La commune de Saint-Martin-de-Boscherville, ou plutôt Bocherville, comme on disait alors, n'était pas restée en arrière dans le mouvement révolutionnaire on pourrait même dire qu'elle marchait à l'avant-garde des communes du canton de Canteleu, dont elle faisait partie. Toutefois il est juste de reconnaître que si l'élément avancé y était nombreux, il sut jusqu'au bout se contenir dans une certaine modération il n'en acquit pas moins une influence considérable qui ne manqua pas d'occasions de se manifester, et la constitution de la Société Populaire allait lui fournir l'autorité nécessaire pour justifier légalement la prépondérance à laquelle il aspirait sur les pouvoirs constitués de la commune.



Le premier appel en vue de la constitution de la nouvelle société avait- été lancé le 27 germinal an II (16 avril 1794), et le 10 floréal (30 avril) cent vingt-huit citoyens avaient déjà donné leur adhésion où- étaient venus se faire inscrire. Les promoteurs du nouveau groupement s'étaient d'ailleurs montrés des plus accommodants, ils avaient admis d'emblée tous ceux qui s'étaient présentés. N'avaient-ils pas plus tard, à leur disposition, le fameux système d'épuration recommandé si spécialement par la Convention, et qui, dans bien des circonstances, eut pour beaucoup des conséquences si néfastes. Toutefois leur mansuétude première se montra inflexible à l'égard des ex-nobles qui, dans un but facile à comprendre, s'étaient
empressés de solliciter leur admission dans la nouvelle société. C'est ainsi que les citoyens Saint-Ouen (1), Jean Gédéon Bonnissent dit le Chevalier, Bugard et Brunel, ce dernier parce qu'il n'avait pas son domicile légal dans la commune, se virent impitoyablement  repoussés.

(1) Louis Charles de Saint-Ouen d'Ernemont, né le 10 février 1749, époux de Madeleine Charpentier, née le 10 février 1749.

L'élection de D'Ornay


Le beau zèle montré par les citoyens de Boscherville en faveur de la nouvelle société ne devait pas avoir une longue durée. Dès la première réunion destinée à la formation du bureau provisoire, certaines absences que l'on pourrait peut-être qualifier de défections, se produisirent. On leur trouva, toutefois, des motifs d'excuse, et on élit le citoyen D'Ornay, juge de paix. président, avec le citoyen Delahaye, instituteur, pour secrétaire, puis on décida que les séances de la société se tiendraient dans la ci-devant église deveaue le temple de la déesse Raison. Gabriel d'Ornay, né à Rouen en 1709. surnommé le centenaire, fut d'abord avocat au Parlement de Normandie, puis dominé par le goût des lettres, il se mit en relations avec Vullaire et visita l'Europe. A son retour il devint membre de l'Académie de Rouen. Echevin de sa ville natale, d'Ornay s'occupa activement du bien-être de l'embellissement de la cité. Il mourut à Saint-Martin-dc-Boscherville, en 1834, dans sa 106e année.
Dans sa séance du 14 mars 1884, le conseil municipal de Rouen, sur un rapport de M. Roburt, donnait son nom à une voie nouvelle reliant la rue de Damélal à la rue Raboteuse.

Le moment était alors venu de procéder à la fameuse épuration et d'exiger de tous ceux qui seraient définitivement admis, le serment civique selon la formule prescrite par la loi. La crainte de cette épuration ou les termes mêmes de ce serment eurent-ils le don d'intimider ou de faire réfléchir une bonne moitié des adhérents de la première heure, on ne le sait; toujours est-il que sur les cent vingt-huit inscrits, cinquante-huit seulement se présentèrent devant le jury épurateur qui se déclara satisfait de leurs réponses et leur donna l'investiture.

Les ex-nobles se manifestent


De leur côté les ex-nobles s'étaient montrés fort contrariés de la décision qui leur fermait les portes de la société jacobine. Protester contre cette décision ne pouvait leur servir rien, mais ne voulant pas laisser croire qu'ils étaient indifférents au nouveau régime, ils venaient, le 20 floréal (10 mai), témoigner devant la société de leurs sentiments patriotiques, affirmer leur civisme et leur dévoûment aux institutions républicaines. Saint-Ouen fit même à ce sujet un véritable discours.

L'assemblée ne demandait qu'à les croire, elle poussa même la condescendance jusqu'à les féliciter de leurs bons sentiments et chargea son président de leur donner l'accolade fraternelle, mais elle se refusa à aller plus loin. Ce n'était pas tout-à-fait ce que les ex-nobles avaient désiré, mais ils durent se contenter de cette demi satisfaction.

Enfin constituée, la Société Populaire pouvait nommer son bureau définitif. D'Ornay fut réélu président par quarante-sept voix sur cinquante-huit votants. Laurent Dorennor et Bataille obtinrent le même nombre de voix pour la vice-présidence, et le bénéfice de l'âge l'attribua à Dorennor; Bataille, en compensation, fut nommé trésorier. A. Buhour et Delahaye revinrent les fonctions de secrétaire.
Comme toute assemblée qui se respecte, la Société voulut avoir son règlement. A cet effet, elle chargea une commission de trois membres d'en élaborer un projet.

L'ère de l'épuration


Mais la Société Populaire de Boscherville avait hâte de jouir des prérogatives que la loi lui avait conférées, et, après avoir subi elle-même l' « épuration », elle aspirait à « épurer » les autres. Toutes les autorités déjà constituées, ainsi que les fonctionnaires, durent ainsi comparaître devant elle. Non seulement, elle était maîtresse de leur sort, mais encore elle avait la mission du pourvoir au remplacement, soit dans l'ordre judiciaire, soit à la municipalité ou au comité de surveillance, de tous ceux qu'elle jugerait indignes ou incapables de remplir la mission dont ils étaient investis. C'était pour elle la toute-puissance.

En prévision des vacances à combler, elle commença par nommer une commission composée des citoyens d'Ornay, Bataille, Chéron, Bazièrc, Buhour et Briffaut, chargée de dresser la liste des candidats à présenter à la Société qui devait statuer en dernier ressort. Dores et déjà deux postes étaient à pourvoir à la municipalité, par suite de l'internement à la maison Saint-François, de Rouen, du curé Poisson et de son vicaire Delahaye, tous deux membres du conseil général en outre, le vicaire Delahaye remplissait les fonctions de greffier du juge de paix il fallait aussi, de ce côté, lui trouver un successeur.

Le 30 floréal (20 mai), la Société Populaire commençait sa grande œuvre d'épuration générale. Nous voyons ainsi défiler devant elle le maire, Pierre Chéron les officiers municipaux Jean Platel, Jean-Armand Forment, Louis Leroux, Laurent Lenfant, Pierre Das ; l'agent national, Jean Bazière ; le conseil général Pierre Poulain fils, Jacques Thiel, Michel Tinel, Louis Poulain, Vernisse, François Thibault, Henry Baron, Charles-Marie Mauger, Pierre Leroux (du Geneté), Jean Blin. Tous furent reconnus comme de bons, citoyens-patriotes attachés la Constitution et jouissant de la confiance du peuple. Aussi, le maintien dans leurs fonctions fut-il voté par acclamations aux cris de Vive la République ! Vive la Montagne !

Le Comité de surveillance, composé de Laurent-François Dorennor, J.-B. Buhour, Pierre Le Monnier, Abraham Vasseur fils, Michel Trefouel, Joseph Das fils, Briffaut, Augustin Vincent, Jacques Baron fils, Jean-Louis Leroux, Pierre Depré et Pierre Leroux, défila ensuite à la barre de la Société ; tous, à l'exception de Dorennor, étaient accueillis avec le même enthousiasme que les membres de la municipalité. Mais Dorennor, déclaré déchu de la confiance du peuple, était rayé de toutes les sociétés auxquelles il appartenait. Cette exécution fut d'ailleurs la seule que pratiqua la Société Populaire, qui, dans sa toute-puissance, ne ne se montra pas, en somme, très rigoureuse.

Les protestations de Dorennor


Dorennor, ainsi exclu du comité de surveillance, n'était pas disposé à accepter sans protestation la décision de la Société Populaire. Quelques jours plus tard il reparaissait devant l'Assemblée et lui présentait une pétition dans laquelle les signataires affirmaient son civisme et son patriotisme. Malheureusement, il avait eu le de se faire, dans ses relations privées, d'implacables ennemis des questions d'intérêt particulier, qui auraient dû n'avoir rien à faire dans le débat, furent adroitement soulevées, et, malgré les termes élogieux pour lui par lesquels lès pétitionnaires reconnaissaient sa loyauté, malgré la supplique que lui-même adressa à la Société Populaire, l'assurant de son attachement à la constitution républicaine et le suppliant d'avoir égard à son âge et à ses infirmités, l'assemblée persista dans sa résolution première.

L'attentat contre Robespierre


Dans les premiers jours de prairial, la nouvelle se répandait qu'une tentative d'assassinat avait été commise à Paris contre Robespierre et Collot d'Herbois. Ces deux farouches montagnards étaient alors dans leur toute puissance et faisaient marcher la France par la terreur et la guillotine. C'étaient les dieux du jour qu'il convenait d'encenser sous peine d'encourir les plus terribles représailles.

La Société Populaire de Boscherville ne pouvait se dispenser de prendre part au concert d'indignations plus intéressées que sincères qui s'élevèrent contre cet attentat, et, sur la proposition d'un de ses membres, elle décidait, dans sa séance du 12 prairial (2 juin), d'envoyer à la Convention Nationale une adresse de protestation. En voici la partie essentielle

La Société Populaire de Boscherville, canton de Canteleu, district de Rouen, département de la Seine-Inférieure, pénétrée du principe fondamental de toute société que l'union fait la force, intimement convaincue de cette autre vérité majeure que dans le peuple réside la souveraine puissance, fortement attachée au gouvernement libre et républicain que le peuple a adopté par un assentiment général, persuadée que la Convention Nationale est le centre de réunion de toutes les volontés, de toute la puissance nationale, que les membres qui la composent sont-les dignes représentants du peuple français que porter atteinte à leurs personnes, à leur caractère, à leurs décrets, c'est blesser, c'est tuer la nation même que s'il est vrai, comme on n'en peut douter, que la vie d'un citoyen est ce qu'il y a de plus cher dans l'ordre social, que dans un gouvernement républicain où l'homme jouit de toute la plénitude de ses droits et de toute la dignité de son être, la mort d'un citoyen est une calamité publique et son meurtre un sacrilège, que ce crime énorme, cet attentat affreux devient une atrocité infiniment plus grave lorsqu'elle a pour objet.un représentant de la nation, parce qu'alors il prend le caractère d'un véritable parricide qui ne peut être ni trop tôt ni trop sévèrement puni. La Société Populaire de Boscherville religieusement attachée à ces hautes vérités n'a pu voir sans effroi et sans indignation l'attentat tenté sur deux de ses plus dignes représentants, les citoyens Robespierre et Collot d'Herbois.

Heureusement pour la patrie, ces deux citoyens précieux ont échappé aux armes meurtrières de leurs assassins. La divinité tutélaire qui veille sur nos destinées n'a pas permis que le crime fût consommé en entier. Malgré la lâcheté de ceux à qui ils étaient vendus, nous jouissons encore des lumières et du patriotisme de ces deux célèbres représentants.

Mais que cette tentative affreuse serve d'éveil à tous les bons citoyens pour découvrir les auteurs de cette trame, odieuse et que le supplice des monstres qui l'ont tenté effraient ceux qui seraient assez vils pour acheter des moins parricides et ceux plus vils encore qui se prêteraient à ces vues criminelles.

La fête de l'Etre Supême


Le culte de la Raison a cessé de plaire à Robespierre qui lui a substitué celui de l'Etre suprême, et, comme consécration de la nouvelle religion, le farouche terroriste avait prescrit que dans toutes les communes une fête solennelle aurait lieu en l'honneur de l'Eternel. Elle fut célébrée à Boscherville, le 20 prairial (10 juin.) A neuf heures du matin, la Municipalité, la Société Populaire, le Comité de surveillance et «presque tous les citoyens et citoyennes » de la commune se trouvaient réunis dans l'ancienne église devenue successivement le temple de la Raison et celui de l'Etre suprême. Dans le chœur avaient .pris place les autorités constituées à droite, la Municipalité à gauche, le Comité de surveillance au milieu, la Société populaire. Au bureau étaient assis le maire, les présidents du Comité de surveillance et de la Société populaire. Dans la nef, les jeunes filles vêtues de blanc et les jeunes gens portant des guirlandes de fleurs, le peuple venait ensuite enfin, de chaque côté, la garde nationale en armes.

Comme prélude à la cérémonie, la citoyenne D'Ornay, femme du président de la Société populaire, récitait une ode sur l'Existence de Dieu prouvée par les merveilles de la Nature, puis le cortège se formait pour se rendre à l'endroit désigné pour la fête.

Un peloton de la garde nationale ouvrait la marche, suivi d'une société de musique et d'un groupe de jeunes « citoyens et citoyennes » chantant des hymnes de circonstance puis venaient le corps municipal, le Comité de surveillance et la Société populaire formant autant de groupes séparés et précédés chacun de jeunes garçons et de jeunes filles chantant des airs patriotiques, enfin tous les «citoyens et citoyennes de la commune marchant sur deux rangs sans distinction d'âge ni de sexe,- tous' les êtres étant égaux aux yeux de l'Eternel.» Un peloton de la garde nationale fermait le cortège escorté par le reste de la troupe communale.

Les chœurs placés sous la direction de l'instituteur avaient été ainsi réglés le premier groupe de jeunes gens chantait le premier couplet, le second groupe, le second couplet, et ainsi de suite, les assistants reprenaient le refrain ou les finales de chaque couplet. Après avoir parcouru la grande rue jusqu'à la maison du citoyen Bonneville, le cortège traversa le carrefour pour. pénétrer ensuite dans la cour dite la Carrière. Arrivé sur l'Esplanade, au bas de la roche, il se rangeait dans le même ordre qu'il avait occupé au temple.

Sur la pointe du promontoire, on avait élevé un obélisque de verdure de quarante cinquante pieds de hauteur, orné de guirlandes de fleurs dans lesquelles dominaient les couleurs nationales, blanches, rouges et bleues les feuilles de lierre, symbole de l'union, s'y alliaient aux feuilles de chêne, symbole du civisme l'ensemble de la décoration, aussi originale qu'ingénieuse, offrait un aspect vraiment charmant. De chaque côté de cet obélisque, de grands feux avaient été allumés, et des parfums brûlaient dans d'immenses vases enfin, tout autour, avaient été disposées de grandes corbeilles remplies de fleurs.

Le cortège, ainsi rangé, le maire, le citoyen Chéron, se plaçait sur un petit tertre élevé près de l'obélisque, et prononçait un discours patriotique

Pénétré de cette idée, dont j'ai l'âme profondément émue, qu'il existe un Etre suprème, je recueille cette vérité, que l'impie, l'incrédule ou l'athée, ne peuvent être de bons citoyens, ni des hommes vertueux. Malheur à qui se fait gloire de toute impiété, dont l'audace effrénée ne veut reconnaitre d'autre loi que l'attrait de la volupté, d'autre divinité que ses passions et qui prétend élever le triomphe de son orgueil sur les ruines du temple du Dieu de l'univers. Quel jour plus beau, citoyens, que celui qui nous rassemble, nous venons tous en masse présenter nos hommages à l'Eternel et l'adorer dans son ouvrage. Il sait nos vœux sur la céleste Montagne ce Dieu de bienfaisance et de justice ne veut d'autre temple que nos coeurs, d'autres adorations que notre simple hommage et il ne reconnait d'autres intermédiaires avec lui que nous-mêmes.

Enfants de ce Grand Tout, soyons justes, soyons vertueux, aimons nos frères, secourons l'indigne, compatissons au malheureux, ne nous écartons jamais du respect du aux auteurs de nos jours, image sensible de la divinité que nous reconnaissons si solennellement. Soyons fidèles observateurs des lois, aimons notre pays, chérissons l'homme vertueux. A ces traits vous reconnaîtrez l'homme juste et vraiment républicain.

Et vous, Robespierre, Barrère, Collot, et vous illustres enfants de la Montagne, vous aussi, augustes législateurs, en nous rappelant à cette idée sublime qu'il existait un dieu, vous vous êtes à jamais immortalisés. Vous avez consolidé la puissance des principes de la liberté et de la vertu, vous avez écrasé la superstition, le fanatisme et l'erreur.

Citoyens mes frères, que cette fête se grave et se perpétue dans votre mémoire, qu'elle vous rappelle qu'il n'est point de bonheur sans vertu et point d'homme vertueux s'il ne reconnait un Dieu.
Après le maire, le citoyen Vincent, président du Comité de surveillance, prit à son tour la parole

Reçois, Dieu du Ciel et de la Terre, nos vœux et nos adorations. Daigne étendre sur nous, sur nos frères, sur la France entière, tes mains protectrices. Fais la triompher de ses ennemis tant intérieurs qu'étrangers, protège et fais mûrir nos moissons, ramène enfin la paix, mais une paix glorieuse dans cette belle contrée, et que le peuple français ne faisant plus qu'une seule famille de frères et d'amis, t'adresse tous ensemble le tribut solennel de leur amour et de leur reconnaissance.
 

Puis ce fut le tour du citoyen D'Ornay, président de la Société Populaire il terminait ainsi son discours

O mes amis, mes frères, mes bons voisins, unissons nos cœurs et nos voix. Portons à l'Eternel, à l'Etre suprême, le tribut de notre amour actif et reconnaissant. Bénissons sa main protectrice, jouissons de ses bienfaits, mais surtout observons religieusement ses lois suprêmes.

Que celui qui les a religieusement observées est cher à ce Dieu de bonté. Qu'il est précieux à ses semblables. Comme son existence est heureuse. La sérénité est sur son front ainsi que dans son cœur. La candeur de son âme se peint sur son visage.

Que celui-là est heureux qui, dans tous les événements de son existence et surtout au terme du voyage de la vie, peut se rendre ce témoignage j'ai constamment aimé mon Dieu et mes semblables. Celui-là ne meurt pas il s'endort paisiblement dans le sein de l'Eternel.

Les discours terminés, l'Ode à la Divinité était de nouveau récitée et le cortège se remettait en marche pour se rendre au haut de la montagne par des sentiers tracés pour la circonstance. En passant devant l'Obélisque, tous les citoyens et citoyennes prenaient une poignée de fleurs dans les bannettes et en parsemaient le pied du monument en récitant « avec recueillement » cette évocation :
« Dieu puissant, Dieu bienfaisant, Etre suprême, reçois mon offrande et mon serment solennel de t'adorer sans cesse et de faire pour les autres ce que je désire qu'ils fassent pour moi. »


Continuant sa route à travers la pour, du citoyen Michel Thiel, le cortège prenait ensuite le chemin du Haut jusqu'à sa jonction avec la grande route et rentrait au Temple, dans le même ordre qu'il en était sorti.

Là, de nouvelles actions de grâce étaient rendues à l'Eternel. Le citoyen Saint-Ouen prononçait un discours patriotique, les enfants des écoles étaient interrogés sur les devoirs des citoyens, et l'assistance se séparait en se donnant les signes précieux de « fraternité d'enfants du même Dieu. »

L'après-midi des jeux et des réjouissances de toutes sortes terminaient agréablement la journée.

La fédération des Sociétés


Devenues absolument maîtresses dans leurs communes où elles exerçaient un véritable pouvoir inquisitorial, les Sociétés Populaires ne bornèrent pas là leur ambition. Elles voulurent aussi avoir leur action sur les pouvoirs publics. Mais pour celà il était nécessaire qu'elles ne restassent pas isolées, indépendantes les unes des autres il fallait, au contraire, qu'elles se solidarisassent et se soutinssent. A cet effet, elles fondèrent une sorte de fédération qui, en les rattachant les unes aux autres, donnait une autorité considérable à leurs actes et à leurs délibérations. C'était ce qu'on appelait alors l'affiliation.

La Société Populaire de Boscherville ne pouvait manquer de suivre le mouvement, et le 25 prairial (13 juin) elle sollicitait son affiliation à la société de Rouen, comme étant la société mère, à la société du Val-de-la-Haye, comme la plus ancienne de la contrée, et à la société de Canteleu, le chef-lieu du canton. Le citoyen D'Ornay fut chargé des démarches nécessaires à Rouen, et des commissaires étaient désignés pour aller s'entendre avec les sociétés du Val-de-la-Haye et de Canteleu.

Des désertions


Malgré ce beau zèle qui était plutôt l'oeuvre des chefs que des simples soldats, une certaine tiédeur se manifestait déjà au sein de la société Boschervillaise les séances n'étaient plus aussi suivies, et, à chaque réunion, on constatait des absences de plus en plus nombreuses. Dans l'intérêt même de la société et de son influence, il devenait urgent de réagir contre de pareilles tendances. A cet effet, un membre demanda que des amendes fussent infligées aux absents saes excuse. On aurait peut-être accepté un blâme moral mais, personne ne se montra disposé à mettre sa bourse à contribution, et la proposition fut rejetée.

Peut-être devait-on attribuer cette indifférence des membres de la société au peu d'intérêt que présentaient ses réunions, qui avaient toujours lieu les jours de décadi, et au peu d'attrait qu'offraient elles-mêmes les fêtes décadaires. Quoi qu'il en soit, c'est de ce côté qu'on chercha le remède. Pour réchauffer le zèle des citoyens patriotes, il fallait tâcher d'exciter leur curiosité et leur donner un spectacle qui pût les intéresser.

Dans ce but, quelques membres proposèrent d'avoir un organiste qui accompagnerait les élèves dans leurs chants et « remplirait le lieu de l'assemblée de ses sons harmonieux » d'autres préféraient deux joueurs de clarinettes « instrument champêtre et militaire
».
Mais, d'un côté comme de l'autre, c'était une dépense d'une quinzaine de livres, et, la société n'ayant pas de ressources, personne ne se montra disposé à en faire les frais sur ses deniers personnels. On se trouva donc dans la nécessité de décider qu'il n'y aurait pas de musique aux réunions et aux fêtes décadaires.

Le fils d'Ornay décoré



Le 30 prairial (18 juin), il y avait de nouveau grande fête à la Société Populaire un délégué de Rouen et trois du Val-de-la-Haye, portant leurs diplômes, étaient venus prendre part à la cérémonie décadaire et on leur fit les honneur de la séance. Le citoyen Bertrand, du Val-de-la-Haye, prononça à cette occasion un grand discours qu'il termina en proposant d'offrir une médaille d'honneur au fils du président D'Ornay, lieutenant au 1er régiment des hussards de l'armée des Pyrénées, « dont les lettres intéressantes annoncent le civisme le plus épuré et la bravoure d'un républicain. » Cette proposition était acceptée avec enthousiasme et l'assemblée votait par acclamation l'envoi de sa médaille au jeune officier.

Le règlement de la Société avait prévu le renouvellement de son bureau tous les trois mois. Les pouvoirs du citoyen Dornay arrivaient ainsi à expiration et on lui donnait pour successeur à la présidence le citoyen Vernisse qui était installé le 10 messidor.
Ce même jour, le curé Poisson et le vicaire Delahaye, rendus à la liberté, venaient remercier la Société Populaire de son intervention en leur faveur; l'ex-curé Poisson prononçait à ce sujet un discours patriotique.

Des citoyens à l'index


Stimulés par le nouveau président un certain nombre de citoyens s'étaient présentés devant la société pour s'y faire inscrire mais il leur fallait subir l'épuration et l'on était décidé à se montrer des plus rigoureux. C'est ainsi que François Poullain et Antoine Béranger, qui n'avaient pas donné de réponse satisfaisante concernant leur acceptation de la Constitution, se virent ajournés. Un ancien procureur de la commune, Fontaine, fut longuement questionné sur son fils, ancien curé, dont on ignorait la retraite, et relativement à certains actes de sa gestion municipale. Cet interrogatoire donna lieu à une discussion des plus vives. Un nommé Décaché accusa Fontaine d'avoir tenu des propos inciviques du genre de ceux-ci « Ta sacré Nation, je voudrais que le tonnerre l'écrase.. je me fiche de la guillotine ».

Confirmés par les uns, niés par les autres, les propos attribués par Decaché à Fontaine soulevèrent au milieu de l'assemblée une véritable tempête. Mais cet incident, si regrettable qu'il pût être, eut au moins le mérite de dévoiler le mobile secret qui faisait agir Decaché cherchant à tirer d'une vieille haine une vengeance éclatante.
Pour mettre fin à l'incident, un membre de la Société Populaire du Val-de-la-Haye proposa de renvoyer l'affaire devant une commission composée de sept membres, « chargée de l'approfondir sans toutefois nuire en rien à l'action du comité de surveillance qui devait être légalement saisi de l'incident. » On ne pouvait raisonnablement trouver une meilleure solution et les citoyens Bazière Chéron, Lenfant, Buron, Louis Leroux, Pellerin et Mauger furent chargés de trancher le différend.

Les choses prirent alors une tournure à laquelle était loin de s'attendre Decaché. Si Fontaine avait des ennemis dans la société, il avait aussi des amis qui surent mettre tout en œuvre pour perdre l'accusateur de l'ancien procureur de la commune.. De nombreux témoins vinrent ainsi devant la commission répéter certains propos compromettants tenus par Decaché contre la municipalité et le maire Chéron. On l'aurait entendu dire notamment qu'il « aimait mieux la royauté que la République ».

Cette dernière déposition rapportée à la séance de la Société Populaire du 23 messidor (11 juillet) y suscita un vif incident. Pris violemment à partie, Decaché ne put se disculper, et il lui fut interdit de prendre part aux séances de la Société avant que le comité de surveillance se soit prononcé sur son compte.

Cette diversion n'avait pu cependant sauver Fontaine. Certains envois d'argent faits secrètement à son fils dont il se refusa constamment à révéler la retraite, avaient été portés à la connaissance de la Société. Ils causèrent sa perte, et l'assemblée prononça son exclusion.

Les deux camps se trouvaient ainsi battus et mécontents. Aussi la concorde qui avait jusqu'alors régné au sein de la Société, allait disparaître pour faire place maintenant à la discorde, et les incidents se succéder.

Les esprits timorés, craignant à chaque instant de voir surgir contre eux quelque grave accusation de modérantisme ou d'incivisme, voulurent aller de l'avant c'est ainsi que l'un d'eux, pour se faire bien voir de la Montagne, demandait que le bonnet de la Liberté fût placé au haut de l'arbre planté en face du temple un autre proposait de faire abattre la croix de l'église, enfin un troisième voulait remplacer le coq surmontant la flèche du clocher par le bonnet phrygien. Si désireuse qu'elle fût de montrer tout son zèle pour les idées révolutionnaires, la Société n'osa pas prendre une décision dont elle sentait toute la puérilité. Elle s'en déchargea sur l'agent national.

Les affaires courantes


Malgré ces incidents, la Société avait pu s'occuper de différentes affaires touchant de beaucoup plus près les intérêts vitaux de la commune, telles que la question de la destruction des loups, la fabrication du salpêtre et le pâturage. Elle renouvelait de nouveau son bureau avec les citoyens Brunel, pour président, et Bonneville, pour vice-président. Enfin elle se voyait admise, après enquête sur le civisme de ses membres, à l'affiliation tant sollicitée avec les sociétés du Val-de-la-Haye et Canteleu. Le citoyen Saint-Ouen donnait sa démission de syndic pour les subsistances, et une mention honorable lui était votée pour la manière dont il s'était acquitté de sa mission.

La chute de Robespierre


Sur ces entrefaites on apprenait les événements des 9 et 10 thermidor (27 et 28 juillet), et la chute de Robespierre. La Société Populaire de Boscherville n'hésita pas à son tour à briser l'idole qu'elle avait naguère adorée, et le 20 thermidor (6 août), elle envoyait à la Convention une adresse pour la féliciter « d'avoir encore une fois sauvé la Patrie en déjouant les complots du traître Robespierre et de ses complices. » Cette adresse avait été votée à l'unanimité.

Ce touchant accord ne devait être qu'une accalmie au milieu de l'orage qui grondait toujours au sein de l'Assemblée, et qui bientôt allait atteindre les notables mêmes de la commune.

L'affaire du savon


Depuis longtemps on manquait de savon à Boscherville, la municipalité, le Comité de surveillance et la Société Populaire en avaient réclamé, à diverses reprises, au Conseil général du district de Rouen. Enfin, un beau jour, on apprenait que deux demi-caisses étaient mises à la disposition de la commune.

Or, de ces deux demi-caisses, une seule parvint aux habitants. Qu'était devenue la seconde La question fut posée à une séance de la Société Populaire. Elle souleva immédiatement une tempête de récriminations au cours desquelles une accusation des plus graves était lancée contre le maire, le citoyen Chéron, et une commission de quatre membres fut chargée d'étudier l'affaire.

Devant cette commission, Chéron se défendit énergiquiement, et soutint qu'il n'avait dû être délivré par l'administration du district qu'une seule demi-caisse. Le citoyen Tréfouel, l'un de ses adversaires les plus acharnés, riposta qu'il était notoire, au contraire, que deux caisses avaient bien été attribuées à la commune de Boscherville qui n'en avait reçu qu'une. D'ailleurs, le reçu que possédait l'administration du district ne pouvait laisser subsister aucun doute; il mentionnait bien les deux demi-caisses, et il portait la signature de Chéron, maire.

Celui-ci ripostait aussitôt que cette, signature ne pouvait être que contrefaite; il n'avait reçu qu'une demi-caisse, il l'avait répartie, aucun reproche ne pouvait lui être adressé.

Le citoyen Aubé et plusieurs autres membres de la Société confirmèrent la déposition de Trefouel et soutinrent que le maire ne pouvait ignorer ce qu'était devenue la demi-caisse de savon. Ce fut pendant de longues séances, tant à la commission qu'à la Société Populaire, l'objet de vives discussions. La commission entendit de nombreux témoignages, mais laissa à la Société Populaire la mission de conclure. Celle-ci, après de longues hésitations, décidait enfin que Chéron serait exclu de son sein jusqu'à ce qu'il se soit disculpé de l'accusation qui pesait sur lui.

Le maire en accusation


Cette décision fut portée à la connaissance du directoire du district qui, le 11 fructidor, suspendait Chéron de ses fonctions de maire. « Considérant, disait le directoire, que ladite soustraction ne peut avoir eu lieu que par l'intermédiaire entre l'administration qui a livré et la commune de Boscherville qui devait recevoir les deux demi-caisses que l'intermédiaire dont il question, et le seul qui puisse être reconnu par l'administration, est le maire de Boscherville, Chéron, dont la méconnaissance verbale contre sa signature, sur une seule des pièces à lui représentées, ne détruit point le titre par lui avoué considérant enfin qu'un tel soupçon ne peut planer sur le chef d'un corps constitué sans compromettre la dignité de la magistrature du peuple.. » En outre, Chéron était renvoyé devant le tribunal criminel.

Le maire de Boscherville n'était pas d'ailleurs le seul membre de la Société Populaire dont la conduite eût donné lieu aux plus vives critiques. L'agent national Bazière avait eu dans l'affaire du savon une attitude qui avait paru quelque peu suspecte et on le soupçonnait d'avoir été de connivence avec Chéron. Bientôt une nouvelle affaire allait surgir contre lui.

En vue de l'équipement des volontaires, des uniformes avaient été remis aux communes. Or, lorsqu'il s'agit d'habiller les jeunes gens de Boscherville qui devaient partir pour l'armée, on s'aperçut que plusieurs de ces uniformes étaient disparus. C'était une seconde édition de l'histoire du savon, et on accusa Bazière qui avait reçu les effets d'en avoir gardé par devers lui.

L'agent national eut beau protester de son innocence, ses ennemis manœuvrèrent si bien qu'ils parvenaient, le 10 fructidor ( 27 août ) le faire exclure de la société, et le déféraient devant le tribunal criminel qui le mettait en état d'arrestation.

L'instruction fut alors reprise sur de nouvelles bases et Bazière pouvant produire librement ses moyens de défense parvenait enfin il se disculper. Le 16 vendémiaire, an III (7 octobre) une ordonnance de non-lieu était rendue en sa faveur, et il était remis en liberté. Ses accusateurs n'avaient plus qu'à s'incliner, et la Société Populaire lui rendait sa place parmi ses membres.

La venue du représentant du Peuple



A partir de ce moment le calme reparut au sein de la société qui allait se montrer de plus en plus conciliante et modérée, malgré les excitations qui devaient encore lui venir du dehors, notamment lors de l'arrivée du représentant du peuple Sautereau.

Robert Armand Lesens de Folleville, ex-président du ci-devant Parlement de Normandie, propriétaire du château de Bellétre, à Quevillon où il demeurait, possédait à Boscherville la ferme et le château du Geneté ainsi que plusieurs autres petites fermes et terres louées à-divers particuliers. Au début de la Révolution, il avait été inscrit sur la liste des émigré, puis arrêté. A la fin de messidor an II, il adressait au directoire du district une demande de mise en liberté. Pour donner plus de poids à sa supplique, il avait sollicité l'appui des sociétés populaires de Quevillon et de Boscherville.
Dans sa lettre à cette dernière société, l'ex-président affirmait qu'il avait accepté la Constitution de la République, qu'il aimait et chérissait ses lois. Il rappelait qu'il avait été honoré des suffrages des citoyens de Boscherville, qu'il avait partagé avec eux les travaux de l'agriculture, s'honorant du titre de cultivateur qu'il avait hâte de reprendre enfin il déclarait s'être toujours conduit en bon citoyen.

M. de Folleville, avant ses malheurs, s'était constamment montré conciliant et même généreux; il allait en recueillir les fruits. La Société Populaire lui donna, en effet, sans marchander, l'appui qu'il sollicitait et le reconnut comme « un bon citoyen ami de l'ordre et de la Révolution » (30 thermidor).

Rendu à la liberté l'ex-président vint lui-même remercier la Société et fut accueilli par elle avec respect et déférence.

L'ex-vicaire sans papier


L'ex-vicaire Delahaye, après sa détention à la maison Saint-François de Rouen, était revenu à Boscherville, où il possédait toutes les sympathies, avec sa vieille mère infirme et aveugle et que la Société Populaire avait, pendant son absence, maintes fois secourue. Mais des ordres étaient venus, qui l'avaient obligé à quitter la commune où il avait exercé son ministère. Il s'était alors fixé à Quevillon ; il y fut fort bien accueilli, mais on exigea qu'il eût un certificat de civisme de la municipalité de Boscherville. Il le demanda aux officiers municipaux de cette commune ceux-ci refusèrent, pour un motif inexpliqué, de le lui délivrer. L'ex-vicaire s'adressa alors à la Société Populaire. L'appui qu'il en sollicitait lui fut accordé et la société déléguait les citoyens D'Ornay et Buhour auprès de la municipalité, pour lui faire délivrer le certificat dont il avait besoin.

Par une délibération du 19 messidor an II (7 juillet 1794), le directoire du département avait décidé d'offrir à la Convention un vaisseau de ligne de premier rang, et il invitait tous les citoyens à y participer. Les souscriptions étaient reçues par les Sociétés Populaires dans les communes où il en existait, et par les municipalités dans les autres. A Boscherville, la souscription s'éleva à 236 l. 2 sous.
Grâce à la vigilance du syndic préposé aux subsistances, le citoyen Saint-Ouen, la commune de Boscherville avait pu réaliser un bénéfice de 156 l. dans la livraison des grains qu'elle avait eu à faire au district cette somme fut employée à l'achat de sacs qui devaient être marqués au nom de la commune et servir à faire ses livraisons ou ses achats.

L'élection de Briffaut


Le cinquième jour des sans-culottides de l'an II (21 septembre), le citoyen Briffaut était élu président de la Société Populaire avec les citoyens Aubé, comme vice-président, et François Buron, secrétaire.

Le 1er vendemiaire, an III (22 septembre), la Société Populaire recevait du comité révolutionnaire de Rouen la lettre suivante

Citoyens,

Nous avons été appelés pour remplir des fonctions aussi importantes que délicates, mais votre active surveillance et votre ardent amour pour la liberté nous assure que vous nous seconderez de tout votre pouvoir. C'est en éclairant l'agent national de votre commune, chargé par la loi du 7 fructidor de correspondre avec nous, que nous pourrons, de concert, déjouer la malveillance et maintenir la tranquilité publique.

Cette lettre précédait de quelques jours l'arrivée de Sautereau, le représentant du peuple envoyé par la Convention dans les départements de la Seine-Inférieure et de la Somme pour « régénérer toutes les autorités constituées ». Le directoire du district préparait ainsi la voie au fameux conventionnel et facilitait sa mission en invitant les Sociétés Populaires à lui faire part des changements qu'elles reconnaîtraient nécessaires.

La fin de la Société


A Boscherville, par suite de la destitution de Chéron, la municipalité n'avait plus de chefs. La Société Populaire se contenta de désigner deux candidats parmi lesquels Sautereau aurait à choisir le nouveau maire. Jean Plutel fut désigné le premier par 65 voix et Buhour le second par 19 voix. Ce fut à peu près le dernier acte de la Société Populaire.

Peu à peu, sous l'influence des évènements, ses réunions cessèrent d'être régulières et devinrent do moins en moins suivies. Bientôt même, tout le monde s'en désintéressa le 26 nivose, an III (15 janvier 1795), elle se réunissait pour la dernière fois et clôturait son registre. Elle disparaissait ainsi au milieu du mouvement réactionnaire qui avait suivi la Terreur, sans laisser après elle de bien grandes inimitiés et le souvenir de ces faits de de violence que l'on a eu trop souvent à reprocher à tant de Sociétés Populaires.

P. DUCHEMIN.







Sources

La Normandie littéraire, 1902.