Chaque année à Pavilly, Bouville et Saint-Paër, le samedi le plus proche du 22 juillet est la date de commémoration du sacrifice de quatre résistants tombés en 1944 sous les balles allemandes. Placées sous l’égide du Souvenir français depuis 2001, les cérémonies viennent rappeler que, plus de soixante-dix ans après, la nation n’oublie pas ses héros.

Cette journée de juillet 1944, Bernard Chevalier, Émile Ruel, André et Raymond Martin, quatre jeunes Pavillais, tombent les armes à la main, abattus par la Gestapo à la ferme Le Baron, au hameau d’Ybourville, à la limite des communes de Bouville et Saint-Paër. 

Trois équipes du Bureau des opérations aériennes dépendant du Bureau central de renseignements et d’actions de Londres constituaient alors un maquis et occupaient les fermes alentour, dont la ferme Le Baron qui devait s’occuper des opérations de parachutage, de réception de matériel et d’armes. Suite à un parachutage allié à Serqueux, cinq tonnes d’armes y furent acheminées et entreposées.

Ce samedi 22 juillet 1944, les Allemands ayant eu connaissance de l’opération entament des recherches et se rendent à la ferme Le Baron, où se sont réfugiés Émile Ruel, 24 ans, Bernard Chevalier, 20 ans, les frères Martin ainsi que deux familles, le couple Delacroix et leurs trois enfants, et l’épouse de Bernard Petit et ses deux enfants.

Messages dans les poches

Avant l’assaut, Chevalier et Ruel tentent de fuir par le grenier. Le premier est tué d’une balle en plein front, le second abattu après avoir tué un Allemand. Ne voulant pas se rendre à l’ennemi, les frères Martin se sont tués en même temps avant l’assaut. Dans leurs poches ont été découverts des messages, aujourd’hui précieusement conservés par leurs familles.

Raymond Martin avait écrit : « Cher mère, frères et sœurs, je n’avais pu vous dire que je combattais dans les rangs des patriotes car notre organisation était secrète. Adieu ! Nous mourrons pour la France et la liberté. »

André Martin a écrit à son épouse : « Dans l’impossibilité de te dévoiler que je faisais partie de la Résistance, traqué, je me tue. Mes dernières pensées vont à vous tous, mes chéris. Dites à celui qui va naître que son père est mort pour la France. » Le petit Jack naîtra deux mois après, et ne connaîtra donc jamais son père.



SOURCE

Paris-Normandie