort s'il ne l'épouse pas. Plainte.

Le 13, revenant de la fête de Guerbaville, Séraphin Baudry, domestique à Heurteauville, est accompagné de Bouvenon et Jules Bettencourt. Ce dernier, au hameau des Douillères, cherche noise à Baudry, le frappe, lui déchire son veston et lui casse sa montre.
Edouard Monguerard, de Jumièges, est condamné pour attelage non guidé.

L'accident d'Yainville

27 mai 1907. C'est la fin de la journée. Une voiture appartenant à la maison Brillé, dont la construction venait d'être terminée au Havre, conduit le chauffeur Vestu et le mécanicien Héricher pour assister à une course de véhicules industriels. Les deux hommes reviennent au Havre quand à Yainville, en voulant éviter un chien qui gambade autour de la voiture, le conducteur Vestu percute la bête avec sa roue d'avant et entre en collision avec une charrette conduite par M. Michel, de Yainville. Bref, l'auto fait une embardée et culbute dans un fossé. Seulement, au revers de ce fossé, trois chemineaux étaient assis. Ils n'eurent pas le temps de se garer et furent littéralement fauchés par l'auto : la veuve Boulais, 59 ans, qui a eu le col du fémur fracturé, Henri Fromentin, 59 ans, côte et cheville cassées, tous deux journaliers à Villers-Ecalles et Jean-Louis Durand, d'Harfleu, qui reçut de très graves blessures au sommet du crâne. Les trois blessés furent conduits à l'hospice de Duclair où Durand succomba quelques heures après. Les mécaniciens, eux, sont indemnes.
Cet accident qui eut lieu peu après le hâteau du Taillis, au sortir de Saint-Paul, fit l'objet d'une page spéciale dans le Journal de Rouen avec des illustrations. Les autos qui tuent, un phénomène dont la presse commence à vivement s'inquiéter. Il y aura procès dans cette affaire. Le chauffeur écopera de huit jours de prison avec sursis. On lui reprochera aussi d'avoir dépassé... les 30 km/h en rase campagne !

Bunel, marchand de bestiaux au Trait, rentre de voyage et confie à sa femme un portefeuille contenant 3.700 F. Quand, le samedi, Bunel voulut se rendre au marché de Caudebec, son épouse ne trouva plus le précieux portefeuille.
Le 25 mai, la foudre tue les deux vaches d'Antoine Chrétien dans le marais communal d'Yville.


Juin 1907. —  Curé de Quiévreville, Marius Eugène Louis Roussel est nommé curé du Trait.

La Saint-Martin a lieu dans la cour de Mme Campion à Epinay.

Il avale du verre !

16 juin 1907. M. Boissel-Dombreval, juge d'instruction, confrontait, l'après-midi, un nommé Golle, de Saint-Pierre-de-Varengeville, âgé de trente-quatre ans, marié et pére de quatre enfants, braconnier fieffé, avec un nommé Decharrois et plusieurs autres témoins, au sujet d'importants vols de métaux commis à l'usine Gillon, de Villers-Ecalles. Les dépositions étant accablantes pour Golle, celui-ci sortit soudain une petite glace de sa poche, la brisa en mille morceaux et, avant qu'on pût prévoir son acte, en avala une grande partie. Golle a élé transféré à l'infirmerie de la prison Bonne-Nouvelle.

27 juin. Joseph Cottard, 69 ans, couvreur en chaume à Epinay, est sur le toit de l'écurie de M. Crel, à Saint-Paër, quand une solive lâche. Dans sa chute, Cottard se fracture le crâne. Le Dr Châtel ne pourra pas le sauver.

On lui a mutilé ses fruitiers et volé un œuf de dinde, à Heurteauville, Charles Eliot porte plainte. Heurteauville où la veuve Caron a porté plainte pour vol d'une stère de bois et d'une bande de cuivre. Henri Néel, journalier de 34 ans, avoue avoir pris le bois mais avec l'assentiment du fils Caron, ce que nie ce dernier. Quant au cuivre, la compagne de Néel, Alphonsine Leroux, s'en est emparé pour le vendre à un chiffonnier.

Juillet 1907. —  Le marché de Duclair a été bien arrosé en fin de matinée. Quand, en début d'après-midi, Victor Auguste Margas, maçon de 24 ans, veut reprendre son travail sur une maison du cru, Pigache fils, son patron, s'y oppose. Mais le jeune Varengevillais grimpe sur une échelle, tombe, et se blesse à la tête. Le Dr Châtel le soigne dans son cabinet. Quand arrive la gendarmerie, le blessé, toujours aussi , se donne en spectacle. On le conduit au violon. Procès verbal ainsi qu'au débitant.

La veuve Demarest a touché 4 F pour un préjudice subi. Elle reverse la somme au bureau de bienfaisance de Duclair.

Houzard, pêcheur à Saint-Paul, tend ses engins quand une masse informe s'échoue sur la rive. C'est un cadavre. Les gendarmes ne trouveront aucune pièces d'identité. Pour le médecin, la noyade remonte à trois semaines. Un signalement est lancé. Payant. Le frère de la victime reconnaîtra les effets décrits. Il s'agit de Jean Désiré Caroff, 26 ans, marinier au Havre, tombé d'un chaland entre Duclair et Caudebec.

Pierre Houard est berger au service depuis 30 ans du sieur Duclos, maire de Saint-Paër, agriculteur et farinier. Médaille de bronze au concours de Buchy pour les vieux serviteurs.
Temps magnifique sur les régates de Duclair.

La gendarmerie enquête... sur le vol d'une pioche à Heurteauville appartenant à M. Deshayes, d'Yvetot, propriétaire d'une tourbière dirigée par Charles Rouland.

Nous irons encore chez Cuffel fêter la Sainte-Madeleine.

Août 1907
. —  Saint-Laurent dans les allées du château du Taillis, appartenant à Lenepveu. Mlle Brunet s'occupe de tout !

L'abbé Fressard, curé de Sainte-Marguerite, est nommé à Canteleu.

Procès de l'accident d'Yainville.

Jules Lefebvre succède à Sever Boutard, démisionnaire de la mairie de Jumièges.

Décès à 86 ans de Marie Désirée Ponty, veuve de Isidore Chéron, grand-mère de Jules Touzé, notaire de Duclair. 

Décès à 72 ans de la veuve Silvestre.

Né à Varengeville, Georges Moulin, 20 ans, est sorti la veille de prison. Il entre dans une maison à Roumare pour y voler et larde de 20 coups de couteaux Mme Muguet, 79 ans, témoin de son forfait. Il aura perpète et ne survivra que deux ans au bagne.

Durant l'été 1907, un certain Marcel Proust aura visité l’abbaye de Jumièges.

Septembre 1907. —  Au Mesnil, le jeune Aubert tombe accidentellement dans la Seine. Et coule à pic.

Le 15 septembre, Cuffel et Benard, cafetiers d'Yainville, se mirent d'accord pour organiser la fête Sainte-Croix, près de l'église, une quinzaine de jours après la Sainte-Madeleine.

Charles Eliot, d'Heurteauville, n'aura plus affaire aux voleurs. Il tombe de son échelle en cueillant des fruits et meurt peu après. Il avait 38 ans. Il laisse une veuve et trois enfants.

Tranquille Emard, journalier à l'Orvason, hameau d'Epinay, rentre chez lui. Et trouve un inconnu dans sa chambre, entré en brisant les vitres et occupé à fouiller l'armoire. Lutte acharnée. Le cambrioleur tente d'étrangler Emard, lui porte des coups de pieds au ventre et parvient à s'enfuit. Le journalier crie alors à l'aide et MM. Andrieu et Pionnier, travaillant alors à proximité, se lancent à la poursuite du voleur, le rattrapent. Et le conduisent au maire. On ne trouve sur lui qu'un foulard, un mouchoir et un couteau. En attendant les gendarmes de Duclair, il est enfermé dans un réduit. Mais M. Andrieu reconnait foulard et mouchoir pour lui appartenir. Il court à sa maison, voisine de celle Emard, et découvre tous ses meubles ouverts. Des objets ont disparu. Ils seront retrouvés cachés au bord du chemin. Aux gendarmes, le cambrioleur dit s'appeler Ulyse Adolphe Sucré, originaire de Canteleu, sans domicile fixe. De la gendarmerie de Duclair, il sera transféré à Rouen. Sucré prendra 5 ans. Salé...

Villers-Ecalles : le père est à la filature, la mère aux champs. Quant aux plus jeunes enfants Stalin, ils sont au lit. L'un d'eux, renversant une lampe, communique le feu à la literie. Aux cris de l'aîné, la mère accourt, sauve le plus petit, brûlé à l'oreille, l'aîné est en revanche dans un état désespéré. Toute la maison est détruite.

Octobre 1907. —  La fièvre aphteuse sévit. Sur le marché de Duclair, plusieurs agriculteurs sont verbalisés pour défaut de certificats. Un seul est du canton : Arthur Gallien, d'Heurteauville.

Abordage près du Trait entre un remorqueur et un navire norvégien. Ses voies d'eau aveuglées, le remorqueur doit faire demi-tour et s'échouer devant Berville.

Retraité des Chemins de fer, Levée habitait une fermette appartenant à Fauvel, ancien maire d'Heurteauville. Les flammèches d'un poêle déclenchent un incendie qui détruit maison d'habitation, dépendances et la plupart du mobilier. Quand les pompiers de Jumièges traversent la Seine, le feu a fait son œuvre.

Duclair : deux bicyclettes se percutent sur les quais. Louis Capron, 20 ans, domestiques à Saint-Paër, est blessé à la tête. Roger Lefebvre, 16 ans, ouvrier jardinier, s'en tire avec des dégâts matériels.

Le 27, fête des pompiers de Jumièges.

Novembre 1907. — Dans les cimetières de la région, les plaques funéraires disparaissent. C'est le cas au Trait. Constatant cela, le gardien, Saint-Denis, fait son enquête et retrouve des plaques chez Froville, le brocanteur. Il dit les tenir d'Eugène Noël. Interrogé par les gendarmes, Noël avoue : c'est son fils Maurice, 13 ans, qui a volé.
A Jumièges, François Littré, l'hôtelier, porte plaine pour vol de 100 kg de farine d'orge et 40 kg de maïs.
Lemercier, journalier de 50 ans, se noie en chargeant un bateau à Yainville.
Le feu détruit la nuit un baraquement en planches servant d'habitation aux époux Moignac à Jumièges.
10 novembre.
Les bûcherons syndiqués de la forêt dé Roumare déclarent la grève lors d'une réunion à Saint-Pierre de Manneville. Objectif : que l'exploitation de cette forêt soit réservée aux syndiqués. Ils se rendent à Quevillon pour débaucher les ouvriers. Qui refusent de quitter le travail...
Charles Lecœur est arrêté à Sainte-Marguerite et conduit à Rouen. On ne sait pourquoi.
Qui a volé le chien d'Henri Deconihout, à Heurteauville ?

Décembre 1907. — On a retrouvé le chien de Deconihout ! Enfermé dans une grange où il n'était pas la veille. Deconihout est donc persuadé que le ravisseur a utilisé une fausse clef car la serrure est intacte.

Le 8, à 18 h 30, Alexandre Drouet, 18 ans, journalier au service de Lucas, entrepreneur de travaux publics à Duclair, pousse sur le quai un wagon de jute quand, trompé par l'obscurité, il  est tamponné par un autre wagon et blessé à l'omoplate. Soins du Dr Chatel.

A Yainville, la veuve Egret vit depuis plusieurs années en concubinage avec Gustave Lefebvre, chiffonnier. Celui-ci, déplorant l'inconduite de sa compagne, sort toutes ses affaires de la maison et l'accompagne à coups de poing jusqu'à la voie publique. Charmant ménage...

Henri Adolphe Verjot, journalier à Heurteauville, est arrêté en vertu d'une contrainte par corps.

A Villers-Ecalles, Mlle Blanche Emma Bacheley est réveillée en sursaut à 4h du matin. Un individu a cassé un carreau de la cuisine. La rentière court chercher du secours, non sans apercevoir l'inconnu debout devant la fenêtre dont il vient de briser la vitre. Après s'être vêtue chez une voisine, elle revient accompagnée de M. Tanquerel qui trouve devant la porte un morceau de bois. Mais l'homme s'est enfui. Les gendarmes découvrent son identité : Clovis Stalin, 32 ans, ouvrier de filature. Il avoue. Son excuse ? Avoir fait la fête chez un ami. Ivre, il se sera trompé de maison...

Deux vagabonds sont arrêtés à Duclair. Mlle Bejot est nommée institutrice stagiaire en remplacement de Mlle Constentin.

Médaille militaire à Cezaire Venambre, garde domanial au Trait.

Eugène Huré, cultivateur, est absent du Trait. Les cambrioleurs en profitent, cassent le carreau de la cuisine, ouvrent les meubles et repartent avec un porte-monnaie. Quelques jours auparavant, ce sont des lapins qui ont été volés à Théodule Leroux. Là, les malandrins ont écrit sur un mur à la craie : "Nous reviendrons vous rendre visite très prochainement".



Janvier 1908. — On enquête sur des incendies criminels à Bouville. Dans la nuit du 1er, la veuve Lefebvre en est victime aux Ifs.

Couvreur, instituteur honoraire, révisera les listes électorales d'Yville et Mauny.
A Bouville, on arrête Emile-Ferdinand Adam, 34 ans, journalier 30 fois condamné, craint de tous.

Le curé de Sainte-Marguerite fait une conférence sur les pèlerinages à Lourdes. C'est gratuit mais Mme Bellemanière fera la quête.

Dimanche 19 janvier, 600 fagots sont brûlés à la Seigneurie, à Anneville.
Médaille dhonneur du travail à Alphonse Dupré, chef d'équipe de la compagnie de l'Ouest en résidence au Trait.

A Duclair, Fernand Langlois, journalier de 32 ans, est arrêté pour coups à ascendants.

Le feu dans la grange d'Henri Lefebvre, lieu-dit la Planète, Sainte-Marguerite. Blé, avoine, seigle, orge sont carbonisés. La grange appartient à M. Verneuil, l'instituteur d'Hénouville.

Un nouveau receveur-buraliste à Boscherville : Vuilleminroy, de Forges.

L'Anjou
débarque de la jute pour les usines de la vallée.

Le feu détruit au Conihout le débarras d'Eléonor Lambert. 2.000 paniers neufs à fruit, 200 autres ayant déjà servi, 1.500 couvercles, 50 bottes d'écorces d'osier et différentes marchandises partent en fumée.

Plus de 100 collets tendus ! Le garde Paquet surprend un braconnier dans le bois de Saint-Clair-sur-les-Monts appartenant à M. Marescot. Il avoue s'appeler Paul Sellier, cailloutier à Varengeville. En réalité, c'est Charles Lecœur, de Sainte-Marguerite.


Mardi 28, 5h du matin, Prévost est prévenu par ses domestiques de l'incendie de sa filature. Il s'est déclaré au-dessus de la chaudière à vapeur où l'on avait déposé la veille du coton à sécher. Quand les pompes de Badin et Damilaville, le feu est déjà maîtrisé par les moyens propres à Pruvost.

Le 28, Ludovic Fauvel, journalier à Heurteauville, déplore le vol d'un lapin.

Février 1908. — Obsèques de Lelarge, 35 ans, instituteur de Bardouville. De nombreux enseignants du canton sont là

Un lundi matin, à 8h et demie, le journalier Louis Lesage passant le halage aperçoit le corps de Théodore Anquetil, pêcheur de 54 ans au Trait. Il avait passé son dimanche chez les époux Crevel. Dans ses poches, on retrouve beaucoup d'argent. C'était son habitude de garder ainsi sa fortune depuis qu'il avait été victime d'un vol.


Le navire anglais Glassalt apporte de la houille à Mustad.


Un bâtiment est détruit par le feu chez Alphonse Laugeois, charpentier à Hénouville.


Touzé, le notaire de Duclair, démissionne en faveur de Me Garrigues, formé dans le département et clerc à Paris. Joseph Toquet, huissier, pleure la mort de son père.

Sauvage agression au Trait. M. Bréant regagne tranquillement sa maison quand un des frères Leclerc, deux bûcherons de Saint-Wandrille, lui casse une bouteille vide sur la tête et s'enfuit. Oreille coupée. L'autre alors s'avance et menace Bréant de sa serpe. Les deux hommes roulent à terre.  Le Traiton crie au secours et sa femme accourt. Elle s'effondre, la joue entaillée. Des voisins la transportent chez elle et lui prodiguent les premiers soins. Le Dr Chatel viendra prendre les choses en main. En fait, les frères Leclerc s'étaient querellés dans un café avec Lefebvre, un bûcheron voisin de Bréant. Voulant se venger en l'agressant près de chez lui, ils auront confondu les deux hommes dans l'obscurité. Les frères Leclerc sont transférés à Rouen. (JdR du 8).

En descendant la Courte-Côte, Hameau du Genétais, un cheval s'emballe et pénêtre dans une propriété, renversant un mur de clôture. Le conducteur, Auvray, au service de Guibé, est projeté au sol. Nombreuses contusions.

Charles Rouland, directeur des tourbières appartenant à M. Deshayes, à Heurteauville, constate que la lanterne d'un navire mouillé en Seine a été volée.

Le curé de Sainte-Marguerite propose une nouvelle conférence : "Un voyage en Bretagne". Il y aura des vues du Léon. Le gramophone se fera entendre dans un nouveau répertoire. Mme Pionnier fera la quête.

Le 26, Ernest Gruley, journalier de 47 ans à Duclair, élague un charme de quelque 17 m au château du Taillis pour le compte de Lenepveu. Mais à peine avait-il pratiqué une entaille que le poids de son corps provoqua la rupture de la branche sur laquelle il se trouvait. Fracture du crâne. Mort instantanée. Constat du Dr Châtel. Qui doit ranimer l'épouse de Gruley tombée inanimée près du cadavre de son mari. Il laisse une orpheline de 3 ans.

La dame de charité de Duclair préparent une loterie en faveur de l'hospice. Le mois s'achève dans la hantise d'une nouvelle crue. La station des étalons de Duclair est composée de Douville, Epinal, Québec, Douillet.

A Heurteauville, Durosay accuse une famille L... de lui avoir volé une serpette le 30 décembre sur la foi du témoignage d'un enfant de cette famille. Enquête de la gendarmerie.

Mars 1908. — Duval est maire de Berville. Monguerard et Guilbert, deux de ses conseillers, sont désignés pour la réception du classement des archives municipales.

Bardouville, l'instituteur Lelarge, décédé, est remplacé par Lefebvre, de Canteleu.

La Société de secours mutuels de Yainville est présidée par Athanase Leroy, maire, vice-président : Dutas, secrétaire : Albert Colignon, trésorier : Pioli, administrateurs Acron, Constant Coquin, Delestre, Delogé, Albert Larchevêque, batelier, et Albert Prévost.

Planque remplace Delavarde à la poste de Duclair. Lefebvre, ancien magistrat consultaire est nommé juge de Paix en remplacement de Becquet.

Louis Hermal, sapeur pompier de Duclair, obtient une médaille de bronze pour avoir sauvé une enfant du feu le 17 novembre 1907 et arrêté un cheval emballé le 28.


Retour du Flandria avec un chargement de fer.

Dans la nuit du 14 au 15 mars, 20 volailles sont enlevées par effraction dans la ferme d'Auguste Bérenger, à Boscherville. Deux jours plus tôt, en passant par la fenêtre d'une laiterie restée ouverte, ont s'emparait de divers objets dans la cuisine de la veuve d'Ernest Fessard.

Le 26, une chasse à courre en forêt du Trait est menée par l'équipage Bardin qui pourchasse de Saint-Wandrille jusqu'a Sainte-Marguerite un daguet. La curée a lieu devant les invités du château du Cat-Rouge à Duclair.

Cultivateur à Jumièges, Charles Vauquelin porte plainte contre son voisin Ponty. Motif : injures et menaces de mort à l'aide d'une fusil.

Le 27, l'Artois aura apporté un chargement de jute pour les usines de la vallée.

Au Trait, dans la nuit du 28, l'immeuble occupé par le journalier Albert Lebourgeois et appartenant à la vue Rollin, de Caudebec, est détruit par un incendie.


Avril 1908. — A Mauny, Alexandre Lehalleur, charbonnier, porte plainte contre Augustin Groult pour coups et blessures. Des coups portés alors que Groult était ivre et n'ait pas été provoqué. Enquête des gendarmes de Duclair.

Le Maine
apporte un chargement de jute pour les usines de la vallée.

A Duclair, sortie des pompes et revue des pompiers le dimanche 5. Panthou félicite De Heyn. Le cinématographe Royal-Vio est annoncé pour le vendredi 17.

Marchand de bestiaux à Heurteauville, André Bunel déplore le vol d'une montre, d'un révolver et divers objets.

Mardi 14, grand marché du Mardi-Saint- à Duclair avec concours d'animaux.

A Berville, le charpentier Juste Grenier s'en retrourne chez lui quand il est attaqué à coups de bâton sur la tête par Hippolyte Naridon, 27 ans, journalier à Ambourville qui l'attendait au coin d'une route.

Un groupement cantonal du syndical agricole de la Seine-Inférieure est constitué, présidé par
Prunier père, de Duclair. (Journal de Rouen du 18 avril 1908).

Mlle Buisson est nommée institutrice stagiaire à Duclair en remplacement de Mlle Auzoux. A Sainte-Marguerite, Mme Guérin, née Seigneur, remplace Mlle Léonie David, nommée à Orival. Mlle Novillard nommée institutrice adjointe en remplacement de Marguerite David nommée aussi à Orival.

Le théâtre Flevigny s'installe pour un mois à Duclair.

La veuve Joncquais, née Contremoulins, se jette dans une mare à Blacqueville. Son mari s'était jeté dans un puits. Elle avait accouché voici dix jours de jumeaux. Elle laisse neuf enfants.

Le lundi de Pâques, 20 avril, est réhaussé par la participation des trompes de chasse du Rallye Saint-Hubert, de Maromme, à l'église de Sainte-Marguerite.

A Duclair, la foire de Pâques est une réussite malgré le froid. Elle s'achève par un bal sous les halles. Deux marchands de gâteaux venus de Rouen se disputent cependant un emplacement à coup de barre de bois.

Le 22, à l'Anerie, les gendarmes de Duclair arrêtent trois jeunes garçons sans le sou et sans domicile fixe. "Un bon coup de filet", se réjouit le Journal de Rouen.

Duclair attend Linck, l'humoriste de l'Olympia de Paris.

26 avril : le vapeur Aunis apporte de la jute pour la vallée.

Charles Lecoq, domestique de 18 ans, et le matelot Fauvel, 24, détachent des rives d'Yainville la barque de Roulland, directeur de  tourbière et vont l'amarrer rive gauche, empêchant ainsi le passage des ouvriers de la Harelle. PV pour cette mauvaise farce.

Chez Mustad, retour de manivelle. Narcisse Ponty, 57 ans, est soigné d'une blessure au bras par le Dr Allard.

A Jumièges, les gardes de Prat, Bien et Cottard, déciment près du château une vingtaine de renards.

Au marché de Duclair, Mme Molle, du Mesnil, est délestée de son porte-monnaie.

Les libéraux présenteront aux municipales de Duclair Denise, maître d'hotel, Maillard, conseiller général Léon Roussel, escompteur, Ursin Chéron, propriétaire, Léonard Léveillard, propriétaire, Louis Délu, rentier, Désiré Ménielle, propriétaire, Joseph Panthou, maire sortant, Adolphe Dubosc, entrepositaire, Adrien Goimbault, rentier, Gustave Niel, négociant Edouard Prunier, propriétaire, Emile Vallois, ancien boulanger, Lucas, entrepreneur de travaux publics, Rouas fils, farinier enfin Andrieu, négociant.

Mai 1908. — 1er mai. A Boscherville, Adolphe Tournache, 33 ans, charpentier au service de Gohé, entrepreneur de charpentes à Duclair, perd l'équilibre et son véhicule lui roule sur le corps. Blessures à la tête et au bras droit prises en charge par le Dr Chatel.

A Saint-Paër
, le 3 mai, Lecointre devance de Joigny, Vattier, Lattelais, Hémard, Duclos, Quibel, Lefebvre, Frémont, Heucher, Ferment et Bataille.
A Hénouville, Alphonse Darcel, maire sortant, arrive en tête.

Varengeville,
c'est Léon Thuillier qui recueille le plus de voix, Léon Manng le moins. Ballotage pour un siège.

De Malartic, maire sortant, en tête à Yville.

Goimbault arrive en tête à Duclair devant Leveillard, Denise, Ménielle, Maillard, Roussel, Edouard Prunier, Lechevallier, Chéron, Allard, Dubosc, Niel, Duclos et Panthou, tous élus. Deux progressistes furent élus au second tour : Délu et Lucas.
Panthou sera réélu maire de Duclair avec Denise pour adjoint.

A Jumièges, Jules Lefebvre, maire, arrive en tête avec 199 voix devant Albert Jeanne, Léon Delametterie, Pierre Gruley, Léon Lamy, Emile Gossay élus. Au second tour, Peschard fut élu avec 134 voix sur 250 votants, Louis Duparc 130, Emile Barbey et Jules Martin 126, Oscar Glatigny 117, Renault Anfry 111.

A Duclair, le 11, Duquesne, rentier, s'aperçoit qu'on lui avait volé son bachot. On lui dit que trois jeunes étrangers à la localité sont partis en direction du Mesnil. Vite il saute dans une barque et rattrape ses voleurs : Armand Goumelen, Charles Teste et Jean Martin, la quinzaine. Ils sont conduits à la gendarmerie.

Conseil de révision le jeudi 14, mairie de Duclair, 8h30, sous la présidence du préfet. Quelques jeunes gens de la classe 1906 et ceux de 1907 sont convoqués. Suivent deux banquets avec les conscrits. Il y a une table officielle à l'hôtel de ville autour du préfet et un autre repas chez Denise autour du député Quillebeuf avec une majorité de maires. Les deux groupes sont politiquement antogonistes.

Alors qu'un orage s'abat sur Duclair,
face à la Cheminée-Tournante, un marin tombe de l'arrière du chaland Aube, patron Yves Tanguy. Jacques Crenn, de l'île de Batz, est porté disparu.

Au marché de Duclair, Mme Fessard, d'Hénouville, achète un veau. S'absente un instant. Et se le fait voler. Le mardi suivant, la journalière Hurard, née Delahaye, se fera quant à elle soustraire son porte-monnaie.

Albert Lemarchand, domestique de 16 ans au service de Paul Lefrançois, du Bas-Aulnay, est blessé à la nuque par le cheval qu'il changeait d'herbage. Soins de Chatel.

Mlle Fournier est nommée institutrice stagiaire, chargée d'une classe en remplacement de Mlle Bejot.

En tournée à Hénouville, les gendarmes de Duclair sont rattrapés par une rumeur. Une jeune fille a accouché clandestinement. On l'interroge. Le 4 mai dernier, vers 16h, elle alla puiser de l'eau en Seine, se prit les pieds dans l'herbe, prise de douleurs, resta inanimée deux heures. Quant elle revint à elle, le cadavre de son bébé flottait sur l'eau. Alors elle rentre chez elle, attend l'arrivée de sa mère qui veut alors mander le médecin. Elle refuse puisque le malaise a disparu. On l'arrête. Conduite à Duclair puis à Rouen, elle est remise au juge Le Moine.

Un cadavre, on en reprêchera un à Hénouville, poussé par la marée. Mais c'est celui de Jacques Crenn, disparu le soir du 23 mai entre Duclair et Le Mesnil. C'est Alion, le domestique de Duval, qui le découvre en se rendant dans un herbage.

Le classement des chevaux et voitures a lieu du 26 mai au 6 juin dans le canton.

Le 28 les troupes du 3e escadron du train de Vernon cantonnent deux jours à Duclair chez l'habitant, soit une vingtaine d'hommes et plus encore de chevaux. Grand bal du cercle familial à Duclair le 31, ouverture du stand de tir avec participation des gymnastes de Varengeville. Le gendarme à cheval Devis nous quitte pour Argueil.

Juin 1908. — Le Cheshire apporte de la houille aux usines de la vallée.

Le 5, 7h du matin, on classe les chevaux et voitures à Yainville. L'après-midi, c'est Jumièges.

Le 6, la  jeune fille d'Hénouville arrêtée pour accouchement suspect est remise en liberté.

Le 8, fête de la Pentecôte à Heurteauville, jeux, danse, passage d'eau assuré toute la soirée.

A Bouville, le crin de la queue de 43 vaches est coupé de nuit...

Georges Stalin, journalier à Villers-Ecalles, est surpris par le domestique de Lucien Gillon, Henri Delacroix, volant du trèfle pour ses lapins.

Vendredi 12, 19h. Ancien concierge de l'hospice général de Rouen, pensionnaire chez Lefaucheur, Bea a la garde du restaurant mais s'est saoûlé. Quand le patron arrive, il court vers le quai et se jette dans la Seine. Ce que voyant, un ouvrier donne l'alerte. Helmer, directeur de Mustad plonge et rattrape le désespéré qui, hissé dans une barque est déposé sur la berge puis conduit chez Lefaucheur où le Dr Chatel lui prodigue des soins. Voici deux ans, deux Norvégiens avaient faill se noyer en portant secours à un jeune Duclairois.

Pèlerinage du précieux sang au Trait.
Foire du Saint-Sacrement à Duclair le 16. Fête du même nom le 21 à Saint-Paër dans la cour Boullefort. La Saint-Pierre de Jumièges est fêtée avec éclat. Ses courses cyclistes sont remaquées. Le Duclairois Delépine, sur bicyclette Maillard, remporte la course cantonale, Béguin, de Jumièges, sur Denesle, la communale, le Duclairois Blanchet la consolation. Celles de Saint-Paër vierent aussi Béguin se classer second devant A. Chandelier, Ch. Delamare et Angot, tous de Boscherville, Drouet de Duclair etc.

André Dubreuil, 8 ans, est monté sur la voiture de Lépron, domestique du boucher Lavandier. Quand il tombe en descendant. Une roue lui passe sur la jambe. Soins à la pharmacie Godard.

Le 25 vers 17h, André His, 16 ans, ouvrier menuisier chez Georges Vespier, scie une lame de plancher, route de Varengeville, quand il est blessé au pied par la planche.

A Bouville, Charles Lefrançois, hameau de la Rouete, se tue d'un coup de fusil.

A Boscherville, le soir du 28 juin, Eugène Lenormand, messager, faisant le service de La Mailleraye à Rouen, conduit une voiture lourdement chargée vers la capitale normande. Au sommet de la côte, il veut descendre mais, s'étant pris les pieds dans les guides, il tombe et l'une des roues lui passe sur les jambes. Passe alors à vélo Fontaine, garçon boulanger à Duclair, qui arrête l'attelage et alerte Couillard, commerçant à Canteleu. Ce dernier se rend sur les lieux et transporte la victime à l'Hôtel-Dieu.

Juillet 1908. — Le 4 et 5 juillet, temps magnifique sur les régates de Duclair.

A Boscherville, Alfred Queval, employé de l'entrepositaire Guéroult, ferme la porte d'un grenier et tombe de l'échelle. Conduit chez le Dr Allard, il s'en sort avec une fracture de la cuisse.

Les pompiers et la fanfare sont les animateurs du 14 Juillet à Duclair. Mais il pleut, ce qui contrarie les courses cycliste à Boscherville.


Cette année, c'est Bruneau, époux d'une Mainberte, qui prend le relais de Cuffel pour organiser près de l'église d'Yainville la Sainte-Madeleine.

Le 26, la Sainte-Anne à La Fontaine voit le concours des gymnastes de Varengeville.

Les gardes particuliers qui se sont distingués contre les braconniers : Martin et Naton à Varengeville, Pérouelle à Villes-Ecalles, Varin à Saint-Paër...

A l'école de Saint-Paër, Mlle Kassus, de Saint-Aubin-Colleville, remplace Mlle Marie partie pour Saint-Aubin-Routot.

A Bouville, hameau de Bellentot, l'épouse de Lasnier, septuagénaire malade, le retrouve noyé dans sa mare.

Août 1908. — Fête de Quevillon le 5 avec course, bal, illuminations.

On organisa un pèlerinage à Villers-Ecalles pour marquer les 50 ans des prétendues apparitions de Lourdes.

Le conseil de Duclair souhaite un train supplémentaire le matin.

On retrouve au Mesnil la barque du Saint-Siméon, navire de la scierie Tertre, de Guerbaville, volée voici un an. La marque a été grattée et remplacée par une autre. Enquête.

Septembre 1908. — Incendie d'une longère appartenant, au Trait, à Villeroy, ancien huissier de Duclair. On avait peu avant allumé un feu à la buanderie où la cheminée était en mauvais état.

Trois pickpokets sont enfin appréhendés sur le marché de Duclair. Ce sont trois marchands forains étrangers au pays. D'abord interrogés en mairie alors que la foule se presse de hors puis à la gendarmerie, ils avouent leurs forfaits. Deux de leurs victimes : Mme Chevalier, de Sainte-Marguerite et Mme Gest, d'Heurteauville. Un quatrière larron et une femme auraient été aperçus à leurs côtés. Ils sont conduits à Rouen, accompagnés pour leur départ par la population. Ils y récolteront un an de prison.

Heurteauville. Emile Leroux, 45 ans, décharge Le Parfait, patron François Duval. Quand il tombe à l'eau. Duval ne parvient à le repêcher qu'au bout de dix minutes. Fatales. Il laisse deux enfants.

Jules Hautot, cultivateur au Trait, achète un veau sur le marché à un habitué dont il ignore le nom. Le temps de chercher sa voiture, le veau a disparu. Mais Boudet, cultivateur de Saint-Paër, sera de bon conseil. Il raconte qu'un certain Soignet, de Norville, à vendu un veau à  Mlle Terrial, de Saint-Wandrille, après qu'elle soit rentée du marché. On va chez cette cultivatrice. C'est bien le veau volé. Soignet ira deux mois en prison.


Octobre 1908
. — Le 6, le steamer autrichien Zichy, en montant la Seine à destination de Rouen, s'est échoué sur le banc de Yainville. Il est rentré au Havre pour se faire examiner par un scaphandrier.

Revue des pompiers, à Duclair, avec le concours de la fanfare, des gymnastes de Varengeville ou encore un banquet au Cheval Noir tenu par Fauvel. Au concours de tir invités, Lambert fils et Lambert père, de Jumièges, obtiennent les deux premier prix.

On inaugure à Sainte-Marguerite une salle paroissiale. Le curé doyen de Duclair est là, honoré par les fleurs et les compliments de deux jeunes gens, Mlle Hébert et Raoul Morel. Après quoi un comique donne une heure d'un spectacle paraît-il désopilant.

Spectaculaire ! Au moment où le Dr Allard, par ailleurs conseiller municipal de Duclair, monte en automobile la cale du bac de Berville, le véhicule fait marche arrière et plonge dans la Seine. Alard sait nager et s'en tire. Mais la voiture fait panache et coule. Les employés du bac et plusieurs témoins mettront une heure à la retirer du fleuve. Allard intentera un procès à la Société du bac de Duclair.

A Villers-Ecalles, on repêche le corps d'un noyé dans l'Austreberthe. Présentant des troubles du comportement, Henri Emile Jacquot avait disparu de son domicile de Rouen.
Et les vols de lapins continuent. Cette fois chez Albert Vestu, à Port-Jumièges.

Novembre 1908. — Le Quevilly  s'échoue au Trait.

A Saint-Marguerite, plusieurs habitants du Val-Barret ont la surprise de voir des chiens ayant à la gueule des morceaux de viande. Explication : le chiffonnier J... a établi un atelier d'équarrissage sans autorisation. Plainte.

Quatre personnes de Sainte-Marguerite se rendent au marché de Duclair. Au bas de la côte d'Yvetot, en tournant vers la gare, voiture verse. On se précipite. Les quatre blessés conduits chez Maillard, conseiller général, ancien médecin. Le Dr Allard arrive. Seule Mme Rabeille présente de graves contusions à la tête.

Décembre 1908. — A Duclair, Lucas est entrepreneur de travaux publics. Mais aussi de débarquement des navires. On  débarquait de la jute du vapeur Artois quand Charles Gouget, 59 ans, fut écrasé par une balle en passant sous la grue en marche. Conduit à l'hospice, les côtes enfoncées, il mourra le lendemain matin.

En 1908
, à l'abbaye de Jumièges; la maison Baron Aîné, de Déville, aura consolidé le porche et les tribunes du grand portail et reconstruit le pignon central sous la direction de M. Ventre, l'architecte des Monuments historiques. Mme Lepel-Cointet en est la commanditaire à ses frais.



Janvier 1909. — Au Mesnil, pour inaugurer l'année, on recherche un vandale qui a mutilé 40 peupliers à coups de serpe. Mesnil ou l'abbé Carpentier, parti au Maulévrier, est remplacé par l'abbé Dudout.

Le 10, les conscrits de Jumièges organisent un feu de joie de 1.500 bourrées à 7h du soir, triége de la Fosse-Piquet, lequel est allumé par une jeune fille du pays. Bal public.


A Caudebec, Albert Martin, marchand de fruits à Jumièges, est condamné à une amende pour violences légères. Léon Déconihout et Emile Monchy, les deux d'Heurteauville, pour défaut d'éclairage, l'un de sa voiture, l'autre de sa bicylette.


Février 1909. — Offrande d'un pain bénit au Trait par les dames de la paroisse.
Léonide Maillard s'insurge contre la mise sous séquesttre des biens de l'Eglise dans le canton de Duclair.

Vols de volailles et lapins chez Mme Monchy, 59 ans, journalière à Heurteauville. Puis ce sera au tour de Stanislas Lefebvre.

Native de Villers-Ecalles, sœur Saint-Pierre est depuis 37 ans à la tête du plus important service de chirurgie des hôpitaux, à Rouen.

Le curé de Sainte-Marguerite a un accident de bicyclette. Malgré tout, il prévient que la fête religieuse prévue ce mois-ci aura bien lieu, présidée par le chanoine Jouen.

Ambroisine Mallet était chez elle, causant amicalement avec la concubine de son mari, la fille Monchy, quand Adam, dit Cabot, ancien amant de la Mallet frappa à la porte en réclamant une des deux femmes. La porte restant close, Cabot cassa deux carreaux. Plainte.

Mars 1909. — A la demande du duc de Noailles, trois battues aux sangliers sont menées à Mauny par Hauchard, lieutenant de louveterie à Guerbaville. Une dizaine d'animaux sont tués et débités sur place au profit des nécessiteux. On fera de nouveau appel à Hauchard.

Au Paulu, dans un herbage appartenant à Quevilly, le corps de Louis Délu, ouvier de filature de 19 ans, est trouvé mort. Le Dr Allard diagnostique une congestion par le froid.

A Boscherville, c'est au sieur Desonihout de déplorer des vols de volailles...

Avril 1909. — Sur les quais de Guerbaville, il faut se méfier de Victor Léveillard, déjà condamné pour coups. Il vient encore d'agresser le matelot Louis Sabatier qui déchargeait le Père Jean.

Au Mesnil, le 11, un satyre de 53 ans, Victor Moulin, abusait d'une infirme de 16 ans, la fille Fial. Il est écroué.

Exposition Mascart à Duclair.
Paul Mascart est préposé des douanes à Duclair mais aussi fondateur, avec Marcel Delaunay, de la Société des artistes rouennais.

Mort accidentelle à Boscherville du messager de Duclair, Durosay.

Mai 1909. — 4 mai, cinq hommes pesant plus de 100 kg se réunirent au café Ameline. Il s'agissait de MM Lamy, Rousseau, Porte, le boucher, Jules Ibert, le forgeron et Baptiste Fradet, le chauffeur de Mme Lepel-Cointet.

A cette époque, quand vient le mois de mai, il n’est pas rare de voir dans les fermes autour du marais d’Heurteauville des couleuvres se dorer au soleil sur les tas de fumier. Elles ont de 12 à 15 centimètres de long et la grosseur d’un petit crayon.

Mort au château de Launay du père de Joigny.

Au concours de pouliches de Rouen, MM Lefebvre et Duclos, de Saint-Paër, se distinguent.

Un officier, 17 hommes, 25 chevaux, un détachement du 3e escadron du train des équipages de Vernon est logé chez l'habitant à Duclair.

Guerbaville, à l'instar de grandes villes, à l'originalité d'élire chaque année une rosière. Coutune fondée par Jacques-Joseph Hamel, né et mort à Orléans. Cette année, c'est Victorine Tival, l'heureuse élue. Elle est couronnée à l'occasion de la Saint-Mathurin.

Juin 1909. — Alexandre Varin, 64 ans, quitte sa maison d'Heurteauville pour aller travailler dans la cour voisine, à 8 h et demie. Sa femme, trois heures plus tard, le retrouve pendu à l'aide de guides à une solive de l'étable. Appelé à la rescousse, Alexandre Bourdin coupe les guides. Mais il est trop tard. Constat du Dr Chivé.

Alexandre Vermont remplace Mauger comme cantonnier à Heurteauville.

Vol d'effets et d'une montre en argent chez Portail, à Jumièges. Deux jeunes chemineaux ayant déjà opéré à Sante-Marguerite et Guerbaville sont recherchés.

Comice de l'arrondissement de Rouen à Duclair coïncidant avec les régates.

Juillet 1909. — A la gare du Paulu, Lhoir a piégé son poulailler. Son fils se tue en tirant sur une ficelle qui commandait une arme à feu.

Jacquet, curé de Bellengreville, est nommé à Villers-Ecalles.

Alors que l'expo Mascart se poursuit, un groupe espérantiste se constitue à Duclairet le peintre en est le vice président aux côtés de Bocquet-Martigny. 

Deshayes, de Berville, obtient un bail de 6 ans pour le bac du Mesnil.

Août 1909. — Partoy, ex-gendarme à la 15e légion de gendarmerie, est nommé receveur buraliste de lre classe à Jumièges. (Journal de la Gendarmerie).

Au Trait, le journalier Ducatel trouve une montre en or. Il la remet à la mairie.

Deshayes, agent d'assurances à Yvetot, exploite des tourbières à la Harelle. Sous son hangar se trouvaient des tourbes faisant l'objet d'expériences dont le résultat devait rester secret. Domestique, Emile Monchy, 21 ans, s'est emparé d'un morceau. Par simple curiosité, jure-t-il. Mais il est verbalisé. Quelques jours plus tard, Chapard, gérand de la tourbière, constate que l'amarre d'un bateau a été sectionné à deux endroits.

Vol d'alcool au préjudice de Démares, à Sainte-Marguerite. On a dévissé la serrure de la cave. Un suspect nie.

Sainte-Marguerite toujours. Mme Simon, 64 ans, est verbalisée par les gendarmes pour tapage injurieux.

Félix Chevron, domestique au Trait, est condamné pour ivresse.

Eléonor Lambert, capitaine des pompiers de Jumièges, est élevé au grade d'officier du Mérite agricole.

Septembre 1909. — Maillard marie son beau-fils, Raymond Denise, négociant à Deauville, avec Jeanne Maupas, d'Ourville.

Dubosc, entreprositaire et conseiller municipal de Duclair, est en voiture en compagnie de son neveu, âgé de 9 ans. En haut de la côte de Duclair près du moulin à huile, le cheval prend part, brise brancards et harnais et envoie la voiture contre celle d'un marchand de bois. Dubosc tombe sur le dos sur la route et reste sans connaissance, l'enfant, lui, est tombé sur ses pieds. Dubec, marchand de fromage, porte secours au blessé et le ramène chez lui. Le Dr se veut rassurant.

Orage sur la région. Une grange brûle à Yville. A Jumièges et au Conihout, deux vaches sont foudroyées, l'une à Anfry Barbey, l'autre à Deconihout. Au Mesnil, la jument de Gaston Lafosse connaît le même sort. Plusieurs bâtiments sont endommagés.

Octobre 1909. — Guerbaville s'appelle désormais La Mailleraye.

Le 12, Augustine Egret vole des effets chez Burgos, cafetier d'Heurteauville. Le 14, elle s'introduit dans la chambre de Saussaye, vole de la goutte et la boit dans la cour. Tombée ivre morte, il lui faudra une nuit pour s'en remettre. Enfin elle pénètre chez Savary, le passeur, pour s'y reposer. Celui-ci l'ayant enfermée, elle brisera la chaîne pour recouvrer sa liberté... Auguste Egret, 29 ans, défrayera encore la chronique par ses nombreus larcins dans la région.
Foissey, marchand de bois à Guerbaville, a porté plainte après un vol de bois. Il est retrouvé dans la cave d'un couple d'Heurteauville.

30 octobre.
Dans la soirée d'hier, vers neuf heures, le comte de Bonvouloir, venant de Paris et se rendant à Jumièges, traversait Rouen quand, sur le boulevard du Mont-Riboudet, il aperçut devant lui, malgré la boue qui recouvrait ses phares, un homme traînant une charrette à bras. Il essaya de l'éviter, mais il atteignit la charrette à l'arrière et la fit tournoyer si brusquement que celui qui la traînait fut projeté violemment sur le sol.
M. de Bonvouloir qui conduisait lui-même son automobile s'arrêta immédiatement et se porta au secours du malheureux qu'il venait de renverser; mais tous les soins furent inutiles. L'homme avait été tué sur le coup. La victime de cet accident est un marchand des quatre-saisons nommé Campart, demeurant à Rouen. En 1907, le comte de Bonvouloir avait été condamné par le tribunal de Bayeux pour blessure par imprudence et vitesse excessive. Son mécanicien, Rivière, père de quatre enfants juché sur le marchepied, avait dû être amputé.


Novembre 1909. — Bocquet, secretaire du groupe syndical agricole de Duclair donne une conférence à Heurteauville sur la mutualité. Guérin, le maire y participie.
Le groupe espérantiste Verda Skarpo poursuit ses cours à la mairie Duclair.

Peschard est président de la chambre de discipline des notaires de l'arrondissement.

Dans le procès qui oppose Allard à la Société du bac de Duclair, le médecin est condamnés aux dépens.

Décembre 1909. — Sainte-Marguerite se distingue par sa dévotion et le dynamisme de son patronage. On prépare le pain bénit de Noël, une séance récréative le 26 décembre après vêpres et prières pour saint Benoît. Programme :c conférence-projection sur la Suisse et vues des enfants du caté, danses et chants de fillettes, sketchs comiques de Zurbach et son compère Lefebvre, le tout après la distribution de jouets. Le même jour : Saillard préside une conférence agricole sur la mutualité.

1909 est aussi l'année où Martin du Gard publie sa thèse sur l'abbaye de Jumièges.



Janvier 1910. — Le 2, le cadavre de Charles Buron, 59 ans, est retiré de la Seine à Jumièges, au pied du talus de la prairie d'Edouard Monguerard. C'est son domestique. Habituellement sobre, il avait fêté le nouvel an. Si bien que son patron ne voulut point qu'il allât rentrer les deux poulains de la prairie et s'en chargea. Seulement Buron ne l'entendit pas de cette oreille et se mit à la recherche des chevaux. Dans l'obscurité, il glissa sur le talus de béton. 24 ans de service. On retrouva toutes ses économies dans sa chambre. Un livret de caisse d'Eparne de 1.500 F. Sans parents connus, il faisait partie de la famille...
Villers-Ecalles : braconniers invétérés, Gaston Groussard et Eugène Lemaître sont pincés par les pendores de Barentin.

Léon Varin, d'Heurteauville, porte plainte pour le vol de sa chienne. Il la tient depuis quelques mois du sieur Bunel. Or Varin apprend tout juste qu'elle vient d'être vue chez un certain Faivre, à Bliquetuit. Ce dernier jure que c'est Bunel qui la lui a donnée. Bunel de son côté prétend que c'est sa belle-mère, la veuve Feuillye, qui a conduit la chienne chez Faivre. Mais elle se dit simple comparse dans cette affaire à la mord-moi-le-nœud. En tout cas, la Mme Feuillye déplore dans le même temps le vol de ses lapins.

On est sans nouvelles de Victor Léveillard, lieur de coterets à Guerbaville, qui, quittant M. Grain, se rendait chez son père, le 16 janvier. Il suivait le halage, dangereux en raison des crues, et devait prendre, par le hameau de Caveaumont, un chemin rural traversant la harelle et ses profonds fossés. On ne l'a pas revu.

Nouvelle rotation du Flandria à Duclair. Route de Varengeville, Albert Deshayes, 19 ans garçon charcutier au service de Lemaître descend du fourrage, glisse de son échelle à chause de la neige et chute. Soins du Dr Chatel.

Villers-Ecalles
: le magasin de fourrage de Tribouillard servant de cave et pressoir est détruit par le feu. La cigarette d'un domestique ?

Hénouville
: vols de volailles chez la veuve Chauvin, journalière, Mme Tourmente, cultivatrice...

Jumièges
: le bureau de bienfaisance tient sa réunion trimestrielle. Peschard réinstalle M. Capelle qui avait été exclu du conseil municipal. On procède ensuite à la nomination d'un ordonnateur. Le lieutenant Lambert obtient 4 voix, le maire 3...  Le matin du jeudi 13, profitant de l'absence de sa femme, Théobald Neveu, cultivateur de 74 ans, se pend.

Au Paulu
, le bruit qu'un enfant, L.F., 3 ans, serait mort de mauvais traitements, était parvenu aux oreilles du maire, M. Mannig. Il aurait été plongé plusieurs fois dans un sceau d'eau de lessive chaude et aurait eu la jambe brûlée. Le maire  fit son enquête et prévint le parquet. L'autopsie pratiquée par le Dr Didier confirma la rumeur.

Le soir du jeudi 20 un steamer heurta un pieu du bac de Duclair. L'Anjou débarque du coton pour Badin.

Le matin du 26, Albert Deshayes, 19 ans, garçon charcutier chez Lemaître, descend du fourage route Varengeville à Duclair. Son échelle glisse sur la neige. Soins du Dr Châtel, hospice...

Le 28, le Journal de Rouen publia une lettre de Léonis Danet, futur maire de Boscherville, à propos de "la bête de Montigny". Dans cette commune, les habitant étaient alors terrorisés par d'étranges cris nocturnes (JdR des 13 et 18). Danet raconte que, lui-même, fut dérangé par des cris d'enfants que l'on égorge. Il finit par abattre dans un arbre un hibou trois fois plus imposant que la normale. Le lendemain, les cris reprenaient. Il s'agissait d'un couple. Un nouveau coup de fusil solda les insomnies des Danet. Le problème, c'est que Léonis Danet dut protester auprès du Journal de Rouen. Il n'était pas l'auteur de ce témoignage...

Partielle au Trait. Léopold Baillif, retraité des douanes est élu. Ballotage pour un second siège.
En janvier, on aura décerné les palmes accadémiques à un ancien mobile de 70, trésorier de la société de tir de Duclair : Adrien Goimbault, délégué cantonal, fonctionnaire en retraite et conseiller municipal.

Auguste Bicherel, de Mauny, possède un "vide-bouteille" dans la forêt d'Anneville. C'est une maisonnette où des voleurs font main basse sur son contenu.

Le 31, Joseph Fresel, 30 ans, employé du quincailler Vallet, décharge un wagon en gare de Duclair, glisse, et se blesse la cheville. Dr Allard sur place.
Une mutuelle s'est constituée contre la mortalité du bétail sous la présidence d'honneur de Prunier père. Le groupe syndical de Duclair a Bouquet pour secrétaire qui donne une conférence à Varengeville sur les assurances mutuelles agricoles.

Février 1910. — A Hénouville, le cantonnier Louis Duval porte plainte pour vol de volailles, son collègue Persil, à La Fontaine, pour vol de lapins.

A Saint-Paër, on retrouve pendu dans sa cuisine Henri Montier, journalier de 55 ans.
Alphonse Dufils fils, en allant sur la tombe de sa femme, au cimetière de Varengeville, découvre le vol de fleurs plantées en forme de croix.

Le Seaddrick fait une escale forcée à Duclair. Un marin a trois orteils coupés par un treuil.
Allard monte à bord prodiguer des soins.

A Epinay 18 volailles sont volées à Alexandre Couture.

Alors que le théâtre Cavalier s'est installé pour plusieurs jours sur la place du marché, le dimanche 13, les anciennes élèves de Duclair donnent un spectacle au profit de la cantine sous la direction de Mlle Gérard

Mustad se fend de 500 F pour les sinitrés du département. Ce sont les grandes inondations de 1910.

Une mutuelle contre la mortalité du bétail est créée dans le canton. Président : Saillard, maire de Sainte-Marguerite.

Sainte-Marguerite : Mme Pécot découvre un noyé dans sa mare. Alertés, MM. Vallois et Deveaux l'identifient comme étant Folliot, un rentier de 77 ans.

A Boscherville, vol d'animaux chez Félix Quibel, débitant.

Varengeville : souscription à la Poste pour les inondés.

A Villers-Ecalles, Pruvost fils, manufacturier, abat un solitaire repéré par le garde Lebel.

Adolphe Douyère, le maréchal ferrant de Saint-Paër a disparu...

Samedi 19. Après avoir déchargé du fer, le Flandria remonte à Rouen.

Au Mesnil, Delamarre porte plainte contre Anthime D... qui lui aurait portait plusieurs coups de bâton à la figure et des coups de pied un peu partout.

Fontaine, garçon boulanger à Duclair, aperçoit le cadavre d'une femme en Seine. Monté à bord d'un canot avec Sanson, lieutenant des douanes, il parviendra à ramener la dépouille à l'hospice. Son signalement donné, elle sera reconnu comme une marchande de quatre-saisons de Rouen ayant quitté le domicile conjugal, frappée de neurasthénie.

Quatre chevaux composent la station d'étalon des haras du Pin à Duclair.

Castagne, retraité des douanes, vétéran du Mexique et de 70 meut à Heurteauville à 70 ans. Il est inhumé à Duclair. Eloge funèbre de Goimbault, ancien combattat et conseiller municipal.

Mars 1910. —  Mardi 1er, à Heurteauville, Maria Sméralda Sabatier porte plainte pour violences contre son concubin, Edmond Adam, déjà condamné.

Mercredi, violent incendie chez la veuve Soury, à Sainte-Marguerite. Maire, adjoint et quelques habitants sont sur place dès l'alerte. Les pompiers de Duclair sont appelés. Mais tout sera détruit.

Le 6, la fanfare de Duclair organise un concert vocal et instrumental à la salle des fêtes du cercle familial.

Vermont est appelé à un autre poste. Le nouveau cantonnier d'Heurteauville est Alfred Querel.

Trompé par la brume, le vapeur Artois, capitaine Dubois, assurant le service Rouen-Londres, s'échoue pointe de la Piette, face au Trait.

Un manœuvre-maçon de Pigache est sur un échafaudage, route de Rouen, à Duclair. Quans il chute. Soigné par Chatel, Gaston Lachette, 14 ans, est légèrement blessé. Il demeure à Claquemeure.

Née Thiesse, l'épouse de Charles Baville faisait la lessive à Saint-Paul. Prise d'une de ses crises nerveuses, elle tombe sans connaissance près de sa cheminée. Le feu à ses vêtements la réveille. Elle court au dehors. Des voisions et sa belle-sœur lui arrachent ses habits enflammés mais elle est grièvement brulée. Le Dr Chatel la dirige sur l'Hôtel-Dieu.

Le dimanche de Pâques, le feu se déclare chez Jules Martin, débitant à Jumièges, conseiller municipal et ennemi juré du maire. Il n'y a qu'un puits à proximité. Les pompiers alimentent difficilement leur pompe et le commerce est détruit.

Avril 1910. —  Le 11, Boucher, débitant aux Vieux, brûle des joncs-marins et des ronces dans la ferme exploitée par Emile Godalier et appartenant à Max de Joigny. Il est deux heures de l'après-midi. Les Godalier sont absents, partis à la noce d'un parent. Soudain, une flammèche emportée par le vent va enflammer le toit de chaume d'un bâtiment agricole à 200 m de là.  A usage de cave, il fait quelque 24 m de long sur 9 de large. Alerté par Boucher, le filateur Delaporte envoie une pompe, puis trois autres et l'on appelle les pompiers de Duclair.

A leur arrivée, le feu a gagné un autre bâtiment couvert en chaume. De Heyn fait protéger l'habitation de Godalier et en fin de journée le feu est définitivement vaincu.

En appel, Allard est encore débouté contre la société du bac de Duclair.

Mai 1910. —  
Le 1er : soirée récréative à la salle du cercle de danse de Duclair.

Une Anglaise en excursion à Jumièges perd ses lunettes aux montures d'or. Geneviève Condor les porte à la mairie. Et en est récompensée.

Violent orage sur la région. Des vaches foudroyée aux alentours de Duclair.

29 mai : concours de pompes à Duclair immortalisé par de fameuses cartes postales. 28 compagnies invitées ainsi que six formations musicales. Hélas, la fanfare municipale de Caudebec ne daignera pas répondre à trois lettres successives, ce qui privera les Caudebecais d'un train supplementaire.

31 mai :
La société française d’archéologie termine un périple de deux jours par Jumièges. Elle remet à Mme Lepel-Cointet, membre de la société, sa grande médaille vermeil tout en regrettant l’absence de Martin du Gard pour enrichir les exposés.

Juin 1910. —  Le Pourquoi-Pas de Charcot fait escale à Duclair.

Au bois du Valneige, le garde Pain verbalise trois poseurs de collets : Emile Hautot et Augustin Soublin, de Varengeville, Joseph Haquet, de Villers-Ecalles.

Au hameau du Passage du Trait, Louis Vigier et son épouse habitent à titre gracieux une maison prêtée par la veuve Jeremy Feuillye. La voilà qui vient critique le manque d'entretien de la haie. Mme Vigier appelle son mari qui bouscule sa propriétaire. Celle-ci réplique par trois coups de plat sur l'épaule de Vigier. Elle croyait en avoir finir. Une demi-heure plus tard, Vigier l'empoigne par les épaules et l'envoie rouler dans un bouquet d'orties.

Le 26, MM Tiphagne et Lefebvre, cultivateurs de Sainte-Marguerite, distribuent du pain grâce à une somme qui leur a été allouée suite à un préjudice.

Le 27, une enfant de 2 ans et demi, Renée Trotel, est écrasé par le train au passage à niveau de Villers-Ecalles.

Juillet 1910. —   Le 3, fête patronale à Saint-Pierre à Jumièges.

Le maire assassiné !

L’homme qui arrêta Martin photographié ici l’année suivante près d’un puits.

Jeudi 14 juillet 1910, il est bientôt onze heures. Prosper Peschard, notaire et maire de Jumièges, s'apprête à présider la revue sapeurs pompiers commandés par Eléonore Lambert. Quand il tombe nez à nez avec Jules Martin, 45 ans, l’un de ses conseillers. Les deux hommes ont un lourd contentieux entre eux. Martin attend de l’argent du notaire. Le notaire attend de l’argent de Martin. 

Ce matin du 14 juillet 1910, Martin tire un coup de feu qui va résonner longtemps dans le bourg de Jumièges. Peschard meurt trois jours plus tard. 


La foule assiste aux obsèques. Les commerçants de Jumièges ont baissé leur rideau. Procès. Là, Martin continue de crier au voleur. Des Jumégeois viennent-ils vider leur sac à la barre ? Il les injurie. L’assassin est condamné à finir ses jours à Cayenne.

Lire notre dossier:

Pour avoir trop fêté le 14 juillet, Vital Laby, 38 ans, marin de Jumièges, est verbalisé à La Mailleraye. C'est qu'il fait très chaud ce jour-là.

Le lendemain, des orages d'une rare violence se manifestent. Sur la ligne Caudebec-Barentin, le train se retrouve bloqué au Paulu par des éboulements puis à Villers-Ecalles par la rupture d'un pont. A Duclair, chez Lamiré, représentant de commerce demeurant route de Rouen, son épouse est repoussée par la foudre contre une table. Effrayée, elle est légèrement commotionnée. Peu après, la foudre tombe encore près de la voiture publique d'Acius qui s'en revient de Rouen. Les chevaux se cabrent. Mais pas d'accident. Près de l'hôtel de la Poste, un fil téléphonique est coupé. Enfin, la foudre embrase un bâtiment exploité par Zéphir Biard, au Bocage. Les pompiers de la Côte interviennent sous la direction de l'adjudant Prunier, rejoints par leurs camarades de Duclair. Le bâtiment et les récoltes qu'il contenait sont détruits. Le lendemain, la foudre frappe encore la propriété Délu. La pluie tombe à torrents. Les habitants du quartier de la gare voient l'Austreberthe envahir les vergers qui bordent la ligne et bientôt la voie. Des maisons sont évacuées. La prairie de Panthou, le maire, est sous les eaux, la route de Caudebec un torrent. Le maréchal des logis Robert emprunte à Beaudelin, loueur de voitures, un vaste véhicule à quatre roues destiné au transport du bétail. Accompagné de Lefebvre, juge de Paix, et du gendarme Brunet, il parcourt les rues du bourg pour recueillir les personnes bloquées dans leur demeure. Un canot est également mis à l'eau.
Tout à coup, le parapet de pierre du quai de déchargement, est emporté par le débit inoui des eaux. Le voilà qui s'effrite et les fondations d'une maison sont menacées. Dans la prairie de Panthou, René Boquet, 19 ans, n'hésite pas à entrer dans l'eau pour sauver huit vaches et un cheval. La vache de Mme Savalle doit son salut à un canot venu à son secours. En revanche, on ne compte pas le nombre de poules et de lapins noyés.

On retrouve, face à la propriété Laporte, à Saint-Paul, un noyé avec une corde passée autour du cou et lestée d'une pierre.

19 juillet 1910. Le vapeur norvégien Normand, capitaine Molvig, s'échoue à Jumièges. Il transporte du bois pour Rouen. Deux remorqueurs de la capitale normande viennent le renflouer.

Le 24 Henri Denise, le restaurateur et adjoint de Duclair, est élu conseiller général.


Août 1910. —   Le maire assassiné, c'est son adjoint, Delametterie qui lui succède. Sur onze votants, il est élu par dix voix. Son court mandat ira du 16 août 1910 au 13 mars 1911, date à laquelle s'installera Sever Boutard fils dans le fauteuil du premier magistrat.

A Heurteauvile, la barque de Louis Morin, journalier, est déplacée et sa rame cassée.

Les régates de Duclair ont lieu en août cette année, les 20 et 21, présidée par Chatel.
Charles Lenepveu, propriétaire du château du Taillis meurt à Paris à 70 ans.

A Anneville, une mère de six enfants est accusée de violences et de défaut de nourriture. Enquête du parquet.

Après la démission de Saillard, à Sainte-Marguerite, élections complémentaires.

A Blacqueville, après la moisson, Ernest Bertin est rossé par ses deux frères à qu'il il répérait qu'il était l'heure d'aller se coucher.

Septembre 1910. —  A Sainte-Marguerite, le dimanche 4, deux nouveaux conseillers sont élus : le boulanger Devaux et l'épicier Louvet. Au Mesnil : Henri Lamy et Henri Lefrançois.

Le 7, une caravane de romanos, comme on dit, s'implante au hameau des Monts, près de la briqueterie Roussel. Et voilà que plusieurs femes vont trouver Alfred P. Elle l'informent qu'une femme a jeté un sort sur sa maison. Moyennant un mille de 1.000 F, voire plus, elles parviendront certainement à l'identifier. Plus, s'il le faut, s'exclame le paysan dont le bétail a été atteint par la maladie. Alors elles reviennent à la charge. P. leur confie 4.000 F. Le temps d'une douzaine pour connaître son ensorceleuse. Douze jours s'écoulent. Seize. Il se rend finalement à la gendarmerie.

Séraphin Bouvier, journalier du Trait, passe la nuit au violon de La Mailleraye pour dégriser.
A Duclair, la socité littéraire des Violetti fait un banquet à l'hôtel de la Poste en l'honneur deu tragédien normand Albert Lambert père, violette d'or 1910. On entendra l'artiste et son meilleur élève, Pierre Battendier, lauréat du conservatoire de Paris.

Georges Andrieu, maire de Boscherville, est investi par les Républicains libéraux pour concourrir au conseil d'arrondissement.

Fête des sapeurs pompiers de Duclair.

Découverte du corps de Victor Léveillard à Villequier, disparu à Heurteauville lors des crues de janvier.

Octobre 1910. — Mission de trois semaines à l'église de Duclair de la Saint-Denis à la Toussaint.

9 octobre : le feu ravage le domicile de Robert Delaville, pêcheur et cultivateur au Mesnil.

Joseph Hemery, seul soutien de sa mère à Plouezoch, passe d'un chaland au quai de débarquement mais calcule mal son élan et coule à pic. Les recherches par les équipages, notamment du voilier Salvador, à l'amarre au Quai-Neuf, restent vaines.

Le mariage de la fille Peschard est annoncé avec Edouard Rousée, successeur annoncé du maire assassiné.

A Heurteauville, on a volé la brouette de Béranger, paysan de La Mailleraye.

Le 31, Rémond, ingénieur des arts et manufactures, occasionne un léger accident en traversant La Fontaine. Il abondera le buget communal d'Hénouville de 50 F destinés aux indigents.

Novembre 1910. — Le paletot en toile cirée du passeur Levreux est volé au passage du Trait, à Heurteauville.
L'assassin de Peschard passe aux Assises. Tout Jumièges est là et Martin occupe toute la lumière. Perpète.
Obsèques à La Mailleraye de l'abbé Lenglet, chapelain, auteur d'une notice sur la chapelle.

Décembre 1910. — Obsèque à Duclair de Gaston Haron, qui s'est jeté du haut de Notre-Dame.

A la salle des fêtes du cercle familial, Duclair en l'air, le 11 décembre. Revue locale de Jean d'Yville, pseudonyme d'Albert Bocquet, musique et arrangement de G. Picot.

Départ de Pouchin, directeur du Journal de Duclair et du Pilote pour Eu où il dirigera le Messager eudois. Dès lors, Achille Jourdain fils gère les deux journaux. Leur chronique régionale s'en trouve apauvrie. Jourdain ne prend même plus la peine de recopier le Journal de Rouen comme le faisait si bien son patron.

A Duclair, l'atelier d'ébénisterie Demagny, successeur de Piednoël, est revagé par un incendie.
Chez Mustad, à l'heure de la collation, Marcel Legris, ouvrier de 17 ans, demande à s'absenter. Il rentre chez sa mère, prend un morceau de pain et disparaît en direction de Rouen.

A Berville, sur hallage, Louis Vautier, 5 ans, glisse et tombe en Seine. Sa sœur pousse des cris qui attirent Alfred Clépoint, occupé au travaux de la Basse-Seine et le jeune Etienne Lebourg. Ce dernier se jette à l'eau. L'enfant sera réanimé chez Guillaume Quesne, agriculteur.

Les masques noirs

Janvier 1911.Yainville : obsèque de Patrice Costé.
  Duclair. — M. Léon Ponty, aide-maréchal, a été mordu par un cheval qui lui a sectionné littéralement la première phalange de l'annulaire gauche

Saint-Martin-de-Boscherville. — Pendant l'absence de M. Berlin, entrepreneur de peinture, des malfaiteurs se sont introduits chez lui et ont enlevé pour 700F de bijoux (La vigie de Dieppe 13 janvier).


15 janvier. Auguste Piel, rentier, âgé de soixante-treize ans, habitant seul dans une maison solitaire, à Hénouville, fut assailli chez lui, Lundi dernier, par deux individus, dont l'un
était masqué, qui le rouèrent de coups, puis fouillèrent la maison. Le vieillard ne porta pas plainte. Mais aujourd'hui, M. Piel a a succombé à ses blessures, et le parquet de Rouen, avisé, s'est rendu cet après-midi a Henouville. Ce fut la première victime de la bande dite des Masques noirs, composée de Levreux et Lieury, qui terrorisa la vallée de Maromme durant trois ans.

Février 1911.17 : on a repêché, à Jumièges  le cadavre de l'ouvrier Marcel Legris, 17 ans.

Mars 1911. Obsèques de Léonide Maillard. Il avait renoncé à son mandat. Sa disparition laisse un vide dans la presse locale. Dans les deux journaux de Pouchin-Perré assurément. Mais, curieusement, les informations sur le canton de Duclair apparaissent alors au compte-goutte dans le Journal de Rouen.

On ne voit pas bien pourquoi la Vigie de Dieppe publie cette brève : "Jumièges. — Mme Vve Glatigny, rentière, est morte subitement chez elle."

Léon Delamatterie, maire de Jumièges, meurt en fonction. Jules Lefèbvre lui succède.

Avril 1911. A Boscherville, Mme Raymond Pigache trouve un noyé dans l'abreuvoir qui borde sa cour. Il avait un ancre de marine taoué avec ces mots : classe 1892. Constat du Dr Allard.

Les sangliers ravagent les abords du Torps. Le lieutenant Hauchard en tuera plusieurs...
Revue des pompiers de Duclair qui ont de nouvelles pompes.

Le jeune Fernand Guilbert, 9 ans, dévale la rue Douyère, et se fait renverser par une voiture. Soins à la pharmacie L'Hernault, rue Pavée, par le Dr Allard qui constate une fracture de la jambe.

Charron chez Cornillaux, à Boscherville, Germain Leprévost se sauve en emportant 230 F appartenant à son camarade Descroix.

Dimanche 9 avril, le Dr Loisel, de Rouen, se rend à Caudebec. Près de la gare du Trait, il change un pneu. Son fils est à ses côtés quand il est renversé par un coureur cycliste. Loisel porte plainte.

Mardi 11 avril. Drouet, pharmacien de Duclair, avait à plusieurs reprises déclaré comme perdus et  de malles, des effets et un fusil de chasse pour encaisser la prime d'assurance. Il est arrêté et part à 15h en voiture pour être emprisonné à Rouen. Ce jour-là se tient le grand marché du Mardi-Saint. Raoul Lefebvre, cultivateur à Saint-Paër, rafle la plupart des prix. Primés aussi : Levasseur, de Varengeville, Boquet, Biard, Duquesne, Goddefroy, Prunier, de Duclair, Bataille, Hémard et Thierry, de Saint-Paër, Oscar Decaux et Albert Lainé, du Mesnil, Albert Jeanne, de Jumièges, Bernard et Hermier d'Ambourville...

A Heurteauville, L'épouse d'Henri Lefebvre porte plainte contre son mari qu'elle accuse de caresser la dive bouteille, de l'avoir pincée et mise à bas du lit.

Gaston Bourgeois, bûcheron à Sainte-Marguerite, ne retrouve pas son vélo dans la cour de la débitante Baudry, à Duclair.

C'est la Saint-Georges à Boscherville avec de nombreuses attractions et une promenade très agréable en forêt.

Bal avec orchestre chez Grenier, à Yville.

Mai 1911. —  Un nommé Charles Lecoq, 20 ans, journalier, sans domicile fixe, d'Heurteauville, s'introduit par escalade chez M. Napoléon Savale, propriétaire à Hauville et dérobe une somme de 25 francs ainsi qu'une bouteille d'eau de vie. On l'arrête.

13 mai. Un préposé des douanes, Léon Sainsaulieu, 32 ans, descendait la rue de l'Eglise à Duclair, lorsqu'il vint se heurter contre une automobile qui le culbuta et le traîna pendant plusieurs mètres. Il est grièvement blessé. Badet, nouveau chef de gare de Caudebec, Le Louarn part à la retraite...

L'usine Prévost et Grenier est ravagée par un incendie à Villers-Ecalles.

Juin 1911 —  la société d'histoire d'Eure-et-Loir visite la Haute-Normandie. 

"Nous brûlons Duclair, bourg pittoresque et tranquille qu'affleure la Seine, au confluent de l'Austreberthe. Comme dans un kaléidoscope, passent successivement les baies d'aubépine, les arbres fruitiers, les grandes cours normandes, les canetons à l'air ébahi.
Nos autobus s'engagent dans la presqu'île que dessine la dernière boucle du fleuve et que défrichèrent les 1.500 moines de l'abbaye dont les tours émergent à l'horizon.
Jumièges est le clou de notre excursion. Nous sommes introduits par un guide compétent, originaire du pays, qui nous fait revivre tout un passé de domination monacale et de renaissance architecturale (...) Mme Lepel-Cointet, propriétaire de cet important domaine, ayant eu l'amabilité d'autoriser notre caravane à circuler dans toutes les dépendances, nous avons usé largement de l'hospitalité qui nous était offerte.
Les appareils photographiques sont vite braqués vers la façade, et le défilé commence dans les galeries, où des pancartes avertissent les touristes qu'on ne répond pas des accidents et qu'il faut avancer avec prudence. Comme rien ne résiste à l'action du temps, des moellons se détachent des bas côtés et des murs latéraux. Ce n'est pas tout : les points d'attache des dernières voûtes fléchissent, les contreforts ne peuvent plus résister à la poussée des grandes murailles que désagrègent les agents atmosphériques. « C'est grand dommage pour l'histoire et pour l'art, nous dit M. Mouton ; mais il n'y a guère de remède. »

Juillet 11. André Lecourtois, 16 ans, a quitté Hénouville pour se placer chez Feuillye, au Torps. Son père ne s'en est pas ému jusqu'au jour il le fait rechercher par la gendarmerie.Le jeune homme refuse de réintégrer la cellule familiale, prétextant que son père boit et s'intéresse à ses gages.

Médaille d'honneur des douanes au sous-brigadier Lépagnol, du Trait.

Décès d'Ursin Chéron, 63 ans, conseiller municipal de Duclair, chevalier du Mérite agricole, ancien président de la Société de secours mutuels. Il était membre du comice agricole de l'arrondissement.

Sainte-Madeleine toujours chez Bruneau, à Yainville, le 23, avec course cycliste, iil y a un prix par canton (Duclair, Caudebec, Pavilly) et une course pédestre. La fête est encore en concurrence avec la Sainte-Marguerite qui se tient chez la veuve Rabeil.

Le 25, on apprend la mort dans d'atroces souffrances de Mme Théodule Eliot qui avait été grièvement brûlée à Duclair. 42, demeurant côte des Moulins, près le passage à niveau, elle cirait ses chambres et avait mis à chauffer de l'essence thérébentine et de la cire. En voulant transporter le réchaud, un courant d'air communique le feu à ses vêtements. Elle voulut sauter du balcon, sa fille, Marguerite, 12 ans, l'en empêcha. Alors, elle s'enfuit dans le jardin pour se rouler dans l'herbe. A ses cris, Mme Baron, garde-barrière, accourt ainsi que Jules Groult ancien garçon boulanger. Ils éteignent un début d'incendie dans la maison et portent secours à la victime. Ses brûlures sont terribles. Le Dr Allard fut appelé.

Un train est encore resté en détresse en quittant la gare de Duclair pour Le Paulu. Une locomotive est venue en renfort de Motteville.

Nombre de riverains s'approvisionnent gratuitement en bois pour l'hiver ! Une péniche lourdement chargée se trouvait près du bac de Jumièges quand le passage d'un navire la fit tanguer, prendre l'eau et couler. L'équipage fut sauf mais la cargaison de bois alla à la dérive...
"Elle se serait suicidée volontairement" pense le Pilote. Une employée de Caudebec a pris le train pour aller à Barentin s'agenouiller devant la locomotive venant de Rouen. L'été est très chaud.

Août 11. Incendie à l'épicerie Choitel, de Saint-Paër. Une écurie et plusieurs bâtiments détruits. Pompiers de Duclair et population préservent les habitations.

Septembre 11. En déchargeant une péniche à Duclair, un ouvrier de chez Bardel, marchand de bois à Caudebec, est blessé à la tête en manœuvrant un pieu de chêne.

8 septembre. La presse :


Un officier victime de son dévouement

Le lieutenant Dusannier, appartenant à la  batterie du 22e régiment d'artillerie de Versailles, vient de trouver la mort en portant secours à un de ses hommes. C'est au cours des manœuvres de la 10e brigade, au village du Duclair, près Rouen, que ce triste accident s'est produit.

Pour baigner leurs chevaux en Seine, les canonniers avaient dû s'écarter du bord et s'avancer assez loin dans le lit du fleuve. A un certain moment, le cheval, monté par le canonnier Réthoré, glissa et disparut avec son cavalier. Le lieutenant Dusannier, voyant que celui-ci allait se noyer, n'écouta que son courage et se jeta à l'eau tout équipe. Bientôt, il donna des signes de lassitude, appela au secours et coula. Des mariniers se portèrent aussitôt avec une barque sur le lieu du sinistre. Mais il était trop tard. C'est à six heures et quart que le lieutenant s'était noyé. C'est seulement à sept heures que le corps du canonnier Rethoré fut retrouvé et a huit heures que celui du lieutenant Dusannier fut ramené sur la berge.

Les deux cadavres furent d'abord transportés à l'hôtel de la Poste, puis à l'hospice, où ils furent recouverts de fleurs et de drapeaux.



Auguste Besnier, homme d'équipe de la compagnie de l'Ouest, aide à décrocher des wagons à l'arrivée du train de 1h50 en gare de Duclair. Il a la tête écrasée entre deux voitures. Le Dr Allard constate le décès de cet homme de 32 ans, père d'un enfant.

Octobre 1911Auguste Mouchard, cultivateur à La Mailleraye, avait dissimulé ses outils pour nettoyer le canal de la Harelle. Ils lui sont volés.

A Sainte-Marguerite, Jules Saunier est autoriser à exploiter un atelier d'équarissage équipé d'une chaudière autoclave.

Villers-Ecalles : le feu se déclare près de la gare dans la grange de François Grandsire, tandis qu'il est à la chasse. Son épouse est alors occupée au ménage quant à la bonne, revenant de la gare, elle aperçut un inconnu qui brochait au travers de la haie pour se sauver en criant : "Y va y avoir le feu chez vous !" La grange, contenant 13.000 gerbes d'avoine est détruite. Les pompiers de Barentin, complétés par les pompes des industriels, comme Prévost et Damilaville, n'ont rien pu faire, si ce n'est protéger l'écurie voisine menacée par les flammes attisées par le vent. La grange appartient à Lebreton, de Varengeville. Le juge de Paix Henri Lefebvre enquête.

Le 29, 10 h et demie, inauguration de l'école offerte au Conihout par la Rouennaise Louise Givon, née Buquet. Elle gardera le nom d’école Lefort, du nom de cette famille dont la tombe domine le cimetière de Jumièges et dont descend la donatrice. Conçue pour 30 élèves, l'école en compte 50 et l'on songe déjà à l'agrandir. Elle est dotée d'une cantine.

Novembre 11. Un journalier de 37 ans, Jules Eugène Rose, passe la journée à décharger des wagons en gare de Duclair. Puis il arrose ça. Si bien que croyant rentrer en train à Barentin, il descend en sens opposé à celle de La Mailleraye, sur la voie. Le chef de gare, Georges Bardein, l'interpelle et lui demande son billet. L'autre dit venir de Nointot, avoir de l'argent mais qu'il ne paierait pas. Et du reste que le chef de gare est un con et autres amabilités. Rose voulait attendre le train de Barentin, ce sont les gendarmes qui entrent en gare et le forcent à rédiger cette déclaration : 
"Etant employé à la gare de Duclair pour le déchargement des wagons de marchandises, et me trouvant en état d'ivresse, je suis monté à contre-voie dans le train de 2 h 8, croyant rentrer à Barentin et suis allé à La Mailleraye. Je ne me rapelle plus avoir injurié le chef de gare."

A Sainte-Marguerite, Mme Philbert Fossée souffrait de rhumatismes. Le Dr Allard préscrivit une série de médicaments que délivra le pharmacien Bobée, dont un à usage externe. Mme Philbert, voulant l'ingérer, demanda l'avis d'une garde-malade et accoucheuse, Mme Viger, qui ayant trempé son doigt dans la potion, pourtant marquée Poison avec une tête de mort, donna son feu vert. Ainsi mourut Mme Fossée. Le Dr Didier, médecin légiste vint pratiquer l'autopsie, aidé du Dr Allard. En correctionnelle, la fautive dira n'avoir mais commis d'erreur et ne s'expliquera pas son manque de discernement. 50 F d'amende.

Décembre 1911. Heurteauville. Les gendarmes verbalisent le débitant Saussay pour fermeture tardive et non affichage de la loi sur l'ivresse. Quatre consommateurs sont également verbalisés.

Jumièges. Dans une crise de delirium tremens, Emmanuel Landrin se pend chez lui. 

Mesnil sous-Jumièges. S'étant approchée trop près du foyer, Madeleine Martin, dix ans et demi, met le feu à ses vêtements et est grièvement brûlée.

En 1911, le garde maritime Vincent, demeurant à Berville, vendit son canot, l'Ida, à Mlle Guise Smith, une Anglaise qui résidait à Duclair.

Naissance d'Andrea Mainberte...

Janvier 1912. Dimanche 7. On fête les Rois en famille chez Manoury de Villeres-Ecalles. L'alcool aidant, le journalier frappe son beau-père, le sieur Petit. Plainte.

Le lundi 8, le Dr Allard est appelé à bord d'un navire norvégien Rolf-Jard qui, remontant vers 

Le Havre, fait escale à Duclair pour un matelot blessé au pied.

Le vapeur anglais John-Mary Church, montant à Rouen, s'est échoué dans la nuit de jeudi (11) à vendredi (12), à 200 mètres en amont du feu de Yainville. Un remorqueur de Rouen est parti sur des lieux d'échouement. On craint que le vapeur ne soit gravement avarié. (La Croix, 13 janvier).

Le dimanche 14 fut fêtée la Sainte-Cécile à Duclair. Messe en musique avec l'abbé Guéroult et le chef Pellerin, banquet présidé par Panthou chez Denise. 

Mardi 16, à 11h30, le garde-champêtre de Berville, Edmond Deslandes, est retrouvé pendu à une échelle dans un bâtiment attenant à son habitation. Malade, il avait manifesté l'intention d'ne finir.

Gaston Martin, garde à Varengeville, avait trouvé des lapins tués au Veau-Renoult. Il finit par abatte... une louve ! Elle pèse 16 kg et mesure 1,60 m de bout en bout. Aura-t-elle fui son campement loin d'ici au cours d'une chasse ? On sait que les loups peuvent parcourir 30 lieues sans fatigue en une nuit. (JdR du 20)

20 janvier. Sicard, douanier à Boscherville, posté à l'Oserait, ramène à l'aide d'une perche le corps d'une noyée sans tête vêtue de lambeaux.

Mercredi 24. Sur le quai de Duclair, Emile Baville, 46 ans, journalier de Saint-Paul, décharge des ballots de jute pour la vallée quand il tombe à la renverser d'une plate-forme de wagon. On s'empresse. Le Dr Allard le fait conduire chez lui dans un état grave.

Ancien adjudant au 21e bataillon de chasseurs à pied, Henry est nommé à la recette buraliste de Varengeville.

Jeudi 25 janvier. A l'école des garçons, 14h, Vilaire, professeur d'agriculture donne une conférence sur les pommiers à cidre et sur l'exportation des fruits de table.

Naissance d'Andréa Mainberte le 28 janvier à Claquevent, Yainville. A 16h, l'association des 
jeunes filles de Duclair donne une matinée récréative, salle du Cercle familial.

Le mardi 30, un paysan de Saint-Paër, Henri Varin, dépose deux sacs d'avoine à la halle aux grains du marché de Duclair. Il en vend un et laisse l'autre, le temps de faire des achats. Quand il revient, le sac a disparu. Les gendarmes apprennent qu'un journalier d'mbourville, Laridon, a porté le sac au Cheval-Noir. Il déclare avoir déposé le sac dans l'a voiture d'un agriculteur inconnu. Mais on découvre le sac dans la cour des haras. Sur ordre d'un agriculteur, il a, dit-il, agit avec un comparse nommé Genet. Ils sont arrêtés.

Février 1912. — Vendredi 2, le mareyeur Guérin, de Duclair, qui doit déménager bientôt, a entreposé dans sa nouvelle maison, route de Barentin, du cidre fraîchement brassé. Il constate dans son cellier qu'un fut de 60 litres a été vidé. Journalier, Célestin Delahaue est démasqué.

Banquet des sapeurs pompiers de Duclair le 4 au Chariot-d'Or pour marquer la fondation de l'am. Le député Bagneux, le conseiller général Denise, De Heyn, le capitaine, Prunier père, le président, sont là. A 8h du soir, une jeune fille d'Anneville embrase 500 bourrées au lieu-dit la Seigneurie.

Le 6, Goimbault prononce l'éloge funèbre de Jacques-Théodore Levillain, ancien de 70. Il avait pris part aux combats de Borny, Gravelotte, Saint-Privas, Noiseville et fut blessé à la jambe.

Le Karl O. Kjelberg livre du fer à Mustad. 

La monte va du 10 février au 14 juillet, on attend un quatrièreme étalon.

Le patro de Sainte-Marguerite toujours actif avec une séance récréative le 18.

A Heurteauville, Henri Eugène Lefebvre se présente un jour chez Georges Marie, dit Bostor, réclamer des objets dont il lui a confié la garde en décembre. L'autre lui balance un coup de poing en pleine figure, le chasse à l'extérieur où il lui distribue encore coups de poings et de pieds qui nécessiteront les soins experts du Dr Chivé. C'est que Lefebvre doit vingt journées de travail à sa maîtresse, la nommée Coupaux, dira-t-il aux gendarmes. Dans ce cas...Émile Burgot est verbalisé quant à lui pour délit de pêche à l'aide d'une pochette dans le fossé collecteur de la Harelle. Les brochets sont nombreux en cette saison...

Dimanche 19. Une rixe sanglante a éclaté à Ambourville pour un motif futile entre le sieur Delalonde, son fils et son beau-frère, nommé Levée. Le jeune Ducatel, voulant s'interposer reçut à la tête un coup de nerf de bœuf. Ducatel père, accourant pour défendre son fils, fut également blessé mais, s'armant d'un bâton, il frappa Delalonde père, qui, grièvement atteint, succomba peu après. Les trois autres sont dans un état grave ( JdR du 23 février). 

Jeudi 22, 11h. Emile Blondel, charretier de Jules Deshays, entrepreneur de maçonnerie à Boscherville, se rend au Vaurouy à la briqueterie Roussel. Il s'est penché pour caler son banneau quand il reçoit à la tête un coup de sabot du cheval. Un médecin prodigue les premiers soins.

Même jeudi, 1h de l'après-midi. Marius Daon, maréchal-ferrant et débitant de Duclair congédie un ouvrier, H. Poultier. Dans la soirée, Poultier, ivre, revient faire du scandale au café. Daon veut l'expulser mais l'autre se précipite sur lui. Alors, Daon s'arme d'un bâton et fait gicler le sang du cuir chevelu de son adversaire. Mme Daon tire l'ouvrier par le bras pour le faire sortir mais reçoit sur la tête plusieurs bouteilles tombant des placets où elles reposaient. Les gendarmes interviennent et mènent au violon Poultier. Là, ils trouvent dans ses poches un couteau. Soigné par un médecin, il est remis en liberté après PV.

Le même jour, les gendarmes arrêtent à Duclair Albert Ledan, un vabagond...

Au port de Duclair, l'Anjou amène de la jute pour la vallée le vendredi 23.

Mars 1912. Le 3, AG de la toujours active société de tir la Sentinelle. Elle compte 124 membres.

Le 4 un cyclone affecte le clocher de Sainte-Marguerite. La municipalité décidera de sa démolition et de sa reconstruction. Marcel Lequeleux, architecte rouennais dirigera les travaux.

Le 10, grand concert de la fanfare en soirée au cercle familal avec le concours de chanteurs. Denise et Me Garrigues font la quête.

On annonce que l'école ménagère agricole du département viendra tenir session à Duclair.

L'Anjou débarque de la jute pour la vallée.

Lundi 11 mars, conseil de révision. La fanfare accueille les conscrits avec la Marseillaise, place de l'hôtel de ville. Banquet en mairie offert par le comité blocard de Défense républicaine.

Le 12, nouvelle ligne maritime pour marchandises et voyageurs est inaugurée entre Le Havre et Duclair avec escales à bord du Pont-Audemer.

Le 17, bal du cercle de danse présidé par Dubosc.

A Villers-Ecalles les braconniers Charles Hurel et Augustin Serveau sont surpris par le gendarme Bazot dans la chasse de Delafosse, négociant à Rouen.
Retour de l'Artois à Duclair.

23 mars. L'association des Amis du Vieux Caudebec est créée par Maître Louis James. Objectif : "inciter au respect des vestiges du passé." Non seulement elle obtiendra le classement de l'église et la sauvegarde de la maison des Templiers, mais elle soutiendra des actions extérieures à l'ancienne capitale du Pays de Caux comme une campagne de fouilles à Duclair.

Défaut de plaque de voiture à Heurteauville pour Joseph Edmond Gontier, domestique.

Il était charretier chez l'adjoint de Boscherville, M. est retrouvé par son épouse dans l'escalier menant à son grenier. Mort. La corde a cassé.

Avril 1912. Le 2, grand marché avec concours cantonal. Parmi les lauréts, les Lefebvre, de Saint-Paër, Vital Marin de Jumièges, Tanquerel du Trait...

Mercredi 3, Alphonse Lemelle, 40 ans cantonnier à Berville, est inhumé.

Les travaux de l'école ménagère agricole s'achève à la halle aux grains de Duclair. Ouverture prévue le 15. Le vapeur Pont-Audemer, affecté à la ligne Le Havre-Duclair, débarque du bois.

Le 8, baptème d'Andrea Mainberte à l'église d'Yainville.

Le dimanche 14, Denise passe les pompiers en revue le matin. Ils préparent le concours de Brionne du 27 mai. L'après-midi, M. Vermont donne une conférence mutualiste à la salle des fêtes de Duclair, route de Varengeville. Mlle Luce exécute la Marseillaise, Emery rappelle l'histoire de la société fondée en 1869 et qui compte 280 membres. (JdR 15 avril).

Beaudouin, cafetier-restaurateur rue Pavée, a servi quatre convives le jour de la foire. Il attend toujours le réglement de l'addition. L'école managère a ouvert ses portes le jour du marché.
21 avril, matinée dansante du cercle familial, route de Varengeville.

Mardi 30, Lenfant, agriculteur de Roumare, descend la côte de Varengeville pour se rendre au marché. Labarre, propriétaire à Varengeville, le précède avec sa belle-fille, épicière. Les traits de Lenfant cassent, le cheval s'emporte, percute celui de Labarre. Les trois passagers tombent au sol. Mme Labarre est victime de multiples contusions. Un ami qui passait en voiture la conduit chez elle.

Le soir, les gendarmes de Duclair en tournée à Anneville interpellent un braconnier embusqué et lui confient son fusil.

Mai 1912. Jeudi 2, à 7h et demi, le feu se déclare dans la chambre de Marius Daon, cafetier et maréchal ferrant sur les quais. Trois enfants sont encore au lit. L'aînée de 6 ans donne l'alerte, Daon met ses enfants en lieu sûr mais le bébé de deux mois est brûlé au visage. Allard lui donne les premiers soins, De Heyn maîtrise le sinistre. Une partie du mobilier est détruit. On pense que le garçonnet de 4 ans aura craqué une allumette.

Quevillon : Hurard dément pêtre candidat aux municipales du dimanche 5 mai.

Saint-Paër : sont élus dès le premier tour : Alphonse Hémard, Tranquille Vattier, Max de Joigny, Victor Chandelier, Jules Maurice, Louis Ferment, Alexandre Jonquais, Emile Lefebvre,  Ernest Duclos, Gustave Lattelais, Théophile Quibel, Eugène Babois.

Sainte-Marguerite : Handouville, Simon, Marette, Leclec, Saillard, Héberd, Mauger, Damendé, Poulet, Vrel, Moulin...

Hénouville : Paul Duparc, Emile Lefèbre, Emile Quibel, Darcel, Derivery, Capon, Legendre, Edouard Duval...

Anneville : Jérome Lebourgeois, Alphonse Guilbert, Albert Deshayes, Lemercier, Charles Trabau, Blondel, Alphonse Petit, Lépagnol père...

Berville : Guillaume Quesne, Louis Duval, François Paine, Emile Richer, Ernest Lamy, Séraphin Thuillier.

Jumièges : Renault, Pierre Gruley, Albert Jeanne, Jules Lefebvre, Oscar Glatigny, Louis Duparc, Raoul Neveu, Sever Boutard, Aimable Duparc, Emile Gossay, Deconihout.

Varengeville : Le Breton, Le Guay, Dumont, Pigache, Delaporte, Thuillier, Dieusy, Sehet, Lecanu, Edouard Quibel, Huchon, Baudouin.

Heurteauville : Charles Guérin,  Gets, Salmon Père, Alfred et Albert Duval, Constantin Cuffel, Henri Deconihout.


Yainville : Athanase Leroy, Carpentier, Passerel, Fessard, Bruneau, Lucien Lefebvre, Prévost père, Deconihout, Delaune. Ballotage pour un siège entre Arthur Bénard et Vauquelin.

A Heurteauville, le lundi 6, Maurice Lépagnol, 25 ans, rend visite à son oncle, Aimable Lépagnol, 65 ans. Tous deux sont journaliers. Le vieux lui offre la collation et va chercher du cidre. Le jeune en profite pour lui chiper le montant de sa retraite ouvrière. Deux pièces de 20 F avec lesquelles il régla ses dettes et fit la tournée des grands ducs.


A Bardouville, Louis Lamy, un paysan qui avait eu de nombreux démêlés durant les élections, est retrouvé pendu dans le grenier de son écurie.

Pendant les opérations de dépouillement du second tour, l'épouse de l'instituteur d'Heurteauville, Mme Neveu, se tire une balle de revolver dans la tête. Le Dr Chivé ne pourra rien faire...


Hénouville : Letourneur et Lozay sont élus. Berville : Baptiste Paine fils, Albert Contremoulins, Frédéric Paine, Guilmain. Ambourville : Gascoin et Bidault. Anneville : Mongeurard et Charles Paine. Heurteauville :  Georges Cléret, Albert Lhérondel Léon Varin.

Jumièges : Léon Lamy, adjoint sortant. Mesnil : Hulay, Ferdinand Bouleux, Frédéric Chéron, maire sortant.
Sainte-Marguerite :  Tiphagne, dit Criostome.

Yainville : Pierre Levreux.

Le Trait : Baillif, adjoint sortant.

A Saint-Paër, de Joigny réélu maire, Tranquille Vautier adjoint.

Duclair: Denise, adjoint sortant, conseiller général élu maire au 2 tour de scrutin par 8 voix contre 7 à Goimbault et 1 blanc. Edouard Prunier adjoint par 8 voix au bénéfice de l'page contre Lucas. au 3e tour.

A Sainte-Marguerite, Alphonse Hébert est élu maire par 10 voix contre 2 pour Simon. Louis Simon est élu adjoint par 11 voix et un blanc.


Mercredi 15, Paul Viguerard, 25 ans, découpe un bœuf chez le boucher Eugène Bisson, quai de Rouen à Duclair. Quand il se coupe accidentellement une phalange...

A Jumièges, le jeudi 16 mai, à 10 heures du matin, les membre du conseil municipal proclamés par le bureau électoral, à la suite des opérations des 5 et 12 mai 1912,  se sont réunis à la mairie sur la convocation qui leur a été adressée par le maire conformément aux art. 48 et 77  de la loi du 5 avril 1884.
La séance a été ouverte sous la présidence de M. Lefebvre Jules, maire, qui après l'appel nominal, a donné lecture des résultats constatés aux procès-verbaux et a déclaré installés MM :
Renault Anfry: 218 voix
Gruley Pierre: 210
Jeanne Albert: 192
Lefebvre Jules: 187
Glatigny Oscar: 184
Duparc Louis: 168
Neveu Raoul: 163 voix
Boutard Sever: 157
Duparc Aimable: 157
Gossey Emile: 156
Deconihout Albert: 136
Lamy Léon 129.

Dans leur fonctions de conseillers municipaux. M. Gruley, le plus âgé des membres du conseil, a pris ensuite la présidence. Le conseil a pris pour secrétaire M. Neveu Raoul"

(Relevé: Martial Grain)

Le soir, à 7 heures et demie du soir, le feu se déclare chez les époux Maurice Gossey, cultivateurs, absents au moment des faits. Le domestique donne l'alarme. Neveu, conseiller, court à la mairie chercher la clef du magasin des pompes et avec plusieurs  personnes se dirige sur les lieux du sinistère où déjà ont déversait divers seaux daux. Après une heure de lutte, le danger était écarté. Mais les dégâts importants. Des cendres incandescentes placées dans un récipiant prs de la maison auront déclenché le feu. Enquête des gendarmes.

Mercredi 22, en transportant des pièces métalliques, Joseph Mesnil, ouvrier mécanicien de 13 ans, se blesse dans l'atelier de son patron, Adrien Roberdeau, quai de Rouen. Premiers soins de Chatel.

Pour la fête patronale à Heurteauville, le 27, il y a un passeur face à la mairie.
Au concours de Brionne, De Heyn et Prunier, des pompiers de Duclair, ramènent quelques prix.

Juin. A Villers-Ecalles, Gaston et Joseph Grain sont surpris par Joseph Lattelais alors qu'ils lui fauchent (littéralement !) son foin. Lattelais s'était embusqué, constatant chaque jour des ravages dans son herbage.

Mercredi 5, nouvelle rotation du Flandria.

A Heurteauville, l'instituteur Jules Neveu était parti quelque temps après le suicide de sa femme. Quand il revient, il tate la disparition de  600 litres de cidre.

Lundi 17 juin. Scandale à Saint-Paër. Au cours d'une inhumation, le chantre pousse des cris qui n'ont rient d'orthodoxe. La veille, on a fêté les communions. En se rendant au cimetière, il heurte violemment le curé, l'abbé Mauger, et l'entraîne dans sa chute. Au cimetière, le fossoyeur — non moins ému sans doute  avait oublié d'ouvrir la porte de la nécropole et de creuser la tombe. Cette pénible opération a dû être faite par plusieurs membres de la famille.
Jeudi 20, retour du Flandria.

25 F ! Le cantonnier de Saint-Paër, Alfred Delaune est récompensé par le Touring-club sur avis de l'agent-voyer.

A Epinay, le 23, courses pédestres, courses à la grenouille, jeu du pot cassé, bal, feu d'artifice, illuminations.


Quevillon. Le 23, remise des prix de tir à l'amicale des garçons sous la présidence de M. Lequillon et du maire, M. Laquerrière. Concert avec la fanfare de Bapeaume. Adrienne Hérubel et André Quibel font la quête.

"Voici la Saint-Jean, la belle journée..." A Jumièges, la fête eut lieu chez Louis Fleury les 22 et 23 juin. On n'y vit pas Emile Vigreux, domestique de 42 ans chez Albert Jeanne, commerçant. Il s'est tiré un coup de fusil dans la bouche le mardi 18 à 10h et demie du matin. Il était né à Bouville en 1869. Bouville où, en cette fin juin, M. Huré se fait voler ses patates et ses oignons  et Mme Sellier ses lapins. C'est son sixième préjudice depuis un an...

Le 24, ce fut la fête patronale d'Anneville. Jeux pour les enfants, tir, courses cyclistes.

Vendredi 28, Engrand, passeur de la Fontaine, aperçoit un cadravre de forte corpulence descendant la Seine. Avec son passager, Clépoint, il le ramène près de la cale, rive droite. Constat du Dr Allard.

A Mauny de fêter la Saint-Jean le 30. Jeux, danses, feu d'artifice. Saint-Pierre à Jumièges le même jour. Même programme, courses cyclistes en sus.

A Duclair, le jeune comité commercial des fêtes peine à organiser des manifestations musicales, faute de budget.

A Sainte-Marguerite, on vote l'achat de 40 ha à la Gentillerie pour un nouveau cimetière.
Régates de Duclair les 29 et 30 juin sous une pluie battante.

Juillet 1912. — A Blacqueville, on arrête pour vagabondage Auguste Vatinel, se disant raccomodeur de vaisselle. Il mendiait de ferme en ferme, insolant en cas de refus...

La mardi 2, c'est la remise des prix à l'école ménagère agricole de Duclair. Le ministère de l'Agiculture offre un souvenir de son passage. (JdR du 4).

Le même jour, Edmond Fleury et Mme sont au marché. Deux malfaiteurs pénètrent dans leur maison de Saint-Paër via la laiterie, trouvent 10F dans une armoire du premier, négligent une boite qui en contenait 100, vident un peu de goutte et s'enfuient.

Le prince est arrivé à Rouen vendredi matin à dix heures, par le chemin de fer, en compagnie de MM. Henry-P. Hansell, son précepteur anglais, et Maurice Escoffier, son professeur de français. Des appartements lui avaient été préparés a l'hôtel d'Angleterre où il a déjeuné. Au commencement de l'après-midi, le prince a été en automobile visiter l'abbaye de Jumieges. Vers quatre heures, il était de retour a Rouen. Il s'est alors rendu à la cathédrale... (La Vigie, 9 juillet)

Saint-Martin à Quevillon le 7 sur la place du château.

Bouville : Moisson, jeune veuf vivant en concubinage maltraitait sa fille Solange. Elle est confiée à sa grand-mère Chevalier. Ce rempailleur de chaises va en prison (JdeR du 9).

Le 9, nouvelle rotation du Flandria venant de Suède. Le 10, la ligue commerciale et industrielle de Duclair se réunit. Ce jour là, au niveau de La Fontaine, le mécanicien Join fait une chute à fond de cale. Le Duchesse-de-Guiche stoppe à Duclair, le blessé est évacué sur Rouen en auto.

Le 13, le Dr Allard vaccine en mairie de Duclair à 17h. Rappels le 20.
Dimanche 14, Laroche, garçon épicier à la succursale Julien Vallois de Duclair est hélé alors qu'il longe la Seine à vélo. En descendant de vélo, il tombe à l'eau. Son camarade, Legallet, employé de bureau, est alors en barque. Il le sauve et le ramène à la berge.

Jules Rose, 37 ans, ne vit que de braconnage.. Il a subi deux ans de prison pour le meurtre de sa maîtresse, la fille Martin, qu'il a tuée d'un coup de couteau. Pas cher payé. Le matin du 14 Juillet, Hélène Eude, 21 ans, bonne chez Patient Préau, maire de Villers-Ecalles, soigne les bestiaux dans la plaine. Rose entame la conversation. Puis lui formule des propositions obscènes. Refus. Alors l'homme se jette sur elle. Robuste, elle crie, s'échappe, croise Préau qui la met en lieu sûr et prévient les gendarmes. Ils ne trouvent dans un champ que son chapeau, un filet et une cruche à cidre. Mais ils l'arrêtent le soir alors qu'il rejoint son domicile.  Jules Rose nie mais, confronté à sa victime, finit par avouer en mettant cela sur le compte de l'alcool. Il est conduit de Barentin  à Rouen.

21 juillet : un homme blessé de 25 coups de couteau à Bliquetuit (JdR des 22 et 23). Aux environs de la Maison-Jaune, Albert Buquet, se rendant d'Hénouville à Saint-Paul, perd le contrôle de son cheval en croisant deux cyclistes. L'un d'eux, Pignot, heurte la voiture et s'ouvre le crâne en tombant. Une auto le conduit chez Allard qui prodigue les premiers soins, Mustad met sa voiture à disposition pour un transfert à Rouen.  Sainte-Marguerite, place de l'église. 

Lundi 22, rotation du Kjelberg depuis la Suède. Le conseil de Duclair proteste contre un avant-projet d'amélioration du port de Rouen qui s'exercerait au détriment de celui de Duclair (JdR du 24).

Sainte-Anne face au château Darcel à Varengeville, le 28.

A Boscherville, on décore encore des anciens de 70 : Alfred Danger, Victor Leroux, Octave Cabaret et Amable Quentin.

Août 1912. Ce mois d'été sera le plus pourri de l'année !

A 69 ans, le Yainvillais Gédéon Vautier endurait les souffrances de sa maladie. Il est retrouvé pendu dans sa chambre par son voisin Dubours.

Le 4, la fanfare de Déville se produit à Duclair.

Le 5, devant le juge de Paix, Jean Ernest Duval, le nouveau garde champêtre Berville, prête serment, en remplacement de Deslandres, décédé. Le maire est M. Duval.
Municipales partielles à Bardouville après le décès d'Ulysse Vasse. Il sera remplacé par Augustin Roger.

Un matin de marché, les producteurs de fruits du coin se réunissent à l'hôtel de la Poste pour étudier la création d'un service de transport des fruits au Havre par les vedettes rouennaises et de la en Angleterre.

Aimable Faucon, tailleur de pierre au service de Collet, entrepreneur de Duclair, se blesse en charriant dans une voiture de grosses pierres sur un chantier de la route de Caudebec.

A la sortie du bois des Broches, Joseph Arcade Golle, l'éternel braconnier de Varengeville, déjà condamné à de la prison, est capturé par les gendarmes.

Des courses au Mesnil le 18 pour la Saint-Philibert. Le 19 c'est la Saint-Roch au hameau de la Carrière, à Boscherville. Concert, gymnastique...

A Ambourville, Joseph Tribout n'avait pas l'âge requis lors des dernières élections. On revote. Il est réélu par 12 voix sur 13.

Quand le bac à vapeur de Duclair est à l'arrêt pour nettoyage des chaudières et de la machine à vapeur, le service est assuré par le grand bac à rames et la flottille de petits bateaux de la Société.

Escale pour trois semaines du yacht américain Nahma à Duclair. 100 m de long.

Septembre 1912. Samedi 7. A la gare de Barentin-ville, Georges Saint-Léger, 47 ans, employé auxiliaire depuis huit mois est pris entre deux tampons. Le Dr Hideux ne peut constater le décès. On transportera la victime dans une salle de la gare puis chez lui, à Villers-Ecalles.

Le 15, Saint-Lubin à Bernville. Bénard organise la Sainte-Croix à Yainville. A Blacqueville, on regrette la disparition de Mlle Léguillon, bienfaitrice, tante du commandant Guénin.

Mardi 17, pendant que les époux Amourette, de Saint-Paër, sont au marché, un cambrioleur leur vole de l'argent, une broche, une chaîne de montre...

22 : Saint-Côme à Ambourville, courses à pied et vélocipédiques, bal, illuminations...

Le 23, Raoul Hague, 37 ans, charretier chez Albert Beaudelin, entrepreneur de travaux publics à Duclair, se rend dans une carrière de cailloux en forêt de Sainte-Marguerite. Un faux pas, et il tombe dans une excavation. Le cheval qu'il tient par la bride lui tombe dessus. Un compagnon a grand peine à relever l'animal et dégager le blessé. Il sera soigné par le Dr Allard chez Beaudelin qui, alerté, s'était rendu sur place.

Au marché du 24, Joseph Dubois, marchand de bois à Duclair, atèle sa voiture et constate le vol d'une couverture et d'une pèlerine. Henri Denise conçoit des soupçons sur deux individus qu'il revoit bientôt passer avec les pièces volées. Les gendarmes arrêtent ces deux étrangers au pays demeurant à Rouen. Ils ont sur eux des effigies de saints et de nombreuses médailles en plomb qu'ils auront proposé à la vente sur la place puis chez les commerçants. Le peu de succès de leur entreprise s'est donc soldé par l'emprunt que l'on sait. L'un d'eux, le bras gauche invalide, porte la médaille coloniale et celle du sauvetage.

Le 29, Saint-Michel à Bardouville, courses, bal etc.  Mais aussi à Hénouville. Jeux...

Octobre 1912. Les 5 et 6 : fête des pompiers à Duclair. Retraite, revue, banquet...
Échouement du steamer anglais Willy devant Yville. Le 8, foire Saint-Denis.

Bénédiction d'une statue de Jeanne d'Arc à Sainte-Marguerite. 

Au Heurteauville, deux braconniers sont vus à l'affût par les pandores près de la ferme Salmon mais parviennent à se cacher. On soupçonne Maurice Lépagnol. Qui, sans preuves, écope d'un PV.

A Jumièges, Alphonsine Guyot, 60 ans, est retrouvée pendue. Elle était malade depuis longtemps.

Louis Simon, artisan maçon de Sainte-Marguerite, se rend au marché de Duclair. Quand il y a arrive, il se rend compte qu'il a perdu son portefeuille contenant deux billets de 100 F. Alors ils se renseigne auprès des gens de Sainte-Marguerite qui arrivent après lui. Effectivement, les Pinel ont bien vu une voiture s'arrêter au Chinois, une femme R... ramasser le portefeuille puis le jeter, vidé de son contenu. R... Simon a le nom. Il le communique à la gendarmerie. Le lendemain, le juge de Paix a la surprise de recevoir une enveloppe anonyme contenant... deux billets de 100F. Craignant la justice, la femme R... avait confié sa trouvaille à la poste. Ce qu'elle avouera sans difficulté.

Novembre 1912. le conseil municipal de Jumièges adopte une délibération révolutionnaire : ne plus financer de balais pour l'église.

Marie Bettencourt, de Sainte-Marguerite, porte plainte contre deux habitants du cru pour vol.

Décembre 1912.   M. Planques, au bureau de Poste de Duclair, ira remplacer Mme Cartier, receveuse au bureau de Bezons où son mari fut assassiné par des émules de Bonnot. Aucune femme n'avait accepté de s'installer dans le bureau tragique.

Le 15 la fanfare de Duclair fête la Sainte-Cécile avec banquet chez Denise préparé par son fils Henri,le concours de chanteurs, une quête au profit de l'hospice.


Alexandre Pigache alerte la presse. Au Paulu campent à la belle étoile six enfant de 3 à 11 ans. Privés de nourriture, de vêtements; de chaussures, couchant sur la terre nue... Les offrandes sont attendues chez Pruvost, imprimeur à Duclair et l'imprimerie Pouchin-Perré.


Comme chaque année, le 22, les anciennes élèves de Duclair donnent une matinée récréative au profit de la cantine, salle du cercle familial, route de Varengeville.

Au patro de Sainte-Marguerite, arbre de Noël : chansons, monologues, pastorales...

Au Trait, la médaille de 70 va à Pierre Duval et Albert Dossier. Paul Aubert préside la cérémonie à l'école. Léopold Le Baillif est remercié d'y avoir posé une plaque commémorative. Collation à la mairie.

Le sous-brigadier Beuron quitte les douaniers de Bardouville.


1912 aura été l'année où Parfait Paôn, instituteur à Jumièges publia une petite notice sur l’histoire de la presqu’île et a gardé dans l’oreille les souvenirs de Sever Boutard père, l’ancien maire. Jumièges compte 930 habitants, 200 au bourg, 450 au Sablon, 180 au Conihout. Entre les deux, le marais est maintenant asséché depuis une cinquantaine d’années. Trois grands fossés dérivent l’eau jusqu’à la Seine. Il n’est inondé qu’aux grandes marées d’équinoxe. Dans ce secteur se trouve la pâture commune. C’est 198 hectares enclos où, moyennant une faible redevance communale, les habitants font paître 300 bêtes à cornes et quelques chevaux à la belle saison. Le haut du plateau, avant d’arriver au bourg, est peu fertile et convient à la culture de la pomme de terre et de l’orge. Dans les pentes, en revanche, on cultive céréales, fèves, trèfle, pois et pomme de terre. Les terrains du bord de Seine sont en revanche bien plus riches et donnent de fortes récoltes de blé. La cérémonie du Loup Vert ne se limite plus qu’à une haute flambée et une procession. On garde toujours un tison pour se prémunir de la foudre et des maladies.


Janvier 1913. Des mariniers occupés à décharger des blocs de pierre à La Fontaine découvrent un noyé, les poches pleines de cailloux. Constat du Dr Jacob et des gendarmes de Duclair.

Se disant journalier, il ne vit que de braconnage. Eugène-Pascal Lemaître est arrêté à Villers-Ecalles et conduit à Bonne-Nouvelle.

Le sacristain d'Yville découvre que le tronc des Trépassés a été fracturé et vidé de sa trentaine de francs. On interroge Louis Capelle, 19 ans, qui voici six ans avait enlevé le tronc de la Vierge. Il nie. Puis avoue.

Vincenti, garde maritime à Berville, est nommé en Corse.

Le cercle de danse de Duclair donne des cout organise des matinées dansantes.

Yves Brochard, 37 ans, a disparu du domicile conjugal. Un bon ouvrier. Sa casquette et quelques objets personnels ont été trouvés en bord de Seine par le douanier Débris.

Mme Denise, le notaire Garrigues, Georges Follet, l'abbé Lemonnier, chapelain de La Mailleraye et quelques anonymes inaugurent la souscription pour les enfants du Paulu.

Julien Robert, matelot de 19 ans sur le Père-Jean insulte le patron du bac du Trait à La Mailleraye, Lescarbotte. Plainte. Lescarbotte trouvera la mort en 17. Sa femme se suicidera.


Février 1913.   A Ambourville, le garde-champêtre, Henri Protet, ramène le corps d'un noyer. C'est un marin breton d'Ille-et-Vilaine, François Macé.

René Saintsaulieu, douarnier près du bac, est nommé dans l'Eure.

L'architecte Leroux, du Paulu, prend des mesures avec l'entreneur dans la maison du boulanger Vallois à Duclair quand une planche cède. Il tombe de 2,50m sur des pierres.
Albert Marie  et Pierre Bisson ont travaillé dans la coupe de bois de M. Fermé.

L'Administration des Forêts leur a fait don d'un arbre mort. Bisson a enlevé son lot, mais celui de Marie a disparu. Il paraît qu'il a été vendu 1 F à trois journaliers de La Mailleraye.

A Varengeville, Leroy, marchand de bois au Trait, dispose d'une coupe où disparaissent les cotrets. Les gendarmes identifient six habitants des Vieux.
L'un d'eux, Léonard Gavrin insulte et mance les gendarmes. Refusant de marcher, il faut une voiture pour le mener jusqu'au procureur.

Jeudi 6, 9h30 du matin, Eugène Delarue, d'Harcanville, et François Manoury, de Doudeville, déchargent des arbes d'un wagon en gare de Duclair. Delarue tourne la manivelle de la grue quand sa main est prise dans l'engrenage qui lui broie trois doigts.

Le Test apporte du charbon de Cardiff chez Mustad.

Un SDF, Le Pape, est arrêté par les gendarmes de Duclair.

On apprend la mort de Henri Fauger, secrétaire de la mairie de Duclair et caisiers de la caisse d'Epargne, 52 ans. Il avait débuté sa carrière au commissariat central de Rouen.
Prunier, Hitté et Contremoulins entendent créer un comité cantonal des anciens de 70. Ils se réuniront au Chariot-d'Or.

Maurice Gollot retrouve sa jument volée chez Émile Burgot, à Heurteauville. Celui-ci explique qu'elle lui a été confiée par MM Brunet et Aussy qui doivent ouvrir une laiterie à Duclair. Enquête...

Juliette Monchy, femme Landrin, n'habite plus avec son concubin depuis quelques jours. Elle y va chercher ses affaires, reçue par la fille de celui-ci, Louis Poulain, qui lui flanque deux gifles au motif qu'elle lui a volé une paire de ciseaux.


Duclair. Route de Caudebec, un ouvrier de Pigache, Albert Roger, chute d'un échaffaudage. Premiers soins du Dr Allard.



Mars 1913.   Levreux, matelot du bac d'Yainville, se noie. le mardi 11

Le 11, le Normandie apporte du fer chez Mustad.

Le percepteur Berger part à la retraite, remplacé par Lepelletier, venu de Douvres-la-Délivrance.

Foire du Mardi de Pâques le 25.


A Bardouville est inhumé un ancien d'Italie et de Crimée, Baptiste-Jean Bernard. 83 ans, ancien douanier, ancien adjoint. Ses deux fils aînés sont maires : Octave à Ambourville, Victor à Bardouville. Beaucoup d'élu sont là quand l'une des deux traverses soutenant le cercueil au-dessus de la fosse cède et fait basculer le catafalque au fond de la fosse...


Dimanche 30, concert de la fanfare dirigée par Pellerin de 4 à 5 sur la place de Duclair puis dans les rues.
Matinée du cercle de danse.

Avril 1913. Heurtault, instituteur honoraire de Varengeville devient secrétaire de mairie de Duclair suite à feu Fauger. L'effectif des sapeurs pompiers atteint maintenant 53 membres. Le dimanche 6, la compagnie est passée en revue par Denise. On effectue l'exercice qui sera présenté au concours de Clichy.

Mercredi 9 : La Normandie vient de Goteborg avec du fer pour Mustad.

Western au Trait ! Un soir, Maurice Noël, brocanteur de 18 ans, entre ivre au café Carriel et demande à la serveuse une boite de sardine. Refus. Noël tape alors sur les tables. Hautot, cultivateur présent avec MM. Luce et Marie, lui fait une réflexion. Noël lui répond par l'envoi d'un pot de fleurs. Les trois hommes maîtrisent le forcené qui se dégage, s'enfuit et menace de revenir avec son fusil. Ce qu'il met à exécution en mettant en joue MM. Marie et Lévêque qui trouvent refuge dans un des locaux de la veuve Cauvin. Noël jurera aux gendarmes que son arme n'était pas chargée.

A Villers-Ecalles, les Delançon, les Pigeon, voisins des époux Delaunay se plaignaient de vols en tous genre : vêtements, eau de vie, bois, beurre, œufs... C'était la femme Delaunay.

Auguste-Louis Lefebvre, bûcheron de 70 ans au hameau de l'Enfer avait disparu de Villers-Ecalles le 10. Le 16 on repêchait et inhumait un inconnu au Landin. Mme Lefebvre et ses enfants se rendent sur place, persuadés que le signalement donné correspond au disparu.

Mai 1913. On arrête à Heurteauville un pupille de l'Assistance, Gaston Albert Leguay, 19 ans, pour vol.

Deux SDF étrangers au département sont arrêtés à Blacqueville.

Le 4, deux chanteurs lyriques et un groupe d'amateurs locaux, Hamel, Denise, Douilly, Dubosc, Lecomte, Decharvois, Coignard se produisent à la salle des fêtes de Duclair. Une soirée du cercle familial.

On écrit que Clovis Stalin, ouvrier de filature, ivre, a frappé dans un herbage du hameau de Marébeux, à Villers-Ecalles, la veuve Auvray qui cueillait du maquer à lapin. Plus tard, il écrira au Journal de Rouen pour se dire lavé de ces accusations.

Le Test apporte du charbon de Cardiff chez Mustad, le Norseman de la jute pour la vallée. Les pompiers préparent le concours de Clichy. Ils en ramèneront plusieurs prix.

A la Pentecôte, un passeur assurera le passage d'eau face à la mairie d'Heurteauville lors de la fête patronale : jeux, bal, feu d'artifice, à Sainte-Marguerite, des jeunes du patro de Canteleu animent une séance récréative.

A Villers-Ecalles, le garde Lesage surprend deux Barentinois venus couper des cépées.

On décore encore pour la guerre de 70. A Anneville, Pierre Eugène Lemercier et Pierre Léonard Ecalard reçoivent leur diplôme.

Les instituteurs et institutrices du canton assistent à la mairie de Duclair à une conférence de l'archiviste en chef du Département sur l'importance des registres communaux avec des anecdotes puisant jusqu'au XIIIe s.

Le Normandie apporte de Suède du fer pour Mustad.

Au Ravin, le garde Lesage verbalise Armand Ferry et Emile Dinarest qui avaient posé des collets.

Maurice Monnier, 19 ans, maçon chez Pigache, est renversé par une auto venue de Rouen alors qu'il quitte le halage de Saint-Paul pour s'engager sur la route du Havre. Il est projeté sur la cale de radoub.

A Villers-Ecalles, Emile Veshalie assaille à coups de poing un camionneur de Barentin, Henri Cavelier, qui a fait tomber un poteau de la barrière de son frère.

Les plaintes fleurissent à Yville. Nombre de propriétaires détruisent les chats des voisins venus errer sur leur propriété.

Dimanche 25, 16h. Adville à Duclair, cafetier, rend visite à Jean-Alphonse Deshayes, journalier de 56 ans, route de Barentin. Il le trouve pendu dans sa cuisine.
27 mai : foire du Saint-Sacrement.

A Quevillon, un homme pénètre dans la grange de la veuve Questel, hameau du Moulin, égorge l'animal et cache le corps en forêt. Il fracture la porte de la cave à coup de barre de fer et boit du cidre sur place sans rien emporter. Les gendarmes arrêtent Henri Questel, maçon  de Canteleu, logé chez Coudray, bûcheron de Quevillon.

Fin mars 1913, Gilloc, industriel à Villers-Ecalles, avait constaté que la famille Vattier avait déménagé à la sauvette d'une chaumière et volé la charrette de la grange attenante en défonçant le toit. Interrogée à son nouveau domicile, la veuve injurie les gendarmes. Le 28 mai, le tribunal de Rouen condamne la femme Vattier, née Dufils à deux mois de prison pour vol, outrages, son fils Louis à de la prison avec sursis, quant à son fils Victor, 14 ans, il est dirigé à l'Assistance.


Le 29, Georges Brument, domestique de Leroy, marchand de bois au Trait, dépasse Duclair et va décharger du bois chez Lenôtre à Hénouville. Un autobus  venant de Rouen à destination de Jumièges heurte l'attelage.
Son conducteur est projeté à six mètres, la voiture démantelée,  l'autobus endommagé...

Vendredi 30 mai, 13h30. Albert Vauquelin, bûcheron à Yainville, aperçoit une fumée noire s'élever au-dessus de la forêt de Jumièges, prorpiété de Mme Prat-Cauvin, de Canteleu. Il cout sur place et localise le foyer dans le Carré-Dossier. Alors, il prévient le régisseur des bois, Guiyot,  qui réunit une équipe d'ouvriers . On établit des tranchées. Vers 18h enfin, tout danger semblait écarté mais on resta veiller la nuit. Trois hectares de sapin, deux de taillis  et 200 stères de bois de coupe appartenant à Lannier, marchand de bois à Rouen, ont été détruits.

Juin 1913. Au Trait, la famille Carriel Romain va passer le dimanche chez des proches à Jumièges. Le domestique de 18 ans, Alphonse Lintot, en profite pour perpétrer un vol et disparaître.

Au Val-d'Anet, à Villers-Ecalles, Gustave Soublin, qui a posé 79 collets, est dénoncé par le garde Albert Pain.

Un monument à Gustave Quillebeuf, ancien député, est inauguré au Houlme avec des élus du canton (JdR du 9).

Lesage, garde de Villers-Ecalles, surprend Charles Huguerre, journalier de Saint-Paër, braconnant au Paulu.

Le garde maritime Georges Loisel est titularisé à Yville.

Roussel, banquier à Duclair, avait escroqué par Marcel Courtel, messager à Pavilly. Aux Assises, son escroc est acquitté.


Médecin et conseiller général, Chivé, de La Mailleraye, reçoit la médaille commémorative de 70.

Le 22 juin se tient toujours la Saint-Jean à Jumièges dans la cour de Jouvin fils.

16 ans conseiller municipal de Boscherville, médaillé de 70, sapeur-pompier honoraire et bienfaiteur, Octave Cabaret meurt à 66 ans à Paris.

A Blacqueville, alors qu'ils travaillent dans les carrières, Dezoïde étrangle Delestre qui lui refusait du cidre. Le garde Lemarchand, de Betteville, accourt et seul son fusil fait lâcher prise à l'agresseur.

Viger, entrepreneur à Saint-Paër, perd une enveloppe contenant 500 F sur la place du marché de Duclair. Mais nous sommes un mercredi. Louis Aubert, marchand de machines agricoles à Yvetot, ramasse l'enveloppe et n'est pas long à retrouver son propriétaire.

Ancien passeur du bac du Trait, L.A. V. est pincé par les gendarmes. La nuit, il passait d'Heurteauville au Trait des biches et des cerfs tués en forêt de Brotonne par des braconniers pour les remettre à un automobiliste dont il jure ignorer  le nom.

A Jumièges, le samedi 21, 10h, le jeune Guillot, 11 ans, accompagne son oncle qui travaille dans la cour de Martin, marchand de fruits. Il s'approche d'un cheval un liberté qui lui rue au visage. Sa joue est arrachée, découvrant le maxilaire. Premiers soins du Dr Châtel.

A Blacqueville, on recherche la veuve Galle. Elle aurait été vue ivre aux Ifs...

Les 28 et 29, régates de Duclair avec concours de fanfares, expo horticole, bal, train spécial. (JdR du 30)

Juillet 1913. Vendredi 4, l'Anjou apporte de Londres 800 balles de jute pour Badin. Vers 19h, le feu se déclare dans le wagon. Les marins aspergent le wagon pour protéger en outre le ponton de bois. Les pompiers arrivent avec le l'adjudant Prunier. On vide le wagon à la gaffe tandis qu'une pompe noie l'intérieur. A 20h30, le feu est maîtrisé. Une flamèche venue de la grue à vapeur serait à l'origine du sinistre. Il ne reste plus que la carcasse du wagon.

Saint-Pierre le 6 à Jumièges : jeux, courses bal, feu d'artifice... La fanfare de Duclair fit d'abord son entrée dans le bourg en musique puis donna un concert à l'issue duquel Pellerin fut fleuri par une jeune Jumiégeoise.

A Varengeville, le jour de la fête patronale dans les allées du château, Pigache inaugure la nouvelle recette des postes. La demande d'un bureau avait été formulée en 1898 et accordée en 1900. Le Breton présidera le banquet où figurent député et conseiller général. Un minotier du Paulu, nommé Pigache clôtura la fête par des vers sur la recette. (JdR du 8).

Le Holtandia venu de Suède débarque 330 tonnes de fer pour Mustad.

A Blacqueville, une ancienne de l'assistance avec donné asile 15 jours a une ancienne compagnie. Après son départ, Mme Delabrière constate un vol d'argent.

Andrieux, conseiller d'arrondissement, ne sollicitera pas un nouveau mandat. Pigache postule. C'est un entrepreneur de travaux publics qui se targue de baigner dans le milieu ouvrier, pratiquer chaque jour les agriculteurs et vouloir préserver les riverains de la Seine des ravages du mascaret. Il militera pour la gratuité des passages du fleuve.

A Jumièges, le 14 est marqué par des salves d'Artillerie, un concours de tir pour les pompiers et une revue, la distribution de viande aux indigents etc.


Le 21 The Duchess  vient de Cardiff livrer du charbon à Mustad. Le Flandria s'écoue quant à lui à La Roche et attend le flot avec ses 322 tonnes de fer. Le Flandria porte aussi des passager. L'un deux, Nilstelling, voudra débarquer des cigarettes étrangères. Interdit sans passer par les douanes. Il passe outre et débarque deux valises ainsi qu'un sac à main. Les gabelous saisissent 124 cigarettes et dressent procès-verbal.

A Heurteauville, Louis Lépagnol et Sever Saussay sont condamnés pour attelage non guidé.

Au Genétay, Léon Chandelier, débitant et frère de mon grand-oncle Raoul se réveille den sursaut. Il voit et pourchasse, quittant sa maison, un journalier du cru, P., qui s'est emparé d'un paquet de vêtements et de vaisselle qu'il cachera derrière une haie avant de nier son forfait devant les gendarmes de Duclair.

Août 1913. L'Anjou vient débarquer de la jute pour la vallée.

Né à Yvetot en 1874, Auguste-Alphonse Guérin travaillait depuis longtemps à Duclair. Le vendredi 1er à 8h du matin, Léon Aubert et Louis Leparreux trouvent son corps dérivant en Seine face au port d'Yville alors qu'ils sont occupés aux travaux des talus de la rive droite. Suicide.
Le soir, Louis Richer, 18 ans, ouvrier de filature à La Vaupalière, déclare aux gendarmes de Duclair que deux hommes l'ont agressé à Saint-Paul pour lui voler son vélo. En fait, il avait loué cette bicyclette à Maromme, était allé déjeuner à l'auberge de l'abbaye, à Jumièges puis avait vendu le vélo. Richer est conduit à Rouen.

Aux Ifs de Bouville, Durieu, en moissonnant son champ, découvre le cadavre décomposé de la veuve Galle, disparue de Blacqueville depuis juin. Sans son panier, la clef de son logement, des sabots et une bouteille ayant contenu de l'eau de vie. Ivre, elle sera morte d'une congestion.

Candidat républicain progressesiste à l'Arrondissement, Charles Pigache, maire de Varengeville, achève sa campagne dans le canton en compagnie d'Henri Denise, conseiller général. Il est élus par 1.263 voix contre 885 pour le radical Prunier. En 1907, Denise, seul candidat avait eu 5.619 voix. En 1910, Denise avant été élu au conseil général, Andrieu avait eu 1.071 voix contre 985 à Prunier.

Dimanche 3 août août 1913.
Georges Despois, 18 ans, ouvrier de filature, qui se baignait dans la Seine, à La fontaine, est surpris par l'arrivée du flot et coule à pic sous les yeux de témoins impuissants.

Mardi 5, le Flandria apporte 350 tonnes de fer à Mustad. Un chaland de sable, le Clovis, s'échoue face Yville. Son remorqueur, l'Andelle, devra attendre la marée haute... On prépare la Saint-Laurent au Taillis avec le concours de la fanfare. Le comité de la Carrière prépare quant à lui la Saint-Roch pour les 24 et 25 juin à Boscherville.

Le jeudi 7, sur le marché de Pavilly, un homme se fait embaucher par un entrepreneur de Saint-Wandrille qui lui paye une paire de brodequins et l'envoie travailler à Bouville. Il prendre la poudre d'escampette.

Dimanche 12 août 1913, le jeune Maurice Deconihout, âgé de onze ans et demi, élève de l'école mixte d'Heurteauville, remit au brigadier des douanes un porte-feuille renfermant 3.950 francs, qu'il venait de trouver sur le chemin de halage. Le soir même le propriétaire put entrer en possession de son bien. M. le président du Conseil, ministre de l'instruction publique et des Beaux-Arts, et M. l'inspecteur d'Académie ont adressé une lettre de félicitations au jeune Deconihout.

Vendredi 14. Fernand Robert, cloutier à Duclair, s'en revient de Yainville avec deux amis quand un homme le rejoint. Il se dit agent de l'Etat et le verbalise pour défaut de lanterne. Il s'empare de la plaque du vélo puis, à Saint-Paul demande à boire et de l'argent. Plus tard, notre curieux agent se présente à la gendarmerie se présente pour déclarer la saisie du vélo. Nommé Ferdand Boudin, 24 ans, de Mont-Saint-Aignan, il est arrêté.

Le Volturnus apporte du charbon de Cardiff pour Mustad et fils.

Le 15 c'est la fête du hameau des Monts. Jeux, bal. Le 17, la fanfare donne un concert avant feu d'artifice. Entre temps, le 16, la compagnie Montal-Régnier donne une comédie patriotique à la salle des fêtes de Duclair.

Pour les sénatoriales, Athanase Leroy est délégué à Yainville avec Carpentier pour suppléant,  Albert Jeanne et Sever Boutard pour Jumièges avec Neveu pour suppléant.

Dimanche 17 août : remise des prix dans la cour de l'école d'Heurteauville présidée par Charles Guérin. Les élèves déclament chantent, accompagnés par Christen, l'organiste de Rouen, Deux chanteurs des concerts du Havre prêtent leur concours. On remet des fleurs à Fontaine, l'instituteur.

Villlers-Ecalles : Marius Galle tend des collets le long du bois de Saint-Paër, il est surpris par le garde Henri Lesage. A Villers-Ecalles, le 25, devant foule de spectateurs,, la filature de jute de Lucien Gillou est la proie des flammes malgré les torrents d'eau des pompes de Prévost, Demilaville, Badin et des pompiers de Barentin. Appartenant à Mlle Beaudouin elle employait 100 ouvriers.

Les frères D. de Duclair et le sieur L. du Trait sont surpris à braconner à Varengeville par le garde de Schlumberger, Maton.

Cet été, un certain Apollinaire aura visité les ruines avec André Billy. « Elles s’élèvent dans un beau parc. Jean de Tinan y erra souvent, paraît-il. Et près du petit musée, où l’on conserve la pierre tombale d’Agnès Sorel et le tombeau des Énervés, nous vîmes un cabinet de travail dont la décoration nous ramenait un peu plus de quinze ans en arrière. Les murs sont couverts d’affiches, de programmes de théâtre, d’éventails, de photographies… »

Vers cette époque, M. Détienne devient le guide de l'abbaye. Il s'installe dans le logis de l'entrée. Avec son beau-père, il a aidé aux fouilles archéologiques de Martin du Gard. Il verra se tenir ici le congrès d'archéologie sous la présidence de Lefebvre-Pontalis. Puis vint le Prince de Galles qui regretta ne point pouvoir monter aux tours.

Septembre 13. Mme Panthou laisse un legs important à la fabrique et au bureau de bienfaisance de Duclair. Long, fermier du marais communal jouxtant Sainte-Marguerite demande l'autorisation de planter de l'osier.

Concert de la fanfare de Duclair dimanche 7. En excursion, le véloce-club de Caudebec en profite pour faire un carrousel.

Duclair, le 9, 10h du matin. Un enfant de neuf ans, nommé Landrin, dont les parents demeurent à Mesnil-sous-Jumièges, tombe en Seine en jouant sur le quai neuf et se noie. Cassé, Leclerc et Péroult retrouvent le corps après 45 minutes de recherches. Le Dr Allard ne pourra que constater le décès. Le gamin était venu passer quelques jours chez ami de ses parents.

De Bouzinac de la Bastide nommé receveur de l'enregistrement à la suite d'Eugène Delomez, intérimaire.

Conférence de Lenormand, secrétaire générale de la ligue commerciale du Nord-Ouest.

Le 11, le Flandria venant de Goteborg livre 350 tonnes de fer à Mustad.

L'abbé Mauger, curé de Saint-Paër depuis 1894, rend l'âme à 63 ans. Il avait fait rénover l'église.

Henri Anfray, mendiant de 73 ans, fracture à coup de bâton le bras de l'épouse d'Émile Burgot à Heurteauville. Il aura trois mois de prison par défaut. Il écope de trois autres mois pour vol.

Le 21, 18h, Daniel Hébert, 5 ans, joue au bord de la Seine, à Duclair. Un faux pas, il tombe à l'eau. Sa mère se précipite, elle est entraînée par le courant, le grand-père à son tour plonge et ramène le bambin tandis que la mère s'éloigne toujours. Le gendarme Pelletier, 25 ans, plonge à son tour, rattrape la femme mais est près de céder quand le douanier Brouiller, aidé de son épouse, ramène tout ce monde grâce à sa barque. Mécanicien à La Fontaine, Péroult a également prêté son concours à cet heureux sauvetage.

Le Flandria, venant de Goteborg, prend amarre à Duclair avec 250 tonnes de fer.

 L'Anjou, d'Angleterre, avec 136 balles de jute.

Octobre 13 Aux Ifs de Bouville, Eugène Dusseaux, ivre, insulte son patron, Raoul Durieu. C'est un charretier... Plainte pour violence et dégradation.

Samedi 3 : retraite à Duclair avec tambours et clairons. Dimanche 4, conseil de révision présidé par le préfet Brelet. 64 bons, 26 ajournés, 11 excemptés. Banquet des sapeurs pompiers avec des délégations de Jumièges, Boscherville, un banquet, un concours de tir. Pigache est alors conseiller d'arrondissement. (JdR du 7)

Foire Saint-Denis le 7 octobre.

Retour de l'Anjou avec 450 balles de jute pour Badin.

Joseph Ferré, facteur-chef à la gare de Duclair, en poste depuis 21 ans, est nommé chef de gare à Yainville.

Godard 48 ans, journalier au hameau des Broches, demande à grimper dans l'attelage de Petit-Clerc, entrepreneur de peinture à Barentin. Devant le château Lebreton, à Varengeville, le cheval bute dans des racine d'arbre et verse. Godard est projeté au sol sur la tête. Colonne vertébrale brisée, il meurt peu après. Constat du Dr Chatel.

Villers-Ecalles : Préaux, le maire, fête ses noces d'or le dimanche 26. Elu depuis 44 ans, adjoint 20 ans, maire depuis 14. Bal dans la cour Lenord l'après-midi, feu d'artifice le soir tiré par la maison Duchemin de Rouen. Mais il pleut...

Hénouville est maintenant relié par téléphone à Boscherville et aux autres bureaux du réseau. Ce bureau municipal gère aussi les télégrammes.

Pascal, rentier, conteste un arrêté préfectoral sur le projet d'école au Paulu qui se trouverait à moins de 100 m des deux débits du quartier. (JdR du 30)


Novembre 13. L'abbé Ducreux quitte Bouville pour Paris, il est remplacé par l'abbé Le Maignent.

Cultivatrice à Bardouvile, Mme Delahaye se rend au marché de Duclair, déscend du bac, dépose un sac de patates au débacadère. Quand elle revient, il a été volé.

On donne des cours d'adultes à l'école de Duclair.

Fête des pompiers à Jumièges dimanche 23 novembre. Tout commence par un cortège qui se rend au cimetière. Le lieutenant Lambert prononce un discours en hommage aux actifs et honoraires disparus dans l'année. Midi : banquet à la mairie sous la présidence de Lefebvre, maire, encadré par Denise et Pigache, Rouault et Boutard, conseillers d'arrondissement, De Heyn et Vespier de Duclair, l'adjudant Dupré de Barentin. Discours du maire, Denise ponctue son intervention par un toast à Poincaré, Pigache et Lambert ferment la série des toasts. Un punch est offet par les membres honoraires puis l'on cède la parole aux chanteurs. Le repas a été préparé par Vauquelin.

Mardi 25, 13h, Henri Herment, cultivateur à Epinay, est en voiture route d'Yvetot et regagne son domicile. Face à la maison du charpentier Baron, l'auto de M. Lazzillière, entrepreneur à Yvetot, effraie le cheval qui fait volte-face et verse. Le couple Herment et Mauger, leur beau-frère, sont projets au sol. Sans gravité.

Au port, venant de Goteborg, le Normandie s'amarre au quai neuf mardi avec 500T de fer à clous pour Mustad. Le Gertrude venant d'Angleterre apporte dans la soirée 1046 balles de coton pour Badin et fils.

Décembre 1913. Projet de garde communale à Duclair confié à De Heyn.  Retraite du percepteur Lepelletier.

A Anneville, le journalier Hippolyte Firmin Canu, 42 ans, est retrouvé pendu dans sa cuisine par le garde-champêtre.

Le comité commercial des fêtes de Duclair projette un concours de musique pour... août 14.
14 décembre : la fanfare de Duclair fête la sainte Cécile par une messe suivie d'un banquet chez Denise. (JdR du 16)

Décès du syndic des gens de mer de Duclair, Théophile-Eugène Lerond, embarqué comme novice sur le Bretagne, officier de marine, chef-guetteur de sémaphores de 77 à 90, médaillé de 70 et pressenti pour la Légion d'Honneur.

Sauvage, le receveur des contributions directes nous quitte.

En 1913,
Mme Lepel-Cointet aura offert une pompe à bras aux sapeurs pompiers.

Le crime de Mme Prunier
 
Janvier 1914
. Drame de l'alcoolisme le 3. Au Mesnil-sous-Jumièges, habitent depuis un certain temps, un vannier, nommé Alphonse Prunier, 51 ans, dit encore Anfry et sa femme, née Ursule Lepelletier, 41 ans. Le mari était un ivrogne et un brutal, et il maltraitait continuellement sa femme.
Vers minuit, les voisins entendent des coups de feu et aperçoivent aussitôt Ursule, le visage ensanglanté. Le maire, qui habite à côté, se précipite et la questionne. Mais elle ne pourra pas répondre. Elle a la mâchoire fracassée. En pénétrant dans la maison, le maire découvre l'horreur. Anfry gît à la tête de son lit.
Lasse de subir ses mauvais traitements, la femme Prunier profita du sommeil de son mari pour lui tirer à bout portant, un coup de carabine dans la tête, La mort fut instantanée. Puis, affolée d'avoir tué son mari, elle recharge son arme et tente de se tuer par le même moyen. Elle se blesse grièvement, et elle est transportée mourante à l'Hôlel-Dieu de Rouen.

Le 4, les jeunes gens font un feu de joie de 300 bourrées face à la gare. Le feu est allumé par une jeune fille du pas. Bal, retraite au flambeau.

Au Paulu, Pancal, rentier s'insurge contre la construction d'une école  des débits de boisson.

Saint-Paër : Georges Gruel est condamné à 2 mois de prison pour violence sur une jeune fille infirme.

PV pour Henri Barnabé, à Heurteauville, qui a tué des étourneaux.

Février 1914. Trois journaliers,  Gabriel Martel, de Jumièges, Louis Lallemand et Henri Adacard, sont verbalisés pour ivresse sur les quais d'Heurteauville. Fortuné Barnabé, lui, passe en correctionnelle pour délit de chasse.

A Quevilly, des scieurs de long venus de Lozère débite le bois pour le compte d'un marchand de Caudebec, Bardel. L'un d'eux disparaît. On retrouve son tricot. Puis son cadavre, repéré par Clépoint, agent des Ponts et chaussées à Bardouville.

Mars 1914. Violente bourrasque. Les bacs à vapeur sont interrompus si bien que les voitures errent à la recherche d'un passage d'eau. A Duclair, un orme séculaire s'abat sur la toiture de M. Caudron, alors alité. De nombreux fruitiers sont déracinés.

Domestique chez Deconihout, Joseph Charles, 16 ans, se fait voler ses chaussures. Plus tard, le cordonnier de La Mailleraye, les ayant réparées, les fait livrer chez Deconihout mais au nom de Baudry, autre domestique. Celui-ci est parti naviguer mais est paraît-il dans ses petits souliers.

Le 22, bénédiction d'une croix à Sainte-Marguerite par l'abbé Guéroult, curé-doyen de Duclair.

Avril 1914. On a volé des poules à Marie Burgot, à Heurteauville.
Grand concours agricole à Duclair pour le Mardi-Saint.

Mai 1914.  Gabriel-Ursin Langé, le poète dont la mère est de Jumièges vient enterrer un grand maître de la confrérie de Saint-Jean Baptiste.

Cantonnier, Albert Gapois revient de Jumièges à bicyclette. Sur le halage d'Heurteauville, il aperçoit trois vélos qui vont zigzaguant. Il prend ses précautions. Pas assez car il est percuté et sérieusement blessé. Soins du Dr Chivé.

A Heurteauville, on arrête deux mendiants : Henri Dulieu et Jean-Louis Plusquellec.

Sans domicile fixe, Marie Leroux fabriquait des balais. A Sainte-Marguerite, Philibert Fossé l'a prit à son service mais la bonne n'était pas commode. Elle finit par le blesser à coups de louche sur la tête. Fossé s'enfuit à Duclair où il se fit soigner par le pharmacien avant d'aller voir les gendarmes.

Juin 1914
. Albert Vestu découvre un faon dans sa cour à Heurteauville et entreprend de le garder en élevage. Les gendarmes, eux, viennent le verbaliser.

La troupe de l'Odéon donne La passion du Christ dans les ruines de l'abbaye. A la fin du mois : visite d'Aristide Briand, du prince et de la princesse de Grèce.

Les 23 et 24 juin, à Jumièges le feu de la Saint-Jean eut lieu chez Henri Duparc, cultivateur, avec bal. La Saint-Pierre, c'était le 28.


Juillet 1914.  Régates à Duclair les 4 et 5 juillet avec ascension du ballon Ville de Duclair.

En arrivant à la marie d'Heurteauville pour y tenir conseil, Charles Guérin constate que deux carreaux et une traverse en bois ont été brisés. Plainte.

Le 13, Émile Gontier se lave les pieds, assis sur un seau retourné à la cale située devant la maison de ses parents. Le seau bascule. Émile se noie.

L'assemblée de Sainte-Marguerite eut lieu le 19  au débit Lenormand.

Et la guerre arriva...


Laurent QUEVILLY.
 


 


POUR SUIVRE: LA GRANDE GUERRE  



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