ANNEVILLE-SUR-SEINE

Ép. romaine. Substructions et tuiles à rebords rencontrées près du village vers 1848, lorsque l'on fit le chemin de grande communication qui conduit au Bourg-Achard. En face de ces débris on voit dans les champs un tertre d'une certaine élévation, sur lequel on trouve des fragments de marbre et de tuiles à rebords. En 1860, on y recueillit une pièce d'or de Trébonien Galle. 

Moyen âge. Église dédiée à Notre-Dame et à saint Jean, à une seule nef, des premières années du XVIe siècle.

Nef couverte par un
berceau ogival sur charpente apparente et éclairée par huit fenêtres à réseau.

Portail percé d'une double porte
en arc surbaissé sous un arc en plein cintre encadrant une rosace.

Clocher entre nef et chœur, supporté par quatre arcs surbaissés à moulures prismatiques, flanqué latéralement de deux petits transepts rudimentaires.

Tour percée sur chaque face d'une baie en arc aigu , séparée en deux par un meneau central. Flèche d'ardoise.


Choeur terminé par une abside à trois pans, voûté sur nervures prismatiques avec clefs pendantes de la Renaissance, éclairé par sept fenêtres à meneaux et à réseau flamboyant.

Deux piscines. L'une dans le chœur,
l'autre dans le mur sud de la nef, près de l'autel élevé à son extrémité. Petite armoire pour la réserve eucharistique avec sa porte sculptée, dans le mur du chevet.

Verrière du XVIe siècle représentant la Crucifixion dans la maîtresse vitre du chœur et fragments dans les autres fenêtres.

Autel du XVIIIe siècle, en menuiserie sculptée
et dorée, portant cinq grandes statues de terre cuite dorée, représentant la Vierge entre deux anges adorateurs, saint Jean-Baptiste et sainte Véronique. La main de la Vierge soutient une couronne qui servait à la suspension de la réserve eucharistique.



Croix processionnelle en ar
gent de la confrérie de la Charité, achetée par cette confrérie en 1663. (Publiée par la Gazette des Beaux-Arts, t. X.)


Inscription sur la douille : "A. La. paroisse, danville. sur. Seine. 1689. M" Dubocaige. prbre. Vicaire du d. Lieu. Et. Jean. deCaux. Et. p. Valois. M' En Charge. "

Voici ce qu'écrivait Alfred Darcel a propos de cette croix :

« Un calice fort élégant, en vermeil repoussé, qui appartient à la paroisse de Jumiéges, est de la même époque et sort probablement du même atelier que la croix d'Anneville. Comme elle, il est décoré sur son pied, sur son nœud et sur sa fausse coupe, de têtes ailées de séraphins qui alternent avec les instruments de la Passion, semblables à ceux que l'on voit sur la hampe de la croix. La paroisse d'Anneville étant voisine de celle de Jumiéges, et l'abbé du monastère de Jumiéges étant alors le seigneur d'Anneville, il n'y a rien d'étonnant à cette simililude. Enfin, je possède deux burettes et leur plateau que l'on croirait fabriqués exprès pour accompagner le calice dont je viens de parler. Toutes ces pièces, où l'on remarque encore un certain respect de la forme et une sage subordination du détail à l'ensemble, appartiennent au même temps et paraissent plus voisines du milieu que de la fin du XVIIe siècle, malgré la date 1689 gravée sur la croix d'Anneville.

« Cette croix est haute de 67 centimètres et large de 34 centimètres, en la mesurant du sommet au bas de la douille et horizontalement de l'extrémité de l'un des bras à l'autre extrémité. Admirablement entretenue par les frères de charité, qui en sont orgueilleux, comme on dit dans le pays, et ne la confient qu'au maître en charge, qui la garde chez lui, elle les accompagne ou les précède dans toutes les cérémonies auxquelles ils assistent. C'est derrière elle que cette charitable association a porté en terre toutes les générations qui se sont succédé dans la paroisse depuis qu'elle y fut acquise, et c'est derrière elle qu'espère bien être porté un jour au cimetière de son village votre très-affectionné collaborateur. »



Litre funèbre extérieure aux armes des Mouret,
sieurs Dupont.

— Croix de cimetière de la Renaissance.


— Manoir du Grand- Hôtel, au bord de la Seine, petit château en brique et pierre du XVIIe siècle, portant les armes des Mouret , jadis accolé à une ancienne construction du XIIe siècle, qui possédait une cheminée extérieure, aujourd'hui disparue.

— Chapelle de Notre-
Dame-de-Bon-Port attenante au château et de même époque, avec litre aux armes des Mouret. Plaque de cuivre de la fondation, en 1669, renouvelée en 1717, de rentes pour les pauvres, encore payées aujourd'hui.

— Colombier du même temps.
 
— Manoir Brescy, mo
deste habitation en pans de bois qui doit dater du commencement du XVIe siècle, avec puits à margelle de pierre armoriée.

— La Cheminée-Toumatite, petit châ
teau du XVIIe siècle, au bord de la Seine, ainsi nommé â cause d'une girouette qui dominait une cheminée, portant les armes de Mouchard, conseiller au parlement, et remplaçant une maison en pans de bois avec escalier à tourelle, du XVIe siècle, aujourd'hui démolie.

Ep, incertaine. Lieu dit le Cimetière des Huguenots,
voisin de l'église. On y a trouvé des ossements lors de la construction de la maison d'école.

(Voir, pour l'histoire
d'Anneville, les mémoires publiés par M. Mouret, sieur Dupont, à propos de ses démêlé avec M. de Brescy et l'abbaye de Jumiéges.)

ANNEVILLE ET BERVILLE-SUR-SEINE. — Les habitants de ces deux communes placés sous la houlette d'un même pasteur étaient en grande fête dimanche dernier. Pour la première fois, le très saint Sacrement était porté processionnellement à un grand reposoir dressé à l'arrivée de bac de Duclair.

Vases et corbeilles de fleurs magnifiques, verdure, candélabres, séries de pavillons, guirlandes, rien n'avait été négligé pour le rendre aussi beau que possible. Après une courte allooution, Mi lé Curé donna la bénédiction solennelle au son du tambour, des cloches de Duclair et de douces harmonies parfaitement exécutées par plusieurs instrumentistes, venus de Barentin pour la circonstance. Les enfants portaient des oriflammes, travail de mains pieuses de la paroisse. Sur le parcours de la procession se trouvaient trois autres reposoirs où chacun avait rivalisé de goût et de zèle. Quelques rayons de soleil vinrent percer la sombre nue...

(La semaine religieuse, juin 1898)



Ambourville

Église dédiée à saint Remy, à saint Cosme et à saint Damien. La nef, couverte par un berceau de bois, est entièrement du XVIe siècle, quoiqu'elle ait été souvent mutilée plus tard.
Elle garde encore deux débris de verrières représentant saint Remy, saint Cosme et saint Damien.

Le chœur
primitivement du XVIe siècle, a été refait à la fin du XVIIIe. Dalles tumulaires et inscriptions dans le chœur.

Dalle circulaire d'un enfant, du XVIe siècle, dont
l'inscription est presque eflacée.
 
Grande dalle d'une
dame d'Ambourville décédée en 1681.
 
Inscription sur
marbre encastrée dans le mur nord du chœur, relatant la fondation faite en 1696, par Robert de Balzac, seigneur de Montaigu et d'Ambourville.

Retable en bois,
très vermoulu, du commencement du XVIe siècle, représentant la Passion, dans la sacristie.

— Jolie croix de
pierre du XVIe siècle dans le cimetière.



— Le château,
vieille construction de pierre du XIIIe siècle, qui a conservé quelques ouvertures et sa charpente, que l'on dit une ancienne maison de Templiers. La tourelle de l'escalier est de la fin du XVe siècle. L'entrée de la serrure est un écu aux armes des Mallet de Grasville.


Répertoire archéologique de la France.


 
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