C'était au temps où le regretté Bruno Penna présidait les Baronnies de Jumièges et Duclair. Le 15 septembre 1991, elles effectuèrent une rando inédite le long de l'Austreberthe et impossible de nos jours. Hubert Vézier nous en rappelle les étapes...

1 L'église de Duclair. L'église Saint-Denis, construction du XIe siècle, à trois nefs et chevet carré, présente un clocher qui repose sur quatre piliers, deux de marbre et d'époque romaine, les autres du XIe. Le chœur appartient au commencement du XIVe, les nefs latérales au XVIe, le portail latéral à la Renaissance. La superbe tour romane a été couronnée, au XVIe, d'une flèche en charpente.
Il aurait existé une abbaye à Duclair, attestée en 671 et détruite au XIe siècle les Normands.

2. Le bac. Le droit de bac, plusieurs fois séculaire, appartenait à l'origine à l'abbaye de Jumièges, au titre de la baronnie de Duclair.

3. Le moulin des Bouillons et l'usine Mustad. L'ancien moulin des Bouillons, située sur l'Austreberthe, à proximité immédiate de son confluent avec la Seine, a été intégré à l'usine Mustad. Fondée en 1892 par une famille norvégienne spécialisée dans la frappe à froid, cette usine fut surtout connue pour son importante production de clous à ferrer.

4. Le moulin à deux tournants. Son nom signifie qu'il avait deux roues et se trouvait sur une île. Autrefois à l'abbaye de Jumièges, il fournit l'électricité à l'usine Mustad à ses débuts. On voit encore des vestiges du bief latéral gauche. A proximité se trouve la maison du meunier.

5. Le moulin Plichet. Le moulin Brohy, attesté au XVIIIe siècle, était un moulin à blé, puis à huile. Le moulin Plichet, exploité au XXe siècle comme moulin à blé, a brûlé dans les années 1970.

6 Le moulin Martin. Moulin à eau établi sur le site d'un moulin de l'abbaye de Jumièges, attesté au XVe, il est maintenu comme moulin à blé en 1806, et réglé par arrêté de 1852. En partie démoli puis agrandi en 1854 et 1858, il est transformé en moulin à huile et fonctionne jusqu'au début du siècle. Les constructions qui subsistent sont pour partie de la seconde moitié du XVIIe, pour partie milieu XIXe. Le moulin doit son nom à un sieur Martin qui fut papetier pendant la Révolution. Les meules que l'on peut apercevoir sont des meules à huile.

7. Les Vieux. Ce hameau, aujourd'hui curieusement rebaptisé le Pont des Vieux, doit son nom au latin Vado, qui signifie le gué. La route qui traverse ici la rivière est la voie romaine de Lillebonne à Rouen.

8 La maladrerie des Vieux. La maladrerie ou léproserie des Vieux présente un ensemble de bâtiments dignes d'intérêt ; outre la maladrerie elle-même, on peut remarquer la colombier de brique et surtout le superbe four à pain. Introduite en France après les Croisades, la lèpre se répand si rapidement que d'après Mathieu Paris, historien du XIIIe siècle, il existe en France alors 19.000 léproseries. Quelques-unes subsistent encore, comme à Saint-Arnoult, alors que la plupart ont disparu, comme celle de Duclair au Mont-Davilette, ou celle d'Aizier à la chapelle Saint-Thomas. Le lépreux, exclu de toute vie sociale, doit pouvoir être reconnu pour tel, habit de lépreux en haillons et cliquettes, et se voit interdire l'accès des églises, fours, marchés ou moulins. le plus souvent, il n'est pas inhumé dans le cimetière paroissial. En recul à compter du XVIe, la lèpre disparaît presque totalement dans le cours du XVIIe siècle.

9. Le château des Vieux qui fut propriété de la famille d'Epinay Saint-Luc.

10. Le laboratoire de spéléo-biologie expérimentale d'Henri Gadeau de Kerville. Fondé par le célèbre érudit Henri Gadeau de Kerville dans une carrière souterraine de sa propriété de la côte des Halletots, ce laboratoire est inauguré le 10 juillet 1910. Creusé dans la craie, il comporte, outre l'escalier d'accès, une salle d'entrée, une galerie de zoologie, une salle de botanique et une chambre complémentaire et s'étend sur 670 m2.
Divers équipements, aquariums, bacs, cages, permettent la réalisation d'expériences de spéléo-biologie animale et végétale. Il s'agit-là, pour l'époque, du plus grand laboratoire de ce type au monde...

11. La gare du Paulu. Cette halte devait servir de base de repli au maquis de Saint-Paër qui organisait, en tant que B.O.A. (Bataillon d'Opérations Aériennes) la réception de parachutages alliés. Pris par les Allemands en août 1944, les membres de ce réseau furent tués ou déportés.

12. Chapelle Sainte-Thérèse. Construite en 1923 à l'occasion du cinquantenaire de la naissance de sainte Thérèse de Lisieux, elle présente une architecture typique de l'époque. La statue de saint Gilles est ornée d'un bâton sur lequel sont apposés de nombreux rubans ex-voto.

13. Chapelle Saint-Gilles. Située dans le bois, cet oratoire des XVIIe et XVIIIe siècles faisait l'objet d'un pèlerinage traditionnel.

14. Le fort romain.

15. Le Catel. Il s'agit là de deux camps retranchés, soit d'époque romaine, soit plus vraisemblablement antérieurs qui dominent la vallée de la Seine et les vallées perpendiculaires.


Ci contre : la statue de Saint-Gilles, chapelle Sainte-Thérèse. Elle guérit de la peur et de la dépression...

NB Intégrée au parc naturel régional de Brotonne, l'association était, nous l'avons dit, présidée par Bruno Penna, son secrétaire étant Yves Vincent.

Aujourd'hui, ce circuit n'est plus possible sans autorisation spéciale, le bois de la Fontaine étant privé. Hubert conseille un itinéraire vert : arrivé au pont des Vieux, monter à la chapelle Saint-Gilles, redescendre à la chapelle Sainte-Thérèse, rejoindre la gare du Paulu, faire un petit détour par la maladrerie des vieux, monter au laboratoire Gadeau de Kerville, continuer la montée jusqu'a Villers-Ecales haut, prendre à droite la route et laisser la route à droite pour prendre la forêt et descendre à Villers bas, franchir l'Austreberthe, monter tout droit dans la cité et suivre le chemin qui vous ramène à Saint-Pierre-de-Varengeville, après gagner la ferme de Gargantua, descendre à la Fontaine et regagner Duclair par la bord de Seine.