L'église de Bardouville en quelques dates et anecdotes...

Vers 1040 : Selon Charles Robillard de Beaurepaire (1) Bardouville s’appelait Bardulvilla ce qui signifiait la ville — le domaine de Bardulfus, nom d’homme germanique, dont dérive le nom de famille Bardou. Son orthographe a connu de nombreuses transformations jusqu’à sa forme actuelle au milieu du XVe siècle. Ses orthographes successives, Bardulfi Villa en 1066, Bardovilla en 1131 dans une charte (2) de l’archevêque de Rouen, Hugues d’Amiens ou Bardolvilla au milieu du XIIIe siècle permettent de comprendre que l’écriture des noms dépend de la prononciation du moment, elle-même lié à l’introduction de nouveaux parlés.
L’église primitive de Bardouville aurait été une chapelle seigneuriale liée à la construction féodale. Elle était placée sous la protection de Saint-Evroult et était desservie par un moine de l’abbaye de Saint-Georges-de-Boscherville. Ce sanctuaire, attesté dans les premières années du XIIe siècle, disparut au XVIIIe siècle. Sa localisation demeure hasardeuse mais il est possible de penser qu’elle faisait partie de l’église Saint-Michel.
Ses plus anciens éléments architecturaux remontent au XIe siècle, avant que le chœur de style roman ne soit agrandi puis la structure de l’édifice modifiée au début du XIIIe siècle par la construction de deux chapelles latérales et (plus tardivement ?) par le percement de la grande maîtresse vitre qui semble avoir conservé un réseau ancien.

26 septembre 1523 : Approbation des statuts de la confrérie des saints, Michel, Sébastien, Roch et Adrien. Fondée dans l’église paroissiale de Bardouville, elle est composée de 30 servants.

1680 : La cloche a été baptisée par J. Mesgard, curé de la paroisse. Elle a été nommée Elizabeth par Pierre Delavache, écuyer de St Léger et par Elizabeth de Valliquierville, veuve de Thomas de Saldaigne, seigneur patron alternatif de Bardouville.

1717 : Visite pastorale de Monseigneur d’Aubigné qui effectue un inventaire détaillé du mobilier, des ornements ainsi que des objets et costumes religieux. Il signale que : « Toute la couverture de l’église et celle du clocher qui menace ruine sont à réparer ».

1773 : Henri Charles de Brévedent, seigneur patron alternatif de Bardouville, a été inhumé dans le chœur.

1789 : Après la révolution, faute de local, les premières réunions municipales se déroulent dans l’église.
1833 : La cloche a été achetée à M. Desbois, fondeur, place du Vieux-Palais à Rouen.
1842 : L’autel très ancien est remplacé par un neuf.
1853 : La charpente de la nef a été remaniée ainsi que celle du clocher. Les tuiles de la toiture ont été remplacées par de l’ardoise. Le portail a été reconstruit en style néo-roman. Il a peut-être pris la place du portail d’origine dont on ne trouve pas de traces ailleurs. Si ce n’est, peut-être au
sud, au niveau de la sacristie dontle grand placard semble combler une grande niche. La nef et le chœur ont été recouverts de fausses voûtes en plâtre, offrant ainsi à l’édifice son aspect actuel.
Nuit du 29 au 30 août 1944 : Lors du bombardement du château par les unités alliés, la cloche de l’église a été fêlée et la toiture a subi des dommages importants. Elle recevra une couverture en papier goudronné qui durera jusqu’en avril 1952. Nuit d’horreur, puisque cinq Bardouvillais ont été tués lors de ce bombardement.
2 septembre 1944 : Inhumation des victimes de cette nuit tragique. Dans une église trop petite, tous les Bardouvillais sont là pour assister à une cérémonie empreinte d’une émotion indescriptible. Devant les cercueils alignés, quelques soldats écossais sont à genoux. Leurs armes sont déposées près du porche et gardées par une sentinelle.
Octobre 1949 : La cloche fêlée a été refondue.
2 avril 1950 : La cloche a été baptisée Suzanne, Hélène, Jeanne, Françoise par l’archevêque de Rouen, Mgr Dubois de la Ville Rabelle.
Avril 1952 : Restauration de la toiture de l’église, car les 32.000 frs. de subventions du ministère de la Reconstruction n’ont pas été débloqués avant cette date.


(1) Charles Robillard de Beaurepaire (1828/1908): Historien et archiviste de la Seine-Inférieure.
(2) Charte : du latin médiéval charta, papier, une charte est un titre de propriété ou de privilège octroyé


Sources

Le Corset rouge N° 49, février 2014 (ADSM – CDAP - Gilbert Fromager : « Le canton de Duclair 1925/1950 ».)