Par Laurent QUEVILLY.

Cinquième épisode
Sous Napoléon III

Un bref retour à la République. Et c'est à nouveau l'Empire. A nouveau un Bonaparte. A nouveau la Révolution. Industrielle, cette fois. L'avénement de la vapeur va couler la Marine en bois...

1849 : mort de Cauchie


Un décès. Le 30 mars 1849 meurt une figure de la construction navale, Louis Cauchie, qui aura fini sa carrière chez Enault. Blond aux yeux bleus, ce natif de Guerbaville impressionnait par  sa haute taille. 

Des départs. Natif de Jumièges, un temps charpentier chez Pouchin père, Jacques Blondel, 30 ans, s'embarque sur la Clémence, patron Vestu. Jean-Baptiste Augustin Saillanfaits va tenter fortune au Havre. Son frère, Jean-François, lui, quitte Pouchin pour s'engager dans le 2e régiment de lanciers.

Des reconversions. Chez Pouchin, Victor Richard renonce à la charpente et se fait journalier.
Pierre Dedde, né au Bosc-Roger, ouvrier chez Enault, rend lui aussi ses outils...

Un acte notarié nous signale l'existence en 1849 de Jean-Joseph Leherpeur, charpentier de navires à La Mailleraye.

Est-ce un signe de déclin ? Le marché de Guerbaville a perdu de son importance. Le conseil municipal tente d'y remédier en supprimant les droits de place. Du côté du château, le vide s'est fait autour de sa résidente. Céleste de Nagu, veuve de Mortemart, a déjà perdu son fils. Cette fois, elle pleure sa fille, la duchesse de Crillon...


Le château de La Mailleraye vit ses dernières années. "Chaque année, observe l'abbé Cochet, de nombreux étrangers visitent ce curieux débris du siècle de Louis XIV, ce parc admirable, digne d'une résidence royale, ce parc comme le concevait Lenôtre...

 
Les lancements

L'Alida, sloop de 72 tonneaux, commandé par Ambroise Agnès, de Guerbaville, au cabotage, intéressant neuf marins en 1850. Passe alors au quartier d'Honfleur où il est mis en vente en octobre 1863. 

La Désirée, sloop de 38 tonneaux, commandé par Louis Hamelin, de Rouen, 7 hommes d'équipage. 

Les Amis, sloop de 38 tonneaux pour Théodore Legendre, de Guerbaville, qui revend à Nicolas Richard, de La Mailleraye, en 1850. Passe au quartier d'Honfleur en  septembre 50.

Le Jeune-Emmanuel, sloop de 19 tonneaux. On le retrouvera en 1870 au bornage commandé par Etienne Poncherot, de Honfleur. 

Le Saint-Louis, 19 tonneaux, appartiendra à Hubert-Napoléon Toulmin puis Guérin, de Villequier. Dépecé en 1870

Le  Sapeur-Pompier, 14 tonneaux, appartenant à Bénard, La Mailleraye, 1853, puis à l'armurier de Caudebec, Antoine Frérot. Dernier patron : Savalle, en 1864. Dépecé en 1869. 

Le Pascal, 8 tonneaux, appartenant à Béranger, de Caudebec, en 1853. Passe à Debon, de Caudebec puis à Félix Leomte, de La Mailleraye, le 19 mai 1861. Dépecé en 1870.

La Blanche, bachot de huit tonneaux, patron Victor-Denis Roger en 1853. Passe à la navigation intérieure en 1868.

La petite pêche

Le Jeune Alphonse, un tonneau, armé pour la pêche. Pour Malherme, d'Heurteauville, Lefée en est le patron en 1852. Vendu en 1856 pour la rivière de Pont-Audemer. Dépecé en 1859 sur avis du garde-bateau Conihout.
L'Eole, un tonneau, pour
Jean-Jacques Boucachard, de Jumièges.
Le Joyeux, un tonneau. En 1871, appartient à Albert Angran, de La Fontaine.
La Louise, un tonneau, à Feuillye, d'Heurteauville en 1864, dépecée la même année.

La Louise
, un tonneau, appartient à Feuillye, La Mailleraye, en 1869. Dépecée en 1871.
La Valentine, un tonneau, appartient à Aristide Levitre, La Mailleraye, en 1875.
Le Remplaçant, un tonneau, 
Jean-Charles Eliot, Heurteauville, dépecé en 1868.
L'Eugénie, non ponté, un tonneau, appartenant à Pierre-Aimable Alleaume en 1853. Passe à la navigation intérieure. 
Le Louis-Désirée, norvégienne de un tonneau, propriété de Théodore Anquetil, du Trait, en 1861, qui mène une seule campagne de pêche. Dépecé en 1862.

1850 : plus de cent ouvriers !


En 1850, lorque l'on feuillette un recueil de statistiques, les deux seuls constructeurs de navires répertoriés à Guerbaville sont Jean Enault et Pouchin père et fils. Le premier emploie 34 ouvriers dont 4 enfants, le second 70 ouvriers dont 10 enfants. Si la  plupart  des  gribanes  sont construites  à  La Mailleraye et Dieppedalle, les voiles sont voiles sont taillées à Duclair, Yainville ou récupérées sur d'anciens navires de haute-mer.

Les vétérans. Si l'on ouvre le registre des hors services, François Pouchin, le père, totalise 99 mois au service de l'Etat. Charles-Joseph Bataille n'en a que neuf à son actif et n'est plus qu'ouvrier calfat. En revanche François Duval, natif de Saint-Wandrille, a donné 127 mois de sa vie à la Nation. Robert Agnès est ouvrier charpentier, demi-soldier, 33 mois de service à l'Etat. Les Desprez, les Saillanfaits sont toujours de ce monde. Saillanfaits qui, lui, a servi 14 mois l'Etat. Toujours en poste, Jean-Désiré Olivier, natif de Honfleur, Pierre Victor Danger, Mathieu Gentil, tous de vieux charpentiers. 

Ceux qui meurent. En cette année 1850, après avoir été une quinzaine d'années charpentier chez Enault, Arsène Lepley meurt veuf, à 34 ans, près de l'église de Guerbaville, le 27 mars 1849. Le 10 mai, c'est au tour de Pierre Guillemette, 36 ans, natif de Bernières-sur-Mer. Un confrère parmi les témoins : Pierre Victor Danger, son voisin.

Ceux qui renoncent. Séraphin Bouquetot, natif de Guerbaville, transporte désormais des pierres pour les travaux de la Basse-Seine, Pierre Bouvier, lui, s'est fait journalier pour s'employer "aux travaux du halage". Louis Petit, ancien de chez Pouchin, déclare aussi renoncer. Etienne Huet, lui est devenu charpentier de maison. Quant à Victor Faine, il est désormais cultivateur à Notre-Dame-de-Bliquetuit. 

Ceux qui restent. Chez Pouchin on trouve cette année-là Jean Augustin Fréret, Louis Nicolas Duval, Louis Pupin, Tranquille Lecointe, les deux frères Drouet, natifs de Tourlaville, dans la Manche, Pierre et Jean Bettencourt, Pierre Heude, François Courel, André Chambelan, ancien de chez Enault... On trouve aussi un certain Prével, frère cadet de celui qui a fait les beaux jours de Villequier. 

Ceux qui partent. Avec ses bons certificats signés Pouchin, Pierre Victor Danger travaille désormais à Quillebeuf. Jean-Louis Chambelan, lui, va tenter sa chance à Abbeville. Louis-Eugène Bizet travaille à Rouen chez Lemire. François-Denis Carré, vient de se mettre à son compte à Marly. Lui, c'est un ancien de chez Enault qui s'est frotté à la région parisienne : Versaille ou encore la gare de Saint-Ouen où sont construits des vapeurs. Carré sera encore attesté dans son chantier douze ans plus tard. A Marly, la même année, se trouve aussi Michel Fréret avec un parcours semblable passant par Bougival. 

L'établissement  du   chemin  de fer du  Havre à Paris  a interrompu le service, par bateaux  à vapeur,  qui se faisait  du  Havre à Rouen. Les voyageurs préfèrent la célérité à l'agrément que présentait, dans un voyage  par eau de six à sept  heures, le parcours des rives  de la Seine, si  attrayantes et si variées. Une compagnie vient de monter un service qui, tous les quinze jours, procurera aux habilants des deux villes une agréable promenade ; un bateau partira de Rouen à sept heures du matin pour la Mailleraye et repartira pour Rouen a  quatre heures  du  soir. Un autre, bateau partira du Havre pour la  même station et en repartira à cinq heures. Les Rouennais qui voudraient profiter du retour de ce bateau pour prolonger leur voyage jusqu'au Havre pourraient profiter du chemin de fer, partant le  même soir et seraient de retour chez eux dans la nuit. Les Havrais, qui de la Mailleraye, voudraient aller jusqu'à  Rouen, pourraient s'embarquer sur le bateau qui y retournerait etrevenir au  Havre par le chemin de fer. Les uns et les autres  parcourraient   ainsi  les bords de  la Seine dans toute leur étendue, sans être trop  longtemps absents de chez eux, et feraient, à peu de frais, une des plus agréables promenades que présentent  nos  environs. Nos concitoyens seraient appelés à jouir, en partie du moins, des avantages  qu'offre aux promeneurs, cette entreprise, car le baleau, allant à la Mailleraye, doit s'arrêter  devant  Honfleur pour y prendre et y déposer les voyageurs, qui pourrraient également continuer leur route jusqu'à  Rouen, mais là n'auraient  pas ces  mêmes  facilités  pour retourner  chez  eux, que les habitants de Rouen et du Havre. 

Les lancements

La Rosine Clotilde, 47 tonneaux. C'est le malheureux grand-père de l'écrivain Gabriel-Ursin Langé parti de Jumièges pour Villequier où il s'est manifestement noyé et j'en parle longuement dans mon livre L'ange de Jumièges.  Ce navire passa à Silvestre, le 2 septembre 1868. Il fit naufrage le 14 avril 1878 à la digue de la Roque, le patron était Quedeville. 

Le Père de Famille, 20 tonneaux. Appartient d'abord à Jacques Persil, de Caumont. Passe aux carrières Silvestre mais Persil en est toujours le patron. On le dit dépecé en 1869. Or, le même navire est inscrit par Silvestre le 14 avril 1870, patron Caphoulin. Désarme en août 73. Passe à l'intérieur. Arme le 9 juillet 1878 avec Got pour patron. Désarme le 28 janvier 1884, Louis Severin Deconihout, de Jumièges, illettré ne sachant signer, en est alors le patron, seul à bord. 
Les registres font état d'un autre Père de Famille, lancé même année, même tonnage, à La Mailleraye et appartenant à Pierre Groult, de Yainville, armé en 84, 85 et 86. Le registre précise : "appartient à la batterie fluviale. Rayé par application des dépêches ministérielles des 27 juin 1899 et 9 septembre 1908".

La Fraternité, 24 tonneaux, pour Sabatier, de Villequier. Dernier patron : Mérienne, en 1858. Dépecé à Jumièges au mois d'août 58.

Le Jeune Alexandre, 10 tonneaux, "construit en 1850 à La Mailleraye" avec cette mention en marge "provient des chantiers d'Honfleur". Troudé, de Quillebeuf, en est le propriétaire en 1853. Dernier patron au bornage : Vagnon en 1865. Dépecé en 1866.

Le Désiré Saint-Ouen, non ponté de 10 tonneaux, appartenant à Amand Faine, de Villequier, en 1853, puis à Neveu, de La Mailleraye. Squiriou est son dernier patron avant passage à la navigation intérieure en 1871.

La petite pêche

La Justine, non ponté de un tonneau, à Placide Martin, de Villequier, en 1853. Dépecé le 16 juillet 1862.
Les Deux-Amis, un tonneau, appartient à Jules Galien, patron Norès, les deux de Caudebec, en 1853, dépecé en 1870.
La Constance, un tonneau, Charles Eliot, d'Heurteauville, en est propriétaire en 1862. Désarme en 1876.
Le Henry et Julia, norvégienne de un tonneau, pour Henry Gardin, de La Mailleraye. Navigation intérieure en 1868.
La Marie-Louise, un tonneau, appartient en 1867 à Pierre Danger, de La Mailleraye. Navigue peu avant d'être dépecé après avril 1876.

1851 : retour périlleux...

Le 12 janvier, le conseil décide de la construction d'une mairie-école ouverte aux seuls garçons. Par ailleurs, un acte notarié nous apprend que La Mailleraye a compté un temps Adolphe Lefoulon pour charpentier. Avec son épouse, Julie Petit, il réside depuis lors 82 quai des Curandiers, à Rouen.

Le sloop Irma, d'Honfleur, capitaine Chouquet, parti de la  Mailleraye le 2 février avec un chargement  de bois à brûler à destination de Caen est assailli dans la nuit du  25 au 26 par un violent  coup de vent de nord-est. Une vague emporte une  portion du bois dont le pont  est couvert,  la  chaloupe, une partiedes pavois de bâbord. Le navire prend eau  et ne peut  gagner la rivière d'Orne,  lieu  de sa  destination.  Chouquet, après  avoir  consulté son  équipage,  se  décide  à laisser  arriver pour  chercher  un  port  de refuge. Le lendemain, à  midi,  le  sloop l'Auguste, de  Port-en-Bessin,  apparaît près  du  navire  en  détresse. On lui demande secours. Mais aucun bâtiment n'a de chaloupe pour transborder un pilote à bord de l'Irma.  L'Auguste fait  plusieurs bordées pour tenter d'y parvenir. En vain. C'est alors que l'un de ses marins se jette à l'eau et gagne le navire au péril de sa vie. Alors, saisissant le gouvernail,  il  ne  tarde pas à diriger l'Irma dans le havre encore inachevé de Port-en-Bessin, sauvant  ainsi le navire, sa cargaisson  et  la  vie du  tout  l'équipage. Armand-Frédéric Langlois, 26 ans, n'en est pas à son coup  d'essai. Le 23 septembre  1846, le ministre de la marine lui décernait une médaille d'honneur en argent. Le 26 mai 1848, le même ministre lui  décerna cette fois une  médaille en or

Journal du Havre, 18 juin : « Le bateau à vapeur le Colibri, parti hier matin pour un voyage de plaisir à la Mailleraye, s'est, dans sa traversée de retour, échoué, vers minuit, sur le banc situé par le travers de Tancarville. Le navire n'ayant essuyé aucune avarie, les passagers ont pris philosophiquement leur parti de ce contre-temps, et n'ont songé qu'aux moyens de passer la nuit le plus gaiment possible. C'est seulement ce matin, à dix heures que le Colibri s'est retrouvé à flot et a pu continuer sa route ; il est arrivé sans autre accident dans le port, à une heure et demie.»

Les grands lancements

Le Bissette et Pécoul, trois-mâts de 390 tonneaux. Le compte-rendu dans le Courrier du Havre :

Hier, dimanche, le navire le Bissette-et-Pécoul a été mis à l'eau à la Mailleraye, en présence d'un grand concours de spectateurs.
On sait que le lancement toujours une fête à laquelle ne manquent jamais ni les populations maritimes elles-mêmes, ni les curieux pour qui c'est toujours un spectacle attrayant. Une circonstance ajoutait à la solennité d'hier, c'est que le navire en questoin, destiné à faire les voyages entre Le Havre et la Martinique port les noms des deux représentants de cette colonie qui ont été le trait d'union entre les classes d'une population que les anarchistes avaient voulu diviser et qui ont été ramenées dans le froit sentier par le dévoûment providentiel de l'un d'eaux, et par l'honorabilité et les garnties qu'offraient le caractère et le passé de l'autre.
MM. Quertier et Godclroy, armateurs du navire, ont eu une heureuse inspiration en le plaçant sons le patronnage de deux noms qui exercent une si grande et si salutaire influence sur la colonie. Cette inspiration est une garantie de succès pour eux, en même temps que c'est un tribut mérité payé aux hommes qui ont donné leurs noms au navire.
L'arrivée du navire produira un effet immense à la Martinique, et les travailleurs, enflammés par cette reconnaissance qu'ils ont vouée à M Bissette redoubleront de zèle pour faire honneur aux opérations du Bissette-et-Pécoul. C'est un des plus beaux stimulants qu'on puisse offrir à cet amour du travail qui les anime de nouveau aujourd'hui.

Nous avons dit que la mise à l'eau  du navire avait appelé a la Maillcrae: un grand concours de spectateurs et de curieux. De ce nombre SI' trouvaient des colons et des personnes intéressées au triomphe des idées d'ordre et des intérêts matériels de nos départements d'outre-mer, tous jaloux de venir de Paris pour témoigner leur reconnaissance aux armateurs, admirer la belle construction de MM. Pouchin, et unir unir en commun leurs vœux pour que la religion, sous la protection de laquelle on plaçait le bâtiment, le suivit jusqu'aux rives lointaines qu'il allait visiter. MM. Quertier et Godefroy avaient également convée à cette fête plusieurs personnes du Havre.

A neuf heures et demie, le digne et excellent curé de la Mailleraye est venu donner sa bénédiction au navire préparé dès la veille déjà à être lancé. Le Bissette-et-Pécoul a été tenu sur les fonts baptismaux par Mme Quartier et M. Bisette. La cérémonie religieuse d'usage étant terminée, le pont du navire a été littéralement envahi par les visiteurs, désireux de s'assurer si les dispositions intérieures de la cale et de la chambre répondaient à l'élégance des formes extérieures, et à toutes les qualités de marche et de bonne construction que chacun avait pu constater. Il faut dire que cet examen a satisfait tout le monde. La dunette est spacieuse et commodément distribuée pour vingt passagers.

En un mot, chacun se retirait en déclarant que le Bissette-et-Pécoul était un magnifique navire qui faisait le plus grand honneur à ses habiles constructeurs, MM. Pouchin, qui, Dieu merci ! n'en sont point à leur coup d'essai.

Vers onze heures, on a procédé à l'opération du lancement qui n'a rien laissé à désirer. Le Bissette-et-Pécoul à pris majestueusement sa course et a quitté son chantier au milieu des applaudissements de la foule. Ici, nous devons signaler que, malgré la grande implusion qu'avait le navire au moment où il a laissé sa chantière, il a pu étaler par le seul emploi d'un grélin de sept pources qui sortait de la orderie de MM. Letellier, Louis Blas jeune et Co, dont les produits ont une si grande et si méritée réputation. Ce grélin, de deuxième qualité seulement, a résisté admirablement, chose rare, de l'aveu des constructeurs et des personnes compétentes, même pour les produits de première qualité. C'est avec une grande satisfaction que nous signalons ce fait.

Une fois à l'eau, le Bissette-et-Pécoul, malgré son état lège, donnait déjà une idée de ce qu'il sera dans sa toilette de la mâture, du gréement etc. Toutes choses qui seront rapidement faites, pour peu, ce dont nous avons la certitude, que l'on apporte la même activité qu'ont déployée MM. Pouchin pour la construction de la coque.

L'après-midi, les invités de MM. Quertier et Godefroy se sont assis autour d'une table que présidait la cordialité la plus franche et la plus aimable. Des toasts ont été portés à la marraine du navire, à son parrain, au navire lui-même, et à son jeune et intrépide capitaine, M. Moulonguet, aux armateurs et aux constructeurs. Nous avons considéré comme une décoit personnel de payer à M. Bissette le tribut de reconnaissance auquel les assistants s'associaient de tout cœur, pour les services éminents qu'il a rendus à son pays natal, nous avons rendu le même hommage à M. Agnès, maire de Saint-Pierre, présent à cette fête et dont le courage et le dévouement ont été d'un si grand résultat. Enfin, nous avons chargé M. Bissette de transmettre à M. Pécoul, absent, les vœux que chacun de nous lui adressait. Nous avons essayé, en cette circonstance, d'être l'interprête de tous nos compatriotes.

Xavier EYMA.

Le 19 mars, on lit dans le Journal du Havre : On a lancé hier, à onze heures et demie du matin, des chantiers de M. Pouchin, constructeur à La Mailleraye, le bâtiment neuf Bisette-et-Pécoul, armateur M. Quertier, destiné à la navigation de la Martinique. L’opération de la mise à l’eau, qui avait attiré à La Mailleraye une foule considérable, a parfaitement réussi. Le Bissette-et-Pécoul est entré au Havre, ce matin, a la marée, à la remorque du steamer Hercule, capitaine Toutain. 
Ce trois mâts aura quelques ennuis : On mande du Havre, le 22 avril (1851). MM. Bissette et Pécoul, représentants de la Martinique, sont arrivés dans notre ville hier pour visiter le beau navire qui porte leurs noms et qui doit partir pour la Martinique vendredi ou samedi prochain.
D'après une lettre du 19 mars, datée de la Martinique, il paraîtrait qu'une tentative d'assassinat a été commise sur la personne de M. Charles Bissette, fils du représentant. Cet attentat aurait été commis au quartier de l'île nommé le Marin et l'auteur de ce crime, dont M. Bissette fils a favorisé l'évasion au milieu de l'indignation publique, serait, dit-on, un malheureux que M. Bissette père avait comblé de bienfaits. (Courrier du Havre.)
L'année suivante, lors d'un voyage en 1852 à Valparaiso, il y eut procès à propos de l'état à l'arrivée de colis de tissus transportés dans la cale du Bissette. Le 10 février 1855, commandé par Labbé, il percute le Cambronne à l'ancre en rade de Saint-Denis deLa Réunion. Nouveau procès. Condamnation.
Il naviguait toujours en 1867, commandé par le capitaine Pierre Silvestre, natif de Donzy, et désarma au Havre, venant de Montevideo avec 16 hommes d'équipage.

La Jeanne-Marie, goélette de 65 tonneaux, pour Deloys, de Rouen. Arme le 14 octobre à Rouen à la pêche à la baleine, capitaine Sallers (Rivière selon un autre document). Au long-cours en 54 avec le capitaine Langlois. Inscrite à l'île de Gorée, elle est vendue à un négociant anglais, C.C. Neddle, en 1854.

L'Abbainville, 23 tonneaux, non ponté, appartient à Toutain, Honfleur, en 1853. Dernier patron : Lucas en 1855. Dépecé en 1857

Le François Ier, bateau de 14 tonneaux, appartenant à Boniface Legrand, du Trait, en 1853. inscrit au Havre en 1854. 

La Louise-Désirée, un tonneau. Longtemps, elle est armée à la pêche avec Adam, de Duclair, pour ptron. Vendue à Bénard, d'Yville, en 1865. Démolie en 1866.

1852 : un banquet au château


Le Constitutionnel, 28 septembre. Un incendie a éclaté la semaine dernière à La Mailleraye. « C'est, dit le Nouvelliste cauchois, le quinzième ou le seizième sinistre de ce genre dans cette commune, dans l'espace de moins d'un an. Un individu, sur lequel planent d'assez graves soupçons, a été amené à la prissn d'Yvetot. »

2 décembre. Coup d'Etat du président Bonaparte. Le 15, il signe un décret pour poursuivre les enrochements entre Villequier et La Mailleraye.

Pierre Lambert attendit le 31 décembre et, ayant mûrement réfléchi, déclara au syndic qu'il reprenait le métier de charpentier. Plusieurs années durant, il avait tenté de se faire cultivateur. Une chance : son numéro de classe lui a épargné toute levée à Cherbourg.

Les grands lancements

Le Cid, 700 tonneaux. Il fut lancé le 31 juillet, à 11 h du matin. Le Moniteur universel : Hier a eu lieu, dans le chantier de MM. Pouchin père et fils, une opération qui récolte toujours une vive curiosité et présente un grand intérêt. Le beau navire le Cid, de 700 tonneaux, a été lancé à onze heures du matin. L’opération a parfaitement réussi, et c’est aux applaudissements d'une foule immense que le Cid a sillonné pour la première fois l'élément qu’il ne doit plus quitter. De nombreuses embarcations couvraient le fleuve à ce moment ; et, de Rouen et du Havre, deux bateaux à vapeur, le Calvados et le Napoléon, avaient amené une multitude de curieux ; seulement, ceux qui venaient de Rouen ont été moins heureux, car le Napoléon est arrivé une demi-heure trop tard; quant aux passagers du Calvados, ils ont pu jouir à leur aise de l'intéressant spectacle qu'ils étaient venus voir. Comme nous le disions tout a l'heure, l’opcration a parfaitement réussi. Conduite avec une habileté extrême, elle a fait le plus grand honneur à ceux qui étaient chargés da la diriger. Un banquet a dû  réunir ce soir les armateurs, les constructeurs et un assez grand nombre d’invités dans l’une des salles du château de La Mailleraye.

Sans doute l'unique photo du château. De 1852, elle est due au politicien irlandais Edward King Tenison.

Le Cid, à partir de 1853, effectue des voyages à Calcutta, Buenos-Aires, Montevideo, Valparaiso... Il appartient en dernier lieu à Germain Hermanos quand il arme au Havre, le 27 juin 1867, sous le commandement du malouin adolphe Maillard. Il emporte trois passagers : un jeune Suisse, un Allemand et une couturière de 28 ans, Marie-Thérèse Beaume, native de Montélimard et demeurant à Paris, seule femme parmi cette vingtaine d'hommes. Alors que sont débarqués les passagers, un matelot déserte à Montevideo le 22 octobre. Le second, natif de Caudebec, Ceyrille Lecœur est débarqué le 7 janvier 1868, de gré à gré, à Saint-Denis de La Réunion. Le même jour, un matelot breton, Gilles Le Du, est quant à lui laissé à l'hôpital. Pourtant, son épouse attend impatiemment son retour en France si l'on en juge par la lettre qu'elle écrit aux autorités : "Mère de trois enfants, mon mari parti du pays depuis trois ans, me laissant sans nouvelles et sans secours depuis neuf ans..." Bref, elle demande une saisie sur salaire au retour du mauvais époux. On ne sait si Gilles Le Du revint sous le toit familial, Grande-Rue, à Tréguier. Le Cid poursuivit sa route mais il fut condamné et vendu le 26 mai à Cocanada. Là, le 26 juin, mourut Jean Clément, le maître d'équipage tandis que ses hommes trouvèrent à s'embarquer, soit comme matelots, soit comme passagers sur d'autres navires. 

Les autres lancements

L'Aimée-Césarine, sloop de 24 tonneaux pour Prévost d'Aizier, armé le 11 mai au cabotage, à Rouen. En 1853, on le trouve commandé par François Provost, d'Aizier, trois hommes au cabotage.  Le 11 novembre 1876, appartient à Pierre Toutain, de La Bouille. Dernier patron : Deroutot. Démoli en mars 1882 après naufrage en Seine.

Petites unités

Le (ou la) Varice, 2 tonneaux, pour Louis Hyacinthe Hulbert, d'Heurteauville, patron Feuillye. Le sieur Sénéchal, de La Mailleraye, en est le propriétaire en 1853 par congé de douane. Il a plusieurs patrons jusqu'en 1862, année où il passe à la navigation intérieure.
L'Ulysse, un tonneau, pour Sénéchal, de La Mailleraye, Louis Hulbert, d'Heurteauville, en est propriétaire en 1853. Dernier armement en 1854. Quatre ans plus tard, en mauvais état, il ne navigue plus.
L'Espérance, appartenant à Feuilly-Dudan, du Trait, en 1853. Inactif après une seule campagne, le syndicat de Duclair le dit inconnu puis dépecé au Trait en 1856. Le navire a un homonyme :
L'Espérance, un tonneau, pour Désiré Vautier, du Trait. C'est le passager de La Mailleraye. Armé à la pêche jusqu'au 1er avril 1857 puis dépecé en 58 dans le syndicat de Sahurs.
Le Passage de Jumièges, bachot de 2 tonneaux, pour Boucachard. En 1854, il est manœuvré par Agnès. Démoli le 2 avril 1855 à Jumièges.
Le Saint-Joseph, un tonneau, pour Lherondel, de Duclair. Dépecé en 1870.
L'Indépendant, yole de un tonneau, à Célestin Deshayes, du Trait, en 1882. Après échange, appartient à Hébert, du Trait. Puis fut démolie.

1853 : mort de la marquise

 
12 janvier : c'est l'inhumation dans la chapelle seigneuriale de la marquise de Mortemart. L'Héritière de Mme de Nagu allait sur ses 92 ans et ses deux enfants sont morts. D'abord son fils en 1833, puis sa fille en 1849. Le château est dès lors en péril car les petits-enfants de la défunte ne sont manifestement pas intéressés. L'abbé Cochet écrit cependant : "A présent La Mailleraye est une ville de près de 2.000 âmes, ayant des rues, des hôtels, des boutiques, des marchés et des chantiers de construction. Aussi, c'est une des plus belles et des plus importantes paroisses rurales du diocèse." Sur le plan politique, François Touzé, le maire, décède le 26 juin. Isidore Régnier fait fonction jusqu'en décembre 1853, puis Mathurin Tuvache, ancien maire, fait lui aussi fonction.

Juillet : dimanche dernier, un bien triste accident est arrivé sur la Seine, presqu’en face de la Mailleraye. Au remorqueur l’Erèbe était attachée, au moyen d’une corde, une petite barque montée par trois hommes ; mais bientôt la barque fut envahie par l’eau et chavira. Deux de ces hommes furent sauvés, quoique avec beaucoup de peine, par les marins du remorqueur. Malheureusement, le troisième le douanier Chéron, fut noyé. Il laisse une veuve et trois enfants en bas-âge. Sa femme venait de donner naissance au troisième depuis quelques jours seulement.

Parfois, le commissaire du quartier d'Honfleur fait état de trouvailles : Le  12 août  1853, il a été  sauvé en  Seine, près a Mailleraye, une ancre à jas de fer,en très mauvais état, pesant 51 kil. et un bout de chaîne de 4 m 50 sur 0m 040 de circonférence ; pesant 35 kil.

Enfin les choses ne traînent pas. En septembre fleurit une petite annonce : le château, ses 800 hectares, ses fermes, ses bois, tout est à vendre pour près de deux millions de francs.

Les lancements

Le Trouville, 24 tonneaux, pour Louis Clatot, du Trait. N'effectue que deux campagnes. Le syndic de Duclair : " Ce patron ne navigue plus. On ne sait pas ce qu'il est devenu. Doit être au Havre. A quitté sa femme..."

Le Pierre-Edouard, huit tonneaux, pour Bouquetot, de Tréguier. Son premier patron fut Broché. En 1858 passe à Timothée Bréant, de Villequier. Cessa de naviguer au bornage en 1870.  

L'Espérance, 7 tonneaux, pour Ferret et Fournier, de Duclair. Une campagne et est démoli en 1855. Le navire a un homonyme lancé la même année :

L'Espérance, un demi-tonneau, appartenant à Barbet, de Villequier, en 1853, vendu à Testu, du Trait, en 1856. Son dernier patron fut Bourgois en 1865 qui fut averti par le commissaire : si le navire n'était pas changé l'année suivante, on ne lui délivrerait pas de nouveau rôle de pêche. Le navire fut dépecé en 1866.

Le Saint-Louis, non ponté de six tonneaux pour Félix Lecomte, de La Mailleraye. D'abord à la pêche puis au bornage, il est dépecé à La Mailleraye le 1er juillet 1861. Lancement de l'Emile, 12 tonneaux, pour Duquesne et Sabatier, de Jumièges. Désarme le 6 juillet 1856 et est démoli à La Mailleraye. 

Petites unités

L'Eugène, bachot de un tonneau, pour Auguste Froment, de Duclair, à Stanislas Forment en 1877.
Le Pascal, un tonneau, pour Saussay, d'Heurteauville. Son dernier patron fut Vauquelin. Dépecé en 1864. 


1854 : le château est vendu

Louis Florentin Rivière avait tout lâché pour se faire douanier. Le voilà de nouveau charpentier-calfat, lui qui a commencé chez Pouchin fils.

En juin 1854, mauvaise nouvelle. Le château a trouvé preneur ainsi que son parc. Il sera, nous dit la Vigie de Dieppe, l'objet d'une exploitation. En clair, une bande noire va bientôt détruire ces murs qui avaient résisté au marteau révolutionnaire, on va raser ses bois séculaires pour n'en conserver que quelques massifs, ses longues et belles allées seront gommées du paysage... On les appelait l'Eventail et elles convergeaient vers la Sabotière. Que restera-t-il du domaine que Roussel appelait "l'une des trois grâces de la Normandie" ? Une terrasse, une chapelle datant de 1589. Et le souvenir des passages ici de Louis XI, François Ier, la duchesse de Berry dont une colonne érigée sur la pelouse rappelait la visite.

Accident du travail...

2 juillet 1854 Benoist Alexandre Alfred profession d’ouvrier charpentier de navires, âgé de 18 ans 4 mois décédé de ce jour à 7 heures du matin dans un navire en construction où il est tombé par accident du pont dans la calle et s’y est tué en cette commune de Guerbaville section du bourg. (Relevé de Jean Pierre Derouard dans le registre d’état civil)

Tout va très vite. le 17 juillet, on peut lire dans le Journal de Rouen :

 Il y avait foule hier sur le paquebot du Havre qui emportait les promeneurs désireux de visiter une fois encore le beau parc de La Mailleraye. Un temps magnifique a favorisé cette excursion. C’est avec un vif empressement qu’à la sortie du paquebot chacun s’est élancé sous ces magnifiques allées et vers ces pelouses et ces charmilles dont la charrue aura bientôt effacé les dernières traces. 
Déjà le château n’a plus de toits, les gouttières ont disparu, la sabotière, le temple et l’ermitage sont tombés. Ces premières ruines excitaient d’unanimes regrets, et il n’était personne qui ne déplorât la destruction d’un domaine que l’on aimait à considérer comme un titre d’orgueil pour notre contrée et pour la famille qui le possédait.

Toujours en juillet, "Le hasard a fait tomber entre nos mains, lit-on dans le Nouvelliste de Rouen, une pièce relative à la guerre que la Russie faisait à la Turquie en 1773." Et de citer un article de la Gazette de France du lundi 14 juin 1773. "Le numéro de ce journal a été retrouvé avant-hier dans une cave du château de la Mailleraye, par un voyageur faisant partie du train de plaisir qui est allé visiter, une dernière fois, ce beau domaine avant sa pulvérisation. "

La presse du 5 août : Nous apprenons que, contrairement à ce qui avait été annoncé, la chapelle du château de La Mailleraye ne sera pas détruite. Mme de Nagu, qui avait une première fois racheté ce pieux héritage, en a assuré la conservation par une disposition spéciale de son testament. Une somme de 40,000 fr., devant produire une rente perpétuelle de 2,000 fr., a été consacrée par Mme de Nagu au traitement d’un chapelain et à l’entretien de la chapelle : 1,500 fr. seront touchés par le prêtre qui aura mission de célébrer une messe chaque semaine, et 500 fr. seront employés pour les réparations du monument et les frais du culte.

La mairie-école de Guerbaville est désormais achevée.  24 décembre, on lit dans le Journal du Havre :

Un  singulier  et  regrettable  accident  est  arrivé  en  rade de notre  port. Vers  quatre heures  du  soir,   les  personnes  qui  se  trouvaient  sur  la jetée du Nord-Ouest  aperçurent, à leur  grand  étonnement, un  sloop qui  chavirait près  de la  bouée rouge, à trois milles du port, sans que  l'état  de  la  mer pût  expliquer ce  sinistre soudain. On  s'empressa aussitôt de signaler cet événement et une embarcation de place, montée par quatre lamaneurs, Behier, Chouquet, Deschamps et Lecesne, se dirigea vers lui  avec force. En  arrivant, ils  reconnurent que  le sloop chaviré étaitla  Louise-Joséphine, de  Honfleur, capitaine   Lucas, parti  de la Mailleraye avec  un  chargement  de  bois. A côté  du sloop  se  trouvait une  embarcation où s'étaient  réfugiés le capitaine  Lucas,  sa  femme  et  un matelot, mais sans un  seul aviron pour se diriger. Il paraît qu'un bordage du sloop avait avait manqué tout à coup ; car il a chaviré avec une telle rapidité, dit le capitaine Lucas aux braves lamaneurs qui lui apportaient du  secours, qu'il  avait été impossible même de savoir au juste d'où provenait  l'accident. C'est avec beaucoup de  peine même, ajouta-t-il,  qu'il a pu  sauver sa femme qui se trouvait dans la chambre quand le sloop a chaviré d'une façon si  inexplicable. Sans  perdre de temps, les quatre lamaneurs prirent à la  remorque les  naufragés,  grelotants  et  transis  de  froid. Mme Lucas,  surtout,  était très souffrante ; mais  chacun  des lamaneurs s'est  empressé  de  lui  offrir une partie de ses vêtements.  A sept  heures du  soir,  remorqueurs  et remorqués,  sauveurs  et sauvés, rentraient au Havre où les  attendait une réception cordiale chez M. François Deschamps qui leur a offert l'hospitalité  pour la nuit.  »

Les grands lancements

Le Corneille, trois mâts de 442 tonneaux. En 1861, son capitaine est le sieur Dallet. Il est armé par Quesnel frères et Cie et immatriculé au Havre. de 1867 à 1871, on le voit à Buenos-Aires ou encore Montevideo, sous le commandement d'Alfred André Launay, Laurent désiré Valle, Alfred Edouard Percepied... 

Le Frédéric, trois-mâts de 357 tonneaux. Un navire sera encore lancé le lundi de Pâques, à midi, des chantiers de MM. Pouchin père et fils, à La Mailleraye, c'est le clipper Frédéric, du port de 500 tonneaux, construit pour le compte de MM. Parquer, de notre place, et destiné à la navigation de Buenos-Aires et de Montevideo. A l'occasion de, ce lancement, il y aura à La Mailleraye une fête champêtre et maritime. (Journal du Havre.) Il fera naufrage le 24 février 1863 à Jacmel. 

L'Isard, 336 tonneaux. De 1855 à 1872, on le voit désarmer 19 fois au Havre, où il est immatriculé. Effectue des voyages à Pointe-à-Pitre, Saint-Thomas, La Havane, La Martinique, Pernambouc, Port-au-Prince, Saint-Thomas...

Petites unités

Le Désiré, trois tonneaux, pour Jean Brigaux, du Mesnil, qui le revend à Saint-André. Dépecé en 1864.
Le Passager de Duclair, bachot de deux tonneaux. Savalle, de Duclair, en Quiand, de Duclair. Plusieurs patrons à partir de 1857 : Fleury, Vallois, Boirgeois, Bosquier. Désarme le 16 mai 1873 et passe à la navigation intérieure, "étant remplacé par un bac à vapeur."
Le Louis-Joseph, bateau non ponté de deux tonneaux pour Jean-Louis Sénéchal, du Trait. Ira à Louis Prunier. En 1863, passe à la navigation intérieure.
La Bonne Mère, un tonneau, pour Dubois, de Villequier. Désarme en juin 1868 pour être dépecé.
La Caroline, un tonneau, non ponté, pour Jacques Deconihout, de Jumièges. Après deux campagnes de pêche, navigation intérieure à partir de 1860.
L'Indépendant, un tonneau, appartient à Condor, de La Mailleraye, en 1877. Vendu à Adrien Crevel et démoli après avoir été armé une dernière fois le 9 février 1880.
L'Actif, un tonneau, à Guillaume Quesne, Anneville, en 1880. Démoli après juin 1883.

1855 : un capitaine maillochien en péril

le 13 septembre, le trois-mâts à hélice la Province d'Oran, de Rouen, 220 tonneaux ; commandé par le capitaine Langlois, de La Mailleraye ; armateurs MM. Lenormand et Baudu, de Rouen. allant de Bordeaux au Havre, franchit le Raz de Sein. A bord : 300 tonneaux de froment, vin en caisses et en cercles, quinze hommes d'équipage et deux passagers. Quand le navire touche sur le pont des Chats, partie sud-est de l'île de Sein, par une brume très épaisse, et  sombre presque aussitôt. Il est une heure de l'après-midi. Par bonheur, trois bateaux de pêche de l'île de Sein étaient en vue du navire quand il a sombré, et se sont empressés de sauver l'équipage, qui était à la nage, ayant perdu ses canots avec le navire. Le capitaine et neuf hommes de l'équipage sont sauvés ; cinq hommes de l'équipage et les deux passagers ont péri. 

Ouvrier charpentier, figure familière de Guerbaville, Pierre Isidore Martin habitait maintenant Caudebec. Il n'avait servi l'Etat qu'un mois et avait été réformé en 1837. Le  14 juillet 1855, il embarqua une dernière fois à Duclair pour une courte campagne de pêche à bord du Vainqueur. Puis il demeura inactif et mourut à Jumièges. 

Le Racine, trois-mâts de 469 tonneaux lancé en septembre pour le compte de MM Quesnel frères et Cie, destiné à naviguer à La Plata. Immatriculé au Havre, effectue toujours des voyages vers Buenos-Aires et Montevideo de 1867 à 1871 avec pour capitaine cette année-là le Malouin Emile Marie Joseph Canneva. 

Le Louis-Joseph, 12 tonneaux, pour Boucachard, de Jumièges, patron Ferret. Vendu à Valentin Prunier, passager à Jumièges, en 1856, patron Lécuyer. Le bac sera manœuvré par Prunier, Tabouret, Poullain, Mauger et de nouveau Poullain. Dépecé en 1873 et remplacé par un bac neuf.

Le Jeune-Edouard, un tonneau, Denis Cauchois en est propriétaire en 1861. Passe à la navigation intérieure en 1867.

1856 : belle série de trois-mâts

Le 10 juin, la profession déplora la mort d'un charpentier, Jean Augustin Fréret, né à Guerbaville en 1814. Sur le plan politique, Marthurin Tuvache, ancien maire, faisant fonction retrouve officiellement son poste en juillet 1856. Le journal La Normandie prétend que le 29 septembre, Gabriel Dupin, conseiller à la Cour des comptes, quitta la famille de son gendre, M. Frizeaux de la Martel, qui séjournait au château de La Mailleraye. Attrapant le vapeur L'Union à La Bouille, il fut écrasé par la cheminée du navire lors d'une collision avec un navire mal éclairé. Il s'agit manifestement d'une confusion entre le château de La Mailleraye et celui du Val-de-la-Haye que possédait la famille Frizaux.

Les lancements

Le Pondichéry, trois mâts de 665 tonneaux pour Jacques Levavasseur, de Rouen. Le Havrais Francois Amedee Magloire Fleury le ramène de Montevideo en 1869. Inscrit à Rouen le 6 octobre 1871 par Levavasseur, continue d'armer et désarmer au Havre. Par autorisation du 24 juin 1873, passe sous pavillon norvégien. 

Le Georgina, trois-mâts de 468 tonneaux. Avec pour premier capitaine Morin, le Georgina, signale la presse, "construit à La Mailleraye dans les chantiers de MM. Pouchin pour le compte de la maison F. Perquer et ses fils est entré au Havre. Le Georgina est destiné aux voyages de la Plata."

Lancé en avril, il fut cloué, chevillé en cuivre et doublé en métal au Havre. Perquer et fils furent mis en liquidation et le vendredi 28 octobre 1864, le Georgina fut mis en vente, place Louis XVI sous le matreau de Me Franque, courtier maritime. Il naviguait encore en 1884 à destination de Buenos-Aires. (vérifier si 84)

Le Molière, trois-mâts de 386 tonneaux. En mai 1868, il revient de Montevideo au Havre sous le commandement de Jules Henri Lavigne. En 1871, appartient à Lemire, de Rouen. Il sera vendu au sieur Prentout, voilier de Rouen et naviguera ensuite sous pavillon norvégien à partir d'avril 1884. On ne saura pas si le Molière est mort en Seine...

La Minerve, trois-mâts de 307 tonneaux. En 1864 arme pour Rangoon, sous le commandement de Exmelin. Navigue toujours en 1871, de retour de Buenos-Aires, il désarmes au Havre sous le commandement de Charles Chrisostome Josse, natif de l'île de Batz.

Petites unités

L'Auguste, 2 tonneaux, pour Allorge, La Mailleraye. Une seule campagne de pêche. Démoli en 1858. Passe à la navigation intérieure en 1872.
Les Deux-Frères
, barque de un tonneau, pour Louis-Charles Guérin, d'Heurteauville. Appartiendra en 1872 à Loutrel, d'Heurteauville. A l'intérieur en 73.
L'Union, bachot de deux tonneaux, pour Guillaume Boucachard, dit aussi Jean-Jacques, à La Mailleraye puis Heurteauville.
Le Saint-Augustin, un tonneau. On le dit aussi lancé en 1849. Appartient à Louis Poullain, Bardouville, en 1863. Vendu à Auguste Jouen, de Saint-Pierre-de-Mannerville. Navigue jusqu'en 1910. Venduà M. Doirié, il prend alors le nom d'Alphonsine.
Le Chasseur, un tonneau, Durand, de Fréville en est propriétaire en 1863, patron Mazier, dépecé en 1864.
La Rose, un tonneau, à Danger, d'Heurteauville, en 1864. Passe à la navigation intérieure.
La Rose, un tonneau, à Desjardins de Saint-Wandrille, en 1869. Intérieur en 72.
Le Sévère
, un tonneau, pour Théodore Capron, de Duclair. Une campagne et est dépencé en 1865.

1857 : le château est rasé !

C'est un nouveau chantier. Mais de déconstruction, celui-là. Le profil du port de La Mailleraye est sauvagement amputé. 1857 est l'année où le château disparaît du paysage.

Cauchois, le passeur de La Mailleraye, tente de taxer les chantiers Pouchin sur le bois qu'il font passer de la rive droite à leur chantier dans la limite du passage et même à la cale. Il est débouté. (Source : Jean-Pierre Derouard).  
En cette année, comme son collègue Saillanfaits, François Pouchin reçoit la médaille de Sainte-Hélène pour son engagement dans le corps des ouvriers militaires sous Napoléon. Il avait le grade de sergent et servit de 1803 à 1810, précisément le 28 juillet.
Mort d'un charpentier le 28 décembre : Auguste Le Bourgeois, natif de canteleu en 1811.

C'est en 1857 que Guerbaville, les deux Bliquetuit et Vatteville furent détachées du quartier d'inscription maritime de Honfleur pour celui de Rouen.

Les lancements

L'Alfred-Maria, gribane de 44 tonneaux, pour Lécuyer et Roger, de Caudebec. Vendue à Alphonse Levillain, de Duclair. Dépecée en 1870.

La Delphine-Emilie, gribane de 40 tonneaux, pour Aristide Chouland, de Quillebeuf qui, jusqu'à Villequier, emploie ce navire aux travaux de la Basse-Seine. 

Le Louis-Marie, 23 tonneaux, passera de mains en mains : Lormier, Toustain et Leloup, de Villequier, Sosthène Sabatier, carrier à Yainville, Cauvin, au Landin. Dépecé en 1878.

L'Actif, 20 tonneaux. Appartient d'abord à Hippolyte Dudon, de Villequier avant d'être racheté par les carrières Silvestre, d'Yainville. Première campagne en 1857 à la pêche, patron Lefez. Puis au bornage. Passe à la navigation intérieure en 1873. Réapparaît au bornage 1880 à 1884 (matricule des bâtiments de commerce, 80-95, fol° 66), mais ne figure pas dans les répertoires de désarmements. Démoli par la suite.

Le Jeune-Henry, 19,60 tonneaux, pour Aubert, syndicat de Villequier. Vendu à Sosthène Sabatier, carrier à Yainville puis Cauvin au Landin.

Petite unité

Le Protégé de Marie, un tonneau, à Simon Caron, de Villequier, en 1867.
La Bonne Intention, un tonneau, pour Félix Auguste Chéron, mon trisaïeul. Il pêchera à bord jusqu'à sa mort, le 7 juin 1879 au Conihout. Le navire fut alors dépecé.
Les Deux-Sœurs, un tonneau, appartenant à "Houette" (sic) en 1880, Barneville, démoli après 1883.

1858 : sacré Duramé !


Duramé ne pouvait qu'être batelier ? Sans doute mais un autre métier lui aurait mieux convenu. Le 10 janvier 1858, le Passager du Trait chavire. Edouard Duramé, son patron, est sauvé de la noyade par le douanier Briffault qui descendait le fleuve (Source : Jean Pierre Derouard). Mais vingt ans plus tard, en 1873, un paysan de Mauny, le sieur Boutard, a la surprise de découvrir un cadavre dans sa remise. Les gendarmes de Duclair se rendent sur place. Il s'agit de notre Edouard Duramé, 47 ans, connu comme batelier d'Heurteauville. Le Journal de Rouen précise qu'il  avait l'habitude de s'enivrer et sortait quelques jours plus tôt de la maison d'arrêt...

Le Sainte-Anne, trois-mâts barque de 437 tonneaux, commandé par Arnaud en 1861, immatriculé à Marseille, armé par Bosc Père et fils.

Les Deux-Cousins, sloop de 63 tonneaux, francisé à Caudebec le 20 avril, pour MM Letonnelier et Le Normand, de Trouville-la-Haule. Passe au quartier d'Honfleur en 1865 en changeant de propriétaire.

Les Deux-Amis, 35 tonneaux, pour Boucher et Billerey aîné, Tancarville.

Le Louis-Césarine, 23 tonneaux, pour Toutain, de Quillebeuf.

Petites unités

L'Union, deux tonneaux, pour Poultier, pilote de Villequier, armant à la pêche. Passe à Massiene, Vatteville, patron Bouffard, au bornage. Dépecé en 1864. 
Le Saint-Joseph, un tonneau, pour Fréret, de Bliquetuit. A la navigation intérieure en 1865.
Le Saint-Pierre, un tonneau, pour Jacques Desmoulins, de Berville, "face à Duclair". Un bachot de ce nom sera dit construit en 1838, date rayée et remplacée par 1875 par l'Administration et appartenant à  Desmoulins en 1885. Passe à Henri Lemarchand, de Berville puis Decaux, id., en 1894. Démoli par la suite.
La Villette, un tonneau, pour Pierre Nicolas Bosquier, La Mailleraye, démoli en 1891 après une dernière campagne de pêche.
L'Actif, un tonneau, pour Jean-Baptiste Fournier, du Mesnil. Une seule campagne de pêche. Dépecé en 1862.
La Caroline, un tonneau, pour Pierrre Hague, d'Yainville. "Démoli sur la digue en 1862", selon le syndicat de Villequier.
Le Saint-Jules, un tonneau, à Lallier, d'Heurteauville, en 1869. Décepecé en 1872.

1859 : nouveau tournant


Alors qu'il allait être levé pour Toulon, Michel Edouard Fréret s'empressa de renoncer à la charpente navale. On le retrouve localisé à La Petite-Venise, dans le parc de Versailles. Allez savoir pourquoi...

Né en 1780 à Honfleur, François Pouchin était le créateur des chantiers à son nom. Le dimanche 3 juillet 1859 on les mit en vente. Le premier s'étend sur un peu plus de 4.000 m2 et est édifié de plusieurs corps de bâtiments à usage d'habitation occupés par le sieur Pouchin père, le sieur Louis Pouchin et autres. La mise à prix fut fixée à 5.000 F. 
Le second chantier, plus vaste, comporte plus de 7.000 m2, édifié d'une maison et autres bâtiments occupés par Alphonse Pouchin.  Tous ces immeubles dépendent de la communauté qui avait existé entre Pouchin père et feue dame Gigan, son épouse.

En 1859, Guillaume Enault ne semble plus avoir de chantier, ni à Guerbaville, ni à Rouen. Car on le retrouve patron du Passager de La Mailleraye.  En 1862, il sera contremaître chez M. Lebreton. A cette date, il totalise dix mois de navigation au commerce. Bref, une nouvelle page se tourne dans l'histoire des chantiers de La Mailleraye.

L'endiguement de la Basse-Seine a déjà coûté 10.000 F depuis 1846, constatent les conseilles généraux. 57 km de chemin de Halage on été établis entre Rouen et La Mailleraye sur les deux rives avec d'importants dragages...

Le 24 juin 1859 a lieu la bataille de Solférino. Au moins un Guerbavillais y est engagé : Maxime-Emile Vivrvaux, né le 23 avril 1834, à Guerbaville, 8e de ligne. Il perdra partiellement  l'usage du pouce de la main droite par un coup de feu au moment où il armait son fusil, Solférino. Ce qui lui vaudra une gratification renouvelable.

Octobre 1859 : Le sloop Saint-Léon, capitaine Bouffard, venant de la Mailleraye, chargé de cotrets pour le Havre, a  été  drossé  par les vents et les courants et est allé s'échouer  sur le Poutier Sud, hier dans l'après-midi, vers trois heures. Battu par la mer, qui  était assez dure, et un vent qui ne perdait rien de sa force, le sloop, dans cette position critique, a dû mouiller ses deux ancres, dans la crainte d'être drossé sur la batterie.
Heureusement, vers quatre heures, une  pirogue de la place, montée par cinq hommes, est allée au secours du sloop et a ramené à terre le capitaine Bouffard et son matelot. A neuf heures du soir, ils sont retournés chercher le sloop, qui rentrait dans le port une demi-heure après, sans  aucun  mal.   

Le plus gros phoque que possède le Muséum de Rouen a été tué à la Mailleraye. "Il était aveugle et s'était sans doute égaré à l'embouchure de notre fleuve, un jour de tempête."

Les lancements

Le Saint-François, 40 tonneaux, inscrit le 7 juin par le constructeur Pouchain. Vendu en novembre 1859 à Toutain, entrepreneur à Caumont. Passe ensuite à Emangard, marchand de bis à Duclair en juin 1861 puis Alphonse Sabatier, entrepreneur au Trait. Dépecé en 1874.

Le Jules-Prosper, 20 tonneaux pour le compte de Félix-Léon Vagnon. Acheté par les carrières Silvestre d'Yainville, on le voit armer une dernière fois le 10 juillet 1885 avant d'être démoli.

Petites unités

L'Espoir, un tonneau, à Eugène Tribout, d'Anneville, en 1880. Démoli après 1888.
L'Aimée
, 0,84 tonneau, pour Adrien Ragelle, du Trait. Dépecé en 1863.

Le relais de poste de La Mailleraye construit en 1770 avec son auberge et de nombreuses chambres...

1860 : des figures s'en vont


En février 1860, on enterra Alphonse Pouchin, époux Tétrel. En novembre, à Notre-Dame-de-Bliquetuit, ce seront les obsèques d'Etienne-Augustin Saillanfaits. Fils du pionnier de la construction navale, il avait eu sept enfants de Marie-Barbe Sainsaulieu, décédée en début d'année. Quatre étaient morts en bas âge.

Noël Alexandre Linan s'est reconverti. L'ancien charpentier est maintenant cantonnier à Caudebec. 

La municipalité achète à la fabrique de l'église un bâtiment qui servira d'école des filles.

Les grands lancements

La Pauline-Clémence, du port de 24 tonneaux. A appartenu à Pierre Aristide Levreux, de Quillebeuf, puis Denis Guérin de Vieux-Port avant d'être vendue aux carrières Silvestre. Elle a désarmé à Rouen en 1873. 

Le Charles-Alexandre, sloop de 19 tonneaux, appartenant d'abord à Sosthène Sabatier, de Yainville, vendu en 1876 à Cauvin, du Landin et en 1877 aux carrières Silvestre. Il désarme en 1878. En 1880, la gribane Charles-Alexandre est commandée par Pierre Onésime Persil, né à Caumont en 1828, un temps passeur du bac de Jumièges. Second patron : Pierre Arthur Mauger, né en 1843 à Saint-Pierre-de-Manneville. Matelot : Louis Lesieutre, né à Aizier en 1837. Pierre Arthur Mauger, fils de Jean-Pierre, né le 23 juillet 1843 à Saint-Pierre-de-Manneville, est patron à partir de novembre 1881 jusqu'au 9 janvier 1886.
En janvier 1888 commandée par Ernest Tranquille Mauger, matelot : son frère Louis Arsène.
En janvier 89 on trouve les trois frère Mauger à bord. Commandé en février 1890 par Louis Arsène Mauger
, né à Mauny le 9 septembre 1853. C'est le frère d'Ernest Tranquille, le beau-frère de Pierre Delphin Chéron, capitaine du bac d'Yainville.  Matelot : Gustave Alfred Mauger, son frère, Edmond Brunet, né à Jumièges en 1872.
En 1891, Mauger comptait à bord Edmond Brunet et Pierre Guéroult,
matelot, né en 1853 à Jumièges. En juillet 1893, Louis Mauger est patron à la part sur le navire en compagnie de Pierre Toutain, né à Villequier. En 1896, est dit appartenir à la veuve Silvestre. La gribane fut vendue en 1897 à Guibert. Mauger était encore à bord en 1898. En 1900, était encore en circulation avant d'être démolie.

Les petites unités

L'Héloïse. Appartient en 1880 à Severin Thuillier, du Mesnil, qui la revend en 92 à Alphonse Ragé, idem. Inactif après 1896, il est démoli.
La Grâce de Dieu, un tonneau, pour le charpentier Jacques Blondel, d'Heurteauville. Une campagne. Dépecé en 1861 après le décès du patron.
Le Louis
, un tonneau. Lebourg, de Duclair, en est propriétaire en 1877. 
Le Louis-Désiré, un tonneau, apparternant à Louis Testu, de Duclair. en 1880, 1892. Navigue jusqu'en 1905. Démoli.
Le Glaneur, norvégienne de un tonneau, pour Charles Patin, de Vieux-Port. On la donne aussi lancée en 1863. Appartient à Eléonor Carré, de Trouville-la-Haule, en 1877, à Modeste Carré, de Villequier, en 1880. Désarme en 87.
Le Pierre, un tonneau, pour Pierre Noël Deconihout, Jumièges. Remplace un navire de ce nom. L'Administration le donne aussi lancé en 1865.
L'Industrie, chaloupe de un tonneau, pour Joseph Agnès, La Mailleraye. Une seule campagne en 1866. "Ne fait plus la pêche, le patron étant garde maritime."
La Notre-Dame,
deux tonneaux, à Jules Danet, d'Anneville, en 1880. Démolie après 1898. 
La Belle Joséphine, un tonneau, à Pierre richer, Anneville, en 1880. Démolie après 1883.
Le Passe-Partout, un tonneau, appartient à Alphonse Petit, du Mesnil, en 1880. Sa veuve se remarie à François Duquesne. Passe à Célestin Honfrut (?) du Mesnil en 1890. Le navire change de nom en 1891 l'Inap et est vendu en 1894 à Honoré Thuillier. Démoli après le 19 avril 1899.
Le Victor, un tonneau, à Letisse, de La Mie-Voie. Circule jusqu'en 1900. Démoli.

1861 : l'infanticide..

C'est l'année où une domestique du Wuy, aidée par l'employé d'une ferme voisine, coupa en morceaux l'enfant qu'elle avait secrètement mis au monde. On découvrit les restes enfouis dans la cour-masure.

Fin mai, Napoléon III est sur les bords de la Seine. On note dans la presse : Il a porté son attention sur les travaux d'endiguement exécutés entre La Mailleraye et Tancarville, et a pu constater l'immense amélioration obtenue sur le passage autrefois si redouté de l'ancienne traverse.

Les lancements

Le Charles, chaland de 161 tonneaux, pour Godeaux & Cie, Paris. Passe au Havre en 1878.

Le Voltigeur, bachot de 66 tonneaux pour Costé, de Villequier, patron Loison qui aura plusieurs successeurs. Le navire sera vendu à Silvestre le 21 novembre 1881 avec une jauge curieusement ramenée à 19 tonneaux. L'Administration donne trois versions de sa fin de carrière. Un : il est dépecé le 20 novembre 1882. Deux : Silvestre l'arme encore  et, en 1887, il a pour seul marin Pierre-Augustin Toutain, natif de Villequier qui en débarque le 25 avril 1888, jour où le navire coule en Seine. Enfin, Le Voltigeur est armé en décembre 1881 par Silvestre, est vendu par sa veuve à Guibert le 1er juillet 1897 puis à Voisembert et Laubeuf. Il prend alors le nom de Marguerite n° 3. Circule toujours en 1919. Rayé en 1926. Cet exemple montre le "sérieux" des scribes de l'inscription maritime....

La Jeune-Eloïse, sloop de 40 tonneaux, pour Alphonse Sabatier, de Jumièges. Le 22 novembre 1880, le syndic de Duclair perd patience : "Amarré au Trait, coule à chaque marée. Doit être dépecé." Vendu par adjudication en decembre 1880 pour être démoli.

La Marguerite n°3, 19 tonneaux, pour les carrières Silvestre. Vendu le 1er juillet 1897 à Guilbert.

La Désirée-Aimée, 17 tonneaux, pour Levreux et Lefebvre, de Villequier. Immatriculé au Havre en 1869.

La Marie-d'Amour, chaloupe de un tonneau, d'abord à la pêche intérieure, inscrite à la fluviale en 1869 par Jacques Legrand, de Notre-Dame-de-Bliquetuit. Après quelques campagne de pêche juqu'en 1872, garde maritime à Duclair, Legrand navigue avec pour son service.
La Sainte-Gertrude
, un tonneau, en 1878, appartient à Stanislas Forment, de Duclair.

1862 : l'arrivée de Lefranc

Natif de Guerbaville, en 1838, Alphonse Courel fut congédié de l'arsenal de Toulon après  36 mois de service à l'Etat. C'est un charpentier qui a travaillé chez Normand et Baudu, mais aussi à La Mailleraye en 1858. 

Proche du passage d'eau, le chantier Enault a fermé avant 1860. Les chantiers Pouchin, un peu plus en amont, voient arriver Edouard Désiré Lefranc, né à Cherbourg le 17 septembre 1824. Il disposera ici d'une cale permettant de construire des navires de 45 mètres de quille et d'une deuxième servant aussi de slip de carénage. A la même époque, Villequier perd son chantier doté d'un moulin à cable, ce qui élargit le marché de Lefranc. On lui devra entre autre le remorqueur Abeille n° 2, un bateau à roue pour le Brésil sur les plans de Benjamin Normand, frère aîné d'Augustin et puis ces fameuses gribanes qui, avec celles de Dieppedalle et de Quevilly participent à l'endiguement de la Seine. A l'actif aussi des chantiers Lefranc, on peut porter la quasi-totalité des bacs qui desservent alors notre région. Lefranc est aussi un sportif qui n'hésitera pas à s'engager dans les régates de la région. Et les bagner à bord de ses propres navires.

Alors, qui travaille alors chez Lefranc ? Citons Edouard, Hippolyte et Pierre Bettencourt, Eléonore Coquin, Joseph Danger, Tranquille Lecointe, Jacques Lévêque, Louis-Augustin Olivier, Pierre Richard, Jean-Baptiste Saillanfaits. Tout un symbole que de voir le petit-fils du fondateur des chantiers maillochiens prêter ses talents à ce qui sera ici le tout dernier atelier de construction navale.

La même année, les chantiers Pouchain sont sur le point de fermer. On y recense pour salariés le fils du patron, Louis Alexandre Pouchin, Louis-Nicolas Duval qui vient de naviguer à bord du Remplaçant. On donne également Jean-Baptiste Mérieult, toujours présent chez Pouchin en 1864, selon l'Administration.

Il ne reste donc plus qu'un seul chantier à La Mailleraye. Et même s'il a de beaux jours devant lui, l'âge d'or de la construction navale est ici derrière nous. Il est significatif de voir de nombreuses figures locales s'employer ailleurs.

A Bougival, près de Paris, un ancien ouvrier de La Mailleraye a monté son propre chantier. C'est Jean-Louis Chambellan, 41 ans. Il a longtemps navigué comme matelot charpentier. 
A Rouen, Pierre Lambert, Guillaume Leroux et Pierre Bettencourt ont trouvé à s'employer chez Degroult, Louis-Dominique Petit chez Lefebvre, Eugène Coulon chez Lebreton, Eugène Aubert chez Luce, Jean-Baptiste Bruneau chez Lenormand & Baudu, Louis Vasse chez Lemire...
Jean-Louis Bettencourt et Louis Rose ont trouvé un emploi à Honfleur. D'autres au Havre comme Pierre Heude, Louis Hosckesonne, Des gens comme André Florentin Chambellan, Arcade Richard, François Courel, Désiré Mazier, Edouard Olivier et Pierre Lachèvre ont rendu leur sac. Etienne Huet, lui, a rendu l'âme à Notre-Dame-de-Bliquetuit. Ernest Olivier était charpentier de navire lorsqu'il est mort à Rio de Janeiro, à bord du Normandie.
Le 30 juillet mourut aussi  Séraphin Bouquetot, ex-charpentier qui, depuis 1860, était le patron du Passager de La Mailleraye. Un autre charpentier, Bouvier, reconverti dans la pêche, ne tardera pas à trépasser après avoir commandé les Deux frères.
Pascal Languette s'est fait maçon chez son père, Victor Vasse mécanicien chez Polyte, Léon Desprez, cultivateur à Guerbaville. Quant à Pierre Amand Faine et Auguste Prunier, ils s'emploient aux travaux de la Basse-Seine. Jean Rastel, lui aussi charpentier de métier, poursuivait une carrière de matelot, notamment sur le Boëldieu, fierté des chantiers maillochiens. René Coquin a beau transpirer chez le charron de Guerbaville, il sera tout de même levé pour Toulon au titre des inscrits maritimes. Il parviendra à rentrer au pays en arguant de son statut de soutien de famille, mais on le rappellera tout de même dans le Var. En 1862 toujours, Victor Benoist, Joseph Mazier et Aristide Fréret sont retenus à l'arsenal de Toulon et pour un sacré bail.

Le   sloop   Marie-Fanny,  19 tonneaux,  patron   Lefebvre,  appartenant à  M.  Dorécu,  parti de  la  Mailleraye  le  6 octobre, avec  un  chargement  de  bois  à  brûler  à  destination  du   Havre, a  coulé  sous  voiles, mercredi,  vers 5 heures après-midi,  à  environ  5  lieues dans  l'ouest-sud-ouest  du  port. L'équipage,  composé  de deux  hommes n'a eu  que le  temps de sauter dans le canot, sans avoir pu sauver les papiers de bord et effets ; il  a  été   recueilli   par la  barque de  pêche Jeune-Alliance,  patron  Cyrile Prentout,  de Villerville.  

Les lancements

Le Pierre et Constance, 38 tonneaux, pour Levitre, La Mailleraye. A coulé en Seine en 1874.

L'Amédée, bachot de 16 tonneaux, pour Pierre Lécuyer, de Caudebec, patron Lachèvre puis Leboucher, enfin Lefez. En 1865, sert de ponton en rivière de Risle, affluent de la Seine dans l'estuaire.

Petite pêche

La Louise, 2 tonneaux, pour Clatot, du Trait. Une campagne au bornage et passe à la navigation intérieure.
La Grâce de Dieu, un tonneau, pour Louis Guérin, La Mailleraye.

L'Espérance, chaloupe de un tonneau, pour Jacques Barabé, du Trait. Dépecée en 1876.
La tranquille, pirogue d'un demi-tonneau pour Pierre Soligny, de Villequier. Dépecée en 1868. 
Le Vigilant, un tonneau, pour Laurent Hulley, La Mailleraye. Dépecé en 1881.
La Caroline, un tonneau, appartient à Jacques Deconihout, La Mailleraye, en 1867 puis au sieur Bouvier, d'Heurteauville. Dépecée en 1878.
Le Fulton, un tonneau, à Pierre Coquin, La Mailleraye, en 1867. Une campagne et passe en navigation intérieure.
La Clotilde, barque de un tonneau, à Martin Aubert, d'Heurteauville, en 1880. Vendue à  Mme François Richet. Démolie en 1888.

1863 : la noyade de Bataille

Le 4 janvier 1863, à 4 h de l'après-midi, Charles-Joseph Bataille se noie en Seine, à Vatteville-la-Rue. Il avait 77 ans.
Pudiquement, l'officier d'état civil indiqua que Bataille était mort à son domicile. Triste fin pour ce fils de pionnier de la construction navale à La Mailleraye. Après avoir fermé son propre atelier, il avait travaillé à Villequier puis à Rouen. Il fut contre-maître dès 1850 chez Degroult et demeurait boulevard du Mont-Riboudet. Il avait eu dix enfants.

4 avril Un grave accident est arrivé mardi dans la Basse-Seine, entre la Mailleraye et  Gaudebec, Le capitaine Eikstein, commandant un navire norvégien, fut abordé en  pleine  rivière par une goélette anglaise. Le capitaine Eiksteiu, pour éviter cet abordage,  sauta  dans  sa  chaloupe ;  mais pris entre, les deux navires, il eut le bras  broyé. Le capitaine Eikstein, après être descendu à terre pour faire effectuer un pansement, revint à son bord et continua sa route.

Dans l'Annuaire-almanach du commerce de 1863, édité par Firmin-Didot, Lefranc fait son entrée comme constructeur de navires à Guerbaville aux côtés des Pouchin père et fils qui y figuraient déjà. De même que Mlles Pouchin comme mercières.

Les grands lancements

Le Betz, chaland de 170 tonneaux pour Godeaux, Paris. Passe au Havre en 1878.

L'Eugénie
, chaland de 169 tonneaux, naviguant au bornage, pour Godeaux, Paris. Toujours localisé en 1884 sous le commandement de
Yves Roualec, natif de l'île de Batz.

L'Alice, chaland de 167 tonneaux, appartenant d'abord à Godeaux et Cie, Paris. On le trouve un temps commandé par  André Nicolas Autret, natif de l'île de Batz.

Le Jenny, chaland de 166 tonneaux, pour Godeaux et Cie.

L'Henriette, chaland de 164 tonneaux, pour Godeaux et Cie.


La Pauline, chaland de 149 tonneaux pour Godeaux et Cie, Paris. Passa en 1878 à Louvet, quartier du Havre. Appartient, en 1892, à la Compagnie française de Transports, Rouen. Ne reçoit plus de rôle d'équipage après 1893.

La Marie-Caroline, 48 tonneaux, appartient d'abord à Lefranc, constructeur, puis Alphonse Sabatier, Duclair. A connu des patrons comme Chéron, Mauger... Dépecée en décembre 1880.


Petites unités

Le Vigilant, trois tonneaux, pour Jean Dorléans, Jumièges. Dépecé en 1874.
L
'Arthémise, bachot de un tonneau, inscrit en 1871 par Louis Delamare, de La Bouille. Navigue à l'intérieur en 74.
Le Saint-Louis, un tonneau, pour Célestin Cauvin, de Saint-Wandrille. Navigation intérieure en 1867.
Le Prosper-Désirée, un tonneau, pour Prosper Bérenger, de Saint-Paul. Vendu en 1881 à Louis Loison, de Duclair. Qui le revend à M. de Joigny pour servir de ponton.
L'Amédée, un tonneau, pour Delaméterie, La Mailleraye. Dépecé en 1877.
La Pauline, un tonneau, pour Pierre Thuillier, de Jumièges, armé en 1865, dépecé en 66.
Le Louis-Désiré, un tonneau, pour Louis Testu, de Duclair. Donné aussi lancé en 1860.
Le Pierre, bac de un tonneau, pour Jean Euphrosi (sic) Deconihout, Boscherville. Intérieur depuis 1873.
La Mélomanie, norvégienne de un tonneau, à Alfred Levillain, du Conihout de Jumièges, en 1880. Circule encore en 1893. Démolie.

1864 : décès de François Pouchin


François Pouchin qui avait lancé tant de navires à La Mailleraye décéda le 27 février 1864. Il avait 83 ans. Les témoins de son décès furent Victor Pouchain, charpentier, fils du défunt et l'un de ses amis, un certain Edouard Lefranc, constructeur de navires...

A compter du 4 juin 1864, les ouvriers de toutes professions cessèrent d'appartenir à l'Inscription maritime. Matelot charpentier sur foule de navires ces dernières années, Paul Emile Bataille n'était pas concerné, étant naviguant. Mais quelques semaines après le décret, il renonça aux professions maritimes. 

31 juillet : le sloop Jeune-Gertrude, raconte le Journal de Honfleur, venant de La Mailleraye, a échoué lundi au soir, à onze  heures, sur le poulier du Sud, par  suite d'une saute de vent. A la marée montante, la mer était grosse, ce navire a été drossé sous le deuxième bastion où il a été démoli entièrement. Le  patron et le matelot se sont sauvés au moyen de l'embarcation du bord.

En septembre, toute la vallée de la Seine était infestée de maringouins en nombre considérable.

Une nouvelle recrue aux chantiers Lefranc : Alphonse Hamel, natif de Guerbaville, transfuge de chez Breton.

Les lancements

L'Henry-Maria, 22 tonneaux, pour Aimable Feuillye, de Vatteville. De 1872 à 1884, navigue pour les carrières Silvestre. Louis Séverin Deconihout et Gustave Savary, de Jumièges furent ses derniers patrons. On le donne aussi entre les mains de Philippe Bien, en 1884, puis vendu aux carrières Silvestre. Navigation intérieure jusqu'en 1890 puis démolition.

L'Avenir, 21 tonneaux pour Delafenêtre, de Villequier. Exploité par les carrières Silvestre, il a eu Monchrétien, Brument et Persil pour patrons. Dépecé en 1872.

L'Auguste-Césarine, sloop de 20 tonneaux pour Louis Toutain, de Caumont.  Il fut armé le 9 juin avec Morant pour patron. Le 13 août 64, passe à la navigation intérieure. En 1879, appartient toujours à Toutain. En février 1881 il fut vendu à M. Lamy. Désarme en octobre 1896 puis est démoli.

L'Adolophe-Arthémise, 18 tonneaux, pour Adolphe Capron, de Caumont. Dépecé en 1882.

Petites unités

Le Passager d'Yville, bachot de deux tonneaux, pour Denis Renault, du Mesnil, inscrit le 10 mai 1865. Renault désarme une dernière fois le 2 août 1875. On le dit "annexe du passage de la Roche". Dépecé  le 6 mars 1876.
L'Emile,
deux tonneaux. Appartient à Auguste Jouen, de Bardouville, en 1870. Deux versions sur la fin du navire : dépecé en 1879, or on le voit naviguer encore. Vendu en 1889 à Frémont, d'Anneville.
La Rose, bachot de un tonneau, pour Pierre Jean Baptiste Cauvin, du Trait. Il fut démoli en janvier 1880. Un homonyme :
La Rose, d'abord à la navigation intérieure, inscrit à la fluviale en 1869 par Lhérondelle, d'Heurteauville. Une campagne. Dépecée en 1872. 
La Marie-Rose, un tonneau, à Narcisse Prunier, du Mesnil, en 1880, passe à Charles Huley, du Landin, puis à Florentin Lebourg, de Jumièges, le 3 décembre 1883. Démoli après 1887.
Le Léon, pour Delamétérie, La Mailleraye. Dépecé en 1877.
Le Gustave, un tonneau, pour Flambart, Villequier. Inscrit en 1868, passe à l'intérieur en 1876.
L'Eugénie, canot de un tonneau appartenant à Hospice Rabel, Le Havre, en 1774. Navigue à la plaisance jusqu'en 1776. Sans nouvelle depuis plus de trois ans, propriétaire décédé, rayé en 1879.

1865 : la catastrophe de l'Impératrice


En janvier 1865, lors de l'explosion du vapeur l'Impératrice à Guerbaville,  "c'est M. Lefranc, constructeur et le pilote de La Mailleraye qui, se jetant dans une embarcation, ont aidé le capitaine Leperson, de l'Express n° 2 à recueillir les blessés surnageant au milieu des débris du bâtiment."  Dans un autre journal : "M. Lefranc, constructeur aidé par quelques ouvriers, était bien vite monté dans une embarcation pour courir au secours des hommes en péril, puis il les emmena chez lui pour leur donner tous les soins nécessaires. (...) Une maison occupée par M. Lefranc et son atelier de forge ont été endommagés. Des morceaux de tôle et de fer ont sauté à plus de 400 mètres. Dans la forge de M. Lefranc, on a trouvé un morceau de tôle qui pesait au moins 50 kil., qui a brisé la toiture et démonté la forge complètement..."

Edouard Lefranc ou encore Louis-Pierre Coquin, charpentier de navire, entourent un compagnon qui se marie. Eléonore Coquin épouse le 9 mai Augustine Virginie Saillanfaits, arrière-petite-fille du créateur des chantiers. Tout un symbole. Cette année-là, Lefranc rachète à Caron, de Villequier, le sloop la Nouvelle-Alliance, du port 51 tonneaux. Il a été lancé à La Mailleraye en 1807. Le dernier constructeur dépèce le travail de ses lointains devanciers.

Le  Steamer  le Furet,  qui  fait  tous les ans,dans  la  belle saison, un  service entre le  Havre  et Rouen, en touchant à Honfleur, Quillebeuf, Villequier, Caudebec, La  Mailleraye,  Jumiéges  et  Duçlair reprend son service en partant de Rouen le 4 juin et du Havre le 5 du  même mois.

Les  lancements

Les Quatre-Frères, 42 tonneaux, pour les frères Persil, de Villequier. Vendu à Foutrel, Dieppedalle. En 1891, appartient à Lefebvre, de La Mailleraye. Navigue jusqu'en 1900 avant démolition.

La Petite-Maria, 20 tonneaux, donnée aussi lancée en 1863. Elle appartint successivement à Brière, entrepreneur à Caudebec, Sosthène Sabatier, alors à Yainville, Cauvin, du Landin et enfin Silvestre. Navigue d'abord au bornage. Deconihout était patron en 1865, Beuriot à partir de 66. Navigation intérieure à partir de 1872. On le voit naviguer jusqu'en 1881 avant d'être démolie.

Le Saint-Pierre, 19 tonneaux, pour Froc et Baville, de Villequier. Vendu aux carrières Silvestre vers 1879, année où il arme à l'intérieur. Commandé de 1887 à 93 par Philémon Carré, né au Trait en 1850. On y retrouve Joseph Beyer comme matelot en 1890. En circulation en 1893 et 94. Puis démoli.

Petite pêche

Le Pierre, un tonneau, pour Pierre Noël Deconihout, Jumièges. Remplace un bateau du même nom, dit aussi Saint-Pierre, construit en 1845. Appartient en 1880 à Augustin Deconihout, La Mailleraye. Dépecé le 23 février 1882.
L'Alfred-Marie, un tonneau, pour M. Cassé, de Vieux-Port, vendu à Audono, d'Aiziers. Démoli en 1874.
L'Iris, pirogue de un tonneau.
Les registres la donneront aussi lancée en 1875. Appartient successivement à MM. Lemarchand, de Villequier, Poultier, Leboucher et enfin Laudat qui l'arme en plaisance sous le nom de L'Uranie le 1er mai 1890. Rayée ensuite pour avoir quitté le quartier.
La Geneviève, 0,87 tonneau, pour Louis Séverin Deconihout, du Mesnil. Un navire du même nom, lancé la même année, du port de un tonneau, appartient à Théodore Testu, de Duclair, en 1880. Dépecé en 1884.
L'Emile, un tonneau, pour Pierre Thirel, d'Heurteauville.
Les Deux-Frères, un tonneau, pour René Aubert, d'Aiziers, qui arme le 13 mai. Une campagne et passe à la navigation intérieure.
La Louise, canot de un tonneau, pour Louis Alphonse Chauvel, de Villequier. Vendu à Eugène Vincent, de Yainville, puis à Ulysse Gentil. Désarme fin1876 et serait passée à la plaisance du côté de Villequier. Mais, toujours selon l'Administration, le navire réarme le 28 janvier 80 pour une dernière campagne de pêche. Démoli ensuite.
Le Saint-Joseph, un tonneau, pour remplacer un navire du même nom. Ce nouveau bateau sera dépecé en février 1882.
La Georgina, un tonneau, à la veuve Séraphine Duporé en 1880, vendue à Joseph Lefebvre en juin 1882. Démoli après 1894. 
L'Auguste-Lucie N° 2, un tonneau, appartient à Lefebvre, de Villequier, en 1892. Vendu en 1897 à Auguste Sabatier, dit de Villequier. Circule encore en 99.

1866 : un lougre s'échoue

24 janvier. On écrit  de  la  Mailleraye  au  Journal de Rouen : «  Mercredi  dernier,  à  cinq  heures  du  soir,  le  lougre  Etoile-de la-Mer se rendant  de  Pont-Audemer à Rouen pour y  prendre  charge,  s'est  échoué  sur un banc de sable situé  sur la  rive de la Seine, en face  Caudebecquet, à 500 mètres environ de l'extrémité de l'endiguement sud. Vers neuf heures et  demie, à   l'arrivée de la barre, il a fortement roulé et talonné et s'est rempli d'eau. Dans cette  situation, il  a  été  entraîné  entre  deux  eaux jusqu'en  face  de  la  Mailleraye  où les efforts  du  pilote et  de l'équipage sont  parvenus à  le  faire échouer le  long de  la  rive. On espère  pouvoir  le  renflouer.

On adresse d'Yvetot au Nouvelliste de Rouen des détails : « Le lougre Etoile de-la-Mer, de Redon, jau geant environ 70 tonneaux, se trouvait le soir à 1 kilomètre environ en amont de Caudebee. Par suite d'une fausse manœuvré, ou plutôt d'une manœuvre mal exécutée, a cause de l'obscurité, au moment du flot, qui était très fort, le navire talonna et éventa sa couche. Il put cependant se maintenir sur l'eau quelque temps; mais, toujours entraîné par le courant, il vint sombrer en face de la Mailleraye. On attendra pour le relever la marée de morte-eau. Il était sur lest et venait de Pont-Audemer à Rouen, afln d'y prendre un chargement pour Redon. L'équipage, composé de six hommes, a pu se sauver. Le navire est sombré jusqu'au milieu des mâts. »

Le Guide Joanne de 1866 : Guerbaville-la-Mailleraye, v. de 1701 hab., situé sur la rive g. de la Seine, et possédant des chantiers de construction. — L'église, maladroitement restaurée en 1838, date du XVIe s., sauf le chœur, qui est postérieur. La jolie piscine de la Renaissance, que l'on voit à l'entrée, vient de Jumiéges, ainsi qu'une statue de saint Valentin, qui date du siècle de Louis XIV, et des tableaux d'autels. L'intérieur, qui n'est pas voûté, n'offre aucun intérêt. — Guerbaville doit son second nom au château de la Mailleraye, dont les terrasses dominaient la rive g. de la Seine. Ce château compta, parmi ses possesseurs, les de Moy, les Fabert les d'Harcourt, les Nagu et les Mori temart; il reçut la visite des rois Charles VII, Louis XI, François Irt et Louis XVI ; il fut habité par Mlle de la Vailière et la comtesse d'Houdetot. La bienfaisance de Mme la marquise de Nagu y a laissé d'impérissables souvenirs. Ce beau château a été démoli et son magnifique parc coupé. Un bac a été établi sur la Seine à Guerbaville-la-Mailleraye (auberge médiocre), situé à 7 kil. de Caudebec
.

Mais voilà maintenant 39 ans que Mathurin Tuvache, fils d'une Leporc, est maire de Guerbaville. Napoléon III lui décerne la Légion d'honneur.


De petites unités

Le Pierre, deux tonneaux, à Jacques Cadiou, Anneville, en 1880. Démoli après 1900.
Le Frédéric-Franc
, un tonneau, appartenant d'abord au constructeur, Lefranc, puis à Housseaux, de La Mailleraye. Dépecé en 1884.
Le Sans-Pareil, un tonneau, pour Louis Guilbert, de Villequier, vendu à Delafenestre. Navigation intérieure dès 1867.
La Marie, chaloupe de un tonneau, pour Paul Aubert, de Villequier, passe à Michel Aubert, d'Aiziers, vendue à Deshays, 22 mai 1871 pour la navigation intérieure.
La Clémentine, un tonneau, pour Condor, La Mailleraye. Dépecée en 1870.
L'Argus, norvégienne de un tonneau pour Théodore Anquetil, du Trait, qui fait une seule campagne de pêche. Vendue au passager Neveu, passée en navigation intérieure. 
Le Félix, un tonneau, pour Pierre Harel, de Villequier, vendu à Leboucher du Trait le 15 juin 1872, dépecé en avril 1880.
Le Boiëldieu, un tonneau, à André Beaudouin en 1880. Démoli.

1867 : premier bac à vapeur

Le 22 décembre est inauguré le bac à vapeur de Caudebec, L'Union des deux rives. C'est le premier dans la région alors que l'on compte quelque 1300 bacs en France. Ses constructeurs sont du Havre : Benjamin Normand et Nillus frères. On envisage un bac semblable à Villequier. Les chantiers de La Mailleraye ne sont plus dans la course...

La paroisse a un nouveau curé. Natif d'Alvimare, c'est l'abbé Léon-Victor Commare. Un Guerbavillais est encore fait chevalier de la Légion d'Honneur, c'est Frédéric Honoré Tuvache, né d'un capitaine de navire, ancien juge de Paix du canton de Caudebec.


Un gros lancement

Le Voltigeur, chaland du port de 27 tonneaux pour le compte d'Alphonse Costé, de Villequier. L'Administration le donne aussi lancé en 1861. Vendu à Silvestre le 21 novembre 1881 qui l'arme en juin 1883. En 1887 il avait pour seul marin Pierre-Augustin Toutain, natif de Villequier qui en débarqua le 25 avril 1888. Il coula en Seine le 25 avril 1889.

Petites unités

Le Courrier n° 2, bateau de un tonneau, pour Stanislas Deconihout, Jumièges. On le dit dépecé en 1878. Confustion avec un autre Courrier n° 2 lancé en 1877.
Les Deux-Frères, un tonneau. Appartient d'abord à Lucien Ragel, du Trait. Vendu à Louis-Vital Bourgeois, de Saint-Paul, le 9 octobre 1868. Le 21 août 1880, arraché aux enchères par la veuve Audan, dite aussi Laby, d'Aizier qui le vend à son fils, Jules Auguste, en 1882. Navigue encore en 89. 
Le Dieu-protège-les-époux, un tonneau. Inscrit en mars 70 par Feuillye, La Mailleraye, patron Varin. Circule encore en 1889. Démoli.
Le Bien-aimé, un tonneau, pour François Aubert, La Mailleraye, vendu à Charles Guérin, id.
L'Emile et Blanche, un tonneau, pour Emile Colombat, de Caudebec. Une seule campagne. Dépecé en 1868.
L'Arsène, un tonneau, pour Adrien Bénard, du Trait. On le dit dépecé en septembre 1880. Pourtant, il a un homonyme lancé la même année et appartenant à Honoré Pinguet, d'Yainville, en 1880, par acquisition "de la veuve Renard" après le décès de son mari. Confusion du scribe ou navires distincts ?

Le Pierre, un tonneau, appartenant Edmond Thuillier, du Mesnil, en 1880. Démoli après 1883.
La Georgette, norvégienne de un tonneau, à Bidault, du Trait, en  1888. Démoli après 1889. La Zoé, canot de un tonneau, appartient en 1890 à Simon Leclerc, pilote de Villequier. Vendu à Pierre Lefebvre et armé à la pêche en 1891 sous le nom d'Auguste-Lucie n° 2.

1868 : un vestige du passé


Lefranc rachète encore un monument historique pour le dépecer : la Marie d'Amour, lancée à La Mailleraye en 1820 et restaurée en 1861 par Pouchin. On voit un navire d'un tonneau, l'Alida, lancé à Heurteauville pour Sabatier père...

"Dernièrement, observe le conseil général de l'Eure, le fermier du passage de la Mailleraye a organisé pour son service un bac à voile, à deux entrées, qui navigue facilement..." Avec la mise en service, depuis le 1er janvier, du bac à vapeur de Caudebec, voilà qui est montré en exemple. En revanche, le marché de Guerbaville continue de perdre son attrait. Si bien que nos élus lancent une prime annuelle pour récompenser les ambulants présents chaque vendredi.

Un grand lancement

Le Compiègne, bateau de 20 tonneaux. Il appartenait à Auguste Sabatier, de la Maillerraye. Son dernier voyage est de 1872. Il coula en Seine.

Petites unités

Les Deux-Amis, un tonneau. Auguste Delahaye, de Villequier, le possède encore en 1899 et quitte le quartier. Autre version de l'administration : de Delahaye, sans prénom, l'embarcation passe à la veuve Ducroq en 1878. Vendue à Paul Delahaye, de Villequier, en 1891, elle aura Persil comme patron. Désarme le 12 janvier 1931 pour être démolie après 53 années de navigation !
L'aimée, pirogue de un tonneau pour Jean Maréchal, Jumièges. Une campagne. Dépecée en 1870. 
La Maria, un tonneau, pour Pierre Loison, Barneville. Navigation intérieure en 1873. Là, passe à Auguste Benoist puis au sieur Audelin. Circule encore en 1911. Rayé en 1926.
La Marie, bateau riverain de un tonneau, appartenant à Louis Saumon, d'Anneville, démolie après 1889.
L'Iris, un tonneau, à Constant Delaunay en 1880, vendu à Alphonse Brignault, du Trait, en 1884. On le dit "à démolir" en 1895. Ce qui fut fait.
L'Emma, un tonneau, à Eugène Lepesqueux en 1880, Barneville, vendue à Condor, Heurteauville. Démoli après 1891.
Le Léon, à Maximilien Denis, Anneville, en 1880 puis Alfred Boulard, Anneville. Démoli après le 4 décembre 1901.
L'Auguste, un tonneau, à Thomas Pigache, Yville, en 1880. Démoli après juin 1891.
Le Terpsichore, un tonneau, à Pierre Legris, de Barneville, en 1880. Démoli. Un autre navire prendra le nom de la muse de la danse...

1869 : La Mailleraye revit 

Journal de HonfleurDes affiches  apposées  sur les murs de la ville annoncent un service  régulier,  par bateaux à  vapeur,  du  Havre à Rouen, à partir de mardi  prochain, 1er juin. Le steamer  fera, à la remonte et  à la descente, escale à Honfleur. Il prendra et laissera  des voyageurs  dans les  principales localités qui longent la Seine,  telles  que Quillebeuf, Villequier, Caudebec, La  Mailleraye, Le Trait, Jumiéges,  etc.

L'Abeille cauchoise, en juillet, disserte sur cet hypothétique fait-divers.

Ces jours derniers un voyageur au passage de la Mailleraye, arrêta un homme qui voulait sauter par-dessus le bord du bac pour se jeter dans la Seine. Interrogé par son sauveur sur les motifs qui l’avaient poussé à cet acte de désespoir, il lui dit : — Je me suis marié il y a quelque temps avec une dame veuve qui avait une fille de dix-huit ans. Mon père, qui venait souvent me voir, devint amoureux de la fille de ma femme et l’épousa.
De cette façon, mon père devint mon gendre et ma belle-fille ma mère, puisqu’elle était la femme de mon père. Quelque temps après, ma femme accoucha d’un fils qui était le père de mon père et en même temps mon oncle, en qualité de père de ma marâtre. Ma marâtre, qui était à la fois ma belle-sœur puisqu’elle était la sœur de mon oncle, mit au jour â son tour un superbe enfant qui était mon frère et mon fils. Ma femme était ma belle-mère puisque la femme de mon père était sa fille, moi j’étais le mari de ma femme et son petit-fils etcomme le mari de la belle-mère d’une personne est le beau-père de cette même personne, il arrive maintenant que je suis mon propre beau-père. Ce sont ces relations de parenté qui, m’ayant causé de grands soucis et un mal de tête chronique, m’ont décidé à mettre fin à mon existence.
Après ce discours, le sauveteur du suicidé lâcha le beau-fils de sa femme et se précipita à son tour dans la rivière, ému par le récit de tant d’infortune ; fort heureux il savait nager, et regagna bien vite la berge afin de ré fléchir sur cette généalogie qui ressemble tort au peloton d’Apollon.

Les grands lancements


Le Sully, trois-mâts de 387 tonneaux. Voici comment fut relaté le 5 juin son lancement. "La  population de la  Mailleraye assistait dimanche à un  spectacle  dont  elle avait été privée depuis  bien des années. Après la destruction de son parc tant réputé, tout avait paru l'abandonner, même ses chantiers de construction  qui avaient aussi  fait  défaut à ce malheureux pays. Grâce à  M. Lefranc, constructeur de navires, qui est venu se fixer dans cette localité, nous espérons voir renaître le travail. M. Lefranc a fait  revoir dimanche  à  cette localité ses anciennes fêtes. Une  population de 5 à 6 000   personnes s'était réunie pour voir  partir des chantiers de constructions son  joli trois-mâts,  le Sully,  construit   pour   le compte  de M. Auger aîné, du  Havre. La surveillance de la construction de ce magnifique bateau, était confiée à M. Auger, capitaine au long-cours, qui doit en prendre le  commandement. Le Sully a quitté les chantiers avec une précision telle, que tous les spectateurs ont salué de leurs applaudissements le joli navire se  lançant  dans  la  Seine avec  majesté."  
De 1872 à 1889, immatriculé au Havre, on le voit rallier Buenos-Aires, la Guadeloupe, le Brésil, Cayenne....

La Berthe et Marie, trois-mâts de 342 tonneaux, pour MM Lecomte et Buchot, de Rouen, capitaine Carré. Lecomte en est toujours propriétaire en 1879. Vendue le 21 janvier 1882 à un Autrichien.

La Françoisebachot de 35 tonneaux, pour les carrières Silvestre. Premier patron : Tabouret. En 1880, patron Feraille. Arme en octobre 83 en navigation intérieure. Démoli par la suite. L'Administration prête ces deux adresses à Silvestre : Yville et le Mont-Riboudet. C'est bien sûr Yainville...

La Marie Marguerite, galiote de 26 tonneaux, pour Duclos & Cie, de Rouen. Dès 1870, après un bref séjour en Seine, part naviguer aux îles du Cap-Vert.

L'Emile 1, du port de 19 tonneaux, pour le compte de Silvestre, carrier d'Yainville, patron Persil au lancement pour navigation au bornage. Passe à la navigation intérieure en 1876. Commandé par Léopold Courtois en décembre 1877 avec, pour matelot, Valentin Biette, d'Yville. Armé à la navigation intérieure le 12 janvier 1880.

Petites unités

L'A, deux tonneaux, à Louis Hullin, Anneville, en 1880. Démoli après 1899.
Le Ferdinand,
deux tonneaux, à Ferdinand Leroux, Yville, en 1880. "Démoli en décembre 1887 par le flot."
Le Charles
, deux tonneaux, appartenant à Charles Mauger en 1880, Anneville. Démoli après 1890.
Le Saint-Pierre, bateau riverain de deux tonneaux, à Charles Guillemain, de Berville. Démoli après 1882.

La Victorine, un tonneau, pour Soligny, de Villequier, circule toujours début 1893. Démolie.
La Marie, un tonneau, appartient à Bapeaume, de Villequier, en 1876. Vendue à Cyriaque Duchemin, en 1878, après une campagne de pêche d'un an. Dépecée en 1879.
La Valentine, un tonneau, appartenant à Jean Levitre, La Mailleraye, en 1880. Dernier patron : Poultier. Dépecée en décembre 1885. 
Le Pierre, deux tonneaux, à Pierre Renault, d'Anneville, en 1880, démoli après 1899.
La Désirée, un tonneau, à Auguste Thuillier, au Mesnil, vendue à Maurice "Quervrand" (Kervran ?) en 1882. Démolie après le 9 juillet 1900.
L'Utile, bachot de un tonneau, à Henry Protais, de Berville-sur-Mer en 1885, vendu en 1886 à Delemétérie, Imbourville. Démoli après 1898.

1870 : vive la République !


Mars. Un des hommes de l’équipage de Seine-et-Tamise n° 5, allant de Paris à Londres, vient d’être victime d’un triste accident qui lui a coûté la vie. Le navire venait de prendre son mouillage en face de Guerbaville, lorsqu’en voulant parer la chaîne de l’ancre, ce malheureux est tombé à l’eau et n’a pas tardé à disparaître. Toutes les recherches tentées pour découvrir son cadavre sont restées inutiles. Dagorne, c’est le nom de cet infortuné, était âgé de quarante-six ans ; il laisse six jeunes en fants dont il était le soutien.

En septembre, c'est la défaite de Sedan. A Napoléon III succède la IIIe république proclamée par Lamartine. Quoi de neuf, cette année-là, sur les quais de La Mailleraye ? Si
en 1862, l'Administration avait perdu toute trace de Louis-Cyrille Battaille, fils d'un pionnier des chantiers, on sait maintenant ce qu'il devient. Le 4 octobre, il reprend la navigation dans le quartier de Marseille.

Le 19 novembre 1870 mourut à Notre-Dame de Bliquetuit, section du Bourg-Corblin, Etienne Augustin Saillanfaits. Veuf, il avait 93 ans et était le fils du fondateur des chantiers de La Mailleraye avant la révolution. Son propre fils, âge de 52 ans, pratiquait toujours le métier chez Lefranc et habitait aussi Bliquetuit.

Le Journal de Honfleur du 27 décembre. On nous assure que le 20, deux goélettes anglaises qui se trouvaient vis-à-vis de Duclair, au lieu-dit de l’Anerie, auraient été coulées par les Prussiens. Deux  autres  goélettes, portant le même pavillon, et un bachot chargé de bois, en destination de la Mailleraye, patron Lefebvre, ont failli, le 21, avoir le même sort. L’ennemi s’est contenté de faire prisonniers les équipages anglais. Quant au bachot, le pa­tron, M  Lefebvre,  fait prévenir les canonnières françaises en surveillance et plusieurs obus ayant été tirés, les Prus­siens ont laissé libre son équipage. Un détachement des ca­nonnières a débarqué et donné la chasse à l’ennemi qui aurait eu, dans cette affaire plusieurs morts. Les Prussiens redoutent fort les marins et s’informent de leur présence en arrivant  dans une localité, avec le même soin que de celle des francs-tireurs.

Les grands lancements

Le Havre, trois-mâts de 488 tonneaux une nouvelle commande de l'armateur Honoré Auger. En 1874, on le voir revenir de Buenos-Aires sous le commandement de Eugène Marie Lepetit.

Le Jeanne N° 2, gribane de 53 tonneaux, appartenant en 1908 à Voisembert et Cie. Circule en 1919.

L'Emile 3, gribane de 36,40 tonneaux, inscrite par Silvestre le 15 juillet. Patron Poullain au lancement, Persil en 72. Commandé en août 1880 par Isidore Deconihout, né à Jumièges en 1828. Désarme en septembre 81 et est armé en circulation quatre ans. Réarme en juin 86 au bornage, patron Ernest Tranquille Mauger qui désarme en novembre. Repasse en circulation à partir de juillet 87. D'avril 1890 à juin 93, Ernest Landrin, né en 1843 à Varengeville, enfant naturel, en est le patron au bornage avec pour novice puis matelot son fils Gustave. 1891 1ère série, p. 484 On verra bientôt que ce navire va faire l'objet d'un drame. 
Un autre Emile 3 appartenant à Silvestre, construit en 1870 à La Mailleraye, est porté sur les registres avec un port de 14, 40 Tx. On le voit circuler en 1886. Fut vendu le 1er janvier 1908 à Voisembert et Laubeuf et prit en mars le nom de Lulu n° 5, sloop. Circule encore en 1918. Rayé en 1926.

L'Albert-Alphonsinedu port de 28 tonneaux, pour Levillain, de Duclair qui mène une dernière campagne en 1877 avec deux coéquipiers. Vendu le 17 octobre 1877 à Auguste Sabatier, d'Yainville, natif de Jumièges, commandé par Pierre Athur Mauger en 1877. Navigue un temps à l'intérieur. Le navire réarme le 23 janvier 1879. Sabatier est à la barre de 1881 à 86 et la cède à Persil. Désarme en avril 88, il fut alors racheté alors par Silvestre. Revendu à Guibert en 1896 par la veuve Silvestre. Naviguait encore en 1902 avant d'être démoli. 

Le Marceau, gribane de 19,98 Tx, En 1890, le navire appartenait à M. Boistelle. Patrons Hippolyte Chouquet, né à Honfleur en 1854 et Sylvain Neveu, né au Mesnil en 1838. Matelots : Louis Deconihout et Victor Chevalier. 1891 7P6_159 p. 381. En 1880, appartient aux carrières Silvestre. En 1891, le patron est Philippe Beyer, né en 1860 à l'île de Batz et inscrit au quartier maritime de Roscoff. Matelot : Pierre Guéroult. Le navire navigue entre Rouen, Le Havre, Pont-Audemer, Villequier, il transporte des céramiques, de la chaux, du sable... Beyer a servi sur différents navires en Seine. Il avait un frère prénommé Jacques. En 1895 et au 6 novembre 1896, Philémon Caré, natif du Trait est seul sur cette gribane armée par Mme veuve Silvestre. Lorsqu'elle cesse son activité, elle est vendue en 1897 à Guilbert. On la voit encore armée le 3 février 1900 puis on la dit démolie.

Les Deux-Sœurs, bateau de 19 tonneaux, pour Alphonse Sabatier, du Trait. En 1880, vendu à Pierre Bénard, dit Melin, du Landin. Navigue un temps à l'intérieur. Du 9 janvier au 26 avril 1884, Pierre-Delphin Chéron, mon bisaïeul, remplace Ernest Landrin. Après quoi, il cède le commandement à Arsène Deroutot, du Trait. Puis Gustave Mauger prend la barre en 1885. Vendu en février 89 à Boistelle, entrepreneur de travaux publics à Caudebec, qui le rebaptise Marcéan.

Le Louis-Marie, 18 tonneaux, pour Félix Leconte, de La Mailleraye. En 1884 passe à Gustave Savary, de la Mailleraye, en 1891 à Cuffel, charpentier d'Heurteauville. Navigue toujours en 1895 avec Deconihout patron. Sa jauge est alors de 8 tonneaux. Démoli par la suite. Un navire homonyme :

Le Georges 1, du port de 16 tonneaux, pour Pierre Pascal Blondel, de Varengeville. Appartient à Dranguet (?), de Duclair, en 1886. Circule encore en 1899.

L'ancien bachot a été dépecé en 1869 et son dernier patron avait été Prunier.

Le Bac N° 1, sept tonneaux, pour Onésime Aubert, La Mailleraye. Bac à deux entrées. Arme le 2 septembre, commandé par Aubert. Si l'on se fie à l'Administration, en 1892, ce bac appartient à M. Bardel, président de la société du bac. Il arme le 12 janvier avec Mauger pour patron et désarme le 23 mars 1893. Sera démoli par la suite.

Petites unités

Le Père de Famille, devient L'Abraham n° 4 et appartient à Jacques Billard, du Val-de-la-Haye en 1896. Vendu à Victor Guillot en 1910 et devient alors le Victor N° 1. Circule encore en 1914. Rayé en 1926.
L'Intrépide, deux tonneaux, à Deshayes, d'Yville, en 1880. Démoli après 1898. 
La Victorine, à  Alexandre Coignard, de Berville, en 1880, démoli après 1894.
La Station N° 2 pour la corporation des pilotes de Villequier. Un navire de ce nom a été lancé en 1845. Celui de 1870 est piloté dix ans plus tard par Elie Leclerc. Vendu en 1894 au sieur Laudat. Pêche sous le nom d'Uranie. Démoli après 1897.
La Félicie, un tonneau, pour Auguste Guéroult. L'Aministration donne aussi le navire lancé en 1848. Il peut s'agit d'une refonte ou d'un remplacement. Circule encore en 1897. Démoli.
Les Deux-Frères, un tonneau, à Pierre Hébert, du Trait, en 1880, vendu à Célestin Deshais, id. Démoli après mars 1882.
Le Louis-Marie, un tonneau, appartenant à Savary, d'Heurteauville en 1891 pour une première inscription. Armé à la pêche en  avril 1892. Navigue jusqu'en 95. Démoli. 
La Delphine-Adèle, un tonneau, à Guérin, Villequier, en 1892. Démolie en 1893. 


Sources
Le Constitutionnel
Le Journal de Rouen
La Presse
Le Journal d'Honfleur
Cherbourg Eclair
Archives de l'Inscription maritime de la Seine-Inférieure
Jean Pierre Derouard, A rames ou a voile, bacs et passages d'eau de la Seine en aval de Rouen
Site Le Désarmement havrais
La Seine, mémoire d'un fleuve.
Etat des vaisseaux du port du Havre, transmis à Colbert en 1664, Ch de Beaurepaire.
Le Groënlandais, Thierry Vincent 1994. (Pour le Pie IX)
Discours de réception de Pierre Abbat, Académie de Rouen, 1942.
L'amirauté de Normandie, Darsel. Annales de Normandie, 1972.
Dossier Légion d'Honneur de Jean-Louis Miniou.
Site Histoire maritime de Bretagne nord
François Vivien, Quelques éléments sur la construction navale dans la Vallée de Seine
Pierre Le Verdier, Précis des travaux de l'Académie des sciences de Rouen, 1895, P. 263
Le Haro, Journal républicain.