
1204. Trahi par certains de ses nobles, Jean-Sans-Terre, roi d'Angleterre, perd son duché de Normandie, défait par Philippe Auguste. La gourmandise du nouveau monarque stoppe l'essor de Jumièges.
1205 : Emme de Barneville, mère de Guillaume, généreux donateur de l’abbaye, vint s’établir à vie au moutier, nourrie de la portion des religieux par un domestique. Ce qui inspira à Aliz Le Bigue le même désir contre rentes foncières.
Un accord amiable fut passé avec Thomas d’Yville. Celui-ci eut droit de moute franche dans les moulins de Duclair, de panage pour ses porcs dans la forêt. Venant à l’abbaye les veilles de Noël et de Pâques, il pourra y résider trois jours avec sa femme, un écuyer, trois serviteurs, une servante, six chevaux !.. On lui servira le pain, le vin comme aux religieux, trois mets à dîner et deux à souper.
Domestiques et chevaux seront nourris comme ceux des religieux. En compensation, les moines feront moudre les vassaux d’Yville à leurs moulins, y exerceront la justice, se feront tracer un chemin dans les bois de Beaulieu et de la Londe, Thomas accompagnera l’abbé dans ses voyages en Normandie… Vingt ans plus tard, cet accord fut réduit à peau de chagrin.
1208 : la communauté bénéficie d’un sceau qui lui est propre. Il est enfermé sous trois clefs. L’une entre les mains de l’abbé, l’autre du prieure, la dernière d’un religieux du cloître. Chaque mois, les baillis des juridictions de Jumièges, Duclair et Hauville viennent présenter leurs comptes à une commission de cinq membres…
En 1209, Roger Filleul est celui qui est chargé par les moines de convoquer paysans et habitants. Il conteste les conditions de sa charge héréditaire et un accord est trouvé.
1er janvier 1210 commence une gelée qui va durer deux mois. De sorte que les semailles d’hiver furent compromises. Celles du froment en particulier rapporta moins que ce que l’on avait semé. Le 4 septembre, le pape confirme à Jumièges la possession des trois églises de la péninsule.
C’est alors que l’abbé Alexandre montra quelque fatigue à une coutume bien ancrée. Pour la fête de saint Pierre et saint Paul, nombre de bienfaiteurs de l’abbaye venaient ici pour y loger. Avec chevaux et domestiques. Ces bruyants messieurs se faisaient servir en leurs appartements. Certains y renoncèrent de bonne grâce en attribuant même pain et vin le jour de la fête. D’autres protestèrent. Mais n’osèrent approcher le jour de la fête de 1211. Ils finirent par renoncer à leur privilège. Mais pas tous comme nous le verrons… Toujours le jour de la fête, nombre de fieffés recevaient des offrandes. Cette même année 1211, Raoul de Rokelunt renonce à ses quatre pains, son demi setier de vin, son demi setier de cervoise, sa moitié de mouton. Peu avant lui, Raoul du Mesnil-Vacher en avait fait de même pour des dons similaires que percevaient ses ancêtres.
1213 A Alexandre succéda Guillaume de Rançon, 42e abbé dont on voit ici la dédicace.

L’aumônerie fonctionne à plein. On occupe un moulin à eau deux jours par semaine pour fournir le pain. Ce qui représente quelque 50 boisseaux de grain par semaine. L’aumônier distribue le pain le lundi, le mercredi, le vendredi et le samedi de chaque semaine.
1232 : L’hiver de fut rude. Une forte gelée commença à la Noël pour ne s’évanouir qu’avec la purification de la Vierge…
L’écuyer de l'abbé
1235 : Ce territoire étant fief ecclésiastique, il n'y avait ici nulle noblesse. Si ce n'est un écuyer, flanqué d'un domestique. En 1235, écrivent les chroniqueurs du moutier, l'abbé d'alors étant vieux, il rechercha une sorte de maréchal de logis. Plusieurs jeunes gens du peuple se proposèrent…
En fait, la charge semblait déjà exister. On note déjà un Mathieu Maréchal en 1200 et 1207, un Richard Maréchal en janvier 1212. Son épouse était Denise et Aubin leur fils aîné. Ils tenaient un fief dit de la Maréchaussée. Cette année-là, ils renoncèrent au profit de l’abbaye à toutes les dîmes en raison de ce fief, tant en blés qu’en vins, fruits et autres et une parie de champart qu’ils percevaient d’un dénommé Guillaume Saukes.
Richard est alors représenté sur un sceau, à cheval, vêtu comme un chevalier et tenant dans a main droite non une épée mais un rameau d’olivier. En mai 1234, une charte précise les charges et droits de Richard. Toujours le même sceau.
Richard Le
Maréchal recevait chaque jour deux pains, une mesure de vin
ou autre boisson. Il se devait d’accompagner
l'abbé dans ses déplacements.
Jusqu’à Rome s’il le fallait. Chemin
faisant, il portait le froc du prélat, achetait le foin et
tout ce qu’il fallait pour les chevaux.
L’abbé mangeait-il dans sa chambre,
l’écuyer partageait son repas avec lui. A son
retour, on lui servait encore pain, boisson et
l’équivalent de six œufs ou quatre
harengs. Quand venait la guerre, alors il enrôlait des
soldats dans les dépendances de Jumièges, les
entraînait, les portait aux armées du roi. Il
apprenait aussi aux habitants des trois paroisses de la
péninsule à se battre à pied,
à cheval... L'abbé recevait-il une sommité que son écuyer était tenu de servir à table. C'était lui qui se faisait le messager de ses présents, l'agent de recouvrement de ses droits.
L'homme d'armes ne pouvait prêter sa monture ou quitter la presqu'île sans le consentement de son maître, et encore lui fallait-il se faire remplacer par son fils pour veiller sur l’écurie, faire distribuer le foin et l’avoine, acheter les équipements.
Il mangeait comme les religieux qu’il accompagnait à l’occasion pour les affaires de l’abbaye. Mais il faisait bonne chère aux fêtes, lui et son domestique. Sans parler de son chien de garde. On lui donnait régulièrement des deniers pour l’achat de souliers. L'écuyer bénéficiait d'importants appointements de cinq mines en blés, en bois… Du droit de panage pour ses porcs dans la forêt... De 48 deniers d'argent. Du droit de franchise dans tous les ports, marchés et foires de l’abbaye.
A lui d’assigner en justice les vavasseurs de Jumièges, d’Yainville et du Mesnil si l’abbé ou le bailli lui en donnaient l’ordre.
Richard le Maréchal avait la garde du Grand pré dont on venait de faire une terre de labour.
Son cheval était logé et nourri dans l’étable de l’abbaye. Là, il avait droit aux cuirs des montures de l’abbé, à sa vieille selle.
L’écuyer fut si apprécié qu’il géra bientôt les intérêts de l’abbaye. Il fait renoncer Guillaume de la Houssaye au droit de heurtage entre Yville et Port-Jumièges, Pierre de Briône, seigneur du Landin, au quai qu’il avait érigé au pied de son château. Il attire les dons sur Duclair, Saint-Paër et autres lieux. Était-ce lui qui était chargé de la police ? Il y avait à l'abbaye une prison et l'on vit, jusqu'à la Révolution, un pilori sur la place de Jumièges...
1240 : l’abbé Guillaume de Courdieu, dit de Rouen alla faire obéissance à l’archevêque de Rouen. A l’occasion Jumièges se plaignit que son archidiacre avait entrepris la visite des trois églises de la péninsule et exigé de leurs curés un droit de procuration dont ils avaient toujours été exempts. Pierre de Colmieux soutint avec force que ces pasteurs n’avaient d’autre supérieur que l’abbé de Jumièges, le pape, l’archevêque en certains cas seulement. Une sentence de septembre 1240 exempta les trois curés du droit de gîte de l’archidiacre mais Jumièges lui devrait vingt sols, Yainville 12, et le Mesnil 8 à chaque visite. Bien que l'abbé demeura le seigneur-patron de chaque paroisse, les curés de la péninsule furent désormais soumis à l'autorité de l'archevêque de Rouen et l'archidiacre viendra procéder régulièrement à la visite canonique.
Duel à l'abbaye
Jadis, le duel judiciaire était considéré comme la manifestation du jugement de Dieu. Quand un litige entre deux personnes ne trouvait pas de règlement judiciaire, il était admis de faire parler le sang. Cet affrontement se déroulait sous la présidence d’une autorité éventuellement ecclésiastique et s’accompagnait d’un cérémonial religieux. C’est ainsi que l’on retrouve deux exemples de duels judiciaires supervisés par un abbé de Jumièges. Le premier dans les années 1050 sous l’abbatiat de Robert. Il opposait deux vassaux de l’abbaye. Tout ce que l’on en sait, c’est que ce duel aurait dû se dérouler au Vieux-Verneuil. Mais parce qu’il ne s’y trouvait sans doute pas de local convenable, l’abbé arrêta avec Gilbert Crespin qu’il se déroulerait dans le champ-clos du château de Tillières.
Les auteurs citent pour second exemple la date de 1240 en précisant qu’un duel s’engagea dans la cour temporelle de l’abbé de Jumièges entre deux prétendants à une prévôté. La partie du champion vaincu eut à payer 41 sous tournois à l’abbé et 16 au vainqueur pour chaque blessure reçue. Le dernier duel judiciaire connu est celui ou fut porté le fameux coup de Jarnac, en 1547. Cette pratique aura duré plus d’un millénaire…
1242 : Adam de Conihout lègue à l’abbaye tous ses biens du Mesnil, terres et maisons, pour y cultiver la vigne.
1243. Quand vint l’échiquier de la Saint-Michel, un jugement fut rendu en faveur de paysans qui avaient été désaisis par les moines de leur droit de pâturage dans les marais d’Heurteauville. Etaient concernés : Guillaume du Jardin, Pierre Le Coc, Guillaume Bernart, Michel Mahommet, Robert Herbert, Geoffroi Gondain, Pierre dit Regem, Rodolphe Hervé, Rodolphe Tuevaque, Mathieu Le Gal, Robert Hervé, Anfridum Malet, Jugues Le Chevaler, Gocelin Bréart, Auvredum du Jardin, Emmeline du Jardin, Aubereda Lagoche, Pierre Le Cointe, Béatrice Le Mahommete, Agnès du Jardin, Rodolphe Chief de fer. Un mandement avait été adressé à ce sujet à Jean Girard quelque trois années auparavant.
7 novembre 1247, mort de l'abbé Guillaume, remplacé un an par l'ancien prieur, Guillaume de Fors, de Rouen, 44e abbé.
1248 Robert d'Etelan, 45e abbé, plus occupé à courir ailleurs des plaisirs interdits.
Juillet 1248. L’archevêque de Rouen, Odon Rigaud, est en tournée. A Jumièges, il découvre que les frères Guillaume de Baunay et Guillaume de Bourg-Achard sont infestés « d’un détestable vice ». Il les renvoie vers d’autres monastères et démet le sous-prieur accusé de semer le trouble parmi les frères.
Mes ancêtres les Mainberte
1248 est la date où apparaît le nom des Mainberte. Cette mention concerne un échange de terrains à Jumièges. J’y vois deux de mes ancêtres : Hugues de Mainberte et Guillaume Clarel…
Ce jour-là,
Guillaume et Richard le Meteier, deux frères, firent un
échange de terrain avec Symon Le Denere. Leur terre
était comprise entre celles de Guillaume d'Alenchon et
d'Hugues de Mainberte et aboutissait aux possessions propres du
monastère. La terre de Symon était quant
à elle sise entre celle de Robert, fils de Marguerite de
Perier et celle de Guillaume Quinet, non loin de la Seine. Voici donc quels étaient les contemporains de notre Hugues de Mainberte que le scribe écrit ainsi en latin : Hugonis de Manuberte. D'autres personnages, témoins de cette charte ont pour noms Robert de la Porte, Guillaume Filleul, Guillaume Clarel, Guillaume d'Anneville... Ils connurent le bref abbatiat de Guillaume de Fors, 44e abbé que l’on enterra en fin d’année à l’église Saint Michel, la maladrerie située entre les églises de Jumièges et Yainville. Un établissement en faveur duquel existait une foire. (Lire l'article sur les Mainberte et leur fief
)
1250 :
Etelan
quitte sa cinquantaine de moines, dont trente sont prêtres,
et se rend dans un manoir d’Hauville. Il y restera cinq mois
à chasser ! Il délaissera
Jumièges la moitié du temps pour Honfleur, le
manoir de la cour du Mont à Duclair, Quillebeuf. Quillebeuf
avec qui il se chicane pour des droits de pêche. Etelan fit
emprisonner à Jumièges cinq anciens de cette
ville. Du coup, les Quillebois allèrent trouver Etelan pour
l’invectiver, rosser ses domestiques, frapper même
la femme du fermier. Il fallut l’arbitrage du roi pour
libérer les otages. Les moines
excédés lui nommèrent un successeur
dès 1253, Richard de Bolleville. Voilà quelques
échos que perçut forcément Hugues de
Mainberte.Et voilà Gilles de Mainberte
| "Gemeticensis Redditus ad festum Sancti Michaelis in monte tumba ... Egidius de Mainberte, XXI denarios ...Redditus de gemetico ad nathale domini ... Egidius de Mainberte, XXI denarios et un caponem." |
Voilà qui signifie qu'un certain Gilles de Mainberte, habitant Jumièges, dut s'acquitter auprès de l'aumônerie de 21 deniers à la Saint-Michel et la Noël pour laquelle il ajouta un chapon. Seuls les notables cotisaient à l'aumônerie destinée à secourir les pauvres.
Cette aumônerie de manque pas de besogne. Tous les lundis, mercredis, vendredis et samedis, on distribue un nombre invraisemblable de pains aux indigents. Chaque semaine, un moulin à eau tourne deux jours entiers pour moudre 50 quintaux de grains destinés aux pauvres. Depuis l'assassinat de Guillaume Longue Épée, chaque 16 décembre, on repartit 120 boisseaux de froment entre les malheureux. Voilà à quelle entreprise concourrait Gilles de Mainberte.
1254 Philippe Maréchal, écuyer de l’abbé, est signalé en 1254 et 1259.
1262 : un arrêt de la Cour condamne l'abbé à enlever un pieu placé, 20 ans auparavant, dans le cours de la Seine au-dessous de Jumièges, de manière à gêner la navigation, et à restituer les dommages causés à Etienne Manseboc, de Pontoise, et à un marchand de Flandre dont ce pieu avait fait sombrer le vaisseau et perdre les marchandises.
| 1270.
Dès la mort de saint
Louis, en 1270, l'activité architecturale reprit
à Jumièges. 1272. Mort de l'abbé Richard de Bolleville. 1278. Dans la campagne, Robert Dalenchon renonce pour de l’argent aux offrandes perçues pour servir le cellérier. Le maître-autel de l'abbaye est remplacé et dédicacé par Guy du Marle, vêque de Lisieux. 1280. Denise La Marescale, femme de Jean Martel, renonce pour 8 livres tournois le droit qu’elle avait de recevoir des religieux une tunique du fait de son fief de la Maréchaussée. |
ELLE
TRAVAILLAIT UN DIMANCHE !
L'existence
de la léproserie de Sainte-Marguerite
de Ducler nous est
révélée, par la visite que fit en
cette maison Eudes Rigauld,
le 4 des Nones de novembre 1264. Ce prélat ayant surpris une
femme travaillant le dimanche, et conduisant une voiture
attelée avec les trois chevaux d'Odon de Ducler, la condamna à
une amende de 10 sols, et il enjoignit au doyen de Saint-Georges d'en
distribuer la moitié aux lépreux de Ducler et l'autre
moitié à l'hôpital dudit lieu.
|
1289. Abbatiat de Guillaume Becquet, 48e abbé.
1296, nos Mainberte virent s'ouvrir à Jumièges un marché où se retrouveraient des siècles durant pêcheurs et paysans de la péninsule. Ce fut aussi à cette époque que s'établit une foire. Elle allait rapporter aux moines 5 livres de rente annuelle pour l'entretien de la léproserie, située un peu plus haut que l'église, dans la plaine de Yainville. Fixée le dimanche des Rameaux, elle fut cependant boudée par les habitants.
Au Moyen-Age, certains seigneurs cèdent leurs droits à l'abbaye. D'autres y tiennent. En 1300, Guillaume d’Yville renonce à son setier de vin et de cervoise, ses quatre pains blancs et bis, le mouton qui lui étaient dus "le jour de messieurs saints Pierre et Paul". Le moustier compte 60 moines.1304. Voilà tout juste cent ans que la Normandie est en France. En juin 1304, "contract passé entre les religieux de l'abbaye de Jumièges et Richard dit Manchon, Robert, dit Levindel" concernant l'entretien d'un fossé courant à Conihout.

La
maison de la Vicomté du Passage fut louée aux
fermiers du
bac de Jumièges de 1338 à 1791. La cale se
trouvait
à ses pieds. Ce n'est qu'un XIXe siècle que la
nouvelle
route du bac, plus en aval, a été ouverte et la
cale
déplacée.
1311: un bureau de la vicomté de l’eau s'ouvre au bout de la Neuve-Quesnaie, au Kay du Roy. Toute marchandise soumise aux droits de vicomté, chargée au port de Jumièges ainsi que dans les havres de Jumièges à Rouen pour être transportées à val, devait payer acquit entre les mains des « fermiers branchiers » ou des collecteurs de la vicomté de l’eau.
1315: Confrontés aux révoltes, les rois de France sont contraints de reconnaître la spécificité de la Normandie. Symbole des libertés locales, la Charte aux Normands restera en vigueur jusqu'au XVIIe siècle.
Ces invités indésirables...
Deux hommes s’étaient opposés à l’abolition du droit de gîte. On transigea avec ce même Guillaume d’Yville. Philippe de Claire, lui, ne voulut rien savoir. En 1316, il adresse à l’abbaye un domestique avec un cheval, quatre lévriers, huit chiens courants pour se nourrir à l’abbaye ! Et il s’installe à son aise.
Quand les moines l’interrogent enfin sur ses intentions, il rétorque que son maître allait pousser encore plus loin ses prétentions. On le renvoya vers son seigneur. De Claire pesta. Le bruit courait qu’il allait fondre sur Jumièges avec des gens armés. Il finit par exiger des moines foule de rentes sur des terres où ils les estimait ses vassaux. Député de Jumièges auprès de lui, Dom Guillaume Lenfant échappa de peu à sa fureur. Le comte se radoucit après son départ. Puis sa colère se ravive. Mais plutôt que d’user de violence, il porte l’affaire devant le bailli de Rouen. Outre ses prétentions recevables, il y ajoute trois exigences qui vont le perdre.
1 D’abord celle de faire nourrir tous les jours à l’abbaye l’équipage qu’il lui avait adressé.
2 La seconde est de pouvoir emprunter entre deux soleils un cheval de l’écurie monastique, à l’exclusion toutefois de celui de l’abbé.
3 Enfin, c’est de pouvoir s’installer quatre fois par an au moutier avec sa femme, son fils et sa suite.
De Claire était sûr de son influence. Mais les moines avaient la leur au plus haut niveau. Le comte dû bientôt négocier et la paix fut conclue avant la Saint-André de 1320. Les moines ne lui devront que des broutilles dont dix mines d’avoine qui seront livrées chaque année à la grange de la cour du Mont.
1318 "En cette huitième année, beaucoup furent ensevelis [la peste noire régnait alors en France]. Vers la fin d'avril, apparurent de grandes gelées avec une neige abondante et accompagnée de grêle, le 15 mai, la pluie tombant en abondance, les eaux occasionnèrent soudain de grands dégâts à Pavilly, dont la féconde vallée fui dépouillée de beaucoup de ses charmes."
Note sur une copie de Grégoire de Tours réalisée à Jumièges.
Les tracas de l’abbé Cornet portent, à la même époque, sur le fait que le maire de Rouen lui conteste le droit de haute justice sur la péninsule et dépendances. Une sentence de 1319 lui donne raison. A ses frais. L’abbaye vendait aussi son vin sur place, à Jumièges, mais aussi à Rouen sans payer de droits. Les fermiers de la vicomté de l’eau contestent. Empêchent le négoce en novembre 1324. On se retrouve bientôt devant la justice. Imbroglio. Les religieux triomphent finalement le jeudi après la Saint-Gilles de 1325.
1326,
l’abbé expose au chapitre son
projet : agrandir la chapelle de la Vierge en
détruisant celle qui se situe à
l’arrière. Il est applaudi.
Le
16 juin 1327, malade, meurt l’abbé Cornet,
remplacé par Robert VI dit de Bordeaux, religieux en
l’abbaye, 51e abbé. Le corps de Cornet fut
entouré de pauvres de Jumièges à qui
il avait légué des rentes qui leur seront
distribuées par l’aumônier. La
cérémonie eut lieu chapelle de la Vierge.
![]()
[1]
Actes de la chancellerie d’Henri VI concernant la Normandie.


