Nous en avons fait le symbole du site. La Mère l'Amour, c'est un peu notre mascotte. Mais qui était cette fameuse marchande de journaux...

De son vrai nom Marie Louise Lévesque, la Mère l'Amour est née vers 1852 de François-Eugène Lévesque et Marie Catherine Chaussegros. On ne retrouve pas trace de l'union de ce couple dans notre région. Certains prétendent que la Mère l'Amour a vu le jour... à Marseille ! Chaussegros est en tout cas un patronyme occitan.
Ce sont, bien sûr, les cartes postales éditées par la librairie Pruvost qui ont immortalisé la Mère l'Amour au point d'en faire "LA" marchande de journaux. Léon Pruvost commença ses activités éditoriales vers 1898. Il décéda à 52 ans en juillet 1923 après avoir collaboré durant 25 ans avec les trois hebdomadaires de la région imprimés à Caudebec.
Nous allons essayer de réunir ici toute la production consacrée au personnage. Dix-neuf documents sont recensés à ce jour...



Les plans américains

La version originale sur fond végétal La version détourée La version médaillon

Les portraits en pied

La version originale sur fond de mur.

La version détourée Une image plus rare

Elle tenait son surnom, dit-on,  du journal L'Amour qu'elle proposait à la criée. Nous n'avons pas retrouvé ce titre dans la nomenclature des journaux français durant la Grande guerre ni au début du siècle. On revanche, on la voit vendre  Le Petit Parisien dont elle porte parfois la casquette, Le Petit journal, le Journal de Duclair, Le Matin... 

Dans la rue

La version originale

La version colorisée



Quai du Havre, à l'arrivée du bac.

Chez les Troglodytes...


La mère l'Amour avait sa chanson : "C'est moi la Mère l'Amour / La mieux de dans ma cour / Je vous respecte toujours / Je suis une bonne fille / Et dans la rue tous les jours / Je vends les journaux du jour / Journal de Rouen, Petit journal / Voilà mon gai refrain / Je suis là tout entrain / Et sans en avoir l'air / Je réveille tous les gens de Duclair / Et je crie : Allez, tous en l'air / Vive demain, bonne journée / Et vive la Mère l'Amour.

Devant l'imprimerie Pruvost




Ici devant la quincaillerie...
Equipée d'une carriole à trois roues, la Mère l'Amour vendait aussi des articles vestimentaires et les cartes postales où elle était représentée. Elle furent éditées pour la plupart par l'imprimerie Pruvost fondée en 1900. On en trouve également estampillées ND Phot.
En 1913, l'Association normande effectue une excursion dans notre région. Extrait de son compte-rendu : "Après l'achat obligatoire de cartes postales à la mère Lamour qui poursuit les congressistes avec sa persévérance habituelle, tous se trouvent réunis à midi à l'hôtel de la Poste où les reçoit M. Denise... "
Edmond Spalikowski, dans son livre Ses les routes normandes, parle ainsi de la mère l'Amour en 1933 en évoquant le café troglodyte, sur la route de Duclair à Boscherville : "Sur son seuil s'arrêtait la Mère l'Amour, ainsi nommée à cause de sa laideur. Elle vendait chaque matin ses journaux avec une ponctualité et une bonne humeur qui faisaient oublier les rides de sa pauvre figure tannée par un demi-siècle d'embrus et de coups de soleil stoïquement essuyés..."

Devant les hôtels

La Mère l'Amour habitait une petite maison près de l'hôtel de la Poste.
Devant l'hôtel du Cheval-Noir
Et celui de la Gare...


Rue des Moulins, image plus rare...

(On cherche une meilleure copie)


La légende voulait que la Mère l'Amour soit demeurée célibataire tout en se berçant du souvenir d'un bel adjudant.

Mais, le 20 octobre 1894, Marie Louise Eugénie Lévesque épousa Victor Joachim Jouen, originaire de Criquetot-sur-Ouville. Il était veuf de Marie Louise Gouet, décédée sept ans plus tôt à Villers-Ecalles à l'âge de 46 ans.
A-t-elle eu des enfants ? Peu probable...

Certains prétendent qu'elle possédait un débit de boisson troglodyte où elle vendait de la bière fraîche. D'autres ajoutent que son autre surnom était la Hurlette...
Veuve, la Mère l'Amour est morte à 68 ans le 3 décembre 1920.
L'hommage posthume

Au corso fleuri de 1927, sept ans après sa mort, un char fut consacré à la Mère l'Amour...






La mère L'Amour toujours vivante sur la façade de l'imprimerie Sodimpal, rue de Verdun, à Duclair...


Sources


Gilbert Fromager, Le canton de Duclair à l'aube du XXe siècle.
Sorel, Aubert, Devaux, Duclair, un regard du le passé.
Bulletin de l'Association normande, 1913.