LES BACS  DE SEINE
par Jean-Pierre DEROUARD

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Tout fleuve crée une discontinuité entre deux espaces terrestres. Avant 1959 et la mise en service du Pont de Tancarville, le seul moyen de passer le travers de la rivière Seine entre Rouen et la mer était d'emprunter le bac ou la barque de l'un des passages d'eau.
    Franchir le fleuve amène donc à utiliser un moyen de transport inhabituel. Les paroissiens cauchois de l'abbé Alexandre s'inquiètent devant le bac de Quillebeuf : "E solid' cé batiau là ?"
  

Le matériel des passages a longtemps connu une très lente évolution et le journaliste Baude peut en 1861 ironiser dans la Revue des Deux Mondes : "Le passage de Caudebec est desservi par un bac du modèle que durent adopter sous Charles Le Chauve les moines de Saint-Wandrille." 

LES PASSAGES POUR PIETONS
  •    Tout passage dispose d'un ou plusieurs BACHOTS. Ces barques à rames, d'une longueur de 6 à 10 mètres, sont avant tout destinées aux piétons -pour lesquels sont construits des abris- mais ont longtemps fait passer les bêtes et même les voitures légères dont on laisse les roues traîner dans l'eau.

Projet d'abri à Heurteauville
Photos : Daniel Delaville, passeur de La Fontaine, dans son bachot,1936 (Collection Daniel MAZE).
  • Les passages reçoivent des moteurs hors-bord  dans les années 1960. Cela fait déjà longtemps qu'ils font traverser les bicyclettes, empilées sur le nez de la barque.
  • Les derniers passages pour piétons (Croisset, Rouen et Amfreville-la-Mi-Voie, fermés respectivement en 1987, 1995 et 1997) sont équipés de vedettes.
Barque du dernier passage du Trait 1979
Dernière vedette d'Amfreville-La Mi-Voie 1994

LES PASSAGES POUR VOITURES


1 - L'EPOQUE DES BACS EN BOIS

  • Les FLETTES ou BACS A RAMES sont pour cela munies d'un tablier arrière.

  • La flette mise en service à La Mailleraye en 1842 a une longueur de 13,80 m. Elle obligeait à faire demi-tour pour en présenter l'arrière à la cale et à embarquer les voitures attelées à reculons.

Gravure de C. Motte  vers 1850
Cette gravure présente d'autres aspects des passages à cette époque :
la cale, simple descente vers le fleuve,
la pancarte affichant le tarif et ...le douanier qui peut toujours faire ouvrir les paniers.
 
  • BACS A DEUX TABLIERS

  • Un bac "construit dans les formes modernes", c'est-à-dire à deux tabliers, est mis service à La Mailleraye en 1870. Ce nouveau type de bac facilite embarquement et débarquement mais est moins "marin" que la flette : il faut souvent le haler à quelques centaines de mètres de la cale pour que le courant l'amène naturellement à la cale d'en face.


Bac de La Bouille
 en 1910 : 10 m de long et mû par deux rames de 5,70m.


L'Union
 premier bac à vapeur à roues à aubes, en bois
mis en service à Caudebec-en-Caux en 1868, a une longueur de 24 m.

Ces "pont volants" sont un formidable progrès et les grands passages de Quillebeuf, La Mailleraye, Duclair suivent rapidement l'exemple.

Ces bacs sont financés par des sociétés anonymes par actions un moment réunies dans la Société des Bacs de la Basse Seine. C'est à ce moment que les cales sont équipées de ducs d'Albe.








2  - L'EPOQUE DES "GRANDS BACS  A VAPEUR" en acier

Caudebec prend encore de l'avance en 1925 avec un bac à vapeur à hélices.

Bac à hélices de QUILLEBEUF




3 - LES BACS REMORQU
ÉS

Les passages les moins importants sont motorisés dans les années 1920 sous la forme de vedettes tractant le plateau et devant faire demi-tour au milieu du fleuve. Ce type de bac remorqué du Mesnil-sous-Jumièges fonctionnera jusqu'en 1976...

Photo D.R. Cette image n'est pas d'origine






4 - LES BACS PROPULSES AU MOTEUR DIESEL

Depuis les années 1960, les bacs construits sont propulsés au moteur Diesel


Bac fluvial de Petit-Couronne




5 - LA PROPULSION ELECTRIQUE et DIESEL


Le nouveau bac de DUCLAIR inauguré le 21 octobre 1999.
56 m de long x 19,50 m de large
Avec un port de 210 tonnes et pouvant embarquer 42 voitures
(contre 28 voitures et 150 t. de port) doit bien sûr nettement améliorer les relations entre les deux rives.
Son nouveau mode de propulsion : à pales (et non plus à hélices) pour réduire les vibrations.

Les huit bacs actuels sont financés par le Conseil Général et maintenus par le Port Autonome de Rouen.

  • GRAND -QUEVILLY (rive gauche) <=> à DIEPPEDALLE
  • PETIT-COURONNE (rive gauche) <=> à VAL DE LA HAYE..
  • LA BOUILLE*  (rive gauche)  <=> à SAHURS.
  • DUCLAIR (rive droite) <=> à BERVILLE.
  • MESNIL-SOUS-JUMIEGES (rive droite) <=> à YVILLE SUR SEINE.
  • YAINVILLE (rive droite)<=> HEURTEAUVILLE
  • JUMIEGES (rive doite) <=> à HEURTEAUVILLE.
  • QUILLEBEUF* (rive gauche) <=> à PORT-JEROME / NOTRE-DAME DE GRAVENCHON.
* Ceux de Duclair et Quillebeuf  – portant plus de 50 tonnes et pouvant embarquer les poids lourds – sont classés comme maritimes et pilotés par des inscrits maritimes; les autres bacs sont fluviaux.
 

Pour en savoir plus sur L'HISTOIRE DES PASSAGES DE SEINE
"LES RELATIONS ENTRE LES DEUX RIVES"

Le prix du passage / L'attente/ Les contraintes climatiques / Les accidents / Un certain laisser-aller/
Des déplacements incessants : les exploitants agricoles / les foires et marchés
L'autre côté de l'eau : histoire du rattachement des boucles de Brotonne et d'Anneville à la Seine-Maritime



Par JP DEROUARD
pagination: SEQUANA-NORMANDIE
le 8 décembre 1999




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