Les Vikings arrivent ! A Jumièges, nos moines prennent la fuite, emportant à la hâte les reliques de deux des leurs: saint Achard et saint Hugues. Les voilà réfugiés à Haspres. Quelle sera leur influence sur cette contrée ? Enorme. D'abord Haspres deviendra une dépendance de Jumièges jusqu'en 1024. Mais les fameuses reliques passent bientôt pour guérir la folie. Si bien qu'on les implore pour ramener Charles VI à la raison. Le nom même de saint Achard serait à l'origine du mot acariatre. Durant des siècles, des foules de pélerins afflueront à Haspres où les deux saints ont leur confrérie qui enregistre les guérisons. Aujourd'hui encore, on processionne le jour de l'ascension en l'honneur des deux moines de Jumièges. Historien d'Haspres, Olivier Legrand nous livre ici une compilation de ses recherches...


Histoire des saints patrons d'Haspres
Olivier LEGRAND

Le récit qui va suivre est tiré d'un ouvrage écrit en 1727 « Histoire abrégée des reliques et des saints qu'on honore à la Prévôté d'Haspres ». 1

Olivier Legrand ici à Jumièges

« La franche ville d'Haspres, qui est située sur la Selle entre Valenciennes et Cambray, et dont il reste encore aujourd'hui quelques espèces de remparts et tranchées du côté de cette dernière ville, doit son origine à la prévôté, que fit bâtir dans le septième siècle2 Pépin de Landin, Maire du palais d'Austrasie après avoir défait le Roi Thiery, qui par les mauvais conseil d'Ebroïn son maire du palais, voulait s'emparer de l'Austrasie. Ce Prince, qui est honoré comme saint dans le Brabant le vingt et unieme de février, et dont les reliques sont à Nivelle avec celles de St Gertrude sa fille, reconnaissant qu'il devoit le gain de cette bataille au Dieu des armées, et voulant lui en témoigner sa reconnaissance, fit batir au lieu, que nous nommons aujourd'hui Haspres, une espèce de monastère, qu'il mit des religieux bénédictins tirés de l'abbaye de Jumièges, diocèse de Rouen, et qui demeuroient toujours soumis à l'abbé dudit Jumièges.

Jumièges est en feu !

« Après la mort de Louis le Débonnaire les Normands profitant de la division de ses trois fils Lothaire, Pépin et Louis, qui occupaient toutes leurs forces aux dedans, commencèrent à ravager impunement les côtes de l'océan. On appeloit en général Normands, c'est à dire hommes du Nord, les barbares encore payen qui venoient de Danemarc, de Norvège, de Suède, et des pays voisins sur quantité de petits bâtiments à voiles et à rames, pour faire par tout où ils pouvoient des esclaves et du butin; ils vinrent l'an 841. Le 12 de May à l'embouchure de la Seine, pillèrent Rouen et brûlèrent le monastère de Jumièges, qui n'en étoit pas fort éloigné; les religieux de cette abbaye avant cet embrasement avoient eue la précaution de sauver les reliques qu'ils avoient et de transporter à Haspres les corps de leurs glorieux patrons saint Achaire et saint Hugues avec une partie de la croix de notre sauveur.


« Ces reliques furent reçues à Haspres avec tout le respect et la vénération, qui leurs étoient dûs, et Dieu ne tarda pas de faire connoitre combien lui étoit agréable la dévotion qu'on avoit pour les saints patrons, en permettant plusieurs miracles, qui se faisoient à leurs reliques, et insensez et comme transportez de rage, en un mot acariastres.

Jumièges se relève, les reliques restent à Haspres

« On fût bientôt dans une grande crainte de perdre ces precieuses reliques : Baulduinius et Goudiunus, religieux de Jumièges, et qui s'étoient retirez à Haspres pendant l'invasion des barbares, ayant par la libéralité de Guillaume Duc de Normadie rebâti du moins en partie leur monastère, redemandèrent le précieux dépôt, qu'ils n'avoient confié à Haspres, que pour ne pas l'exposer au pillage des barbares : cependant les religieux d'Haspres, joint à eux les prélats circonvoisins remontrèrent qu'il sembloit que Dieu par les miracles faisoit connaître qu'il avoit donné nos deux saints pour patrons d'Haspres; ils firent aussi remarquer que ce prieuré étant sous l'obéissance des religieux de Jumièges, ceux ci resteroient toujours les maitres de ces reliques, quoiqu'ils les laissassent à Haspres ce qui les détermina de laisser ces reliques où elles se trouvoient sous la garde des religieux qu'on envoyoit de Jumièges.

Jumièges renonce à Haspres

« Gérard évêque de Cambray, qui vivoit dans l'onzième siècle, voyant avec regret, que les religieux d'Haspres, éloignez de leurs supérieurs, ne vivoient pas d'une manière conforme à leurs supérieurs, ne vivoient pas d'une manière conforme à leur institut, et négligeoient presque entièrement la discipline monastique, resolut de corriger un si grand abus; il communiqua son dessein à l'abbé Leduin abbé de St Vaast d'Arras, et lui fit entendre, que si l'abbaye de Saint-Vaast possédoit quelque bien, qui fut plus à la portée de l'abbaye de Jumièges, il seroit à propos d'en faire un échange avec le Prieuré d'Haspres, qu'on pourroit de cette manière remettre dans un état conforme à la règle. Cet abbé qui ne respiroit que la gloire de Dieu, et l'honneur de la religion, n'eut pas la peine de se rendre à une si juste demande, et proposa son équivalent la Prévôté d'Angicourt en Beauvoisis; l'évêque Gérard proposa la même chose à Théodoric abbé de Jumièges et lui fit connoître, que s'il ne remedioit à ces désordres, il seroit obligé de se servir de l'aurotité de Bauduin Comte de Flandre pour chasser ces religieux, et en mettre d'autres dont la conduite seroit plus régulière; l'abbé Théodoric et sa communauté convirent de tout, et l'échange se fit l'an 1024 en présence de Robert Roy de France, Bauduin Comte de Flandres, et Richard sans peur Duc de Normandie, ce qui fut confirmé et ratifié par les souverains pontifes Benoit VIII, Innocent II, Eugène III, Alexandre III et Caelestin III.

« Après cet échange l'abbé Leduin travailla à mettre toutes les choses en bon état, rebâtit l'église, fit un cloitre régulier et eut soin de tous les bâtiments nécessaires aux religieux, rétablit la discipline monastique, qui avoit été fort altérée : tout cela fit refleurir la Prévôté d'Haspres, et augmenta l'honneur et la vénération des reliques et corps saints dont nous allons donner l'histoire.
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1. BNF – côte 8LK7-3101, reproduction ouvrage de 1727 – Cambrai, Impr de A.Régnier-Farez 1860.
 
2. C'est d'abord au VII° siècle, la création des grandes abbayes bénédictines, qui prennent possession des parties marécageuses ou boisées des confins du Hainaut et de la Flandre. La prévôté d'Haspres aurait été fondée en 692.

 



L'abbaye Royale de Saint Pierre de Jumièges


La prévôté d'Haspres dépendait jadis de l'abbaye de Jumièges située en Normandie près de Rouen. L'abbaye de Jumièges fût fondée en 654 par Saint Filibert. Jumièges est alors un exemple de société dirigée par des moines bénédictins. Ceux ci s'emploient à cultiver les terres, à tracer des routes, bâtir des écoles et des églises. Mais en 851 les vikings, terribles ravageurs arrivent en Normandie. Ils pillent et brûlent le monastère, les moines sont tués, quelques uns réussissent à s'enfuir et vont se réfugier à Haspres, emmenant avec eux les reliques de Saint Hugues et Saint Achaire. Lorsque les normands arrivèrent dans le Hainaut, les reliques furent misent en sécurité dans le château fort de Douai, puis à Saint-Omer pour revenir ensuite à Haspres.

Saint Achaire


Commençons par éclairer le lecteur sur l'éventuelle confusion qu'il pourrait y avoir avec l'autre Saint Achaire1 qui fut moine de Luxeuil puis évêque de Noyon–Tournai, décédé en 639 à l'âge de soixante dix ans.
Cette précision étant faite parlons à présent de notre premier saint patron, Saint Achaire que l'on trouvera écrit de différentes manières dans la littérature existante sur le sujet : Aycadre2, Akaire3, Aichard, Achart, Aicarde, Aicardus, Achard4, Aycard5

Saint Achaire est né dans le poitou en 624. Issu d'une bonne famille, il poursuit de brillantes études. Il se fait moine, puis aidé par Ansoald évêque de Poitiers, il fonde un monastère à Quinçay. Cette fondation est placée sous l'autorité de Saint Filibert qui le nomme alors premier abbé de Quinçay.
Peu de temps après Saint Filibert pria l'évêque Ansoald d'agréer qu'Aycadre allât gouverner à sa place l'abbaye de Jumièges6. Il est alors présenté à l'archevêque de Rouen qui le reçoit avec Joie (vers 682).
Aycadre à la tête de l'abbaye, va s'appliquer à faire prospérer la communauté de Jumièges. Sa réputation devient si grande dans toute la France, que l'on voit alors arriver tous les jours de nouveaux disciples à Jumièges.

La communauté était alors composée de 900 religieux et de 1500 serviteurs, tous plein de zèle pour la discipline régulière.
Plusieurs séries de miracles lui sont accordés de son vivant, saint Achaire exhorte alors ses frères à combattre le démon.

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1. Les petits Bollandistes
2. La production éditoriale de Jumièges vers le milieu du X° siècle – Jacques le MAHO, CNRS, CRAHM
3. Foissart, tome 15 – Frénésie de Charles VI
4. Légendes et croyances en Hainaut Cambrésis – Bernard Coussée
5. Icône imprimée chez Decarpentrie à Valenciennes, représentant nos deux Saints Patrons
6. Histoire de l'abbaye royale de Saint Pierre de Jumièges par un religieux bénédictin de la congrégation de St Maur
 

La lutte contre le démon


Un jour de samedi que les moines avoient coutume de se faire la tonsure, le saint abbé aiant dit à un frère qui le servoit de lui faire la sienne, comme il étoit dans cette action, il aperçut dans un coin de la salle une figure humaine qui écrivait sur du papier. Le saint, accoutumé à ces tours de l'esprit malin, ne le méconnut pas. « Que fais-tu là, lui dit il, mauvais ennemi ? Que viens tu chercher dans nos retraites ?– J'écris, lui répliqua le démon, qu'un serviteur de Dieu occupe le sien à le servir dans une heure qu'il n'est plus permis. » C'étoit en effet après l'heure de la none, c'est à dire à trois heures après midi, où, selon l'usage du tems, au moins parmi les moines, commençoit le repos du dimanche, et le bon abbé, distrait d'autres pensées, n'y avoit pas fait attention.« Hé bien ! L'heure est passée, dit il à cet accusateur, j'ay péché il faut cesser; mais toi, va toujours où il t'appartient d'être, et laisse en repos les serviteurs de Dieu. » Le fantôme à ces mots disparut, et le saint homme à demi rasé courut à l'église, confessa sa faute devant tous les frères, prosterné sur le pavé, et en signe de pardon, ses cheveux furent rétablis en l'état qu'ils étoient auparavant.

Un peu plus tard un autre fait arriva :

Un jour après avoir béni ses frères selon la coutume et les avoir conduits au dortoir, il s'étoit lui même retiré pour veiller et prier, comme il étoit en oraison, il vit à la porte deux personnages fort différents; l'un d'une belle figure et revêtu d'une robe blanche, l'autre fort sale et hideux dont les yeux etinceloient comme le feu. Le premier dit à celui ci :« il t 'est donné pouvoir de frapper ici les corps, mais non de rien entreprendre sur les âmes; ton glaive ne servira pourtant pas jusqu'à l'annéantissement de ces corps, car ceci n'est point un chatiment sur ces frères, mais un effet de sa divine bonté pour la conversion de plusieurs infidèles, demeure là, ne touche à personne; dans un moment je reviendrai te dire ce que tu devras faire » L'ange aussitôt s'avança vers l'abbé et lui dit : « Serviteur de Dieu, prenez courage et priez le Seigneur pour vous et pour votre troupeau. Ce troupeau trop nombreux pour vos forces, Dieu va dans trois jours le réduire à moitié; mais ne craignez rien, cette disposition n'est point pour la ruine d'aucun de vos enfants, c'est un effet de son amour pour le nombre d'élus qu'il va appeler à lui des misères de ce siècle. Présentez vous donc avec eux devant sa face, dans une humble confession, et que chacun se dispose à un heureux passage. »
Fulbert, moine de S. Ouën de Rouen, dit icy que l'ange marqua avec sa baguette, passant devantchaque lit du dortoir, ceux que Dieu devoit appeler, et c'est ainsi que l'histoire est encore représentée sur une muraille du cloître.
Terrassés par la maladie, on enterra les corps des malheureux frères dans un même cimetière dans autant de cercueils de pierre.
Saint Achaire mourut le quinze de septembre 687, âgé d'environ soixante quatre ans, et fut inhumé dans le cimetière au milieu de ceux qui furent enlevés trois ans auparavant par la peste.

Saint Hugues


Hugues est né à la fin du VIIe siècle, fils de Drogon comte de champagne, et d'Austrude, fille de Waraton, maire du palais. Par son père il était petit fils de Pépin de Héristal, neveu de Charles Martel et cousin germain du roi Pépin. saint Hugues est élevé avec beaucoup de soin auprès de son aïeule maternelle Ansflède, dame de grande piété; qui s'applique à lui enseigner la loi du Seigneur. Il entre rapidement dans les voies étroites du salut, et distribue aux pauvres, aux monastères et à l’église la plus grande partie de biens de son riche patrimoine. N'étant encore que laïque, il donne ses terres aux abbayes de Saint- Wandrille et de Jumièges. Cette distribution étant faite, saint Hugues se retire en 718 dans le monastère de Jumièges, pour embrasser la profession religieuse sous la protection de l'abbé Cochin.

En 722, le siège épiscopal de Rouen étant devenu vacant, il y est nommé évêque.
Un an après saint Hugues est nommé abbé de Saint-Wandrille, puis évêque de Paris. Il meurt à Jumièges en 730 et fut enterré dans l'église Notre Dame, où ses religieux lui élevèrent un superbe monument.

Les raids Vikings

En 841, les "hommes du Nord", ou plutôt les Normands apparaissent sur nos côtes. Leur règle est simple : piller. Ils remontent le cours des rivières et les affluents à l'aide de leurs bateaux à fond plat les Drakkars. Ils arrivent à Jumièges, où ils incendient et dévastent le monastère. Les moines décident d'envoyer les précieuses reliques de Saint Hugues et Saint Achaire à Haspres. Les moines semble-t-il vont maintenir la vie monastique sur Jumièges quelques temps avant de trouver refuge vers la fin du siècle à Haspres.
Les ruines de Jumièges étaient alors à l'abandon, avec pour seuls occupants deux chapelains, Baudouin et Gondouin, que les moines d'Haspres avaient envoyés pour veiller sur le site.

Haspres : Ville de pélerinage


Comme le montre la médaille ci contre, le mal de frénésie ou dérangement de l'esprit est symbolisé par une araignée qui semble sortir du cerveau de la personne que l'on veut guérir. L'araignée symbolisée ne viendrait elle pas de l'expression désignant une personne un peu folle : "avoir une araignée dans le plafond" ?

D'ailleurs le mot acariatre désignant une personne d'une humeur difficile à supporter; hargneux; grincheux; tire ses origines de Saint Achaire. Au dos de la médaille est inscrit

« Souvenir du pèlerinage d'Haspres ».

Un sanctuaire dédié à Saint Achaire1 et fréquenté dés le XIIIe siècle, ainsi qu'un hôpital destiné à l'accueil des pèlerins fondé en 1218 existaient à Haspres. Ils reçoivent de nombreux malades déments durant tout le moyen age, la folie dont sont atteint les malades est parfois désignée sous le nom de mal de Saint Achaire. Il était tenu un
registre de la confrérie des saints patrons Hugues et Achaire : on y inscrivait les guérisons opérées par l'intercession de ces deux vénérables religieux. Au XVIIIe siècle, les malades qui se déclaraient guéris "signaient sur le registre avec le trésorier de la prévôté".


"Ce n'était pas seulement la foule qui venait à Haspres, des seigneurs y entreprenaient des pélerinages avant de partir en guerre. Aussi de nombreux dons étaient ils faits au prieuré, ou la richesse amena bientôt le désordre..."
La folie de Charles VI

Froissart écrit à ce sujet : "qu'on venait de moult lieues visiter Saint Acquaire pour se guérir de la frénaisie et resverie, et qu'il y fut envoyé un homme, faict de cyre en forme du Roy de France et un très beau cierge et grand et offert moult devotement et humblement au corps Saint afin qu'il intercedât auprès de Dieu pour alléger le Roy de son mal."


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1. Charles Laurent Canonne – Histoire de la Franche Ville d'Haspres


Miracles opérés par l'intercession des Saint Patrons d'Haspres, Hugues et Acaire, recueillis du registre de la confrérie des dits saints érigés en l'église de la prévôté d'Haspres le 25 de mai 16041



L'an 1605, Hélène Benoit d'Ath a fait la neuvaine, et a été guérie miraculeusement L'an 1608, Barbe le Roy à fait la neuvaine en l'honneur
des Saints, et a été guérie parfaitement. La même année Jeanne Devaqué d'Avesnes a fait la neuvaine et a été guérie.
La même année aussi Louise Basse de Crequi à fait la neuvaine sur le lieu et a été guérie.
L'an 1610, André Viron de Crespin a fait la neuvaine en l'honneur des Saints Patrons, et est sorti fort allégé.
L'an 1612, Barbe Vilain native de Landrecies a fait la neuvaine et est sortie bien guérie.
L'an 1615, Bertrie femme de Jean Fouques de Valenciennes a fait la neuvaine et est rentrée dans son premier esprit.
L'an 1617, Jacques Manderon de Maroilles a fait ici la neuvaine, et a été guéri.
Idem la même année Jean de Sinery de Valenciennes a fait ici la neuvaine des saints et fut guéri.
Idem Michel Spare de Bouchain a ici fait la neuvaine au mois d'aoust et est sorti gueri.
Idem Nicaise Demain de Fontaine au bois a fait ici la neuvaine au mois de septembre et a été guéri.
L'an 1618, Antoine Lepide de Marchiennes a fait deux neuvaines au mois de juin en l'honneur des Saints, et est sorti fort allégé.
La même année Abraham Richelin de Hanoffe, encore qu'il fut de la religion, sa femme l'a amené faire deux neuvaines aux saints, et est sorti bien dispos : du depuis étant rentré dans ses premières erreurs, est incontinent retombé dans sa première frénésie.
Idem la mêm année Jacqueline Monier de Berlaimont a ici fait la neuvaine au mois de Juin, et est sortie assez bien disposée.
La même année Thomas de Bomarie de Landrecies a fait deux neuvaines et est sorti fort amendé.
L'an 1619, Barbe Fontaine de Haussy a fait la neuvaine du mois de may et est sortie guérie.
La même année Lievine de Boires d'Escaudain a ici fait deux neuvaines au mois de may, et s'en est quelques peu mieux trouvée.
Idem Marie Dupont de Rieu a ici fait la neuvaine et a été guérie.
L'an 1620, Louis de Joye d'Avesnes les Auberts a ici fait une neuvaine au mois de juillet, et est sorti fort bien guéri.
L'an 1621, Catherine de Wandaraing du village de Horbignié a fait une neuvaine le 17 may et a été parfaitement guérie.
La même année Catherine Le Denis de Bermerain St Martin a fait la neuvaine, et a été fort bien guérie.
Idem Jean Lobian de St Souplé a ici fait deux neuvaines et est sorti bien guéri, ayant été gardé par sa mère Marie Fournier.
Idem Marie Bailliet de Serain a ici fait la neuvaine, et s'en est trouvée aucunement allégée.
Idem Marie Turcq du village de Gregicourt proche de la Fère a été fort bien guérie.
Idem Martine de Ruillers de Reunes a ici fait une neuvaine et a été fort bien guérie.
L'an 1622, Agnès Saveureuse native de la ville d'Ath en Hainaut a fait la neuvaine en l'honneur des Saints patrons et a été parfaitement guérie en la présence d'un père Cordelier, deux religieuses, et le mayeur de la ville de Condé. En reconnaissance de cette faveur, que la dite Agnès a reçue par les mérites des Saints, elle a donné à l'église un devant d'Autel de Dams blanc.
L'an 1624, Charlotte Blondel de Tilloy étant possédée du diable, a ici fait la neuvaine accompagnée de Jeanne Bufin et a été délivrée.
L'an 1625, Bertrand Leblas de Solesmes a fait la neuvaine et a été bien guéri.
L'an 1626, Huberte Sty de St Suplie a fait la neuvaine le 13 décembre, et est sortie bien guérie.
L'an 1627, Jeanne Vilers a fait ici deux neuvaines et est sortie assez dispos.
L'an 1628, Pierre Chambertin a fait ici la neuvaine et est sorti guéri.
L'an 1636, Barbe l'Aumonier a ici fait deux neuvaines, et est a été guérie.
L'an 1643, Antoinette Carlier du village de Neuville a fait la neuvaine avec son mari, et a été guérie par les mérites des St Patrons.
La même année Maximilien du village de Sancourt a ici fait la neuvaine et a été guéri.
Idem Pierre Coutelier natif et laboureur du village de Janlain a fait ici la neuvaine, et a été guéri le 12 février.
L'an 1646, Jeanne Juper native de Cambray a fait ici la neuvaine, et est sortie mieux disposée, et par après guérie.
La même année Jacques Petit natif du Quesnoy a ici fait la neuvaine, et est sorti parfaitement sain.
Idem Marie Claro native de Cambray a fait la neuvaine et est sortie mieux disposée, et peu après guérie.
Idem Marie Stlard de Cambray a fait la neuvaine, et est sortie parfaitement guérie.
Idem Margueritte Baudain de Cambray a fait la neuvaine, et est sortie guérie.
L'an 1648, Martin Delsart de Cuenne a fait deux neuvaines des Saints et a été guéri miraculeusement..
L'an 1650, Jean de St Aubert a fait ici la neuvaine et est maintenant guéri.
L'an 1716, André Vigniol de Marquette est entré dans la confrérie le 19 may, il etoit perdu d'esprit, il a fait la
neuvaine, et est retourné tout a fait guéri, il étoit agé de 18 ans.
La même année Marie Anne Fauveau après avoir fait deux neuvaines étant perdue d'esprit est retournée guérie le 18 octobre, elle est de Thiant.
L'an 1717, Pierre Laine Jeune homme de Cambray, étoit affligé d'esprit a fait la neuvaine et est retourné guéri le 16 septembre.
L'an 1721 Marie Jeanne Hautecourt native de Castillon, mariée à Cambray a fait le neuvaine et est retournée guérie.
L'an 1723, Jacques François Massart natif d'Hautmont est venu servir les Saints, et faisant sa neuvaine il se trouve beaucoup soulagé par les mérites des Saints, en foi de quoi il a signé sur le registre avec le trésorier de la prévôté.
L'an 1724, Marie Cécile planque demeurante au village de Tilleroy est venue servir les Saints à Haspres le 26 may, étant incommodée de l'esprit, a fait la neuvaine et est retournée soulagée.

Approbation :
Je soussigné Docteur et Professeur Royal des controverses de la foy de l'université de Douay : ai lû l'histoire abrégée des reliques des Saints qu'on honore à la prévôté d'Haspres, dans laquelle je n'ai rien trouvé de contraire à la foi catholique et romaine, ni aux bonnes moeurs.

Fait à Douay le 2 mars 1727
J.M AMAND

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1. BNF – côte 8LK7-3101, reproduction ouvrage de 1727 chap III – Cambrai, Impr de A.Régnier-Farez 1860

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