Par Laurent Quevilly

La rue Mainberte, les Portes Mainberte... La toponymie de la presqu'île garde encore la trace de mes ancêtres maternels. Mais qui étaient-ils, ces Mainberte ? Une vieille famille de Jumièges. Bien établie. Puis en déliquescence.

Hugues de Mainberte
1248 est la date la plus ancienne faisant mention des Mainberte à Jumièges.

Ce jour-là, Guillaume et Richard le Meteier, deux frères, firent un échange de terrain avec Symon Le Denere. Leur terre était comprise entre celles de Guillaume d'Alenchon et d'Hugues de Mainberte et aboutissait aux possessions propres du monastère. La terre de Symon était quant à elle sise entre celle de Robert, fils de Marguerite de Perier et celle de Guillaume Quinet, non loin de la Seine.

Voici donc quels étaient les contemporains de notre Hugues de Mainberte que le scribe écrit ainsi en latin : Hugonis de Manuberte. D'autres personnages, témoins de cette charte ont pour noms Robert de la Porte, Guillaume Filleul, Guillaume Clarel, Guillaume d'Anneville. Ce sont les officiers de l'abbaye.

Que Hugues de Mainberte fut en possession d'une terre nous laisse à penser qu'il occupait un rang relativement aisé. Sa particule n'affirme pas une qualité nobiliaire à une époque où l'ordre aristocratique n'est pas encore fixé. Elle peut en revanche indiquer que notre ancêtre était fieffé comme quelques familles jumiégeoises.

Le fief Mainberte

A Jumièges existe de longue date un lieu dit la rue Mainberte, appelé aussi jadis le fief Mainberte. A Yainville, il est un autre lieu appelé les Portes Mainberte. Elles constituaient une entrée dans cette presqu'île protégée par le fossé Saint-Filibert. Entre la rue Mainberte d'aujourd'hui et Yainville, vaste territoire !


Le hameau de la Rue Mainberte.

Ainsi, notre ancêtre porte-t-il un nom de lieu. Mais n'est-ce pas plutôt le lieu qui porte le nom de sa famille ? Dans son dictionnaire topographique de la Seine-Maritime, l'érudit archiviste Charles de Robillard de Beaurepaire nota simplement au regard de Mainberte:

 "Mainberte. — Hameau, commune de Jumièges. Fief, commune de Jumièges et du Mesnil-sous-Jumièges. H.J. de Mainberte, 1254. Rue de Mainberte 1290, 1405. Fieu de Mainberte, fieu Mainberte 1486. Hamel de la rue Mainbert, 1658. Rue Mainberte, fief Mainberte 1679..."


Que signifie cet H.J. de Mainberte. Six ans après l'échange de terrains vu plus haut, il est permis de supposer que le H correspond encore à Hugues de Mainberte.
Quant au J, sans doute un proche prénommé Jean. On peut supposer en tout cas que cette famille avait donné son nom au lieu où elle résidait. C'est le cas des Le Maréchal pour le fief Marécal.

Malheureusement Beaurepaire ne nota pas le titre et la cote du document de 1254 qui pourrait nous éclairer un peu plus. Quand il rédigeait son dictionnaire, les archives départementales n'étaient pas encore codifiées par ses soins.

Quant au fief Mainberte, il était manifestement étendu puisqu'il courait jusqu'au Mesnil. Là aussi  Beaurepaire n'y fait malheureusement aucune allusion dans son étude sur les services fieffés.

Guy de Mainberte

Après Hugues vint Guy de Mainberte. Nous le retrouvons à une date indéterminée dans le cartulaire de l'aumônerie de Jumièges parmi les documents postérieurs à 1250 :

"Gemeticensis Redditus ad festum Sancti Michaelis in monte tumba
...
Egidius de Mainberte, XXI denarios
...

Redditus de gemetico ad nathale domini
...
Egidius de Mainberte, XXI denarios et un caponem"

Voilà qui signifie qu'un certain Guy de Mainberte, habitant Jumièges, dut s'acquitter auprès de l'aumônerie de 21 deniers à la Saint-Michel. Il versa la même somme à la Noël mais cette fois y ajouta un chapon. Seuls les notables cotisaient à l'aumônerie destinée à secourir les pauvres.

Jehan de Mainberte et Jehanne Le Mitoys

En 1413, le rôle des fouages fait apparaître Jehan de Mainberte, le seul alors à porter le nom. Son père et sa mère sont manifestement morts et il n'a pas encore d'enfant. Le nom qui suit immédiatement le sien sur la liste des contribuables est celui de Jehanne Lemitoys. Adoptons-la pour aïeule. Elle est apparentée à Guillaume Le Mitois qui est alors le meunier du moulin à vent de Jumièges.
Les noms qui suivent ceux de Jehan et Jehanne sont ceux de Jehan fenestre, Robin Corvée, Guillaume Julienne, Ruart Homo, Guillaume Caillou. Sans doute de proches voisins...

 Dans les premiers registres
1545. C'est la date à laquelle on commence à consigner à Jumièges baptêmes, naissances et décès. Mais des volumes ont disparu et, dans les plus anciens, les parents ne sont pas notés. Il ne m'est pas encore possible d'établir une solide filiation dès le XVIe siècle. Mais mes ancêtres sont à coup sûr dans les noms qui suivent. On notera qu'ils ont alors perdu leur particule. Elle est attestée, nous l'avons vu, de 1254 à 1413. Ils la perdent donc entre 1413 et 1549.

Le 18 novembre 1549, Marguerite Mainberte épouse Laurent Auvard.


Le 19 novembre 1554, Marin Mainberte épouse Marion, veuve de Roger Augueroult.


L'aveu du 13 février 1556

Le 13 février 1556, Jehan Mainberte, demeurant au lieu des Hameaulx, fils de défunt Pierre, passa un aveu aux "vénérables et honnêtes personnes, religieux, abbé et prieur de l'église monastère et abbaye de Saint-Pierre de Jumièges" pour tous les biens qu'il possédait dans la presqu'île. Et ils étaient fort nombreux. Il les tenait par succession, en indivision ou par acquisition. 

"Premièrement, je tiens avecques Valentin Mainberte, mon oncle, Marin Mainberte, mon frère et les hoirs de mon frère Pierre..." Nous voilà déjà renseignés sur la généalogie des Mainberte à cette époque. 

Dans les années 1500, nous voyons deux frères : Pierre et Valentin.

De Pierre et Guillemette Levillain sont nés Jehan, Marin et Pierre cités en 1556.

Les possession de Jehan :

Elles se composent essentiellement de pièces de terres sises aux Hameaulx, près du moulin à vent des religieux, au fief Mainberte (quatre possessions), au camp Tropinel (fief de Mallevault), au fief de la Porte, près de la forêt dans la couture à cailloux, au fief de la Vigne (du puits parlant à la mare aux Hardis), au Mesnil (par acquisition auprès des fils Guéroult), au fief Botton, au fief Duredent, dans les vavassories Parent, Dozemont... Bref, les Mainberte sont de gros propriétaires fonciers.

Il apparaît encore dans cet aveu que Jehan Mainberte tenait des biens à cause de sa femme, Jehanne Lacheux, fille de défunt Jean Lacheux et d'une Vasté. L'épouse de Jehan était veuve de Pierre Bertin, dit Godet. Les terres venues de sa femme sont exploitées avec Thomas et Valentin Lacheux, sans doute ses beaux-frères.

Des terres lui viennent aussi de la succession d'un homonyme, Jehan Mainberte, sans que le lien de parenté ne soit précisé. Peut-être s'agit-il de son grand-père puisqu'il les partage avec son oncle.

Les Mainberte terre-neuvas

Le XVIe siècle est le firmament de l'histoire des Jumiégeois. Ils sont parmi les premiers à aborder le Brésil. Puis Terre-Neuve. Fort de ses propriétés foncières, Jean Mainberte, participa à cette épopée. Je ne pense pas qu’il s’improvisa Terre-Neuva et maître de navire de surcroît du jour au lendemain. Sans doute naviguait-il déjà à partir de Port-Jumièges. Peut-être aura-t-il parcipé à quelques campagnes morutières en simple marin-pêcheur. 

Capturé par les Anglais !

Toujours est-il qu’on le retrouve maître de la Marie en 1558. Un bateau de 90 tonneaux qui, lui aussi, est capturé sur la route du retour. Le tabellionnage de Rouen porte cette mention à la date du 28 mars: « Attestation faite par Soyer Havart et Robert Havart et Nicolas Dutallus à propos d'Alonce Le Seigneur, bourgeois et avitailleur pour un demi-quart sur la Barbe, 120 tx, maître Raoulin Lecomte, de Vatteville et pour un quart sur la Marie, 90 tonneaux, maître Jehan Mainberthe; les deux navires ont été pris à leur retour de Terre-Neuve. »
 Jehan Mainberte possède manifestement toutes les parts du navire l’année suivante lorsqu’il en vend un quart à deux acheteurs. La Marie semble mouiller à Fécamp. 22 septembre 1559. « Vente faite à Jacques Dufour le jeune par Jehan Mainberte, de Jumièges, maître et bourgeois pour trois quarts sur la Marie, 90 tx, de un quart du corps du navire à Fécamp. Ce quart avait été vendu à Mainberte  par Pierre Lasseley et Pierre Lenffant, de Fécamp. ». 

Toujours le 22 septembre 1559 : « Vente faite par Jehan Mainberte de Jumièges, maître et bourgeois pour la totalité de la Marie, 90 tx, à Adam Bezuquet, de un quart du corps du navire, à Fécamp. Ce quart avait été vendu à Mainberte par Pierre Lasseley et Pierre Lenfant, de Fécamp. »
 
Le
13 février 1561, un prêt est consenti par Pierre Laillet à Jehan Mainberte, de Jumièges, maître et bourgeois pour un quart sur la Marie, navire de 80 tonneaux, « pour les radoub et avitaillement du navire prêt à aller du Havre à la Baie prendre son sel, puis à Terre-Neuve pêcher la morue, et revenir au Havre ou à Honfleur. Thierry Gueroultz, de Jumièges, maître de navire, a cautionné. »

Toujours le 13 février 1561 : « Reconnaissance de dette faite par Thierry Gueroultz, de Jumièges, envers Jehan Mainberte, pour un prêt qu'il doit rembourser à la Saint-Michel. »

 Après cette nouvelle campagne, Jehan Mainberte allait commander un nouveau navire, la Valentine, qui mouillera cette fois à Jumièges.

Le 28 novembre 1561, on le dit « maître et bourgeois pour la moitié d'un navire neuf de 80 tonneaux, à Jumièges. »  Il  donne quittance à Pierre Lefebvre, « bourgeois pour un demi-quart en la moitié de Mainberte. » 
Le 4 mai 1562, Robin Mainberthe épouse Marguerite Clérel, descendante de Guillaume Clérel, combattant d'Hastings selon la tradition. 
Le 4 juillet 1563, Thomas Mainberthe épouse Alison Ponty. Joli prénom à consonance britannique porté dans la presqu'île. 

16 février 1565. « Prêt fait par Pierre Laillet à Jehan Mainverte, de Jumièges, maître et bourgeois pour trois demi-quarts sur la Vallentyne, 80 tx, pour les radoub et avitaillement du navire prêt à aller du Havre à la Baie ou à Brouage prendre son sel, puis à Terre-Neuve sur le Bac pêcher la morue, et revenir au Havre. »

 17 février 1565. « Procuration faite par Jehan Mainberte, maître de navire de Jumièges, en faveur de Adrian Delaunay. »

Toujours le 17 février 1565 : « Prêt fait par Guillaume Bongardz, d'Orléans, par l'intermédiaire de Charles Doulcet, à Jehan Mainbert, de Jumièges, maître et bourgeois pour un quart et demi sur la Valentyne, 80 tx, pour les radoub et avitaillement du navire prêt à aller du Havre à la Baie ou à Brouage prendre son sel, puis à Terre-Neuve pêcher la morue, et revenir au Havre ou à Honfleur. Jehan Hue a cautionné. »

Dès lors, le nom de Jehan Mainberte n'apparaît plus dans les actes de l'Amirauté. Il aura donc participé aux campagnes de 1558 à 1565. Après lui apparaissent les noms de Valentin puis Thomas Mainberte. 

 Le 19 janvier 1567, Valentin Mainberte épouse Magdeleine Fosse. Lui aussi est Terre-Neuva. Il commande la Bonnaventure basée à Quillebeuf.

9 mars 1568. « Prêt fait par Raoul Halley à Michel du Vallet dit Dorer, de Quillebeuf, bourgeois pour la moitié sur la Bonnaventure, 60 tx, maître Valentin Mainberthe, de Jumièges, pour les radoub et avitaillement du navire prêt à aller de Quillebeuf à la Baie ou à Brouage prendre son sel, puis à Terre-Neuve pêcher la morue, et revenir à Rouen. »

 L’année suivante, la Bonnaventure a pris ses quartiers à Jumièges.

 19 février 1569. « Prêt fait par Raoul Hallé à Michel Du Vallet, de Quillebeuf, bourgeois pour la moitié de la Bonavanture, 60 tx, maître Valentin Mainberte, de Jumièges, pour les radoub et avitaillement du navire prêt à aller de Jumièges à la Baie ou à Brouage prendre son sel, puis à Terre-Neuve pêcher la morue, et revenir à Rouen. »

 23 février 1572 : « Prêt fait par Raoul Halle à Georges Duvallet, de Quillebeuf, bourgeois pour la moitié de la Bonnavanture, 70 tx, maître Vallentin Mainberthe, de Jumièges, pour les radoub et avitaillement du navire prêt à aller de Jumièges à Brouage prendre son sel, puis à Terre-Neuve sur le Banc pêcher la morue, et revenir au Havre ou à Rouen. Jehan Faulcques, de Quillebeuf, a cautionné. »

Le 13 janvier 1573 eut lieu un triple mariage de Mainberte. Ce jour-là, Jeanne épouse François Monhue, autre Jeanne convole avec Guillaume Vigot et Marin Mainberte avec Guillemine Neveu.
Cinq jours plus tard, le 18 janvier 1573, Pierre Mainberte épouse Françoise Luchet.
La même année, le 6 avril, Perrine Mainberte épouse Cardin François.

Le 10 octobre 1575, Thomas Mainberte, terre-neuva lui aussi et maître de navire, prend pour épouse une prénommée Bine dont on ignore le patronyme. 


La même année, le dimanche 6 novembre 1575, les notables de Jumièges s'assemblèrent à l'issue de la grand messe pour faire valoir leurs droits face aux religieux dans l'affaire du Home. . Quatre Mainberte sont du nombre: Thomas et Valentin Mainberte, Pierre et Marin Mainberte. Nous venons de les voir se marier ou se remarier. Voilà qui signifie que lorsque nos marins ont bouclé leur campagne, ils bénéficient à Jumièges du statut de notable et s’impliquent dans les intérêts agricoles de leur communauté.

9 décembre 1575 . « Reconnaissance de dette faite par Guillaume Nyvelet, maître de navire de Conihoult, envers Jacques Guendeville et Davyd Maugogne. Jacques Ouyn dit Portier et Thoumas Mainberte, maîtres de navire de Jumièges, ont cautionné. » Nyvelet est maître de la Loyse qui est allée à Terre-Neuve en 1574 et en 1576.

 Le 1er octobre 1576, Marin Mainberte épouse Lucie Vassal. Quelques jours plus tard, Thomas Mainberte sera mandaté pour récupérer la cargaison de la Louise pillée par les Anglais.

6 octobre 1576 : « Procuration faite par les bourgeois et avitailleurs de la Loise, 90 tx, maître Guilleume Nyvelet, de Jumièges, en faveur de Thoumas Mainberthe, de Jumièges et Jacques Pinchon, pour récupérer le navire et sa cargaison de morue, huile et naut (NB : vessie à l'air du poisson) chargée à Terre-Neuve sur le Banc. Le navire a été pris par les Anglais sur la route du retour de Terre-Neuve au Havre ou à Honfleur ».
 

Le 3 avril 1579, les notables de la paroisse du Mesnil se réunirent à leur tour sur l’affaire du Home. Pierre Mainberte y figure. La même année, le 9 juin 1579, un Jehan Mainberte épouse Perrine Lacheux. Veuve, celle-ci convolera en secondes noces avec Thomas Grisel, le 4 octobre 1584.

Bref, ces années nous apprennent que nous avons cinq hommes au moins à porter le nom des Mainberte: Thomas, Valentin, Pierre, Marin et Jean. Reste à déterminer leur degré de parenté, démêler les homonymies entre père et fils, parrain et filleul...

Le 15 janvier 1582, Pierre Mainberte épouse Agnès Guéroult.

Le 9 juillet 1584, au Mesnil, Pierre Mainberte épouse Marion Turquet, fille de Robin.

Le 25 janvier 1593, Perrine Mainberte épouse Pierre Bourg.

Pierre Mainberte
Ancêtre hypothétique. Il est né vers 1550. Marié le 18 janvier 1573, Jumièges, avec Françoise Buchet



Thomas Mainberte

Ancêtre hypothétique, né le 6 septembre 1578. Marié avec Michèle Marescot.



Charles Mainberte
Charles Mainberte est né le 29 février 1604 sous le règne d'Henry IV. C'est mon septième arrière-grand-père, mon plus ancien ancêtre maternel avéré.

Le 21 juillet 1644, Marguerite Mainberte épouse Philippe Savale. Elle est dite fille de feu Thomas Mainberte qui pourrait être aussi le père de Charles.

La signature assurée de Charles Mainberte. en 1662. Il a une cinqantaine d'années et maîtrise parfaiteent l'écriture.

Le 30 août 1636 meurt à Caudebec une Jehanne Mainberte. Peut-être une fille de Jean Mainberte et Marguerite Vauquier qui, le 17 janvier 1638, toujours à Caudebec, donnent naissance à un Jean Mainberte.

Charles épousa vers 1635 Jeanne Tirel. Leur descendance :

- Jean, Né vers 1630 à Jumiège,  marié le 9 février 1654 à Madeleine Coti. Décédé le 28 août 1659 à Jumièges à l'âge de peut-être 29 ans. 

- Marie, née vers 1638, mariée le 14 février 1658 avec Pierre Tropinel, fils de Jean et Anne Boutard. De ce couple issut autre Pierre Tropinel qui, à Rouen, le 8 juillet 1703, épousa Marie Madeleine Dugard, fille de Nicolas et Marthe Rasse.

- Thomas, né en 1655, mon ancêtre qui suit. Il avait un homonyme qui épousa Marion Lefèbvre, le 4 juin 1653.

Je note que le 13 juillet 1650, à Jumièges, fut inhumée Michelle Marescot, femme de Thomas Mainberte.


Charles est impliqué dans un certain nombre d'actes qui indiquent son aisance.

Le 30 juilllet d'une année qui n'est pas précisés (1661 ou 1662), Charles Mainberte passa une transaction avec Thomas Boutard qui, pour cela, avait délivré procuration en la ville du Havre-de-Grâce. Enjeu : sept livres deux sols dix deniers.


Du dimanche après-midi, sixième jour d'août 1662, chez Delépine, Tabellion royal,  "honorable homme" Charles Mainberte vend à Noël Nepveu une vergée et demi de terre en nature de pré au triage de la Flaque, lieu dit le Vraque. Cette pièce était bornée d'un côté Nicolas Vasté, de l'autre le dit acquisiteur, d'un bout les sieurs religieux de Jumièges pour leur pré des Vilains et d'autre bout la commune pâture de la paroisse moyennant 135 livres tournois en louis d'or et d'argent et autres monnaies. Témoins : Nicolas Levavasseur et Pierre Delespine.

Le lundi 14 août 1662, au Mesnil-sous-Jumièges, Charles Mainberte signe un acte concernant sa fille, Marie Madeleine. Il implique Valentin Bertin, dit Godet qui verse à Marie Madeleine 185 livres en Louis d'argent et monnaie ayant cours.

Dimanche 24 septembre 1662, avant midi, devant Pierre Delavigne, tabellion de la sergenterie de Saint-Joire. Ce jour là Charles Mainberte est le témoin d'une transaction entre Jacques Boutard, dit Marguerin et Jean Rouget, fils mineur de feu Thomas et dont le tuteur principal est honorable homme Jean de Conihout. Celle-ci concerne une pièce de terre sise au Conihout, triage de la Cousture. Les autres témoins sont Simon de Conihout, Jacques Tirel...

Le douzième jour de novembre 1662, par devant Pierre Delavigne, Jean Mainberte vendit à Pierre Le Guerchois à fin d'héritage tant pour lui qui pour ses hoirs et ayant cause deux pièces de terre en nature de labour et marest dans la paroisse de Jumièges, triage du Clos Cauvin. La première bornée d'un côté le chemin du Roy, d'autre côté Valentin Delametterye et des deux bouts Nicolas Cauvin. La seconde au même triage. En la maison de Pierre Le Guerchois, avocat au parlement de Normandie, les témoins de cette transaction furent Nicolas Levavasseur et Pigache.

Un lundi 13e jour d'un mois et an qui n'est pas précisé, sans doute novembre 1662, Charles Mainberte est cité dans une transaction passée à Jumièges entre Jean Tirel, de la famille de son épouse et Monsieur Le Guerchois.
Jean Tirel reconnait avoir reçu 200 livres de Le Guerchois, acquisiteur de Charles Mainberte. Il y est fait rappel d'un acte de tutelle passé chez le sieur bailly de Maulévrier le 15 mai 1636. Les témoins de cet acte furent honorables hommes Pierre Cauvin et Pierre de Rouen, demeurant à Duclair.  

Un autre acte du même jour fait allusion aux intérêts de la dot de Catherine Tirel qui a épousé Pierre Vauquelin. le 20 février 1634 à Anneville. "Isseluy Mainberte s'oblige à payer le principal et les arréages qui échoiront de ce ce jour à l'advenir..." L'acte de tutelle de 1636 est encore évoqué. Cet acte a pour témoins Pierre Cauvin, demeurant à Duclair et Jean Nicolas Levavasseur, dit Picard, de Jumièges.

Thomas Mainberte
 Thomas Mainberte mon 6e arrière-grand-père, est né le 16 juin 1655.



Thomas se maria  le 26 novembre 1682, à Marie Deshays, fille de Marin Deshays et de Catherine Laisné. Il eurent au moins ces enfants:

Jean, né vers 1681, mon ancêtre qui suit.

Cardin, né le 24 février 1688 sous le parrainage de Valentin Virvault et de Marie Nepveu.

Marie qui allait épouser Nicolas Tougard le 12 novembre 1711. Elle est ainsi l'ancêtre de l'abbé Tougard, auteur de la géographie de la Seine-Inférieure. Marie eut deux fils dont l'un, filleul de Jean Mainberte, se maria deux fois à 40 ans d'intervalle.

Thomas, né vers 1692, décédé en mai 1695 à l'âge de trois ans. Il fut inhumé le même jour qu'une tante, Marie Madeleine, fille de Jean Mainberte, dans un emplacement réservé par elle dans l'église.

Thomas Mainberte père a été inhumé dans une place fondée dans l'église près de la porte du Trésor.


Jean Mainberte

Il est né en 1681. Jean Mainberte épousa, le 24 janvier 1713, Marie Magdelaine Dossier. Elle était la fille de Jean Dossier et Marie Bressée, originaires d'Ectot-lès-Baons, près de Yerville, ancienne dépendance de l'abbaye de Fontenelle.

Les Dossier marièrent à Jumièges trois autres de leurs enfants qui établirent ici une importante descendance. Les frères et sœurs de mon aïeule qui formèrent alors clan avec les Mainberte étaient Jean Dossier, marié en 1711 avec Marie Hue, Marie, mariée en 1708 avec Jean Neveu, Anne, mariée en 1700 avec Louis Nobert.

Jean Mainberte et Marie Madgeleine Dossier eurent :

Jean Baptiste Mainberte, dit Jean Mainberte fils, baptisé le 21 janvier 1714. Laboureur, Jean se maria en 1775 à 61 ans à Marie Madeleine Boquier, 45 ans, veuve de Guillaume Bellet. Pas de descendance connue. Le titre de laboureur témoigne de l'aisance dans la hiérarchie paysanne, en opposition à la condition de journalier dans laquelle les Mainberte vont s'enfoncer. 

Charles Ambroise Mainberte, mon 4e arrière-grand-père qui suit, baptisé le 27 octobre 1716.

Thomas Mainberte, baptisé le 16 octobre 1718 à Jumièges, il fut parrainé par Jean Nepveu et Marie Anne Beauvet, fille de Jean Beauvet. Il épousa Marguerite Françoise Pigache le 17 avril 1742. Thomas eut un fils prénommé comme lui qui, en janvier 1748, fut impliqué dans l'affaire des pigeons. Thomas Mainberte père mourut à 39 ans et fut inhumé le dimanche  6 février 1757 en l'église de Jumièges, en présence de son père qui signera d'une croix et de son frère aîné Jean qui, lui, signe son nom. Vicaire: M. Poisson. 

Marie Marguerite Mainberte, née le 12 avril 1721 à Jumièges, décédée le 20 avril 1721 à l'âge de 8 jours, elle fut parrainée par Marin Deshayes et Marguerite Nepveu, fille de Jean.  

Raphaël Mainberte, mort le jour de sa naissance,  le 21 janvier 1722. Il fut parrainé par Raphaël Buquet et Marie Dossier.

Marie Madeleine Mainberte. Née en août 1723 à Jumièges, décédée en septembre 1723 à l'âge de un mois. Parrainage: Jean Dossier et Suzanne Deshays, fille de Nicolas.

Geneviève Mainberte, Née le 12 juillet 1725 à Jumièges. Mariée le 11 juillet 1747, Jumièges, avec Pierre Leroux †1754 (Parents : Pierre Leroux &  Geneviève Retour) , dont descendance.  Une décision de tutelle en date du 6 mai 1754 concerne Pierre Leroux et Geneviève Mainberte, cote 199 BP 20, haute justice. Pourtant, ce n'est que le 26 août 1754 que Pierre Leroux décéda. 

Pierre Mainberte. Né le 25 février 1728 à Jumièges, décédé le 23 février 1733 à l'âge de 4 ans.  Il fut parrainé par Pierre Beauvet et Marie Nepveu. 

Louis Mainberte. Né en août 1729 à  Jumièges. Parrainage: Louis Dossier et Marie Tropinel qui déclarent ne savoir signer. Décédé le 11 mars 1790 à l'âge de 60 ans. Jean Mainberte, 10 ans, fut témoin de sa mort.

Marie Marguerite Mainberte, On lui donna les prénoms de sa soeur morte 10 ans plus tôt.
Elle fut la marraine du fils de sa soeur Genevière, le 23 mars 1749, en compagnie de Norbert Leroux. Elle épousa le 20 mai 1760, Jumièges,  Jacques Renault 1733 (Parents : Jacques Renault &  Marie Bien) , dont descendance.
C'est l'organiste Foutrel, alors officier d'état civil, qui vint constater son décès à son domicile le 13 avril 1799, à Jumièges. Elle avait 68 ans.


Jean Mainberte, laboureur, fut présent le 28e jour de juin 1712 devant Me Freret, notaire à Jumièges. Il est dit fils puisné de Thomas Mainberte.  Il fit une transaction avec Nicolas Chéron, marchand, demeurant à Jumièges moyennant "Cent livres laquelle somme a été présentement pesée, comptée et nombrée par le dit acquéreur au dit vendeur en espèce de Louis d'argent et autre monnaie ayant cours et mise au prix du roy notre sire." Ce qui fut fait à Duclair aux pieds de Pierre Legendre, machand de biens et en présence de Pierre Levaché, de Jumièges.

Jean est décédé à 92 ans le lundi 9 août 1773 et fut inhumé le lendemain. Les témoins furent Jean et Charles Mainberte, ses fils, Nicolas et Pierre Tougard, le curé Adam.


Charles Mainberte (1716-1792)

Baptisé le 27 octobre 1716. Parrainage : Marie Hue. Richard Nepveu.


Le 22 septembre 1743, Charles Mainberte, mon quinquisaïeul, perdit sa mère, Madeleine Dossier. Elle avait 54 ans. Le curé Grossetête l’enterra à l’église le lendemain. Le père de Charles ne savait signer. C’est Jean, l’aîné des fils Mainberte qui parapha.

Au rôle de taille de 1749, Charles Mainberte, laboureur, s'acquitte de 8 livres, son frère Jean, manifestement plus riche, en donne 51.

1773, il est dit que "Jean Mainberte possède une maison composée de cuisine, chambre, écurie et grange, un acre de masure médiocre et six acres de sablons, tenu par Jean Mainberte fils. Bail devant d'Epouville en date du 1er may 1766 à commencer par Saint Michel pour 9 ans."

Le 19 avril 1779, à 64 ans, Charles Ambroise se marie au Mesnil avec Marie Magdeleine Catherine Tropinel... de 34 ans sa cadette! Pourquoi une telle différence d'âge? Mariage précipité? Arrangé? Régularisation d'un concubinage ? 

Charles Ambroise Mainberte âgé de 64 ans environ fils de feu Jean et feu Marie Magdeleine Dossier et Catherine Tropinel âgée de 30 ans fille de Valentin et de feue Marie Madeleine Renaud. En présence de Jean Mainberte frère de l'époux et Jacques Renaud beau-frère de l'époux tous deux de Jumièges et témoins de l'époux, de Valentin Tropinel père de l'épouse de Jumièges de Gabriel et Pierre Tropinel ses deux frères de Jumièges.
Signent : Charles Mainberte, Jean Mainberte, Gabriel et Pierre Tropinel
Marquent : l épouse et son père

S'il ne s'agit d'un veuvage, voilà un tout cas une verdeur tardive et bien réelle puisque Charles le tardif  fut père à 67 ans de mon ancêtre Charles le précoce.

Cette union bien étrange dura 13 ans ans. En 1792, immédiatement après la mort de son vieil époux, la veuve de Charles se remarie avec un jeune veuf. Plus jeune qu'elle... Elle avait sans doute besoin de fraîcheur. Le fils Mainberte eut alors pour tuteur un représentant de sa famille maternelle: Jacques Renault. Les témoins de sa mort furent Jean Mainberte, Pierre Tropinel, Charles Mainberte, IRN

La ferme de Charles Mainberte

La ferme qu'occupa Charles Mainberte était assise à la fois sur Jumièges et Yainville. Elle passa entre les mains de Michel Levillain, mort en 1812.
Charles Mainberte (1782-1823)
Né à Jumièges le dimanche 30 juin 1782, Charles Mainberte, mon quadrisaïeul, a sept ans quand éclate la Révolution. Il en a 10 ans quand sa mère, Marie Madeleine Tropinel, veuve, se remarie à 35 ans, le 5 juin 1792 avec un jeune laboureur de 29 ans, originaire du Trait, Jean Roisset, veuf lui aussi.
Le fils Mainberte eut alors pour tuteur un représentant de sa famille maternelle: Jacques Renault.
 
 Contrairement à son père, Charles fut très précoce puisqu'il s'est marié à 17 ans avec une femme plus âgé que lui. C'était le 30 décembre 1800, Jumièges. La mariée, Marie Victoire Clérel, 1780-1813, avait pour parents André Clérel 1745 &  Marie Rose Bruno.
A son mariage, Charles a pour témoins Jacques Renault, 68 ans, cultivateur, époux de sa tante au paternel, Marie Marguerite Mainberte. Pierre Tropinel, son oncle au maternel, cultivateur, 56 ans. Les témoins de la mariée furent André Clérel, cultivateur, 55 ans et Jean Roisset, cultivateur de 46 ans, beau-père de Charles. Ce fut Antoine Alexandre de Saulty qui officia en l'absence du maire. De Saulty est un ancien moine de l'abbaye.



On remarquera la signature de Charles Mainberte qui scinde son nom en deux avec une minuscule à main et majuscule à Berte.

Les enfants du premier lit

Jean Charles Mainberte (1801-1885), Témoins de sa naissance: Jean Augustin Vastey, cultivateur et Rose Monique Renault. Jean Charles sera témoin de la mort de son père en 1823 et du mariage de son demi-frère, Charles Thomas Euphronie Mainberte en 1841.

Augustin Bruno Mainberte, né le vendredi 5 octobre 1804. Mort en 1879. Il se maria à Jumièges le 7 décembre 1825 à Rose Boucachard. De cette union naquit notamment Rosine Elisa Mainberte, le 10 juillet 1844, 4h, à Jumièges, hameau de Heurteauville. Augustin Mainberte a alors 41 ans et est journalier. On note que Jean-Jacques Bocachard est le passeur de Jumièges en 1850. En 1855, les plaintes pleuvent à son encontre. On le dépeint comme "un ivrogne, un brutal qui se fait détester de tout le public par sa mauvaise conduite et son inexactitude."
   
Marie Anne Victoire Mainberte, née à Jumièges le 16 février 1806. Elle se mariera le 21 juin 1837 à Jumièges à Pierre Poullain, cultivateur, section du Sablon. En 1862, c'est Armand Fortuné Poulain le tenant du passage de Jumièges. Elle meurt le 8 février 1875 à 68 ans.

Joséphine Perpétue Mainberte, 1809. Témoins de sa naissance: Etienne Simon Thuillier, 22 ans, cultivateur, Nicolas David Foutrel, organiste, 60 ans.
        
Marie Angélique Mainberte 1813. Les témoins de sa naissance furent Ouin, le garde champêtre et Le Sainteur, instituteur, tous deux âgés de 45 ans. Le maire officie, c'est Hue. Sa mère meurt huit mois après sa naissance à Rouen.


            Marie Victorine Clérel, première épouse de mon aïeul Charles Mainberte, est morte à Rouen à 32 ans le dimanche 7 novembre 1813. Elle avait accouché quelques mois plus tôt de sa dernière fille à Jumièges.
   
Jean Roisset, beau-père de Charles Mainberte, possédait une ferme qui passa entre les mains de Charles Mainberte, père, Charles Mainberte fils, à Pierre-Nicolas Ouin et Marie-Rose Billier, son épouse, à Simon Billier et enfin à Louis Lemarécal père qui la revendit en 1826 àCasimir Caumont, président du tribunal de commerce de Rouen et propriétaire de l'abbaye.


            Charles Mainberte n'a plus la qualité de laboureur de ses ancêtres. Journalier, veuf depuis un an, il se remarie à 32 ans, le 20 octobre 1814, avec Angélique Geneviève Legenvre, née en 1793. Elle est la fille de Pierre Le Genvre, mort à Rouen le 28 Prairial de l'an XI et de Geneviève Roussel, 52 ans.

                                 Les enfants du second lit
                 
Charles Thomas Euphonie Mainberte, le jeudi 5 mars 1817, mon trisaïeul qui suit.

             
Marie Rose Mainberte, née à Jumièges le 23 août 1819, elle mourra à 45 ans. en 1864
               
Rose Angélique Mainberte, cultivatrice, née à Jumièges le 27 juin 1820. Décédée en 1879. Elle eut un fils naturel, Euphonie Gustave, le 31 mars 1847 alors qu'elle habitait chez ses "beaux-parents". Le 3 octobre 1850, elle épouse à Jumièges Jean-Baptiste Bideaux, né à Flamanville le 1er janvier 1822, domestique. Journalière, elle est morte à 59 ans le 28 août 1879, rue Mainberte. Sa descendance vit sous le nom des Maimberte dans la région de Rouen. Aujourd'hui, un stade et un gymnase de Grand-Quevilly portent ce nom. "Philippe Mainberte était un jeune espoir très prometteur de l'équipe de hand Ball de l'ALCL, se souvient Hubert Barré. En rentrant d'un entraînement au gymnase qui ne portait pas encore son nom, il a trouvé la mort dans un accident en 1975." Chez le notaire de Jumièges sont conservés des actes de vente de Gustave Auguste Mainberthe, époux Sauques, Gustave Mainberte, époux Glatigny, Guy, Madeleine, Marguerite et Thérèse "Mainberthe" pour des ventes aux Deconihout. Les descendants de Rose Angélique Mainberte coupaient là leurs derniers liens avec la presqu’île.
            
Journalier, Charles Mainberte mourut jeune le 8 février 1823 à Jumièges. Il avait 40 ans. Un mois auparavant, il avait déclaré le décès sous son toit de sa belle-mère, Geneviève Honorine Roussel. Le 11 Janvier 1823 sont comparus le sieur Louis Le Painteur 55 ans greffier ami de la défunte et le sieur Charles Mainberte 40 ans, cultivateur gendre de la défunte, lesquels ont déclaré que le jour d'hier à 7 heures du matin Roussel Geneviève Honorine âgée de 60 ans, journalière née en la commune de Barneville le 1er mai 1762, fille de feu Pierre Roussel et de feue Elisabeth Bréauté, épouse de Pierre Legenvre est décédée en la maison de son gendre hameau du Sablon. Signé C. Mainberte

Que s'est il passé dans cette maison du Sablon ? Est-ce là l’effet de ces épidémies qui frappent la Basse-Seine ?

Jean Charles Mainberte, 21 ans, devient le chef du clan. Suivons mon ancêtre direct.

Charles Th. Euphrosie Mainberte (1817-1894)

Né  jeudi 5 mars 1817 à 7h du matin. Les témoins de sa naissance furent Pierre Thomas Le Genvre, 35 ans, employé des douanes royales, demeurant à Caudebec et Louis Le Sainteur, greffier.

On l'appelle parfois Charles Thomas Euphrosie, parfois Thomas Euphrosie Charles. Voire même Euphrosine quand il déclare un enfant naturel de sa nièce, Rose Angélique, prénommé Gustave Euphrosine.

En 1841, Charles Mainberte épousa une fille de Jumièges de deux ans sa cadette, couturière, puis journalière. Les parents de la mariée sont morts depuis longtemps. François Lefrançois, marchand ambulant est décédé à Guerbaville le 30 mai 1822. Sa mère: Marie-Rosalie Dede, journalière, est morte le 25 mai 1822.
Le jour du mariage, les époux ainsi que les témoins durent prêter serment en certifiant ignorer le lieu de décès et dernier domicile des aïeux de l'épouse. Premier témoin: Jean Charles Mainberte, 39 ans, cultivateur à Jumièges, demi-frère de l'époux issu d'un premier lit, Augustin Gosse, 49 ans, ami de l'époux, Denis Guiot, 24 ans, cultivateur, ami de l'épouse, Jacques Minotte, Badestamier, 54 ans, Jumièges. Tous signent sauf l'époux et la mère de l'époux.

Les enfants de cette union :

Pierre Charles Mainberte, mon arrière-grand-père qui suit.

Auguste Victor Mainberte 1843-1843. Il est mort à deux mois, un soir, à 10h, rue Mainberte...

Emile Honoré Félix Mainberte 1845-1909. Né à midi le 16 janvier 1845. Son père avait 27 ans, sa mère 25. Témoins de sa naissance: Pierre Jacques Minotte, 58 ans, badestamier, Jacques Désiré Modeste Philippe, 27 ans, secrétaire de la mairie. Chantin est l'officier d'état civil.
Marié le 20 mai 1869, Jumièges, avec Rosalie Virginie Landrin 1843 (Parents : Marie Anne Landrin (un double prénom féminin !) &  Victoire Dorothée Décharrois). Il passa contrat de mariage devant Me Bicheray, notaire de Jumièges. Témoins : Pierre Charles Mainberte, Simon Cabut, propriétaire, 71 ans, ami de l'époux, Pierre Antoine Glatigny, cultivateur, 37 ans, beau-frère de l'épouse, Charles Gruley, l'instituteur, 36 ans, proche de l'épouse. C'est Honoré Aimé Lepel-Cointet qui officia. Charles Thomas Euphonie Mainberte, le père, était présent. Et déjà veuf.

Félix testa en janvier 1909 avant de mourir le 16 août à Jumièges. Mon grand-père lui doit sans doute son second prénom. J'ignore ce qu'est devenue sa descendance si descendance il y eut.

Eugénie Aimée Mainberte. Née le 13 septembre 1848 à Jumièges. Les témoins de sa naissance furent Eleonor Cabouret, 24 ans, Nicolas Valentin Caillon, 24 ans. Mariée le 11 mai 1868, à Jumièges, avec Léon Omer Martin.

Laurent Tranquille Mainberte. Né le 3 septembre 1850 à Jumièges. Je n'en sais pas plus.

Rosine Alphonsine Mainberte 1852-1935. Née le 18 avril 1852, à Jumièges. Décédée en 1935 à Jumièges, à l'âge de 83 ans. Mariée le 4 septembre 1875, à Jumièges, avec Michel Acron 1853-1927, séparés, dont descendance à Sainte-Marguerite.

Olympie Augustine Mainberte. Née le 3 mai 1854 à Jumièges. Décédée le 12 novembre 1864, Jumièges, à l'âge de 10 ans.

Victoire Victorine Mainberte. Née le 5 février 1860 à Jumièges. Décédée le 20 juillet 1922 à Jumiège à l'âge de 62 ans. A sa naissance, ses parents sont alors âgés de 42 et 40 ans, journaliers aux Sablons. Mariée avec Pierre Eugène Guéroult, né en 1858, dont descendance.

Séraphine Fortunée Mainberte. Née le 9 septembre 1862 à Jumièges, Les Sablons.   sa naissance ses parents sont alors âgés de 46 et 44 ans, journaliers.
Célibataire... elle mit au monde trois enfants !

1. — Augustine Séraphine Mainberte, née le 23 juillet 1884 à Jumièges au domicile de Théodore Limion, cultivateur, rue Mainberte. Reconnue le 13 février 1902 par Anfry Louis Barbey, cultivateur veuf de 57 ans, qui épousa sa mère trois mois plus tard.
2. —  Georges Louis Emile Raoul Mainberte, né le 23 août 1886 chez Théodore Limion, décédé le 23 novembre 1886, chez Euphonie Mainberte, rue Mainberte, à l'âge de 3 mois.
3. — Adolphe Albert, né le 22 avril 1893 à Jumièges, rue Mainberte, décédé le 29 septembre 1893, à Jumièges, au domicile de Louis Obiot, journalier de 63 ans, les Sablons, à l'âge de 5 mois.

Deux de ses trois enfants étant morts, elle reconnut la dernière en 1902 avant d'épouser trois mois plus tard Anfry Louis Barbey, un cultivateur de Jumièges de 17 ans son aîné et veuf.

Anfry Barbey étant mort en 1907, Séraphine épousa un Fessard en 1911.

Charles Thomas Mainberte et sa femme, journaliers, habitent le quartier des Sablons, rue Mainberte quand Marie Rose trépasse à 45 ans. C'était le 14 août 1864.

Lui est mort en son domicile, section du Passage, le 5 août 1894, à l'âge de 77 ans.  Les témoins de sa mort furent Théodore Simion, 71 ans, cultivateur et Séraphin Gouger, 63 ans, le tailleur d'habits de Jumièges.

Pierre Charles Mainberte (1842-1904)

Né à Jumièges le 4 novembre 1842 à 10h le matin aux Fontaines. Il fut cultivateur puis journalier.

Le 26 mai 1869, à 26 ans, il fut le témoin du mariage de son frère, Emile Honoré Félix avec Rosalie Landrein, en compagnie de Simon Cabut, propriétaire, 71 ans, ami de l'époux, Pierre Antoine Glatigny, cultivateur, 37 ans, beau-frère de l'épouse, de Charles Gruley, l'instituteur, 36 ans, proche de l'épouse. C'est Honoré Aimé Lepel-Cointet qui officia. Charles Thomas Euphonie Mainberte, le père, était présent. Et déjà veuf.

Quand il se marie en 1872, il demeure à Jumièges. Son père aussi.

Marié le 11 octobre 1871, Jumièges, avec Louise Augustine Levreux 1840-1898 (Parents : Louis Alphonse Levreux 1815-1895 &  Clarisse Françoise Gruley 1809) , dont ; 

Henri Emile Mainberte 1872-1917 mon grand-père qui suit.

Charles Auguste Mainberte Né le 2 août 1873. Décédé le 12, à l'âge de 10 jours aux Fontaine où son père est alors journalier.

Marie Joséphine Mainberte. Née le 14 mai 1875 à Jumièges, Les Fontaines. Elle a le tempérament Mainberte. Elle épousa le 9 octobre 1895, à Yainville, Hippolyte Alexandre Onésime Callais 1871-1914 (Parents : Eléonore Théophile Onésime Callais &  Marie Julienne Lerbour †1886). Dont Alphonse Callais, le maire de Jumièges. Marie Joséphine est décédée en 1943, à l'âge de 68 ans.


Indigent, Charles Mainberte occupait un logement appartenant à Victor Ponty qui sollicita une subvention de la mairie de Jumièges. Elle fut refusée par le maire, Jérémie Philippe. On retrouve alors la famille à Yainville. Fut-elle chassée de Jumièges ? Ce fut en tout cas sa dégringolade sociale puisqu'à la génération suivante, les Mainberte de Yainville sont aussi considérés comme indigents à Yainville.

Marthe Augustine Marguerite Mainberte Née en juillet 1881 à Yainville. Elle se mariera le 24 février 1900, toujours à Yainville, avec Henri Paul Bruneau 1878-1916, dont descendance. Elle tenait le café de l'église et édita deux cartes postales en 1900. C'était alors l'un des quatre estaminets de Yainville. Son mari fut l'un des Poilus d'Yainville morts pour la France. Il travaillait chez Mustad et fut fauché sur le front de la Meuse. Il était sapeur mineur au 3e régiment du génie, mobilisé à Rouen-Nord. Son corps n'a jamais été retrouvé.
Le gendre de Marthe Augustine Marguerite, Fernand Louis Dubois, déclare son décès, rue de l'Essart, le 21 janvier 1969. Elle avait 87 ans. Marthe Augustine sur sa pierre tombale.

Julie Mainberte. C'est manifestement une ancêtre fictive. Née entre 1875 et 1882 à Yainville, elle aurait tenut la ferme Marécal, à l'entrée du bourg de Jumièges selon Marie-Louise Mainberte. Mais on ne retrouve pas sa trace à l'état-civil de Yainville et de Jumièges. Elle aurait épousé un Burgos...

Pierre Charles Mainberte était un homme qui ne se déplaçait qu'avec une canne dont il menaçait volontiers son entourage. Une tradition familiale veut qu'il fit un procès à ses filles au prétexte qu'elles ne subvenaient pas à ses besoins. Mais les traditions familiales...

Décédé le 21 janvier 1904 à l'âge de 61 ans. Inhumé à Jumièges.


Henri Emile Mainberte (1872 - 1916)

Mon grand-père est né à Jumièges le 11 août 1872, section des Fontaines. A 20 ans, patron de gribane chez Sylvestre, il fut accusé d'un vol de cordage et écopa d'un mois de prison.
 
Marié le 1er février 1896, Yainville, avec Julia Chéron 1872-1919 (Parents : Pierre Delphin Chéron 1838-1908 &  Adelaïde Pascaline Mauger 1846-1927)

"... batelier et demeurant à Yainville, fils de Pierre Charles Mainberte, journalier et de Louise Augustine Levreux, demeurant tous deux à Yainville et de Julia Chéron, née à Guerbaville, le 15 octobre 1872, demeurant à Yainville, fille Pierre Delphin Chéron, pêcheur, et de Adelaïde Pascaline Mauger, cabaretière, demeurant à Yainville. Témoins: Eugène Groult, oncle du futur, 37 ans, Jumièges, Onésime Callais, vannier, beau-frère du futur, 25 ans, Yainville, Sosthène Chéron, douanier, Le Mesnil-sous-Jumièges."


dont :

Thérèse Mainberte 1896-1981
Marguerite Mainberte 1899-1933
Marie-Louise Mainberte 1901-1996
Emile Pierre Mainberte 1903-1961
Raymond Mainberte 1905-1981
Hélène Juliette Mainberte 1907-1914
André Henri Mainberte 1910-1911
Andréa Eva Mainberte 1912-1958

La famille fut considérée comme indigente. A se titre, ma mère reçut de la commune une paire de sabots pour se rendre à l'école. Les Mainberte prirent un enfant de Rouen en nourrice qui mourut. Ils tenaient le café du Passage à Yainville. Henri Mainberte, malgré sa floppée d'enfant fut mobilisé durant la Grande guerre. Il contracta la tuberculose.

"Le huit mai 1917, huit heures du soir, Mainberte Henri Emile, né à Jumièges, le onze août 1872, fils de feu Mainberte Pierre Charles et de Levreux Louis Augustine, époux de Chéron Julia est décédé à Yainville. Dressé le 10 mai 1917, 7h du matin, sur la déclaration de Chéron Georgette, épouse Lemaréchal Louis Georges, demeurant à Jumièges, cultivatrice, âgée, de 47 ans, belle-sœur du défunt, et de Chéron Julia, veuve du défunt, 44 ans, sans profession, demeurant à Yainville qui, lecture faite, ont signé avec nous Leroy Athanase, maire de la commune d'Yainville."

L'épouse d'Henri Mainberte ne lui survécut guère et les enfants furent recueillis par une tante de Boscherville.



Andréa Eva Mainberte (1912 - 1958)


 Ma mère est née au village de Claquevent, à Yainville.

Le nom des Mainberte

L'origine du nom Mainberte est germanique comme beaucoup de patronymes. Il vient de Magin, force, puissance et de Berht, brillant, illustre... Maginberta ou encore Magimberta était un nom de femme porté entre le VIe et le XIIe siècle sur le territoire de l'ancienne Gaule. En Normandie, beaucoup de patronymes viennent de noms germaniques et féminins. Ils se sont formés aux XIIe et XIIIe .

Variantes : Maimbert, Mainberte à Jumièges, Mainberti en Provence. 


Mainberte... en Bretagne


Curieusement, il existait dans la paroisse de Marpiré, baronnie de Vitré, évêché de Rennes, la terre et le manoir nobles de Mainberte. Cette paroisse avait été donnée au XIIème siècle par le baron de Vitré à l'Abbaye Saint-Melaine de Rennes. La verrerie, métier de familles nobles, y fut une activité. L'ancien manoir de Mainberte fut la propriété successive des familles Busson, seigneurs de Gazon (1448), Matz, seigneurs de Gazon (avant 1627), Morel, sieurs de la Trognardière (1627). Françoise Morel épousa honorable homme Pierre Nicolle qui prit le titre de sieur de Mainberte vers 1667. Puis la maison fut la possession des Beziel. Marguerite Bislange, femme de noble homme Pierre Beziel y est morte le 16 mars 1689 à 29 ans.
Le même Pierre Beziel, sieur de La Goupillère, devait trépasser le 26 mars suivant à l'âge de 34 ans.
Il fut inhumé par Julien Beziel, recteur de Saint-Christophe-des-Champs.
Ils laissaient un fils, né le 6 août 1685, nommé par Guillaume Bislange, sieur de La Gendronnière et par Jeanne Beziel, dame du Bas-Chemin. Le manoir de Mainberte passa ensuite entre les mains des Bénédictines de Vitré qui l'avaient encore en 1791.

 Mainberte en France

Le nom est aussi porté dans le sud de la France. Le 18 mai 1550, à Aix-en-Provence, une Magdallène Mainberte, épouse de Jehan Dangery, marie sa fille Catherine à Jehan Allexy, fils de Jacques et Jehanne Dollonny.

Pourly, près d'Arcy-sur-Cure, a sept lieues d'Auxerre, a dans son territoire la côte dite Mainberthe, qui donne des vins très estimés. En Alsace, du côté de Belfort, est un chemin de la Mainberte. Une tour de Mainberte se trouve du côté de Tours. Mainbert est un nom d'homme rencontré un peu partout jusque dans des chartes en langue d'oc.

SOURCES

9H349 : aveu de Jean Mainberte, document numérisé par Josiane Marchand.