Histoire de la communale de Jumièges

La Révolutionle XIXe siècleLe XXe siècle

Instituteur ! La profession ne date pas d'hier, à Jumièges. A l'abbaye, bon an mal an, il s'en trouvait un qui enseignait jadis aux novices les fondements de la théologie. Mais instituteur public, ça, c'est une autre histoire...

Une école à l'abbaye ? Les textes anciens veulent en attester l'existence dès sa fondation, sous saint Philibert.

La chronique de l'abbaye, au fil des pages, confirme le fonctionnement d'une école dans le vieux moutier :

15 février 1198. Le prieur, Alexandre, est élu 41e abbé de Jumièges. On lit dans sa biographie qu'il avait enseigné aux jeunes religieux et aux personnes du dehors, bref, animé une école réputée.

1338, l'abbaye de Jumiêges affecte une rente assez considérable, non seulement à l'entretien des moines qu'elle envoit aux études générales à Paris, mais aux gages de l'instituteur qui vient montrer aux novices les rudiments des lettres.

1403 : Pierre Bourguegnon est recteur des écoles de Jumièges.

15 septembre 1407, une sentence est publiée à propos de l’application du droit mortuaire à un instituteur de Jumièges. Rappelons au passage que ce droit, apanage du sacristain, consiste à prélever le tiers du mobilier d'un défunt et son meilleur habit dans les paroisses de la péninsule à l'exclusion d'Yainville

1498 : Pierre Avril succède au professeur de grammaire à l’école de Jumièges pour former les jeunes religieux. Les élèves sont pensionnaires, disposent d’une maison de campagne. Théologie et droit canonique s’étudient à Paris.

L'Académie de Jumièges...

L'abbaye entretenait manifestement plusieurs écoles dans sa mouvance.

Quillebeuf.  — On constate l'existence d'écoles à Quillebeuf dès la fin du XIIe siècle. Fondées par les religieux de Jumièges, elles se soutenaient grâce, à leurs libéralités. Il résulte d'un accord conclu entre eux et le clerc Raoul, que ce dernier, n'étant pas encore prêtre, reçut 60 sous angevins pour la maîtrise des écoles, ( Arch. S.-Inf. Cart, de Jumiêges, n° 213. ).

Epinay-sur-Duclair. — Ecoles mentionnées vers la fin du XVe siècle. — Dans un procès relatif à la grange dîmeresse, un témoin rapporte qu'il était allé autrefois à l'école dans l'enclos où la dite grange était située.
(Enquête de 1524,. Arch. S.-lnf, F. de Jumiêges).

Saint-Paër-en-Caux.
Le 28: décembre 1481, Jean d'Amboise, abbé de Jumièges, nomma aux écoles Jean Levillain, clerc du diocèse de Rouen. Ce droit lui fut contesté par Guillaume des Hayes, sieur du Boscguérout et de Trubleville, qui paraît avoir obtenu gain de cause en 1495 ; mais ce seigneur fut à son tour attaqué par messire Robert de Meynemares, chevalier, seigneur de Bellegarde, qui, se prévalant des prérogatives de son fief, se rendit dans la maison du maître d'école, « accompagné de plusieurs personnes garnies de bâtons invisibles, et là, par force et voies de fait, s'empara de deux grands livres d'études et d'une arbalète appartenant au dit maître.» Le procès fut porté à la Cour du grand sénéchal de Normandie où, par permission, il fut déclaré que Guillaume des Hayes pourvoirait aux écoles, en attendant l'arrêt définitif de l'Echiquier.
Il fut prouvé que les seigneurs du fief de Trubleville avaient successivement nommé aux écoles de la seconde portion de la cure de Saint-Paër messire Jean de Bracy, Roger le Masson, Th. Roussel et, prêtres, et depuis, maître Martin Douyère, sous ledit Rousselet.
(Arch. S.-lnf., F. de Jumièges, d'après M. de Beaurepaire)

1682. A Jumièges, ce sont les habitants eux-mêmes qui se plaignent du manque d'éducation. Les autorités ecclésiastiques sont amenées à réagir : « sur ce que les habitants ont remontré que les enfants n'étaient point instruits, n'y ayant point d'école la plupart du temps, quoiqu'il y ait un vicaire et. un clerc dans ladite paroisse, il est ordonné qu'il sera choisi un clerc capable d'enseigner les enfants, qui tiendra les écoles assidûment, en casd'absence, le vicaire le remplacera ; enjoint au sieur curé de tenir la main à ce que lesdites écoles soient exactement tenues, à peine de suspense ». 

A Sainte-Marguerite-sur-Duclair, la même année, un clerc tient un école, « le Trésor de l'Eglise fournira ce qu'il pourra pour la subsistance du clerc, et les paroissiens se cotiseront pour payer le reste » 1685 : « Les paroissiens de Sainte-Marguerite-sur-Duclair seront exhortés d'envoyer leurs enfants à l'école tenue par le vicaire, en attendant qu'il y ait un clerc. »
 Dans les années 1700, il existe à Jumièges une école pour les garçons et une autre pour les filles. 

1715, Mgr d'Aubigné effectue une visite pastorale dans le doyenné de Saint-Georges dont voici l'état de l'instruction — 55 paroisses visitées ; 18 sans une seule école : Aulnay, Blaqueville, La Folletière, Fréville, Gravenchon, Hautot, Maulevrier, Le Mesnil-sous-Jumièges, Mont-de-Lif, Panneville, Radicastel, St-Maurice-d'Estelan, Sainte-Gertrude, Sainte-Marguerite-sur-Duclair, Triquerville, Le Vert-Bôsc, Les Vieux, Yainville ; 7 écoles tenues par les curés, 19 par des vicaires, 8 par des clercs, 3 par d'autres particuliers dont l'un était un jeune étudiant.

Ecoles de filles en 10 paroisses : Caudebec, soeurs de la Congrégation de Notre-Dame, Duclair, Hénouville, Jumiêges, maîtresse d'école logée et nourrie aux frais de l'abbaye ; Louvetot, veuve, par charité ; Rençon, demoiselle du lieu ; Saint-Wandrille, demoiselle du lieu, par charité ; Sahurs, Touffreville, la soeur du vicaire ; Saint-Pierre-dè-Varengeville, une fille dévote.

LES SOEURS D'ERNEMONT. Cette Communauté fut fondée en 1690, dans le but « d'élever et de former des filles capables d'enseigner à lire, à écrire, à calculer, à faire le catéchisme aux personnes de leur sexe ; panser les plaies et avoir soin des pauvres malades dans les lieux de la campagne où elles seraient envoyées.» De 1722-1788 dans la Sérié D. 453 (Liasse), on trouvé les contrats de fondation d'Ecoles des Soeurs d'Ernemont. A Duclair, lettre du curé : les 50 liv. demandées en sus des 200 liv. du prince de Lorraine, abbé de Jumiêges, sont assurées à la soeur qu'on voudra envoyer. A Saint-Paër, une école fut fondée par une personne de piété et par Marguerite Blondel. A Sainte-Marguerite, par Anne Le Duc, veuve de Vincent Cousin.


Quand vint la Révolution, une institutrice, religieuse de son état, était toujours entretenue par l'abbaye. On demanda au curé de la paroisse, l'abbé Adam, de remplir les fonctions d'instituteur au presbytère. Ce qu'il refusa, semble-t-il, si l'on en croit Emile Savalle :

La municipalité avait laissé aliéner par la Convention tous les biens nationaux situés dans la commune, sans adresser les réclamations qu'elle avait le droit et le devoir de faire, par exemple lors de la vente du presbytère, dont M. Dinaumare, juge-de-paix, avait dû expulser M. l'abbé Adam, sur son refus de le conserver pendant la suspension du culte, à titre d'instituteur et à condition d'y tenir l'école pour les petits enfants. Ainsi, grâce à lui, la commune de Jumièges manque encore à l'heure qu'il est de presbytère, de même qu'elle n'a pas l'abbaye pour église paroissiale.

Le citoyen Delarue

L'ancien régime s'étant effondré, les premiers instituteurs laïcs qui nous soient connus ont le titre de maître d'école. Le 13 janvier 1790, Louis Paine épouse à Jumièges Marie Anne Renault. Mais il est dit d'Ambourville. En revanche, de Jumièges est Jean Leroux qui, le 15 février 1791, à 33 ans, épouse Marie Anne Victoire Duquesne.
Maintenant, c'est surtout Delarue qui marque cette époque. Et Delarue donnait manifestement satisfaction. La preuve ? Cette lettre adressée au citoyen Le Saunier, ex administrateur, membre du jury d'instruction demeurant rue du Bac, à Caudebec :


Municipalité de Jumièges, le 20 pluviôse, 3e année.
Citoyen,

Suivant l'instruction publique que nous avons reçue, nous voyons avec satisfaction que c'est vous qui êtes membre du jury du district d'Yvetot et que c'est à vous à qui l'on doit s'adresser pour se faire inscrire pour remplir les fonctions d'instituteur. Connaissant que le citoyen Delarue, instituteur dans notre commune, possède les talents et les qualités requises pour remplir ses fonctions, nous invitons de vouloir bien nous le conserver, vu son exactitude attachée à son devoir.

Salut et fraternité
Crétien, officier, Amand, maire, Pierre Le Roux, officier, Poisson, officier, Valentin Duquesne, Pierre Gosse.


47 élèves en l'an 3

Mandats
Nous maire et officiers municipaux de la commune de Jumièges après avoir vérifié les registres du citoyens Delarue, instituteur dans cette commune, après les avoir confrontés avec les nôtres, avons reconnu qu'il a donné des leçons pendant le trimestre de germinal à messidor 3e année à quarante sept élèves. En conséquences mandons au citoyens Loche, receveur du district d'Yvetot, de payer au dit Delarue, d'après le visa soustrait au présent par le directoire du district et à vue la somme de trois cents livres, laquelle lui sera allouée dans ses comptes.

A Jumièges, ce sept messidor an trois de la République française une et indivisible.
Varanguien, Poisson, Delarue, Poisson.



En l'an 4, Delarue délivre encore son savoir à 32 élèves. Et empoche toujours 300 livres avec la bénédiction républicaine de Varanguien, Boutard et Danger
. Il n'a manifestement pas de logement réservé. Car il n'y a pas de crédit pour évaluer  les travaux nécessaires à l'aménagement d'un local. C'est ce qu'écrivent au Département les administrateurs du canton, le 3e jour complémentaire de l'an 5 :

Quant à l'état dans lequel se trouvent les maisons réservées au logement des instituteurs, nous ne pouvons encore vous le donner détaillé, faute de pouvoir obtenir les renseignements nécessaires. Votre circulaire du 29 thermidor, en nous prévenant que les réparations doivent être évaluées sans frais, nous a mis dans l'impossibilité d'employer à cette estimation des hommes instruits qui refusent de travailler gratis
Trois lettres de rappel écrites aux agents municipaux n'ont pu nous procurer un seul état. Celui que nous vous avons transmis avec notre lettre du 29 fructidor dernier pourrait être suffisant jusqu'à ce que nous ayons pu obtenir tous les éclaircissements ultérieurs que pourraient nous fournir les agents municipaux.
Salut et fraternité.
Vauquelin, Bersoux, Desaulty, Herment, Jacques Aubin, Vautier.

Gentais demande Yainville. Ce sera Jumièges !
Delarue mit un terme à sa carrière jumiégeoise. Le 25 fructidor de l'an 5, l'indemnité de l'instituteur de Jumièges fut fixée à 200F par le Département.

Nous vous adressons ci joint, citoyens, l'arrêté qui fixe l'indemnité qui sera accordée à l'instituteur de Jumièges. Vous voudrez bien le déposer dans vos archives pour avoir son exécution aussitôt que l'instituteur sera nommé.


En l'an 6, un Rouennais, Charles Guillaume Gentais, se manifesta pour obtenir un poste dans le canton :

Aux citoyens administrateurs composant l'administration municipale du canton de Duclair;
Supplie humblement, Charles Guillaume Gentais, désirant s'établir dans l'arrondissement du canton de Duclair en qualité d'instituteur pour y enseigner à lire, écrite, l'arithmétique, le tout suivant les lois constitutionnelles de la République, ce pourquoi, citoyens, il réclame votre autorité à fin de lui procurer une commune dans laquelle il puisse exercer librement comme celle de Yainville si toute fois il n'y en a pas d'autres de vacantes pour l'instant.
Salut et fraternité.

Avant de voir si un poste est disponible, les administrateurs du canton invitent Gentais à se présenter devant le jury d'instruction siégeant à Yvetot pour y subir un examen d'aptitude. Ce fut le sens d'un arrêté pris le 18 germinal de l'an 6 et signé Maugendre, Leblond, Delaville, Foutrel, Tiphagne et Vauquelin.

Le 8 messidor, le Département écrit à Duclair :

Citoyens, depuis longtemps nous désirions voir la commune de Jumièges pourvue d'un instituteur national et nous voyons avec plaisir qu'il s'en présente un qui mérite vos suffrages, mais comme il ne paraît pas exister de bâtiment national disponible où cet instituteur puisse être logé, nous vous invitons à nous proposer l'indemnité que vous croirez convenable de lui accorder. Aussitôt que votre réponse nous sera parvenue, nous délivrerons la commission du citoyen Gentais sur le civisme duquel nous désirons d'ailleurs avoir des renseignements plus étendus. Salut et fraternité. Cabinot, Delestre etc.

Les Duclairois répondent le 15 messidor :

Citoyens, nous pensons que l'indemnité à accorder au citoyen Gentais que nous vous avons présenté le 5 de ce mois pour être instituteur primaire dans la commune de Jumièges pourrait être portée à la somme de cent cinquante francs.

C'est le minimum pour se procurer un logement tel que l'exige la loi du 3 brumaire. Pour ce qui est du civisme de Gentais, Duclair invite le Département à se rapprocher de Rouen où Gentais a demeuré 26 ans. On y trouvera tous les renseignements utiles.

Qu'il écrive bien "Ecole primaire"

 Le 21 messidor, le département a tranché et écrit au canton :

Vous recevrez ci-joint, citoyens, l'acte de nomination du citoyen Gentais à la place d'instituteur primaire à Jumièges, nous vous invitons à remplir exactement les dispositions de l'arrêté dont il est souscrit. Nous vous adressons en outre pour être remis à l'instituteur un exemplaire du règlement des écoles primaires, plusieurs avis indicatifs des libraires où se trouvent les livres élémentaires dont l'usage est prescrit par le règlement et enfin un exemplaire des arrêtés du Directoire exécutif des 27 brumaire et 17 pluviôse qui devra rester affiché dans l'école. Ayez soin, citoyens, que l'instituteur remplisse ses devoirs avec exactitude et prescrivez-lui d'indiquer sa demeure par cette indication ostensible : ÉCOLE PRIMAIRE.
Salut et fraternité.
Delaistre, Cabinot, Lucas.

Le 7 thermidor, le canton prend acte de la nomination de Gentais et précise :

Nous lui avons remis les pièces qui y étaient jointes et avons nommé un commissaire pour procéder à son installation.
Salut et fraternité.


Les élèves de Gentais

Tous les élèves de Gentais sont dits du Conihout. Tous aussi sont dits "silabaires". A quelques exceptions près que nous indiquons ici entre parenthèses. Voici le relevé du trimestre de nivôse, an 5.

Quesne Louis, Conihout, Sénot Laurent, Savin Jean, Savin Jacques, Gosset Louis, Gosset Denis, Gosset Pierre, Gosset Angélique, Neveu Pierre (dans la constitution), Decaux Jacques (dans la constitution et l'arithmétique), Decaux Jean, Renault Denis, Renault Louis, Boutard Pierre, Boutard Marie-Anne, Sénot Louis (dans la constitution), Sénot Rose, Sénot Angélique, Lambert Laurent, Lambert Louis, Vatay Denis, (dans la constitution), Hulay Pierre, Duquesne Louis, Guébert Janne, Quesne Marie Anne, Ferrand Angélique, Quesne Marie Anne, Bocquet Thérèse, Bocquet Marie, Hautot Rose, (dans la constitution), Hautot Marie Anne,

Certifié par moi, Charles Guillaume Gentais, instituteur de la commune de Jumièges, an 5 de la République française. C'est donc là la toute première liste d'élèves de l'école publique de jumièges.
L'année suivante, les effectifs semblent avoir fondu comme neige au soleil. Voici la liste établie pour messidor de l'an 6 :

Sénot Pierre, Quesne Louis, Savin Nicolas, Savin Édouard, Quesne Angélique, Quéne Rose, Quesne Victoire, Bocquet Monique, Bocquet Caroline, Québert Désirée, Québert Marie Anne, Ferrand Adélaïde.

L'instituteur note en marge qu'ils sont tous « silabaires », âgés de 7 à 11 ans. Louise et Angélique Quesne, Désirée Marie Anne
Québert sont scolarisées gratis et les huit autres à dix sols, ne voulant donner plus.

Deux candidats à la succession de Gentais

Le 6 brumaire de l'an VIII, le Département écrit sa surprise au canton :

Citoyens, nous avons reçu avec votre lettre du 17 vendémiaire les pétitions des citoyens Siouville et Garin qui se proposent pour instituteurs primaires de la commune de Jumièges. Cette présentation nous étonne puisque nous ignorons si le citoyens Gentais, nommé à la place dont il s'agit, a donné sa démission.

Mais en supposant le fait, ces deux concurrents doivent, conformément à la loi du 3 brumaire, an 4e, se présenter au jury d'instruction primaire pour être examinés. Si je jury les reconnaît suffisamment instruits, vous nous adresserez le procès verbal de leur examen en nous faisant connaître les motifs de préférence que l'un d'eux pourrait présenter et alors nous statuerons ce qui nous paraîtra convenable.
Salut et fraternité

Le pauvre citoyen Varnier



31 octobre 1799 :
Le citoyen François Dominique Varnier, instituteur demeurant dans la commune de Jumièges et artiste de la ditte administration expose que le cinq du présent mois de Brumaire, sur les viron trois heures d'après midy, il avoit éprouvé un événement des plus funestes par l'écroulement du pignon de la cidevant abbaye de Jumièges qui a réduit presque en entier sa maison en poudre appartenante au citoyen Bruno Harel, propriétaire par fiefe du citoyen Michel Lécuyer, ex receveur à Rouen et que par cette terrible catastrophe, il se trouve réduit à la perte totalle de ses meubles, effets, une partie de son linge et argent, c'est pourquoy l'exposant sollicite quelque secours provisoires pour fournir à sa subsistance étant réduit par cette perte à la dernière misère jusquà ce qu'il en ait été autrement ordonné et de nommer deux commissaires dans la commune à l'effet d'implorer la générosité de ses concitoyens et ce faisant vous ferés( sic) justice.
Présenté le 9 brumaire an 8 de la République.



On a retrouvé le brouillon de la réponse qui fut faite à cette requête.

Liberté Egalité

L'administration communale du canton de Duclair,
Vu la pétition du citoyen Varnier, instituteur à Jumièges, de laquelle il résulte que le cinq de ce mois, sa maison a été écrasée et ses meubles, argent, linges, habits et généralement tous ses effets anéantis sous les ruines de cet édifice occasionnées par la chute d'un des bâtiments de la cydevant abbaye.
Après avoir pris tous les renseignements certains relatifs à cet accident, condisérant que la position de l'exposant est aussi malheureuse que si ses meubles et effets suscrits devenus la proie des flammes (?)
Considérant que dans ce dernier cas tous les citoyens ont été dans tous les temps invités de secourir les malheureux qui ont éprouvés des pertes aussi graves,
Considérant que par cet accident fâcheux le citoyen Varnier se trouve réduit à la dernière misère, 

Délibère que tous les citoyens de ce canton sont invités au nom de l'humanité de procurer au citoyen Varnier des secours proportionnés à leurs facultés
2° que le dit citoyen Varnier a... (ratures) Varnier est autorisé de solliciter en sa faveur la bienfaisance de tous les citoyens de ce canton. La collection des secours sera faite par l'agent en leur domicile électif accompagné de (ratures) l'adjoint des communes auprès des citoyens délégués par eux.

3° que la présente délibération sera envoyée dans toutes les communes où le culte s'exerce en public et que les ministres sont invités à solliciter les secours de ceux qui assistent à leurs offices en faveur du pétitionnaire.

... à Duclair le 10 brumaire an 8 de la République française une et indivisible.(*)



Pour suivre : le XIXe siècle :
SOURCES

ADSM, L3255 et L1703, documents numérisés par Jean-Yves et Josiane Marchand, transcription : Laurent Quevilly.
Affaire Varnier : communication de Jean-Pierre Hervieux.