Histoire de la presse cauchoise
Par Laurent Quevilly


En prenant, voici quelques années, le titre du Canard de Duclair, nous lancions un clin d'œil à un devancier, le Journal de Duclair, dont nous ne partageons pas spécialement les valeurs, mais qui a indéniablement marqué la vie locale durant soixante ans.
C'était aussi une allusion à deux célèbres palmipèdes: le canard à l'étouffée popularisé ici par Henri Denise. Et puis celui qui se dit enchaîné. Reconstituer l'histoire de la presse locale, du moins celle qui était à portée de main de nos anciens, c'est le chantier que nous lançons ici...


Le doit-on à la forte alphabétisation des Normands dès la Révolution ? La presse normande foisonne. En deça de la réalité éditoriale, les collections de journaux locaux conservés dans les bibliothèques de Haute-Normandie représentent 34 titres et 715.600 pages. Seule une numérisation systématique peut les sauver de la destruction tout en permettant l'accès au plus grand nombre. A titre d'exemple, la consultation du Journal de Duclair aux Archives nationales est particulièrement fastidieuse. Aussi sommes-nous plusieurs à demander sa relocalisation en Seine-Maritime et sa mise en ligne...

Histoire d'un petit groupe de presse



Le PiloteLe Pilote, Journal du canton de Caudebec-en-Caux a été lancé en 1883 par Alfred Perré, imprimeur originaire de Neufchâtel, époux de Marie Bachelier, elle aussi qualifiée d'imprimeure. C'est un hebdomadaire Journal de Duclairconservateur paraissant le samedi, jour de marché à Caudebec. En 1885, il tire à mille exemplaires et M. Chantrel en est le premier directeur. Alfred Perré, l'imprimeur, va lui succéder dans cette fonction mais Chantrel ne sera jamais loin. Le siège du journal est au n° 7 de la place du Marché. Le Pilote compte quatre pages. La Une titre sur la politique générale, les autres pages sont réservées à l'actualité locale et la réclame.
En 1887, Alfred Perré lance un second titre, Le journal de Duclair.

Notre photo : les imprimeurs du Pilote et du Journal de Duclair. Cliquer pour agrandir

En 1892, Alfred Perré rend l'âme. Marie-Sophie, sa fille, épouse deux ans plus tard Edmond Pouchin, imprimeur et gérant manifestement déjà bien installé dans la maison. Il est le fils d'un ouvrier de fabrique de Bolbec. Elle a 17 ans, il en a 24. Parmi les invités, un conseiller général : Malfillatre, de Saint-Arnoult et puis un conseiller d'arrondissement, Léonide Maillard, le rédacteur du Journal de Duclair. L'union est scellée par Marie Eustache Ludovic Isambart Busquet de Chandoisel de Caumont, le maire de Caudebec.
Imprimerie, librairie, éditrice de journaux, la maison Pouchin-Perré publiera également de nombreuses cartes postales.
Elle a pour concurrent dans cette activité  la librairie Soudais, dépositaire à Caudebec du journal L'Abeille Cauchoise. Enfin, Edmond Pouchin sera propriétaire sur les quais de l'hôtel du Havre qui abritait aussi les bureaux pour la correspondance des omnibus d'Yvetot.


L'imprimerie Pouchin-Perré

C'est le 1er mars 1911 qu'est mort Léonide Maillard, rédacteur au Journal de Duclair. Voici ce qu'en dira La semaine religieuse : On a célébré samedi dernier, à Duclair, les funérailles du docteur Léonide Maillard. La foule qui assistait, recueillie, à cette cérémonie, était une preuve de la grande popularité dont le défunt jouissait dans le canton.
Très franc, primesautier, spirituel non sans une petite pointe de gauloiserie et d'outrance, le docteur Maillard se fit aimer par sa familiarité et surtout par sa bonté et son dévouement. Il donna l'exemple d'une très grande foi dans sa dernière maladie. Dès le début, il appela le prêtre et voulut recevoir l'Extrême-Onction en pleine connaissance. Une parole prononcée au cours de sa maladie dépeint l'homme tout entier : « J'ai beaucoup péché, mais j'ai confiance en la miséricorde de Dieu là-haut, parce que ici bas je n'ai jamais rougi du Christ ».


Le Messager eudois

Vint la Grande guerre. En 1918, M. Pouchin était alors directeur du Journal de Duclair, du Pilote mais aussi du Messager Eudois. Place Saint-Jacques, au n° 15, ce tri puis bi-hebdomadaire avait été fondé en 1874 par M. d'Hocquelus, ancien huissier sans fortune. Rédacteur, il était secondé par son fils qui s'occupait de l'imprimerie. D'abord bonapartiste, le périodique s'était rallié au courant légitimiste et clérical. D'Hocquelus eut pour rival L'avenir de la Bresle, lancé en 1876 par Oscar Thélain, son ancien associé avec lequel il s'était brouillé. Puis viendra, en 1890, Le Réveil d'Eu, organe républicain dirigé place Carnot par Roger Odic. Tiré à 400 exemplaires, Le Messager sera tour à tour qualifié d'Orléaniste, de Libéral ou encore d'Indépendant... En 1900, le Travailleur normand le considère toujours comme un organe royaliste... Il est vrai que M. d'Hocquelus se contentait souvent de découper les articles de la presse parisienne légitimiste et le bruit courait que le comte de Paris, châtelain dans la ville, l'avait aidé à fonder son journal. Mais à Eu, on voyait la main du comte de Paris partout... Toujours est-il qu'en 1890, M. d'Hocquelus fut poursuivi pour diffamation. Il accusa un agriculteur d'Eu, partisan du candidat républicain, d'avoir fui devant l'ennemi durant la guerre de 70. On ne sait quand d'Hocquelus passa le flambeau à Pouchin. Le Messager eudois sera le seul titre de M. Pouchin qui survivra. Il alla, dans les années 1920, entre les mains de la famille Royer. En 1944, il prit pour titre L'informateur. Après trois générations de Royer, le journal passa en 2009 dans le giron du groupe Publihebdos. Place Saint-Jacques, l'imprimerie a conservé le nom du Messager eudois. Mais revenons au temps d'Edmond Pouchin...

Drame familial

Le 19 octobre 1918, le fils d'Emond Pouchin, Léon, caporal-fourrier du 164e d'Infanterie, 23 ans, reçoit une balle en plein cœur à Fay-le-Sec, dans l'Aisne. Ses parents en sont informés à Eu par Paul Bignon, député-maire. Le corps de Léon Pouchin fut inhumé dans le cimetière militaire d'Athis. Il était né le 31 juillet 1895 à Caudebec. Chrétien fervent, timide selon les dires, il y fit ses études à l'école catholique puis à Saint-Gervais de Rouen et s'initia ensuite, à Eu, aux métiers du journalisme et l'imprimerie. Le 7 août 14, il s'engageait avec sa mère à l'hôpital 20 où il servit durant deux ans. Plusieurs fois ajourné, il est appelé sous les drapeaux en août 1916 et affecté au 324e d'Infanrerie. Quelques mois après, il gagnait le front et fit l'objet, le 10 juin 1918, d'une citation à l'ordre de sa division. "Chef de liaison de sa compagnie, a, par son calme et son sang-froid, pu assurer ses fonctions avec éloge. A été jusqu'à faire le coup de feu avec ses afants de liaison les 9 et 10 juin 1918." Il vint une dernière fois en permission en septembre. A la une du Journal de Duclair, Etienne Chantrel signa sa nécrologie.

Changement de propriétaire

En juillet 1919, Pouchin-Perré ne garde que ses activités eudoises. L'imprimerie caudebecaise du Pilote et du Journal de Duclair est reprise par Lucien Lemoine. 
Quatre ans après son arrivée, en 1923, Lucien Lemoine sort un nouveau titre : Le Journal du Trait. A Caudebec, au 7 de la place du Marché, on installe aussitôt une nouvelle enseigne : "Imprimerie des trois villes". Entendez par là Caudebec, le Trait et Duclair.  En 1923, Le Pilote était distribué chez Lenoir, place de l'Orme, Soudais place du Marché,  Viard, Grande-Rue, Houbert à Saint-Wandrille, Lannel à La Mailleraye, Auris à Bliquetuit, Lemonnier à Villequier, Bance à Triquerville, Lechalupé à Saint-Arnoult, Mauconduit à Saint-Gilles-de-Cretot.

Lucien Lemoine tâte aussi de l'édition. Il publie en 1934 La forêt de Brotonne, de l'abbé Maurice.

Il finit sous les bombes

Le 9 septembre 1939, une semaine après l'ordre de mobilisation générale, Le Pilote passe de quatre à deux pages. Son tout dernier numéro est du samedi 8 juin 40. Ce jour-là, en plein exode, un seul commerçant a déballé sur la place du marché, là, devant la rédaction du journal. Le dimanche, quantité de voitures attendent le bac pour passer la Seine. Au loin, la raffinerie de la Mailleraye brûle sous les ordres des autorités. Le lundi 10 juin, les premières bombes s'abattant à 8h sur Caudebec. C'est la panique à bord du bac qui transporte civils et militaires et le Vieux-Caudebec est en feu. 400 des 600 immeubles seront sinistrés, tous les bâtiments publics détruits, 800 voitures hors d'usage. Et si les habitants fuient, les pillards arrivent. Le Pilote ne paraîtra plus. Sa collection est conservée aux AD76 sous la cote JPL 1605. Place d'Armes, l'imprimerie Lemoine reprendra cependant du service.

Le Journal de Duclair. Le premier numéro du Journal de Duclair paraît le mardi 15 novembre 1887. Immédiatement, il prend pour sous-titre Union des deux rives et se proclame l’Organe des intérêts du canton et des environs – Politique, commercial et agricole. Il paraîtra tous les mardis, jour de marché à Duclair. Mais ses bureaux sont chez Alfred Perré, imprimeur à Caudebec-en-Caux, 7, place du Marché.
Journal de Duclair


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Collection : Jean-Pierre HERVIEUX.
A la Une du premier numéro, voici sa profession de foi :

Notre programme

La presse locale tend aujourd’hui à prendre une place de plus en plus prépondérante dans les affaires du pays.
La sûreté de ses informations, la modicité de son prix accessible à toutes les bourses, en font pour ainsi dire le vade mecum de tous, en particulier des habitants de la campagne, trop occupés pour lire les feuilles quotidiennes.
C’est cette pensée qui nous guide en répondant au vœux de nos amis du canton de Duclair en fondant un journal destiné à défendre à la fois les intérêts particuliers du canton et les grands intérêts du parti Conservateur.
Journal de
                  DuclairLe Journal de Duclair fait appel au concours de tous les bons citoyens dont le régime actuel a déçu les espérances, compromis les intérêts et blessé la conscience. Il ne négligera rien pour assurer, dans le canton, le succès définitif de la cause conservatrice et libérale, qui est celle de l'immense majorité du pays

Le ton est donné. Nous sommes sous Jules Grévy, président républicain en proie au scandale des décorations déclenché par son gendre. Il démissionnera dans quinze jours…
Le Journal de Duclair comptera parmi ses rédacteurs le Dr Léonide Maillard, homme à la barbe longue, futur conseiller général conservateur réputé pour ses calembours.
En 1923, ses dépositaires sont à Duclair la Librairie Pruvost, place du marché,  Dubosc, commerçant rue des Moulins, George, commerçant sur le quai. A Berville, chez Béard, à Jumièges chez Constant Glatigny, à Boscherville chez Lelièvre, au Trait chez LEurent.
Durant 25 ans, les journaux du groupe reçurent la collaboration de Léon Pruvost, libraire à Duclair, photographe et éditeur de cartes postales. Celui-ci décéda en juillet 1923 à 52 ans, laissant un fils, Raymond.

En 1940, le Journal de Duclair ne compte qu'un feuillet. Victor Bettencourt, maire de Saint-Maurice d'Etelan, conseiller général, signe l'éditorial du 27 février : "La tactique d'Hitler, détruire l'ennemi par l'intérieur". Comme Le Pilote, le Journal de Duclair cesse de paraître en juin 40 avec le bombardement de l'imprimerie Lemoine.
Dans les années 1980, la collection était consultable aux archives de la presse, près du château de Versailles. En 2007, elle était alors conservée à la Bibliothèque nationale de France et n'était plus communicable en raison de son état de conservation. Aujourd'hui, elle est toujours répertoriée à la BNF, Tolbiac - Rez-de-jardin - magasin, sous la cote JO- 85865. Elle s'arrête au n°22 de 1940, ce qui correspond au mardi 26 mai. Mais, en 2014, sa consultation nécessitait une autorisation spéciale. Nous demandons sa numérisation !


L'Echo de Pavilly et de Barentin. En 1897, l'imprimerie Pouchin-Perré disposait d'un troisième titre paraissant le jeudi. Son existence fut manifestement éphémère.
Le Journal du Trait naît le 4 janvier 1923. L'année de son lancement, le journal est disponible chez Leurent au Trait, Pruvost à Duclair, Lenoir, place de l'Orme à Caudebec, Lannel à La Mailleraye, Houbert à Saint-Wandrille, le débit Lenormand à Sainte-Marguerite et au café de la Gare tenu par M. Tételin,  à Yainville. Son directeur est Achille Dupuich, dirigeant de la Société immobilière des ACSM. L'hebdomadaire lui servira de propagande pour tenter de conquérir la mairie. Il lui faudra attendre la mort du maire en place, Octave Pestel, en 1932, pour satisfaire enfin ses ambitions.
 Le journal paraît le jeudi. A sa création, les bureaux sont 7,  place du Marché, à Caudebec.
Là, l'imprimerie des trois villes éditera aussi de nombreux livres régionaux. Dont plusieurs ouvrages des abbés Maurice ou encore Vieux logis et vieux châteaux du canton de Caudebec-en-Caux, préface d'Edmond Spalikowski, 300 p. (Recueil d'articles parus dans Le Pilote, le Journal de Duclair et le Journal du Trait).

En août 1937, Dupuich est trésorier de la Fédération des directeur de journaux non quotidiens de Normandie. C'est alors qu'il a la douleur de perdre sa femme, Angèle, emportée par la maladie à 55 ans.
La guerre met un terme au groupe Lemoine. Dès le 9 septembre 1939, Le Pilote ne compte plus que deux pages. Le lundi 10 juin 1940, l'imprimerie est bombardée. Elle ne se relèvera pas. Exit Le Journal de Duclair, exit Le Pilote paru trois jours plus tôt. Ce sera son dernier numéro.
Dupuich, directeur du Journal du Trait

Le Journal du Trait, lui, est paru le mardi 6 juin 40. Le voilà privé d'imprimerie.
Les bureaux du journal, eux, sont depuis belle lurette situés rue Denis-Papin. Obstiné, Dupuich se tourne alors vers l'Abeille cauchoise, à Yvetot. Le titre reparaît le jeudi 3 octobre 1940. "Soucieux de mettre nos lecteurs au courant des décisions préfectorales ou autres..." Ou autre ! Le journal de Dupuis se pliera aux exigences de l'occupant et du régime de Vichy. C'est une feuille franchement collaborationniste, viscéralement anti-communiste, anti gaulliste. En 1941, Dupuich finit par démissionner de son poste de maire mais reste conseiller. Hardy lui succède. Le 25 décembre, la rédaction annonce qu'à l'instar de toute la presse elle marquera la trève des confiseurs. La pénurie de papier en est la cause. Le prochain numéro est prévu pour le 8 janvier 1942. Bien inspiré, Le Journal du Trait n'est jamais reparu. Aujourd'hui, une rue du Trait porte le nom de Dupuich.


L'offre éditoriale

Jadis, que lisait-on encore dans le canton de Duclair ? Dans les années 1920, Marie-Louise Jouen, la fameuse Mère L’Amour, vendait plusieurs titres : Le Petit Journal, Le Matin, Le Petit Parisien, Jean qui rit et Jean qui pleure et L’Amour, à qui, dit-on, elle doit son surnom. Voilà pour les journaux nationaux. Mais qu’en est-il de la presse locale...

Le progrès de Duclair. Ce fut un organe républicain qui ne parut qu'en 1902 et 1903. Le premier numéro est daté du 8 juillet 1902, le dernier du 10 Février 1903. Il était dirigé par Louis Müller. En 1890, il est rédacteur-en-chef du Petit Rouennais, rue Herbière, qui va devenir la Dépêche de Rouen à partir du 1er juillet 1903. Müller était originaire de Vitry-le-François et s'était établi d'abord à Dieppe puis à Elbeuf où il fut professeur à l'école industrielle. Il a publié un guide du promeneur, Autour de Rouen et son fils Charles s'est fait un nom. La collection, incomplète, du Progrès de Duclair, est conservée à la BNF sous la cote  JO-88312.

Le réveil du Trait. Edité par le Parti communiste, il a paru de 1936 à 1939. Il eut Henri Agnès pour rédacteur.


Le Calfat du Trait, bulletin d'information du comité d'entreprise des ateliers et chantiers de la Seine-Maritime, il paraîtra de 1946 à 1960. C'est un trimestriel gratuit qui passe de 18 à 32 pages. Après 58 numéros, un conflit entre la rédaction et les syndicats de chantiers met un terme à la parution du journal.



 Deux titres édités par le Réveil d'Yvetot:
L'Avenir de Duclair. Journal républicain des intérêts agricoles et commerciaux du canton. Fondé en 1887, c'est un rival du Journal de Duclair né la même année. Il est imprimé à Yvetot, chez Bretteville frères, 19 rue de la République. Ainsi, Duclair a possédé deux hebdomadaires rivaux paraissant le mardi. Mais aucun d'entre eux n'a jamais été imprimé sur place. Le bourg avait pourtant son imprimerie, la maison Pruvost à qui l'on doit de nombreuses cartes postales. L'Avenir de Duclair est conservé à la BNF sous la cote JO-11566 jusqu'au numéro 134 du 21 octobre 1890.
Nous cherchons une image de ce journal et sa dernière date de parution.



Le Flot qui s’appellera successivement Le Flot de Caudebec, Le Flot de Caudebec et Duclair, Le Flot des cantons de Caudebec-en-Caux et Duclair Le Flot se veut le concurrent du Pilote, le samedi, sur le marché de Caudebec. C’est un hebdomadaire républicain de quatre pages d'abord imprimé à Caudebec puis à Yvetot chez Bretteville frères et fondé le 31 août 1889. Armand Bretteville en a assuré la direction.  Correspondant parisien : Jean de Caux. A la BNF, on le trouvera sous la cote JO-14701 jusqu'au numéro du 23 décembre 1939.



L'Abeille cauchoise. Ce journal conservateur a été fondé en 1804 sous le titre de  Journal de la ville et de l'arrondissement d'Yvetot ; affiches, annonces judiciaires, etc. C'est dans un premier temps une chronique juridique qui s'élargit au fil du temps aux informations locales et nationales. De 183l à 1858, il est imprimé à Yvetot chez E. Brunet, au format in-4. De nombreuses réclament ponctuent les articles

Le journal parait deux fois par semaine, le mardi et le samedi. A partir du 7 juin 1858, il prend le litre de L'Abeille Cauchoise, journal d'Yvetot et d'annonces judiciaires. Bi-hebdomadaire de centre droit. Dirigé par G. Michel en 1850. D'abord au 121, rue du Calvaire. Puis l'imprimerie est au 122 et la rédaction au 124.
En 1903, Emile Langlois en est le directeur. Dirigé en 1909 par Léon Lachèvre
(notre photo), ce républicain libéral possède aussi Le Pays de Caux, fondé en 1850 à Saint-Valery. L'Abeille est alors au grand format sept colonnes, c'est un des plus anciens et des plus répandus en Normandie.
L'Abeille édite L'Almanach du Roy d'Yvetot avec 250 annonceurs. On y publiera aussi des ouvrages d'intérêt régional. En 1932, l'imprimerie est
rues Haëmers et Lormier.



Le 1er mai 1928, un court-circuit provoque l'incendie de l'imprimerie où travaillaient 58 ouvriers. Un million de dégâts! En 1933, André Levasseur, directeur de L'Abeille Cauchoise est aussi président de la Fédération nationale de la presse périodique. En 1940, à ses côtés, le rédacteur en chef est G. Marie. L'Abeille ne survivra pas à la seconde guerre. Sa collection s'arrête à 1938 aux archives de la mairie d'Yvetot.
Son dernier numéro est du 25 mars 1944.




Le Réveil d'Yvetot, Journal républicain de la ville et de l'arrondissement d'Yvetot, a été fondé le 4 novembre 1880 par quelques héritiers des idéaux de 1848 :  Cet exemplaire est un don d'Edith Lebourgeois.          
Ferdinand Lechevallier, ancien questeur de la chambre des Députés, Lesuef, ancien sénateur, Bouffart, ancien préfet de la Gironde, Henri Lemonnier, Jouvin, Octave et Emile Marais. Il s'agit de concurrencer L'Abeille cauchoise lancée 80 ans plus tôt.
Très vite, Nicaise, le directeur-gérant, s'en va. Le journal devient aussitôt la propriété d'Armand Bretteville.
Armand-François Bretteville est né au Havre le 16 août 1857. Médaillé d'argent au certificat d'études, il est apprenti pour ouvrier typographe. A 24 ans, le 16 septembre 1881, il devient le directeur du Réveil d'Yvetot. Il le doit à ses convictions républicaines alors que la droite entend encore renverser le régime de 1875. Bretteville aura la joie de faire rouler au tapis le député royaliste de la circonscription qui se présentait pour la troisième fois. Il chassa aussi de son manoir de Saint-Clair-sur-les-Monts un député bonapartiste parisien qui mena dans le pays de Caux plusieurs campagnes qui choquaient l'électorat. Par ses convictions et son intégrité, Bretteville se fait respecter des journaliste normands de toutes opinions.

Le Réveil paraît d'abord le samedi matin (et dès le vendredi soir pour les abonnements postaux). C'est ensuite un bi-hebdomadaire grand format avec ses informations loclaes, nationales et son feuilleton, comme l'Usurier de la rue du Tapis-Vert qui tient en haleine les lecteurs de 1886.. Dès 1889, l'imprimerie des frères Bretteville édite L'almanach du Pays de Caux. Annuaire d'Yvetot, de l'arrondissement et des cantons de Duclair et Pavilly. Plus de 400 pages ! Décoré des Palmes académiques en 1895 par Félix Faure, Armand Bretteville dirige également Le Flot de Caudebec et L'Avenir de Duclair. Son imprimerie publie par ailleurs des ouvrages régionaux.
Journal deLe 27 septembre 1918, Bretteville est fait cette fois officier d'Académie. Après la Première guerre, le 1er avril 1920, ses deux fils aînés, Henri et Paul, anciens Poilus, diplômés de l'école Estienne lui succèderont. Mais Armand Bretteville gardera son bureau au journal où il rédige les notices nécrogoliques des Cauchois qu'il connnaît si bien. Il est aussi féru de politique, de littérature, de théâtre.
Le 16 septembre 1931, le Réveil fêta ses cinquante ans par une fête qui se voulut discrète.
Le journal eut un correspondant parisien, Jean de Caux, et un historien cauchois, Amédée Hellot, alias Pierre Lerond. Edmond Spalikowski, président des Ecrivains normands, prêta également sa plus au Réveil d'Yvetot.
Armand Bretteville aura été été le fondateur de l'association des journalistes professionnels de Normandie avec Joseph Lafond, un temps directeur du Journal de Rouen. Il en devint le syndic alors qu'il était pensionnaire de l'Association de la presse républicaine départementale. Il a aussi fondé et présidé la 370e section des Prévoyants de l'avenir.


La rédaction du Réveil d'Yvetot fut d'abord au 19, puis aux 21, 23 et 25, rue de La République.

Armand Bretteville avait perdu son épouse de longue date et quand, en novembre 39, il pleura son petit-fils, Jacques, sergent, noyé dans la Meuse en service commandé. Après avoir fleuri de corolies une dernière fois la tombe de sa femme et de son petit-fils aux Rameaux, Bretteville rédigea lui-même sa notice nécrologique en laissant la date en blanc. Et il mourut dans sa 82e année le dimanche de Pâques 1940. Des gens comme René Coty et foule de journalistes normands assistèrent aux obsèques de ce titulaire de la légion d'honneur.
Le Réveil a cessé de paraître le 29 novembre 1947. En fusionnant avec Le Petit cauchois, il a donné naissance au Courrier cauchois.
Henri Bretteville est décédé quant à lui en 1957 et une plaquette a été éditée à sa mémoire.


Dans la capitale...

Dès la Révolution, Caen et Le Havre comptent au moins deux titres. Mais Rouen est encore plus fourni. A cette époque, 60% des Rouennaises savent lire et plus encore les hommes. Durant la Terreur, "cimetière des journaux et des journalistes", pour reprendre la formule du professeur Gough, pas moins de six quotidiens paraissent déjà à Rouen. En tout, une centaine de titres seront recensés dans la capitale normande. Nous n'en citerons que quelques-uns mais non des moindres...

Le Journal de Rouen. C’est le 4 juin 1762 que fut créé le plus ancien journal régional de France sous le titre des Annonces, affiches et avis de la Haute et Basse Normandie. Fondateur: Etienne-Vincent Machue.
Le 1er janvier 1785, Jean-Baptiste de Milcent, ami de Diderot reprend ce bi-hebdomadaire. Il rajoute à son titre de Rouen et du département de la Seine-Inférieure.
En 1790 il devient quotidien et prend, le 12 mai 1791, le titre de Journal de Rouen. A Milcent succéda Noël de la Morinière en 1792 et eut Eugène Noël comme directeur. En 1799, le titre passe à JB Duval. 1803, il s'appelle désormais Le Journal de Rouen et du département de la Seine-Inférieure. En 1818, il tire à 600 exemplaires dont 80 sont distribués gratuitement.

 
En 1828, le titre est propriété de Delisle-Brière et Frédéric Baudry. 
 
Natif de Rouen, ce dernier succède à son père, Frédéric Baudry (1765-1837). Breveté imprimeur le 12 oct. 1813, nommé imprimeur du Roi le 6 août 1814 il est breveté libraire le 27 mai 1829 en succession de Jacques Duval. Auteur de pétitions imprimées en 1841 et 1843, membre du conseil général sous la monarchie de Juillet, il est décédé à Rouen en 1845, laissant un fils avocat, philologue, bibliothécaire et académicien, Frédéric Baudry (1818-1885)

 Durant la Révolution de 1830, le titre aura été menacé. En 1836, il s'intitule Journal de Rouen et des départements de la Seine-Inférieure et de l'Eure
. Après la chute de la monarchie, en 1848, il comptera parmi ses rédacteurs d'anciens préfets: Ganavan, Visinet, Degouve-Denuncques. Encore mis en danger par le coup d'Etat de Napoléon III, le quotidien rouennais poursuit son existence en accordant une part de plus en plus grande à la littérature, l'histoire locale, les sciences.



Théodore Visinet

Eugène Noël

En 1880, il est dirigé par Léon Brière, fils de Thomas-Napoléon Brière de Lisle, de tendance Union des gauches et qui préside le syndicat départemental de la presse républicaine en 1890.
Tirage cette année-là : 15 000 exemplaires. Il est dirigé par Lafond en 1900 et comptera des signatures comme Georges Dubosc, Jehan Le Pauvremoyne, Gabriel Reuillard.
De 1911 à 1926, le titre devient Journal de Rouen et des départements de la Seine-Inférieure, de l'Eure et du Calvados. Puis Journal de Rouen, journal de Normandie. En 1936, il dépasse les 34.000 abonnés mais sa collaboration durant l'Occupation lui vaudra de disparaître... pour renaître sous le nom de Paris-Normandie.


Le Nouvelliste de Rouen, fondé en 1830 par M. Rivoire sous le titre de l'Echo de Rouen. En 1839, il devient le Mémorial de Rouen, puis, en 1859, le Nouvelliste de Rouen.
Cette année-là, Charles Lapierre, gendre de Rivoire, lui succède. (Photo ci-contre).  Poitu dans le registre culturel, fort bien rédigé, c'est un journal conservateur qui soutient Napoléon III.
Le rédacteur en chef en est alors Gustave Claudin. A la chute de l'Empire, le Nouvelliste s'oriente vers les thèses orléanistes. Eugène Souchières fut rédacteur en chef de 1875 à 1885. Le Nouvelliste aura absorbé successivement Le Courrier de Rouen, L'Impartial, Le Messager et La Normandie. 6 000 exemplaires en 1885. A Souchières succèdera Eugène Brieux en 1885. En 1892, Lapierre prend sa retraite et le journal perd son titre en fusionnant avec Le patriote de Normandie. Le titre reparaît cependant en juillet 1899. La rédaction était rue Saint-Etienne-des-Tonneliers.
Repris en 1904 par le groupe catholique La presse régionale fondé la même année. Puis par M. Féron-Vrau. Cesse de paraître le 1er novembre 1908. On y retrouve nombre de faits divers concernant notre canton. Parmi ses rédacteurs : Audemard, Vergniaud, Charles Brainne, Ernest Boysse, Louis Vuillot, Edmond Texier,  Jules Domergue...

La dépêche de Rouen. Journal fondé le 1er juillet 1903 par Henri Texcier, 10, quai du Mont-Riboudet puis 20, rue Saint-Etienne-des-Tonneliers. Rédacteur en chef en 1909 :  Ernest Morel.
A la veille de la Première guerre, ce sera le principal concurrent du Journal de Rouen qui tire à 70 000 exemplaires. La Dépêche, 25 000, est lue dans quelques bourgs mais ne pénêtre pas la campagne. De tendance anticléricale, elle aura le philosophe Alain pour collaborateur.
A cette époque, Le Havre a quatre quotidiens. On compte une cinquantaine de périodiques dans tout le département. Chaque ville ayant souvent un journal de droite et un journal de gauche.
En 1940, le directeur de la Dépêche est M. Caste. Parmi les rédacteurs : Robert Delamare et Emile Vitecoq...

L'autre Journal de Rouen...
En 1927, Léon Croisé fonda un hebdomadaire portant le titre de Journal de Rouen Saint-Sever. Ce titre avait déjà été porté en 1883, sous la direction de Mme Guéroult qui publiait aussi Le Rabelais, en perpétuelle polémique avec le journal satirique La Lorgnette. Mme Guéroult était l'épouse d'un horloger, dernier descendant de Boieldieu.


L'Emancipation normande fut un mensuel éphémère qui parut de novembre 1849 à juillet 1850. Il compta parmi ses correspondants M. Lhonorey, de Jumièges. Letellier, l'un de ses rédacteurs, fut condamné par la justice de Napoléon III.

Mais aussi...

La Vigie de Dieppe fondée en 1836 consacre des informations à notre canton. En 1944, elle donnera naissance aux Informations dieppoises.


Le Magasin normand, d'abord appelé Le Magasin brayon, fondé en 1862 à Neufchatel-en-Bray, il change de titre en 1865. Dirigé par J.-E. Decorde, il donnait aussi des informations concernant notre canton. Notamment les mouvements de prêtres dans le diocèse.
Le même journal publiait des « blagues » comme celle-ci : Un nouveau journal annonce qu'il sera rédigé par des imbéciles et lu par d'autres. On assure que les fondateurs sont convaincus qu'ils ont pris l'unique moyen de ne manquer ni de rédacteurs ni de lecteurs.

Pour l'anecdote, en décembre 1882, un duel au pistolet opposa Coulond, rédacteur de L'Echo honfleurais et Lavaux, propriétaire du Journal d'Honfleur. Il n'y eut aucun blessé....


Le Mémorial cauchois A Fécamp, une gazette est attestée en 1792. Mais c'est dans les années 1880 que naît Le Mémorial cauchois, bi-hebdomadaire radical qui ouvre ses colonnes à un certain... Guy de Maupassant ! Il est, en 1890, concurrencé par Le progrès de Fécamp, feuille conservatrice. Les deux journaux vont co-exister jusqu'en 1939. Après cinq ans de silence, Le Mémorial reparaît le 1er septembre 44.


L'Elbeuvien fondé en 1881 par Henri Saint-Denis qui avait sa résidence à Heurteauville. Bi-hebdomadaire radical, il tire à 3.700 exemplaires en 1907. A partir de 1919, c'est le journal le plus lu dans tout le canton d'Elbeuf où un habitant sur cinq l'achète. Ses comptes-rendus des conseils d'Administration de la Caisse d'Epargne et de la Chambre de Commerce on permis de reconstituer l'histoire de ce dernier organisme dont les archives ont été détruites. L'Elbeuvien paraît sous différents titres dans les vallées industrielles de l'Eure : Le Lovérien, L'Eure et L'Iton, La Risle... Il publie aussi des suppléments spécialisés comme Le Jacquart, bi-mensuel technique. L'Elbeuvien est paru jusqu'en 1944. Il avait pour concurrent Le Journal d'Elbeuf, fondé par Houzard. Mais aussi L'industriel Elbeuvien.

Les Petites nouvelles, fondé à Pavilly, place de la Halle-aux-Grains, en 1893, il avait pour sous-titre Journal d’informations locales et d’annonces de Pavilly, Barentin, Duclair, Malaunay, Le Houlme, Monville, Clères et Maromme. C’est un bihebdo paraissant le jeudi et le dimanche. Dirigé par Paul Boulanger en 1909. Publie également L'Almanach des Petites nouvelles et L'Annuaire des cantons. Annuaire de Pavilly, Malaunay, Barentin, Monville, Duclair,. Clères et de l'arrondissement de Rouen. (BNF/8- LC22- 861)
Cet exemplaire appartenait à M. Heurteault, instituteur et secrétaire de mairie à Saint-Pierre-de-Varengeville (numérisation : Jean-Pierre Hervieux).


Revue du Pays de Caux. Bi-mensuel politique et littéraire fondé à Caudebec en mars 1902. Directeur : Pierre de Coubertin ! Le fondateur des Jeux olympiques a en effet passé son enfance dans le château de sa mère, à Mirville. Entièrement financé par la publicité, son magazine est distribué gratuitement un peu partout en Normandie et connaît un certain succès.


Le Travailleur normand. Organe républicain de la Seine-Inférieure, de l'Eure et du Calvados. D'abord cantonné aux cantons de Boos, Elbeuf et Grand-Couronne, il développa une rubrique consacrée au canton de Duclair. Là, en 1898, on le trouvait chez Picard, marchand de tabac.


Le Courrier normand des quatre cantons de Clères, Duclair, Maromme et Pavilly. Hebdomadaire publié du 13 septembre 1927 au 30 avril 1932. Jusqu'au 1er sept. 1928 chaque fascicule paraît en trois éditions portant le même n° : édition de Duclair le mardi, édition de Pavilly le jeudi, édition de Clères et Maromme le samedi. Apartir du 8 septembre 1928 paraît en une seule édition le samedi.  En 1932, il est publié. à l'occasion des élections législatives du 1er mai pour soutenir la candidature d'André Marie. Le Courrier normand est conservé à la BNF sous la cote  JO- 94330.


L'Union des travailleurs. Organe des sections socialites SFIO des cantons de des cantons de Duclair, Clères, Maromme et Pavilly. Parut en juillet et août 1938.


La presse havraise était avant tout destinée aux négociants comme Le Courrier du Havre ou Le Journal du Havre  (1819-1939).  Le Petit Havre (1816-1944) deviendra Le Havre libre, Le Journal du Havre deviendra Havre Presse.

Le Bulletin religieux. N'oublions pas enfin la presse diocésaine. Le Bulletin religieux de l'Archidiocèse de Rouen, hebdomadaire, a ses abonnés dans le canton. Il a succédé à la Semaine religieuse.

En 1940, Eugène Leroux est président du Syndicat des journaux non quotidiens de la Seine-Inférieure, Gaudry administrateur du Journal de Rouen et trésorier de l'Association des Journalistes professionnels de Normandie, E. Leroux directeur du Messager de Darnétal,
D. Lasne, directeur du Progrès de Bolbec, V. Chopart directeur du Havre Eclair, René Randollet administrateur-délégué du Petit Havre qui compte pour rédacteurs Jehan Le Povremoyne et P. Duval. Le directeur de son imprimerie est André Maugard. MM. Homolle dirige l'agence Havas de Rouen, Lelaurin celle du Havre.


APRES LA SECONDE GUERRE...

La collaboration, la Libération, nombres de journaux disparaissent, d'autres changent de nom. Dans le canton, on lira...

À la Libération, Le Journal de Rouen est interdit de publication pour collaboration. Il devient Normandie, puis Paris Normandie le 1er janvier 1947. Sa gestion est confiée à la Société normande de presse républicaine, au sein de laquelle siègent 36 membres désignés par la Résistance. Pierre-René Wolf est nommé directeur.
L'éphémère Normandie.
(Collection JR Legallet)
Dans les années 50-60, les lecteurs participent avec ferveur au concours annuel Poustiquet. Après avoir fait longtemps référence, Paris Normandie décline. Il est repris par Hersant. 2005: départ de nombreux salariés, fermeture de rédactions locales à Pont-Audemer, aux Andelys, à Verneuil-sur-Avre...

En 2006, le siège est transféré à Déville-lès-Rouen. Le quotidien passe au format tabloïd le 27 mars 2007.

14 avril 2010 : pour la demi-finale de la coupe de France US Quevilly / PSG, le quotidien est rebaptisé Quevilly Normandie. Ce dont je lui serai éternellement reconnaissant.

28 avril 2010, le journal lance son nouveau site internet, devenu payant.








Né le 28 février 1948 de la fusion du Petit cauchois et du Réveil d'Yvetot, il est édité par l'entreprise « Société cauchoise de presse et de publicité », 2, rue Edmond-Labbé à Yvetot. Le tirage hebdomadaire annoncé de 40 000 exemplaires le place comme le deuxième hebdomadaire régional français après La Manche libre. André Bettencourt a été son administrateur majoritaire. Lui même ancien rédacteur de Terre française, il signait un éditorial à chaque élection et pour la nouvelle année.
On mettra au crédit de cet hebdomadaire un intérêt pour l'histoire locale et la langue cauchoise. Son secteur édition a donné des ouvrages indispensables comme Le patois cauchois de Raymond Mensire ou encore Les cauchois et leurs croyances de Jean Duterroir.
En 1974, le journal a eu un rival déclaré : Le Réveil du Pays de Caux avec pour sous titre : Ce que ne dit pas le Courrier cauchois : toute la vérité. Ce qu'il ne fait pas : donner la parole à tous. Dirigé par C. Le Cœur, il était imprimé à Gravenchon.


Fondé à Rouen en 1950, l'hebdomadaire a compté Roger Parment comme directeur et rédacteur en chef. Décédé en 1992, il fut aussi journaliste à France 3 Haute-Normandie, maire de Moulineaux où il restaura le château, adjoint au maire de Rouen où il créa le musée Jeanne-d'Arc. Le journal a publié aussi les chroniques d'André Renaudin, fondateur de Rouen Gazette en 1924, rédacteur en chef adjoint à Paris-Normandie
Dans nos villages, Liberté dimnche passait pour un journal à sensation. Il est aujourd'hui sous la coupe de Paris-Normandie


Le Havre Presse. Créé en 1948, le journal Le Havre change de titre et devient Le Havre Presse en 1968. Le Havre a été longtemps indépendant, représentant localement la droite face à son concurrent communiste Havre Libre. Il est passé ensuite sous la coupe du groupe Hersant, lequel a racheté Paris-Normandie et même le Havre Libre. Bien qu'ayant conservé leurs titres respectifs, les trois journaux publient désormais les mêmes informations.
Figures : Marcel Leteurtre et Patrick Landreau, secrétaire général du club de la presse au Havre.

Le Havre libre Créé à la Libération, le quotidien a longtemps fait partie de la presse communiste avant de passer sous la coupe du Groupe Hersant Média (GHM), également propriétaire de Paris-Normandie et du Havre Presse, qui furent jadis ses concurrents.
Figures : Roger Mayer, directeur, Daniel Fleury, André Ponsot-Nicol, journalistes...

Le Progrès de Fécamp.
Groupe Hersant Madia.

Les Informations dieppoises, Groupe Publihebdos, filiale du Groupe Sipa - Ouest-France.

Le Réveil de Neufchâtel, Groupe Publihebdos.

L'Éclaireur Brayon. Diffusé dans le Pays de Bray, aussi bien en Seine-Maritime que dans l'Oise. Il a fusionné avec la Dépêche du Pays de Bray en juin 2002, les deux titres continuant à paraître sous la forme de deux éditions d'un même journal. L'Éclaireur est maintenant diffusé à 3 300 exemplaires (payés) et la Dépêche à 3 100, ce qui fait un total de 6 400 exemplaires. Il fait partie du groupe Publihebdos.


Le Journal d'Elbeuf. Diffusé le mardi et le vendredi dans l'Eure et la Seine-Maritime. Couvre les cantons d'Elbeuf, Caudebec-lès-Elbeuf, Amfreville-la-Campagne, Bourgtheroulde et Pont-de-l'Arche. Fondé en septembre 1929 par Achille Houzard, il reprend un titre paru de 1832 à 1840.
En 1940, contrairement à L'Elbeuvien lancé en 1881, Le Journal d'Elbeuf choisit de se saborder. Le 9 septembre 1944, il reparaît tandis que son concurrent disparait.
Bihebdomadaire, Le Journal d'Elbeuf, eut un temps deux éditions. Il a été repris au milieu des années 70 par le groupe Hersant qui l'
a été cédé le 1er octobre 2007 à Publihebdos. Fait partie du groupe de presse des Hebdos normands.

La Criée cauchoise fut un hebdomadaire gratuit dirigé par C. Casier sur différents cantons dont celui de Duclair . De 4 à 12 pages, il parut en  1977 et 1978.

Les deux Léopards fut le titre d'un trimestriel de quatre pages des anciens FFi paraissant notamment sur le canton de Duclair. Il était imprimé en 1955 chez Bretteville, à Yvetot.



Quiz

Participez à l'historique de la presse locale. Adressez-nous la biographie de ses journalistes, des titre oubliés, les anecdotes sur leur parution, votre sentiment sur la presse normande d'aujourd'hui...

NB
En 1890, la Seine-Inférieure comptait 24 journaux républicains, 17 conservateurs et 46 divers. Vingt ans plus tard, les républicains progressistes sont 31, radicaux et radicaux socialistes 6, socialistes 5, divers 109, conservateurs et libéraux 10.


SOURCES

Maillard. Jean-Pierre Hervieux a consulté la série 3 M des archives départementales de la Seine-Maritime ainsi que l'ouvrage de Robert Eude , Le conseil général de la Seine inférieure, Rouen, imp Lainé, 1942.
Cartophiles de Caudebec.
Répertoire des AD76. Document lacunaire...
Le Réveil d'Yvetot, 30 mars 1940, (collection de l'auteur).
Paul Bonmartel, Mémoires du Trait.