C'était une figure emblématique de la Seine. Embarquement à bord du Quevilly...

C'est en 1896 que le fameux quatre-mâts barque est construit aux chantiers Laporte, de Grand-Quevilly.


Le Quevilly ici devant Caudebec...

Commandé par l'armement Henry Prentout-Leblond, le Quevilly est long de 105 mètres pour 13,90 mètres de large. Il jauge 3.841 tonneaux bruts et sa surface de voilure peut  atteindre 4.500 m2. Ce voilier en acier est doté d'une double coque, d'un moteur auxiliaire et possède à bord tout un système électrique.


Ici encore devant Caudebec...

Aux vieux riverains de la Seine, lorsque vous demandiez quel bateau les avait le plus impressionné, on vous répondait sans hésiter le Pourquoi-Pas du commandant Charcot qui fit effectivement escale à Duclair et surtout le Quevilly qui, lui, croisait souvent dans nos parages. Combien de cartes postales ont été éditées avec sa silhouette. Le plus grand pétrolier voilier du monde assurait la navette entre Rouen et la côte est des États-Unis. Quinze jours pour rallier Philadelphie.


Alors, on le voyait souvent sur le fleuve. Il en était la majesté. Ses retours étaient salués par des quais noirs de monde. Bref, le dernier monument de la marine à voile était la fierté des Normands. Le Quevilly était rassurant. Il symbolisait le prestige de la vieille marine tout en transportant le carburant de la révolution industrielle. 

Un navire fantômE

C'était aussi un saint-bernard des mers. En mars 1907, l'épave d'une goélette errait depuis un mois en mer, la seule dunette émergée. Un danger pour la navigation. Le Quevilly croisa sa route et alla reconnaître l'épave. Et découvrit son équipage qui se laissait mourir. Durant la grande guerre, guetté par les torpilleurs, il accomplit sa mission sans encombre jusqu'au début 1918 où il se fit aborder accidentellement à New-York par un torpilleur américain. Escorté par le sous-marin français Diane, le 11 février 1918, il fut attaqué par un sous-marin allemand. Le pétrolier réussit à échapper à l'attaque. Le Diane fut coulé. Mais voici l'apogée des pétroliers à vapeur. 

Je viens de retrouver quelques papiers concernant mon parrain qui se trouvait être marin. Sa premiere inscription maritime date de 1912 et le premier embarquement sous le numero 3435 sur le Victor Hugo pour la Première Guerre mondiale ; puis cet embarquemnt sur le Quevilly en mai 1920. Si dans vos archives subsistaient qelques informations concernant cette periode je serais très heureux d'en prendre connaissance,
bien sur dans la mesure ou cela est possible.
Demobilisé il est parti sur le Compiègne jusq'à octobre 1923 et en 1938 il a commencé une carriere de pêcheur a la Turballe sur les terre-neuvas et ensuite en pêche côtière
Un homme exceptionnel comme il devait en avoir beaucoup dans la marine a cette epoque...

Dominique Bazire

Le Quevilly est désarmé le 5 octobre 1921, abandonné non loin de Croisset. En 1923, les Norvégiens rachètent le Quevilly, le démâtent, en font un bateau-citerne pour le transport des huiles de baleine. Sous le nom de Deodata, le Quevilly navigua encore seize années avant d'être une des premières victimes de la seconde guerre. Le 21 octobre 1939, touché par une mine ou une torpille, il sombra quelque part en mer du Nord. En l'an 2000, des plongeurs normands allèrent reconnaître l'épave. 

Laurent QUEVILLY.


Lien: le bac d'Yainville






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