Des assemblées de paillards, de mécréants, de voleurs... Ainsi voyait-on les confréries à la fin du XIXe siècle. Le clergé voulut y mettre bon ordre. Mission impossible à Jumièges. On en comptait trois ! Un rapport inédit nous en dit long sur leurs pratiques...

Un horsain ! Léon Arthur Trouplin est un horsain. Il a 39 ans quand, le 18 mars 1875, ce fils d'un boucher de Caudebec est bombardé curé de Jumièges. Il nous arrive de la petite paroisse sans histoire de Touffreville-la-Cable. A Jumièges, sa tâche sera difficile. Trouplin succède à un enfant du pays, Jean Philippe Prévost, qui a traversé le siècle à son poste et vient de trépasser à 81 ans. Prévost était tellement enraciné parmi ses ouailles qu'il a laissé derrière lui une Vie et miracles de saint Valentin publiée quinze ans plus tôt. Étude naïve bien peu digne du sociétaire des Antiquaires de Normandie qu'il était. Mais parfaitement dans l'esprit superstitieux d'un Jumiégeois bon teint...

Trois ans avant sa mort, Prévost avait éprouvé un immense plaisir. Depuis le XIe siècle, les paroissiens de Bliquetuit venaient chaque année en pèlerinage vénérer saint Valentin. 1793 avait mis un terme à 700 ans de tradition. Or en 1872, le cardinal de Bonnechose ordonna la rétablissement de la procession.

Prévost reçut encore la visite du cardinal en 1874, légua une coquette somme à la fabrique contre des services à perpétuité pour le salut de son âme puis s'en alla reposer au cimetière, enseveli par ses chères confréries de si mauvaise réputation.

Danse avec le diable

Alors quand notre jeune abbé Trouplin prend ses fonctions, il se voit aussitôt plongé dans une société peuplée de grands buveurs devant l'Eternel dont ils perturbent l'hommage dominical à grands cris. Quant aux jouvencelles qui forment autour de lui un chœur d'anges, elles ne songent qu'à trémousser du popotin dès l'Ite misa est prononcé. Un mois après son arrivée, le nouveau curé se fend déjà d'une lettre au grand vicaire du diocèse.

Jumièges, le 4 avril 1875,

Je vous prie, Monsieur le Grand vicaire, de vouloir bien m'autoriser à faire le mois de Marie le dimanche et le jeudi.
A cette occasion, je serai bien reconnaissant à Monsieur le Grand vicaire s'il lui plait me donner un conseil.
Puis-je accepter comme chanteuses de cantiques des jeunes filles qui passent immédiatement de l'église à la danse publique. Madame l'institutrice m'a averti officieusement de ce fait...



Ce n'était encore là qu'un problème bien mineur. Car en débarquant à Jumièges, Trouplin eut aussitôt affaire à trois confréries venues du fond des âges : celles de St-Valentin, du Rosaire et enfin, la plus prestigieuse, la plus ancienne de toutes, celle de St-Jean-Baptiste dite aussi du Loup-Vert. Or le solstice d'été approchait et, chaque 24 juin, la confrérie de St-Jean s'adonnait depuis des temps immémoriaux à un rite qui faisait le miel des folkloristes. Dans son Histoire de l'abbaye de Jumièges, Charles Antoine Deshayes en a fait une description reprise en boucle dans tous les ouvrages dédiés aux traditions populaires. Nous verrons qu'il n'a rien exagéré et que ces pratiques se sont perpétuées bien après lui. Ce rite, il consistait en de bacchanales libations autour d'un feu allumé au hameau du Conihout. Du coup, le clergé voulait alors supprimer ces antiques pratiques.

Voici la Saint Jean...

Le 28 mai, le curé écrit une nouvelle fois au diocèse :

Les membres de la confrérie de St Jean sont venus me trouver, me priant de vouloir bien conserver leurs usages.
Je les ai priés de me faire une déclaration franche et loyale de tout ce qui se passait, les avertissant que je ne pouvais rien faire sans l'assentiment de son Éminence.

Voilà quelle a été leur déclaration.

La veille, tous les frères St-Jean se rendent à l'église pour les vêpres qui ont lieu à 6h. Ils sont escortés de deux chantres revêtus de leurs surplis et armés de pistolets qu'ils déchargent de temps en temps.

Les vêpres terminés, ils retournent au hameau du Conihout en procession. Alors le maître de cette charité venait chercher Monsieur le curé en voiture. Arrivé sur les lieux, il se revêtait du surplis et accompagné de tous ses frères en chaperons, il allait bénir le feu.

La bénédiction du feu terminée, ce bon Monsieur l'allumait. Aussitôt, on entonnait le Te Deum. Puis des danses et des contorsions vraiment fabuleuses. Pour clore la journée, Monsieur le curé dinait avec les frères chez le maître.
Le jour St-Jean, Monsieur le curé descendait avec son clergé chercher le pain bénit à un endroit distant environ de 300 mètres de l'église.



Puis l'office terminé, Monsieur le curé reconduisait processionnellement les frères St-Jean jusqu'à la grille du cimetière.

Monsieur le Vicaire général, ils s'attendent à tout, veuillez, je vous prie, me défendre toute espèce de cérémonie hors l'église. En leur communiquant la lettre de Monsieur le Vicaire général, ils ne souffleront pas mot.
Me faut-il leur défendre de danser autour le feu, revêtus de leurs chaperons.

Un main ajouta en marge : "il faut le défendre"'.

Les seigneurs du château

Le même jour, l'abbé Trouplin se fit un devoir de dénoncer auprès de ses supérieurs l'attitude de la famille Lepel-Cointet, propriétaire de l'abbaye et du palais abbatial. D'abord de qui est composée la famille ? Essentiellement de femmes. Aimé-Honoré Lepel-Cointet, qui fut maire de Jumièges, est mort voici trois ans quand Trouplin débarque dans son fief. C'est sa veuve, Esther Lettu, qui domine donc le clan. Vit aussi à l'abbaye sa bru, Désirée Rebut, dite Mme Éric. Celle-ci à deux filles dont il va être question plus loin, Marie-Madeleine, 10 ans, et Marie-Anne, 6 ans. Nous allons voir que les  propriétaires de l'abbaye se comportent en seigneurs de Jumièges. Ils ont leur chapelle privative à l'église et l'on va les chercher processionnellement le jour de l'Assomption. Ecoutons les doléances du curé et ajoutons au rouge quelques-uns des commentaires du diocèse.


Les enfants Lepel-Cointet dans le parc de l'abbaye.

Monsieur le Vicaire général, Permettez-moi tandis que je tiens l'affaire des usages, de vous entretenir quelques instants de coutumes concernant les personnes qui habitent à l'abbaye de Jumièges.
Ces dames ont fait présent d'une bannière de la Ste-Vierge à la confrérie des jeunes filles. Aussitôt, profitant de la bonté de Monsieur le curé, on a introduit l'usage d'aller chercher deux jeunes enfants de Mme Cointet jeune. Toute la confrérie des jeunes filles, bannière en tête, se rend à l'abbatiale et escorte les deux enfants jusqu'à l'église.  

Ceci n'a pu avoir lieu régulièrement que le premier jour.

Au jour de l'Assomption, les jeunes filles, bannière en tête, vont porter une couronne au château. Il paraît que le Suisse doit conduire ces dames jusqu'à leur chapelle où force saluts sont donnés.
Il faut quelques fois recommencer cette procession à plusieurs reprises quand ces dames n'arrivent pas ensemble.

Il faut faire tomber cet usage par degrés.

La distribution du pain bénit commence également par cette chapelle.
Chose presque incroyable, Monsieur le Vicaire général, Madame Lepel-Cointet mère n'a pas craint de me demander permission de venir faire passer un examen de catéchisme aux enfants de la première communion. J'ai dû esquiver aussi poliment que possible l'honneur que cette dame prétendait me faire.

Cette demande était inadmissible.

Je serai bien reconnaissant à Monsieur le Grand vicaire s'il veut bien me tracer une ligne de conduite à cet endroit...

L'embarras de l'abbé Houlière

On le voit, le nouveau curé entendait briser ce que son prédécesseur avait accepté de bonne grâce. Et le diocèse lui ordonna de ne plus bénir le brasier de la Saintg-Jean. Mais l'abbé Trouplin fit long feu à Jumièges. C'est le cas de le dire. Son ministère ne dura pas deux ans et, le 21 décembre 1876, il fut remplacé par Eugène Houlière. Celui-là, né à Yvetot, était manifestement plus fin lettré. C'était le cousin d'un homonyme qui, un temps curé de Yainville, avait écrit force poèmes dont Noter Dame D'Autertot, une chanson aussi populaire que le fut Ma Normandie.

En mai 1877, Houlière accueillit à son tour les pèlerins de Bliquetuit. La Semaine religieuse :

 Le pèlerinage votif de la paroisse de Notre-Dame-de-Bliquetuit à Jumiéges a eu lieu lundi dernier avec le concours ordinaire. Nos abonnés peuvent se reporter aux volumes 1872 et 1873 de notre collection pour connaitre les motifs de ce pèlerinage annuel. Il faut féliciter les habitants de Bliquetuit de ne pas céder à la mollesse qui caractérise notre époque et de faire courageusement vingt-quatre kilomètres pour vénérer les reliques de saint Valentin, bienfaiteur de leur paroisse au XIe siècle. Le maire marchait en tête des hommes, accomplissant fidèlement le vœu de la commune à cette époque si reculée. A la Messe solennelle, M. l'abbé Houlière, curé de Jumiéges, est monté en chaire et a fait une instruction solide sur la prière, si précieuse en tout temps. Après avoir vénéré les reliques de saint Valentin, les bons habitants de Bliquetuit, conduits jusqu'à la Seine par la procession de Jumiéges, sont retournés en chantant les Vêpres du jour et le Te Deum, heureux tous d'avoir accompli ce pieux pèlerinage.

En 1878, à une dizaine de jours de la Saint-Jean, l'abbé Houlière, désemparé,  se rapproche à son tour de ses supérieurs.

Jumièges, 13 juin 1878,

Monsieur le Vicaire général,

Les frères de la confrérie de St-Jean m'ayant manifesté le désir de faire le pain bénit le lundi 24 juin, jour de leur fête patronale, j'ai l'honneur de vous demander l'autorisation de bénir le pain qu'ils doivent offrir ce jour-là.
Je profite de cette occasion, Monsieur le vicaire général, pour vous prier de me donner de nouveau quelques avis et de me tracer ma ligne de conduite pour savoir :

1°) à quoi m'en tenir par rapport à certaines cérémonies de la confrérie de St Jean, et

2°) de quelle manière je dois procéder, soit avec les membres de cette confrérie, soit avec ceux des autres confréries.

Le curé ne bénit plus le feu

Ainsi, l'année dernière, vous avez eu la complaisance de me lire une de vos lettres à mon prédécesseur au sujet de leurs usages, j'ai tâché de mettre le tout en pratique, mais je crains qu'ils aient surpris ma bonne foi sur un point.
Dès là que le prêtre ne procède plus à la bénédiction du feu, et ne sort plus de l'église, il me semblait logique que la croix et la bannière de leur confrérie ne doivent pas non plus être apportées je ne dirai pas à la bénédiction du feu mais à la consomption de ce feu. Néanmoins, l'année dernière, comme ils m'affirmaient qu'ils l'avaient toujours fait, même dans le temps de M. l'abbé Trouplin (ils ne l'avaient peut-être pas consulté, car il s'en est fallu l'année dernière qu'ils n'enlevassent croix, bannières et chaperons sans que je m’en aperçusse), les voyant très irrités contre moi et sachant que toute la paroisse est pour eux, je me pris à leur répondre : Eh bien ! faites comme avec M. Trouplin pour cette année, mais pour l'année prochaine, je consulterai et je vous ce qui vous est permis.

Une fête très populaire

2°) Maintenant, Monsieur le vicaire général, comment m'y prendre avec eux ? Pour des motifs dont je parlerai plus tard, déjà une partie de la population m'est peu favorable. Or, cette cérémonie du feu de la St Jean attire en masse les paroissiens, non seulement de Jumièges, mais des environs, en sorte que si les frères, qui l'année dernière menaçaient, selon leur expression, de mettre bas leurs chaperons, prennent mal mes observations et exécutent leur parole, alors j'aurai contre moi la population entière.

Néanmoins, Monsieur le vicaire général, ne craignez rien quand il s'agira du devoir, avec la grâce de Dieu, j'exécuterai fidèlement vos ordres, remettant le reste entre les bras de la Divine Providence. Tout ce que je voudrais, s'il y avait moyen, ce serait dans l'intérêt de leurs âmes, de rester bien ou à peu près avec eux, tout en réformant les abus et j'avoue que ce sera difficile pour ne pas dire plus.

Veuillez aussi, je vous prie, Monsieur le vicaire général, afin que j'ai une réponse péremptoire, me renouveler le conseil ou la défense, comme vous l'avez fait pour M. Trouplin, de ne point assister à leurs réunions et repas...

Provisoirement, laisser comme l'année dernière sortir la croix et la bannière de la confrérie et tâcher de savoir comment les choses se passent hors l'église.

Un été passa. Quand un nouvel incident, vestimentaire celui-là, opposa les confréries au clergé...

La fronde des chaperons noirs

Jumièges, 14 septembre 1878

Monsieur le Vicaire général,

Je vous ai consulté, il y a quelques mois au sujet d'une innovation que les frères de St-Valentin voulaient introduire dans leurs insignes. Un dimanche matin, ils avaient surpris ma bonne foi en me donnant à bénir des chaperons noirs (chaperons qu'ils avaient confectionnés sans m'en prévenir) comme on voyait que c'étaient des chaperons teints et restaurés, je me contentai de leur demander si cela se bénissait d'ordinaire. Sur leur réponse affirmative, je les bénis.

Malheureusement, je pensai pas à leur demander s'ils en avaient déjà porté et dans mon idée je ne croyais que tolérer ce qui existait déjà et ne rien innover. Bientôt après, dans une inhumation, ils s'apprêtaient à mettre les chaperons noirs mais comme j'avais alors appris que jamais ils n'en avaient porté, je ne voulus pas leur permettre avant de vous avoir consulté. Ils furent mécontents ce jour-là, et encore plus lorsque je leur donnai connaissance de votre décision. Vos principales raisons, Monsieur le vicaire général, si vous vous le rappelez, étaient qu'il ne fallait rien innover dans ces confréries, que c'était déjà beaucoup de les tolérer, ensuite qu'ils ne pouvaient prendre un uniforme qui n'était pas le leur et enfin, raison locale, comme à Jumièges il y a trois confréries, les mêmes motifs pourraient pousser les frères du Rosaire et de St Jean à avoir aussi des chaperons noirs, et alors, il n'y aurait plus de distinction.

Dans leur mécontentement, ils auraient dit à ce qu'il paraît qu'ils m'attendaient à la prochaine inhumation. En effet, voici ce qui a eu lieu dimanche huit et lundi dernier 9 7bre.

Dimanche, après la grand messe, le maître de la confrérie de St Valentin vint me demander de nouveau si les frères pourraient mettre leurs chaperons noirs pour l'inhumation du 9 7bre. Je répondis que non. Sur ses instances, je lui fis remarquer que je pouvais, pour lui faire plaisir, désobéir à mes supérieurs. Il me répondit alors que s'il en était ainsi, plusieurs parlaient de se retirer, comme vous voudrez, dis-je, et ce fut tout pour dimanche.
Un défunt en otage...

Qui inhumait-on le 9 septembre 1878 ? Denis Guiot, un jeune douanier de 28 ans demeurant au bourg. Il s'était marié l'année précédente à Marie Augustine Sécard.
Léonide Maillard, le médecin de Jumièges, déclara le décès en compagnie d'Alphonse Beuriot, clerc de notaire, se disant tous deux amis du défunt.

Le lendemain, je m'attendais à être seul et sans eux. Pas du tout. Pendant que je faisais la levée du corps, un certain nombre de frères et parmi eux le maître, endossaient les chaperons noirs et ce fut en faisant baiser la croix, selon leur usage, que je constatai cette désobéissance formelle. Je protestai par quelques mots à demi-voix, ne voulant pas faire d'esclandre ni impressionner les assistants. J'ai dit plus haut plusieurs frères, en effet, le prévost (le second) et cinq ou six autres, tout en pensant comme les premiers, mais n'osant pas désobéir à ce point mirent et gardèrent leurs chaperons rouges tout le temps de la cérémonie, ce qui fit un contraste et une division que tout le monde put remarquer.

Quand tout fut terminé, et le public écoulé, je m'approchai de leurs bancs et leur dis à peu près ceci :
J'aurais manqué de sagesse et de bon sens si, au milieu d'une famille éplorée, j'avais causé du tumulte et du scandale en vous faisant quitter vos chaperons, mais après une telle désobéissance, mon devoir est d'en avertir qui de droit.
Après quelques pourparlers aussi calmes que possible de ma part, leur dernier mot fut qu'ils les mettraient encore à la prochaine inhumation ou qu'ils se démettraient. Leurs deux grands objections sont que je les ai bénis et ce que deviendront ces chaperons prohibés.


En conséquence, monsieur le vicaire général, je viens vous prier de me tracer ma ligne de conduite en cette affaire et dans le cas où vous leur poseriez le dilemme de s'abstenir ou de se retirer, qu'aurait-je à faire si, comme c'est probable, ils choisissent ce dernier parti.

Je vous demanderai aussi 1° la permission de bénir un pain que les frères du Rosaire feront probablement selon l'usage le 1er dimanche d'octobre.

et 2° si je puis bénir un petit pain pour une famille privée le jour où je dirai la Ste messe pour un enfant de 7 ans qui quittera ses vêtements bleus et blancs.

Avant de terminer, Monsieur le vicaire général, permettez-moi, afin d'éviter un retard de correspondance, de vous dire que Jumièges est bureau de poste...

Qui enterre qui...

A Rouen les autorités ecclésiastiques se soucièrent de savoir comment pourrait-on transporter les défunts sans le concours des confréries. Et puis quelle serait l'attitude du maire, Eugène Chrétien, le bien nommé. Houlière tourna mille fois sa plume dans son encrier...

Jumièges, 19 septembre 1878,

Je suis assez embarrassé pour répondre correctement aux deux questions que vous m'avez posées, néanmoins, je vais le faire, et d'abord pour la 1ère, savoir si j'ai les moyens de pourvoir au transport des corps dans le cas où les frères de St Valentin se retireraient, voici ce que je croix pouvoir vous dire :

1° Pour les inhumations du hameau de Conihout, il y a la confrérie de St Jean, sur ce point, pas de difficulté.

2° Restent les inhumations du reste de la paroisse. De droit, les frères du Rosaire ne vont qu'à celles des personnes non mariées, jeunes gens et jeunes filles. Il est vrai que, souvent, ils assistent aux autres inhumations quand les familles du défunt demandent ou 2 ou 3 confréries.

Maintenant, voudraient-ils se charger des autres inhumations à la place de St Valentin ? Je n'en sais rien, j'en douterais un peu et voici pourquoi. Voyant la confrérie de St Valentin tombée, il y a lieu de craindre que par opposition, ils ne veuillent pas la remplacer, attendu, j'en suis sûr, qu'ils prendront fait et cause pour elle. Du reste, eux-mêmes ont beaucoup à réformer, ils ne paraissent pas trop vouloir le faire et peu s'en est fallu, une fois déjà, qu'ils ne se soient retirés.
De plus, à parler franchement, je tiendrais à ne leur avoir d'obligation que le moins possible.

Les ruses du curé

Néanmoins voici, Monsieur le vicaire général, quel aurait été mon plan, dans le cas d'un retrait des frères de St Valentin. A la première inhumation, j'aurais prié les membres de la famille de demander, en leur nom mais pas au mien, aux frères du Rosaire pour porter le corps. Si ceux-ci acceptaient, rien de plus à faire pour le moment, si au contraire ils refusaient, j'aurais essayé d'introduire provisoirement l'usage de faire porter le corps du défunt par ses pairs : un homme par des hommes, une jeune fille par des jeunes filles etc. comme cela se fait en plusieurs endroits.

Si par opposition, mauvaise volonté ou vraie impossibilité on ne voulait pas de cette méthode, alors, comme je crois que c'est à la commune en résumé à fournir les porteurs et à faire enlever ses morts, en dernière ressource, j'aurais été voir M. le maire ou je lui aurais écrit pour me donner aide et secours en ces circonstances.

J'ai dit plus haut : introduire provisoirement car j'ai encore une arrière pensée, si parfois les 3 confréries venaient à tomber. Pour qui connait les lieux et l'étendue de la paroisse, il est incontestable qu'un char serait bien préférable, mais ce serait une grave affaire.

La partie de la population qui n'a aucun rapport, soit avec les membres du conseil municipal, soit avec les confrères serait certainement de mon avis, mais les frères, par mécontentement, le conseil, par intérêt mal calculé, pousseraient je le crains les hauts cris. Mais je suis persuadé qu'une fois introduite, l'affaire en peu d'années serait bien reçue.

Et le maire dans tout ça ?

Maintenant, Monsieur le vicaire général, j'arrive au second cas : si les frères se retirent, est-ce qu'il y a à prévoir des difficultés envers Monsieur le maire ? C'est là surtout mon embarras. Je suis en très bons termes avec Monsieur le maire mais mes rapports avec lui ne sont pas intimes, ils sont seulement de convenance et de politesse. Je lui ai lui ai fait, par nécessité  ou urbanité un certain nombre de visites, toujours il m'a reçu avec respect et simplicité, mais presque jamais il me les a rendues. Est-ce manque d'éducation, parti pris ou timidité ? Je pense que la timidité y est pour beaucoup. Cette appréciation générale vous étant donnée, je crois qu'il serait désolé personnellement de me faire opposition, mais en toutes choses, il n'ose pas aller trop vite de peur de se compromettre et s'il fallait se prononcer en quelque alternative, je crois qu'il se met avec la majorité de son conseil, il serait fâché de le contrarier. Toutefois, Monsieur le vicaire général, je ne juge ainsi que sur le passé et par les apparences je ne puis vraiment prévoir si dans le cas qui nous occupe il trancherait carrément pour moi ou contre moi.

Pour être absolument sûr de ses intentions, il faudrait le voir lui-même et lui faire entrevoir l'affaire. Soyez assez bon, Monsieur le vicaire général, pour me dire quand le moment sera opportun de faire cette démarche. Soyez aussi, je vous prie, assez indulgent pour m'excuser si je suis top long dans mes explications, et pour m'avertir si je vais trop loin dans mes projets, je désire ne marcher que d'après vos conseils...

Rapport sur les confréries de Jumièges

L'année suivante, l'abbé Houlière se fendit d'un rapport détaillé sur les confréries de Jumièges qui nous renseigne avec précision sur leurs coutumes et leurs (mauvaises) attitudes...

Jumièges, 4 mai 1879,

Monsieur le Vicaire général,
J'ai l'honneur de vous adresser le rapport dont je vous ai parlé plusieurs fois, au sujet des confréries existant dans ma paroisse, et comme je crois savoir que vous désirez être renseigné sur tous leurs usages, bons et mauvais, je vais vous dire aussi exactement que possible toutes leurs manières d'agir, laissant à votre sage appréciation de distinguer ce qui a dégénéré en abus, d'avec ce qui est permis. Vous pourrez voir également selon mes expressions ce que je considère comme seulement douteux :

La place de chacun

1) Je ne connais pas toutes leurs rubriques pour prendre ou quitter leurs chaperons, ou seulement le déposer sur le bras, ni quelles prières ou paroles il faut prononcer, mais je suis certain que la dessus, ils ont certaines règles à suivre, de même pour le rang entre eux, l'ordre à garder, etc.

2) Chaque confrère a sa place marquée dans l'église. La confrérie de St Valentin faisant sur les bancs faisant suite au chœur dans le haut de la grande nef.
La confrérie du Rosaire dans la chapelle de la Ste Vierge, la confrérie de St Jean-Baptiste dans la chapelle de ce nom.


La chapelle St-Jean. C'est là que siégeaient les frères de la plus ancienne confrérie de Jumièges. (Photo : Laurent Quevilly)


                                               1° offices ordinaires


3) Si pour la procession, il y a au moins un frère d'arrivé dans n'importe quelle confrérie, il prend la croix. S'il y en a deux, l'un la croix, l'autre la bannière, s'il y en a plus de deux, les autres suivent en rang, chacun sa confrérie. Quand le maître et le prévost sont là, c'est à eux qu'incombe la fonction de porter la croix et la bannière.

4) Ajoutez ordinairement la bannière et la croix de la fabrique toujours portée par des fabriciens, et la bannière des demoiselles portée par une d'elles, et accompagnée de celles qui sont arrivées.

5) Comme il n'est pas rare qu'à ce moment là, je n'aie qu'un chantre ou deux, et 3 ou 4 enfants, voici alors exactement la forme de la procession.


Suisse
Bedeau
Bannière de St Jean
Croix id
Bannière du Rosaire
Croix id
Bannière de St Valentin
Croix id
Bannière des demoiselles
acolyte acolyte
1er enfant 2e enfant
3e id 4e id
chantre chantre
M. le Curé
En sorte que pour six ou huit personnes, rangées en deux  lignes, vous avez onze personnages marchant en dignitaires l'un derrière l'autre. Pour tout avance, je dirai que cela ne déplait pas aux gens de Jumièges et qu'ils trouvent même beaucoup de solennité dans ces croix et bannières.


C'est la seule photographie que nous ayons d'une procession dans les rues de Jumièges. En existe-t-il d'autres ?

Au moment de l’Évangile, un maître d'une des confréries vient au coin de l’Évangile, portant la croix retirée du montant, accompagné de deux frères avec chacun un cierge qu'ils allument en ce moment, puis l'évangile chanté, le maître fait baiser la croix au célébrant et aux chantres, pendant que celui-ci monte en chaire ou entonne le Credo. Ensuite, pendant le chant du Credo, chaque maître des trois confréries fait baiser la croix à tous les membres de sa confrérie et lui-même en fait autant à la fin.

7) J'ai dit tout à l'heure qu'au coin de l’Évangile venait une confrérie, ce n'est pas toujours la même. Ordinairement, c'est la confrérie de St Valentin. Dans les fêtes de la Ste Vierge, c'est celle du St Rosaire, aux fêtes de St Jean Baptiste, celle de ce nom.

8) Pendant le Credo, chaque confrérie députe un frère pour nous quêter et souvent la quête finissant de la consécration à la communion, on est troublé par le bruit des sous et centimes que remue le frère en comptant sa quête.

9) Pendant le Canon, deux ou quelquefois quatre frères viennent au bas du sanctuaire, chargés d'une longue torche, ou plutôt d'un perche de bois au haut de laquelle est enroulée de la bougie appelée communément queue de rat qu'ils allument pour ce moment et ils s'en retournent après le Pater.

10) Quant aux Vêpres, sauf quelques solennités dans l'année, ils ne sont pas forcés d'y assister, mais les frères du Rosaire, le 1er dimanche du mois, doivent prendre part à la procession de la Ste Vierge où l'on chante ses litanies.
Aux frères du St Sacrement, les frères qui ne portent ni la croix ni la bannière ni le dais ont des cierges allumés, et marchent non pas autour du dais, mais auprès des bannières respectives de chaque confrérie.

11) Aux processions de quelques fêtes de la Ste Vierge et à celles du pain bénit, ils portent également des cierges allumés et de la même manière.



12) Je dois aussi malheureusement constater que pendant les offices, leur conduite n'est pas toujours édifiante. Ainsi il n'est pas rare de les voir causer entre eux longtemps et d'une manières persistante, quelquefois scandaleuse. Les frères du St Rosaire surtout sons sur ce point les moins raisonnables, ceux de St Valentin ensuite et en dernier lieu ceux de St Jean Baptiste dont j'ai très peu à me plaindre pour le manque de silence.

13) Lorsqu'un membre manque à un office obligé par  leurs règlements, il paie une amende destinée aux repas que les confréries font à l'occasion de leurs pains bénits (voir plus bas n° 28)

2° Inhumations

14) Pour chaque inhumation, sauf ordinairement celles des enfant tout jeunes, il y a, selon le désir de la famille, une, deux ou trois confréries.

15) Il n'est pas nécessaire, d'après leurs règlements, que les membres partent de l'église pour aller à la maison mortuaire, il suffit qu'ils s'y trouvent à l'heure fixée pour la levée du corps. La encore, ils ont certaines rubriques à observer que je ne connais pas toutes, mais le De profondis récité, le prêtre doit faire baiser à tous les membres présents, quelque soir le nombre de confréries. Cela fait, on part pour l'église, chaque confrérie faisant porter sa croix sans montant avant le clergé.

16) Si le défunt est un membre de quelque confrérie, un ancien frère, un fabricien ou un ancien fabricien, non seulement on porte des croix, mais encore les bannières, et comme chaque confrérie a deux bannières, la vieille et la neuve, il n'est pas rare de voir porter deux, trois, quatre et cinq bannières, surtout pour se rendre au cimetière.

17) Pendant l'office des inhumations, il y aura autour du corps autant de croix que de confréries, plus une quand le défunt est ou a été frère, ou deux, trois, quatre croix quelquefois et même cinq, autant de fois deux cierges et autant de fois deux bâtons de confréries qu'il y a de confréries. Les bâtons, en haut desquels brûle une queue de rat, sont endigués dans des traverses de bois plus ou moins solides et en tout cas de fort mauvais effet.

17 bis) C'est vers le moment de la prose que les frères font leur quête, alors que souvent c'est après l'offertoire qu'elle se fait ailleurs. Je ne sais pas si elle a toujours été ainsi.

18) Après l'absoute, on va au cimetière, cette fois les croix avec leurs montants, bannières à l'occasion, et torches garnies de queue de rat. Puis le corps étant dans la fosse et le prêtre ayant jeté l'eau bénite, les frères commencent immédiatement à couvrir le cercueil. Ici encore, il ont, à ce qu'il paraît, quelques prescriptions particulières à observer jusqu'au complet achèvement de la tombe. Je ne puis être entièrement au courant, attendu qu'à ce moment, le clergé rentre à la sacristie. Je crois cependant que là dessus, notamment jusque dans la manière de placer leurs pelles, il pourrait bien y avoir quelques idées superstitieuses.


19 et 20) Quoique que quelquefois j'aie eu à me plaindre de leur tenue et du manque de silence, pendant les inhumations, je dois à la vérité cependant de dire que ces faits ont été rares.

21) Dans toute inhumation, sauf celles gratuites, chaque confrérie perçoit un droit ou rétribution destinée à couvrir les frais des repas, je devrais dire les ripailles, que les frères font à l'occasion de leurs pains nits.
Cette indemnité, malheureusement, tend à monter et les frères ne sont pas du tout fixés quant au prix. J'ai déjà reçu quelques plaintes à ce sujet. Ainsi autrefois chaque confrérie percevait 5F pour un cercueil ordinaire, 10F pour un cercueil en chêne, maintenant sus prétexte de faire payer le drap des morts, les confréries de St Valentin et du Rosaire généralement exigent 12F. Parfois, ils ont prix 15F. Et j'ai même connaissance d'un fait où ils ont pris 20F. En un mot, ils n'ont d'autre loi que leur arbitraire.

La bannière des frères de St Jean (Photo : Laurent Quevilly)

22) Règle générale, après chaque inhumation ils vont au café et dépensent une partie de leur recette. Il n'est pas rare que plusieurs s'enivrent en pareille circonstance, surtout quand c'est un frère qui est décédé. Le 27 mars, dernier, ça été un vrai scandale.

3° pains bénits


23) Comme vous pouvez le voir, Monsieur le Vicaire général, je vous demande permission pour cela. C'est qu'en effet, 8 à 10 fois par an, il y a pain bénit de confrérie.
Les frères du Rosaire en font au moins 4.
Les frères de St Valentin en font 3
Les frères de St J. Baptiste-------2
Les frais de ces pains bénits, y compris une norolle que chaque membre porte dans sa famille, les fleurs, les bouquets etc. sont payés par le produit des quêtes qu'ils font à l'église.
Permettez-moi, Monsieur le Vicaire général, de vous faire un tableau où j'ai marqué de cinq ans en cinq ans, la dépenses des susdits pains bénits et où vous pourrez voir la progression.

Confréries de...
années St Valentin St Rosaire St Jean
1805
17 francs 6
1810
18 6
1815
14 5
1820
18 8
1825
24 8
1830
24
1835 16 francs 18 19
1840 34 35 15
1845 46 46 15
1850 45 11F (pour Noël) 41 (pour 4)
1855 53 50F (pour 4) 17
1860 45 51
1865 50 63 34
1870 80 80 36
1875 66 66 42
1876
78
1878 61 52 38

24) Souvent la dépense des pains bénits dépasse la moitié de leurs quêtes, et c'est seulement depuis la grande Révolution que j'ai constaté sur leurs registres le pain bénit marqué au nombre des dépenses.

Ils prennent la tasse

25) Il est à remarquer aussi que ce qu'ils appellent la tasse des filles est versé  à la caisse du Rosaire, ce qui augmente leur produit. Les Demoiselles n'en sont pas plus contentes, attendu qu'elles ne peuvent faire aucun don à l'église comme venant de leur propre quête. Leurs recettes dépassent celles de la confrérie du Rosaire et couvrent parfois les dépenses de celle-ci. Je dois avouer que de tout temps, les frères ont joui du privilège de cette tasse, mais c'était une jeune fille prise isolément qui quêtait. Il n'y avait point de société de demoiselles en exercice, tandis que maintenant cela leur coûte beaucoup de faire ce versement entre les mains des frères.

26) Cette tasse elle-même peut donner lieu à plusieurs abus, ainsi c'est une jeune fille, souvent parente des frères, qui conserve la quête totale de l'année en son domicile. 

27) A Chaque pain bénit, en plus du frère qui quête, il y a toujours une ou deux quêteuses pour la même occasion.

28) Avec les pains bénits des confréries ont toujours lieu des repas chez le maître. A ces réunions, il est mangé une quantité considérable de viande et bu beaucoup de liquides, cidre, vin et hélas ! eau-de-vie. Ces repas durent souvent une partie de la nuit. Quand vers minuit ils chantent ce qu'ils appellent pain bénit, il y a encore là, je crois, quelque superstition. Suivant la saison, ils achèvent la nuit à danser ou à chanter. Deux fois notamment, aux fêtes de la confrérie du Rosaire, 1er dimanche d'octobre 1878 et 2 février 1879, le maître de la confrérie demeurant près du presbytère, je les ai entendus vociférer toute la nuit. Selon l'époque, ces réunions pour un seul pain bénit durent un, deux ou trois jours.
Ces repas se paient 1) avec les amendes encourues par les frères, 2) avec le produit casuel des inhumations et, de plus, le maître est tenu de fournir le bois, la lumière, les nappes, la vaisselle etc.

Saouls dans l'église

29) Je me suis expliqué facilement pourquoi le lendemain de leur fête patronale respective ils tenaient tant à me faire célébrer le service qu'à 10 heures, c'est qu'ils n'avaient que quelques heures pour se reposer. Notez qu'après le service, ils recommencent un nouveau repas.

30) Quelque fois, ils se permettent de dîner à l'hôtel ensemble et à leurs frais, disent-ils, mais ils n'en sont pas plus sobres. Ainsi, le 8 décembre 1878, les frères du Rosaire, ayant dîné à l'hôtel, sont rentrés pour les complies et la procession de la Ste Vierge tellement avinés que le porte-bannière et le porte-croix allaient tout de travers, et que les autres criaient les litanies à tue-tête.

31) A la cérémonie de la St Jean, le prêtre, vous l'avez défendu, ne va plus au feu, mais les frères continuent l'usage d'y aller en procession avec la croix, la bannière, leurs chaperons et deux ou trois chantres revêtus du surplis. Là, on chante et on allume le feu, tout comme avec le prêtre, le peuple fait trois fois le tour du feu. Avec ou sans superstition, beaucoup enlèvent précieusement quelque tison pour le porter chez eux, le croyant sans doute bénit.
Cela fait, et les frères rentrés en la maison du maître dans le plus grand ordre, l'assemblée qui se tient dans sa cour commencent aussitôt danses, loteries, boutiques de marchands etc.

4° Observations générales

32) Les trois confréries, surtout celles de St Valentin et du St Rosaire, ont une tendance marquée à agir sans l'assentiment de Monsieur le curé, à se débarrasser non pas de son joug mais des droits qu'il peut avoir sur elles. On croirait même que parfois, les frères ont leur curé en défiance et suspicion. Je dis donc qu'ils ne prennent pas toujours conseil de leur curé. Ainsi, les frères du Rosaire à la Purification dernière ont reçu un frère s'en m'en parler et ceux de St Valentin, après avoir fait porter les chaperons à trois frères nouveaux pendant un mois environ, m'ont ensuite demandé de les admettre. Un de ces trois frères avait été en prison et je ne l'ai admis que sur leur demande écrite que je conserve.


La bannière des frères de St Valentin (photo : L. Quevilly)

33) Comme preuve du n° 32, vous avec su, Monsieur le vicaire général, comment les frères de St Valentin en étaient venus à porter des chaperons noirs, ce qu'ils n'avaient jamais fait, et je n'ai pas même eu la peine de leur parler de votre décision provisoire, attendu qu'ils ne m'ont pas demandé mon assentiment.

Ils boudent la messe

34) Sans vouloir attaquer leur conduite, il est certain que sur presque tous on trouverait quelque chose à dire. Les uns sont frères uniquement à cause des repas qui se font aux pains bénits, d'autres, malgré les amendes, viennent rarement à la messe et là-dessus il est facile de voir que certains, avant d'être frères, n'y venaient pas et quand il ne le sont plus n'y viennent presque plus. D'autres enfin, mais c'est le petit nombre, sont connus pour leurs habitudes d'ivrognerie ou pour leur mauvaise conduite et pour conclusion je puis dire que, sauf une ou deux exceptions, personne parmi eux ne fait ses pâques.

35) Si, comme je l'ai dit au n° 32,  ils ont une tendance à se défier du prêtre, par contre, ils ont une grande propension, pour la moindre chose, à aller se plaindre à Monsieur le maire. De sorte que souvent ce magistrat est obligé d'être au courant de choses qui à proprement parler ne le regardent pas. Du reste, là-dessus, en plus des frères, il est encore le confident de toute la paroisse. Ceci pourra faire l'objet d'observations spéciales.

Des gestionnaires indélicats


36) L'argent de chaque confrérie est sous la responsabilité du maître. Est-il toujours en sûreté ? Je n'oserais l'affirmer, attendu qu'en eux, certains frères se soupçonnent mutuellement. Ainsi, cette année, dans la confrérie de St-Jean, un ami du maître sortant, d'accord avec ce dernier, est venu m'avouer qu'il ne croyait pas que chez le nouveau maître l'argent fut bien place et qu'il ferait peut-être bien de le garder, puis, chose curieuse, le nouveau maître à son tour s'est plaint à moi qu'on ne lui remettait pas l'argent qu'il y avait droit, que si tel et tel le gardaient, c'était pour leur commerce etc. Bref, on parlait de part et d'autre de se démettre.
Du reste, dans cette confrérie, il y a eu un certain nombre d'années où la reddition des comptes n'a pas été régulière.

37) Dans la confrérie du Rosaire aussi, quelques redditions de compte ont été faites avec deux, trois ou quatre années en retard, mais c'est déjà ancien. Ce qui est plus récent, ce sont certaines rumeurs qui parfois ont circulé et où on les soupçonnait d'avoir pris pour leur repas sur le produit des quêtes. Puis, au commencement de février de cette année, ils se sont plaints d'un vol dont ils prétendaient avoir été victimes et qui ne paraît pas plus prouvé. Ici encore, la loyauté du maître paraissait mise en doute.

38) Avant de terminer, je dois avertir en toute sincérité, Monsieur le vicaire général, que ce qui est relaté ici pour Jumièges, existe pareillement, à peu de choses près, dans les paroisses circonvoisines, avec cette différence que celles-ci n'ayant qu'un confrérie, ont deux ou trois fois moins d'inconvénients.
Telles sont, Monsieur le Vicaire général, les considérations que je crois devoir vous faire avant le passage de Monseigneur le Cardinal afin que son Éminence mise au courant des us et coutumes des ces confréries puisse en juger en connaissance de cause...

Toujours les mêmes abus


Ce rapport étant fait, Houlière vit approcher un nouveau feu de St Jean avec appréhension. La confrérie n'entendait pas renoncer d'un pouce à ses prérogatives. Mais d'ici là, on accueillit le cardinal de Bonnechose. Compte-rendu de La Semaine religieuse.

Le dimanche 25 mai, Son Eminence s'est rendue dès le matin dans la paroisse de Jumiéges, où, depuis son passage en 1874, un presbytère a été construit près de l'église. Monseigneur le Cardinal a, le matin, assisté à la Grand'Messe, célébrée par M. l'abbé Potel, chanoine honoraire, supérieur du petit Séminaire. Après midi, il a imposé les mains à 191 enfants de Jumiéges, d'Heurteauville, du Mesnil-sous-Jumiéges, du Trait et d'Yainville.

A l'ombre des ruines majestueuses et des grands souvenirs de Jumiéges, que de pensées traversèrent l'esprit durant cette simple cérémonie! Jumiéges fut un jour la terre dés saints. Oserait-on dire qu'elle est devenue la terre des ruines ? Non, la vie circule toujours sur cette rive de la Seine, et l'affluence des fidèles pressés autour de Monseigneur le Cardinal atteste que la foi des Philbert, des Eucher, des Hugues, des Thierry, n'y est pas éteinte et peut encore faire son œuvre.

Le Mesnil-sous-Jumiéges devait, le soir, recevoir la visite de Son Eminence. La reconstruction de l'église, commencée il y a quelques années, est maintenant achevée. C'est un petit édifice bâti dans une position charmante, sur une êminence d'où il domine la vallée de la Seine, au sein d'un océan de verdure qui l'entoure de toutes parts. Ses proportions modestes, son plan régulier de croix latine, la simplicité de. son ornementation, son berceau de bois, plaisent aux yeux; une série de verrières avec personnages, médaillons ou grisailles, sorties des ateliers Dalleinne de Rouen, parent aujourd'hui toutes ses fenêtres à plein cintre.

Nouvelle lettre de l'abbé Houlière !

Jumièges, 16 juin 1879,

Monsieur le vicaire général,



Les membres de la confrérie de St Jean m'ont demandé hier pour bénir un pain qu'ils désirent offrir le mardi 24 juin courant. D'après le rapport sur les confréries de Jumièges, rapport que vous avez entre les mains, vous pourrez vous rendre compte de leurs usages en cette circonstance, c'est à dire que :

1°) la veille, ils demandent à ce qu'on leur chante les 1ères vêpres de St Jean à l'église, à l'heure de leur commodité. A cela, je ne vois d'inconvénient, pour cette année. L'année dernière, il est vrai, ils avaient la prétention de me faire chanter les premières vêpres, une seconde fois, c'est à dire après l'office paroissial, de recommencer pour eux, vers 6h du soir, ce que je n'ai point jugé à propos de faire.


Bannière de la confrérie du St Rosaire (photo : L. Quevilly)


2°) après les vêpres, ils prennent croix, bannières, chaperons, ont à l'avance invité un ou plusieurs chantres de Jumièges ou des environs, puis s'étant rendus à la maison du maître, où doit se faire le feu, ils y vont processionnellement, l'allument, chantent Ut queant laxis, le Deum et je ne sais plus quoi encore. Le peuple tourne trois fois autour du feu, et le supposant bénit, emportent chez eux des tisons pour les conserver.

Qu'il manifeste sa désapprobation et leur laisse apercevoir la perspective d'un règlement qui pourra défendre ces actes.

Les frères étant de retour à la maison du maître commencent leur repas maigre jusqu'à minuit et aussitôt commencent aussi les danses et l’assemblée dans la dite cour. 

3°) Le jour de la fête, pain bénit à la grande messe et repas chez le maître, en gras.

4°) Le lendemain, service pour les membres défunts de la confrérie et ensuite repas chez le maître en gras.

Daignez, en conséquence, Monsieur le vicaire général, m'indiquer s'il faut continuer comme par le passé et me tracer ma ligne de conduite...

Confrérie de St Valentin

Je n'ai pas encore reçu de demande, mais il est probable que les frères de St Valentin me demandent pour bénir un pain :

1°) le jour de St Pierre, second patron de la paroisse, c'est la fête publique du pays à cause de l'abbaye de St-Pierre de Jumièges.

2°) Le 2e et le 3e dimanche de juillet à cause, paraît-il, d'une translation des reliques de St Valentin, je crois même qu'on en faisait l'office autrefois, cette fête s'appelait la St Valentin d'été.
Il va sans dire qu'à ces deux fêtes, il y a repas chez le maître avec prolongation comme je vous l'ai dit, Monsieur le vicaire général, afin d'éviter des demandes coup sur coup, je vous prie, Monsieur le vicaire général, de m'accorder de bénir ces pains si vous le jugez à propos...

Demander communication des règlements des confréries dont il y a lieu de se plaindre. Demander cela gentiment. S Em. verra s'il peut les approuver.

Les libations continuent

Deux ans plus tard, on en est toujours au même stade. Voici une nouvelle Saint Jean...


Jumièges, 16 juin 1881

Feu de la St Jean

Monsieur le vicaire général,


Les membres de la confrérie de St Jean Baptiste sont venus me demander, selon leur usage, de bénir le pain qu'ils désirent offrir le 24 juin.

Comme conduite à l'église, c'est cette confrérie qui me donne le moins de tracas. Mais il y a toujours comme vous savez leur opiniâtreté à vouloir prendre la croix et la bannière pour les cérémonies du feu de St Jean qu'on ne bénit plus la veille au soir.

Ils sont donc là, avec croix et bannière et portant chaperons. Quelques chantres de Jumièges et des environs y assistent aussi mais sans surplis.

Tant que dure ce qu'il y a de religieux dans cette cérémonie, j'ai entendu dire que cela se passait relativement bien. Les fidèles qui viennent vers la fin adorer la croix que la maître leur présente à baiser le font paraît-il précieusement et sans moquerie.
Mais je crois vous avoir dit, Monsieur le vicaire général, qu'aussitôt la cérémonie religieuse terminée, commençait dans la cour même l'assemblée de St Jean, toutefois un peu écartée du feu.

Comme j'ai d'autres griefs à reprocher aux autres confréries, jugez, Monsieur le vicaire général, si dans les circonstances actuelles pour moi, on ne peut pas encore tolérer pour cette année, quitte plus tard à prendre des mesures à l'égard de toutes les trois confréries.
D'ailleurs pour le pain bénit du 24, à l'église, je ne vois aucun inconvénient à ce que vous l'accordiez.

J'ai reçu votre lettre du 10 courant et vous pouvez compter sur mon entière discrétion...


Une confrérie "saoule-perdue" dans les ruines de l'abbaye...


Rapport supplémentaire sur les confréries de Jumièges

Le feu consummé, l'été arrivé, l'abbé Houlière se crut dans l'obligation de transmettre à sa hiérarchie un rapport additif à celui qu'il avait pourléché deux ans plus tôt...

Jumièges, 6 août 1881 

Monsieur le vicaire général,


J'ai eu l'honneur, le cinq mai 1879, de vous remettre un rapport pour les confréries de Jumièges que vous avez conservé, je crois. Aujourd'hui, je vous  vous envoie un supplément sur le même sujet, mais comme j'avais divisé mon rapport par numéros, si vous voulez me le permettre, Monsieur le Vicaire général, je vais baser mon supplément sur cet ordre, à mesure que je vais avoir quelque  détail nouveau à fournir. Si par hasard vous n'aviez plus ce rapport, je vous saurais gré de me le faire savoir immédiatement et je le recopierais pour vous le faire parvenir promptement car je crains que vous ne preniez bientôt vos vacances.

Avant d'entrer en matière, je dois vous dire en général :

1) qu'il n'y a pas un mot à changer au 1er rapport et que tout est encore malheureusement trop vrai, peut-être, peut-être même est-ce pire sur certains points comme vous pourrez en juger.

2) que les frères n'ont absolument rien fait de ce que Monseigneur le Cardinal leur a demandé à la confirmation 1879. J'arrive maintenant aux articles particuliers.

Le pèlerinage de Bliquetuit


Article 8. Je suis encore assez souvent distrait par les frères, comptant leur quête aux moments les plus solennels, comme l'élévation ou la communion, ils reçoivent parfois mal le Suisse qui les avertit.

Article 9. Ils y viennent rarement maintenant.

Article 11. Ils portent également des cierges allumés à la procession des fonts des fêtes de Pâques et de la 1ère communion.


Article 12. Toujours même bavardage pendant les offices, les instructions etc., et même insubordination quand le Suisse les avertit. J'ai surtout à citer plusieurs faits de révolte ouverte. Chaque lundi de Pentecôte a a lieu à Jumièges le pèlerinage de Bliquetuit qui se fait très bien. Mes confréries tiennent beaucoup à fraterniser avec celles de Bliquetuit et comme le clergé de Jumièges ne va pas au devant de pèlerinage et ne le reconduit pas au retour, j'ai naturellement défendu aux confrères de le faire et toujours elles l'ont fait ! (Il est vrai qu'une année, ils ont ôté leurs chaperons). Cette année, notamment la paroisse de Bliquetuit était partie plus tard à cause du mauvais temps, elle est arrivée alors que mon office était commencé et que l'on chantait tierce. Or, malgré moi, les frères ont quitté l'office commencé pour aller au devant de ceux de Bliquetuit, ce qui a mis le désordre dans l'église. Puis, à midi, heure du départ, après le temps de repos donné par M. le curé, ils les ont accompagnés à la sortie assez loin, revêtus de leurs chaperons, en ayant l'air de me narguer. Ensuite, la confrérie du Rosaire est allée boire au café, quant à celle de St Valentin, elle avait suffisamment bu avant le départ et plusieurs membres d'entre eux étaient, sinon tout à fait ivres, du moins déjà en bon chemin de l'être. (voir plus bas n° 16).




Art. 13. Quoiqu'ils aient une amende pour manquer à la messe, il n'y viennent pas plus souvent pour cela, attendu 1° qu'on peut se faire remplacer et dans ce cas l'amende n'a pas lieu et 2° que l'amende a pour eux un bon côté car plus il y a d'amendes, plus il y a forte ripaille.

Art. 15 De la maison à l'église, ils portent la croix sans montant.

Art. 16. Les inscriptions en drap d'or, prohibées par l'art. 225 des directives sont toujours restées gravées sur le drap des morts, malgré l'ordre formel de les retirer qui leur a été donné par Mgr le cardinal. De plus, ils ont continué de porter plusieurs fois des bannières aux inhumations, notamment la confrérie du Rosaire, le 16 février 1880, malgré ma défense, ils m'ont répondu qu'ils allaient la porter tout de même, que Monseigneur le Cardinal leur avait permis de continuer leurs vieux usages, ce qui est faux.


Art 17.
Toujours la même chose, la croix souvent mal placée.  

Un scandale financier

Art. 20 et 21. Ils tendent de plus en plus à hausser leurs prix. Le 20 octobre 1879, chaque confrérie a demandé  20F, total 60F et ce jour-là, elles n'avaient rien à faire. C'est surtout dans les transferts qui se font à Jumièges qu'ils réclament des sommes exagérées. Dans les transferts qui se ferait de Jumièges ailleurs, je comprendrais un prix double, parce qu'alors, il faudrait aller de la maison mortuaire à l'église et de l'église aux limites paroissiales, mais ce n'est pas le cas ici. On vient à Jumièges, parfois un char vient jusqu'à l'église et ils prennent le double ! alors qu'il n'ont rien à faire, ou bien que la distance aux limites est moindre que d'aller aux maisons mortuaires. Ainsi, le 10 juin 1879, le 16 février 1880, le 26 février 1881 etc. on a pris 20F, même sans transfert. Ils prennent aussi quelquefois 20F, 15F par confrérie et c'est trop, aussi les familles se plaignent-elles et une est encore en litige et ne veut pas payer à ce taux-là.

Art. 24. En 1879, la confrérie de St Valentin, sur un avoir de 93F a dépensé 97F dont 58F40 pour pains bénits.
En 1880, sur un avoir de 74F a dépensé 73F dont 36F40 pour pains bénits.
En 1879, la confrérie de St Jean Baptiste sur un avoir de 278F a dépensé 86F60 dont 46F pour pains bénits.
En 1880, sur un avoir de  247F à dépensé 62F75 dont 45 pour pains bénits.
En 1879, le maître en exercice de la confrérie du St Rosaire a dissipé les fonds, c'est-à-dire 1° le boni de 140F qui lui avait été remis, 2° le produit des quêtes du Rosaire et des Demoiselles pendant sa gestion puis 3° autre genre de comptes : le produit de leurs amendes et des rétributions d'inhumations, avec quoi ils font leurs repas. Toutefois, il avait payé une partie des pains bénits et une partie de leurs fameuses ripailles, mais pas tout. Aussi qu'est-il arrivé ? Je vois au compte de 1880 :
1° comme recette 283F, dont 106 de quêtes des demoiselles, mais les frères n'ont pas dû quêter 177F, sans doute qu'une partie du compte précédent à réchappé au naufrage.
2° sur les dépenses montant à 211F, je vois
45F45 pour pains bénits
6F pour payer une somme que le boucher réclamait comme  restant due par le maître indélicat
11F de café, eau-de-vie etc. le lundi de Pentecôte 1880 que n'avait pas payés le même individu.
Ces deux dernières sommes, si les frères avaient un tant soit peu d'honneur, auraient dû être payées avec leurs amendes etc. et non avec les quêtes de l'église.

Art. 25. Toujours même iniquité. Ainsi, en 1878, les frères du Rosaire, sans parler du boni de 130F, n'ont quêté que 44F tandis que les Demoiselles ont quêté 110F. Les frères ont dépensé pour pains bénits 52F sans parler des autres dépenses. Vous voyez donc comment en tout, même pour leurs réjouissances, ils prennent à même la tasse des filles.

Art. 26. Cette année, c'est la fille elle-même du maître du Rosaire qui possède cette tasse. Je ne dis pas que celui-ci fera comme le maître d'il y a deux ans, mais ce que je sais, c'est que généralement dans le pays, il ne pas pas pour être bien solvable. Je sais une dette qu'il n'a jamais payée et particulièrement pour la fabrique, il est redevable pour son banc de 4 ans en arriéré et on n'a jamais pu lui relouer en 1879.

Neuf seaux de cidre !


Art. 28. Toujours même abus des repas. Ainsi, on m'a cité une cérémonie de pain bénit où en deux repas on à bu 9 seaux de cidre.

Art 31. On fait toujours la même chose.



Art. 34. Comme par le passé, plusieurs boivent, battent leur femme ou se conduisent pas. De tous, un seul fait ses Pâques et ce n'est pas à titre de frère.

Art 36. J'ai toujours la même crainte au sujet de leur argent. Ils se sont tous plaints d'avoir été volés, mais longtemps après coup, et sans m'en parler au moment : cela me paraît bien obscur. De plus les maîtres emploient parfois l'argent à leur usage et à leur commerce, ainsi celui de St Jean-Baptiste qui a rendu ses comptes le 11 janvier 1880, a emprunté, je le sais, 80F à sa sœur pour pouvoir rendre ce qu'on lui avait confié. Quand aux deux maîtres actuels de St Valentin et du St Rosaire, leurs occupations les porteraient bien à en faire autant et je doute que celui du Rosaire soit solvable (voir plus haut, n° 26).

Art 37. Je terminerais l'article 37 par ces mots : la loyauté du maître paraissait mise en doute, elle était si bien en doute qu'il a tout dissipé.

Je dirais pour terminer que depuis bientôt cinq ans que je suis ici, pas une confrérie n'a offert quoique ce soit à l'église, ou remis la plus petite somme à la fabrique pour l'aider dans ses travaux.

Je crois maintenant, Monsieur le vicaire général, qu'avec le 1er rapport et le supplément actuel, Son Éminence, Monseigneur le cardinal et vous-même, pourrez juger en connaissance de cause et décider en conséquence...

Epilogue

Houlière quitta Jumièges quelques mois plus tard, déplacé par sa hiérarchie et Jumièges se retrouva sans curé. La municipalité dut supplier pour obtenir un nouveau déservant et nos confréries eurent encore la vie dure bien des années. Celle de Saint-Jean se serait éteinte avec son feu le soir du 23 juin 1921. Plus respecteux des traditions populaires que ses devanciers, l'abbé Groult tenta de la ranimer. Ce fut en vain.

Source

Document sous la cote 1 J  902 numérisé aux archives départementales par Josiane et Jean-Yves Marchand, transcription et rédaction Laurent Queuvilly.

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