Recenser les moines qui, au cours des siècles, se sont succédés à Jumièges est bien évidemment impossible. Voici pourtant un début de liste. A vous de la compléter au fil de vos recherches...
 


ALEXANDRE (Abbé) Après avoir été prieur du monastère de Jumiège, au diocèse de Rouen, Alexandre en fut élu abbé le 13 février 1198, et reçut la bénédiction le premier dimanche de carême, lequel dimanche tombait cette année au 15 du même mois, c'est bien peu que deux jours d'intervalle entre l'élection et la bénédiction, et il pourrait bien s'être glissé ici quelque erreur. S'il s'agissait de l'année 1199, appelée avant Pâques, 1198, il y aurait entre le 13 février et le premier dimanche de carême, vingt-deux jours de distance et cela conviendrait mieux. Mais Richard, roi d'Angleterre, passa la fête de la Pentecôte à Jumiège, et à la prière de l'abbé Alexandre, il fit à ce monastère un don attesté par une charte qui subsiste. Or Richard est mort le 6 avril 1199. C'est donc la Pentecôte de 1198 qu'il a célébré à Jumiège, et par conséquent c'est aussi en 1198 qu'Alexandre avait été élu et béni abbé. Reginald, comte de Boulogne, fit donation à ce même abbé de onze livres de rentes, monnaie commune, pour le repos de l'âme d'Albert, comte de Dampmartin, père dudit Reginald, et inhumé à Jumiège le 22 septembre 1199. Nous ne savons rien de plus de l'abbé Alexandre, sinon qu'il est mort au mois de mai 121З.

ANFRÉ (Dom Etienne), diacre, mort en édification.  C'est tout ce que nous apprend le nécrologe de l'âge d'or de la congrégation. .

ANGOT (Sébastien), convers, mort aveugle et paralytique, et inhumé dans le cloître, du côté de la cour, « là où il y a sur une pierre : 27 Octobre 1685. »

ASSELEIN. Nicolas Asselin, né à Fécamp, fit profession à Jumièges, dans l'ordre des Bénédictins, le 6 de Juillet 1658 ; son mérite le fit parvenir aux premieres dignités de son ordre. Il publia un Commentaire sur les Pseaumes , dont il affectionnait singulierement la lecture.
Il mourut dans l'abbaye de Saint-Denis, eu France, le 14 de Février 1724.

AUBERT. Vers le début du XIe siècle, un fidèle du roi Robert II, Aubert, fils d'Aubertle Riche et d'Hildeburge de Bellème, avait donné, pour le salut de sa femme et de ses filles, l'église de St-Martin-en-Pinserais à l'abbaye de Jumièges. Cette libéralité fut approuvée par le roi et par Hugues de Beauvais, comte de Dreux. Plus tard, Aubert s'étant fait moine à Jumièges (dès 1012), ajouta au don de cette église celui de la terre de Bouafle. Mais comme ce bien était fort éloigné du monastère, Aubert voulant qu'il fût protégé contre toute déprédation, alla trouver le comte le plus voisin, Galeran de Meulan, et lui ayant offert une mule de grand prix, obtint de lui qu'il se constituât le défenseur des moines. Galeran tint sa promesse jusqu'au jour où il dut prendre des gages contre les Normands : il mit alors Bouafle sous séquestre. Aubert, qui était devenu diacre et abbé de Saint-Mesmin de Micy, en ayant été informé, vint avec Guillaume, abbé de Jumièges, s'en plaindre au comte de Meulan. L'argent arrangea les choses. Moyennant une indemnité de dix livres de deniers, Galeran, sa femme Aélis et son fils Hugues, signèrent un traité où ils s'engageaient, qu'ils fussent en paix ou en guerre avec le duc de Normandie, à respecter et à protégera l'avenir le bien qu'ils restituaientaux Bénédictins.

BARRE (D. Pierre), En 1632, il avait été appelé à Loudun pour exorciser les religieuses Ursulines, il exerça les fonctions d'exorciste jusqu'en 1638. Il contribua à la condamnation d'Urbain Grandier, curé de Loudun. Il est mort à Jumièges en 1665.

BELLIER DE LA BRETONNIERE (Pierre), naquit à Séez, fit profession à Jumièges le 2 mai 1663, à l'âge de vingt-deux ans, mourut à Jumièges le 10 juin 1723.

BOUDIER (Dom Pierre François) Abbé de Saint-Martin de Séez, & préfentement Général de notre Congrégation. Dom Boudicr eft encore auteur de l'Hiftoire manufcrite du monaftère de S. Vigor de Baycux, & de quelques autres écrits. Il eft né à Valogne au diocèfe de Coutance de parcns nobles. Après avoir fait fcs humanités dans l'Univerfité de Cacn, il alla au Noviciat de l'abbaye de Jumiege, où il fit profefsion à l'âge de dix-huit ans le 29 Juillet 1711.

BOUGIS (Simon). Né en 1630, Dom Simon Bougis au comble de ses fouhaits, choifit le monaftère de Jumiege comme une agréable folitude, où il feroit inconnu aux hommes, & comme un lieu fan&ifié par une infinité de Saints, dont les exemples & les prières ne ferviroient pas peu à le fan&ifier lui-même. Il pria le P. Prieur de lui donner le foin des lampes, & de quelques autres offices humilians, qu'il eftimoit plus que le Généralat. Mais le Supérieur en accordant à Ton humilité ce qu'elle défiroit, lui donna en même-tems tout fon pouvoir dans le monaftère, permit à tous fes Religieux de le confulter & de fuivre fes avis, te fe régla lui-même aufll-bien que le Vifîteur & toute la province de Normandie fur fes confeils pour le gouvernement. Deux ans après, le premier Affiftant étant mort, le Père Général fit élire en fa place Dom Bougis à la Diète de 1701. Il fut continué dans le même office au Chapitre général de l'année fuivante.

BREARD (Dom Alexis-Jean), né à Louviers (Eure) en 1616, fit profession à Jumièges en juillet 1636, d'où il passa à Saint-Wandrille. Il n'y resta que deux ans. En 1650, il y revint comme sous-prieur; en 1660, il fut chargé, en qualité de prieur claustral, d'introduire la Réforme à Beaumont-en-Auge, près Pont-l'Évèque (Calvados), et y exerça cette charge pendant vingt-quatre ans. Il mourut à Saint-Martin de Sées (Orne) le 12 août 1688.

BROISE (Jean Augustin de), né à la Trinité, diocèse d'Avranches, en 1599, profès à Jumièges le 28 mai 1628, mort à Saint-Wandrille le 29 octobre 1661.

CATELIER (Lanfranc), prêtre profès et cellerier du monastère, dont le nécrologe fait ainsi l'oraison funèbre : « Tandis (sic) que l'abbaye de Jumiéges subsistera, les religieux qui habiteront ce sanctuaire auront toujours sujet de regretter la perte qu'ils ont faite dans la personne de dom Lanfranc Câtelier, prostre, religieux de la congrégation de Saint-Maur, profès et cellerier de ce monastère, tant à cause des grands services qu'il a rendus et qu'il étoit en disposition de lui rendre. Sa mort, qui arriva le 14 du mois de décembre de l'année 1688, fut attribuée par les méchants à un principefatal, et par les gens de bien à un cheval ombrageux qu'il montoit, et qui le tua en le jetant par terre, un mardy après midi, à la sortie du bourg de Duclair, où il avoit coutume d'aller pour les affaires du monastère, après avoir offert à Dieu le Saint Sacrifice de la Messe et recu la bénédiction de sou supérieur. 11 avait toutes les qualités que notre bienheureux père (saint Benoît) demande d'un cellerier, et II les possédoit éminemment. C'està ses soins que l'abbaye est redevable de la réédification de la voûte de la nef de l'église et de plusieurs autres réparations. Il est enterré dans le cloître, du côté de la cour, à l'endroit où est gravé sur une pierre : 14 Décembre 1688. »

CAUMONT (Jacques), d'Evreux, commis de la congrégation de Saint-Maur, mort à Jumiéges à l'âge de 51 ans et « inhumé le 3 juillet 1737, au bout de l'allée du cloître, du côté du chapitre, vers le réfectoire, là où il y a sur le pavé : 2 Julii 1739. »

CHEVALIER (Dom Robert), natif de Lire au diocèfe d'Evreux, fit profeffion à l'âge de vingt ans dans l'abbaye de Jumiege le 15 Janvier 1665. Il mourut dans le monaftèrc de S. Fiacre en Brie le 13 Mars 1715. On ne connoît de ce Religieux qu'une Lettre à Dom Manianay fur la Genefe, imprimée à Paris en 1700.

CONART (Dom Pierre), né à Séez, profès à Lyre le 24 octobre 1691, âgé de 21 ans, † à Jumièges le 19 avril 1737, prêtre.

COTELLE ( D. Philibert), né à Saint-Martin d'On (Calvados), profès de Jumièges, le 24 décembre 1619 à vingt-sept ans.

COURDEMANCHE al. de COURDEMANCHE (Marc-Antoine). Religieux bénédictin de la congrégation de Saint-Maur à l'abbaye de Jumièges, devint prieur de l'abbaye de à l'abbaye de de Lyre au diocèse d'Evreux. Dom Courdemanche aurait été chargé, avec Dom Outin, de revoir le manuscrit de l'histoire de l'abbaye royale et de vérifier les citations. Plus tard, Dom Courdemanche fut appeléà la Cour du duc de Penthièvre dont il devint l'historiographe. Il a laissé un ms. sous le titre de Correspondance de Dom Courdemanche avec Son Altesse Sérénissime le duc de Penthièvre et son Conseil, de véritables mémoires fort intéressants pour l'histoire de la fin du dernier siècle, avant la Révolution. Ces mémoires ont été copiés sur la minute originale, par Dom Gobard, neveu de Dom Courdemanche et sous-prieur de l'abbaye de Saint-Wandrille, et édités en 1889 chez Pion, par M. Allaire, qui avait reçu cette copie de M. Trognon. [Le duc de Penthièvre. Mémoires de Dom Courdemanche. Documents inédits sur la fin du XVIIIe siècle. Paris, Pion, VII399 pp. in-8°]. 
Dom Gobard a terminé son travail de copiste par un récit de la maladie et de la mort de son oncle, Dom de Courdemanche, qui mourut le 18 février 1789, au monastère de Lyre. D'après la matricule d'Eure-et-Loir, il serait né à Bernay, diocèse de Lisieux en 1735 ses prénoms étaient Marc-Antoine et il fit profession à 16 ans, à Saint-Martin de Séez. Le 20 octobre 1751. La matricule d'Eure-et-Loir l'appelle Courdemanche sans le de. [Les mss. de la Correspondance (1776-1788) sont conservés à la Bibl. nationale,  sous les n°s 6581-6582 desNouv. acq. fr. (Cat. gén. des mss. fr., N. acq. fr., III, 14). La Bibl. Wilhelm renferme : Requête au bailliage criminel de Rouen pour Dom de Courdemanche contre Louis-Ferdinand Cellier. Paris, Cellot, 1778, 86 pp. in-K ]  Correspondance de Dom Marc-Antoine de Courdemanche, rel. bén. de la congrégation de Saint-Maur, avec 8. AS Motix. le duc de Penthièvre et son Conseil, présentée à SAS le 24 août 1787. —Dédicace autographe de D. de Courdemanche, datée d'août 1787. Mémoire avec lettres à l'appui à l'occasion d'un procès entre l'abbaye de Jumièges, dont D. de Courdemanche était procureur, et le duc de Penthièvre. Le tome I va de 1776 à 1786, 3 ff. et 271 pp. Le tome II (1787-1789) a été ofrert au duc par D. Gobard, sous-prieur de Saint-Wandrille, 2 ff. + 237 pp., marquées 272-508, à la Bibl. Mazarine, mss.(Cal. mss. Mazarine, III, 260).

DUDAN (Dom Gabriel), né à Pont-de-1'Arche en 1648 , fit profession à Jumiéges en 1665, et mourut à Saint-Père-de-Chartres le 18 mai 1707. Il étoit prieur de l'abbaïe de Fécamp.

DUFOUR (Dom Thomas), bénédictin de Saint-Maur, homme pieux et savant, mort à Jumièges, en 1647, parvenu à peine à sa 54e année, a laissé une Grammaire hébraïque, in-8°, fort méthodique ; Paris, 1644 ; Un Testament spirituel pour servir de préparation à la mort, in-12; et quelques autres ouvrages de piété.

EUCHER (saint), évèque d'Orléans, né vers l'an 687, mort vers l'an 738, entra d'abord à l'abbaye de Jumièges, et, l'an 721, fut sacré évéque d'0rléans. Il vécut sur le siège épiscopal comme dans l'obscurité du cloître; mais il fut exilé par Charles Martel, auprès de qui il avait été calomnié, d'abord à Cologne, puis dans le pays de Hasbain ; il mourut dans le monastère de Saint-Tron. L'Église honore sa mémoire le 20 avril. Voy. Bollandus. Le P. Mabillon, Act. des Saint.Bénéd., tom. III. Richard et Giraud.

FERAY (Dom Abraham Féray) naquit à Rouen, fit profession à Jumièges le 5 avril 1676, âgé de dix-neuf ans et mourut à Saint-Wandrille le 9 décembre 1727.

FIEFFÉ (Guillaume), prêtre, religieux profès de la congrégation, mort à l'âge de 69 ans. Il passa les 18 dernières à l'infirmerie, et pendant les 18 derniers mois de sa vie il y célébrait même la messe. « Enfin , ajoute le nécrologe, son hydropisie étant montée tout d'un coup, et une fluxion qu'il avoitdans la tête lui étant descendue sur la poitrine, il perdit connaissance , on n'eut que le temps de lui administrerl'extrême-onction. » Ceci arriva le 17 février 1716 et le lendemain le corps lut inhumé dans le cloître, du côté du chapitre, « sous une pierre où est marqué : Die 17 FebruaRII 1716. »

FOUR (Dom Louis-Thomas) Ne pouvant plus fouffrir le féjour du monde, il alla fe préfenter au noviciat de l'abbaye de Jumiege. Il y fut admis étant âgé d'environ vingt-trois ans, & confommé en toutes fortes de fciences & de vertus. Il pafla l'année de fon noviciat, non comme un novice, mais comme un ancien profes des plus parfaits. Il fit profeffion le 10 d'Août 1637. Un de fes frères s'étant rendu à la cérémonie, le Supérieur de la communauté de Jumiege lui dit : Votre frère cft un Ange & non pas un homme : il eft entré chez nous plus religieux que nous ne fomrncs nous-mêmes. » Dom Thomas du Four pratiqua toujours depuis les devoirs de la vie religieufe avec la ferveur la plus confiante. Dom Grégoire Tarifle, Supérieur-général de la Congrégation, défiroit appliquer fes Religieux à l'étude de l'Ecriture fainte ; mais il étoit perfuadé qu'on ne pouvoir l'apprendre à fond sans la connoiflànce des langues grecque & hébraïque. C'eft ce qui le détermina à faire venir Dom Thomas à S. Germain des Prés.

GARET (Jean), né au Havre le 7 septembre 1626, profès à Vendôme le 27 mars 1647, † à Jumièges le 24 septembre 1691, donna à Rouen une excellente édition des œuvres de Cassiodore (1678).

GOURDIN (Dom), né à Rouen, novice à Jumièges  en 1760,  bibliothécaire de Saint-Ouen en 1778. Membre de l'Académie des Sciences. Plusieurs essais de réthorique, d'histoire des lettres et de sciences. Ardent défenseur des bibliothèques monastiques sous la Révolution.

GOVART (Dom Charles Joseph), Né à Lille le 15 décembre 1735, profès à Jumièges le 20 octobre 1758. Prieur de Saint-Pierre-sur-Dives en 1781. Se retire au Bec à la Révolution puis à Brionne.

GUERARD (Le père). Né à Rouen en 1641, entra dans la Congrégation de S. Maur à l'âge de 17 ans, & fit profeffion à l'âge de 18 ans dans l'abbaye de S. Pierre de Jumiege le 13 Septembre 1659. Les Supérieurs connaissant fa capacité, l'affocierent à D. François Delfau dans l'édition des Œuvres de S. Auguftin. Ces deux Savans ne furent féparés que parce qu'on les accufa en Cour d'avoir compofé conjointement le livre intitulé : L'Abbé commendataire. Dom Guerard fut relégué par ordre du Roi dans l'abbaye d'Ambournay en Bugey.

GUEUDEVILLE (Nicolas), né en 1652 à Rouen et mort en 1721 à La Haye, journaliste, pamphlétaire, traducteur, historien et écrivain. Surnommé le « soldat inconnu des Lumières », ce précurseur du socialisme de Rousseau a occupé, en son temps, l’Europe par sa conduite et l'audace de ses écrits, avant de tomber dans l’oubli.Fils d’un médecin rouennais, dès qu’il eut terminé ses premières études, Nicolas Gueudeville entra à dix-sept ans dans la congrégation de Saint-Maur et fit sa profession à l’abbaye de Jumièges le 8 juillet 1671. Il édita, en y intercalant souvent ses idées, un assez grand nombre d’ouvrages dans tous les genres des essais dont l’un, une critique de Télémaque  (1700) eut assez de succès"...

HÉBERT (Nicolas), prêtre profès, inhumé dans le cloître, du côté de la porte du monastère « sous une pierre où est la marque: 11 Janvier 1681. »

HOMMEIL (Nicolas), clerc, religieux profès dela congrégation, mort pulmonique à l'âge de 22 ans, après avoir recules sacrements avec édification. Il avait été « enterré dans le cloître, du côté du chapitre, là où est marqué sur un pavé : 10 AUGUSTI 1718.


HOURDOUL (André), novice de chœur, enterré au cloître, du côté du chapitre « au lieu où est écrit sur une pierre: 2 Sept. 1661. »

HUGUES (saint), archevêque de Rouen, mort à Jumièges le 9 avril 730. Il était tils de Urogon, duc ou comte de Champagne et il était cousin-germain du roi Pepin.

JUMIÈGES (Guillaume de), chroniqueur ou historien du XIe siècle surnommé aussi Calculus, parce qu'il était sujet aux douleurs de la pierre, fut moine bénédictin de l'abbaye de Jumiège, et mourut vers 1090. On a de lui : une Histoire des Normands continuée par un anonyme jusqu'en 1135, et publiée par Camdem dans les Anglice scriptorei, Francfort, 1603.

LANGLOIS (Adrien), bénédictin, né à Beauvais, mort à Jumièges en 1627, a fait l'apologie des deux fils aînés de Clovis II.

LANGLOIS (Dom Jean) née au diocèse de Chartres, profès à Lyre le 26 août 1669, † à Jumièges le 28 juin 1676, prêtre.

LASTELLE (Dom Pierre), né à Bayeux, profès à Jumièges le 30 octobre 1632, à l'âge de vingl-trois ans ; mort à Saint-Wandrille le 26 mars 1709. Il fut impliqué dans une affaire de fausses reliques.

LECONTE (François), né à Nogent-le-Rotrou, prêtre profès à Lyre le 10 mars 1677, mort le jour du Vendredi-Saint de l'année 1737 et inhumé tlans le cloître, la tête du côté de la grande église « sous un pavé où est marqué : 19 Ap (ri us) 1737. »

LENOURRY (Nicolas). Né à Dieppe le 18 fév. 1647 et décédé à Saint-Germain-des-Prés le 24 mars 1724. Savant Bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur, moine à Jumièges, à Bonne-Nouvelle et à Saint-Ouen de Rouen. On lui doit : Préface et vie de Cassiodore, Rouen, 1679. - S. Ambrosii opera, Paris 1686-1690 (en collaboration avec Dom du Frische). - Apparatus ad Bibliothecam maximam Patrum, etc., Paris 1694-1697. - Lucii caecilii Lactantii liber…de mortibus persecutorum, etc. Paris 1710. - Lettre sur le Traité de la mort des persécuteurs, (Journal des Savants, juin 1716).

LE ROUGE (Dom) étoit de Montivilliers au pays de Caux en Normandie. A l'âge de 19 ans il fit profeffion dans l'abbaye de Jumiege, le 11 Juillet de l'an 1637, & mourut dans celle de S. Pierre de Conches, le 15 Décembre 1689. Il a publié trois Mémoires ou Factums fort favans pour défendre les droits de l'abbaye de Conches. Il avoit fort avancé un ouvrage fur les dîmes eccléfiaftiques.

LE SUEUR (Dom) naquit à Mézières, fit son noviciat à Jumièges en 1715 et mourut à Saint-Germain-des-Prés le 7 février 1748.

LEVEAUX (Dom Joseph-Martin), naquit à Marincourt, diocèce de Cambrai, en 1746. A dix-neuf ans (1765?) il fit sa profession religieuse dans l'abbaye de Jumièges, et quelques années après il fut professeur à Paris à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés.

MASSUET (Dom René) fit profession à Lire le 22 octobre 1682. Il enseigna un an la théologie à Jumièges.

MOREL (Dom Silvestre), prieur et maître des novices vers 1670.

MULLOT (François Joseh), né à Rouen, ordonné prêtre le 27 mars 1717, on le retrouve dès lors à Lyre jusqu'en 1744, † à Jumièges le 30 septembre 1756. Ardent Janséniste.

NITHARD (vers 800 – 845). Fils de Berthe et du poète Angilbert, Nithard est par sa mère le petit-fils de Charlemagne. Après avoir passé son enfance et sa jeunesse au palais d'Aix-la-Chapelle, il est un temps moine à Jumièges et devient abbé de Saint-Riquier. Dans la querelle qui oppose les fils de Louis le Pieux pour l'empire, il prend parti pour son roi, Charles le Chauve. Il meurt au combat, en 845. Nithard est l'auteur d'une Histoire des fils de Louis le Pieux en cinq livres

PETIT (Jean). Elève de l'abbaye de Saint-Ouen, nommé novice à Jumièges en 1573, il fut conduit par  le chanoine Cléret.

PICARD (D. Aicadre), né à Amiens, fit profession à Jumièges le 13 sept. 1625, à l'âge de dix-neuf ans.

PISANT (Dom Louis), bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, né en 1646 à Sassetat, village du pays de Caux, fit profession dans l'abbaye de Jumièges, le 6 mai 1667. Une conduite sage et régulière, de la piété, du zèle pour le maintien de la discipline, lui concilièrent l'estime et la confiance des premierssupéricurs. Il assista, à diverses reprises.aux chapitres de la congrégation, en qualité de député, et y fut nommé à des supériorités importantes, telles que celles des abbayes de Saint-Remi de Reims, de Corbie, de Saint-Ouen, etc. L'amour de la retraite lui fit demander qu'on le dispensât de ces charges. Il choisit l'abbaye de Saint-Ouen pour son séjour, et y vécut simple religieux jusqu'à sa mort, arrivée le 5 mai 1736. On a de lui : Deux lettres sur la signature du formulaire à l'occasion du cas de conscience, Rouen, 1702; elles sont adressées à un curé du diocèse d'Orléans. L'auteur établit, dans la première , qu'on ne peut signer le formulaire en usant du silence respectueux ; il pense que ce serait une restriction mentale, indigne d'un ecclésiastique. Dans la seconde, il accumule les preuves à l'appui de celte opinion.— Sentiments d'une âme pénitente en vingt méditations sur le psaume Miserere , avec de courtes réflexions et prières , pour une retraite de dix jours.— Traité historique et dogmatique des privilèges et exemptions ecclésiastiques, sans nom d'auteur, ni de lieu, 1715, in-4. Dom Pisanty soutient la validité de ces exemptions. Il passait dans son ordre plutôt pour un bon religieux que pour un écrivain habile.

POLLART (Louis de) religieux profès et dépositaire du monastère, mort à l'âge de 42 ans. Il fut « inhumé dans le cloître, du côté du chapitre, où est écrit sur une pierre : 6 SEPTEMBRE 1713. »

PONT (Dom Charles du) Ce Religieux favant & d'une piété éminente naquit à Fleuré proche Argentan au Diocèfe de Séez. Il fit fcs premières études chez les Jéfuites d'Alençon , & ce fut un de ces Pères qui lui confeilla d'entrer dans la Congrégation de S. Maur. Il fit profeflion à l'âge de vingt-cinq ans dans l'abbaye de Saint-Pierre de Jumiege le 6 Décembre 1707. Il marqua bientôt un grand éloignement pour la doctrine de fes premiers maîtres. On l'envoya dans l'abbaye de S. Martin de Séez pour étudier la Philofophie & la Théologie. Il fe diftingua de fes confrères par fon aplication & fa fagefle.

RIVERI (D. Paul de), né à Punchy, dioc. de Noyon, profès de Jumièges, le 20 juillet 1626 à dix-neuf ans. Il prit possession de sa charge de prieur de Sant-Wandrille le 10 novembre 1636.

ROBILLARD (père Caesaré) religieux bénédictin de la congrégation de saint Maur, en l'abbaye de Saint-Pierre de Jumiège, écrivait en ces termes, le 1er décembre 1667 : « Nous célébrons de tems immémorial la fête de la translation des saints Constantin et Pérégrin, confesseurs pontifes , en ce monastère de Jumiège, et en faisons double ; le tems passé, on en faisait grande feste avec chappes, ainsi qu'il appert par un Directoire manuscrit fort ancien, qui a plus de six ou sept cens ans, comme je croy. Leur feste est marquée en tous les Calendriers manuscrits que nous avons , entre autres leur Office est marqué dans un Bréviaire fort ancien sans Leçons propres, où les Antiennes et Répons de quelques féstes sont notées sans aucunes lignes : ce qui montre son antiquité. » — Le même religieux ajoute que les reliques de ces deux saints ont été conservées en l'abbaye de Jumiège , jusqu'à l'époque où les Huguenots ont tout pillé. —
« Le dix-septième jour des calendes de juillet, à Jumiège, sur le territoire de Rouen, on célèbre la translation des saints confesseurs Constantin et Pérégrin, qui occupèrent, le premier la chaire épiscopale de Beauvais, le second un siége épiscopal dans l'Eglise d'Angleterre. »

ROUSSEAUX (Dom Anselme des), prieur en 1645.

SAENS (ou Sidoine) : Irlandais venu en France au VIIème siècle, moine à Jumièges, abbé en Pays de Caux, mort en 689. Nom latin "Sidonius".

TASSIN (D.), né dans la même année que Prévost et novice à Jumièges en 1718.

TEXTOR (Petrus), moine de Jumièges, XVIe s.

THEODERIC (dit encore Thieri). L'an 1050 de l'Incarnation du Sauveur, le projet de rétablir le monastère d'Ouche étant arrêté , Guillaume et Robert fils de Giroie, Hugues et Robert fils de Robert de Grandménil, allèrent trouver Guillaume, duc de Normandie, lui firent part de leur volonté, et le prièrent de les seconder de son autorité prépondérante, dans l'entreprise salutaire qu'ils tentaient. Ils mirent sous sa protection, d'un commun accord, le lieu ainsi affranchi, dont il est question. Ensuite Hugues et Robert ayant obtenu du duc la liberté de faire choix d'un abbé, ils se rendirent à Jumiège et demandèrent au seigneur Robert, qui en était abbé, le moine Théoderic, pour le placer à la tête de leur abbaye.
Le seigneur Robert accéda volontiers à la juste demande de ces nobles hommes, et leur donna le moine qu'il connaissait le plus propre au soin pastoral. Les deux frères, pleins de joie, le présentèrent au duc, qui le reçut avec les respects convenables, et, lui ayant donné le bâton pastoral suivant l'usage, le mit à la tête de l'église d'Ouche.
Hugues, évêque de Lisieux, se rendit à Ouche, avec son archidiacre Osbern et d'autres prêtres, il y conduisit le vénérable moine Théoderic, et, le 3 des noues d'octobre ( 5 octobre ), qui était un jour de dimanche, il le consacra solennellement. Ayant été ordonné, il ne se laissa pas emporter au mouvement de, l'orgueil : il enseignait, par ses paroles et par ses bonnes œuvres, le chemin de la religion à tous ses subordonnés. Nourri dès l'enfance dans la maison du Seigneur, il avait constamment appris à mener une vie religieuse, en mettant à profit les instructions qu'il recevait. Il était assidu aux saintes prières, aux veilles et à l'abstinence. Il exposait tellement son corps à la rigueur du froid, qu'il passait souvent des hivers entiers sans porter de pelisse. Un certain jour que, selon sa coutume, il voulait offrir à Dieu le saint sacrifice, il trouva posée sur l'autel une pelisse d'une blancheur admirable. Comme il ne put douter qu'elle y avait été mise, non par les mains des hommes, mais par la main des anges, il rendit grâces à Dieu, et, plein de reconnaissance, il la revêtit et termina le service divin. Nous avons su de moines véridiques, qui habitaient alors à Jumiège, que ce miracle y eut lieu pendant que Théoderic était encore moine cloîtré. Il avait été baptisé par Théoderic, abbé de Jumiège, qui l'éleva dans l'école du Christ sous le joug monacal, et lui conserva toujours beaucoup d'amitié. Lorsqu'il fut parvenu à l'âge viril, et mérita par ses bonnes œuvres les plus grands éloges, cet abbé le prit pour son vicaire, au grand avantage des ames de ses frères ; devenu ensuite maître des novices, il fut chargé du prieuré du monastère; puis, comme nous l'avons dit, cet homme du Seigneur fut tiré de Jumiège, du temps de l'abbé Robert. Il gouverna l'abbaye d'Ouche, récemment mise en culture spirituelle, depuis l'an 1o5o de l'Incarnation du Seigneur ( indict. 4 ), qui répond à la dix-neuvième année du règne de Henri, roi des Français , et à la quinzième du gouvernement de Guillaume, duc des Normands. Pour l'établissement de la nouvelle maison, Théoderic amena avec lui de Jumiège, par la permission de son abbé, son neveu Rodolphe , le chantre Hugues et quelques autres frères qui lui convenaient.

Ordéric Vital, histoire de Normandie.

   

 En désaccord avec son prieur, Robert de Grantmesnil,  Théodoric lui laissa sa charge et mourut à Chypre, sur la route de Jérusalem.


TIXIER (Dom François), né à Autun, fe confacra à Dieu par les vœux folennels qu'il prononça dans l'abbaye de Jumiege le 8 Mai 1662, étant âgé de 21 ans. Il finit fes jours dans le monaftère de Bonnenouvelle à Rouen le 18 Janvier 1716. Il eft auteur de la Vie de S. Valcntin, honoré d'un culte particulier à Jumiege. Ce petit livre est moins la Vie du Saint qu'un recueil de miracles obtenus par fon interceflîon.

TOUSTAIN (Dom Charles François ), bénédictin de la congrégation de Saint-Maur , naquit au Repas, diocèse de Séez , le 13 octobre 1700, d'une ancienne famille du pays de Caux. Il avait commencé ses études dans la maison paternelle ; il alla les achever au collège de l'abbaye de Jumièges. Il se destina à la vie monastique, et le 20 juillet 1718, fit profession dans cette abbaye. Après ses cours de philosophie et de théologie, il fut envoyé au monastère de Bonne-Nouvelle à Rouen, pour y apprendre les langues hébraïque et grecque. Toustain voulut aussi avoir des notions sur les autres langues orientales ; et tout en les acquérant, il cultiva l'italien, l'anglais, l'allemand et le hollandais. Ordoné prêtre en 1729, il ne dit jamais la messe sans éprouver un grand tremblement : on raconte même que ses actions de grâce , après cette cérémonie, étaient accompagnées de larmes abondantes. Il fut, avec D. Tassin  chargé de l'édition des OEuvres de Théodore Studite. Mais il a aussi composé seul des ouvrages dont plusieurs sontrestés manuscrits. Ce fut en 1730, qu'il alla s'établir à Rouen dans l'abbaye de Saint-Oucn. En 1747, le général de son ordre l'appela dans le couvent de Saint- Germain-des-Prés, et peu après dans celui des Blancs-Manteaux. L'excès du travail, l'austérité du régime qu'il suivait, altérèrent sa santé, ce ne fut cependant qu'en 1754 qu'il consentit à se rendre à Saint-Denis pour y prendre le lait ; il y mourut le 1cr. juillet de la même année. On trouve la liste de ses ouvrages, soit imprimés, soit manuscrits, dans Histoire littéraire de la congrégation de Saint-Maur. Le plus important est, sans contredit, le Nouveau traité de diplomatique en six volumes in-4°., dont le second ne vit le jour qu'après la mort de Toustain. Il coopéra au Factum contre Saas, dans la querelle entre le chapitre métropolitain de Rouen et les bénédictins de l'abbaye de Saint-Ouen. Ses autres ouvrages imprimés sont : I. Remontrances adressées aux révérends Pères supérieurs de la congrégation de Saint-Maur, assemblés pour la tenue du chapitre-général de 1733 , in-4°. II La Vérité persécutée par l'erreur, ou Recueil de divers ouvrages des saints Pères sur les grandes persécutions des huit premiers siècles de l'Eglise , pour prémunir lesJidèles contre la séduction et \a violence des novateurs , La Haye , 1733 , 2 vol. in12. III. De l'autorité des miracles dans l'Eglise, in-4°. Le docteur de Sorbonne, à qui on avait remis le manuscrit, retoucha l'ouvrage avant de le publier.


VINCEANS (Dom Joseph-Benoît) l'un des plus zélés obfervateurs de la Règle & des Conftitutions de la Congrégation, naquit à Aix en Provence. Après les études ordinaires & l'éducation la plus cultivée, fon père Confeiller au Parlement l'engagea à exercer l'emploi d'Avocat, dans la vue de lui réfigner fa charge. Mais le fils après avoir commencé à briller au bareau, Dom Vinceans renonça au monde, & alla fe renfermer dans le monaftère de la Daurade à Touloufe. II y prononça fes vœux à l'âge de vingt-fix ans le 3 Juillet 1726. Ses Supérieurs le chargèrent d'enfeigner fucceffivement la Philofophie, le Grec & l'Hébreu à ses jeunes confrères. Enfuite après avoir refufé la Supériorité du monaftère de la Daurade, il s'adonna à la prédication, pour laquelle il avoit un talent décidé. Il vint en Normandie, où après avoir exercé avec fuccès le miniftère de la parole, il s'enfevelit dans la folitude de Jumiege. Il y a vécu pendant bien des années dans un filence abfolu, & dans la pratique la plus exacte de tout ce que la Règle prefcrit de plus auftère. Son attachement inviolable à toutes les obfervances régulières de la Réforme de S. Maur parut avec éclat au grand Chapitre tenu à Saint-Denys, auquel il avoit été député par la Diète de Normandie en 1764. Sa profonde folitude n'a point été oifive. Il a employé le tems qui lui reftoit après les exercices de la régularité, à compofcr des ouvrages, où les obligations de la vie religieufe font expofées avec beaucoup de force, d'onction et de folidité. C'eft en expofant et en pratiquant ces devoirs qu'il a terminé fa vie très-pénitente le 3 Septembre 1769.



ANNEXE

Revue de Normandie, 1869

Un registre des « vestures et professions » de la communauté gemmétique, manuscrit petit in-folio, relié en parchemin, échappé par miracle aux tourmentes révolutionnaires, a été retrouvé, il y a quelques années, par M. le curé de Jumiéges.

Anciennement déposé au chapitre abbatial, ce manuscrit, rédigé partie en français, partie en latin, et dont plusieurs feuilles font défaut, comprend seulement de 1670 à 1715.

Sa compulsion est néanmoins fructueuse, en ce qu'elle renseigne sur certains rites de l'ordre de saint Benoît.

Voici les formules sommairement résumées .

Après être resté pendant quinze jours, à l'abbaye, dans la pratique des exercices de la règle et avoir pris connaissance de ses clauses, l'aspirant, s'il persévérait dans la résolution de suivre la vie monastique, demandait avec instances réitérées au prieur de l'admettre à la probation.

Pendant le saint sacrifice de la messe, il recevait du R. P. prieur, avec les prières et cérémonies accoutumées, devant tout le couvent et quelques personnes du dehors, l'habit de novice, cérémonie que précédait, la veille, le lavement des pieds et la remise du petit scapulaire (1), en présence du chapitre. 

(1) C'est lors de l'admission à la première probation que le scapulaire était remis au postulant, avec la tunique et la ceinture. — Le novice était revêtu solennellement de la cueillie, ou manteau à capuchon, qui se mettait par-dessus la robe.

Un acte constatant l'état civil du récipiendaire et la date de sa prise d'habit, était consigné sur le registre capitulaire, puis paraphé par le postulant ; signaient ensuite le prieur, le sous-prieur, deux anciens « seniores, » le scribe et les laïques assistants.

Vers le quatrième ou le cinquième mois, le novice subissait l'épreuve du scrutin (ballotatio) ; refusé : « Demissus erat ad suos. »

Un an et un jour d'épreuve aprobatio » accomplis, il adressait au prieur une supplique, devant tous les membres conventuellement assemblés au chapitre, et, en présence d'étrangers appelés comme témoins, il sollicitait l'avantage d'être reçu à la profession solennelle.

Lecture préalablement faite de la règle, des vêtements séculiers et cénobitiques lui étaient offerts ; on l'engageait à choisir, tandis qu'il en était encore libre.

Après avoir déclaré son intention formelle d'embrasser la vie monastique dans la Congrégation, il se rendait, avec les religieux, à l'église, où, après l'offertoire de la messe, se tenant au bas des degrés du grand autel, il devait lire à haute, claire et intelligible voix, la formule des vœux, écrite et signée de sa main sur une feuille qu'il plaçait sur l'autel, après l'avoir marquée du signe de la croix et l'avoir fait contresigner au moins par deux témoins laïques.

En ce moment, on revêtait le novice, avec le cérémonial et les rites usités, des habits bénits de profès.

En foi de quoi l'acte, dressé par le secrétaire, était signé -j- par le nouveau frère et par les témoins.

« Propositio casuum ante professionem.

« Anno Domini... die... mensis... etc.... In monasterio sancti « Pétri Gemmeticensis, ordinis sancti Benedicti, congregationis « sancti Mauri, R. P. prior N... ejusdem monasterii, accersito « in capitulum Fr. N... brevi professionem emissuro, propo« suit, in prœsentià duorum senior'um et mei scribae Capituli « praedicti monasterii, ac etiam sufficienter exposuit octo casus « professionem irritantes, contentos in declarationibus in cap. « 8. reg.num. quarto (i), cum protestatione quœ ibidem habe« tur, videlicet : quod si aliquando in aliquo illorùm respondisse « falsum convictus fuerit, eo ipso expelletur etiam post emissam « professionem: quamhoc casu riullum et irritam esse decla« ravit. Insuperque illi proposuit : quod si aliquid difficul« tatis post emissam professionem circà constitutiones, regimen « aut personas congregationis, vel etiam circà interiorem « animae suse statum quoquo modo habuerit, judicio ac deci« sione eorum patrum congregationis, ad quos per proprium « Superiorem, Visitatorem aut R. P. Superiorem Generalem « remittetur, acquiescere tenebitur, juxtà decretorum ejusdem « congregationis. Ac iis prœmissis propositionibus, ab eodem « qusesivit : num ulli impedimentorum in suprà dictis casibus « contentorum sit obnoxius, et num suprà positas omnes « conditiones acceptet iisque sese subjiciat :

« Qui quidem prœdictus frater N... sic rogatus respondit : a Se nulli horum impedimentorum obnoxium esse et se per« omnes praedictas conditiones acceptare, iisque animo lubenti 

« sese subjicere. In quorum fidem, hune praesentem actum,

« jussu ejusdem R. P. prions a me scribâ capituli confectum

« etabeodem Fr. N... atque ab ipso R. P. priore et duobus

« senioribus subsignatum ipse subsignavi, die et anno quibus

« suprà. —N...— Fr. N... Fr. N... prior.— Fr. N... subprior.

« FF. N... seniores. — Fr. N... scriba. »

Dr Guéroult

(1) Voici quelles étaient les questions que le supérieur devait, adresser au candidat, en présence des sénieurs (ou anciens) et du secrétaire du chapitre .

1° Quel était son âge. Le postulant devait présenter un acte de baptême authentique.

2° S'il a spontanément choisi l'état monastique, sans qu'aucune violence ou séduction l'y ait contraint.

3° S'il n'a déjà fait profession dans un ordre quelconque, surtout dans un ordre mendiant, et si, dans ce dernier cas, il est muni d'une dispense légitimement obtenue du souverain pontife.

4° S'il n'est lié par le mariage; si son épouse a consenti à son entrée en religion; si elle-même s'est retirée du monde.

5° S'il n'a contracté quelque dette qu'il soit impuissant à payer.

6° S'il a des comptes à rendre, soit au public, soit aux particuliers.

7° S'il est atteint d'épilepsie ou de maladie contagieuse.

8° S'il n'a point été condamné ou seulement appelé en justice comme coupable de quelque crime.


LES M0INES DE SAINT-WANDRILLE
PENDANT LA RÉVOLUTION


Notes complétant le répertoire des religieux de la Congrégation de Saint-Maur pendant la Révolution, paru dans la « Revue Mabillon » t. LV (1965) à LVII (1967-1968). On ne répète pas ici les Indications figurant dans ce répertoire.

BERTHEAUX, dom Pierre Guillaume. — Professeur à Saint-Wandrille en 1790. Membre de la loge maçonnique « L'Union Cauchoise ». de Caudebec (Inventaire Saint-Wandrille, 28 avril 1.790. Arch. Nat. Nouv. Liasse F publié par dom Fernand Lohier dans Bull. Soc. Antiq. de Norm., 1.933, pp. 157- 178). Curé constitutionnel, vivait en l'an IX à Ouilly-la Ribaude, aujourd'hui Ouilly-du-Houlley (Calvados), n'y exerçant aucune fonction. (Em. SEVESTRE, L'enquête gouvernementale et l'enquête ecclésiastique sur le clergé de Normandie et du Maine de l'an IX à l'an XIII Paris, 1.91.3, p. 12). Etait en décembre 1804 professeur de mathématiques au collège secondaire de Lisieux (Dossier Lemoine, Arch. Nat. AF 1920.)

BRISSIER, dom Mathurin François. — Né 8 avril 1727 à Vitré. Membre de la loge maçonnique « L'Union Cauchoise », de Caudebec (Inventaire Saint-Wandrille 1790). Mort à Rançon (Seine-Maritime), le 6 Thermidor an V (Reg. Etat civil Rançon, aujourd'hui Saint-Wandrille-Rançon).

CAPPERON François. — Prof es à Jumièges en septembre 1788 avec Catelain, Lemaire et Lemoine (Dossier Lemoine, Arch. Nat. AF IV 1920). Domicilié à Bolbec en l'an III ; engagé volontaire sur les frontières ; domicilié à Avignon en 1804, à Nancy en 1825 (Notes dom Dubourg, dom Lohier). Etait étudiant à Saint-Wandrille en 1790.

CATELAIN Emmanuel, parfois Cattelain. — Né 21. juin 1767 à Ligny-Saint-Flochel (Pas-de-Calais), profès à Jumiè-ges en septembre 1.7.88 avec Capperon. Lemaire et Lemoine (Dossier Lemoine, cité supra), étudiant à St-Wandrille en 1790, prête serment le 2 septembre 1792 à Saint-Wandrille, président du comité de surveillance de Saint-Wandrille en octobre 1792, exerce de plus les fonctions de secrétaire et instituteur, marié à Rançon le 13 Fructidor An IV, maire de Saint-Wandrille du 27. brumaire An Xll à juillet 1823. Mort à Sainte-Marguerite-sur-Duclair (Seine-Maritime) le 3. juin 1830, inhumé à Saint-Wandrille le 5 juin suivant (Etat-civil Saint-Wandrille-Rancon, Sainte-Marguerite ; Reg. catholicité St-W.).

DECHY. dom François Antoine Fidèle. — Né 5 juillet 1745 à Cambrai. Cellerier et procureur à Saint-wandrille en 1.790. Prête serment le 26 août 1.792 à Saint-Wandrille. Réside encore dans la commune le 29. Brumaire An II (Etat civil Saint-Wandrille).

DESVALLEES, dom Pierre Narcisse. — Résidait à Saint-Wandrille en 1790, mais ne s'y trouvait pas lors de l'inventaire du 26 avril de cette année.

Du BOIS Pierre Joseph. — Etudiant à Saint-Wandrille en 1790.

GOBARD, dom Michel Barthélémy. — Né 21. oct. 1757. à Bernay. Sous-prieur à Saint-Wandrille en 1790. Neveu de Dom Courdemanche (E. ALLAIRE Documents inédits sur la fin du XVIIIe siècle, Paris, 1889. Notes de Dom Dubourg et de Dom Lohier).

GROGNET, dom 1 Louis Marie, parfois GRONIER. — Né 6 avril 1.744 à Eu. Prêtre en septembre 1.7.7.1. (Arch. Seine-Maritime G 761, 765, 766), prieur titulaire de N. D. d'Auffay (Seine-Maritime) le 8 mars 1766 (Arch. Seine-Maritime G 194). Sublime Prince Rose Croix de la loge maçonnique « L'Union Cauchoise » en 1790. Secrétaire de mairie à Saint-Wandrille en l'An II et en IV-V, instituteur et adjoint à Saint-Wandrille de l'An IV à l'An XI (Etat civil Saint-Wandrille). Desservant de Saint-Wandrille en l'an IX : pétition de sa commune (Em. SEVESTRE, op. cit. p. 327). Nommé curé de Louvetot (Seine-Maritime) le 5 septemibre 1802 ; démissionnaire, il est remplacé le 5 septembre 1807. (Archives Archevêché de Rouen).

d'HULDEBERT Pierre René Robert. — Né 29. juillet 1765 à Bernay. Etudiant à Saint-Wandrille en 1790.
LADVOUE Charles Louis. — Etudiant à Saint-Wandrille en 1790.

LEBRUN, dom Louis François. — Cf. Dom Fernand LOHIER « Dom Louis François Le Brun ». Bulletin Archidiocèse de Rouen, N" 6, 9, 26, 33, 37, 38 de 1.9.33, et tiré à part.

LEMAIRE Emmanuel. — Profes à Jumièges en sept. 1788 avec Capperon, Gatelain et Lemoine (Dossier Lemoine cité supra). Etudiant à Saint-Wandrille en 1790. Touche ses trimestres de pension par procuration dès 1791.. On perd sa trace après le 8 avril (Notes Dom Lohier).

LEMOINE Nicolas Alexandre. — Important dossier aux Arch. Nat. AF iv 1920 (résumé aux notes de Dom Dubourg). Etudiant à Saint-Wandrille en 1790 (voir Capperon, Catelain, Lemaire).

de L'ENGAIGNE, dom Louis François Joseph. — Né 6 janvier 1758 à Coulomby (Pas-de-Calais), sacristain à Saint- Wandrille en 1790.

L'ENTRAIN Jean Pierre. — Etudiant à Saint-Wandrille en 1790. Domicilié à Ouézy (Calvados) en 1805 (Notes Dom Lohier).

LESTIEVETZ, dom Louis François Joseph. — Né 13 mai 1.742 à Saint-Omer. Prêtre à Rouen en septembre 1771. (Arch. Seine-Maritime G 7.64, 765). Dépositaire à Saint-Wandrille en 1790. Sublime Prince Rose-Croix de la loge maçonnique « L'Union Cauchoise » de Caudebec (1790).
Curé constitutionnel de Bois-Himont (Seine-Maritime).

RAOULLET Jean Michel. Etudiant à Saint-Wandrille en 1790. Réfugié au Bec en août 1.792 où il prête serment Liberté-Egalité (?) (VEUCLIN « Fin de la célèbre abbaye du Bec-Hellouin », .885, p. 22). Habite Colombières (Calvados) en 1805 (Notes Dom Lohier).

RUAULT, dom Alexandre Jean. — Prieur de Saint-Wandrille en 1790. Le serment prêté par Dom Ruault à la tête de ses 20 religieux devant le maître-autel de l'abbaye est une légende dont on ne trouve aucune trace (elle a pris corps, semble-t-il, à l'époque romantique grâce à l'abbé Cochet). Par contre, un certain nombre de moines de Saint-Wandrille ont prêté serment, mais individuellement et en divers lieux (Sur cette question, cf. dom F. LOHIER, « L'inventaire de l'abbaye de Saint-Wandrille en 1790, Bull. Soc. Antiq de Norm., 1.933, pp. 156-161). Dom Ruault, mort le 3 janvier 1824 à Coulommiers, a été inhumé le lendemain au cimetière de la paroisse.

TREHET, dom Guillaume Jean Julien. — Etait prêtre en 1790. Absent lors de l'inventaire du 28 avril 1790.

N.B. — Seuls du Bois, Catelain et Desvallées ne sont pas mentionnés par la Revue Mabillon.

Dom J. THIRON.
Revue Mabillon