Eh bien non, ce n'est pas la fin du monde. Avec l'an mil s'ouvre l'âge féodal...

An mil : mort de l’abbé Gohéry dit encore Roderic, remplacé par Robert Hispaque, religieux de Jumièges. Le 25 e abbé.
1004. Il faudra attendre Raoul de Dijon, en 1004, puis l'abbé Thierry, 1014, 26e abbé, pour voir enfin Jumièges se relever et dès lors rayonner sur le monde occidental. Ainsi se referma une parenthèse d’un siècle et demi.

1025. Le duc Richard II donne aux moines de Jumiéges ses droits de pêche, depuis le Pont-de-1'Arche jusqu'au pont de Rouen, et du pont de Rouen au village d'Estaindrat.Village que l'on situe aux environs de Boscherville.

Le "chèque en bois" de Richard Le Bon


1026. En août c’est la mort du duc Richard Le Bon. On raconte que, pendant un de ses voyages de dévotion à l'abbaye de Jumièges, faisant un matin sa prière dans l'église, on lui présente le plat servant à recueillir les oblations ; au lieu du marc d'or ou d'argent qu'il donnait ordinairement, il n'y mit cette fois qu'un petit morceau d'écorce. L'étonnement se répand bientôt parmi les assistants sur la mesquinerie de cette offrande ; mais le duc, avant de sortir, le fit cesser, en déclarant qu'il entendait, par cette bûchette donner à l'abbaye les bois et le manoir de Vimoutiers, afin que les moines fussent plus attentifs à prier Dieu pour lui et sa postérité
1027 : L’abbé se plaint auprès du roi des invasions dans leurs domaines commises par un certain chevalier Hermann. Le souverain ordonne la restitution des biens de l'abbaye.
1036 : mort de l’abbé Thierry, remplacé par le prieur Guillaume, 27e abbé.
1037 : mort de l’abbé Guillaume, remplacé par Robert II, prieur de Saint-Ouen, 28e abbé
1040 : Les fondements de l’église Notre-Dame de Jumièges sont posés par l’abbé Robert, futur archevêque de Canterbury.

1042 : Epidémie très meurtrière.

1045: Godefroy, moine de Jumièges, 29e abbé.

1048 : mort de l’abbé Godefroy, remplacé par Robert III, moine du lieu, 30e abbé.
1055 : Robert, archevêque de Canterbury, meurt à Jumièges.

 Moine de Jumièges, Guillaume de Jumièges, peu avant 1060, rédige les Gesta Normannorum Ducum, les exploits des Ducs des Normands. En huit livres, il dépeint les mœurs normandes, les caractères. Le début est inspiré de Dudon de Saint-Quentin. Le huitième livre n’est pas de sa main. En 1070 Guillaume le Conquérant fait poursuivre l’œuvre de Guillaume pour détailler ses droits au trône d’Angleterre. Par la suite, Orderic Vital et Robert de Torigni poursuivront la rédaction pour inclure l’histoire jusqu’à Henri Beauclerc 

1066. C'est l'année où apparût une comète chevelue. L'abbé adressa au duc l'un de ses hommes forts, Guillaume, dit Clarellus, qui va participer à la conquête de l'Angleterre. Guillaume Clarel est le plus ancien Jumiégeois figurant sur une généalogie. Je suis l’un de ses descendants. Tout comme Tocqueville...

Les rats de saint Valentin

Vers cette époque, le culte de Valentin est déjà implanté à Jumièges. La légende veut que, lors d'un pèlerinage à Rome, un prêtre se vit confier le chef du martyr aux fins de l'offrir à une église de son pays. Longtemps, il le garda par-devers lui. Pris de remords, le remit enfin à l'abbaye de Jumièges où il prit le froc monacal.

Les moines, doutant de l'authenticité de cette relique ne lui accordèrent qu'une place subalterne. Mal leur en prit. Une armée de mulots envahit bientôt la presqu'île, dévorant grains et fruits. Famine. Alors Valentin apparut deux ou trois fois à un pieux cénobite, l'exhortant à porter en procession ses restes ici-bas. A peine avait-on obéi en chantant litanies que les mulots se précipitèrent dans la Seine. Un culte était né. Valentin fut honoré aux côtés de Philbert et Achard.



En fait, le duc allait bientôt consacrer la nouvelle église abbatiale. Impensable sans la présence de reliques. Celles de Philibert et d'Achard étaient, depuis les incursions normandes, en Cambrésis. Celles de Valentin revinrent en odeur de sainteté. Et puis, dit-on, on découvrit dans le sol même de l'abbaye des reliques enfouies à l'arrivée des hommes du Nord. Robert Champart, ancien abbé de Jumièges promu évêque de Londres dota aussi son abbaye de restes saints. Bref, le manque fut réparé et, le 1er juillet 1067, moins d'un an après la bataille d'Hastings, Guillaume Le Conquérant vient consacrer l'église N.-D.-Dame-de-Jumièges après 27 années de travaux. Une belle collection de reliques est bien en vue. Et toute la contrée est là pour acclamer le duc. Je suppose que mon ancêtre Guillaume Clarel est là. On dénombre l’archevêque Maurille, quatre évêques. Guillaume dote Jumièges de l’île d’Heyling, de l’église de Chewton... 

1078 : mort de l’abbé Robert à qui succède Gontard, 31e abbé. Cette même année, les moines de Saint-Ouen encerclent à main armée l’archevêque de Rouen alors qu’il célèbre la messe le jour de la fête du saint. Après concile sous la présidence du roi Guillaume, un des séditieux, Guynemer, est enfermé à Jumièges…


Gilbert, l'homme fort d'Yainville

A cette époque vit un certain Gilbert Lefèvre. Robert 1er lui fait don de plusieurs pièces de terre contre une rente annuelle de 28 sous. Le même Gilbert passe accord avec Robert Neveu pour des héritages sis à Tourville.

1080 : violente tempête en la nuit de Noël. En cette fin du XIe siècle, le duché connut l'anarchie et Jumièges fut maintes fois pillée. A nouveau, on pensa qu'elle ne s'en relèverait jamais.

1095 : Sécheresse et épidémies, mort de l’abbé saint Gontard. 

Les Jumiégois ont un nouveau seigneur en la personne de Tancard, prieur de Fécamp, 32e abbé.

1098 : le ciel parut flamboyer le 27 septembre. Le jour de Noël eut lieu une éclipse.

On construit l'église


Les habitants n'ont pour alors église paroissiale que celle de l'abbaye qu'ils partagent, le dimanche et fêtes, avec des religieux peu enthousiastes de voir accourir ici la cohorte des paysans après leur propre office. Après avoir occupé aux premiers temps la basilique de Saint-Pierre, ils communiaient à présent en la nef de la grande église. On y verra encore les fonts baptismaux. Les habitants avaient déjà élu Valentin pour protecteur et lui voulaient un sanctuaire. Ils se disaient prêts à l'édifier eux-mêmes et d'en supporter une partie des dépenses. Les moines aidèrent donc de bonne grâce la population à construire une église. On la voulut aussi belle que celles de la région. Sur la route de Yainville, on l'a plaça sous le vocable de Valentin. Ce fut un 15 novembre. Mais on ignore toujours quelle fut l'année de sa consécration. Seul Dumesnil, dans sa Seine Normande, ose les dates de sa construction : 1101-1127. Ce que l’on sait, c’est que l’église était alors surmontée d’un tour-lanterne semblable à celle de Yainville.

1101 : l’abbé Tancard est chassé de Jumièges, remplacé par Ursus, dit encore Urson, 33e abbé. Ce dernier fit tout pour refuser les suffrages de ses pairs. Lui, le doux, les menaçant d’un régime sévère. Rien n’y fit.

1104 : La foudre tombe en plusieurs endroits.

De nouvelles légendes


En ces premières années du XIIe siècle se situe une autre légende liée à Valentin. Dans la paroisse de Bliquetuit, sise à trois lieues d'ici, sévissait une peste. Les habitants implorèrent alors la venue du chef de Valentin. Dès son arrivée, le fléau cessa pour disparaître dans les trois jours. Une procession solennelle ramena la relique de Valentin à Jumièges. Baudry, l'évêque de Dol, en présidait la cérémonie et rapporta ce miracle alors qu’il séjournait à l’abbaye. En reconnaissance, les habitants de Bliquetuit vinrent de tous temps vénérer processionnellement le chef miraculeux chaque lundi de Pentecôte.

Quand se présentèrent de nouvelles calamités, moines et paysans invoquèrent encore Valentin. Ce fut le cas d'une terrible sécheresse. Le chef de Valentin fut porté jusqu'au Mesnil. Au retour, la procession regagna l'abbaye sous une pluie battante. Peu après, le saint rendit la vue au palefrenier de l'abbaye et guérit des ses langueurs le moine Urson qui, en 1093, devint abbé. Alors, cette fois, on disposa le chef de Valentin dans une châsse d'argent.

1112 : violente tempête en la Vigile de Noël. Les Anglais ravagent à leur tour l'abbaye. Ils revinrent en 1117. A Yainville, près de l'entrée du fossé saint Philibert, un champ portait autrefois le nom de cimetière aux Anglais. Mais peut-être date-t-il de la guerre de cent ans.

Condamnés à mort !


1113 : deux habitants de Jumièges furent condamnés pour complicité d’assassinat. Le clergé usa de son droit de grâce le jour de l’Ascension. Ce droit que l’on appelait « lever la fierté ». Nos deux compatriotes durent faire amende honorable, pieds nus, cierge au poing en haut de l’escalier de la halle de Rouen. Là, en signe de repentance, ils soulevèrent la châsse de saint Romain. Et regagnèrent la presqu’île.

1123 : Violent orage en la Vigile de la Saint-Martin avec grosse chute de grêle.
1127.  11 octobre : décès de l’abbé Ursus, remplacé par Guillaume, moine de la maison, âgé de 60 ans, 34e abbé.

1135.
Le 1er décembre, voire le 2 pour certains auteurs, mourut notre duc et roi d’Angleterre Henry. Ce que l’on sait, c’est que souffla la veille de sa mort une horrible tempête qui dura depuis le coucher du soleil jusqu’aux six heures du matin.

1136 : violente tempête en la Vigile de l’Epiphanie.

L'abbaye, parmi ses nombreuses dépendances, disposait d'un prieuré à Ouézy, alimenté par les dons de bienfaiteurs. Or voici qu'Herbert de Mery revient sur ses largesses. Conflit. En 1138, l'abbé Guillaume se rend sur place, escorté par ses officiers laïques. Dont Guillaume Clarel, époux de Rose d'Ouézy, mes ancêtres. Quand Guillaume Clérel vint à mourir, Rose et son fils concèdèrent aux moines de Jumièges le tiers de leurs vignobles anglais, le tiers d'un fief qu'ils possédaient à Ouézy et consistant en terres labourables, plants et pâtures, enfin l'abandon d'un droit de passage au travers du bois des moines.

1142 : Tremblement de terre au lendemain de l’Epiphanie. 10 août : mort de l’abbé Guillaume, remplacé six semaines plus tard par Eustache, prieur du monastère, 35e abbé.

 1144 : Après des années de querelles entre les descendants de Guillaume, la Normandie passe aux Plantagenêt. Geoffroy se fait couronner par force à Rouen.

1151 : Grande famine. La somme de froment se vend cinquante sous contre trente l’année précédente. Pluies torrentielles. Durant la seconde moitié de ce siècle, les moines mirent si bien en valeur l'abbaye qu'elle accrut ses possessions, entreprit des travaux, contribua à la rançon de Richard Cœur-de-Lion…
1155 : Pierre Ier, 36e abbé.

1156 : nos aïeux entendent de violents orages. Epizootie sur les troupeaux.          
1162 : Roger Ier, 37e abbé.

Les fermes du monastère furent encore dévastées lors des conflits entre Henri II et ses fils, de 1172 à 1174. Là se situe la légende de Roger 1er. Il mourut en 1177. 

1178. Le 20 mars, après sept mois de vacances, l’assemblée capitulaire élit Robert IV, dit d’Argences.

Robert, comte de Meulan, se précipite à l’abbaye. Ses pêcheurs de Norville et Vatteville s’opposent à ceux des moines, de l’autre côté de l’eau qui manifestement empiètent sur leur territoire. Ils vont en venir aux mains. Alors, le comte propose de faire pêche commune sous la surveillance de deux gardes qui partageront le poisson en parts égales. Ce qui fut affiché dans les deux paroisses.

1183 : le comte de Meulan est décidément généreux envers l’abbaye. Voilà qu’il lui fait don de la chapelle Saint-Philibert du Torp, en forêt de Bretonne, à condition d’y nommer deux religieux qui y prieront pour sa famille. Il pourvoira à leurs besoins. Et si jamais venait à manger au Torp, les mines avaient droit d’écuelle. Autrement dit un met de la table du comte et une ration de vin.


« L'ancienne chapelle, dont la construction remonte au commencement du XIIe siècle , existe encore dans la cour de la ferme; elle n'offre de remarquable que le portail de la porte d'entrée dont le cintre est garni d'un triple rang de zigzags, simples clans le premier compartiment , croisés en losanges dans le second, et doubles dans le troisième  Cette chapelle sert de grange à la ferme voisine. »[1]
L’abbé va bientôt rentrer dans la solitude, se faire sentir au regret de sa communauté mais aussi des habitants. Sauf un. Un qui, pour avoir copieusement insulté les religieux, fut longtemps emprisonné à l’abbaye. J’aimerais connaître son nom, perdu quelque part dans les archives…
10 juin 1190 : mort de l’abbé Robert, remplacé par le cellérier Roger II, 39e abbé, le 12 juillet. Il avait exercé douze ans ces fonctions. Nommé abbé, il se refusa à sortir du couvent et soit convoquait, soit députait pour traiter les affaires de l’abbaye.


Le sang de saint Paul

1185 : Raoul de Varneville, évêque de Lisieux, vient à Jumièges par dévotion. Il visite toutes les églises et chapelles de la péninsule. Celle de saint Amateur, dont on ignore l’endroit et qui appartenait peut-être à Maître Jean Justice, celle encore de sainte Austreberthe. Alors qu’il se recueille en la chapelle ruinée de Saint-Paul, au mont d’Avilette, il soulève l’autel… et découvre les restes de saint Paul, saint Clair et saint Cliriace. Rentré à l’abbaye, il adjure l’abbé de redresser la chapelle, de la faire desservir par deux religieux. Cette chapelle avait aussi pour nom Saint-Julien du Bout-du-Bosc.

1187 : on la relève effectivement et elle va devenir un lieu de pèlerinage où l’on vénère le sang du saint.

Malade, Roger de Pavilly s’y rendra en pèlerinage en compagnie de sa femme, de deux servantes, de deux soldats et de plusieurs vassaux. Roger guéri se déclara le serf  de saint Paul ainsi que sa femme et sa servante.
Détroussé par Robin des Bois !

L’abbé Richard Ier est sans doute celui dont parle un poète anonyme qui écrivit la vie du Robin des Bois français : Eustache Le Moine (Boulogne 1170 – Douvres 1217).
Eustache, qui aimait tant détrousser les abbés, tomba un jour sur celui de Jumièges. Combien as-tu sur toi ? Quatre marcs seulement, assure le prélat. Eustache en trouva trente. Il en garda 26 et en rendit 4 à l’abbé. Si l’abbé avait dit vrai, assure le poète, il ne lui aurait rien pris. Il traita ainsi un marchand de Bruges qui ne lui avait avoué le compte exact de sa bourse.
30 octobre 1191 : mort de Roger II, enterré avec un grand concours de peuple et remplacé le 16 décembre par Richard Ier, dit de la Mare, moine en ce lieu, 40e abbé.

En 1197, les guerres entre les rois de France et d'Angleterre provoquèrent une épouvantable famine en Normandie.
On se rua sur l'abbaye. La priorité des secours était bien accordée aux habitants de la péninsule.

Mais tout le monde exigea l'aumône et l'obtint. On nourrissait au monastère. On pouvait en repartir aussi avec du blé. On donnait du pain à celui-ci, de l’argent à celui là. La fin de cette calamité précéda de six mois la mort de l’abbé Richard, le 20 janvier 1198. 

1198 Trois semaines plus tard, on lui désigna pour successeur Alexandre, 41e abbé. Prieur, il était l’auteur d’une biographie de l’abbé Roger 1er, un ouvrage introuvable… Il avait aussi enseigné aux jeunes religieux, aux personnes du dehors, bref, fondé en quelque sorte une école réputée. Il fut béni le 15 février 1198.

Richard Cœur-de-Lion fonde le marché de Duclair


Pentecôte de 1198 : Richard Cœur-de-Lion, roi d'Angleterre et duc de Normandie, s'en vint passer les fêtes à Jumièges avant d'aller porter le fer contre le souverain français. Il y fut si bien reçu qu'il nous accorda trois mois plus tard droit de marché à Duclair.

Le monastère était prospère. On associait les pauvres de la paroisse aux grandes cérémonies. On leur lavait les pieds sous le cloître, on les servait au réfectoire avant de leur accorder trois deniers. Après quelques offices, l’abbé en personne, le grand chantre et les onze moines les plus anciens lavaient à leur tour les pieds de treize autres pauvres. Repas. Et cette fois douze deniers et une paire de souliers.

Que mange-t-on alors à l’abbaye ? soupe, légumes, hareng. Les quatre derniers jours de la quatrième semaine, cuisinier et pitancier font tout ce qu’ils peuvent pour servir le meilleur poisson. Le jeudi a lieu la seule collation qui consiste… en un verre de vin.

19 septembre 1200 : on enterre à Jumièges le comte Aubry de Dammartin. Son fils Renault, comte de Boulogne, lègue onze livres de revenus sur Lillebonne pour le repos de son âme.

Le rattachement à la France


1204. Enjeu de la rivalité avec les Capétiens, la Normandie est annexée par Philippe Auguste et rattachée à la France. La gourmandise du nouveau monarque stoppe l'essor de Jumièges.

1205 : Emme de Barneville, mère de Guillaume, généreux donateur de l’abbaye, vint s’établir à vie au moutier, nourrie de la portion des religieux par un domestique. Ce qui inspira à Aliz Le Bigue le même désir contre rentes foncières.

Un accord amiable fut passé avec Thomas d’Yville. Celui-ci eut droit de moute franche dans les moulins de Duclair, de panage pour ses porcs dans la forêt. Venant à l’abbaye les veilles de Noël et de Pâques, il pourra y résider trois jours avec sa femme, un écuyer, trois serviteurs, une servante, six chevaux !.. On lui servira le pain, le vin comme aux religieux, trois mets à dîner et deux à souper.
Domestiques et chevaux seront nourris comme ceux des religieux. En compensation, les moines feront moudre les vassaux d’Yville à leurs moulins, y exerceront la justice, se feront tracer un chemin dans les bois de Beaulieu et de la Londe, Thomas accompagnera l’abbé dans ses voyages en Normandie… Vingt ans plus tard, cet accord fut réduit à peau de chagrin.

1208 : la communauté bénéficie d’un sceau qui lui est propre. Il est enfermé sous trois clefs. L’une entre les mains de l’abbé, l’autre du prieure, la dernière d’un religieux du cloître. Chaque mois, les baillis des juridictions de Jumièges, Duclair et Hauville viennent présenter leurs comptes à une commission de cinq membres…
En 1209, Roger Filleul est celui qui est chargé par les moines de convoquer paysans et habitants. Il conteste les conditions de sa charge héréditaire et un accord est trouvé.

1er janvier 1210
commence une gelée qui va durer deux mois. De sorte que les semailles d’hiver furent compromises. Celles du froment en particulier rapporta moins que ce que l’on avait semé. Le 4 septembre, le pape confirme à Jumièges la possession des trois églises de la péninsule.

C’est alors que l’abbé Alexandre montra quelque fatigue à une coutume bien ancrée. Pour la fête de saint Pierre et saint Paul, nombre de bienfaiteurs de l’abbaye venaient ici pour y loger. Avec chevaux et domestiques. Ces bruyants messieurs se faisaient servir en leurs appartements. Certains y renoncèrent de bonne grâce en attribuant même pain et vin le jour de la fête. D’autres protestèrent. Mais n’osèrent approcher le jour de la fête de 1211. Ils finirent par renoncer à leur privilège. Mais pas tous comme nous le verrons… Toujours le jour de la fête, nombre de fieffés recevaient des offrandes. Cette même année 1211, Raoul de Rokelunt renonce à ses quatre pains, son demi setier de vin, son demi setier de cervoise, sa moitié de mouton. Peu avant lui, Raoul du Mesnil-Vacher en avait fait de même pour des dons similaires que percevaient ses ancêtres.

1213 A Alexandre succéda Guillaume de Rançon, 42e abbé dont on voit ici la dédicace.

L’aumônerie fonctionne à plein. On occupe un moulin à eau deux jours par semaine pour fournir le pain. Ce qui représente quelque 50 boisseaux de grain par semaine. L’aumônier distribue le pain le lundi, le mercredi, le vendredi et le samedi de chaque semaine.

1232 :  L’hiver de fut rude. Une forte gelée commença à la Noël pour ne s’évanouir qu’avec la purification de la Vierge…

L’écuyer de l'abbé

1235 : Ce territoire étant fief ecclésiastique, il n'y avait ici nulle noblesse. Si ce n'est un écuyer, flanqué d'un domestique. En 1235, écrivent les chroniqueurs du moutier, l'abbé d'alors étant vieux, il rechercha une sorte de maréchal de logis. Plusieurs jeunes gens du peuple se proposèrent…

En fait, la charge semblait déjà exister. On note déjà un Mathieu Maréchal en 1200 et 1207, un Richard Maréchal en janvier 1212. Son épouse était Denise et Aubin leur fils aîné. Ils tenaient un fief dit de la Maréchaussée. Cette année-là, ils renoncèrent au profit de l’abbaye à toutes les dîmes en raison de ce fief, tant en blés qu’en vins, fruits et autres et une parie de champart qu’ils percevaient d’un dénommé Guillaume Saukes.
Richard est alors représenté sur un sceau, à cheval, vêtu comme un chevalier et tenant dans a main droite non une épée mais un rameau d’olivier. En mai 1234, une charte précise les charges et droits de Richard. Toujours le même sceau.

Richard Le Maréchal recevait chaque jour deux pains, une mesure de vin ou autre boisson. Il se devait d’accompagner l'abbé dans ses déplacements. Jusqu’à Rome s’il le fallait. Chemin faisant, il portait le froc du prélat, achetait le foin et tout ce qu’il fallait pour les chevaux. L’abbé mangeait-il dans sa chambre, l’écuyer partageait son repas avec lui. A son retour, on lui servait encore pain, boisson et l’équivalent de six œufs ou quatre harengs. Quand venait la guerre, alors il enrôlait des soldats dans les dépendances de Jumièges, les entraînait, les portait aux armées du roi. Il apprenait aussi aux habitants des trois paroisses de la péninsule à se battre à pied, à cheval...

L'abbé recevait-il une sommité que son écuyer était tenu de servir à table. C'était lui qui se faisait le messager de ses présents, l'agent de recouvrement de ses droits.

L'homme d'armes ne pouvait prêter sa monture ou quitter la presqu'île sans le consentement de son maître, et encore lui fallait-il se faire remplacer par son fils pour veiller sur l’écurie, faire distribuer le foin et l’avoine, acheter les équipements.

Il mangeait comme les religieux qu’il accompagnait à l’occasion pour les affaires de l’abbaye. Mais il faisait bonne chère aux fêtes, lui et son domestique. Sans parler de son chien de garde. On lui donnait régulièrement des deniers pour l’achat de souliers. L'écuyer bénéficiait d'importants appointements de cinq mines en blés, en bois… Du droit de panage pour ses porcs dans la forêt... De 48 deniers d'argent. Du droit de franchise dans tous les ports, marchés et foires de l’abbaye.

A lui d’assigner en justice les vavasseurs de Jumièges, d’Yainville et du Mesnil si l’abbé ou le bailli lui en donnaient l’ordre.

Richard le Maréchal avait la garde du Grand pré dont on venait de faire une terre de labour.
Son cheval était logé et nourri dans l’étable de l’abbaye. Là, il avait droit aux cuirs des montures de l’abbé, à sa vieille selle.

L’écuyer fut si apprécié qu’il géra bientôt les intérêts de l’abbaye. Il fait renoncer Guillaume de la Houssaye au droit de heurtage entre Yville et Port-Jumièges, Pierre de Briône, seigneur du Landin, au quai qu’il avait érigé au pied de son château. Il attire les dons sur Duclair, Saint-Paër et autres lieux. Était-ce lui qui était chargé de la police ? Il y avait à l'abbaye une prison et l'on vit, jusqu'à la Révolution, un pilori sur la place de Jumièges...

1240 : l’abbé Guillaume de Courdieu, dit de Rouen alla faire obéissance à l’archevêque de Rouen. A l’occasion Jumièges se plaignit que son archidiacre avait entrepris la visite des trois églises de la péninsule et exigé de leurs curés un droit de procuration dont ils avaient toujours été exempts. Pierre de Colmieux soutint avec force que ces pasteurs n’avaient d’autre supérieur que l’abbé de Jumièges, le pape, l’archevêque en certains cas seulement. Une sentence de septembre 1240 exempta les trois curés du droit de gîte de l’archidiacre mais Jumièges lui devrait vingt sols, Yainville 12, et le Mesnil 8 à chaque visite. Bien que l'abbé demeura le seigneur-patron de chaque paroisse, les curés de la péninsule furent désormais soumis à l'autorité de l'archevêque de Rouen et l'archidiacre viendra procéder régulièrement à la visite canonique.

Duel à l'abbaye


Jadis, le duel judiciaire était considéré comme la manifestation du jugement de Dieu. Quand un litige entre deux personnes ne trouvait pas de règlement judiciaire, il était admis de faire parler le sang. Cet affrontement se déroulait sous la présidence d’une autorité éventuellement ecclésiastique et s’accompagnait d’un cérémonial religieux. C’est ainsi que l’on retrouve deux exemples de duels judiciaires supervisés par un abbé de Jumièges. Le premier dans les années 1050 sous l’abbatiat de Robert. Il opposait deux vassaux de l’abbaye. Tout ce que l’on en sait, c’est que ce duel aurait dû se dérouler au Vieux-Verneuil. Mais parce qu’il ne s’y trouvait sans doute pas de local convenable, l’abbé arrêta avec Gilbert Crespin qu’il se déroulerait dans le champ-clos du château de Tillières.
Les auteurs citent pour second exemple la date de 1240 en précisant qu’un duel s’engagea dans la cour temporelle de l’abbé de Jumièges entre deux prétendants à une prévôté. La partie du champion vaincu eut à payer 41 sous tournois à l’abbé et 16 au vainqueur pour chaque blessure reçue. Le dernier duel judiciaire connu est celui ou fut porté le fameux coup de Jarnac, en 1547. Cette pratique aura duré plus d’un millénaire…

1242 : Adam de Conihout lègue à l’abbaye tous ses biens du Mesnil, terres et maisons, pour y cultiver la vigne.

1243. Quand vint l’échiquier de la Saint-Michel, un jugement fut rendu en faveur de paysans qui avaient été désaisis par les moines de leur droit de pâturage dans les marais d’Heurteauville.  Etaient concernés : Guillaume du Jardin, Pierre Le Coc, Guillaume Bernart, Michel Mahommet, Robert Herbert, Geoffroi Gondain, Pierre dit Regem, Rodolphe Hervé, Rodolphe Tuevaque, Mathieu Le Gal, Robert Hervé, Anfridum Malet, Jugues Le Chevaler, Gocelin Bréart, Auvredum du Jardin, Emmeline du Jardin, Aubereda Lagoche, Pierre Le Cointe, Béatrice Le Mahommete, Agnès du Jardin, Rodolphe Chief de fer. Un mandement avait été adressé à ce sujet à Jean Girard quelque trois années auparavant.

7 novembre 1247, mort de l'abbé Guillaume, remplacé un an par l'ancien prieur, Guillaume de Fors, de Rouen, 44e abbé.

1248 Robert d'Etelan, 45e abbé, plus occupé à courir ailleurs des plaisirs interdits.

Juillet 1248. L’archevêque de Rouen, Odon Rigaud, est en tournée. A Jumièges, il découvre que les frères Guillaume de Baunay et Guillaume de Bourg-Achard sont infestés « d’un détestable vice ». Il les renvoie vers d’autres monastères et démet le sous-prieur accusé de semer le trouble parmi les frères.

Mes ancêtres les Mainberte

1248 est la date où apparaît le nom des Mainberte. Cette mention concerne un échange de terrains à Jumièges. J’y vois deux de mes ancêtres : Hugues de Mainberte et Guillaume Clarel…

Ce jour-là, Guillaume et Richard le Meteier, deux frères, firent un échange de terrain avec Symon Le Denere. Leur terre était comprise entre celles de Guillaume d'Alenchon et d'Hugues de Mainberte et aboutissait aux possessions propres du monastère. La terre de Symon était quant à elle sise entre celle de Robert, fils de Marguerite de Perier et celle de Guillaume Quinet, non loin de la Seine.
Voici donc quels étaient les contemporains de notre Hugues de Mainberte que le scribe écrit ainsi en latin : Hugonis de Manuberte. D'autres personnages, témoins de cette charte ont pour noms Robert de la Porte, Guillaume Filleul, Guillaume Clarel, Guillaume d'Anneville... Ils connurent le bref abbatiat de Guillaume de Fors, 44e abbé que l’on enterra en fin d’année à l’église Saint Michel, la maladrerie située entre les églises de Jumièges et Yainville. Un établissement en faveur duquel existait une foire.

Que Hugues de Mainberte fut en possession d'une terre nous laisse à penser qu'il occupait un rang relativement aisé. Sa particule n'affirme pas une qualité nobiliaire à une époque où l'ordre aristocratique n'est pas encore fixé. Elle peut en revanche indiquer que notre ancêtre était fieffé comme quelques familles jumiégeoises.
A Jumièges existe de longue date un lieu dit la rue Mainberte, appelé aussi jadis le fief Mainberte. A Yainville, il est un autre lieu appelé les portes Mainberte. Elles constituaient une entrée dans cette presqu'île protégée par le fossé Saint-Filibert. Entre la rue Mainberte d'aujourd'hui et Yainville, vaste territoire!
L'origine du nom Mainberte est germanique comme beaucoup de patronymes. Il vient de Magin, force, puissance et de Berht, brillant, illustre... Maginberta ou encore Magimberta était un nom de femme porté entre le VIe et le XIIe siècle sur le territoire de l'ancienne Gaule. En Normandie, beaucoup de patronymes viennent de noms germaniques et féminins. Ils se sont formés aux XIIe et XIIIe Maimbert, Mainberte à Jumièges, Mainberti en Provence. 
 
 
Ainsi, notre ancêtre porte-t-il un nom de lieu. Mais n'est-ce pas plutôt le lieu qui porte le nom de sa famille? Dans son dictionnaire topographique de la Seine-Maritime, l'érudit archiviste Charles de Robillard de Beaurepaire nota simplement au regard de la rue Mainberte:
 "Hameau, commune de Jumièges. Fief, Commune de Jumièges et du Mesnil-sous-Jumièges. H.J. de 1254. Rue de MainberteMainberte 1290, 1405. Fieu de Mainberte, fieu Mainberte 1486. Hamel de la rue Mainbert 1658. Rue Mainberte, fief Mainberte 1679..."


Que signifie cet H.J. de Mainberte. Six ans après l'échange de terrains vu plus haut, il est permis de supposer que le H correspond encore à Hugues de Mainberte.
Quant au J, sans doute un proche prénommé Jean. On peut supposer en tout cas que cette famille avait donné son nom au lieu où elle résidait. C'est le cas des Le Maréchal pour le fief Marécal.

Malheureusement Beaurepaire ne nota pas le titre et la cote du document de 1254 qui pourrait nous éclairer un peu plus. Quand il rédigeait son dictionnaire, les archives départementales n'étaient pas encore codifiées par ses soins.

1250 : Etelan quitte sa cinquantaine de moines, dont trente sont prêtres, et se rend dans un manoir d’Hauville. Il y restera cinq mois à chasser ! Il délaissera Jumièges la moitié du temps pour Honfleur, le manoir de la cour du Mont à Duclair, Quillebeuf. Quillebeuf avec qui il se chicane pour des droits de pêche. Etelan fit emprisonner à Jumièges cinq anciens de cette ville. Du coup, les Quillebois allèrent trouver Etelan pour l’invectiver, rosser ses domestiques, frapper même la femme du fermier. Il fallut l’arbitrage du roi pour libérer les otages.  Les moines excédés lui nommèrent un successeur dès 1253, Richard de Bolleville. Voilà quelques échos que perçut forcément Hugues de Mainberte.

Et voilà Guy de Mainberte

Après Hugues vint Guy de Mainberte. Nous le retrouvons à une date indéterminée dans le cartulaire de l'aumônerie de Jumièges parmi les documents postérieurs à 1250 :

"Gemeticensis Redditus ad festum Sancti Michaelis in monte tumba ... Egidius de Mainberte, XXI denarios ...Redditus de gemetico ad nathale domini ... Egidius de Mainberte, XXI denarios et un caponem."


Voilà qui signifie qu'un certain Guy de Mainberte, habitant Jumièges, dut s'acquitter auprès de l'aumônerie de 21 deniers à la Saint-Michel et la Noël pour laquelle il ajouta un chapon. Seuls les notables cotisaient à l'aumônerie destinée à secourir les pauvres.
Cette aumônerie de manque pas de besogne. Tous les lundis, mercredis, vendredis et samedis, on distribue un nombre invraisemblable de pains aux indigents. Chaque semaine, un moulin à eau tourne deux jours entiers pour moudre 50 quintaux de grains destinés aux pauvres. Depuis l'assassinat de Guillaume Longue Épée, chaque 16 décembre, on repartit 120 boisseaux de froment entre les malheureux. Voilà à quelle entreprise concourrait Guy de Mainberte.

1254 Philippe Maréchal, écuyer de l’abbé, est  signalé en 1254 et 1259. 

1258 : Richard de Bolleville 46e abbé.

1262 :  un arrêt de la Cour condamne l'abbé à enlever un pieu placé, 20 ans auparavant, dans le cours de la Seine au-dessous de Jumièges, de manière à gêner la navigation, et à restituer les dommages causés à Etienne Manseboc, de Pontoise, et à un marchand de Flandre dont ce pieu avait fait sombrer le vaisseau et perdre les marchandises.
 1270. Dès la mort de saint Louis, en 1270, l'activité architecturale reprit à Jumièges.

1272.
Mort de l'abbé Richard de Bolleville.
1278. Dans la campagne, en 1278, Robert Dalenchon renonce pour de l’argent aux offrandes perçues pour servir le cellérier.
1280.  Denise La Marescale, femme de Jean Martel, renonce pour 8 livres tournois le droit qu’elle avait de recevoir des religieux une tunique du fait de son fief de la Maréchaussée.
ELLE TRAVAILLAIT UN DIMANCHE !

L'existence de la léproserie de Sainte-Marguerite de Ducler nous est révélée, par la visite que fit en cette maison Eudes Rigauld, le 4 des Nones de novembre 1264. Ce prélat ayant surpris une femme travaillant le dimanche, et conduisant une voiture attelée avec les trois chevaux d'Odon de Ducler, la condamna à une amende de 10 sols, et il enjoignit au doyen de Saint-Georges d'en distribuer la moitié aux lépreux de Ducler et l'autre moitié à l'hôpital dudit lieu.
                                                     
  1286. Abbatiat de Jean du Tot, 47e abbé.

1289. Abbatiat de Guillaume Becquet, 48e abbé.

1296, nos Mainberte virent s'ouvrir à Jumièges un marché où se retrouveraient des siècles durant pêcheurs et paysans de la péninsule. Ce fut aussi à cette époque que s'établit une foire. Elle allait rapporter aux moines 5 livres de rente annuelle pour l'entretien de la léproserie, située un peu plus haut que l'église, dans la plaine de Yainville.  Fixée le dimanche des Rameaux, elle fut cependant boudée par les habitants.



POUR SUIVRE :
LE MOYEN AGE


NOTES


[1] Société des Antiquaires de Normandie, 1837.

Mainberte... en Bretagne


Curieusement, il existait dans la paroisse de Marpiré, baronnie de Vitré, évêché de Rennes, la terre et le manoir nobles de Mainberte. Cette paroisse avait été donnée au XIIème siècle par le baron de Vitré à l'Abbaye Saint-Melaine de Rennes. La verrerie, métier de familles nobles, y fut une activité. L'ancien manoir de Mainberte fut la propriété successive des familles Busson, seigneurs de Gazon (1448), Matz, seigneurs de Gazon (avant 1627), Morel, sieurs de la Trognardière (1627). Françoise Morel épousa honorable homme Pierre Nicolle qui prit le titre de sieur de Mainberte vers 1667. Puis la maison fut la possession des Beziel. Marguerite Bislange, femme de noble homme Pierre Beziel y est morte le 16 mars 1689 à 29 ans.
Le même Pierre Beziel, sieur de La Goupillère, devait trépasser le 26 mars suivant à l'âge de 34 ans.
Il fut inhumé par Julien Beziel, recteur de Saint-Christophe-des-Champs.
Ils laissaient un fils, né le 6 août 1685, nommé par Guillaume Bislange, sieur de La Gendronnière et par Jeanne Beziel, dame du Bas-Chemin. Le manoir de Mainberte passa ensuite entre les mains des Bénédictines de Vitré qui l'avaient encore en 1791.

 Mainberte en Provence


Le nom est aussi porté aujourd’hui dans le sud de la France. Le 18 mai 1550, à Aix-en-Provence, une Magdallène Mainberte, épouse de Jehan Dangery, marie sa fille Catherine à Jehan Allexy, fils de Jacques et Jehanne Dollonny.


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