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Histoire de la communale de Jumièges
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 Les souvenirs de Sever Boutard

En 1913, alors instituteur à Jumièges, Pierre Paôn recueillit les souvenirs de l'ancien maire, Sever Boutard. Il évoqua sa scolarité en brossant toute la galerie des enseignants depuis 1836.

 Manque à l'appel le père Paumier qu'évoque par ailleurs Maurice Leblanc, l'auteur d'Arsène Lupin. Grand collectionneur d'autographes Paumier coulait une retraite heureuse dans les années 1870. Mais peut-être n'avait-il pas enseigné à Jumièges. Manque aussi Marie-Romain-Etienne Lejard, instituteur attesté à Heurteauville en 1840 où il demeurait en compagnie de son épouse, Désirée Josse, veuve Bénard.

Le père Beaufils

Mes débuts à l’école.

Je suis né à jumieges, le 6 octobre 1830 au hameau du Conihout.
Nous avions à cette époque au dit hameau comme maître d’école un nommé Beaufils qui joignait à cette profession celle de vannier, ce qui n’était vraiment pas trop pour qu’il puisse manger du pain, lui et sa femme.

J’ai commencé à aller à son école en 1836. J’avais donc 6 ans. La classe n’était pas précisément un palais, mais simplement une aire de terre battue très restreinte, et qu‘abritait une vielle bicoque tenant à peine debout. Nous étions la dedans en moyenne une vingtaine d’élèves. 

Cette classe était chauffée en hiver par un poêle de potin qu’on alimentait avec des fagots que les élèves étaient tenus d’apporter chaque jour. Et comme il nous arrivait souvent d’oublier d’en prendre chez nous, nous mettions des haies à contribution pour réparer cet oubli.

Je me rappelle encore, quoique bien jeune, l’impression que j’ai ressentie la première fois que j’y suis allé.
Nous étions arrivés un peu avant l’heure réglementaire. Le bonhomme était encore occupé à faire des paniers. Tout à coup, un bruit de pas se fait entendre devant la porte, et Mme Beaufils qui nous surveillait – une grosse femme de 75 à 80 kg – s’écrie d’une voix de stentor : « silence mes enfants, voici votre maître »

Aussitôt la porte s’ouvre, et je vois entrer un homme d’un aspect vénérable, chaussé de gros sabots rouge sans brides, dites « sabots à la commette », pas de bas, des chaussons seulement en toile bise, un pantalon, un gilet, et une casaque de la même étoffe, coiffé d’un bonnet bleu « à la république » dont la mouquette (en cauchois petite mouche ; ici pompon, gland) lui tombait sur l’épaule droite ; avec son air débonnaire et son accoutrement, j’étais bien près de rire, tant il me semblait drôle. Mais ce qui m’a fait garder mon sérieux, et m’a même impressionné, c’est qu’il était armé d’une grande baguette en osier blanc d’une longueur qui me semblait énorme, et avec laquelle il aurait sûrement pu, de son bureau, nous atteindre dans tout les recoin de notre petit palais.

Mais j’eus bientôt acquis la certitude que l’arme qui m’avait paru si redoutable et fait tant peur était à peu près inoffensive, car on se s’en servait presque jamais ?

La cérémonie du coq

Une fête que le père Beaufils avait l’habitude de célébrer tous les ans au mardi gras et qu’on appelait « la cérémonie du coq » mais à laquelle je n’ai pas pris part puisqu’elle fut supprimée peu avant mon entrée à l’école, constituait en ceci :
Les élèves les plus aisés apportaient les uns de la graisse, les autres de la farine, des pommes ou du cidre pour faire des « plaques
» (crêpes encore appelées « carempernant (de carême-prenant = mardi gras) dans le Pays de Caux) ou des beignets. Le père Beaufils fournissait le coq auquel on attachait des rubans à la queue, et qu’on lâchait dans la plaine. Comme il avait à ses trousses la bande de gosses, je n'ai pas besoin de vous dire que le volatile y mettait du sien ! Néanmoins il finissait toujours par succomber sous le nombre de ses poursuivants, et celui qui avait le bonheur de le saisir le premier était nommé le roi du festin qui avait lieu à midi, si toutefois le coq était cuit à point,  car s’était par lui qu’on commençait.

Mais le pleine dans laquelle se livrait la course au coq est marécageuse. Les raies (sillons profonds fossés) séparant les pièces de terres entres elles sont très profondes, et la seine à cette époque se tenant constamment haute, il n’était   pas rare de voir dans les dites raies 40 à 50 cm d’eau. Et comme en se chamaillant ou en voulant saisie le coq, un certain nombre d’entre les gamins prenait un bain par trop refroidissant, dont paraît-il quelques uns furent malades, les parents se sont opposés à la fête qui a été supprimée.

Le battage du beurre

Mais il restait encore un usage, dont j’ai été de héros. C’était le battage du beurre par les élèves.
Notre maître d’école louait une petite masure (en Normandie : cour plantée généralement de pommiers  à cidre)
qui lui permettait d’avoir une petite vache. La mère Beaufils qui aimait bien sa petite tranquillité, avait pris l’habitude de faire battre son beurre par les élèves. Comme c’était la troisième année que j’allais à l’école, et que j’étais, parait-il assez fort pour mon âge, la bonne femme me chargea de cette mission, ce qui ne m’allait guère, je dirai même pas du tout ; Mais j’avais l’ordre formel, il fallut obtempérer.

Je me mis donc à la besogne, d’assez mauvaise humeur. L’aire de notre boîte était très inégale, comme un chemin tortueux qui monte et descend. Le pot se trouvait sur un monticule. Il me paraissait mal assuré. Pourtant dans mon inexpérience (je n’avais jamais battu le beurre) je supposais que le pot devait conserver son équilibre. Faux calcul ! Au premier coup de batteron, le maudit pot tourne sur lui-même, et comme une personne ivre, s’abat dans le trou qui se trouvait au bas de la hauteur sur lequel il était placé. La crème était dans le trou, le pot avait l’anse cassée. Décrire ma stupeur serai impossible. Je me croyais perdu, sans ressource.

Deux maîtresses gifles

La mère Beaufils était blême de colère prétendant que j’en avais fait exprès. Il me semblait déjà voir le maître armé de sa terrible baguette qui m’avait tant impressionné le jour de mon entrée en classe venir me la briser sur le dos. Mais point du tout : ce fut la bonne femme qui s’élança vers moi comme une furie ; et qui me gratifia avec ses doigts crochus de deux maîtresse gifles dont je me suis souvenu longtemps.

Mais le maître se leva de son siège, et, raide comme la justice, prit sa femme par le bras, la força à s’asseoir, blâmant l’acte qu’elle venait d’accomplir, lui disant qu’elle n’aurait de cesse qu’elle lui eut fait perdre son pain, et qu’il la prévenait que dorénavant il défendait expressément qu’aucun élevé de sa classe ne batte le beurre, que ceci le regardait désormais… Encore un usage disparu…

Mais la mère Beaufils a été alitée huit jours. C’est égal, j’avais reçu deux maîtresses gifles ! Mais je n’aurai pas changé ma situation pour la sienne… Et puis ? Enfin, j’étais rassuré à l’égard de la terrible baguette !

Monsieur Henry

A cette époque, c'est-à-dire vers 1839, il y avait déjà dans la petite commune du Mesnil sous Jumièges un instituteur sorti de l’école normale, un Picard nommé Henry  qui y enseignait depuis plusieurs années. On commençait à faire la guerre à nos instituteurs de hameaux qui faisaient la sourde oreille autant que possible.

Mais en 1840, il en vint un à Jumieges, et l’on défendit expressément au propriétaire du père Beaufils qu’il soit tenu une classe dans sa boîte. Le bonhomme dut se résigner. Mais comme il y allait de son pain, il chercha un autre domicile où il pourrait tenir sa classe. Il trouva ce qu’il cherchait tout à l’extrémité du hameau de Conihout, quartier des Haugues.

Malheureusement le nouvel emplacement était encore plus défectueux que celui qu’il était obliger de laisser. Et la premier journée vers, vers deux heures de l’arrière flot (la rivière remonte assez loin la seine, l’arrière flot correspond à la marée haute en seine) nous nous apercûmes tout à coup que nous avions de l’eau jusqu’aux genoux, et que nos tables et nos bancs tournoyaient comme s’ils eussent  été enchantés. Chacun de nous s’empressa de sauver ce qu’il put du naufrage, et nous disparûmes sans espoir de retour. Ce fut la fin de l’école des hameaux.

Monsieur Moignard

J’aurais bien voulu aller à l’école du mesnil, mais comme mon père était conseiller municipal, il prétendit que je devais aller à l’école de l’instituteur du pays. Je dus donc obéir, mais cela causa un préjudice assez grave au peu d’instruction que j’était appeler à recevoir : cet instituteur nommé Moignard, trouvait le moyen de ce saouler régulièrement sept fois par semaine. Il me semble encore voir un inspecteur lui laver la tête  à l’effet de son inconduite, tandis que nous ne pouvions nous empêcher de rire en voyant sa chemise sortir de plusieurs endroits par le derrière de son pantalon ! ...  

Je n’ai pas besoin de dire que ce monsieur, qui n’était pas souvent dans son esprit normal, nous punissait souvent à tort, ce qui n’était pas fait pour lui attirer les sympathies de ses élèves. En ce qui me concerne, je l’avais tellement en aversion que je préférais faire l’école buissonnière que d’aller en classe, funeste habitude que j’ai conservé encore quelques temps, quand je suis allé à l’école du mesnil, car le dit Moignard n’a pas tardé à avoir son changement (je crois même qu’il a été révoqué de ses fonctions) ; comme Jumièges fut un certain temps sans instituteur, je suis donc allé à  l’école du Mesnil…

La traversée du marais !

Mais la chose n’était pas facile, en hiver surtout, car il nous fallait traverser le marais communal, qui était constamment recouvert d’eau pendant quatre à cinq mois  de l’année. La seule chaussée, nommée chaussée Cabeuille (ou cabeil ? il s’agit bien sur de la même, mais sa trace en étant aujourd’hui disparue, qui pourra dire son nom exact) car elle se composait uniquement de grosses pierres en grés espaces de 60  à 80 cm les unes des autres. La dite chaussée pouvait avoir cent mètre de long et sur la moitié de sa largeur il se trouvait un bas fond  ou il y avait toujours de 50 à 70 cm  d’eau, comme cette eau allait un jour du Mesnil à Jumieges et un autre jour de Jumièges au Mesnil, selon la situation des vents, cela formait un courent assez rapide ;  et quand les pierres étaient mouillées, soit par la pluie ou le verglas, il nous est arrivé plus d’une fois, malgré notre habitude et notre équilibre de gamins, de ne pas effectuer la traversée sans encombres. L’essentiel, c’est qu’aucun d’entre nous n’y est resté (il est bien entendu que les filles habitant le Conihout ne pouvaient fréquenter l’école pendant l’hiver).  
 
 Cependant, les choses commençaient à s’améliorer, et les habitants du hameau du Conihout, sous la direction de leurs conseillers municipaux, résolurent de faire à la corvée
une chaussée convenable que l’on pourrait en toute saison emprunter à pieds ou en voiture. Il me semble encore voir notre maître venir tout les soirs, sa pelle sur son épaule, chaussé de demi bottes dans lesquelles il fourrait le bas de son pantalon, apporter son aide pas bien considérable, j’en conviens, mais enfin volonté y était – aux travailleurs plus expérimentés que lui. Ce fut un bon exemple. 

La chaussée du Landin suivit presque immédiatement, toujours à la corvée   la digue des pierres de la Huette et autres, de sorte que, vers 1845, on pouvait en toutes saisons circuler dans le-dit marais. La jonction du hameau de Conihout et de celui du Sablon était en fait accomplie. D’un autre coté, la chaussée Cabeuil nous donne accès au Mesnil, le problème était résolu ; de sorte que rien ne s’opposait plus à ce que nous allions à l’école au Mesnil, puisqu’il avait plus, pour le moment d’instituteur à Jumieges.

1841 : la plume d'acier

D’ailleurs, l’instituteur du Mesnil faisait d’assez bons élèves ; mais comme sa classe était mixe, elle se trouvait trop chargée : j’ai vu parfois jusqu'à soixante élèves, et même plus ! Les élèves selon leurs degrés d’instruction, payaient 75 centimes, 1 franc et 1,25 par mois. Nous avions  pour livre: la Syllabe (nom vraisemblablement donné au Syllabaire, à la méthode de lecture alors utilisée), la Jeunesse chrétienne, le Psaumier, l’Histoire de France, et le Manuscrit. Nous usions peu de papier. Pour le calcul, nous nous servions d’ardoise. Nous avons encore utilisé la plume d’oie pendant quelque temps. Mais vers 1841 ou 42, la plume d’acier fit son apparition et détrôna complètement la plume d’oie. 

J’avais douze ans à cette époque, et j’avais une très bonne mémoire. j’aimais bien nom maître, mais je n’aimais guère l’école. Et puis il y avait du travail à la maison. Mon père, qui était petit propriétaire-cultivateur ne manquait pas souvent d’ouvrage. Je quittais donc l’école pour travailler aux champs. Je n’ai pas besoin de dire que mon instruction n’était pas des plus brillante : Je lisais bien, j’écrivais assez bien, je connaissais à peu près mes quatre premières règles (les quatre opérations), mais quant à l’orthographe, ça n’a jamais pu entrer dans ma tête ! Enfin, pourrais-je dire que contrairement à beaucoup d’élèves de ma sortent qui sorte de l’école avec une petite instruction et la perdre petit à petit, faute de pratiquer, comme j’ai beaucoup lu, j’ai peut être augmenté un peu la mienne, si cela se peut dire.

Monsieur Philippe

Si la mémoire m’est fidèle, le susdit Moignard fut remplacé à jumieges par un nommé Philippe, enfant du pays, jeune homme instruit, disait-on; jouissant de l’estime générale, montrant très bien, appelé à faire de bons élèves. Malheureusement il était atteint d’une maladie de poitrine qui ne tarda pas à le conduire au tombeau. Il tenait l’école, ainsi que son prédécesseur, dans la maison où réside aujourd’hui Hybert Aisné.

N.D.L.R. 14 avril 1844 : Jacques Désiré Modeste Philippe, instituteur communal, est le témoin de la mort de l'écrivain Charles-Antoine Deshayes.

Monsieur Maillon

Il a dû être remplacé par un nommé Maillon, très bon instituteur aussi, qui s’est vu contraint à ses débuts de tenir sa clase dans une vielle « bocasse » appartenant à cette époque à un nommé Delamare, et actuellement a Mme Lepel Cointel. C’était du reste la maison commune, ou siégeaient à cette époque les représentants de la commune.

Mais déjà le progrès se faisait sentir, et nos braves édiles, reconnaissant l’inefficacité de ces vielles boîtes ouvertes à tout les vents, se décidèrent, à la grandes stupéfaction des oies enculottées du pays (il y avait à cette époque des oies enculottées à Jumièges, il y en a encore aujourd’hui) à faire bâtir une mairie, à laquelle ou adjoignit une classe, maison et salle pour l’instituteur. La classe devenue insuffisante a dû être rallongée, mais comme elle n’a guère de hauteur sous plafond, elle est encore loin d’avoir le cube d’air voulu pour les élèves qui la fréquentent. Quand a la mairie bâtie en 184?, elle fait encore bonne figure sur la place de jumièges, et c’est M Maillon qui, le premier des instituteurs, a eu l’honneur de l’habiter. 

N.D.L.R. Mère de l'écrivain Gabriel-Ursin Langé, Mathilde Dossemont est née à Jumièges le 16 novembre 1851. Nicolas Valentin Maillon, 27 ans, instituteur public, fut témoin de sa naissance.

Monsieur Gruley

M Maillon qui resta bien plusieurs années à Jumièges, fut remplacé par un nommé Gruley, très bon instituteur aussi, mais aimant un peu trop  à lever le coude ; néanmoins, il était très aimé de ses élèves, et assez bien vu par les habitants. Il resta aussi plusieurs années parmi nous.

N.D.L.R. Le 11 août 1872, Charles Gruley, 39 ans, instituteur, est témoin de la naissance de mon grand-père, Henri Mainberte.

MM. Debuly, Martin, Evrard, Tabouret, Paôn...

Il fut remplacé par un nommé Debuly, qui ne resta que quelques années, et fut remplacé par un nommé Martin qui n’est resté qu’une année ou deux, et fut remplacé à son tour par un nommé Evrard, lequel ne resta également que quelque années et fut remplacé par  un nommé Tabouret, actuellement instituteur à Saint-Aubin-Celloville, celui-ci resta assez longtemps parmi nous, et a été remplacé par M Paôn, l’instituteur actuel.

Mademoiselle Mutel

Quand aux institutrices qui se sont succédé jusqu’au jour ou M. Achille Grandchamp, ancien maire de jumieges, eut fait bâtir une école pour les filles, elles avaient été un peu mieux logées.
C’est une demoiselle Mutel qui est venue la première à Jumièges. Elle tenait sa classe d’abord dans une maison située  en haut du bourg, appartenant aujourd’hui à la veuve Emile Carpentier.

Elle est descendue ensuite un peu plus bas, dans un local appartenant aujourd’hui à M. Delametterie. Ces deux maisons étaient assez confortables pour l’époque, et l’on pouvais y tenir la classe sans inconvénient : l’école n'étant pas obligatoire, le nombre d’élèves était moins grand.

Mademoiselle Lauron

C’est une demoiselle Lauron qui a remplacé Mlle Mutel, celle-ci étant décédée. Et c’est elle qui, quelques années plus tard, eut l’honneur d’étrenner en 18?? l’école donnée par M. Grandchamp et qui est encore aujourd'hui un modèle du genre.

NDLR. Emma-Ernestine Lauron, institutrice publique à Jumiéges, reçut une médaille de bronze pour la bonne tenue de son école en 1878.

Mmes Bohut, Jourdain, Leclerc...

Apres Mlle Lauron, il y eu une dame Bohut, et une autre dont j’ai oublié le nom. Ces deux dernières sont restées peu de temps (Mme Bohut surtout). Elles ont été remplacées par Mme Jourdain qui est  restée assez longtemps et a été remplacée par Mme Leclerc, l’institutrice actuelle.  

Voici, pour le corps enseignant, ce que mes souvenirs me permettent de rappeler. Et je dois dire que si tous n’ont pas été à la hauteur de leur mission, le plus grand nombre d’entre eux s’en sont montrés très dignes.

Sans oublier Le Painteur...

Avant de terminer, je dois cependant réparer un oubli. En parlant d’écoles de hameaux, j’ai oublié de mentionner celle du hameau du Sablon, située a peu près a 100 mètres au dessus du carrefour aux Cinq-Chemins (le carrefour aux Cinq-Chemins pourrait être l’actuel carrefour proche de la moderne école du Sablon), dans une masure appartenant aujourd’hui a un nommé Laurent Mazot, et dirigée par un nommé Le Painteur.

A titre de curiosité, je suis allé une demie-journée dans sa classe. Voici comment :

J’avais pour voisin un camarade qui, lui, préférait aller à l’école du Sablon plutôt qu’a celle du Mesnil. Comme  je lui demandais si le maître d’école était aussi bien costumé que le père Beaufils, il me répondit qu’il était superbement vêtu, tout en drap bleu, coiffé d’un haut de forme, un peu flétri par les années, il est vrai, mais n’en était-il pas que plus respectable ? Que je devrais venir le voir, que je serais le bienvenu.

Ma foi, comme c’était en partie ma route, s’y suis allé, et le bonhomme m’a reçu cordialement, quand il aurait pu me flanquer à la porte !...


Mardi, 24 juin (1879), a eu lieu à Duclair, dans une des salles de l'école, l'examen du certificat d'études. Servant en même temps de concours cantonal, sous la présidence de M. Viaux, inspecteur primaire, assisté de M. Cavoret, maire de Duclair, de M. Prudhomme, délégué cantonal, et tous les insituteurs du canton.
Les candidats qui ont obtenu le certificat d'études appartiennent tous au pensionnat de Duclair, dirigé par M. Ragot.
Ce sont, par ordre de mérité : 1° Henri Bataille, de Duclair : 2° Henvi Chevalier, de Rouen ; 3° René Prévost, de Duclair ; 4° Sever Boutard, de Jumièges : 5° Ernest Savary, d'Anneville-sur-Seine.
Le prix départemental a été décerné à l'élève Henri Bataille.

En 1882, l'instituteur de Jumièges avait pour nom Joseph Martin.

Pour suivre : le XXe siècle

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SOURCES

Souvenirs de Sever Boutard, recueillis par Pierre Paôn.
Journal de Rouen, 26 juin 1879.