ET VINT LA GUERRE DE 70 !

C

harles Thomas Euphronie Mainberte à 53 ans et son fils aîné 28 quand, le 19 juillet 1870, la France déclare la guerre à la Prusse...
Lire notre article sur la guerre de 70 :

11 octobre 1871, mon arrière-grand-père, Pierre-Charles Mainberte, réside à Jumièges, section des Fontaines, où vit encore son père quand il épouse Louise Augustine Levreux, veuve Banabé, cultivatrice, 31 ans, de deux ans et demi son aînée. Les Fontaines, c'est un quartier à la limite de Jumièges et de Yainville, sur le bord de la Seine. Louise Augustine est née à Jumièges le 29 juillet 1840, au hameau du Conihout.

Louise Levreux avait pour grand-père Dominique qui, vers 1810, avait épousé Prudence Duparc. Fils de Dominique Levreux et de Prudence Duparc, Louis Levreux fut un temps régisseur du manoir de Yainville, la maison qu'achèterait plus tard Guitry. Son épouse s'appelait Clarisse Gruley.


Meutre à Sainte-Marguerite
1871. Sur le plan des faits divers, l'année 1871 a été marquée par une affaire à Sainte-Marguerite. Herrand, chiffonnier de 32 ans, doit épouser une fille Lieury. Seulement, la mère de la future est la maîtresse affichée d'un certain Delacroix, un type violent. Si violent que les enfants Lieury rêvent de s'en débarrasser. Herrand accepte de s'en charger. Deux coups de fusil. 20 ans de travaux forcés.

Le 19 juin 1872 mourut Aimé Lepel-Cointet, maire de Jumièges. Rédigé quatre ans plus tôt à Paris, son testament libère un cri d’amour pour l’abbaye : « Je n’ose émettre le vœu que ma propriété de Jumièges que j’ai eu tant de plaisir à restaurer et à embellir puisse rester dans ma famille parce que je sais combien ces sortes de désirs sont illusoires mais je n’en prie pas moins ma chère Esther de faire son possible pour arriver à ce but. Car Jumièges est un trésor pour qui cherche le repos et sait vivre dans le passé. »


A sa mort, Lepel-Cointet laissait aussi une impressionnante collection d’armes : fusils, sabres, épées, sabres, aigles dont plusieurs allèrent au musée de l’Artillerie, aujourd’hui les Invalides. Sa fortune posthume, plus d’un million de francs, alla pour un tiers à son fils Louis Helmuth, un autre à sa fille Marie Isaure. Le dernier se partageant entre les filles de feu Marc Eric, Marie Anne et Marie Madeleine. Le défunt léguait enfin l’usufruit de ses biens à Louise Esther Lettu.
Dès 1872, sa veuve rachètera l'abbaye à l'ensemble de la succession. Elle allait rester dans la famille jusqu'au 12 août 1946, date à laquelle les héritiers la vendraient à l'État.

Les Annales catholiques du 13 juillet 1872 témoignent d'un retour à une antique tradition à Jumièges...

Rouen. — Une imposante cérémonie vient d'avoir lieu à Jumièges. Au onzième siècle, une peste épouvantable sévissait dans tout le pays, et surtout à Bliquetuit. Les deux tiers de la population avaient déjà péri.. Sur la demande des habitants, les moines de Jumiéges étant venus processionnellement avec les reliques de saint Valentin, martyr, tout à coup, les vapeurs malsaines qui faisaient tant de victimes se dissipèrent. Tous les malades furent guéris et purent accompagner la châsse à son retour. Trois jours après, les paroissiens de Bliquetuit vinrent en procession à l'abbaye de Jumiéges témoîgner leur reconnaissance au saint qui, les avait guéris, et firent voeu de renouveler tous les ans cette procession le lundi de la Pentecôte. Les archives de Bliquetuit et celles de l'abbaye de Jumiéges attestent que ce voeu a été fidèlement accompli. 93  mit fin à cette pieuse cérémonie. Le cardinal de Bonne-chose, sur les instances des habitants de Bliquetuit, a rétabli cette procession.

11 août 1872 : L'aviso de l'Etat L'Ampère est reparti hier matin de Rouen, pour aller à Jumiéges où il embarquera ce qui reste du câble électrique immergé en Seine au moment de la guerre. Depuis 1870, l’abbé Cochet cherchait à publier l’histoire manuscrite de l’abbaye de Jumièges appartenant à Lepel-Cointet. Il y renonce en 1873.
Les enfants de Pierre Mainberte, mon arrière-grand-père...

- Henri, mon grand-père, né en 1872. J’en raconterai l'histoire avec celle du village de Claquevent.

- Charles Auguste Mainberte. Né le 2 août 1873, il meurt à 10 jours. Son père a alors 30 ans. Pierre et Louise sont journaliers et résident aux Fontaines, à la limite de Jumièges et de Yainville, sur le bord de la Seine.

- Marie Joséphine Mainberte, née le 14 mai 1875, section des Fontaines, morte en 1943. Elle hérita du caractère de son père et laisse le souvenir d'un tyran familial. Une tendance qu'elle exerçait aux dépens de son époux, Alexandre Callais, né à Lisieux en 1870. Tout son contraire. Vannier à Jumièges puis fermier près du bac, Alexandre était d'un doux caractère. Il avait des frères au hameau de Saint-Paul. Alexandre est mort de la tuberculose en 1914. Marie lui survécut 30 ans. Le couple eut deux enfants dont l'aîné allait se distinguer. Alphonse Callais, 1897-1987, fut en effet maire de Jumièges. On le retrouve sur une vieille carte postale du Mesnil représentant la remise des prix à l'école. Époux de Joséphine Vestu, 1897-1961, Alphonse est mort sans descendance. Il avait 90 ans. Le partage de ses biens fut compliqué pour ses héritiers. J'ai assisté à la mise aux enchères de ses actifs. Maître Devaux procéda à une vente à la bougie dans la salle polyvalente de Yainville. Alphonse avait eu un frère à la vie bien plus brève, Onésime, 1905-1928, peintre en bâtiment. Mais il laissa tout de même trois enfants. Raymond, décédé en 1981, père lui aussi de trois enfants, Gisèle, mère d'une fille et Huguette, mère de trois enfants, retirée à Sotteville. Lointains cousins…

- Marguerite Mainberte, née le 29 juillet 1881 à Yainville. Le 24 février 1900, elle épouse Henri Bruneau et tient le café près de l'église dont une carte postale fut éditée en 1900. Henri travaillait quant à lui chez Mustad. Il a rencontré la mort sur le front de la Meuse et son corps n'a jamais été retrouvé. Après la vente du café et la disparition de son époux, Marguerite Mainberte vécut plus tard chez sa fille Yolande. 
Ses trois autres enfants: 
Henri, né en 1899, habitant un temps rue Saint-Hilaire à Rouen, 
Roger, né en 1903, Camélia, 1910-1974, née dans le café de l'église, épouse Louis Dubois, dont trois enfants nés à Yainville: X, Gilles, et Jacques, (1933-1955). 
Marguerite Mainberte est morte le 21 janvier 1969 en son domicile de la rue de l'Essart, à Yainville et Louis Dubois, son gendre, en fit la déclaration. Enfant, je me suis souvent approché de la maison de Marguerite Mainberte. Je la savais de ma famille maternelle et, orphelin de mère, je brûlais d'envie de rencontrer cette grand-tante. Je revois confusément sa porte d'entrée. Peut-être ai-je un jour osé tirer sa sonnette...



14 mars 1873. Grave incendie le vendredi matin chez le boucher Hamelet, de Duclair. Qui, un seau à la main, chute à plusieurs reprises et se casse la jambe. La maison voisine, celle de M. Délu, est également touchée. Enfin M. Goumet est passé à travers un vitrage...

30 mars 1873. Lancement aux chantiers de M.M. J.-B. LEMIRE et Fils, du bac à vapeur destiné au service entre Duclair et Berville.

Mai 1873 : inauguration du bac de Duclair.


Une épidémie de choléra s'est produite sur les volailles, dans un hameau de Jumiéges, situé sur les rives de la Seine, le hameau de Conihout ; or le choléra humain a régné à Jumiéges. Il a causé la mort dans l'autre hameau de cette commune (hameau du Sablon), mais non dans le hameau de Conihout. (M. Cavoret fils.)

Le braconnier était violent
12 janvier 1874, La Presse: «Les journaux de Rouen racontent qu'une lutte acharnée a eu lieu, mardi dernier, entre un garde et un braconnier à l'affut dans le bois du chemin de Duclair à Ambourville.

Le nommé Auguste Poulain, garde particulier de Mme de Longhuit, à Ambourville, avait entendu dans la nuit de lundi à mardi, les coups de fusil d'un braconnier, qui devait certainement chasser à l'affut, au bois que nous venons d'indiquer. Il était trois heures du matin, Poulain prit son fusil chargé à balles, et un revolver, et se rendit sur le théâtre du délit. 
Là, il se trouva en présence, d'un homme de robuste tournure, qui le mit en joue et le menaça de faire feu s'il avançait. Mais Poulain est un ancien militaire; il a fait les campagnes de Crimée et d'Italie. Les menaces ne l'effrayèrent point; sans crier gare, il se jeta sur le braconnier pour le désarmer. Une lutte s'engage. Dans les efforts des deux combattants, le revolver de Poulain part et blesse à la cuisse le braconnier. Celui-ci, furieux, finit par arracher le fusil des mains du garde et, le prenant par le canon, lui assène sur la tête un coup de crosse qui lui fait une blessure assez grave. En même temps, et heureusement, l'un des deux coups part en l'air sans toucher personne.
Affaibli d'abord par la douleur, Poulain revient à la charge, attrape le braconnier par la cravate et le réduit à l'inaction pendant un moment. Malheureusement, la cravate finit par céder, et le délinquant peut prendre la fuite sans que Poulain ait eu le temps de constater son signalement. Le lendemain, Poulain alla faire sa déclaration à la gendarmerie. Un individu a été arrêté, et tout fait supposer que c'est bien le coupable.» 
Après une enquête préliminaire, les soupçons les plus graves sa portèrent sur un individu domicilié à Anneville et domestique à Beaubin. Il fut mis en état d'arrestation et à la disposition du  procureur..

Un banquet œcuménique
26 avril 1874, La Presse: «Mgr le cardinal de Bonnechose, archevêque de Rouen, accomplissant sa tournée pastorale, se trouvait lundi dernier àDuclair en même temps que M. Lizot préfet de la Seine-Inférieure, en tournée de révision.
Les maires du canton et les membres du conseil municipal de Duclair ont eu l'idée d'organiser à cette occasion un banquet auquel ont été invitéestoutes les autorités présentes. En réponse à un discours de M. Darcel, doyen des maires du canton, Monseigneur a prononcé une courte allocution dont nous extrayons le passage suivant : «Ah! si tous les Français consentaient à abjurer.leurs ressentiments et les passions qui les divisent, s'ils entraient d'un commun accord dans ce concert de volontés que demande le vrai patriotisme, quels jours prospères se lèveraient encore sur la France, qu'elle retrouverait promptement sa puissance et sa splendeur!  C'est donc pour obtenir ce grand résultat que nous travaillerons, mes collaborateurs et moi de toute nôtre âme, et nous le demanderons tous les jours à ce Dieu, qui seul peut unir sincèrement les cœurs en faisant respecter tous les droits, parce qu'il est à la fois le Dieu de justice et de charité.»


Mai 1874. Mort à 74 ans, à Duclair, de M. Georges, Adophe Hue. Projets à son actif : Paris Port de Mer, assainissement du quartier Martainville, la distribution de l'eau à Rouen.

Morsure mortelle
14 janvier 1875Le Journal des débats : "Vers la fin du mois de novembre dernier, un jeune homme de vingt-trois ans, nommé Abraham Levasseur, demeurant avec ses parents, cultivateur, à Boscherville  fut mordu à la main gauche par un chien errant qui, sans provocation, s'était jeté sur lui. Il se fit, par mesura de prudence, cautériser par un médecin de la localité, dans la crainte que cet animal ne fût atteint d'hydrophobie mais, malgré cette précaution, il a succombé dans d'atroces souffrances le 4 de ce mois.

Juillet 1875, Violent orage.  A Saint-Martin-de-Boscherville, vers, huit heures, il a mis le feu à un grand bâtiment dépendant de la ferme occupée par M. Platel. En un instant, les flammes ont envahi un grenier rempli de foin, et, malgré les efforts des pompiers accourus en toute hâte, le bâtiment a été entièrement détruit.

Un crime mystérieux
16 février 1876. On lit dans Le Nouvelliste de Rouen :

« Un crime sur lequel plane encore un certain mystère a été commis il y a deux jours à Jumiéges. Un propriétaire de cette commune, Pierre-Vital Ouin, a tué sa femme a coups de revolver. Il s'est fait justice quelques minutes plus tard en se déchargeant son arme dans la bouche. Il avait tout d'abord essayé de se tuer en se tirant un coup de revolver dans le cœur, mais la balle avait dévié et s'était aplatie sur une côte.
Lorsque les voisins sont entrés, Ouin et sa femme ne donnaient plus signe de vie. Cette dernière avait reçu quatre balles dans la tête et dans le cœur, et sa mort avait dû être instantanée. L'émotion est très grande dans le pays, où l'on ignore jusqu'à présent la cause de ce crime. » 

12 mars, violente tempête. 17 mars, nous lisons dans une correspondance de Duclair : Un ouragan terrible, poussant le flot avec violence, a sévi dimanche, de midi à 6 heures du soir, sur les communes de Duclair, Ambourville, Anneville, Bardouville, Berville, Quevillon, Boscherville, Hénouville, Jumièges, le Mesnil-sous-Jumièges, le Trait, Yainville et Yville; l'eau a monté, à Duclair, jusque dans la cour da la gendarmerie. La tempête a également sévi dans les autres communes du canton, pourtant avec moins de vigueur, et les dégâts se sont bornés à quelques arbres et quelques ardoises arrachés par le vent. La propriété de M. Emile de Joigny, à Saint-Paër, a particulièrement souffert ; 250 à 300 arbres énormes ont été arrachés dans le parc du château,

4 novembre 1876. Le  cercueil  de M. Lamer a été porté mardi matin à l'église de Saint-Paër, où  une cérémonie funèbre a eu lieu, avant le départ pour Rouen. M.Lamer était maire de Saint-Paër, et presque tous les habitants se pressaient dans  l'église. On y remarquait aussi MM. Desgenétais, Darcel et Badin, membres du Conseil général ; Damilaville et Lemarchand, membres du Conseil d'Arrondissement ; Chardine, juge de paix ; de maires, des adjoints, des manufacturiers de Rouen et  des environs, et beaucoup d'ouvriers. Le  deuil  était conduit  par la jeune femme de M. Lamer. Après  dix nuits  successives passées au chevet de son mari, elle avait tenu à accompagner jusqu'à l'église sa dépouille mortelle. Le père du défunt, M. Lamer,  juge  de  paix à Rouen  ; son  beau-frère, M. Henri  Goulet, de Reims, et les autres membres de la famille, entouraient Mme Lamer


1877. Création de l'association syndicale du trou Herpin. Elle contribuera à l'endiguement de la Seine.

Né au Mesnil, brillant élève du collège de Dieppe, Placide Duparc est admis à l'école navale de Brest.
 
La pêche au chevreuil
En 1878, l'asile de Jumièges, grâce à la charité publique, accueillit 80 enfants. Ce qui lui vaut d'être cité en exemple par le conseil général. Un bureau de poste sera créé à Jumièges.

20
février
:
Sous ce titre: " La pêche au chevreuil ", le Journal de Rouen rend compte d'une affaire qui s'est présentée devant le tribunal correctionnel à l'audience du 19 mars. Généralement, les chevreuils se chassent et ne se pêchent pas! Voilà cependant ce qui s'est passé en Seine...
Ce jour-tà, une chasse au lapin avait été organisée dans le bois de Jumièges et quatre chiens courants venaient, à cet égard, de remplir leur devoir d'une façon remarquable. lorsque, vers trois heures, un vieux basset, malin comme tous tes bassets, et lassé de la petite bête, avise une superbe piste de chevreuil. Immédiatement accourent ses trois camarades.
En dépit des efforts du garde et des invités, les quatre bassets mènent leur chasse en conscience, si bien que le chevreuil impatienté arrive au bord de la Seine et se jette a l'eau.
Ce que voyant, Claude et Bernard deux pêcheurs d'Yville, qui passent avec teur bateau, font force de rames, rejoignent le chevreuil et tentent de s'en emparer. La bête se débat et s'échappe; ils la rejoingnent (toujours  dans l'eau) enfin, ils réussissent à tui passer une ligne autour du cou. Claude se met aux avirons et, par derrière, Bernard conduit le chevreuil à la nage.
Au bout de cinq minutes, on débarque sur la rive gauche, et nos pécheurs emmènent leur poisson. pardon! leur chevreuil jusqu'au bourg voisin.
Malheureusement pour eux, ils avaient été vus.. Le lendemain, ils affirmaient que le chevreuil avait cassé sa corde et s'était enfui. Ils juraient également qu'ils avaient cru pouvoir pêcher le chevreuil sans commettre de délit de chasse. Mais procès-verbal fut dressé, et ils viennent d'être condamnée chacun à 50 fr. d'amende pour avoir chassé en temps prohibé (l'un d'eux avait un permis). Claude et Bernard se sont bien promis de ne plus chasser que des aloses.


13 décembre, cultivateur de Jumièges, Laurent Deconihout, 54 ans est condamné à huit jours de prison pour coups.
A cette époque, un paysan de Mauny, le sieur Boutard, a la surprise de découvrir un cadavre dans sa remise.  Les gendarmes de Duclair se rendent sur place. Il s'agit d'Edouard Duramé, 47 ans, batelier d'Heurteauville, qui avait l'habitude de s'enivrer et sortait de la maison d'arrêt.

Sorcellerie à Duclair
1879: première pierre du presbytère de Jumièges. Le chantier dure un an.
La même année se déroule une curieuse affaire à Duclair. Sur le berceau de deux enfants gardés par une bonne de 14 ans, l'eau tombe en pluie. Une manifestation du diable, décrètent aussitôt les visiteurs de la maison. Il faudra quelques questions  pressantes pour faire avouer la supercherie à la gamine.


Et revoilà Totor !


13 septembre 1879. " A deux heures et quart, écrit Victor Hugo, nous partons en voiture pour deux visites, l'une à la ruine de Bocheville, l'autre à la ruine de Jumièges. Nous arrivons à Bocheville à trois heures. Nous voyons tout ce qui reste de l'ancien monument, plus le cloître.
Bocheville appartient aujourd'hui au duc de Stagpoole, protestant converti. À la mort de sa femme, il s'est fait prêtre, et il est camérier du pape. Nous partons de là à quatre heures. Nous sommes à Jumièges à cinq heures. Nous en repartons à six heures et demie. Bocheville et Jumièges sont deux restes admirables."


Octobre. M. Grandchamp vient d'être cruellement frappé dans ses affections ; Mme Grandehamp s succombé, dans sa propriété de Jumièges, samedi soir, A un mal subit que rien n'avait fait prévoir.Cette perte plonge M. Grandehamp et tous les siens dans la plus vive douleur. Mme Grandehamp était entourée des sympathies les mieux méritées ; sa charité éclairée secourait de nombreuses infortunes. Sa mort excitera lea regrets les plus sincères.

1880: René-Alexandre Jeanne, un ouvrier agricole de Jumièges, s'adresse à l'Assemblée nationale. "Le sieur Jeanne réclame l'intervention de la Chambre pour que sa mère, la dame veuve André-Edouard Jeanne (née Victoire Clémence Duparc), aujourd'hui remariée (avec Denis Paschal Glatigny), soit mise en demeure de lui rendre son compte de tutelle. A ce même effet, le pétitionnaire s'est adressé une première fois à M. le procureur de la République, plus tard à M. le procureur général de Rouen, pour obtenir l'assistance judiciaire. Ces demandes ont été rejetées. Il n'appartient pas à la Chambre des députés de s'immiscer dans un débat purement judiciaire. Au reste, les éléments d'appréciation font défaut quant au fond."

Délibération du conseil général de l'Eure

Passage du Landin. — Le conseil municipal de Jumiéges a, par délibération du 8 août 1880, demandé la création d'un passage de piétons au hameau de Deconihout-de-Jumiéges, en face du Landin (Eure).

Nous avons préparé et adressé à M. le préfet de la Seine-Inférieure, le 28 octobre 1880, un projet de cahier des charges pour ce nouveau passage qui appartiendra, non au département, mais à l'État, comme faisant suite à de simples chemins vicinaux.

Le dossier de cette affaire a dû être communiqué au conseil municipal de Jumiéges ; il ne nous est pas revenu. Il devra être communiqué ensuite à celui du Landin.

5 février 1881 : à Jumièges, Frédéric-Hubert Famery, soldat au 130e RI, se rend maître d'un cheval emballé attelé à une voiture.

Mai 1881 : le bac à vapeur de Duclair s'arrêtera du 11 au 21 courant pour réparations

Le 23 mai 1881, les conseillers municipaux de Jumièges s’insurgent contrele  projet de scinder le département en deux La Seine-Inférieure aurait Rouen pour chef-lieu, la Seine-Martitime avec Le Havre pour préfecture.

« Le Conseil municipal, considérant que la création d’un département de la Seine-Maritime, qui aurait pour chef-lieu Le Havre, porterait atteinte  aux  légitimes  intérêts  de  la  Seine-Inférieure,  proteste  à  l’unanimité  contre  le  projet  de  mutation  de  notre  beau  Département, et  décide  qu’expédition  de  la  présente  délibération  sera  adressée  au comité chargé de centraliser les protestations».
Suivent   les   signatures   de   MM.   Jérémie   Philippe,  Louis Vauquelin,  Gruley,  Auguste  Cabut,  Délogé,  Desjardins,  Boutard, Grandchamp, Chrétien, Renault, Lafosse et Ernest Cabut.


1er août 1881. Achille Poulain, dit Grandchamp, républicain, bat le réactionnaire Charles Darcel aux cantonales ! Il est négociant, armateur, oncle d’un certain… Maurice Leblanc. La même année, Jérémie Philippe succède à Eugène Chrétien à la mairie de Jumièges.

Le passeur boit, les enfants rament...
Le 10 août 1881, le conseil municipal de Jumièges adopte une délibération et demande au préfet d'ouvrir une enquête. Le maire porte plainte en effet contre Richer, le passeur d'eau. on lui reporche "de faire passer quelques fois les voyageurs par des enfants, d'être impoli et grossier à l'égard du public, d'avoir coulé son bateau et laisser à désirer sous le rapport de la sobriété."


18 juin 1882. Dimanche prochain, notre charmante commune de Jumièges célèbrera sa fête patronale dite de Saint-Pierre. Cette fête que notre municipalité sefforce chaque année de rendre de plus en plus divertissante se tiendra comme par le passé sur la place de la Mairie, près des belles et célèbres ruines de notre antique abbaye. Les réjouissances variées qu'elle offrira à nos visiteurs se termineront par un brillant feu d'artifice.
Le Journal de Rouen

24 juin 1882. On lit avec stupéfaction dans le Gaulois  :
ROUEN, 23 juin. Un cas de mort exceptionnel a été constaté à Duclair. On a trouvé noyée dans un seau de lait une femme Carlo, de ce village. On présume que cette personne, qui s'était livrée à la boisson, était en état d'ivresse, et qu'en tirant sa vache elle est tombée la tête dans le seau plein de lait.

Février 1883. Le 4, deux garçons boulangers de Duclair, ivres sur les coups de huit heures du soir, décident de "s'essayer", autrement dit d'engager un lutte amicale dans leur atelier. Mais elle tourne au pugilat et Quibel tombe dans une bassine d'eau en ébullition. Auger ne fait rien pour le tirer de là et c'est la maîtresse de maison, alertée par les cris de la victime, qui intervient. Le juge de Paix fait procéder à l'arrestation d'Auger par les gendarmes.
Peu de jours plus tard, près de Duclair, à hauteur de l'île Saint-Georges, le steamer anglais Lydie entre en collision avec le remorqueur Ecureuil, de la compagnie Bertin, traînant  le sloop Ville-de-Duclair. Le choc est violent que le remorqueur en question est jeté à la berge. Pas de victimes.
 
11 août 1883. L’Association française pour l’avancement des sciences mène une excursion par train spécial de Barentin à Caudebec. Arrêt à la gare de Yainville pour une visite des ruines qui laisse une très mauvaises impression à nos illustres savants :


« D'Yainville on se dirige à Jumièges ; deux omnibus ont été retenus pour les personnes qu'effraye un trajet de 1500 mètres; le trajet n'est pas long, il est vrai, mais le soleil darde ses plus chauds rayons et, sans aucun doute, s'il y avait eu plus de places dans les véhicules, peu d'excursionnistes eussent fait le trajet à pied. Bientôt cependant on arrive à Jumièges. La visite des ruines de l'abbaye était le motif de cette partie de l'excursion, et le comité local avait demandé l'autorisation de pénétrer dans le parc où elles se trouvent à la propriétaire, Mme Lepel-Cointet, qui l'avait accordée. Comment se fait-il que l'on parut étonné de notre arrivée? Mme Lepel- Cointet, absente, n'avait-elle pas donné des indications suffisantes? Il semble que, en fût-il ainsi, une réunion de savants distingués, dont quelques-uns même sont illustres, eûtdû recevoir  un excellent accueil: nous de tous avouer que l'on nous laissa entrer presque à contre-cœur et sans trop d'égards. »

Le garde champêtre meurtrier
9 décembre 1882, dans la nuit, Morel, le garde-champêtre de Saint-Paër, assassine à coups de couteau Stanislas Leroux avec lequel il s'était enivré, L'assassin s'est ensuite constitué prisonnier.


Février 1883. Un incendie a détruit la filature Terrien fils aux Vieux. Un immeuble qui appartient à Mlle Baudouin. Le feu s'est déclaré vers minuit. L'alarme a été donnée par un habitant qui se rendait chez le médecin pour sa femme malade. Il s'empressa de réveiller M. Terrien. Malgré la promptitude des secours, l'établissement a été presque entièrement détruit et il fallut préserver la maison d'habitation presque contiguë. Les pertes dépassent deux cent. mille francs. Ce sinistre laisse une centaine d'ouvrierssans travail,

28 décembre 1883. Voilà 25 jours qu'Hélène Coquin, 16 ans, domestique chez Lapierre, à Villers-Ecalles, a disparu. On retrouve son corps dans la mare de la ferme. Enceinte, elle avait été chassée par son patron. Mais qui était le père de l'enfant attendu...


4 mars 1884 Il avait disparu depuis une vingtaine de jours. A Saint-Paul, Mme Pigache découvre dans son gourbi le corps sans vie de Clarica Petit, dit Matier, sans doute mort d'apoplexie.
18 mai, Grandchamp ajoute un nouveau mandat à son palmarès. Le voilà maire de Jumièges.
Juillet. C'est la canicule. Le 5, un cyclone accompagné d'orage et de grèle sème la désolation au Trait et à Heurteauville. En trois minutes, récoltes, arbres fruitiers et maisons sont ravagés. Les plus touchés : Barnabé et Bocquet à Heurteauville, Cauvin, Bourgeois, Bénard et Lozay au Trait où un pan de mur du maréchal ferrant s'est effondré.
Des mariniers repêchent à Caudebec le corps d'Avisse, 33 ans, facteur à la poste de Jumièges. La rumeur dit que l'on a trouvé sur lui un papier indiquant des problèmes financiers.  Il laisse plusieurs enfants, une veuve et une mère.
Début d'incendie à Duclair à la boulangerie Vallois, rue Pavée. Des mitrons avaient mêlé de la braise mal éteinte aux escarbilles du four.
Août. A Heurteauville, Augustin Dayaux tombe de 7 m en cuillant des fruits. Le Dr Maillard remet notre quinquagénaire debout...
Son or était caché dans la commode. Albert Pichon, un journalier, découvre un vol de 400F en rentrant chez lui à Hénouville.
Ybert, le forgeron de Jumièges gagne la course cycliste des régates de Duclair. Les Mauger se distinguent dans les courses d'aviron. Yvert rafle encore les récompenses à Bihorel puis à Rouen.
Anatole Ragot, de Duclair, interne en philo, obtient de nombreuses nominations au lycée Corneille, notamment un 2e prix d'excellence.
Et toujours la canicule. 56°. Des orages. La foudre tombe à Saint-Paër au hameau du Chêne-Baril sur la ferme d'Eugène Foliot. Le toit prend feu. Foliot se réfugie dans son étable puis retourne à la maison sauver femme et enfants. A temps. Tout part en fumée. Les vaches périsent carbonisées. Seuls les chevaux de l'écurie, bâtie en briques, sont sauvés. A Bouville, la foudre terrasse six vaches d'un troupeau en comprenant quarante. Quatre sont ranimées, deux restent au sol. A Varengeville, la villotte de blé à Saillard est réduite en cendre.
Septembre Les Morin, cultivateurs à Bardouville, s'opposent à la vente aux enchères de leurs meubles. Insultes. Pugilat. Personne n'ose enchérir. Morin est condamné à un mois de prison pour menaces de mort envers l'huissier, Me Olivier, sa femme à une semaine.
L'église de Jumièges attend un cadran en lave émaillée de 1,30 m vu à l'Exposition régionale de Rouen et réalisé par l'atelier Henri Roy, de Sainte-Austreberthe.
Les gendarmes de Duclair arrêtent deux jeunes vagabons, Perchenille et Delmas, qui avaient vol les bottes d'un domestique de Betteville, le sieur Potel.
A Mauny, un terrassier, Florimond Sauterne, 43 ans, pioche de la marne à mi-cote d'un talus. Eboulement. Dégagement. Il meurt trois-quarts d'heures plus tard.
Octobre Au Mesnil, Léon Baville obtient une médaille d'argent à l'exposition de fruits de table de Rouen.
Conseiller d'arrondissement, Gueroult rentre de Duclair à Boscherville avec ses fils et un ami, le sieur Rollet. Quand la mécanique de la voiture casse. Plus de frein. Le cheval s'emballe et l'un des fils, Jean-Baptiste, tombe sur la tête. Il en mourra. Son père est lui même blessé, Rollet souffre du poignet. Après un service à Déville, l'inhumation est suivie par la foule à Boscherville.
A Heurteauville, Arthur Danger avait laisse une échelle devant sa fenêtre. Parti avec sa mère, voilà qui invita les voleurs à l'escalader pour prélever 180 F or, une montre et sa chaîne du même métal dans l'armoire de la chambre.
A Duclair, Théodore Vallois charrie du fumier. La voiture verse à un tournant. Vallois est écrasé.
Au Mesnil, l'Abeille G remorque cinq navires. Quand elle croise le steamer Clara, mouillé en Seine. La goëlette Mary Philips le percute, rebondit sur le navire qui la suite. Et coule. L'équipage a le temps de sauter dans ses embarcations.
La même nuit, la gribane Ville de Duclair venant de Rouen avec 800 sacs de maïs aborde le gouvernail d'un porteur. La gribane est menée au Mont-Riboudet. Où elle sombre. On a pu récupérer sa cargaison fort avariée...
Décembre. Collision devant Bardouville entre le steamer Niobé et le Stokesley. Le premier coule, l'équipage est sauf. Le secons poursuit sa route. Echoué à 400 m de l'île au Peuple, il sera renfloué. L'étrave de Stokesley a pénétré jusqu'au poste d'équipage. Là, deux matelots et ils n'ont dû leur salut qu'en sautant sur le navire entrant avant qu'il ne fasse machine arrière. De là, ils ont sauté ensuite sur leur bord.
Si l'été avait été caniculaire, l'hiver est frigorifique. De Sainte-Marguerite, Dominique Pionnier, un journalier, était allé abattre des taillis en forêt du Trait. Sa journée accomplie, des bûcherons l'avaient vu assis contre un arbre, disant qu'il se reposait avant de prendre la route. On le retrouvera mort au même endroit. Saisi par le froid ?

Janvier 1885. En remorque de l'Abeille 8, le Cavalier aborde le steamer Clara Maria mouillé à Duclair. Avaries...

A Berville, resté seul dans la chaumière familiale, l'enfant Fleury, 5 ans, veut faire un feu des Rois en craquant une allumette dans une bourrée. Si la maison était assurée, le mobilier ne l'était pas.
Au Landin, la femme d'Albert Lefebvre, 40 ans, attise son feu avec du pétrole. Voulant rabattre les flammes avec son tablier, ses vêtements s'embrasent. Elle est grièvement brûlée.
A Varengeville, la femme Drouet, journalière, s'était absentée pour chercher du bois en forêt, laissant ses trois enfants seuls. Quand elle revient, elle retrouve l'aînée brûlée dans son lit où elle se sera réfugiée après s'être trop approchée de la cheminée.

Février 1885 : A Duclair, les gendarmes arrêtent le journalier Pigache, d'Hénouville, voleur de marchandises, volailles, vin dans la contrée.
Arthur Lheureux, 18 ans, né à Duclair, journalier, demeurant à Belmesnil, est prévenu d'avoir soustrait frauduleusement divers objets mobiliers, et commis une tentative de vol de numéraire au préjudice du sieur Roger. Ces délits n'étant pas suffisamment établis, Lbeureux est acquitté sans dépens.
Une Traitonne, dont le mari travaille sur les digues de Villequier, est prise des douleurs de l'enfantement dans la rue, à Caudebec, près de chez Mme Roulleau. La domestique de cette dernière accueille le nouveau-né avant l'arrivée de la sage-femme, Mme Lamouque. Puis la mère, son bébé et ses deux autres enfants sont logés chez M. Prévost. Le lendemain, cette famille regagne Le Trait en bateau.
Bourrasque à Bardouville. Cheminées renversées, centaines de fruitiers déracinés...

Mars 1885 : A Bardouville, infirme, la veuve S a 72 ans et héberge Edouard Joseph Prévost, dit Carotte, un journalier de 24 ans natif de Montigny, plusieurs fois condamné pour vol et vagabondage. Il lui fait subir tous les outrages que l'on ne peut imaginer. Le Journal de Rouen parlera pudiquement de bestialité. Puis il menace sa victime de mort si elle parle. La veuve parviendra à avertir un voisin. Prévost est arrêté par les gendarmes de Duclair. Aux Assises, défendu par Me Cantrel, il écoppera de dix ans de travaux forcés et embarqua à bord du Navarin pour la Nouvelle-Calédonie. Là, il s'évadera avant d'être vite repris. Illettré, il apprit au bagne le métier d'éfilocheur. Carotte est finalement mort en Nouvelle-Calédonie en 1929. A 69 ans...
L'équipage de M. Bardin chasse en forêt du Trait.

27 avril 1885. Le curé de Jumièges, l’abbé Baray, déterre deux anciens bénitiers de l’abbaye et s’empresse de les disposer dans l’église paroissiale. Ce sont deux grandes cuves en pierre fort anciennes.

Mai 1885. On retrouve Amédée-François Cauchois, ouvrier peintre, pendu dans son logement de Jumièges. Le Dr Dalençon conclut à un acte perpétré en pleine fièvre alcollique. Trois ans plus tôt, Cauchois avait déjà tenté de se suicider.
Le violeur de Bardouville, que l'on juge aux Assises, fait-il école ? A Boscherville, les gendarmes de Duclair arrêtent un homme pour attentats aux mœurs.
Encore un mort aux carrière d'Yainville.
A Saint-Paër, dans la nuit du 27 au 28, la caisse du trésor, située dans sla sacristie, est fracturée. 90 F sont enlevés et les voleurs ont l'élégance d'en laisser 20.

Juin 1885. Les troncs de l'église de Jumièges sont fracturés dans la nuit du 1er au 2. Préjudice : 8 F. La même nuit, le tronc de la chapelle forestière est lui aussi vidé de ses quelques sous.
Au Trait, on abat une vache, suspectée de rage et mordue par un chien hydrophobe qui a traversé la contrée. A Duclair, des chiens présentants les symptômes de la rage sont également anéantis.
Incendie à l'école d'Yainville.
 
Juillet 1885. Au Trait, Cyrille Hacqueville, 22 ans, domestique chez Sieurin, à Guerbaville, termine de travailler au foin au Trait avec Albert Cuffel. Appelé dans la Royale, il veut s'entraîner à nager. Les deux hommes grimpent à bord d'une barque, Hacqueville lance un aviron qui lui servira à faire la planche, plonge, s'agrippe mal à la rame qui coule. Et lui avec. Les recherches de la péniche des Douanes commandée par le capitaine Lefay n'y pourront rien. On retrouvera son corps plus tard à 30m de là. Hacqueville fut inhumé à Saint-Nicolas de Bliquetuit.
Il y a une  telle  abondance de  fruits en Angleterre, et les affaires y vont si mal,  qu'il est presque impossible d'y en expédier pour le moment, ce qui cause un préjudice énorme à nos producteurs et à nos exportateurs. On parle même, dans les environs  de Ju-mièges et de Duclair, d'y faire bouillir les  prunes communes, c'est-à-dire d'en faire  de  l'eau-de-vie, eau-de-vie qui est  bonne,  mais qui a un petit  goût  de kirsch.
(Journal de Honfleur).
 Le 13 juillet, vers 5h30 du matin, parti de Lisieux, un ballon passe au dessus de Jumièges avec à son bord un certain James Bloch.
A l'occasion des fêtes du 14 juillet, une affiche placardée à Duclair annonce que les édifices seront "arborés". Les monarchistes ne manquent pas de se moquer : "Qu'est-ce que cela peut bien vouloir dire ?" interroge Le Pilote.
Guéroult, conseiller d'arrondissement, réclame des travaux sur les berges du Trait ainsi que le chemin de halage de Duclair au Mesnil.
Toujours des morts aux carrières d'Yainville.
Fin juillet, l'imprudence d'un fumeur, sans doute, embrase une grande étendue d'herbe sèche, au lieu-dit la Pierre, en forêt de Jumièges. Les secours maîtrisent vite le sinistre.
A Mauny, on baptise la princesse de Ligne, née au château.
Au tribunal de Pont-Lévêque, Louis-Jules Lebourgeois,  26 ans,  journalier, né à Sainte-Marguerite-sur-Duclair,  demeurant  au Havre, prend 6 mois  de prison pour vol.

Août
1885. le curé de Jumièges, l'abbé Barré, est nommé au Havre.
En forêt de Brotonne, on retrouve Aristide Auber, journalier de Guerbaville, pendu à un arbre.
Au Trait, la grange de la veuve Leleu, près de l'église, part en fumée. Par manque d'eau, les nombreux voisins venus aux secours n'ont rien pu faire. On soupçonne un de ces rôdeurs qui sèment l'inquiétude sur la route de Caudebec à Rouen.
Le 16, Georges Chevallier, batelier d'Yville, relève son ancre à Duclair après y avoir déchargé des marchandises. Perte d'équilibre. Noyade.

Septembre 1885. Les églises de Saint-Paër et d'Epinay reçoivent de la visite. Vitres brisées, troncs vidés.

Octobre 1885 : Sainte-Marguerite: Lethuillier, berger à Duclair, découvre le corps de Samson Reniviélle, 76 ans, journalier, dans le chemin de l'Eglise. Pas de traces supectes...
Un début d'incendie dans le bâtiment des filatures Delaporte, à Varengeville, est maîtrisé par les pompiers de la localité.
A Saint-Paër un cheval de Florentin Duboc est volé. Les gendarmes de Barentin arrêtent Ernest Courseaux, 31 ans, garçon de ferme sans domicile fixe qui n'en est pas à son coup d'essai.
Une médaille de bronze va à M. Riquier, instituteur de Sainte-Marguerite.

Novembre 1885. Albert-Victor Delaunay, conducteur d'omnibus, de Rouen, reprend le commerce de messagerie de Duclair, Caudebec et Rouen à la suite de Dufour, décédé.
L'église du Trait est visitée. Le malfaiteur n'a dû trouver que 2 F dans les troncs. Aussi, pour se consoler, il siffle le vin de la sacristie et s'empare des pantoufles du curé.
Vicaire de Guerbaville, l'abbé Blanquet est nommé curé d'Epinay.

Décembre 1885. Au tour de l'église d'Yville d'être visitée. Une vitre brisée. 60 F volés.
Breton, journalier de Sainte-Marguerite récemment libéré de l'armée fait une chute à l'oseraie de Caudebecquet. Chivé réduit sa fracture.
Les églises d'Anneville, Ambourville et Bardouville sont visitées par les pilleurs de troncs.
A Bardouville, la Seine rend un noyé de six semaines. Nu, une cravate en coton autour du cou et un tatouage représentant un homme renant une femme par le cou. Une inscription : Célina Boutigny 1849. Une jeune fille de ce nom fit sa confirmation en 1859 à Yvetot.


Février 1886 : Pierre-Joseph Ambroise, 22 ans, est condamné à cinq ans de travaux forcés. Né à Hautot-en-Auge, souvent vagabond, il s'était fait renvoyer de plusieurs fermes du Mesnil. Alors il commit un vol chez Patenôtre, entrepreneur de carrière puis chez une dame de Canteleu. Enfin chez Décharrois, cultivateur à Duclair. Là, il s'empara d'argent et de bijoux.  Chez Patenôtre, il avait laissé derrière lui une boite à son nom. Aussi était-il recherché. Quand il se présenta chez un bijoutier de Rouen pour revendre ses larcins, il ne fut pas long a être arrêté. Au bagne, il s'évada et fut vite repris. Il survécut et cumula foule de condamnations pour ivresse, détention d'armes à feu, violence etc.
Pierre Le Marec, patron du Parfait, est décoré d'une médaille d'argent de 2e classe pour le sauvetage de son matelot à Yainville, le 4 octobre 1885.
La Seine rend un nouveau noyé à Bardouville. On pense à un matelot américain...

Mars 1886 : Pierre Drouet, cultivateur de 26 ans à Bardouville voulait prouver que son cheval mettrait quinze minutes pour aller à Berville et revenir. Il frappe sa bête à coups de manche à balais, croise un tombereau mené par Loiseau et Chapelle, le heurte de la roue, plonge 6 mètres en avant et se fait rouler sur le corps. Fracture du crâne. Il meurt chez lui 10 heures plus tard.
Le 14, à Jumièges, on retrouve Albert Sénard, maçon de 34 ans, pendu dans son grenier à fourrages. Marié, il était sans enfants et souffrait depuis longtemps d'une "fièvre chaude".
Le 27, les gendarmes de Duclair arrêtent le sieur Lairlette, 35 ans, garçon-boucher, se disant courtier en chevaux. Il avait effectué des achats dans le pays et logeait chez Vauquelin. Quant il alla prendre livraison de ses bêtes, on vit qu'il n'avait pas même le moindre sou pour payer son hôtel.
Le 26, 16 hectares de taillis se consumment dans l'après-midi au Trait.
A Guerbaville, une lettre arrive de Duclair chez le sieur Testu. Il croit faire plaisir à sa bru, la femme Godard, en la lui lisant. Elle lui flanque un coup de pelle sur la tête. Pour sa défense, elle prétend qu'il avait voulu l'étrangler...

Avril 86Concert annuel de la société musicale de Duclair avec le concours d'artistes rouennais. Le maire, Cavoret et le conseiller d'arrondissement, Guéroult, font la quête pour les pauvres.
A Bouville, Florimond Henri Frébourg succombe après avoir eu la jambe happée par une batteuse.

Mai 86. Curieuse agression. Quelqu'un s'introduit de nuit dans l'écurie de M. Ganière, cultivateur à Duclair. Et poignarde le meilleur des chevaux. Gendarmes et vétérinaire de Pavilly, M. Varin, se rendent sur place.

Juin 86. Le 1er, Julie Monborgne, cultivatrice de 56 ans, épouse Joseph Delestre, rend l'âme à Hénouville. Aussitôt, la rumeur enfle : elle est morte sous les coups de son mari. Alors que l'on s'apprête à l'inhumer, une dépêche arrive du parquet de Rouen pour surseoir à la cérémonie. Dans un brouhaha ambiant, Delestre proteste de son innocence. Alerté la veille au soir par Darcel, le maire, M. Demartial, procureur de la République, arrive à Hénouville avec le Dr Cerné, médecin légiste. Un serrurier réquisitionné dévisse le couvercle du cercueil. Tandis que l'autopsie est en cours, le magistrat obtient de bien maigres témoignages. En fait de coups, la défunte est morte d'apoplexie séreuse. L'autorisation d'inhumer est redonnée. On dira que Julie était alcoolique et souffrait depuis quelque temps d'une grave maladie. Mais les rumeurs...
La veille des régates de Duclair eut lieu un concours d'harmonies et fanfares.
Hulin au Mesnil, Dranguet à Varengeville, ont 25 ans de service dans les douanes. Il leur est alloué une pension.
A Heurteauville, le sieur Barnabé, cultivateur, subit un vol perpétré par Boullemont, 16 ans, et sa mère.
Le 17, l'agent voyer de Duclair meurt à Vichy. Delarue est remplacé par Aubé, employé à Yvetot.
Le 30, Auguste Lebourg, 46 ans, ouvrier de filature privé d'emploi craignait de sombrer dans la misère. Il se pend dans sa maison de Saint-Paër.

Juillet 86. A Varengeville, on retire de la Seine le corps d'Onésime Grisel, pauvre journalier de Duclair. On avait déja retrouvé ses vêtements sur la rive. Suicide.
Les gendarmes arrêtent Edouard C. 19 ans. Il met d'abord le feu chez Quibel père. Un bâtiment rural est complèrement détruit. Le jour du 14 Juillet, il achète des allumettes chimiques chez un épicier ouvert tardivement. Puis met le feu aux bâtiments agricoles de Quibel fils.
Journalier du Trait, Alponse Delafenêtre, 20 ans, tombe dans la Seine. Son corps est retrouvé à Guerbaville.

Août 86 :
le 1er, Charles Darcel ramène le siège de conseiller général dans le giron des Conservateurs. Granchamp ne se représentait pas, cédant ce soin à Guéroult.
Samedi 14 aout. A Jumièges, Pierre Lucas est surpris de ne pas trouver sa femme quand il rentre dans sa ferme du Sablon. Il la cherche partout. Une voisine vient pour puiser de l'eau au puits et n'y parvient pas. Elle se penche. Un cadavre...
Le lendemain, un voisin intrépide, Edouard Thuillier, descend dans ce conduit de 30 mètres et remonte le corps de la femme Lucas. Le médecin sera formel : elle s'est tuée durant sa chute. Née et mariée à Yainville, Caroline Aubé, 38 ans, souffrait mentalement ces derniers temps.
Les gendarmes de Duclair arrêtent à Varengeville trois jeunes vagabons surpris en flagrant délit de vol... de chaussons au détriment de divers habitants.

Septembre
86. On se plaint de ce que le passeur d'Yainville laisse un enfant de 15 ans manœuvrer le bac. Le maire s'en fout.
Bénard, patron de navire au Trait, est condamné pour contravention au rôle d'équipage.

Octobre 86. Le clerc principal de Me Olivier, huissier à Duclair, est nommé huissier à Caudebec.
Un mardi, jour de marché à Duclair, un homme transporte un gamin de 2 ans dans une brouette, près de la place encombrée de voitures. Un choc, le gamin chute et se fait rouler dessus par un tilbury. Mâchoire fracturée, soins à la pharmacie. Il s'en sortira.
A Duclair, la partie de pêche est terminée. A l'Anerie, le couple Borniambuc et le matelot Faure aperçoivent le vapeur Rhône qui remonte vers Rouen en traînant un chaland. Rouen, les trois y habitent. On demande au capitaine de prendre la remorque. Refus, le navire va trop vite. Qu'à cela ne tienne, Borniambuc capèle lui-même son amarre au tabarin. Très vite, la barque prend l'eau. Les trois passagers restent en surface. Mais quand l'équipage du Rhône leur porte secours, le couple a disparu et seul Faure, excellent nageur, est recueilli par le canot du chaland. La femme était enceinte de huit mois et mère d'une fillette de 5 ans.

Novembre 86. A Duclair, une voiture verse au passage à niveau du centre-ville. Les deux passagers sont blessés aux jambes.
Ses sabots sont retrouvés au passage de Jumièges. Alphonse Hareng, célibataire de 49 ans, avait des chagrins de famille. A 4h du matin, il s'est jeté dans la Seine, vêti d'uns seule chemise. On retrouvera son corps le lendemain.
Un agriculteur de Duclair établi dans l'Hérault, Gustave-Amédée James, 46 ans, est condamné à 20 ans de travaux forcés pour viols et violences sur une mineure de moins de 15 ans. Il avait de sa concubine quatre enfants qu'il avait légitimés et c'est sur l'une de ses filles qu'il se livrait à ses coupables activités. Son pourvoi sera rejeté. 20 ans plus tôt, il avait fait déjà de la prison pour complicité d'adultère. Il mourra aux îles en 1914.
Au hameau de la Hauteville, un braconnier traque la biche de nuit. Et tire par mégarde sur la génisse de Thierry, cultivateur traiton. Les deux balles ne sont pas mortelles, semble-t-il.

Décembre 86. Le 1er, un incendie détruit une meule de 1500 gerbes de blé dans le champ de Théophile Quibel, à Saint-Paër. Un vagabond parti en direction d'Yvetot est soupçonné.
A Duclair, la société musicale fête la Sainte-Cécile, déjeune à l'hôtel de la Poste et réunit des fonds pour l'hospice.
Le philanthrope aveugle, Plazolles de Pontenay, donne une conférence dans la salle du justice de Paix devant 300 auditeurs dont le maire, M. Cavoret. Son projet : créer une école pour les non voyants dans le département.



Janvier 1887: Au marché de Caudebec, place des Halles, Pierre Reniéville, cultivateur à Sainte-Marguerite, vend les produits de sa ferme. Il surprend un voleur de lard, Léon Delaroque, journalier à Louvetot.
A Boscherville, un incendie détruit le bâtiment où logent la venve Lenfant et les époux Lepagneul. Il appartient à M. Decouville.
Le froid pousse de nombreux mendiants dans les campagnes.
Maître couvreur à Duclair, Jean-Marie Plessard allait bientôt céder son affaire à son neveu. Il répare une toiture, rue des Moulins, près du passage à niveau. Son échelle mal assujettie bascule. Chute de 8 mètres. Crâne fracassé. Plessard meurt une demi-heure après, laissant à 48 ans une veuve et une fille de 18 ans.
Le canton de Duclair bruisse d'une affaire de mœurs. Devenue majeure, une fille révèle avoir été abusée par son père depuis une dizaine d'années. Peu après, ce dernier, un journalier, est arrêté par les gendarmes. En juin dernier, sa fille avait accouché d'un enfant qu'il avait alors enterré dans une cailloutière de Boscherville. Plusieurs ouvriers vont tenter de retrouver son cadavre...

Février 87 : Une nuit, Emile Lefebvre, marchand de chiffons à Sainte-Marguerite, se fait voler une poule. Sa femme va au marché de Caudebec... et la retrouve à l'étalage d'une marchande. Qui donne le nom de celle qui la lui a vendue : Clémence Herment, épouse Montier, une voisine des Lefebvre.
Bal de bienfaisance à Duclair. La quête est faite par Mme Boullard et Henri Denise. Elles sont conduites par MM Peschard et Paumier.
A Sainte-Marguerite, deux garçons sont à herser. Ils invitent à boire Pierre Léonard, le cordonnier, qui passait par là. Tellement ivre, il tombera à 30 m du champ. Ce n'est que le lendemain qu'il fut retrouvé, inanimé. Léonard mourut quelques jours plus tard. Il avait 69 ans.
Charles Darcel fait partie de la commission d'enquête sur le raccordement du quai de Duclair à la ligne de chemin de fer.

Mars 87 : Encore un bal de bienfaisance à Duclair, celui de la société musicale dirigée par Haguerre. Mme Roussel et Mme Bertheau ont fait la quête, conduites par MM Guéroult et des Diguères.
L'église d'Epinaye est visitée. Son tronc ne contenait, paraît-il, que 1,25 F tout au plus. Mais comment le sait-on !
Mort subite de Picard, garde-champêtre de Duclair depuis 6 ou 7 ans et venant d'Yvetot. Il ser a remplacé par Simon, douanier retraité.
Duclair encore. Un chasseur entend du bruit dans un fourré, tire. Et blesse deux de ses compagnons.

Avril 87 : La foire de Pâques se termine tard à Duclair par des danses.
On bat la générale, les pompiers de Duclair se précipitent au Vaurouy où sévit dit-on un incendie chez Mme Chéron. On n'y trouve qu'une feu de cheminée qui n'a pas fait de dégâts.

Mai 87 : Un vrai cette fois. Un incendie détruit l'écurie de Jules Martinier, commissionnaire en fruits, au Passage du Trait, à Heurteauville. Un cheval est grièvement brûlé. Le bâtiment, à usage aussi de cellier et bûcher appartient à François Duval, de Jumièges.
La Seine rejette le corps d'une femme dans la prairie de Morel, à Hénouville. Impossible de l'identifier...
Sourd-muet, Charles-Raoul Landrin, 16 ans, quitte la ferme de son père Narcisse et prend la direction de Caudebec. On le recherche...
Vingt ! Oui, vingt agneaux sont volés chez Georges Lucas, à Varengeville, ainsi que deux brebis.
Journalier à Duclair, François Saint-Martin est né à Bretteville en 1838. Déjà prévenu d'attentats à la pudeur sur sa fille en 1882, il avait bénéficié d'un non-lieu. Mais le 14 janvier dernier, sa victime, Joséphine Désirée, était revenue sur ses dénégations. L'instruction reprit. Et le 13 mai, Saint-Martin comparaît cette fois aux Assises pour attentats sans violences. Il bénéficie de circonstances atténuantes : quatre ans de prison. On le juge aussi pour vols : un an. Saint-Martin est sans doute celui dont parlait la rumeur de janvier. Mais quid du cadavre du nouveau-né. Quatre ans ! n'y a-t-il pas infanticide ?...
Le Jacques-Cartier, brick chargé de vin, mouille à minuit à Duclair. Quand il est abordé par un vapeur. Gros dégâts. Mais il pourra remonter jusqu'à Rouen.
Les frères Burgos, d'Heurteauville, sont de sacrés braconniers. Le soir du 27 mai, ils sont à l'affût chez la veuve Tuvache, à Guerbaville. Ils tirent. Et voilà que surgissent les gendarmes. Le brigadier poursuit Albert qui se retourne et ajuste son fusil :
— Si t'avances, j'te fous bas...
L'autre ne se démonte pas, épaule. Emile hésite :
— Retourne d'où tu viens !
Puis il reprend sa course à travers champs, poursui en vain par le brigadier sur deux kilomètres. Pendant ce temps, Emile Burgos est capturé par les gendarmes. A quatre heures et demi du matin, on retrouva son frère Albert tranquillement couché dans son lit à Heurteauville, Passage du Trait. Les frères Burgos furent menés à la maison d'arrêt d'Yvetot.

Juin 87 :
Charles Fournier, 13 ans, élève du pensionnat-école de Duclair, est admis comme boursier de l'enseignement supérieur.
Le 8, le braconnier Albert Burgos est condamné à 1 an de prison après ses menaces sur le brigadier Hanet. Son frère en est quitte pour 15 jours.
L'inspection des chevaux susceptibles d'être requis en cas de mobilisation est menée dans le canton de Duclair depuis le 31 mai jusqu'au 4 juin. Dans chaque commune, c'est la place de l'Eflise qui est choisie.

Juillet 87 : Tortu, un pêcheur de Duclair, remonte le cadavre d'un jomme d'environ 30 ans, simplement vêtu d'un caleçon de bain. On finira par l'identifier : c'est le sieur Fiquet, mitron à Caumont.
Charles Darcel décroche la Légion d'Honneur.
A Caubec, Alphonse Quesnot, un débardeur, se fait souvent remarquer. Il vient encore d'asséner des coups de pieds, de tête, de poing à un domestique d'Heurteauville, Auguste Désiré Sumelle (?)
Incendie dans la buanderie de Edouard Demoulin, épicier à Duclair. A Bardouville, Pierre Augustin Viger, soldat du 24e de ligne, achevait sa perme pour convalescence chez ses parents. Il prend un bachot, se tient debout à l'arrière, effectue un faux mouvement. Et se noie sans que le rameur ne puisse rien faire. Le corps est remis à la famille le lendemain.

Août 87 :  Quarante pensionnaires de Duclair conduits par le directeur, M. Aubé et leurs professeurs vont visiter les tannerie Servain Frères à Caudebec. Là, ils sont guidés par le contremaitre Genevois. Après un repas à l'hôtel Portail, l'excursion se poursuit jusqu'à Villequier. Le même mois eut lieu la distribution des prix à l'hôtel de ville en présence du Dr Cavoret. Le pensionnat fait sa réclame, vantant notamment sa sitution en pleine campagne. On y vient de toute la région.
Est-ce encore un fumeur à l'origine de cet incendie ? Mercredi 10 août 1887, au Trait, un feu se déclare dans l'herbage du sieur Leroy, banquier de Caudebec. Il ravagera deux hectares d'herbes, trois parcelles de bois taillis et de joncs-marins avant de gagner la lisière de la forêt du Trait. Chéron, adjoint de la commune et Ledez, garde-forestier organisent des travaux pour neutraliser les flammes. Accourus sur les lieux du sinistre,
les habitant du Trait et de Yainville passeront une grande partie de la nuit à lutter contre l'incendie. Parmi eux : Emile Silvestre, le maire d'Yainville.
Au concours musical de Bolbec, Duclair rafle le 2e prix.
Médaille d'argent de 2e classe accordée par le Gouvernement à Louis Bance, capitaine des pompiers de Duclair, qui a arrêté un cheval emporté attelé à une charrette et s'est distingué dans nombre d'incendies.

Septembre 87 :  Le feu, toujours le feu, réduit en cendre un bâtiment de Noël Petit, le fameux messager de Guerbaville. On pense à la malveillance. Noël Petit se consola sans doute avec le jugement rendu par le juge de Paix de Caudebec. Le 14 juillet dernier, le passeur du bac, Onésime Aubert, avait exigé de lui la somme de 30 centimes pour le passer après le coucher du soleil. Petit connaissait le cahier des charges du bac et intenta un procès bien normand. Aubert fut condamné à restituer 30 centimes à Petit, payer une amende équivalant à une journée de travail, effectuer un jour de prison, payer l'affichage du jugement et les dépens du procès.
Au Moulin-à-l'Huile, à Duclair, on retrouve dans l'Austreberthe le corps d'Elise Landrin. Agée de 17 ans, elle avait disparu voici déjà quelque temps de chez ses parents, cultivateurs à Saint-Paër.
Le mousse du bateau de La Mailleraye, le jeune Agnès, sera considéré comme un héros. Albert Fainte, journalier, débarquait du foin face à la douane de Caudebec quand il tomba à l'eau en glissant sur la passerelle. Le mousse le récupéra avec le canot du bord.
Les 25 et 27, les clapiers de la veuve Lefebvre et des épous Levreux sont vidés.

Octobre 87 : La foire de Saint-Denis qui se tenait jusque là le 10 octobre est transférée le mardi précédant cette date.  En 1887 elle eut donc lieu le 4.
Lefebvre, le maire de Saint-Paër, descend la Grande-Rue de Caudebec. Soudain, au niveau des tanneries Gervais et Mansel, son cheval prend peur. la voiture heurte le mur de l'ancienne brasserie San-Julien puis verse. Lefebvre est violemment projeté au sol. Blessures à la têtes, arcade sourcilière en sang, ecchymoses à la main droite. Après soins, il sera reconduit à Saint-Paër.
Un ouvrier s'était réfugié là pour se parer du mauvais temps. A Ambourville, un bâtiment agricole appartenant à Félix Hermier part en fumée.
Noël Marié, cultivateur à Yville, est retrouvé pendu.
Dans la nuit du samedi 20 octobre, une violente tempête rappelle celle de 1876.

Novembre 87 : Les canards de Pierre Barnabé, cultivateur à Heurteauville, ont trouvé preneurs...
Montlouis est paraît-il un magnétiseur bien connu à Duclair. Il se propose de faire une démonstration, salle de la Mairie, comme il en fit une au Café de France.
Le 15, le tout premier numéro du Journal de Duclair sort de l'imprimerie d'Alfred Perré, 7 place du Marché à Caudebec.
Le 21, on retrouve en forêt de Duclair, section de la Mare-des-Grès, un pendu, mort depuis environ trois mois. La cinquantaine, un paletot noir, un pantalon d'été à petits carreaux, un chapeau de paille, il a dans sa poche 49 F, un trousseau de clef, une pipe, du tabac et des allumettes.
Dans le même temps, la veuve Savary, d'Anneville, en allant puiser un seau d'eau à la Seine est surprise par le flot qui l'entraîne à cinquante mètres dans le fleuve. 
Route de Caudebec, à Duclair, une dame Auzou est renversée violemment par une voiture.
18 novembre. Un odieux attentat a été commis sur une petite fille âgée de 3 ans, nommée Gabrielle H.... par un ouvrier peintre nommé Herming qui a pris la fuite. La gendarmerie recherche ce misérable. C'est le Journal de Rouen qui donne l'information. Les faits se sont déroulés à Duclair.
Duclair enfin, le chef d'équipe Gagnepain découvre que ses lapins lui ont été volés la nuit.

Décembre 87 : On ne voyait plus le journalier Lubin au Trait. Le soixantenaire est retrouvé pendu chez lui.
Emelie-Célina Lebourgeois, adolescente de 15 ans, venue de Sainte-Marguerite à Caudebec, vole des chaussures à l'épisserie Delamare, place de la Poissonnerie. Elle se fait pincer. On la jugera à Yvetot où elle écopera de 25 F d'amende.
Le tribunal de simple police de Duclair se réunit le 7 décembre. On juge notamment Mme Lévêque qui a renversé son pot de chambre sur la tête de son voisin. Les grands procès...
Au Trait, la femme Lefebvre, née Vautière, journalière à la Neuville, est poursuivie pour injures envers François Bénard, un cultivateur voisin.
A Jumièges, le jeune journalier Marie Chambry a exercé des violences envers Alphonine Chevalier, du Mesnil, 14 ans.
Enfin, à Varengeville, les lapins de la veuve Dauberbosc ont disparu.
A Saint-Paër, du linge a été volé à la veuve Vigreux et MM Pelfresne et Minard. La rumeur murmure un nom. L'auteur ne tardera pas à être arrêté... Et cela ne traîne pas, c'est la femme Leroy a qui l'on attrivue aussi le vol des lapins.  Ces informations si détaillées émanent du Journal de Duclair qui vient d'être lancé.
Ivre, Eugène-Victor Mauger va dermander un bulletin de naissance à l'instituteur de Bardouville, M. Delamare. Il le trouve illisible, le jette dehors, en exige un autre. Invité a sortir, il refuse, déchire le paletot de l'instituteur et brise la clef de sa porte. PV de la gendarmerie de Duclair. Il sera condamné par le juge de Paix à une amende et aux dépens.
Dans sa ferme du Haut-de-la-Côte, Chéron retrouve la porte de sa cave fracturée, à quelques mètres de sa maison. Mais les voleurs ont dû être surpris.
Domestique chez Albert Danet, à Hénouville, Ernest Vallée avait été vue en état d'ivresse. Quelqu'un lui avait alors prêté une lanterne pour qu'il rentre chez son maître. En traversant le ruisseau qui sépare les propriétés Danet et Leroux, Vallée tombe de la passerelle et se noie dans cinq mètres d'eau.
Quand s'achève 1887, notons que Mme Prunier est agent des Postes à Jumièges.


Janvier 1888 : La fille de Louis Lesage, au Vieux-Trait, tombe à la seine. Et se noie.
Médaillé, ancien militaire de 77 ans, Jacques Varin s'effondre en bas de la rue Pavée, à Duclair. Il meurt une demi-heure plus tard chez lui.
Patron de barque au Trait, Louis Larchevêque a perdu un billet de banque de 100 F au marché de Caudebec. Il offre récompense à qui le lui rendra. On peut rêver...

Février 88 : Elle vivait constamment auprès de son feu et se sera endormie, ses vêtements s'embrasant. On la retrouvera carbonisée dans sa cuisine, à Yainville. Marie Adélaïde Lafosse, veuve Thomas Capelle en premières noces, veuve Louis-Victorin Grain en secondes, est ainsi décédé à 88 ans.
Le voleur avait bon goût. Au château du Gravier, à Duclair, il s'est introduit en cassant un carreau chez M. Panthou pour emporter deux cuillères, deux fourchettes et une cuillère à café en métal ainsi que deux tasse à café. Plus tard, M. Chéron, en bon voisin, remarqua une jeune fille entrer dans le château où il l'enferma. Les gendarmes cueillirent Marie Lebon, 15 ans, qui, cette fois, venait de voler des poires. Elle avoua tout. Pendant ses exploits, son père faisait le guet sur le chemin en l'attendant.
Un soir, Albert et Jules Lecœur, saouls, crient sur les quais de Duclair que, si on ne les loge pas, ils vont casser les réverbères. Les gendarmes devaient satisfaire à leur demande en les faisant coucher en prison. Ils ont été libérés le lendemain avec un bon PV. L'un d'eux sortait de prison.
Frédéric Gosse, 23 ans, matelot du sieur Testu, pêcheur à Duclair, se rend à Boscherville dans une norvégienne. Face à Hénouville, il parle au capitaine d'un bateau, debout dans sa barque, quand celle-ci se met soudain en travers du courant. Noyade.
A la ferme d'Emile Hautot, appartenant à Louis Dacher, à Sainte-Marguerite, le feu détruit 600 gerbes de blé et 900 bottes de paille dans une grange.
Huit jours de prison pour Edouard-Victor Bourguignon, marin du Trait, auteur d'une escroquerie envers Naudin, chaudronnier à Guerbaville.

Mars 88 : Léon Prat et trois chasseurs font une battue en forêt du Trait. Un sanglier tué.
Le sieur Rigault, de Jumièges, est condamné à 1 F d'amende pour ivresse publique à Caudebec.
Anneville : la veuve Leblond se fait voler du bois et divers objets mobiliers. Les gendarmes de Duclair retrouvent le butin chez son gendre, Pierre Perdrix, charron de Bardouville, qui avait fait deux voyages avec cheval et voiture.
Le sieur Martel, d'Anneville, se fait voler une roue de charrue. Les gendarmes de Duclair la retrouvent au domicile du sieur H. de Bardouville.
Natif de Sainte-Marguerite, Philippe-Ferdinand Percepied, domestique sans domicile, est condamné à Yvetot à 15 jours de prison pour vagabondage et mendicité.

Avril 88 : Le 2, le jeune Martin et la fille Leblond ont 14 ans. Au Haut-de-la-Côte, ils cassent un carreau chez Alphonse Lemarchand pour voler des denrées. PV.
7 avril, 9h du matin, conseil de révision du canton.

Quevillon, 8 avril, 6h du matin. Langlois surprend la petite Henriette Delalonde, 11 ans, près du poulailler du sieur Bonvallet. Les gendarmes en sont persuadés : elle s'apprêtait à emporter la poule qu'elle venait d'étrangler. La gamine s'en défend : elle venait voir si la poule que son frère avait blessé la veille était morte...

Depuis janvier, Courin, marchand bottier, constatait des vols de clous, pointes à chaussures. C'était son employé, le nommé Feuillye. Il comparaîtra en correctionnelle pour écoper de 15 jours de prison.
Au Mesnil, Théodule Leblond, 57 ans, esr retrouvé pendu chez lui, au hameau de la Roche.
Les sangliers ravagent les récoltes des habitants de Guerbaville et de Notre-Dame-de-Bliquetuit. Les blés sont anéantis les pommes de terre aussitôt semées sont mangées par ces animaux. On se demande si on doit risquer de nouvelles semences ou abandonner les terres. Vainement les habitants passent l'un après l'autre les nuits dans leurs terres, où ils font un bruit continuel à l'aide de sceaux et de chaudrons. Il serait grand temps que l'on fasse les battues tant réclamées pour enrayer ou amoindrir le mal. Le nombre de sangliers de la forêt est évalué à plus de 300. De Caudebec au Trait, les paysans ne sont pas plus protégés...
Emile de Joigny, de Saint-Paër, arrive rue de l'Eglise, au marché de Duclair, à 9h du matin. Son cheval, habituellement docile, prend une allure plus vive. On veut le calmer mais un guide casse et le cheval accélère, si bien que la voiture verse. De Joigny est légèrement blessé au dessus de l'œil mais son fils Max est plus gravement touché à la tête et a le maxillaire inférieur fracturé. Quand au domestique, il est indemne.
Trois nouveaux élèves de pensionnat de Duclair sont admis aux bourses : Eugène Maroquesne et Jules Daubol, de Duclair, Auguste Jacquelin, de Caudebec.
A Heurteauville 70 litres de cidre sont volés dans la maison servant de magasin à Campion, agriculteur de Guerbaville.

Mai 88 : C'est le mois des muncipales ! Au Trait, tout la liste du maire passe au premier tour sauf Chéron, l'adjoint, à qui il a manqué deux voix. A Duclair, une grande partie de la liste Cavoret est élue.
Entrepreneur au Trait, Auguste Sabatier accuse : deux marteaux et des fers à calfater lui ont été volés par Eugène Neveu, marin de Guerbaville. Qui proteste de son innocence.
De Bellencombre, le brigadier Vivier est nommé maréchal des logis à Duclair tandis que le brigadier Baudère part avec son grade à Valmont.
A Bardouville, deux jeunes filles ramassent du bois en bord de Seine. Quand elle trouve le cadavre d'un nouveau-né. Les gendarmes et le Dr Maillard arrivent. Pour le médecin, cet enfant de sexe masculin était mort-né.

A Saint-Paul, Etienne Poulard se fait voler pour 25 F de linge. Une perquisition chez les époux H, journaliers, permet de découvrir le larcin dans un matelas. La femme était employée chez Poulard.
Sur le marché de Duclair, on arrête Alfred Aniel, 16 ans. Avec Eugène Cervant, 15 ans, comme lui de Barentin, il a cambriolé les domiciles de la veuve Romain et de la fille Varin à Villers-Ecalles.
L'ingénieur en chef de la navigation assure qu'il fera tout pour l'endiguement du Trou-du-Malaquis au Trait.
Jules Plichon tendait des collets à Varengeville. Garde particulier de MM. Carbonnier et Leverdier, Hue le prend en flagrant-délit.
Deux ouvriers entrent dans la cour du garde-champêtre d'Anneville, le sieur Doublier, pour demander la route de Quillebeuf. Personne. Alors ils s'emparent d'une volaille et font son affaire dans un bois voisin. Mais, de la plaine, des travailleurs les ont vus. Doublier les arrête, les mène au bac de Berville à destination des gendarmes de Duclair. Conduits à Rouen, les cheminots ont été remis au Procureur.
Des bijoux sont volés chez Bellien, au Vaurouy.

Juin 88 : Augustin Cartier, 55 ans, a disparu du hameau de Saint-Paul, on ne sait pour où... On le retrouvera pendu en foêt du Trait. Il s'était déjà ouvert les veines. Constat des gendarmes de Duclair et du Dr d'Alençon.
Samedi 9 juin 4 h du matin. Eugène Deconihout, patron de l'Eléonore-Marie, de Jumièges, sauve Narcisse Heuteaux, 21 ans, au passage de Caudebec. Il a été entraîné par une voiture à bras contenant du foin volé à deux habitants de Saint-Nicolas-de-Bliquetuit. Réconforté à l'hospice, il est conduit par la gendarmerie au procureur d'Yvetot et condamné à un mois de prison...
Quatre mois après sa disparition en seine, le sieur Gosse, employé chezs Testu, est retrouvé à Bardouville, reconnu par ses bottes.
Le voleur de Villers-Ecalles est arrêté par le garde-champêtre du cru qui le remet aux gendarmes de Duclair. C'est un vagabond de Barentin, Serveau, 16 ans.
Paul Mahet, domestique chez Emile Sautreil, à Epinay, revient de Boscherville dans une voiture chargée d'échaffaudages de maçon. En s'arrêtant à Duclair, il tombe sur la tête.
A Boscherville, Chapelle retire un fusil de sa voiture en le prenant par le canon. Mais le chien croche au siège et le coup part au cœur de l'infortuné qui fait quelques pas avant de succomber. Il était marié depuis six mois.
Jules Aubert, 12 ans, de Barneville, cueillait des fleurs dans la forêt de Mauny, sur le territoire d'Yville. Quand il découvre deux candélabres et un christ. Sans doute ont-ils été volés voici deux ans dans une des églises du canton.
Mme Levreux, cultivatrice à Yainville est chargée puis reversée par une vache qui lui laboure le corps à coups de cornes. Plusieurs voisins finiront par faire lâcher prise à l'animal en furie. Grièvement blessée, Mme Levreux s'en sortira.
Aucun adjudicataire pour le bac à vapeur de Duclair ?
Hémery, tailleur à Duclair, est un héros. Ne sachant pas nager, il avait déjà sauvé de la noyade un gamin de 8 ans. Là, il vient de se jeter au col d'un cheval emballé qui traînait dans sa voiture, la tête pendant près de la roue, le pauvre Civin. C'était jour de marché. Civin avait chargé de marchandises cette voiture appartenant à Autin, rue du Presbytère. Quand le cheval partit au galop.
La compagnie de l'Ouest pourra établir une voie ferrée sur le quai de Duclair. C'est d'utilité publique...
Millon fils, cultivateur de Sainte-Marguerite, croise sur le marché de Duclair son ancien domestique, le sieur Cousin, 18 ans, de Saint-Paër, coiffé d'une casquette. Or c'est celle que l'on a volé à Millon ainsi que d'autres effets sans compter un porte-monnaire chargé de 75 centimes. Les gendarmes sont prévenus. Cousin avoue. Chez sa tante, on découvre le butin. Cousin lui avait juré avoir acheté tout cela à une autre domestique de Millon...
Le canton a un nouveau lieutenant de louveterie : M. de Condamy, propriétaire à Boisguillaume.

Juillet 88 : Le 1er, répétition musicale chez Martin, maçon à Bardouville. Quand soudain pleuvent les pierres sur les carreaux et les murs de la maison.
A Anneville, Francis Mégard a eu la surprise de voir pousser dans son champ 40 épis de blé sur un seul pied d'une hauteur de deux mètres.
Au Mesnil, Mme Baville rentre une voiture de foin dans sa ferme. Soudain, son cheval lui vrise le genou d'un coup de pied. Le Dr Maillard soignera la victime.
15èmes régates de Duclair. L'occasion d'entendre les musiques de Duclair, Barentin, Boscherville, Badin.
Au certificat d'études, le pensionnat de Duclair classe 14 garçons avec mention spéciale en agriculture. Le jeune Vallois, de Duclair, obtient à Rouen le brevet de capacité puis l'admission à l'école normale. Au petit séminaire du Mont-au-Malade, le petit fils du Dr Cavoret, qui avait déjà brillé au pensionnat de Duclair, ovtient un 2e prix et quatre accessits en 7e.
Boscherville : PV des gendarmes contre trois individus pour violation de domicile et tapage nocturne.

Août 88 : Le 2, la gendarmerie de Duclair dresse PV contre M... journalier de 69 ans au Trait, pour faits d'immoralité. A Sainte-Marguerite, c'est un certain H... domestique, qui est verbalisé pour outrage public à la pudeur.
Duclair. Le fils du boulanger Vallois tombe du quai et est emporté par le courant. Léon Marie, l'épicier, plonge tout habillé et ramène le petit à ses parents. C'ets son huitième sauvetage et il arbore deux médailles d'argent. Ce nouvel exploit lui vaudra un simple témoignage de satisfaction que Marie s'empressera de refuser en expliquant son geste au ministre.

Le cafetier de Berville a saoûlé des enfants de moins de 12 ans. PV des gendarmes de Duclair.

Septembre 88 : Enfin une adjudication pour une digue au Trait. Elle ira à Edouard Lefranc, entrepreneur de La Mailleraye.
Un PV est dressé contre Parisy, marin d'Yainville, pour injures et voies de fait à l'encontre de la dame Levreux, ménagère à Heurteauville, qui relusait de lui servir du café.
Noël Petit, le fameux messager de Guerbaville, maître à Duclair un cheval emballé qui menaçait de enfants.
A Duclair, Lenouvel, d'Yville, tombe à l'eau en embarquant sur son bateau. Il est sauvé par Coignard, le garde maritime.

Octobre 88 : Trois chaises en fer avaient été volées à Duvivier, d'Heurteauville. On soupçonne D... journalier.
Il a disparu le jour de la Saint-Denis. Alfred Edde, de Sainte-Marguerite, domestique de M. Bance, farinier à Duclair, a été vu dans quelques cafés jusqu'à 2h du main. On a retrouvé sa casquette au bord du fleuve. La Seine rendra plus tard son corps.
Il avait quatre enfants.
A la gare de Duclair, Retourné, couvreur en ardoises, avait touché 800 F de son patron, M. Taboureux, pour faire l'acquisition de pommes. Aptès quoi, il avait pris la fuite. Le maréchal des logis Vivier interroge sa maîtresse et se rend à Rouen. Où il trouve porte close. Mais il enfonce la porte et trouve Retourné sur son lit. Il était encore porteur de 540 F.
Acius, le conducteur de la diligence de Duclair, est adressé par un voyageur qui a perdu son chapeau.
Employé aux travaux de la digue de Bardouville, le mécanicien Lépold Houry avait épousé voici cinq ans la  veuve Languillet. Celle-ci avait une fille de son premier mariage. Un jour, la veuve se rend à Rouen chercher la mère de son mari qui arrive de Paris. Quand elle rentre à Bardouville, elle trouve porte close. Houry et sa belle-fille on disparu. Le maréchal des logis Vivier fait son enquête. Les deux fugitifs ont passé la nuit à l'hôtel de la Poste. Après quoi, ils ont pris le train de 10h30 avec des billets pour le Havre. Vivier télégraphie au procureur de Rouen. Le couple est arrêté au Havre. On pria la mère d'y aller chercher sa fille. Quant à Houry, il resta en prison.
Trois lapins de Paul Bellest sont volés à Duclair. Dans la même nuit, quatorze volailles de M. Hébert, au bas de la Côte-de-Moulins, disparaissent aussi. Sept d'entre elles étaient engraissées et toutes devaient être vendues le lendemain, mardi, au marché de Duclair. Alors, le maréchal des logis Vivier a une idée, il charge la femme Hébert d'aller au marché de Caudebec le samedi suivant, munie d'un mot pour le brigadier de Caudebec. Elle retrouve six de ses volailles engraissées exposées dans un cageot. Le vendeur est Narcisse-Ernest dit Courteaux, 34 ans, de Saint-Paër. Et la femme Hébert rentra à Duclair avec ses volailles sous le bras. Courteaux de fut pas arrêté. Il se disait vraiment marchand de volaille et innocent. Dès ce jour, il disparut.
Le 30, les gendarmes de Caudebec arrêtent au Trait un jeune garçon de l'Aube pour vagabondage. Il s'appelle... Marquis.
A Villers-Ecalles, le cheval du Dr Maillard s'emballe. Notre homme est grièvement blessé.

Novembre 88 : Un mur de la chapelle Notre-Dame-Mère-de-Dieu est en partie détruit. On s'est emparé de la vingtaine de francs que contenait le tronc. Enquête de la gendarmerie de Duclair.
Le linge de Jules Duboc, marchand de chevaux à Saint-Paër, était étendu dans la cour. Les gendarmes de Duclair sont sur la piste d'un voleur.
Au Trait, une seule fève planté dans un coin du jardin de M. Pionnier par son fils a produit 128 cosses. Dans chacune d'elles : 4 à 5 fèves. Total : 525 haricots dans un seul pied.
Et les vols d'animaux continuent ! Quatre dindes à Hippolyte Fleury, à Saint-Paër. A Epinay, ce sont huit lapins qui désertent le clapier de Joséphine Miot, une rentière. On finira par arrêter Théodore-Alphonse Létudais, 29 ans, qui refuse de livrer ses complices. Le lendemain, quelques renseignements mènent les gendarmes jusqu'à un grenier à foin où se cachait le famux Courteaux. Lui, il parle. Et d'autres arrestation ont lieu. Celles de Bidault, Leroy et Campard. Deux bandes distinctes sont clairement identifiées, ce qui explique tous les vols de ces derniers temps dans le canton de Duclair. Courteau purgera 13 mois de prison, Bidault 8.
A Saint-Paër, Mme Clérembault se rend chez sa voisine, la femme Gopois et les demande des vêtements et parures de deuil pour se rendre aux obsèques de ses petites-cousines, à Barentin. Le lendemain, on apprend que les Clérembault sont partis sans laisser d'adresse. Et n'ont pas de famille à Barentin.
Aux Vieux quatre compères sortent de leur travail. Alfred Masson et Joseph Jouran demandent à Narcisse Loiselier s'il veut bien répondre de 50 cts pour boire un café chez Dorange.  En sortant, le eisur Marette rentre chez lui. Les autres demandent cette fois un cognac à Loiselier, sinon, ils le frappent. L'alcool est englouti chez Grémont. On reprend la route et Loiselier est assailli par ses compagnons à coups de pied et de bâton. ITT de 15 jours pour l'un, PV pour les autres.

Décembre 88 : Trois jeunes garçons de 12 à 14 ans se sont échappés del'asile des enfants abondonnés de Bois-Guillaume. Les voilà dans la cave de Félix Duonor à boire du cidre et laissent la chantepleure ouverte en partant. Quad Duonor découvre l'affaire, cente litres se sont évaporés. Les gendarmes arrêteront les trois fugitifs qui mendiaient en direction du Havre.
Anneville : Ernest-Théodule Peine est arrêté pour délit de chasse.
Lundi 10 décembre, vers 6h du soir, le feu détuit une étable à porcs dans la ferme exploitée par Carpentier et appartenant à M. Dupasseur. Un certain Gouget, ouvrier rouleur de 52 ans, avait été employé par Emile Carpentier. Il l'avait congédié le samedi précédant. Les gendarmes de Duclair le conduisent à Rouen.
Deux steamers se sont échoués en Seine, dans les parages de Duclair, pendant la nuit de dimanche 9 à lundi 10 décembre. L'un est l'Eldorado qui a de 300 à 350 tonneaux à décharger avant d'être renfloué ; l'autre, est le Brooklands, venant de Liban, chargé de chénevis et d'avoine. Il devra être allégé de 5 à 600 tonneaux. Ce dernier navire est près de Grand-Couronne. Ces accidents, sans conséquence grave, sont uniquement dûs au brouillard.
Mlle L. Levesque, employée chez Amédée Dubreuil à Duclair, est un modèle du genre. Ayant trouvé un médaillon en argent dans une livraison de charbon, elle en a recherché le propriétaire pour la lui remettre.
Tiens ! A cause de Noël, le marché de Duclair a lieu un lundi. Idem pour la Saint-Sylvestre. Richard Cœur de Lion doit se retourner dans sa tombe !
A Villers-Ecalles, dans la cour de Mlle Hébert, on retrouve le corps de Geoges Waingartner, journalier de 63 ans. Un panier à provision est trouvé près de lui. Gendarmes et médecins concluent à une mort accidentelle.
A Duclair, Gerrmano Poli, un Italien, est conduit au procureur pour coups et blessures. A Villers-Ecalles, les gendarmes arrêtent Charles Langlois pour dettes envers l'Etat.
On a volé 20 litres d'orge à Bocquet, du Vaurouy. Louise L., 19 ans, est arrêtée après enquête.
Percepied, de Sainte-Marguerite, ramasse un PV pour ivresse publique.
A Hénouville, la nuit de Noël, l'abbé Caron succombe de la variole. Le curé-doyen de Duclair préside aux obsèques.
Nicolle, l'ancien cafetier des Vieux devenu journalier commer un bris de clôture chez son beau-frère Mauger, ouvrier de filature à Varengeville. La femme Nicolle, son fils et Fleury, garçon maréchal font l'objet d'un PV pour violence sur le journalier.
A Mauny, cocu, Becquet fait constater par le Juge de Paix l'adultère de sa femme qui vit en concubinage depuis cinq ans avec Lehalleur, charbonnier.
Maillard est exclu de la médecine infantile pour sa participation au Journal de Duclair.
Six bouteilles de vin et d'eau de vie sont emportés lors d'un cambriolage avec effraction chez Mme Doucerain, née Savigny, à Varengeville.
Albert Binard, de Saint-Paër, constate la disparition de huit volailles.
Un cadavre est retiré de la Seine à Mauny.


Janvier 1889 : Théotime Talouen, 30 ans, bouilleur de cru d'Epinay, est condamné à trois jours de prison pour coups.
Le soldat Rigot du 36e de ligne est en perme illégale chez ses parents.
Il vole les chaussures de son camarade. A Saint-Paër, le Barentinois Louis-Alphonse Vautier, domestique de 21 ans, est arrêté par le maréchal des logis.
La veuve Bénard, débitante au Trait, refuse à boire à un marchand de peaux de lapins originaire du Cantal, le nommé Robin, basé à Saint-Wandrille. Il lui casse ses carreaux.
Aux Vieux, Auvray s'en prend à sa femme. Plainte.
Trois lapins sont volés à Saint-Paër au préjudice de Mme Faucon. Le voleur s'est aidé de fausses clefs. Les gendarmes sont sur sa trace.
Onze poules sont encore volées à Boscherville chez la rentière Castel.
Au tirage au sort des conscrits du canton de Duclair, lre premier appelé tire le n° 13. Puis on s'aperàoit qu'il manque trois numéros sur la totalité exigible par la loi. Mais on valide et l'on continue... Le Journal de Duclair, informé par plusieurs maires, juge illégale cette pratique qui veut que les communes taisent les erreurs de l'administration au risque d'être pénalisées. "Si tous les conscrits sont appelés à servir la patrie plus ou moins longtemps, il en est encore qui sont élus pour la Marine. Or, supposons quelques cas de réforme dans la première dizaine, et le numéro 13 est incorporé dans l'infanterie de Marine." Lors du tirage au sort, des jeunes gens se sont fait des infirmités, ce qui donnera lieu à une enquête de gendarmerie.
Capelle et Loiseau, de Berville, sont surpris en visitant un collet dans le bois d'Ambourville par le garde Poullain.

Février 1889 : Cottard et Levillain, deux Barentinois, sont surpris tendant des collets dans le bois de Mme Dhomé à Villers-Ecalles.
L'adjudicataire des droits de place et d'amarrage des bateaux à Duclair est en procès avec la ville et refuse son marché. Une nouvelle adjudication sera nécessaire.
Au Mesnil, presque tous les habitants ainsi que ceux de Duclair conduisent à sa dernière demeure la jeune épouse de l'ancien brigadier de gendarmerie Lefrançois. La brigade de Duclair est là, avec une immense gerbe de fleurs.
Octave Lemarchand, 17 ans, battait sa veuve de mère, épicière et débitante en haut de la côte de Duclair. Et le revendique. Tribunal correctionnel...
Hippolyte-Prudent Lejemble, sabotier à Duclair, est arrêté. On ne sait pourquoi.
Chez Dauphin Canu, journalier à Saint-Paër, au Bas-Mouchel, un incendie détruit habits et linge. C'est son fils de 4 ans qui a allumé le feu avec des allumettes chimiques. Gruel, le beau-père a appelé les voisins à la rescousse. A temps.
Au Mesnil, Xavier Bécourt, René-Séraphin Dupont, Célénie Poucher et Céleste Tessier, vivaient de vol et de mendicité. Ils sont arrêtés en possession d'un couteau soustrait à Edouard thillier.
Huit lapins sont volés à Victor Levacher, cultivateur de Villers-Ecalles dans un bâtiment sous clef. La même nuit, sous clef également, quatre poules sont soustraites à Epinay au sieur Duperron. Au début du mois, dix poules avaient été volées à Isidore Lecointre, cultivateur de Saint-Paër.
Domestique chez Léveillard, commerçant de Duclair, le jeune Caudron, 16 ans, tombe de sa voiture chargée qui lui roule sur la cuisse. Ramené d'Hénouville chez ses parents à Duclair, le Dr Maillard lui prodigue ses soins.
La perspective d'une enquête publique en vue de combler le Trou-du-Malaquis se dessine. Une digue de trois kilomètres est envisagée.
A Anneville, les gendarmes et le Dr Maillard retirent d'une mare le cadavre de Victorine Lebourgeois, veuve Picot, journalière de 52 ans. Suicide.
Un lundi, vers 6h du soir, Félicien Beuriot, de Bois-Himont, se présente chez l'épicier Falaise, à Duclair. Il dit venir de la part de son frère Emile pour le prévenir que sa mère vient de subir une attaque à Saint-Arnoult. Falais le fait souper puis lui remet une lettre destinée à son frère. Seulement, Beuziot se rend à l'hôtel du Cheval-Noir, tenu par Fauvel. Là, il dort et déjeune sur le compte de l'épicier. Le mardi, jour de marché, le marchal des logis a vent de l'affaire. Il arrête Beuriot qui avoue n'avoir pas mis les pieds au pays de Falaise depuis cinq mois. Sans ressource, il n'a trouvé que ce stratagème pour se faire héberger. Il avait déjà vécu quinze jours à Caudebec aux frais du restaurateur Hardouin, disant qu'il travaillait à la blanchisserie Risler. Au moment de payer, il s'esquiva. Escroquerie, vagabondage, en route pour le parquet de Rouen.
Le 12, A.P., de Yainville, est retrouvé en forêt de Jumièges à une heure du matin, à l'affût à l'Oraille par les gardes Varin et Quertin. Il les met en joue avant de disparaître. Mais on a reconnu en lui celui qui, en juin dernier, avait été arrêté pour insultes envers le maréchal-des-logis de Duclair.
22 février. Accident à la gare de Yainville. Le fils du jardinier de Mme Dupasseur, de Jumièges, avait attaché son cheval au treillage de la gare. Arrive la voiture de Noël Petit. Le cheval prend peur, arrache sa bride et part au galop. Au bas de la côte, la voiture heurte un arbre, verse et se brise. Le cheval est en revanche indemne.


Mars 1889 : La gendarmerie est tenace. On avait surpris voici plusieurs mois un voyageur de 2e classe avec un billet de 3e en gare de Barentin. Il avait dit s'appeler Victorien Coignard. Depuis, on le recherchait. Les gendarmes de Duclair le retrouvent sur le chantier de la digue de Bardouville. Correctionnelle.

Trois volailles avait disparu chez Delmare, journalier au Vaurouy, qui ne s'en était plaint.  La femme D... de Sainte-Marguerite est surprise dans le poulailler d'Emile Delu, cantonnier à Duclair, hameau du Chinois. Elle avoue aussi le vol chez Delmare ou encore Délu.

Desmoulins est retraité des douanes à Bardouville. Revenant de Duclair pour faire signer son certificat de vie, il veut suivre le chemin de Boscherville allant au passage de Bardouville. On le lui déconseille à cause de la crue. Il s'engage. On ne le reverra plus, sinon flottant sur l'eau. C'est un riverain en voiture qui l'aperçoit. Une congestion cérébrale, pense le Dr Maillard, aura causé la mort de ce "vieillard" de 63 ans.

Au Paulu, plusieurs balles de déchets de cotons entreposées dans un hangar tombent sur M. Huguerre et son employé, le sieur Fondrin. Ce dernier à la jambe fracturée, Huguerre, lui, en est quitte pour quelques jours de repos. Sans la promptitude des secours, leurs cas était bien pire...

Apoplexie sans doute. Le Dr Maillard examine à Villers-Ecalles le cors de Pierre-Théodule Pessy, 52 ans, maréchal de Pavilly. On la retrouvé mort sur le chemin de la Cavée.

Minuit. Du bruit, en bas, dans la cuisine. Trévet, le cafetier de la place du marché, se réveille à l'étage. Il descend quatre à quatre mais la porte a été obstruée. Trevet remonte et crie vers l'hôtel-de-ville où dort le garde-champêtre Simon. Pendant ce temps, voleurs et tabac ont disparu. Les visiteurs s'étaient introduits par une fenêtre du premier donnant sur la salle de billard avec l'échelle du sieur Acius. On retouve sur la table le lapin du buffet qu'ils s'apprêtaient à déguster, arrose de champagne prélevé dans la cave. La veille, deux jeunes gens d'une vingtaine d'années avaient logé à l'Hôtel du Cheval-Noir. On les a vus le mardi soir rôder en ville... Le dimanche suivant, une chasse à l'homme perment d'arrêter l'un d'eux, reconnu par des passants.

Une noyée retrouvée voici peu au Mesnil est identifiée : Adèle-Eugénie Valmier, 49 ans, mercière à Rouen, 139, rue Lafayette.

Mort de Cavoret, maire de Duclair. Décédé, un autre sera à remplacer, M. Emengard.

Quand la veuve Margerie va voir le pommier qu'elle vient de planter près de la forêt du Trait, il a disparu. On le retrouve replanté chez son voisin...

Un journalier de Bouville, Adolphe Lesieur, 48 ans, est tellement ivre le jour du marché de Duclair qu'il s'effondre en descendant des marches près du sieur Carpentier, à Duclair et se blesse à la tête. Transporté à l'hospice par gendarmes et garde-champêtre il est soigné par Maillard mais meurt le lendemain.

Pêcheur d'Ambourville, Emile Potain sauve de la noyade une petit Saddray, de Barentin, tombé d'une barque amarrée au quai de Duclair. Le pharmacien Lemoigne lui donne les premiers soins puis on le transporte à l'hospice.

Varengeville. Drouet, Drapier dit Fromentin et Genet fils sont trouvés en possession de clollets. Ils avouent en avoir posé dans le bois de M. Dieusy.

Avril 89 : Une cérémonie intronise Lambert-Gosset à la tête des pompiers de Jumièges.
Par vengeance, on a saccagé deux pièces de colza appartenant à M. Chéron et la veuve Chéron, à Duclair. Mais des empreintes de pas laissées par un jeune garçon et un adulte constituent un indice...
Les gardes du domaine de Mauny, Varon et Maupas, surprennent le Rouennais Léon Legrand posant des collets. Il récidive deux jours plus tard... Puis six fois en tout.
Dessaux, de Sainte-Marguerite, rentre du marché de Duclair. Et croise la femme Bonamy, de Bouville. Tous deux vont s'abriter de la pluie dans la grange à Vallois. Quand il quitte la dame, Dessaux découvre que sa bourse contenant 145 F a disparu...
Colignon, domestique de 48 ans à Epinay, souffriat le martyr depuis longtemps. Un jour, il s'ouvre le ventre avec un rasoir. A la japonaise... Il meurt peu après.
Deux conservateurs, Henri Denise, le maître d'hôtel et Rouas père, farinier, se portent candidats pour remplacer les deux décédés du conseil de Duclair. Finalement, le Dr Maillard se portera aussi candidat et sera élu dès le 1er tour. Il y aura ballotage pour le second et Denise arrive en tête des 8 candidats restant. Il est soutenu par le Journal de Duclair qui dément la rumeur selon laquelle il veut la scission entre les quais et le bourg.
Jour de foire à Duclair. Deux tireuses de cartes de la famille Fabulet se prennent de querelle chez Frémont. Qui les vire. Alors, elles jettent des cailloux sur la devanture. Et s'enfuient avant l'arrivée de la maréchaussée.
A Duclair, un mercredi, Leclercq, 19 ans, se dit marchand ambulant. Mais il n'a ni papiers ni marchandises. On l'arrête.
 
Mai 89 : Propriétaire, Boutigny travaille au chevet de l'église de Varengeville. Quand il entend des crépitements et voit un vitrail de l'abside voler en éclat. Le maître-autel est la proie des flammes. La supérieure de l'école des filles enlève le ciboire du tabernacle. Puis les habitants accourent et sauvent de la combustien le tabernacle et le corps principal de l'autel. Mais tapis, candélabres et autres objets du cultes sont anéantis. La pierre de l'autel se brise en morceaux sous l'effet de chaleur. Le sacristain et plusieurs personnes avaient travaillé l'après-midi dans l'église mais loin du foyer d'incendie. On s'interroge...
A Sainte-Marguerite, un enfant Fleury se noie dans une mare gonflée par la pluie. Sa mère l'avait vu jouer sur le seuil. Elle est avertie par la voisine qui vient de retirer la victime de l'eau. Maillard et les gendarùes constatent le décès.
Un veau à tête de dogue est né chez Toutin, le menuisier de Saint-Paër. Il a deux crocs à la machoire inférieure, de gros yeux saillants, l'arrière train d'un chien, un courte queues de 6 à 8 cm. La mère de ce veau aurait eu un regard de colère sur le dogue de Fournier, boucher de Duclair.
Emile Baudry, bûcheron à Sainte-Marguerite, paye le cafetier Babois, de Saint-Wandrille, par des coups et infures. PV.
Léger tremblement de terre dans la région.
Des élevers de Jumièges, Saint-Paër, Sainte-Marguerite son mis à l'indexe pour non présentaiton de chevaux à la commission du classement.
Libraire à Pavilly, Renault pleure la caisse à outils qu'il avait déposée sous la halle du marché de Duclair. A son retour, elle avait disparu...

Juin 89
:
Une mendiante accouche dans un ancien chemin près de chez Maresquier, à Duclair. La garde-barrière Leroy lui prodigue les premiers soins. Aidée par Mme Raoul Sécard, elle réussit à vêtir l'enfant et la mère qui était dans un état de malpropreté repoussante. Les conseillers Quesne et Mesnielle ont trouvé le médecin qui acheva la délivrance. Puis la partiriante fut transportée à l'Asile où l'adjoint Bance a fait appel à la charité publique.
Mort à 90 ans du curé d'Anneville, Pierre Noyon.
Marchand de charbon à Saint-Paër, ivre dans la Grande-Rue de Caudebec, Alexandre Lassis, 29 ans, dort au violon et sa voiture en fourrière.

Juillet 89 : Victoire de deux conservateurs. Léonide Maillard est élu conseiller d'arrondissement pour le canton de Duclair, Léon Malfilatre est élu conseiller général dans le canton de Caudebec.
A Saint-Paër, la pouliche de Duboc est retrouvée morte. Une arme pointue lui a percé le flanc et touché le coeur.
Sainte-Marguerite : plainte contre Millon, l'équarisseur, qui laisse des cadavres d'animaux dans les grandes chaleurs.

Août 89 :  Aubé, instituteur à Duclair, part à Buchy, remplacé par Seineur, maître de pension à Saint-Romain-de-Colbosc.
A La Mailleraye, l'ancien notaire, Levaillant, fait don aux archives d'un aveur du marquisat daté de 1701.

Au Bouillon, sur Duclair, on retrouve le cadavre d'un homme de 1,50 m, la trentaine, en blouse bleue. Dalençon conclut à un suicide.
Maire d'Hénouville, Jean Darcel est suspendu pour avoir ouvert quatre bulletins d'électeurs avant de les mettre dans l'urne.
Au bruit de décharges d'artillerie, le nouveau bac en fer de Duclair est inauguré. Enfants et habitants investissent l'embarcation pour aller toucher Berville. A bord, Denise fait répond aux salves tirées par la municipalité.
Thomas Poulain, producteur à Jumièges, se fait voler pour 20 F de fruits sur le quai de Caudebec. Mme Grain, d'Yainville, se fait voler une vingtaine de kilos de raisin. Là, le commissaire écrit à un marchand de galette de Bolbec qui a été vu emporter le dit raison. Il s'empressera de le payer.

Septembre 89 : Les ouvriers des carrières d'Yainville visitent l'exposition universelle.
Madame Coignard, de Sainte-Marguerite, se rend au marché de Caudebec quand elle tombe de voiture aux Caillettes, en haut de la côte de Saint-Wanrille. La tête porte contre le sol. Elle meurt chez elle un jour plus tard sans avoir repris connaissance.
Le steamer La Marne, faisant le service Rouen-Londres, s'échoue près de la digue sud de Guerbaville. Il faudra le délester de charbon pour le renflouer.
Varengeville : le bâtiment de Cabrol, occupé par Frossard, tourneur, s'embrase près de la gare du Paulu. Un cheval est brûlé. Intervention des pompiers locaux et des pompes des usiniers.

Octobre 89 : L. Dubois, d'Harfleur, part à vélo de sa ville jusqu'à Rouen en marquant 40 minutes de pause à Lillebonne, Caudebec et Duclair. Temps total : 12 heures 50.
A Duclair, Jules Foutrel était ocupé à fendre une souche quans la cheville sauta suite à l'explosion de la poudre qu'il avait introduite à l'intérieur et l'atteignit à la tempe. Il est mort dans la soirée. 46 ans. Trois enfants.

Novembre 89 : Nouveau percepteur à Duclair : Chevau, venant d'Envermeu.
L'Empereur du Brésil décore de l'ordre de la Rose le Dr Lannelongue, professeur à la faculté de médecine de Paris et neveu de Charles Darcel.
Encore un vol de volailles important chez Emile Thierry, agriculteur d'Epinay, à l'aide de fausses clefs et sans traces apparentes.
A Yainville, il se battent pour une femme. Rixe entre Amaranthe et Cottard, journaliers chez Levaillant, à Jumièges. Puis Amaranthe brise la vitre du café Duonor d'où ont venait d'expulser les protagonistes.
Alexandre Lassie, marchand de charbon localisé à présent à Villers-Ecalles est arrêté à Yvetot pour ivresse et rébellion. Il ira 15 jours en prison. Et encore huit jours.
Epidémie de rougeole dans le canton. Plusieurs écoles fermées.
A Yainville, la femme Lecoq garde une enfant de l'Assistance, Raouel Buquet, 12 ans. Elle lui découvre quelques francs et lui demande l'origine de cet argent. Il lui répond le tenir d'un jeune inconnu. Comme la femme Lecoq  lui demande d'aller chercher le généreux donateur, l'enfant disparaît. On pense qu'il s'est dirigé sur Rouen. Depuis, la femme Lecq découvre qu'on lui a soustrait une pièce de 10F.
A Jumièges, Aristide Rigault est coupable de violences et injures envers Rosalie Chion.
A Duclair, une souscription publique est ouverte pour élever un monument à la mémoire du Dr Cavoret. Un conducteur de boeufs complètement ivre, le sieur Gosse, de Gravenchon, sème le désordre lors de son passage. Il est arrêté. De même que
Arthur Louis Ravette, 21 ans, natif de Gaillefontaine, pour mendicité.

Magny, 24 décembre.— Un cantonnier qui travaillait sur la route de Magny à Aincourt a trouvé avant-hier, dans une meule de paille, le corps d'un homme qui a été reconnu pour celui du nommé Quesnay, journalier, âgé de cinquante-cinq ans, originaire de Jumièges (Seine-Inférieure). D'un examen médical il résulte que cet homme est mort d'une congestion pulmonaire.

Décembre 89 : Boucher à Duclair, Desprez s'en va au marché de Caudebec. A Yainville, il entend dans la bouche de deux individus des propos laissant entendre qu'ils ont volé des chevaux à plusieurs commerçants d'Yvetot. A son arrivée, Desprez file à la gendarmerie. Les deux types se sentent suivis, quittent la grand route d'Yvetot et s'engagent le long de la digue. Ils sont rattrapés devant la villa de Charles Darcel. Là, ils tentent de regagner la route mais sont arrêtés et conduits à la gendarmerie. L'un d'eux est Célestin Albert Lintot, 22 ans, né à Auzebosc, l'autre, Cadimir Perron, est originiaire du Loir-et-Cher. Il avaient couché chez Fauvel, à Duclair, inscrits sous le nom des "frères Lefebvre" et se préparaient à voler un cheval à Lillebonne, délit  déjà commis par Lintot à Yvetot. Le boucher Desprez n'avait pas rêvé...
Duclair : Victor Legros,  journalier du Haut-de-la-Côte, est arrêté pour outrage et rébellion. On arrête également pour vagabondage Emile Dubois, 20 ans, charpentier né à Paris. Chez Desmoulins, il s'est fait servir une boisson sans rien pour la payer.
A Heurteauville, la meule en grès du sieur Fermé, facteur de bois de Guerbaville, est volée en forêt de Brotonne. Ainsi qu'un merlin appartenant à Burgos, bûcheron d'Heurteauville. On soupçonne un de ses confrères d'Hauville... En attendant, un lapin a été volé à la dame Déhais.

27 décembre. — Une tentative d'assassinat vient de se produire dans la forêt de Brotonne, au lieu dit « les Sapins Brûlés ». près du Landin. M. Heuzé, marchand de poisson à Hauville, qui revenait alors du marché de Caudebec, a essuyé un coup de feu, tiré d'un épais massif de la forêt, et une balle lui a traversé le bras droit. Un garde, auquel iI a été demandé du secours, lui a pansé sa blessure et a immédiatement prévenu la gendarmerie de Routot qui, avec celle de Guerbaville, a commercé des recherches à l'effet de découvrir l'auteur de cette tentative. La blessure de Heuzé est, heureusement, peu grave. Il ne s'explique guère cette agression. Il n'a été provoqué, ni volé et il ne se connaît aucun ennemi.

L'abbaye de Saint-Wandrille est à vendre.
Dans un accès de fièvre, une femme B... va se jeter dans une citerne au passage à niveau du chemin du Vaurouy. La garde-barrière, Mme Leroy, appelle au secours et quelques hommes rirent la malheureuse de sa fâcheuse position.
Sainte-Marguerite encore, Pauline Galle, épouse Landrin, 59 ans, est trouvée morte à son domicile des suite de brûlures. Elle avait mit le feu sous ses jupes à une petite terrine sans chaufferette...



Janvier 1890 :
Le 1er janvier, on installe une boîte aux lettres à la gare d'Yainville. Elle est relevée quatre fois par jour au passage du train-poste.
La gendarmerie de Caudebec est sur la trace de l'auteur de vols de cordages commis au préjudice des sieurs Silvestre et Mauter, à Yainville et au Trait. Une amarre venue au sieur Leroux, chiffonnier à Caudebec, les a mis sur la piste de Jules Tuvache, dit Labouiche, journalier de La Mailleraye et depuis peu à Caudebec...

Ouragan le jeudi 23. Nombreux dégâts en bordure de Seine.
Au Trait, double suicide. On retrouve le corps du nouvel instituteur et de sa mère.
25 janvier : En vertu d'un mandat d'amener du parquet de Pont-Audemer, la gendarmerie de Bourg-Achard a procédé à l'arrestation du nommé Alexandre Leprince, âgé de 20 ans, garçon  boulanger chez son père, au Landin, comme incnlpé  de tentative d'assassinat sur la personne du sieur Heuzé père, marchand de poissons à Hauville, qui revenait du marché de Caudebec, dans la soirée du 21 décembre dernier. Leprince a été remis, ensuite, à la brigade de La Mailleraye, qui l'a emmené samedi à Caudebec. De là, il a été conduit sous bonne escorte, à Yvetot, pour être mis à la disposition de M. le procureur  de la République de cette ville. On se rappelle  que le sieur Heuzé  père, traversait la  forêt de  Brotonne, près du Landin, quand il fui atteint par un coup de feu qui lui fracassa l'épaule droite. Leprince a la réputation d'un braconnier dangereux, et il parait qu'il était en action de chasse, à l'endroit même où Heuzé a été blessé.
Après un certain D... appréhendé pour un vil de volailles au préjudice de M. Leclerc, à Epinay, trois autre individus sont identifiés. L'un d'eux, pour donner le change, avait affirmé à Leclerc que D... devait encore lui subtiliser une dinde pour les Rois.
Garde particulier de Mme Revelle, à Saint-Paër, Vautier ne parvenait pas à découvrir les auteurs de nombreux vols de cotrets. Un samedi, embusqué, il voit sortir une domestique de Saint-Paër, chargée d'un sac. Quand Vautier l'interroge, elle le pose sur le bord du chemin. Soudain, un sieur G... s'en empare et va le porter chez sa mère. Laquelle brûla le bois et fit disparaître le sac. La gendarmerie ne fut pas longue à identifier tout ce monde.
Du bois, on en vole aussi à Varengeville au préjudice du boulanger Cornillot. Une perquisition chez un voisin élucide l'affaire malgré les protestations d'innocence de la maîtresse de maison.
A Villers-Ecallses, deux hommes pénètrent de nuit dans le jardin du buraliste Cauchois et demandent du tabac. Refus. Ils jettent une bouteille vide sur la fenêtre du premier. Mme Cauchois est légèrement blessée, dit-on.

Février 1890 : Pestel, instituteur à Heurteauville puis Quevillon est nommé au Trait. Il en sera un jour maire...
Hervieu, le notaire de Duclair, siégera comme juré aux Assises.
On apprend le décès de l'abbé Trouplin, aucien curé de Jumièges.
On retrouve au Paulu le corps d'un poseur de la ligne de chemin de fer, Arsène Guillaume Quetteville.
Incendie le 12 en forêt du Trait, hameau du Mont-Hideux, triège des Blanches-Marnières, commune de Sainte-Marguerite. Le garde-forestier Retout découvrit le foyer vers deux heures de l'après-midi et, aidé de quelques bûcherons, en vint à bout. Il aura touché un hectare d'herbes sèches et taillis.
Aperçu au Bas-Landin, un saumon d'une quarantaine de livres est abattu d'une balle pour sanglier par un riverain d'Yville.
Gustave Savay, batelier d'Heurteauville, condamné à Yvetot pour tapage injurieux et violences légères.
A 36 ans, François Bailly était tailleur à Duclair où il était venu s'échouer voici quelques années. A ses moments perdus, il réparait vos montres. Mais ne les rendait pas. Les gendarmes l'interrogent. Les montres ? Elles sont chez un horloger de Rouen. Il jura donc de les ramener, réparées ou non et prit le train du matin. Mais ne descendit jamais du train du soir.
A Epinay, les sieurs Miot et Dossier se font voler leurs poules à l'aide de fausses clefs.
Un mardi, jour de marché, Jules Hautot, de Sainte-Marguerite, se rend à Duclair toucher sa pension militaire. Qu'il entame dans plusieurs cafés. En retrant, il s'effondre dans la vieille cavée. Le Dr Dalençon passant par là  se penche pour l'examiner. Hautot lui assène un violent coup de pied en pleine poitrine. Le médecin le fait transporter chez Maillard, cafetier au Haut-de-la-Côte. Là, il reçoit les premiers soins et Dalençon remarque une fracture de la jambe. On avance la voiture de la veuve Lefebvre, chiffonière à Duclair. Les frères Ponty, les sieurs Désabey et Jules Delafenêtre parviennent à charger Hautot qui se débat comme un forcené, pensant avoir affaire à des voleurs.

Mars 90 : Le comité du dépôt du Bec-Hellouin, se réunit sur les quais de Duclair pour acheter des chevaux.
Les filatures du Paulu portent secours à Badin
La Seine rend un inconnu d'environ quarante ans. On diffuse son signalement...
A Bourg-Achard, décès de M. Buquet, doyen des vétérinaires normands. Les obsèques furent célébrées dans sa ville en présence de foule de personnalités. Il fut inhumé à Jumièges dans le caveau familial. (Rappel de l'Eure).


Avril 90 : Guyon des Diguères est l'ancien greffier de la Justice de Paix de Duclair. Un feu de cheminée se déclare chez lui. Vivier, le maréchal-des-logie, aidé du gendarme Dumont et des ouvriers de M. Emangard se rendent maîtres du sinistre.
24 avril. A
u conseil de révision, pendant qu'il pleut des cordes, on compte nombre d'aînés d'orphelins et fils de veuves. Voilà qui rappelle la guerre de 70. Les membres du conseil s'en vont banqueter chez Denise. Au dessert, la musique de Duclair se fait entendre.

Mai 90 : Ajourné en 88, il avait été déclaré bon pour le service le 24 avril dernier. Ferdinand-Adolphe Jouan, natif de Duclair, domestique à Varengeville, est retrouvé pendu dans la forêt de Roumare, sur le territoire d'Hénouville. "La levée et la constatation du cadavre ont fait connaître que la mort de ce jeune homme est le résultat d'un suicide dont on ignore la cause" dit le Journal de Duclair. Sans commentaire...
A Epinay, Alfred Borniambuc, domestique chez un marchand de bois de Déville, tombe de sa charrette. Multiples fractures. Il est conduit à l'hôtel-dieu.
Elle a été vue sortant de la cour la nuit tombée avec un paquet d'osier sous le bras. Un vol au détriment du sieur Langlois, vannier du Mesnil, conduit la femme Fleurad en prison pour quinze jours.
Cambriolage chez le Dr Maillard, conseiller d'arrondissement.
Décès de Bertheaux, conseiller municipal de Duclair, trésorier de la Société de secours mutuels présidée par Banse, adjoint au maire.
A Sainte-Marguerite, le bouilleur de cru, Hupin, est arrêté pour dette envers l'Etat.
A Jumièges, le charrron, Nicolas Levasseur, 69 ans, avait disparu depuis le 19 mai. Un dimanche, Adacard aperçoit un corps flottant sur l'eau. Il le ramène depuis a barque dans la cour de Thomas Poulain, au Conihout. C'est Levasseur. Une de ses poches est retournée. Mais l'autre contient des sous, une tabatière... Aucune trace de coup. Levasseur buvait paraît-il. Il sera mort d'une congestion cérébrale.
Jardinier, le sieur Prunier reconnaît son paletot sur le dos d'un certain B... à Jumièges. Voici un an, on le lui a volé ainsi que celui de Chantin, rentier. Aux gendarmes, B... ne peut indiquer la provenance des vêtements en question. Correctionnelle.

Juin 90 : Le 1er, le Chamois et L'éclair, allant de Rouen au Havre avec escales à Duclair, Jumièges, La Mailleraye, Caudebec, Villequier, Quillebeuf et Honfleur commencent leur service d'été.
Le 10 a leiu la foire du Saint-Sacrement à Duclair. Elle est connue pour ses nomreux bestiaux et la variété des jeux installés.
Le Véloce-Club rouennais organise une course de Rouen à Jumièges avec retour à Duclair. Soit 35 km parcourus par Lefebvre en une heure 24. Un repas à l'hôtel de la Poste suit la course puis un défilé sur les quais.
Houzard, du Mesnil, remporte au coucours de Rouen une prime de 100F pour sa pouliche Espérance.
Cafetier à Yainville, le sieur Grain est condamné à 16 F d'amende pour voies de fait envers Florentin Lenoir.
Grandchamp est resté maire jusqu’à sa mort, le 25 juin 1890.

Juillet 90 : Bouteiller, un agriculteur de Guerbaville qui avait enclos son champ d'Heurteauville à l'aide de pieux et de lisses pour se démarquer d'un voisin grincheux fut fort surpris de constater le lendemain que tout avait été arraché et enlevé.
Cafetière à Port-Jumièges, la veuve Poulain constata la disparition de ses oeufs de même que Louis Deshayes. Eugène Eliot, 10 ans, vagabons et mendiant de Guerbaville, fut identifié par les gendarmes. Il avait sévi voici peu à Vatteville.
On ne sait pourquoi mais le 14 Juillet 1890 fut marqué avec faste à Port-Jumièges. Les réjouissances durèrent deux jours avec des bals, sept ou huit jeux pour les deux sexses, des courses sur la Seine, une retraite aux flambeaux, un grand tir national dont le premier prix fut un fusil Lefaucheux. Celui-ci fut remporté par Olivier, de Duclair, devant Benoit, de Barneville,Tournache, d'Hauville, Onésime Persil fils, d'Heurteauville, Eugène Deconihout, de Jumièges, Lamiré, de Duclair, Foulongne, de Duclair, Chanu, de Paris, Henri Deconihout, d'Heurteauville, Decroix, lieutenant des douanes à Port-Jumièges.
La tombola offrait cinquante lots. Il y eut de gigantesques ombres chinoises animées, un feu d'artifice tiré des côtes, une fête vénitienne sur le fleuve. Trois vapeurs, plusieurs sloops et de très nombreuses embarcations prêtèrent leur concours. Cette fête fut le cadre d'un fait divers. Epouse d'un employé des Pont-et-Chaussées, Mme Lefebvre, du Bas-Landin, achète un gâteau à son enfant. Elle croit remettre son porte-monnaie dans sa poche. Il tombe. Le jeune Cadinot le ramasse et crie : "j'ai trouvé un porte-monnaie". Alors, la femme du sieur Lesage, passager du Trait, le revendique, l'arrache des mains de Cadnot et l'empoche. Mme Lefebvre à beau dire qu'il est à elle, qu'il contient exactement 13,40F avec fermoir à boutons en cuivre, la femme Lesage nie l'évidence et exhibe alors un porte-monnaie plus grand avec monture en acier rouillé. Et tous les témoins, même les siens, lui donnent tort.

Août 90 : Eugène Bourrier, journalier de 40 ans à Heurteauville, sera poursuivi pour menaces et injures envers Sécard, propriétaire à Duclair.
Le 10, après la mort d'Achille Grandchamp, maire de Jumièges, Emile Edmond Renaud complète la municipalité. Puis Sever Boutard est élu maire, Léon Delametterie premier adjoint. C'est l'ancien maire du Trait. A Jumièges, on se félicite de la nomination d'un maire présent dans la commune.
Ces gardes ont fait l'objet de coups ou de menaces graves dans l'exercice de leurs fonctions. La Société centrale des chasseurs les honore. Médaille d'argent de 2e classe à M. Ménard, de Villers-Calles, médaille de Bronze à M. Varin de Jumièges, médaille de Bronze à M. Quertin.
Prix d'harmonie pour G. Lafosse, de Jumièges, à la maîtrise de Rouen.
Obsèques à Quevillon de la princesse de Montholon-Semonville. Le deuil est conduit par son fils. On remarque Mmes de Janzé, la vicontesse de Rouzat, MM de Choiseul, lieutenant d'infanterie de Chabrillan, de Janzé, de Choiseul, volontaire aux chasseurs, MM de Pomereu, Ch. Darcel, conseillers généraux, le bardon d'Archer de Montgascon, ancien ministre etc. L'office est célébré par l'abbé Arago. Après l'absoute, M. Guéroult, maire de Quevillon rappelle les libéralités de l'héritière de la duchesse de Fitz-James.

Septembre 90 : Garnier, juge de Paix à Duclair, est nommé à Grand-Couronne, Lanctin, juge de Paix à Aumale est nommé à Duclair.
Arthur Lépagnol, cultivateur à Heurteauville, a laissé divaguer son chien. PV. En revanche, il s'est fait tuer quatre dindons et blesser deux autres par le jeune Letailleur sur ordre de son grand-père, Henri Fréret.
L'abbé Boulloy, vicaire à Saint-Clément de Rouen est nommé curé de Quevillon.
L'abbé Thillard, vicaire de Doudeville est nommé curé d'Yville.
Deux hommes boivent à Saint-Nicolas-de-Bliquetuit puis partent à Heurteauville où ils boivent encore. L'un propose à l'autre de lui rendre ce service : mettre le feu à ses bâtiments un jour qu'il sera à Duclair ou Caudebec. Du reste, ajoute-t-il, ce ne sera pas la première fois. Quelqu'un lui a déjà rendu ce service mais s'est trompé en incendiant la propriété voisine... Dégrisé, le confident s'empresse d'alerter les gendarmes. On se rapelle que voici un an, un feu s'était effectivement déclaré près du commanditaire. Enquête...
Le 17, début d'incendie chez Eugène Bouvier, à Heurteauville.
Paul Milon, maréchal de chevaux à Sainte-Marguerite, est condamné à 5F pour tapage nocturne place de l'Orme à Caudebec.
Inauguration des quais de Duclair.

25 septembre. On vient de retrouver un curieux document : c'est l'acte de profession de l'abbé Prévost, auteur de Manon Lescaut, qui, après avoir été soldat, entra dans l'ordre des Bénédictins de la congrégation de Jumièges. Cet acte, écrit tout entier de la main du célèbre écrivain, se trouve dans un livre intitulé : Professiones novitiorum, provenant de l'abbaye de Jumièges. Rappelons à ce propos que, d'après une tradition, l'abbé Prévost aurait habité à Croisset près de Rouen, la maison qu'occupa pendant ongtemps Gustave Flaubert et qui depuis a été transformée en distillerie. (Le Petit Journal)


Octobre 90 : Laurent, chef-guetteur au sémaphore de Saint-Valery prend sa retraite et est nommé syndic des gens de mer à Duclair.
Fête annuelle des pompiers à Duclair.
Cureur de l'Austreberthe, Morel découvre le cadavre d'une femme à 100 m au-dessous de la filature Delaporte. C'est Irma Duval, congédiée voici peu par des chatelains du voisinage. Maillard conclut à une mort accidentelle.
L'abbé Hazé, premier aumônier de l'hôtel-dieu de Rouen est nommé curé de Sainte-Marguerite.
A Barneville, un concours de tir organisé chez Benoist est remporté par Leroux, d'Yville, Boutry, d'Heurteauville, Maze, du Mesnil...
Mission à Heurteauville.
Injures et menaces à Sainte-Marguerite de Bourgeois contre Tanquerel.
20 kg de beurre sont volés à Sainte-Marguerite au détriment de Vattier, l'épicier et deux hectolitres de blé au préjudice de Coignard père, cultivateur. Tranquille Vattier, agriculteur de Saint-Paër, se fait voler des volailles. Vivier trouve le voleur à Sainte-Marguerite.

Novembre 90 : Mort de Mme Jean Darcel, née Cibiel, au château de la Fontaine.
Insultés, les gendarmes de Duclair arrêtent Louis Amédée Choulant, tailleur de pierres né à Maulévrier condamné à Yvetot à deux mois de prison pour ivresse. Au moment de son transfert vers la maison d'arrêt, il refuse de marcher. On doit faire appel à une voiture...
Sainte-Marguerite, François Duperron, journalier, sera poursuivi pour coups et blessures envers sa mère et outrage public à la pudeur.
Cinq lapins sont volés à Mme Martin à Epinay.
Heurteauville : Séraphin Bouvier se fait escroquer par un sieur Savary après lui avoir vendu du foin et du cidre au marché de Caudebec.
Duclair : vol de vêtements et literie au préjudice du sieur Godalier, cultivateur au hameau de Maupas, Duclair.
Jumièges: Alfred Augustin Levreux, 46 ans, marchand forain est verbalisé par la gendarmerie de Neufchâtel pour voies de fait sur son employé, Louis Schmeltz, 27 ans. Il aura une amende valant trois jours de travail.

Décembre 90 : En se rendant à Duclair, Peschard, notaire de Jumièges, perd papiers, livres et 6.000 francs sur la route d'Yainville. Heureusement, Lambert fils, lieutenant des pompiers, marche derrière la voiture de Peschard. Seul un encrier reste introuvable...
Froid rigoureux. Un bâteau de Silvestre est englouti par les glaces. On espère le renflouer.
Ah ! enfin des bouillottes dans les wagons de 2e et 3e classe de la ligne Barentin-Caudebec.
Vol de linge au détriment du sieur Babois, cafetier-épicier à Sainte-Marguerite. La vingtaine de volailles dans le même local n'a intéressé personne...
Veille de Noël : trois dindons sont volés à Jacques Leclerc, cultivateur à Saint-Paër.

L'hiver 1890-1891 fut terrible. Le facteur Clément, du bureau de poste de Jumièges fit montre d'un tel courage que le conseil municipal salua dans une délibération du 30 août son
"dévouement extraordinaire, soit en traversant la Seine lorsqu'elle était couverte de glaçons pour accomplir son service à Heurteauville, soit en allant par chemin de fer et par voiture pour arriver à 5h du matin à La Mailleraye pour y prendre son service."



Le meilleur cidre que nous ayons goûté dans la Seine-Inférieure provenait de Heurteauville, commune marécageuse, aux terrains tourbeux, située sur le bord de la Seine, et dont les habitants se gardent bien de rendre leurs pommes, par la raison qu'ils sont certains d'avance de placer avantageusement leurs cidres, eu égard à leurs qualités exceptionnelles.
Revue des intérêts pomologiques, Argentan, 1891.

Le paysage a bien changé !
« Huit kilomètres environ séparant Duclair de Jumièges, il était facile de faire le trajet soit à pied, soit en voiture. La route suivie par les voitures était charmante : de tous côtés des champs magnifiques, des collines boisées, un paysage s'arrangeant à merveille. Maintenant tout est changé : le chemin, jadis si joli, côtoie la voie ferrée et l'interminable suite des poteaux télégraphiques. Le progrès a passé par là, la poésie s'en est allée. Le voyageur qui préférait aller à pied pouvait abréger un peu sa route en prenant le chemin de la forêt. S'il avait la bonne fortune de pouvoir se faire accompagner d'un ancien du pays, il était largement dédommagé de sa peine par la beauté du chemin à parcourir et par la saveur des légendes qui lui étaient racontées.
« C'est par un petit chemin tout pierreux et tout défoncé par le charriage des bois qu'on entre dans la forêt de Jumièges. A mesure qu'on avance tout devient mystérieux : l'imagination aidant, il semble que tout ce qui vous entoure prend un aspect particulier. Le souvenir des moines s'empare de plus en plus de votre esprit. Tout ce que vous savez de l'histoire de l'antique abbaye vous revient à la mémoire et vous êtes tout préparé à comprendre le caractère des ruines que bientôt découvrent vos yeux éblouis… » 


Notes d'art et d'archéologie. Société de Saint-Jean, Paris, 1891


Janvier 1891 : Les Rois tombant un mardi, le marché de Duclair est avancé au lundi 5.
Henri Néel avait volé des cordages à Silvestre en janvier 89 : trois mois de prison. Le même mois, le tribunal d'Yvetot le condamnait à six jours pour vol de volailles au préjudice du sieur Savalle, à Guerbaville. Le 10 décembre 90, il était encore condamné pour délit de chasse. Chaque dimanche, il s'introduit chez son voisin Albert Savalle pour y tuer ou estropier ses volailles. Plainte.
Les cols de linge et volailles commis depuis deux ans à Saint-Paër, Sainte-Marguerite, Villers-Ecalles sont élucidés. Ceux commis contre Vattier sont le fait de Benjamin Piédefer qui prit 15 mois de prison sans dénoncer ses complices. Quinze vols furent alors commis depuis le 1er décembre 90. Vivier parvient à démenteler le reste de la bande : Alfred-Thomas Bidault et Augustin Lainé, de Sainte-Marguerite, Alphonse Létudais, de Varengeville, Pierre Binard, de Saint-Paër. La femme Ambroisie Millon recélait ces vols.
Parmi les victimes : Mme Chandelier de Saint-Paër, Thuillier, d'Epinay, Goujet, Lefaucheur, de Villers-Ecalles, Lefrançois, Epinay, Leclerc et Poulain, encore à Saint-Paër... Au procès, les prévenus écoperont de six mois à quatre ans de prison.
Langlois, conducteur de la voiture publique de Noël Petit vole de l'argent et s'enfuit.
Incendie au haut de la côte de Duclair. Il détruit le four de la ferme occupée par Simon et appartenant à Mme Berruyer. Les pompiers du Vaurouy et de Duclair sont arrivés au premier appel. Une feu de cheminée est ensuite signalé chez Vertier, le receveur de l'enregistrement.
Le fils du maire du Trait, Charles Boquet, ancien élève du pensonnat Rousselin, à Yvetot, est le premier reçu aux examens d'admission dans l'administration des contributions directes qui se déroulent à Rouen.
Un couple de Bardouville sera arrêté pour vol d'habillement et de bijoux. Le Journal de Duclair désigne les coupables sous l'initiale M...

Depuis un certain temps, la gendarmerie de Guerbaville-la-Mailleraye rencontrait presque chaque jour un pauvre enfant, nommé Victor Eliot, âgé de sept ans et demi, qui parcourait les cinq communes de la rive gauche, y compris Heurteauville, tantôt se livrant à la mendicité, tantôt blotti dans un coin.
Une fois, à sept heures du soir, il était réfugié dans la fenêtre d'une boulangerie inoccupée, où il passa la nuit entière, au moment où le froid était le plus rigoureux.
Le lendemain, Mme Fermé, débitante, en femme charitable, le fit entrer chez elle et lui donna à manger. 
Un autre soir, on le trouvait accroupi le long d'une haie, où il fut aperçu par M. Leprince, adjoint, qui après lui avoir donné les soins nécessaires, le reconduisit chez son père.
Quelques jours après, M. Guilbert, charron, le trouvait dans un endroit isolé, grelottant et la tète dans un panier.
A diverses reprises, le pauvre enfant, pour échapper aux brutalités de son père, ne rendrait pas au logis lorsqu'il ne rapportait rien ; il préférait, disait-il, coucher dehors plutôt que d'être battu.
Un jour, comme il n'exécutait pas l'ordre d'aller mendier, Eliot se mit à le frapper à l'aide d'une corde, en criant : Si tu pleures, gare à toi !
Du reste Eliot a reconnu les faits. Cet individu qui est un ivrogne incorrigible dépense en liquide ce qu'il gagne et même plus. Citons en passant un exemple qui se passe de commentaire : en juin dernier, Eiot qui avait touché 30F fut ivre pendant quatre jours. N'ayant plus d'argent, ni liquide, ni pain, il fit lever ses deux enfants de grand matin avec ordre d'aller mendier. Ceux-ci rentrèrent dans la matinée avec du pain et 0, 15 F. Eliot envoya aussitôt l'un d'eux chercher O,10 d'eau de vie.
Outre ces deux enfants, Eliot à une fille nommée Eulalie, âgée de 15 ans, qu'il forçait à la mendicité et qui, à cause de ses brutalités, le quitta et vécit érante dans le pays (elle fut même abusée par un vieillard). Ayant commis un vol, lle fut condamnée en mai 1890 à Yvetot à être enfermée dans une maison de correction. Des procès-verbaux ont été dressés pour vol contre Eugène Eliot, âgé de 10 ans et Victor Eliot, 7 ans. Le père a été traduit en police correctionnelle, à Yvetot pour mendicité, coups et blessures. Il a été condamné à deux mois de prison et à la déchéance de sa puissance paternelle sur ses trois enfants.



Février 91 : Sever Boutard, le maire de Jumièges, apporte au marché de Duclair un paquet de six beaux pommiers provenant de la pépinière Delamare, à Jumièges. Il les destine à son gendre, Pierre Pigache, cultivateur à Boscherville. A huit heures, Boutard dépose le paquet devant l'écurie d'Henri Denise. Quand Pigache vient en prendre livraison, tout a disparu.
Le jour du Mardi Gras, Lefrançois, maire du Mesnil, descend au bord de son quai pour y puiser de l'eau. Quand il est emporté par ue lame du flot et entraîné à une vingtaine de mêtres. Il parvient à se maintenir à flot et est rejeté par une ételle 150 mètres plus loin. Là, il s'accroche aux ronces du talus et se tire de ce bain forcé. Dans le Journal de Duclair, les conservateurs se moquent de lui : "A la veille des élections, et quand tout s'annonce si bien pour le succès du candidat de ses rêves, M. le maire eût été bien à plaindre de passer ainsi de vie à trépas sans avoir à signer les bulletins de vote des électeurs. La visiste de M. Lebon à qui, vendredi dernier, il a prêté sa mairie pour pérorer l'a paraît-il complètement réchauffé."
Incendie dans les écuries de Duboc, à Saint-Paër. Deux lits en étagère sont détruits ainsi que des habits. Les domestiques arrêtent la propagation du sinitre à la maison d'habitation.
Aux carrières d'Yainville, Prunier charge un bateau à la brouette. Et tombe à l'eau. Il est sauvé par ses camarades.
Lundi 23. Le sieur Gosselin, batelier chez Silvestre, agresse la femme Hamel et prend la fuite.
Deux gars d'Heurteauville, Emile Egret, 19 ans, marchand de salines et Léon Duval, 20 ans, cordonnier, sont surpris par Alphonse Gosselin, cultivateur à Notre-Dame-de-Bliquetuit, volant du bois à l'aide d'une voiture et sans tenir aucun compte des protestations.

Mars 91 :  Le 10, inauguration du marché aux bœufs, vaches, chevaux et moutons doté de nombreuses primes.
Le 14, le carrier Ulysse Bien, travaillant à Heurteauville pour le compte de Silvestre, est tué par un bloc de pierre.
Nomination à Port-Jumièges de Gustave Jourdain, préposé des Douanes à Honfleur.
Jules Vépierre, 21 ans, a quitté sa filature de Villers-Ecalles et mendie, boit. Il est arrêté à Darnétal pour vagabondage.
Violent incendie à Sainte-Marguerite, hameau des Monts, dans une étable appartenant à Decorde, avoué à Rouen et exploitée par Tanquerel. Quatre vacjes carbonisées. D'autres animaus sont sauvés par Anselme Lebourgeois, soldat en congé. Biard, qui commande les pompiers du Vaurouy, sauve l'habitation.

Avril 91 :  Le 10, Albert Deconihout, agriculteur de 45 ans et Léon Duval, cordonnier à Heurteauville, sont verbalisés pour pêche à l'aide d'une fouine et d'une fourche américaine dans le canal de la Harelle.
La femme Hary, journalière à Bardouville et la feme Crétot, journalière à Caumont, avaient déposé sur le sol de sa chambre le cadavre du septuagénaire qu'elle avaient veillé dans son agonie pour fouiller le lit et faire main basse sur 5.000 F, selon la rumeur publique. Deux chaînes de montres avaient également disparu. Un an de prison.
Lematelot, marin bien nommé de Guerbaville, dépose sur le quai de La Mailleraye un sac d'orge destiné à Gustavec Leprince, d'Heurteauville. Un inconnu le charge dans sa voiture...
Des élections complémentaires portent M. Ragot, instituteur retraité et Salva, propriétaire, au conseil de Duclair.

Mai 91 :  Café, sucre, liquide diminuaient à vue d'œil chez les Lemoine, de Duclair. Ils racontèrent partout qu'ils partaient en voyage, postèrent un gendarment dans la maison. Qui au matin arrêta la femme Arson. Elle fut conduite à Rouen par son mari et deux gendarmes.
Lefebvre, le maire de Saint-Paër, obtient partout des prix. Au concours de pouliches de Rouen, au marché de Duclair...

Juin 91 :  Henri Deconihout, cultivateur à Heurteauville, porte plainte contre Placide Delahaye, marchand de balais, qui depuis trois ans lui dévalise son jeune plant de bouleaux.
Levaillant, cultivateur à Jumièges, est verbalisé pour non présentation de chevaux à la commission de classement.
Le 10 juin, un meurtre est commis dans le bois de Caumont. Auguste Hardy, journalier et Joseph Thuillier, d'Yville, travaillaient ensemble. Ivre, Hardy chercha querelle à son compagnon et lui porta un coup de bâton sur la nuque. Furieux, l'autre répliqua en ramassant un autre bâton. Hardy fit quelques pas en arrière. Et s'effondra comme une masse. Sans s'inquiéter, Thuillier rejoignit son frère pour casser la croûte. Ne voyant pas Hardy revenir, il retourna sur les lieux du pugilat. Et ne retrouva qu'un cadavre. Le meurtrier se constitua prisonnier à la gendarmerie de Bourg-Achard.
Curieuse information à la une du Travailleur normand du 14 juin :
On lisait dernièrement dans la Chronique locale d'un des journaux de la région : « On a trouvé dans la poche d'un noyé repêché ces jours derniers dans la Seine le mot suivant : « Je me nomme Jean Faucher de Duclair ; je n'avais pas l'intention de me noyer, je voulais seulement, dans ces premiers temps de chaleur, prendre un bain. » Oui, curieuse information car nous ne sommes pas le 1er avril. Le journal sortira la même en 1894 parmi d'autres entrefilets qui ne devaient faire rire que leurs rédacteurs.
Une enquête publique est ouverte sur l'emplacement du domaine public fluvial au niveau de l'endiguement à réaliser au Trait. Le commissaire est Silvestre, le carrier d'Yainville.
Le 19, Henri Néel, voiturier de Noël Petit, se fracture la jambe. (Lire la diligence de Duclair).
Au marché de Rouen, stupéfaction. Parmi les animaux en vente : un marcassin ! Il a vu le jour trois ans plus tôt dans la forêt d'Heurteauville, entre Port-Jumièges et le Landin, à 200 m du Chêne-Cuve. Tandis que régnait un incendie, abandonné par ses parents, il fut recueilli avec son frère par des ramasseurs de bois. Puis vendu à M. Frémont, de Bosc-Normand. La chaîne qui l'unissait à son frère tua accidentellement celui-ci. Ainsi vendu au marché de Rouen à une propriétaire de Beuzeville, il prit la direciton du jardin d'acclimatation.
La guérite du receveur du bac de Duclair prend feu. Le gardien du marégraphe brise une vitre et verse un sau d'eau prévelevé dans la Seine.

juillet 91 :  La Seine rend encore un noyé. Allard constate qu'il est tout frais. Sa montre marche encore. Il est vêtu d'habits de fête. Son père le reconnaîtra : c'est Jules Levasseur, 20 ans, charpentier à Hénouville, qui revenait des régates et du comice de Duclair.
Le Louis-Marie, voilier de Gustave Savary, d'Heurteauville, s'apprête à accoster à Yville, un soir, vers 10 h quand un vapeur venant de Rouen, le Vesta, l'aborde avec à bord le pilote Lamache. Le voilier coule. A-t-il seulement donné un coup de sifflet. Quoi qu'il en soit, le vapeur poursuit sa route. Savary était parti six heures plus tôt de Guerbaville avec un chargement de bois destiné à la veuve Andrieux, de Boscherville. Deux pêcheurs viennent aider le naufragé.
Un concours national de tir étalé sur plusieurs jours a encore lieu à Heurteauville
Sabatier, homme de loi à Sainte-Marguerite, s'est arrangé à l'amiable avec Boullet, un cantonnier de Vatteville, qui lui devait de l'argent. Si bien que devant le juge de Paix de Caudebec, on n'eut pas à plaider. Boullet se contenta de raconter qu'en recevant chez lui Sabatier, celui-ci mangea huit œufs arrosés d'un café bien consolé.
Léon Baville, horticulteur au Mesnil, est fait chevalier du Mérite agricole.
Un bataillon du 24e de ligne cantonnent quartier des Moulins, à Duclair et à Saint-Paul. Siut 325 soldats et 12 officiers.
Pierre Bosquier, journalier d'Heurteauville, se rend à la gendarmerie de Guerbaville pour exiger l'ouverture d'une enquête. Sur quoi ? On ne le saura pas. Il est tellement saoul qu'il se voit infliger un PV. Furieux, Bosquier menace les gendarmes. Il sera condamné par le tribunal d'Yvetot.
Le 21 juillet, Constant Godiville, journalier d'Heurteauville, encourager par le même Pierre Bosquier, demande des sous à Athanase Lemaréchal pour continuer de se saouler. Refus. Godiville se fait violent. Lemaréchal riposte. Et porte plainte.

Août 91 :  La fête de la Madeleine est célébrée à Yainville le dimanche 2 août. Dans l'après midi, divers jeux sont proposés, de même qu'u concours de tir avec des lots offerts par le préfet, le sénateur Waddington, le député Lebon, MM Silvestre, Lamiré... A 7h les prix sont distribués au 10 lauréats : Gruley, Lecointre, C. Hébert, Chepelière, Bavant, Lechevalier, Turmine, J. Séhet, P. Séhet et J. Mauger. Le soir, bac, feu d'artifice et illumination chez Grain, le cafetier.
Le 7, Mme Vallois, boulangère à Duclair, rue Pavée, revient de porter du pain à Yainville. En descendant la côte du Bouillon, face à la maison Chauvau, les traits du cheval se détachent ainsi que la sous-ventrière. Classique : le cheval s'emporte. Aux cris de la boulangère, Albert Lemarchand, sergent des pompiers, barre le chemin avec des planches, charge Prunier de les surveiller, enfourche son cheval et parvient à maîtriser l'animal emballé après bien des efforts.
Le 10, Arthur Lépagnol, 39 ans, est roué de coups de bâton par Célestin-Louis Letailleur, 23 ans, accompagné de son grand-père, Charles Honoré Fréret, 79 ans, douarnier retraité à Heurteauville.
Un noyé est trouvé au Mesnil, sans rien pour l'identifier. Juste une carte du restaurant Montier, à Rouen et des fragments du Petit Parisien daté du 16 août. Chez Montier, on ne sait rien...
Thuillier, le meurtrier d'Yville, passe aux Assises. Il n'a que six mois de prison. Hardy s'était opposé à ce que Thuillier obtienne la main de sa sœur. Ce fut le sujet de leur querelle...

Le conseil général décide la construction en 1892 d'un chemin de Saint-Paër à Duclair et l'élargissement du tronçon entre l'ancienne départementale n° 4 et la cale du bac d'Yainville.
Sainte-Marguerite : à 9 h le matin, Jules Hautot part au marché de Duclair et cache sa clef. Il la retrouve à son retour mais on s'en est manifestement servi pour visiter sa maison et emporter une bouteille d'eau de vie. Pendant que Vivier mène l'enquête, un sieur Landrin vient prévenir qu'il a lui aussi été visité à la même heure et qu'on lui a volé de l'argent. La voleuse est une voisine, la femme D... cinq fois condamnée. Elle nie mais la bouteille est retrouvée dans la toiture en chaume de son poulailler. Et puis elle a déposé chez l'épicier Lebourgeois la somme exacte volée à Landrin.


Projet de pont à Jumièges !

21 août.
L'administration des ponts-et-chaussées vient de déposer son rapport sur le chemin de fer du Havre à Pont-Audemer.
Le rapport conclut à l'adoption du projet Berlier c'est-à-dire au tracé par Tancarville, avec passage sous-fluvial, au moyen d'un tunnel métallique. La Compagnie de l'Ouest proposait d'établir un pont à Jumièges, ce qui allongeait considérablement le trajet, tandis que la ligne est précisément destinée à raccourcir les distances entre le Havre et le centre et l'ouest de la France.  (Journal des Débats)

Le 23 eut lieu à Jumièges et Duclair, une excusrion à l'occaion du mascaret organisée par la compagnie des bateaux-omnibus de Rouen.
Adtudication aux chantiers Lemerre, de Duclair, du nouveau bac de Jumièges.


Septembre 91 :  5 septembre. La société Mustad demande au préfet l'autorisation de construire une usine de clous à cheval. Le 10, elle achète les terrains nécessaires

13 septembre. Il y a quelques jours, à Duclair, deux  individus sortaient du cabaret quand à la suite de quelques mots vifs, l'un des deux tira son revolver et tua l'autre. A dix kilomètres de là, à Saint-Pierre-de-Varengeville, un garçon de 18 ans. s'est jeté sur un jeune nommé H., de Boisguillaume... Décidément, écrit La Croix, l'Eglise où on enseigne « Homicide point ne sera » est meilleure que le cabaret.
Jules Fressange, journalier de 27 ans à Heurteauville, condamné pour défaut de lanterne allumée.
Le 9, Charles Villeroy est nommé huissier en remplacement de Me Olivier.
Alexandre-Achille Leroux obtient un témoignage de satisfaction pour le sauvetage d'un enfant le 13 juin 91.
Arrestation de Etienne Alfred Hary, journalier de Bardouville, né à Berville, qui a vendu à Yvetot une vache volée à Brune, de Manneville.
Le 17, en préfecture, Silvestre obtient la construction de la digue du Malaquis.
27 : inauguration de la mairie école de Berville. architecte Lequeux. Maître d'œuvre Lemerre, de Duclair. L'abbé Dausbourg bénit la construction. Puis Charles Darcel y va de son discours. Reste à restaurer l'église.
Vivier interpelle trois vagabonds qui s'apprêttaient à cambrioler l'horloguer de Duclair.
Duclair : Délu père, octogénaire, est renversé par un vélocipède sur la grand route. Peu après, c'est le cas de la petite Lécuyer-Dufour devant le commerce de ses parents. Le Journal de Duclair réclame un arrêté du maire.
Incendie à Villers-Ecalles dans un bâtiment agricole exploité par Durand, ouvrier de filature.
Sept 91 Nous avons reçu de l'un de nos chroniqueurs un article humoristique intitulé "Les ronds de cuir" que nous n'insérerons pas afin de nous ménager certaines protestations qu'il nous serait du reste poignant d'insérer.

Octobre 91 :  
Prat traque un sanglier de la forêt du Trait jusqu'à la Seine.
Déjà condamné pour braconage et menaces de mort, Arthur-Albert Burgos, journalier d'Heurteauville est pris à voler des fruits au préjudice des sieurs François Elior, Euphronie Barnabé, Marcel Bardel....
Coupeur de chemises à Rouen, Gérard fait la noce puis tombe dans un précipice de 10 m en forêt d'Heurteauville. Il y reste cinq heure inanimé. A minuit et demi, il vole la barque de Lefebvre, des Ponts et Chaussées pour regagner Rouen. L'autre s'empare de la barque du passage et l'arrête.
Anneville : le voleur s'est bien équipé. Il a volé une jument dans la prairie de Pigache, laire, une cariole à Mme Lamy et un harnais à Turban.

Novembre 91 : Au Landin, un braconnier s'apprête à tirer sur un garde. Un autre le désarme.
Léon Prat renouvelle ses exploits en forêt du Trait et poursuit un sanglier jusqu'à la gare d'Yainville où la bête est finie au couteau.
Le 10, O. Du Boullay, distilleur de Rouen, donne une conférence sur une pomme de terre propice à la distillation. Darcel préside.
A Jumièges est enregistré un syndicat pour la construction d'une digue de défense au Trou-Mallet, face au Landin.
Ils étaient en blouse, l'un portant une couverture sur le bras. A Jumièges, deux hommes volent une jument à Sébastien Neveu.
Albert Duval se fera pincer à Rouen  en tentant de vendre à bas prix uncheval volé à Jumièges. Mais ce n'est pas celui de Neveu.
Au Trait, Prat fait son affaire à une laie près de la maison forestière du brigadier Lemoine. Un autre jour, Prat réalise son 7e halali à la Mare-Catelière. Les honneurs sont faits au comte d'Escharny, du château des Graviers, à Duclair.
Arrestation de deux braconiers venus de Lisieux et sévissant dans le canton, rive gauche.
Le 16, procès aux Assises de Villefroy. Mais son état de santé l'empêchera de comparaître. Il meurt à Bonne-Nouvelle.
Emile Mainberte, 46 ans, cultivateur à Jumièges, se livrait paraît-il à la boisson depuis longtemps et avait de fréquentes altercations avec sa femme, Rosalie Virginie Landrin. Un soir, refusant de paraître à la table commune, il va se coucher dans le grenier où il a l'habitude  de cuver son vin. Le lendemain, ne le voyant pas, sa femme monte au grenier et le découvre pendu à l'aide d'une corde passée sur une solive.


Décembre 91 :   L'adjudication du passage de Jumièges est mise à prix 200F, yainville avec annexe du Trait, 50F, Mesnil et annexe de la Roche, 750F maximum. Durée six ans à partir du 1er janvier 92.
Heurteauville. Voilà des années que Martin Aubert. 66 ans, douanier retraité, menace de ses armes Ferdinand Dubosc et les époux Prosper Fessard. Voici peu, ivre, il a insulté la femme et sorti son couteau contre le mari. Prosper Bénard se plaint aussi de ses violences. PV contre le boulanger du Landin, Hippolyte Leprince, qui n'a pas les balances nécessaires. Leprince encore est verbalisé pour s'invectiver violemment avec Albert Bourguignon, charcutier d'Hauville, au café Bénard, à Heurteauville...
Le 13, Gustave Leprince avait laissé sa voiture chargée de coterets en forêt de Brotonne, ancienne route de Jumièges. Dans la nuit, on décharge l'arrière de la voiture pour la déséquilibrer et casser ses deux limons. Des arbres et une pierre sont placés en travers de la route.




Janvier 1892 : A Sainte-Marguerite, Désabay se fait régulièrement voler ses lapins pourtant sous clef.
 17 janvier 1892. Jeudi soir à Quevillon, la femme Léger, 85 ans, s'était endormie près de la cheminée quand la flamme gagne ses vêtements. Effrayée, elle voulut fuir, mais elle tomba avant de pouvoir sortir. Les voisins ont retrouvé près de la maison, son corps carbonisé.


Février 92 : Le 4, le maire d'Heurteauville est avisé da la mort dun enfant de 2 mois, Jules-joseph Leblond. Pour le Dr Allard, il a été étouffé à l'aide d'un linge ou d'une couverture. Sa mère a 22 ans et vit dans un fournil prêté par un agriculteur. Avait-elle un rendez-vous galant, cette nuit-là ? Marie Leblong prétend que l'enfant a crié jusqu'à 4h puis, s'étant tu, elle s'était endormie pour le retrouver mort à son réveil, la tête hors des couvertures. Le visage de l'enfant présente desrougeurs, une lèvre tuméfiée, la langue pendante. Le garçon de 2 ans de Marie Leblond dormait cette nuit-là chez un voisin, M. Unoule.
Il devait se marier. A Quevillon, Georges-Eugène Bultey est introuvable.
Hurard, journalier d'Heurteauville, est encore surpris à visiter des collets tendus dans la haie chez Campion.
Eugène Genet, 26 ans, est arrété par les gendarmes de Duclair. Il est l'auteur de nombreux vols, notamment chez Henri Cauchois, journalier à Villers-Ecalles.
Les deux hommes qui avaient volé un cheval à Neveu, de Jumièges, ont été serrés et passent aus Assises. Il s'agit de louis Augustin Lerouge, journalier de 34 ans et François Clavières, cordonnier de 30 ans, tous deux de Rouen. Ils avaient emporté aussi une sangle, un licol. Puis trois lapins chez Fermois, deux chez Oblard. Plusieurs fois condamnés, ils sont aussi soupçonnés des vols perpétrés à Anneville. Défendus l'un par Georges de Beaurepaire, l'autre Robert Homais, ils sont condamnés à cinq ans pour le seul vol de Jumièges.
Dans le canton, les vols se poursuivent. D'abord de volailles chez quatre agriculteurs du Mesnil. A Jumièges, on prétend que le voleur n'est autre que le correspondant du Petit Rouennais.
A Duclair, on a pris une belle pièce de boeuf dans le garde-manger extérieur du banquier Roussel. Qui se console car on lui a laisse les os dits de réjouissance, excellent pour faire un bon pot-au-feu. En revanche, le domestique pleure ses chaussures.
Chez le débitant Caudron, des vêtements ont disparu de même que chez son voisin, Evette, à qui il manque une blouse de peintre. Dans l'écurie de Chéron, aux Graviers, un rôdeur est reparti avec des bottes tandis que, couché, un domestique lui demandait des nouvelles de sa santé, pensant avoir affaire à un camarade. Enfin on a dérobé un souvenir chez Biard, voisin de Chéron. On pense aux trois mendiants aperçus quartier des Moulins. Mais non, vivier prend le bac sur la piste du voleur et l'arrête dans un café du Bosguet. Il s'appelle Damet, de Bondeville. 20 ans de prison à son actif et les Assises en vue. Des objets volés ayant été vendus à Jumièges et au Mesnil, on appelle à les rendre.
Sainte-Marguerite, Edgard Milon, marchand de chevaux de 35 ans, cinq condamnation, a causé un accident à Honguemare, blessé une femme et répondu par un coup de fouet à qui lui demandait son identité. Amende. Garçon boucher de 19 ans, gymnaste duclairois à ses heures, Grenier effectue un exercice sur la place du Marché. Thiolin le trouve raté. Grenier est d'autant plus vexé qu'il découvre que sa culotte est déchirée. Il la fait raccomoder, et attend Thiollin près de la halle. Le voilà qui sort du café Lemoine. Il lui assène un coup de manche à balai au visage.


Mars 92 : Le 13, 11h du soir, douze poules sont volées à Heurteauville au détriment d'Albert Conihout. Alexandre Varin sort alors de chez Deconihout et remarque une barque le long du hallage avec un rameur prêt à manœuvrer. Au méme moment, une poule se met à crier chez Deconihout. Puis deux silhouettes apparaissent, longeant la propriété. Arrivées près de la barque, l'un des deux hommes se met à tousser et la barque prend le large.
Varin retourne alors chez Deconihout où les poulaillers ont été fracturés. Le plafond en outre a été défoncé. S'armant de fusils, Varin et Deconihout partent à la poursuite des voleurs n'ayant pu s'embarquer et qui disparaissent. Alors, Varin hèle le douanier d'Yainville et lui désigne le rameur. Course-poursuite sur la Seine. Après un kilomètre, se sentant serré de près, le rameur abandonne, accoste et disparaît à son tour. Cette barque, on la connaît, c'est celle de Beyer, le voilier d'Yainville, à qui elle a été volée. On la retrouve pleine de plumes.
A trois heures du matin, les gendarmes trouvent cinq poules abandonnées dans les rues de Guerbaville. On interroge les patrons de navires mouillés au quai. Nicolas Hergol, mécano de 36 ans manquait à l'appel sur le chaland n° 5 des Messageries nationales quand celui-ci a appareillé. Hergol s'était présenté un soir chez Beyer en compagnie d'un mousse. En l'absence du voilier, Hergol vola sa barque. Quant à Deconihout, il a la mauvaise habitude devendre des œufs et des fruits aux marins de passage qui finissent par connaître les lieux.
A Duclair, les Darneville mère et fille ne se contentent plus de mendier. Elles volent. jusquaux lunettes du maire de Quevillon, M. Lenfant. Le maréchal Vivier les envoie en correctionnelle.
La chasse aux loutres se poursuit à Heurteauville. Hue, du Trait, a tué une femelle, le lendemain, Letailleur, dHeurteauville, a tué le mâle après deux heures de lutte. Il fait ses 10 kg.
Décidément, il est dangereux de vendre son cheval à la foire de Caudebec. Cultivateur aux Planites, à Sainte-Marguerite, Maurice Bourgeois tire le sien par la longe. Sur le quai se manifeste un acheteur. Sur le refus de Bourgeois, l'autre lui flanque un coup de poing et se fond dans la foule. Bourgeois poursuit sa route. Dix mètres plus loin, un autre individu lui flanque deux coups de poing. Au ventre, au visage. Le sang pisse. Les gendarmes identifieront l'un des auteurs, Ernest Warzé, de Caen.
En août, Baudry, vannier au Landin, avait déploré le vol de sa serpette sur sa croisée. Ces jours-ci, il la reconnaît chez le cafetier Leprince qui jure l'avoir achetée à Gustave Chéron, un marin d'Yainville âgé de 15 ans. Gueudry porte plainte...
Dimanche 27 mars, le matin. Jules Bazille, ouvrier carrier de 24 ans, charge des blocs de pierre à bord du Charles-Alexandre, de Silvestre. Il tombe dans la Seine avec sa brouette et est entraîné par le courant. Le patron du Charles-Alexandre mène des recherches ainsi que Mauger, témoin de l'accident. Le cadavre ne fut repêché qu'une heure plus tard. Marié, Bazille venait d'accomplir sa période de 28 jours. Sa mère habite le hameau de Gauville, à Saint-Wandrille...
En deux mois, Albert Lhérondelle, à Heurteauville, s'est fait voler 50 bourrées. Déjà lourdement condamnée pour des faits similaires Martel, une journalière, est soupçonnée de même que la femme d'Eugène Bouvier pour six bourrées seulement.

Avril 92 : Le 1er, PV pour délit de chasse contre Arthur Lépagnol.
Vallée percepteur de Pavilly est nommé à Duclair en remplacement de Chevau nommé à Dieppe.
Le 10 on arrête deux mendiants à Heurteauville, Ternisien, fileur né à Pavilly et Florence Burnel, tisseuse, du Cardonnay.
Le sieur Aubert, d'Heurteauville, tombe dans la seine. Le brigadier Crevel, aidé du douanier retraité Deconihout, le sauve.
Arthur Burgot, journalier de 37 ans, vole des harts et détruit la clôture que possède Charles Neveu, maire de Saint-Nicolas-de-Bliquetuit à Heurteauville.
On avait vu deux rôdeurs en blouse à Saint-Paul. Le soir, des volailles, des lapins, du linge sont volés au préjudice des Landrin-Courel, Albert Vindel-Duboc et Defrère... On retrouvera un sac abandonné près d'un poulailler avec du sang, des plumes, des poils marqué P. DESHAYES ROUEN.
Emile Vincent, vannier du Mesnil, vend des volailles au marché de Barentin. Les gendarmes l'arrêtent. Il les a volées a des pays : Hulin et Lefrançois, dit Minel.


Mai 92 : Aux Municipales, les Conservateurs sont reconduits à Saint-Paër et Berville. A Heurteauville, Danger et son adjoint Thirel sont réélus. Henri Denis et Louis Délu fil ont leur entrée à Duclair au 2e tour. On se félicite de voir élus des enfants du pays. Le pharmacien Méniel sera élu maire par 12 voix sur 15, l'ancien adjoint Bance est reconduit avec 11 voix. Foucault est réélu maire à Sainte-Marguerite de même que Darcel à Berville.
Incendie à Saint-Paër dans le bois de M. Monti-Drezt. Sept hectares de taillis détruits.
Aux Assis, Gadeau de Kerville refuse de prêter serment devant Dieu. 5.000 F d'amende.
Au marché de Duclair, la dame Carel perd son porte-monnaie. MIchelson, de chez Mustad le ramasse, y trouve une étiquette au nom du boucher Fournier, va voir ce dernier qui identifie la prorpiétaire du porte-monnaie.
Le vapeur norvégien Faerder est amarré au nouveau quai de Duclair. Journlier, Lenôtre se pendche, glisse, sa femme tente de le rattraper, les deux tombent à l'eau. Ils sont sauvés par Goua, le mécanicien de la grue à vapeur qui sera signalé à l'administration par le syndic Laurent.
Au Landin, on retrouve le carrier Prosper Fessart, 67 ans, pendu dans son grenier. Un voisin coupe la corde, pratique le bouche-à-bouche. Trop tard. Fessard de travaillait plus. Il buvait et déclinait des idées suicidaires.
Journalière de 39 ans, la femme d'Alfred Levreux est verbalisée pour vol de serpe chez Henri Deconihout, ce qui lui vaudra six jours de prison. Ce couple de caillouteux n'a pas déclaré en outre son dernier né en mairie.
Les fillettes de Cassé, capitaine du bac, jouaient chez une voisine. Mme Cassé ne voyant plus son aîné la recherche au bord de la Seine. Son crops est retrouvé flottant mais donnant encore signe de vie. Hélas, le médecin de parviendra pas à la ranimer.
Au Mesnil, de bon matin, Auguste Thuillier, rentier de 83 ans, profite de ce que son fils soit parti cultiver son jardin et se pend sous un hangar en bout de maison. Dix minutes plus tard, le cherchant, sa bru le découvre. Mais il est mort. Voici quinze jours, il avait déjà tenté de se pendre dans sa chambre.

Juin 92 :  A la gare de Saint-Wandrille Caudebecquet, Victor Monéry, 27 ans, homme d'équipe, est monté sur le marchepied d'un wagon de marchandise que manœuvre une locomotive et se tient de la main gauche. Arivé à la halle des marchandises à bonne allure. Son épaule est prise en écharpe par le montant du bâtiment. Bras brisé. Il sera amputé.
Gédéon Vaugier, garde-particulier de Saint-Denis, tue un lièvre. Une voisine le dénonce. Il avait déposé contre elle dans un procès à Rouen...
Marcel Delépine retire un corps de la Seine à Duclair. Dans sa poche, un papier : "A M. Jouvemdesbek. — Mort pour revers de fortune."

Elèvee des hospices de Rouen, la jeune fille de 19 ans est rappelée par l'administation. Elle plie ses affaires, cire ses chaussures. Et se jette dans la mare. Elle était accueillie comme domestique chez Théophile Quiberl, à Saint-Paër.
Chez Joseph Foucault, à Sainte-Marguerite, le gamin de deux ans échappe à la surveillance de la bonne. Elle le retrouve noyé dans un baquet.
Au restaurant Saunier, à Caudebec, jour de marché Albertine Godard, l'épouse de Paul Millon, aperàoit son mari déjeunant avec Blanche Pionnier, femme Baudry, cafetière au Trait. Pugilat sur les quais devant 150 spectateurs. Albertine se jure de taper encore plus fort la prochaine fois...

Séverin Deconihout père et fils, marins à bord du Virgile, transportent du bois de Guerbaville à Rouen mais, chemin faisant, font escale chez eux, à Heurteauville, pour décharger  une partie de la cargaison au détriment de Boucachard père, marchand de bois à La Mailleraye. La femme Levreux sera inculpée de recel.

Juillet 92
:  
Devant le tribunal, Gauthier prétend avoir tiré sur une taupe, un lièvre rectifie le président. Mme Bouvier, sa voisine aussi, mais c'est parce qu'il a éteint tout seul le feu chez elle tandis que son mari était au lit. Il est condamné.
13 juillet. Cérémonie à l'église de la Madeleine de Rouen. Noces d'or de M. Barbet, fils de l'ancien maire avec Mme née Fontenillat et de M. Ch. Darcel, conseiller général de Duclair avec Mme, née Barbet.
Vivier, le talentueux chef de brigade à Duclair, 22ans de service, 2 campagnes, se voit déverner la médaille militaire pour le 14 Juillet.
49 coureurs de Port-Jumièges au passage d'Uainville. Dujardin un typographe de Rouen arrive premier. Huchard est le premier Heurteauvillais. Les trios de tête des courses nautiques. Grosses embarcations : Persil, Tabouret, Bourgachard. Petites : Deconihout, Bien Hulin.
Immumination de la montagne, bataille de confetti.
Obsèques de Mme de Joigny, née de Senarpont, 50 ans. Vus : Darcel et Malfilâtre.
Finalement, Joseph Beyer était dans le coup. Il est condamné à deux mois de prison ainsi que Nicolas Ergoll pour le vol des poules chez Albert Deconihout, à Heurteauville.
Noël Petit, qui fut conseiller municipal de Guerbaville, brigue le conseil d'arrondissement en se disant issu de la classe ouvrière contre Rondel et Chivé. Rondel est réélu. Petit, ironique dans la défaite, se flatte des onze voix obtenues à Villequier, en reconnaissance sans doute  du service de diligence qu'il a créé pour relier cette commune au chemin de fer. Dans le canton de Duclair, Lebon bat Darcel pour le conseil général avec quelque 200 voix d'écart.
Mort du châpelain de la Fontaine, l'abbé Fanonnel.
Incendie au Trait chez Gautier fils, employé des chemins de fer logé chez Crevel.
Paul Millon, marchand de chevaux à Sainte-Marguerite, sa femme, Albertine Godard, son beau-frère, Auguste Auvray, sont condamnés à de la prison pour... Le vol d'une robe à Edouard Mallet.
31 juillet 1892 : Charles Darcel est battu. Cette fois par « une grosse légume » comme on dit ici : Maurice Lebon. Cet avocat est l’ancien maire de Rouen et il est aussi député. On le retrouve alors au cabinet de Casimir Périer comme sous-secrétaire d’Etat aux Colonies. Il en démissionnera en 1894.
A Jumièges, Boutard va présider le centenaire de la République en organisant une fête conséquente.

août 92
:
Gros incendie au hameau de la Bucaille chez le veuve Jacob, tenant hôtel à Caudebec et logée par la veuve Leroy. Chaumière, grange, tasserie, étable, poulailler sont détruits sur 45 m. Vides. Les animaux étaient à pâturer. Un occupant, Gautier père, voit son mobiler, non assuré, détruit. Ça s'est passé au sommet d'une colline où l'eau a manqué alors que règne la sécheresse depuis des semaines. Mais on soipçonne un homme... Des habitants du Trait, d'Yainville et d'Heurteauville sont venus à la rescousse. Parmi eux, Delacroix, lieutenant des douanes à Port-Jumièges et ses hommes, Chéron, adjoint, Pestel, instituteur, les employés du chemin de fer...
Mme Varin et sa fille Alexandrine, d.Heurteauville, ont volé du blé à Adonis Thirel et M. Feuillye ainsi que de la vesce à Deconihout.
Camus, juge dinstruction, soupçonne un soldat du Génie, évincé par une jeune femme, d'avoir, par vangeance, mis le feu chez  Gautier fils puis Gautier père. Mais les témoins attestent de sa présence chez lui au moment où a été allumé le feu.
J. Lioux remporte le concours de tir du Mesnil.
Médaille de bronze à Seineur, directeur de pensionnat à Duclair.
Boulloy, curé de Quevillon nommé 2e aumônier de l'hôtel-dieu.
Une dame de Caudebec s'arrête à l'hôtel Hébert pour donner de l'avoine à son cheval. Le fils de la maison débrise l'animal encore attelé... Qui prend peur et part au grand galop vers Yainville. La descente n'est pas loin. Aux cris de la cavalière, Pierre Bénard fils, journalier, quitte son champ et saute à temps à la tête de l'animal. Pendant ce temps, Hébert était passé à table...
Le vieux steamer L'Eclair dont on vient de refaire les machines est victime d'une avarie à Boscherville après escale à Duclair. Une Abeille vient récupérer les passagers pour Rouen.
Le Chamois fait aussi le trajet depuis 30 ans et est en chantier.
L'eau de la Seine suscite de nombreux cas de diarrhée cholériforme.
A Jumièges, Levaillant trouve un cadavre dans son champ. Ses papiers sont ceux de François Delépine, 56 ans. Le médecin conclut à une mort naturelle.
Ancien pharmacien, M. Denis est inumé à Duclair.

Septembre 92 : Décès d'Alfred Perré, directeur des journaux locaux.
Mlle Mauger, stagiaire à Duclair nommée institutrice à Anneville en remplacement de Mlle Trottn. Mlle Marie vient de Envronville à Sainte-Marguerite en remplacement de Mlle Mary nommée canton de Fécamp.
En traversant la forêt de Varengeville, à la Croix-d'Epine, Cordelier, dit Susos, aperçoit un carré de papier cloué à un arbre : " Je suis là, pendu à un arbre" Et Cordier découvre le corps d'un sexagénaire, Louis Adam... Les morts à Varengeville, en moyenne de 12 par trimestre, ont été de 27 au cours du dernier. Le premier fut Alexandre Nicolle, pendu le 1er juillet, le 27e Adam, de Fresquiennes.
Le 22 septembre,
à Jumièges, l’affiche est copieuse : salves d’artillerie, sonnerie de cloches, revue de la compagnie des sapeurs pompiers, promenade militaire, banquet public, bal gratuit sur la place…

Octobre 92 : Heurteauville. Picot, fatigué d'être volé, surprend Henri Burgot, 12 a s, emportant une bourrée en brouette.
Langlois, l'ancien conducteur de Petit, est toujours recherché, pour le vol de vêtements au Havre, cette fois.
En rentant de prison, les Vautier d'Heurteauville, dits Louvet, découvrent qu'ils ont été dévalisés.
A Hénouville, la maison de la veuve Desmont est détruite par le feu.
Le Duclairois Anatole Ragot est nommé professeur-directeur d'études à Chaptal, Paris.
Un garçon de 17 ans est arrêté par les gendarmes de Duclair en flagrant-délit de vol de porte-monnaie chez M. Lebourgeois le bien nommé.

Voleurs ou prestigitateurs ?


Cinq individus inconnus ont été vus, le 19 de ce mois rôdant dans cette commune (Duclair). Ils ont soustrait un lapin à M. Pigache, cultivateur, ainsi que le déjeuner du cantonnier Leseur, qui travaillait dans la côte, sur la route de Rouen. Leseur ayant reconnu, dans les mains de ces malfaiteurs, la serviette qui enveloppait son repas, réussit, non sans peine à leur reprendre ; mais, ô surprise, le déjeuner n'y était plus, et, dans la serviette, il trouva le lapin volé à M. Pigache, auquel il s'est empressé de le remettre. Procès-verbal a été dressé par la gendarmerie de Duclair.

Novembre 92 :  Démare, l'ancien boucher de Sainte-Marguerite est verbalisé pour voies de fait, à Saint-Wandrille, sur Simon et bris de clôture envers le débitant Brébant.
Dans la nuit du 24 au 25 novembre, les tronc de l'église de Duclair sont fracturés. Celle de Sainte-Marguerite aussi, ajoute le Pilote. Quelques francs sont pris  Duclair. La même nuit, la porte de la chapelle de Jumièges est enfoncée.
Ce même mois, à Heurteauville, Henri Burgot, 12 ans, est surpris à voler du bois sur le tas de bourrées du sieur Picot. A l'abbaye, des pierres s'effondrent.
A Heuteauville, le veuve Delahaye possédait une superbe dinde qu'elle était fière de faire admirer par ses amis. Jusqu'au jour où, ouvrant la porte du poulailler, elle constata qu'elle avait disparu. Elle fit mettre une serrure.
Le même mois, quatre lapins du sieur Pigache et quatre poules de la veuve Marais ont disparu à Boscherville.

HEURTEAUVILLE—  Au mois de mai dernier, les époux Vautier quittaient la commune pour faire une cure de quelques mois à Pont-Audemer, Pont-Audemer, station balnéaire ? Pont-Audemer  ville  d'eaux  ? Que non pas ! Mais Pont-Audemer possède une maison d'arrêt, et les époux Vautier allaient  tout simplement y purger une petite condamnation. Il y  a  quelques  jours,  ils  revenaient à Heurteauville et grande fut  leur surprise  de constater que, pendant leur absence et malgré la présence d'une  jeune sœur de Vautier, restée à la maison, ils avaient été littéralement dévalisés, un voleur leur avait dérobé une chaîne en double, une bague,  un  médaillon et une  broche, le tout en argent, six cuillères à potage et plusieurs pièces d'argenterie. On a fini par soupçonner  une fille Périmony, habituée de la maison, et les bijoux ont été retrouvés au Trait chez une femme  Lesage à laquelle elle les avait confiés. Devant  cette découverte, la fille  Périmony  n'avait  plus qu'à avouer, ce qu'elle a l'ait ; mais  elle  nie  avoir  dérobé  les  cuillères  et la vaisselle qui n'ont  pu  être  retrouvées.

Décembre 92 : protestation de plusieurs Jumiégeois. Ils sont abonnés à un journal paraissant le samedi. La Poste ne le leur délivre que le lundi.
A Saint-Paër, on retrouve le cadavre de Eugène Panchot, 80 ans, raccomodeur de vaisselle, sans doute mort de froid selon le Dr Maillard.
Bagarre à Heurteauville entre bûcherons. Ils s'étaient enivrés au café d'Hauville quand, reprenant leur travail, François Adam, dit Cabot et Arthur Longuet se prennent de querelle. Longuet reçoit un coup de couteau. Henri Leconte accourt et enfonce son coutelas dans la joue d'Adam.

Constant Godeville, journalier d'Heurteauville, condamné à Caudebec pour ivresse.

Mouvement de la population du canton de Duclair en 1892. Naissances, 318 ; mariages, 115 ; décès, 370.



19 janvier 1893. A Heuteauville, le sieur Goddeville, ne voyant plus sa voisine, la veuve Lhonorey, la découvre nue, étendue au pied de son lit. Morte. Elle avait 78 ans. Son époux avait été une figure de la politique locale.

Février 93. M. Chéron, propriétaire à Duclair, au hameau des Graviers, élevait depuis 3 ans, un jeune cerf qui était devenu très familier. Chaque soir il l'enfermait dans une étable situé à 200 mètres environ de la maison. Dimanche matin, lorsque M. Chèron est venu ouvrir la porte de l'étable, le jeune cerf n'y était plus. D'après les indicés recueillis, deux individus ont pénétré dans l'enclos, pendant la nuit, ont fracturé la porte et en-traîné le cerf après l'avoir ligot ; ils ont fait la curée dans la rue qui longe la masure. La gendarmerie procède à une enquête.
27 février, on trouve le cadavre d'un bébé sur la rive d'Ambourville, une corde autour du cou. Les mauvaises langues accusent une femme. Elle est entendue. Et blanchie.


Mars 93, le Travailleur normand. Drame de la misère. Samedi dernier arrivait dans le bourg de Jumièges un individu ne pouvant à peine se soutenir. A quelques questions que lui posèrent plusieurs personnes, il ne peut absolument rien répondre.
Une personne charitable le voyant si faible l'a fait entrer chez elle et lui a donné à manger.
Lorsqu'il fut un peu réconforté, voici l'explication qu'il a donnée :
— Je suis un ouvrier, j'habite à Rouen. Il y a huit jours, ma femme a donné le jour à deux enfants. N'ayant pas d'argent, j'ai demandé secours à un membre de ma famille qui m'a donné rendez-vous à Caudebec-en-Caux en me disant qu'il me remettrait de l'argent. J'ai fait le trajet depuis Rouen à pied et me suis suis trompé de chemin, c'est pourquoi je me trouve actuellement à Jumièges. Je n'ai pas mangé depuis 36 heures.
Quelques personnes de Jumièges lui ont donné un peu d'argent, ce qui lui a permis de prendre le train et de regagner son domicile;
L'individu soi-disant mourrant de faim qui était arrivé dans cette commune ainsi que nous l'avons dit dernièrement n'était qu'un escroc qui jouait la comédie. Il a été arrêté la semaine dernière par la police.

11 mars : Albert Lieugard, huissier à Duclair, nommé Rouen.
Mars 93
toujours, à Duclair, on retrouve Mme Baville pendue à une poutre de son grenier.

Avril 93

INCENDIE A DUCLAIR 170,000 fr. de dégâts — 130 ouvriers sans travail.

Un violent incendie s'est déclaré samedi vers une heure du matin dans la clouterie de MM. Mustad et fils à Duclair. Réveillés par les flammes, des ouvriers ont donné l'alarme, et en quelques instants toute la population était réveillée par les appels du clairon et par les cloches qui sonnaient le tocsin.
Les secours furent rapidement organisés ; la compagnie des sapeurs-pompiers de Duclair auxquels les compagnies des communes environnantes venaient bientôt prêter leur concours, attaquaient le feu de toutes parts, mais déjà les flammes avaient gagné l'usine tout entière, et les pompiers durent se borner à préserver les bâtiments voisins.
Après plusieurs heures de travail, le feu était éteint ; mais de l'usine de MM. Mustad et fils il ne restait plus qu'un monceau de décombres calcinés.
Les pertes causées par cet incendie atteignent la somme de cent soixante-dix mille francs. Elles sont, croyons-nous, couvertes par une assurance. Malheureusement, ce sinistre aura des conséquences terribles pour les cent trente ouvriers qui y étaient employés et qui vont se trouver sans travail ; un grand nombre d'entre eux sont sans ressources et on se demande comment ces infortunés vont supporter le coup qui les frappe si on ne leur vient pas en aide.
Toute la population de Duclair est profondément attristée ; il est, paraît-il, question d'ouvrir une souscription en faveur des ouvriers ainsi réduits au chômage. La gendarmerie de Duclair a commencé une enquête sur les causes de cet incendie ; mais jusqu'ici il n'a pas encore été possible d'établir s'il était accidentel ou s'il était dû à la malveillance.


Une rixe oppose en forêt de Jumièges deux ouvriers pris de boisson. Le jeune D... S'apprête à frapper à coups de bàton son ami R. Qui lui lance un couteau à la figure, le désarme et rosse l'assaillant. D... A le nez cassé et plusieurs contusions à la tête.

Mai 93 : Abordage à Duclair. Le steamer Count-d'Astremont coule un chaland de pierres. Une chaloupe est mise à l'eau, l'épave semble vide, en revanche une barque de pêche qui lui était attachée a chaviré. On pense qu'il y avait trois hommes à bord. C'est en fait l'Emile 3, gribane des carrières Silvestre, à Yainville. Deux hommes sont morts à bord, le troisième sera reprêché.
Philippe Bertrand Percepied, de Sainte-Marguerite, est verbalisé pour vagabondage à Lillebonne.

Juin 93 : Un bâtelier de Guerbaville est inculpé d'attentats à la pudeur sur ses filles de 18 et 20 ans.
Le 5 à 7h du soir, des promeneurs repêchent le cadavre de Alexandre Nathil, de l'Emile 3.
Mort d'Alfred Darcel, président de régates.
Le maire de Duclair donne avis que des troupes de passage séjourneront dans la ville un jour et une nuit, savoir : le premier juillet, 1 officier, 14 soldats, 3 chevaux ; le 3. 45 officier. 1.006
soldats, 32 chevaux : le 16 et le 24, 11 officiers, 312 soldats, 7 chevaux.

Yainville. –  M. Silvestre propriétaire de la gribane Emile No 3, déclare que d'après l'enquête officielle, il est établi que son bateau avait ses feux réglementaires et naviguait, quand il a été abordé, dans la nuit du premier juin, par le steamer Count-d'Aspremont.

Seineur fait des miracles à l'école publique

DUCLAIR. – Parmi les résultats des examens du certificat d'études de Duclair, qui nous ont été envoyés la semaine dernière, nous avons constaté avec plaisir le magnifique succès remporté par M. Seineur, directeur du pensionnat de garçons, 10 élèves ont été présentés, tous ont été reçus.
Depuis longtemps déjà, M, Seigneur est considéré, à juste titre, par ses chefs, comme l'un des meilleurs instituteurs du département. Félicitons M. Seineur des magnifiques résultats qu'il a toujours obtenus par sa façon d'enseigner, plus de 200 élèves lui doivent leur admission à l'Ecole Normale, au brevet d'instituteurs, aux bourses des Lycées et Ecole Professionnelle, au certificat d'études), et encourageons-le dans le but qu'il s'est imposé : former de ses élèves de bons citoyens, capables d'aimer et de bien servir leur mère patrie, la France ! (Le Travailleur normand).

Juillet 93 : Le 2, la Saint-Pierre à Jumièges, place de la Mairie. 4 h jeux divers, bal à grand orchestre, 9h : illuminations, feu ´artifice. 
Le 9 a un concours à Elbeuf, Louis Fleury reçoit une médaille de bronze et 100F comme vieux serviteur chez Mme Gossey. Allais, du Mesnil, est récompensé chez les instituteurs.
A Villers-Ecalles, Blondel est arrêté pour viols de ses filles de 12 et 16 ans.
Delphin Agnès, né à Villequier le 11 février 1836, batelier, est aux Assises pour attentats à la pudeur de ses filles. Le jour de la mort de sa femme, il cherche les faveurs de son aînée, en présence du cadavre. Marie, 17 ans l'accuse des mêmes tourments vers septembre 1892. Lui, il nie. Cinq ans de prison avec circonstances atténuantes, déchéance de la paternité.
DUCLAIR. — La Fête nationale a été célébrée comme les années précédentes. La veille, retraite aux flambeaux par les sapeurs-pompiers et la musique ; le 14, à 11 heures, distribution de pain et de viande aux indigents ; à 1 h. 1/2, revue d'honneur de la compagnie des sapeurs-pompiers par M. le maire assisté du conseil municipal et des fonctionnaires de la ville ; remise au caporal Monty de la médaille en argent qui lui a été décernée pour ses bons services. Après le défilé ont eu lieu les jeux sur la place et les quais ainsi que le tir des pompiers. A 5 heures, banquet où différents toasts ont été portés, entr'autres par M. le maire qui a chaudement félicité les sapeurs-pompiers pour leur bonne tenue et M. Renault, chef de la musique, pour son zèle et le concoursqu'il a prêté à la fête. Le soir, les danses publiques ont été très animées. Le feu d'artifice qui terminait la fête a étéon ne peut mieux réussi.

Août 93 ? Mardi dernier, une femme Jeanne, de Saint-Paul achetait différents objets à un marchand de la place, lorsque tout à coup elle sentit, une main pénétrer dans sa poche, elle s'aperçut aussitôt que son porte-monnaie contenant 7 fr. avait disparu. S'étant retournée elle vit un individu qu'elle accusa d'avoir fait le coup. La gendarmerie avertie a arrêté le malfaiteur qui a reconnu être l'auteur du vol, c'est un nommé Fédéval, sujet suisse. Il a été mis à la disposition du parquet.

Septembre 93 : Le dimanche 3, 10 h  du soir, Edouard Frelard, journalier de 49 ans à Varengeville, revient de Port-Jumièges et suit le halage. A un kilomètre de la mairie, une voiture vient vers lui au grand trot, chargée de plusieurs passagers. Frelard est renversé et une roue lui brise la jambe. Le conducteur donne un grand coup de fouet et s'enfuit. Le blessé passa la nuit étendu au bord du chemin, criant en vain. Ce n'est qu'à 5h du matin que Lubin, paysan d'Heurteauville, le fit transporter. On fit venir le Dr Allard qui estima à trois mois l'incapacité de travail. Les gendarmes parrvinrent à identifer le fuyarde comme étant Albert X, 18 ans, de Petit-Quevilly.
Clément Languette, 16 ans, domestique chez Tirel, à Heurteauville, s'est fait voler ses hardes. On a vu sortir de la propriété Menu, un vagabond de 42 ans originaire de l'Eure. Arrêté le lendemain, il nie. On le conduit à Duclair puis à Rouen.
Des gendarmes de Duclair sont parmi ceux qui vont mater les grévistes de Douai.


Octobre 93 : A Villers-Ecalles, les Desmarais louent une grange au séminaire de Rouen. Vers 9h, la femme entend marcher dans la cour et voit sa voisine, la veuve Gis, 75 ans, le bras dans une ouverture de la grange... qui prend feu. Réveillé, le mari court après la vieille qui nie tout et prétend avoir satisfait un besoin naturel. Alors, elle s'assied à terre et laisse échapper des allumettes suédoises, Des allumettes, les gendarmes de Duclair en trouveront aussi chez la veuve. Mais pas la boîte. On l'emmènera à Rouen...
Un enfant de 7 ans jouait avec des allumettes à Anneville. La maison occupée par Pierre Ecalard est détruite. Sa femme, alitée sera transportée chez des voisins. L'abbé Capron a pris une part active pour empêcher la propagation de l'incendie. Pigache, le maire, ouvre une souscription.
Alfred Frémont, cultivateur à Saint-Paër, est victime de vols de volailles, harnais et mobilier.

Novembre 93 : Cette couverture en laine et ce châle devant la porte de cette maison étaient trop tentants. A Varengeville, Louis Harang, journalier de 28 ans, s'en empare. A La Vaupalière, il avait déjà volé un veau... et un vélo tandis que son propriétaire se rafraîchissait dans un café de Maromme. Le 4, arrêté par les gendarmes de Duclair, il est condamné à deux ans de prison.
Présumée auteur de quatre incendies dans son voisinage, à Villers-Ecalles, la veuve Gis, née Julie Héloïse Rigot, comparaît aux Assises après la destruction de la grange des Desmarais. On la sait voleuse se récolte. Mais aucune preuve ne vient à bout de ses dénégations. Défendue par Me Valin, elle est acquittée.
Blondel, le forgeron de Villers-Ecalles, est accusé de plusieurs attentats à la pudeur sur ses deux filles. Comme Agnès, il nie, prétendant que ses enfants veulent le perdre. Comme Agnès, il prend cinq ans après circonstances atténuantes.
La gendarmerie de Caudebec arrête un conducteur pour défaut de lanterne. Il prétend s'appeler Silvestre, le fameux carrier d'Yainville. D'ailleurs, son nom figure bien sur la plaque de la voiture. Le lendemain, pris de remords, il revient avouer aux gendarmes qu'il s'appelle en réalité Honoré Vallois, cultivateur à Yainville...

Décembre 93.Depuis le 4 décembre, le bac à vapeur de Guerbaville ne passe plus à 7h du soir alors qu'arrive le train. Les voyageurs traversent en norvégienne et de nuit. Pourtant, la compagnie de l'Ouest a reçu des subventions du département...
Esprit Burel est condamné à deux mois de prison pour coups sur le sieur Cousin.
A la mairie de Dulair, on met aux enchères quatre lots des osiers à récolter sur les berges francs-bords de la Seine durant l'hiver entre La Bouille et La Mailleraye.
Lassie, marchand de charbon, est encore verbalisé pour ivresse publique tandis que Ferdinand Philippe Percipier, de Sainte-Marguerite, se fait pincer pour vagabondade. Des habitués.
Sa femme et son fils étaient absents. Au Mesnil, Achille Flambard, 60 ans, se tire un coup de fusil dans la bouche. Au bruit de la détonation, le fils revient sur ses pas pour trouver son père, la tête fracassée; baignant dans une mare de sang. Malade, Flambard était alité depuis quelques jours.
Dans sa séance du 21 dec, la chambre syndicale des entrepreneurs de travaux publics de France accorde une médaille vermeil avec diplôme à Jean-Baptiste Duval et une médaille d'argent, diplôme et livret de caisse d'Eparne à Félix-Louis Félix, les deux d'Heurteauville, pour leur carrière chez Silvestre.
Dans la nuit de Noël, on a volé Bichette, une jument noire appartenant à Huguerre, le fabricant d'Ouate à Saint-Paër. Le voleur a été vu à Varengeville se dirigeant vers Rouen...
Dans la nuit du Réveillon, Madame Cadinot, d'Heurteauville, se fait voler un lapin.



Janvier 1894, le 4, à Sainte-Marguerite, Mme Luce, 49 ans, se jette dans la citerne. Le 1er, son fils Georges l'en avait empêché. Elle se désespérait de ne pas recouvrer la santé.
le boulanger de Saint-Paër, Auguste Levaudier, fut condamné pour défaut de pesage de son pain.
Le 22, deux fêtards, N... Et B... Sont verbalisés à Heurteauville pour rixe, coups, tapage nocturne.

Février 94. Ils avaient fait du boucan en janvier dans les rues de Guerbvaville. En février, les voilà condamnés par le juge Caudebec. Il s'agit de Louis Agnès et Louis Baillemond, matelots de Guerbaville, Pacifique Louis Perdrix, pêcheur à Duclair et Alfred Léveillard, journalier, âgés d'une vingtaine d'années.
Le 25 février, Ernest Fourré, 20 ans, quitte la maison de ses parents à Villers-Ecalles, fusil sur le bras, pour aller à l'affût, dit-il. Depuis, on ne l'a pas revu.
Heurteauville. Après avoir tiré sur des canards, Juste Aimable Campion est verbalisé pour délit de chasse.

Mars 94. Le 7, le feu ravage la grange de M. Chéron, propriétaire à Duclair.
Au Mesnil, on repêche le cadavre de His, garçon boulanger, disparu depuis un mois et qui laisse une veuve et deux enfants.

Un bûcheron de Duclair passe en correctionnelle à Rouen. Il a volé une hache à un certain Thierry. Une hache ensorcelée explique-t-il car s'il a résisté trois fois à la tentation de la prendre, la quatrième a été au dessus de ses forces. Il l'a repassée et pris de remors l'a fait rapporter par sa femme. Seulement, Thierry la croisée et s'est emparé de son bien avant de porter plainte.
18  mars,
18h15 :  un cheval fou traverse tous les quais de Duclair en direction de Rouen. Le cabriolet appartient à M. Cauvin, de Canteleu. A bord : une gamine de 8 ans qui hurle de frayeur. Le Maréchal des Logis Duprel se précipite au col du cheval. Il est traîné sur 15 mètres. Mais parvient à maîtriser l'animal.
A Sainte-Marguerite, le débit Renard donnera un bal tous les dimanches avec des musiciens de Caudebec.
Dix bénéctins peuplent Saint-Wandrille sous la direction de dom Besse.

28 mars. On annonce la mort de M. Ragot, instituteur honoraire de Duclair.


Avril 94. Le 2, mort d'Emile Silvestre, carrier, délégué cantonal et maire d'Yainville dans le cabinet d'un ingénieurs des Ponts et Chaussées à Rouen.
A Heurteauville, Campion, encore lui, est condamné avec le cloutier Dubuc surveillant dans les marais un collet où un chevreuil se trouvait pris.  Campion ira 15 jours en prison.
On apprend l'arrestation à Guerbaville pour mendicité d'un mulâtre, Marius Francourt, né à Port-de-France. Il venait de Brest où il faisait l'homme sauvage au théâtre des Poses indiennes...

En raison de la sécheresse et de la disette des fourrages, le conseil municipal de Jumièges avait consenti à réduire à un mois la fermeture de la pâture au lieu des trois habituels pout laisser l'herbe pousser. Ignorant l'arrêté de Sever Boutard, les sieurs Martin père et fils refusèrent de retirer leurs bêtes. Et ce, malgré deux PV. Comme le garde-champêtre tentait d'enlever les animaux, les Martin s'y opposèrent si bien que l'on eut recours aux gendarmes de Duclair. Les animaux furent mis en fourrière à la mairie mais au prix d'une lutte acharnée durant laquelle un gendarme fut blessé. Le 10 avril, les Martin écopèrent en correctionnelle de 15 jours de prison pour le fils et 48h pour le père.

Crime à Sainte-Marguerite

11 avril. Un drame vient de se passer au hameau, des Caillettes, canton de Duclair. Le nommé Paul Millon, âgé de trente-huit ans, cultivateur et marchand de chevaux, ayant injurié et menacé son domestique, Duperron, celui-ci pris de fureur s'écria « Il y a assez longtemps que tu règles les autres, je vais te régler à ton tour !» Et, s'armant d'un manche de fourche qui se trouvait à sa portée, il en frappa son patron sur les épaules et sur la tête.
Millon s'affaissa, le crâne ouvert, au milieu, d'une mare de sang. Il expira quelques heures après malgré les soins du Dr Chivé, de Caudebec. Duperron, mis en état d'arrestation, a été confronté avec le cadavre de sa victime. Pleurant comme un enfant, il a déclaré qu'il avait été exaspéré par les propos de son patron et qu'il l'avait frappé sans intention de lui donner la mort.

Natif d'Heurteauville, Anatole Tallière, 36 ans, est arrêté à Caudebec pour vagabondage.

Mai 94. Incendie au moulin de M. Bance, l'adjoint de Duclair, et appartenant au Rouennais Lenepveu. Un charbon enflammé communique le feu à l'étable de Savalle, à 150 m de là. On en enlève la toiture pour arrêter le feu. L'habitation du juge de Paix Lanctin, un bâtiment du messager Simon et un hangar de M. Vollet sontainsi préservés. Pompiers, gendarmes, douaniers et simples citoyens aurant combattu le sinistre.
Ferdinand Philippe Percepied, de Sainte-Marguerite, est encore condamné. Ivresse publique.
Le 24 mai, aux assises, l'assassin de Millon ne prend que quatre mois de prison. Ce fut le procès de la victime...
Le 25, à Caudebec, une rixe oppose deux pêcheurs dans une barque, Dumont, de La BOuille et Félix Leblanc, de Duclair. Ce dernier est ivre.

Juin 94. Mission à Heurteauville. A Heurteauville justement, des coups ont été portés à Campion. Deux marins , Félix Baillemond et Auguste Fossé, sont condamné à des amendes.
La chenille Chematobia brumata fait des ravages dans les cultures de pommiers et de pruniers, notamment dans le canton de Duclair.
Epinay-sur-Duclair sinistré !

Juillet 94. Aux Assises, le 24, Germain Narcisse Delamare, chapelier à Hénouville, 83 ans, comparaît pour attentats à la pudeur sur Armandine Laugeois, 9 ans. Défendu par Cantrel, il est acquitté, les faits, contestés, n'apparaissant pas suffisamment graves.
26. Un
très violent orage a éclaté, lundi dernier vers trois heures-et demie de l'après-midi, sur la commune d'Epinay-sur-Duclair (Seine-Inférieure). Pendant près de cinq' minutes une tempête de grêlons est tombée et a tout détruit. Il ne reste absolument rien sur les terrestout a été complètement haché: blés, avoines, orges, pommes, etc. Les pertes se chiffrent par plusieurs centaines de mille francs. La désolation estgénérale; c'est la. misère et une ruine complète, sinon pour tous, du moins pour un grand nombre de petits cultivateurs qui sont aujourd'hui sans aucunes ressources; aussi compte-t-on sur des secours immédiats de la part du département et de l'Etat. 
Arrestation de Théodore Duquesne, 47 ans, originaire de Villers-Ecalles, pour vagabondage. Il aura eu le courage de tenir son corps à l'horizontal pour parvenir à la strangulation.
A 5h du matin, près de la gare du Paulu, on retrouve le coprs d'Alexandre Cardou, ouvrier charron sans domicile, pendu à un fil de fer servant de clôture à un herbage.

Août 94. A Sainte-Marguerite, un commerçant est assailli par plusieurs individus qui le traînent sur la route, le renversent à terre et le criblent de coups. Plainte à la gendarmerie puis au Parquet. 
Quêtes à Duclair ou encore dans le Journal de Rouen pour secourir les sinistrés d'Epinay.
Le 14 août 1894
meurt Louise Esther Lettu, veuve Lepel-Cointet. Elle a 84 ans et résidait une grande partie de l’année à Jumièges. Ses deux fils et sa fille ne sont déjà plus de ce monde. Esther Lettu était propriétaire de l'abbaye.
En possession du logis abbatial, sa belle-fille, Mathilde Adélaïde, veuve de Marc-Eric Lepel-Cointet, réunifira le domaine abbatial. "Madame Eric" y reçoit son monde. Ainsi, Jean de Tinan, jeune écrivain qui compte pour arrière-grand-mère une Lepel. 
A Boscherville, Prosper Lequesne, rentier de 68 ans, souffre de la vessie. Il met fin à ses souffrances en absorbant du phosphore.
La femme Houldiaman, d'Heuteauville, est condamnée par le tribunal d'Yvetot à 15 jours de prison et la déchéance de la puissance maternelle pour emploi de ses enfants à la mendicité.

Septembre 94. A Heurteauville, sa femme étant partie au marché de Duclair, le débitant C... reçoit trois femmes de Guerbaville parmi lesquelles sa filleule. Café, rincette, surincette. Mais après cette joyeuse récréation, plainte sera déposée pour le vol de foulards de soie et d'effets d'habillement. On en retrouve chez la filleule en question qui, selon la rumeur, aurait eu une relation intime avec son parrain, ce qui expliquerait ces objets en sa possession.
Le 30 septembre
eut lieu à l'île Lacroix, au château Baubet, un concert de charité pour les sinistrés de Sainte-Marguerite.

Octobre 94. Quand son cadavre fut découvert sur la route forestière de Duclair au Trait, on crut à un assassinat, il y avait une mare sa sang près de son panier et de ses galoches et surtout une blessure au nez de Stéphanie Levillain, épouse Delafosse, 69 ans. Mais elle sera morte d'une congestion cérébrale.
On le jugeait pour voies de fait envers le garde-champêtre d'Anneville. Comme on lui demandait comment il s'appelait, il répondit "Comme vous". Le juge fronça les sourcils : "Prenez garde. Le nom de votre mère? Jeanne Chaudron ! Votre père ? Comme vous !" C'était en fait un Breton de 50 ans qui s'appelait Jean Commevou. Ce qui lui valut un an et un jour de prison...

Novembre 94. Le 11, Vincent, ouvrier carrier à Heurteauville, traverse la seine, aperçoit un noyé , le harponne, l'amarre à sa barque et l'amène à la berge. Puis il va faire sa déclaration à la mairie de Jumièges. Ce corps, c'est celui de Florimond Virvaux, 70 ans. Il avait été vu ivre le 22 octobre dernier et ne cachait pas son désir d'en finir avec la vie.
Le dimanche 18 novembre, dans le café Badois, à Sainte-Marguerite, la veuve Millon, s'estime provoquée par Augustine Duboc, d'Epinay. Elle est poursuivie pour coups et blessures.
Joseph Leroux, de Sainte-Marguerite, avait adressé d'un coup de poing le sieur Trehet, de Saint-Wandrille, tranquillement occupé à son travail. Six jours de prison.
Au Mesnil, Charles Lerouge et Jules Goubert avaient proposé de ramoner la cheminée de la famille V... La femme, seule à leur venue, accepta. Mais quand son mari rentra à la maison, il chercha querelle à son épouse. Deux jours plus tard, il rencontre les deux ramoneurs et leur inflige une correction. V... sera condamné à huit jours de prison.

Décembre 94. Le garde particulier de Gadeau de Kerville est adressé par des inconnus à Villers-Ecalles.
Une voiture sur le halage d'Heurteauville, à 500 m de Port-Jumièges. Une brouette, et le cheval fait un écart qui précipite l'attelage dans la Seine. Auguste Rollé qui travaillait au talus se jette à l'eau et ramène une enfant. Après quoi, aidé d'Emile Persil, Rollé partient à dételier le cheval avec le concours des sieurs Michel Neveu, Lefebvre, Fodville, cantonnier. Le cheval et la voiture sont sortis du fleuve. Quant au conducteur, Bocquet, Boulanger à Bourg-Achard, il s'en est sorti seul.

L'année 94 s'acheva par la mise en vente de l'abbaye de Jumièges et de la ferme du puits parlant. Pour 140.000 F, les ruines et leur manoir furent adjugés devant le tribunal de la Seine à Mme Eric.


Janvier 1895. Mustad achète à Saint-Wandrille les tissages Fossey pour un implanter une fabrique de margarine et une scierie mécanique.
Arthur Albert Burget, journalier d'Heurteauville, est verbalisé pour délit de chasse. Amende, confiscation du fusil.
Cultivateur au Mesnil, Lequesne revenait du marché d'Yvetot quand, parvenu à la gare du Paulu, il réalis qu'on lui a volé son portefeuille contenant les 800F du prix d'un cheval vendu. Il se rappelle qu'au moment de monter dans le train d'Yvetot, il a été bousculé par plusieurs individus.
A Yainville, dans une propriété en bordure de route, les pluies persistantes mettent au jour quantité d'ossements humains paraissant enfouis depuis 150 ou 200 ans. Sur place, le Dr Allard pense à un ancien cimetière.

Un lundi matin, à 8h et demie, un train de marchandises déraille en gare de Duclair. Des voitures particulières sont réquisitionnées pour transporter les voyageurs venant de Barentin. Puis ceux venant de Caudebec.

Février 1895. Natif du Trait, Arsène Deroutot est arrêté pour mendicité à Guerbaville.
La Seine est gelée

DUCLAIR : Vendredi dernier, des jeunes gens de cette commune ne se sont pas contentés de traverser la Seine à pied sec, en courant sur la glace.
Ils ont eu l’idée d’allumer un feu d’une trentaine de bourrées arrosées de pétrole juste au milieu de la nappe glacée à la grande admiration de toute la population, accourue en foule pour assister à ce rare et nouveau spectacle. 
Bon nombre de personnes cependant ne se faisaient pas faute de taxer d’inutile et d’imprudent le jeu auquel se livraient ces jeunes gens, en poussant des acclamations de toute sorte. Elles craignaient non sans raison peut-être qu’un accident se produisit. Il n’en a rien été. 
La glace, épaisse de plusieurs pieds n’a pas fléchi sous l’action de la flamme activée par la bise qui soufflait.
Samedi, vers une heure du soir, un cultivateur de Berville, M. Monguérard, profitant d'un dégagement des glaces, était venu en barque à Duclair avec ses deux fils pour acheter des provisions. Mais au moment du retour, la barque qu'ils montaient fut, en moins de rien, prise comme dans un étau par d'énormes glaçons. 
Impossible malgré tous leurs efforts de sortir de cette situation. Pas d'autre perspective que d'attendre pendant sept ou huit heures l'arrivée du flot, et encore avec la crainte à ce moment d'être écrasé eux et leur embarbaction.
Par bonheur, un jeune homme, Auguste Labie, matelot à bord d'une embarcation des Pont-et-Chaussées vint à leur secours muni d'une échelle, il les fit passer dessus l'un après l'autre. M. Monguérard et ses fils, heureux d'en être quittes ainsi, virent leur sauveteur, avec son échelle sur le dos, traverser la Seine et porter sur la rive opposée le pain que l'on était venu chercher.
(...) Ce jeune sauveteur a déjà reçu un témoignage officiel de satisfaction pour avec sauvé une fillette de 12 ans qui se noyait dans la Seine à Caudebec-en-Caux. Puis, par trois fois, il sauva la vie d'un de ses camarades qui était aussi tombé dans le fleuve.»

Journal de Duclair du mardi 12 février 1895

Le dimanche 10 février, deux steamers, Altona et Frédérik-Frank avaient pu passer devant Duclair à14h.

Charcutier du Trait, Emile Leroux est condamné pour avoir fait courir son cheval à vitesse excessive dans un lieu habité.
Une pétition circule dans le canton de Duclair pour taxer l'importation de graines de colza.
Une pétition circule contre l'abri ouvert à tous vents de l'abri situé sur le quai d'embarquement à la gare de Barentin.
Félix Faure offre un vase de sèvre pour la loterie de bienfaisance de Duclair.
Deux énormes cygnes sauvages son tirés sur la rive de Berville où s'amassent les glaçons. Le froid pousse sur nos côtes quantité de gibier à plume.
Louis Napoléon Houle, ancien marin et Victoire Désirée Prunier s'étaient mariés à Jumièges. A 87 ans, il s'éteignent tous deux à trois heures d'invervalle dans leur lit à Guerbaville.
Le curé de Sainte-Marguerite, l'abbé Hazé, est pris à Rouen d'un malaise. Transporté chez des amis, il y décède. Il avait 43 ans.

Avril 1895. Avec leurs hauts bonnets à poils, les pompiers de Duclair renforcent leurs collègues de Barentin pour encadrer la visite du président Faure qui décore une vingtaine de vieux ouvriers. Les pompiers de Jumièges sont également de la fête.


Louise Levreux, mon arrière-grand-mère, mourut à Yainville le 5 mai 1895 et fut enterrée à Jumièges avec ce nom que j'ai retrouvé gravé dans la pierre: "Mainberthe". Qualifié de cultivateur après avoir été dit journalier, Pierre Mainberte passait pour un personnage acariâtre. Sur ses vieux jours, il se déplaçait à l'aide d'une canne dont il se servait volontiers comme bâton. Veuf de Louise, il intenta une procédure contre ses filles au motif qu'elles ne concouraient pas à ses besoins. Pierre Mainberte mourra en 1904 à Yainville chez mon grand-père, à Claquevent. Mais il sera enterré à Jumièges.

En juin 1895, Pierre Louÿs est venu rejoindre Tinan à Jumièges. Il y écrit et commet une page scatologique.

La procession du Saint-Sacrement remonte chaque année la rue principale de Jumièges. Avec ses charitons, une confrérie datant des temps de la peste, issue de volontaires pour procéder aux enterrements. Le chariton marche en avant, une cloche dans chaque main. En 1895, il est suivi du garde suisse comme j'en ai vu un, enfant, à la messe de minuit à Caudebec. En tête de la procession vient aussi M. Deshayes, ceint de son écharpe blanche d'ancien combattant de Crimée, vient le chantre de l'église, M. Lafosse.

20 décembre, La Vigie : Un bien triste accident s'est produit en Seine, mardi soir, non loin du débarcadère du bac à vapeur, sur la rive gauche de la Seine. Un propriétaire d'Anneville, M. Bécherel, âge de quarante-huit ans, se disposait à traverser le fleuve pour gagner Duclair, lorsqu'on levant l'ancre de son embarcation, il perdit l'équilibre et tomba à l'eau. Aucun secours ue put lui être porté en temps. Cet accident a causé une vive émotion a Duclair où M. Bécherel comptait de nombreuses connaissances.

Brûlées vives

Le Journal de Rouen, 16 janvier 1896. 

Hier soir (13 janvier), vers six heures, un déplorable accident a cause une vive émotion dans la commune de Jumièges.
Un ménagère, la femme Obiat, avait chargé une petite fille, Marie Costé, âgée de dix ans, d’emplir sa lampe de gazéoline. L’enfant prit le bidon, et, sans plus de précaution, s’approcha de la cheminée. Comme elle versait la gazéoline, les vapeurs s’enflammèrent au foyer de la cheminée ; le bidon fit explosion, et Marie Cosré se vit instantanément envoloppée de flammes.
Mme Obiat, saisie d’épouvante, envoloppa l’enfant dans ses bras en s’efforçant d’étouffer les flammes ; mais elle-même ne réussit qu’à faire prendre en feu ses vêtements.
Aux cris des deux victimes, les voisins accoururent et en les couvrant de couvertures, finirent pas éteindre le feu.
Trop tard, malheursuement, Mme Obiat était si grièvement brûlée qu’elle a succombé le lendemain matin au milieu d’atroces souffrances.
La petite Marie Costé était, elle-même, très gravement atteinte, sur toutes les parties du corps, et on désespère de la sauver.
Mme Obiat, née Julie Jersey, était âgée de soixante-cinq ans.


Alphonse Grain assassiné
28 janvier 1896. Un assassinat a été commis la nuit dernière à Sainte-Marguerite-sur-Duclair. Et c'est encore au hameau des Caillettes.
Notre page spéciale

Ils chutent de voiture
Le Journal de Rouen, 7 juillet 1896.
La semaine dernière, dans la matinée, MM Bonamy, père et fils, accompagnés des époux Feuilhye, se rendaient en voiture à Heurteauville et suivaient le chemin de Mesnil-sous-Jumièges à Yainville, lorsque le cheval ayant eu peur d’une brouette que traînait un jeune homme, a fait un brusque écart.
Dans le mouvement, le moyeu de la voiture est venu heurteur un arbre, et les quatre voyageurs ont été violemment projetés sur le sol.
En tombant, M. Feuilhye s’est fait de nombreuses contusions, et enfin M. Bonamy père a été grièvement blessé à la tête. Seul, le fils de ce dernier n’a eu aucun mal.
Les blessés ont été conduits chez les époux Portail où ils ont reçu des soins empressés.
L’état de M. Bonamy père est très alarmant.

Ecrasé par son attelage
Le Journal de Rouen, 16 juillet 1896.
Un terrible accident s’est produit un de ces derniers soirs, au hameau de Gauville, commune de Saint-Wandrille-Rançon.
Un jeune homme de quinze ans, nommé Hochard, domestique chez M. Albert Leroy, à Yainville, conduisait une voiture à deux roues chargée de fruits, lorsqu’à un moment donné, un des traits s’étant détaché, il descendit pour le rattraper ; mais ce mouvement fut si malheureux que le pauvre garçon tomba sous la roue gauche qui lui passa sur les reins.
Transporté aussitôt dans une maison voisin, au hameau de Gauville où l’accident venait de se produire, Hochard y reçut les premiers soins ; bientôt, aidé par son frère qui l’accompagnait, il put remonter sur la voiture, mais le malheureux expira peu de temps après sont arrivée à Caudebec-en-Caux.


La venue de Félix Faure
Août 1896. Du Havre, le président de la République s'embarque le matin à bord de l'aviso-torpilleur Sainte-Barbe. Il est accompagné de Mme Lucie Faure, de M. et Mme Berge (sa fille et son gendre) et de Hanotaux, le ministre des Affaires étrangères.
Le navire accoste à Duclair vers onze heures. Tous les maires du canton sont là ainsi que M. Hendié, préfet de la Seine-Inférieure, M. Waddington, sénateur, M. Le Souëf, député,  Maurice Lebon, député et leurs épouses. Il y a aussi Lechevalier, député, Laurent, maire de Rouen. La ville est entièrement pavoisée. Lebon présente un à un les maires du canton à Félix Faure qui prononce quelques mots de remerciements en réponse aux souhaits de bienvenue. Puis on se dirige vers l'hôtel où 60 couverts ont été dressés.
A la fin du déjeuner, Richard Waddington porte un toast au Président de la République qui associe à ses remerciements le ministre des Affaire étrangères. Après le déjeuner, Faure remet les palmes académiques au maire de Duclair, et la croix du Mérite agricole à Boutard, le maire de Jumiéges.
On retourne ensuite à bord de la Saint-Barbe qui conduit le Président à Jumiéges. En arrivant, Félix Faure se rend à pied aux ruines de l'abbaye, qu'il visite. Puis on se rembarque pour Caudebec-en-Caux. Là, un punch sera servi a l'Hôtel de Ville où le maire, M. Caumont, reçut les Palmes académiques. Le Président visita ensuite l'hospice où l'on décora la supérieure pour ses 50 ans de services puis, à cinq heures, il se rendit en voiture à Saint-Maurice-d'Etelan, à la propriété de son gendre où il fit l'ouverture de la chasse le lendemain.

En septembre 1896, le véloce-club de Rouen organisa des courses sur la route de Duclair à Yainville pour amateurs, professionnels et vétérans.

Une chasse royale

Le Journal de Rouen du 27 décembre 1896

Jeudi dernier, une partie de chasse était organisée dans la forêt du Trait par MM Emngard, de Duclair, et Delametterie qui avaient comme invités MM Louis Vauquelin et J. Neveu de Jumièges.
A peine en chasse, les chiens ont attaqué les sangliers et une laie a été mise bas.
Un des chasseurs, M. Neveu, continuant à suivre la voix des chiens, s’est trouvé tout à coup face à deux compagnies réunies comprenant une vingtaine de têtes.
Sans perdre de temps, M. Neveu envoya une balle au-dessous de l’œil de l’un des animaux, un coup de chevrotine au milieu du front d’un autre.
Les deux bêtes, deux laies, pensant l’une 140 kilos et l’autre 75 kilos, tombèrent raides mortes, pendant que toute la bande s’enfuyait non sans s’être vengée auparavant en cassant une patte et crevant le poitrail du chien de M. Neveu.
Les quatre chasseurs accompagnant ce superbe butin sont entrés à Jumièges, vers sept heures du soir, recevant sur le parcours les félicitations des cultivateurs riverains de la forêt du Trait.



L'excursion vire au scandale
Septembre 1897, Louis Obiat, 66 ans, domestique à Jumièges se pend à une poutre au dessus de son lit. On attribuera ce geste à une maladie incurable. Le même mois, une excursion fluviale à l'abbaye de Jumièges fit scandale dans la région.

Il tire sur son beau-frère

Les époux Charles Deshayes, à Jumièges, étaient séparés depuis dix mois. Le 10 octobre 1897, à 6h du soir, le mari vint inviter sa femme à reprendre la vie commune. Sur le refus de celle-ci, il tira un couteau et voulut la tuer, mais le frère de la femme, Albert Rigault,  prit un fusil et tira à bout portant sur Deshayes qui s'écroula comme une masse. Le parquet de Rouen se rend sur place le lendemain matin. Le meurtrier, arrêté, prétend que c'est la boisson qui l'a excité.

14 janvier 1898 : On ignore l'identité de trois ouvriers qui, oecupés à Duclair à retirer l'ancre d'un navire, tombèrent au fond du fleuve lorsque le flot les surprit et fit chavirer leur barque. (La Croix,)

Heurteauville vit sa vie. En mars 1899, Louis Fauvel obtient 9 voix sur 10 au poste de maire. Aristide Leprince en recueille 7 pour être adjoint.

Incendie à la chapelle
 

Dans une petite commune des environs de Duclair, une femme de quarante-cinq ans boit tellement qu'à son retour au logis, le mari ne trouve aucune nourriture préparée. Cette femme envoie plusieurs fois par  jour sa fillette, âgée de six ans, chercher de l'eau-de-vie chez débitant. L'enfant boit à même la bouteille le long du chemin en disant ; « Que c'est bon ! Que j'aime donc cela ! »

Bulletin de l’académie de médecine, 1907


31 juillet 1898 : le Dr Léonide Maillard, rédacteur au Journal de Duclair, devient conseiller général du canton.
 
A Jumièges, il est bien connu puisqu’il y a été médecin au sortir de la faculté. 

En août 1898 passa dans la plaine de Yainville un critérium de tandem, Rouen-Le Havre.





Cette année-là meurt Jean de Tinan à la fleur de l’âge. Un familier de Jumièges à la plume sulfureuse...

13 septembre 1898. "Une chapelle très ancienne, appelée la Mère-Dieu, située à 4 kilomètres de Duclair, dans la forêt de Jumièges, appartenant à M. Prat, a été la proie des flammes. Les pertes sont évaluées a 500 francs. La cause est accidentelle, elle est attribuée à plusieurs cierges allumés qui avaient été placés par plusieurs personnes venues le matin en pèlerinage, et qui auraient communiqué le feu aux objets déposés près de la statue de la Vierge." (Le Gaulois)
Le Journal de Rouen ajoute qu'il ne reste plus que les quatre murs de cette chapelle très ancienne située au lieu-dit le Chêne. On y venait en nombre en mai mais aussi le 8 de septembre pour la fête de la Vierge. Prat habitait Canteleu. Le feu se déclara le 8 septembre vers 10h du matin. Les dégâts furent couverts par les assurances.
A cette époque, des pompons et des épaulettes de shakos étaient déposés là en guise d'ex-votos pour conjuguer les fièvres.

21 Avril 1899. — Décret autorisant la société anonyme des grues à vapeur de Duclair à établir et à exploiter des grues à vapeur sur les quais...
5 avril 1901, vers neuf heures, le bateau à voiles chargé de sable pour la construction d'une digue, à Saint-Nicolas-de-Bliquetuit, a chaviré en Seine, en face de Saint-Wandrille-Rançon. Les deux hommes qui la montaient, nommés Henri Tarrz, vingt-quatre ans, célibataire, et Pierre Besnard, quarante ans, père de six enfants, tous deux demeurant au Trait, se sont noyés. L'accident parait dû au mauvais état du bateau qui coula déjà il y a deux ans et demi.
"Duclair (Seine-Inférieure), le 9 avril 1901. Je souffrais depuis plus de 3 ans de douleurs dans les mains et les pieds. J'ai fait usage du Beaume Victor, et ces douleurs ont entièrement disparu. Ernest Caudron." (Journal Le Progrès)

Deux doyens

On recherche souvent les doyens de sociétés ou assemblées. Eh bien ! c'est peut-être à Saint-Pierre-de-Varengeville (Seine-Inférieure), que se trouvent à la fois le « doyen » et le «, doyen d'âge » des conseillers municipaux de France. En effet M. Séhet, maire de cette commune depuis 1872, y est conseiller municipal depuis « l'élection du 30 juillet 1848 » ; voilà qui peut bien être un « doyen ».
Puis M. Honoré Vignerot, conseiller municipal depuis vingt-neuf années et actuellement adjoint honoraire, est entré dans sa quatre-vingt-onzième année. Il se rappelle parfaitement avoir vu les Prussiens à Saint-Pierre- de-Varenggville, en 1815 ; bambin de six ans, ils le prenaient sur leurs genoux pour le faire jouer.
On rencontre tous les mardis, dit le Journal de Rouen, sur la route de Duclair l'excellent homme cheminant allègrement et se rendant à pied au marcée, et il ne passe guère de dimanche sans jouer avantageusement sa partie de billard avec les jeunes gens du pays. Et voilà bien encore qui peut faire un solide
« doyen d'âge ». (Le XIXe siècle, 22 juin 1899).

Mesnil sous Jumièges (Seine-Inférieure), le 4 juin 1899. "Nous avons été très satisfaits de l'emploi du Baume Victor. Ma femme, atteinte de rhumatisme articulaire et obligée de garder le lit pendant plusieurs semaines, a été guérie par la friction de Baume Victor mélange d'huile d'olive. Moi même j'avais une douleur dans le genou qui m'empêchait parrfois de marcher, je me suis frictionné avec le même mélange. Depuis je ne me suis nullement ressenti de ces douleurs. Vauquelin, prop-cult."


Janvier 1900, A Saint-Paër, le jeune Etancelin, 5 ans, profite de l'absence de ses parents pour jouer avec des allumettes.. Ses vêtements prennent feu. Il est brûlé des jambes à la poitrine et succombe à ses blessures après douze heures de souffrances. Le même mois, toujours à Saint-Paër, la veuve Féron, 72 ans, se suicide dans l'Austreberthe. Huguerre fils, industriel, en a retiré le corps. Trop tard. Au château des Vieux, le même jour, un jeune menuisier d'Yerville vient voir son parent jardinier. En se lavant au bord de la citerne, il se noie...
A Varengeville, Tranquille Hauchecorne, 24 ans, ébranche un arbre chez Pigache. Coup de vent. Chute. Colonne vertébrale brisée, il meurt instantanément et laisse une veuve et un enfant de 5 jours.
A Sainte-Marguerite, on retrouve le cadavre de Pierre-Eloy Ponty, un journalier. Le docteur Allard diagnostique une congestion.


Juin 1900, Morin, un jeune garçon boucher de Duclair se baigne un dimanche dans la Seine. Quand il se noie. On retrouvera son corps au Mesnil.


28 avril 1901. C'était un dimanche. Louis Sizun, étranger au pays, se jetta dans la Seine à Duclair. On retrouva ses papiers dans ses habits.

2 juillet 1901 (Le Petit Parisien)

Des orages ont sévi avec une violence toute particulière en divers endroits. A Hénouville, la foudre est tombée sur le château de Mme veuve Dérivry et a provoque un incendie qui l'a détruit. Les pertes, estimées à environ 70,600 francs, sont couvertes par une assurance. Une avalanche de grêle, qui n'a pas duré moins de trois quarts d'heure, a tout saccagé à Duclair. Les arbres fruitiers sont hachés, les jardins fortement endommagés. La foudre est tombée en plusieurs endroits.


Vaut mieux boire ici qu'en face...
Jeudi 22 août 1901: visite de la société industrielle de Rouen: "Nous saluons au passage la gracieuse petite ville de Duclair, si renommée pour ses canetons, toute ensoleillée au milieu de la roche pittoresq ue qui l'encadre. Un facétieux commerçant a inscrit sur son enseigne avec quelque vérité « Vaut mieux boire ici qu'en face ».
Un peu plus loin, nous ralentissons notre marche afin de ne pas gêner les opérations de renflouage du  Félix-Faure qui touche à sa fin. Puis, nous arrivons à Jumièges à temps pour visiter les ruines de l'abbaye. (...) Parmi les vestiges intéressants recueillis et groupés dans le musée que Mme Lepel-Cointet, propriétaire actuelle, avait bien voulu nous permettre de visiter, citons la dalle tumulaire d'Agnès Sorel, celle du Tombeau des Enervés et un buste du célèbre abbé Simon Du Bosc, et quantité d'objets recueillis au cours des fouilles.
Après un déjeuner ou la gaieté et la bonne humeur suppléent aux somptuosités de la table, les objectifs multiplient les souvenirs de cette journée et nous reprenons la route de Rouen..."
22 août 1901 toujours, un douanier à la retraite, Joseph Stempf, rentre chez lui à Port-Jumièges. Et tue sa femme, née Rosalie Soligny, à coups de marteau. Il va ensuite se noyer. Lire notre page spéciale


L'école privée sommée de fermer


Juin 1902. Jumièges —Le croiseur Cassini et les torpilleurs de haute mer Yatagan, Durandut et Fauconneau, venant du Hâvre, ont fait leur apparition devant Jumièges, samedi. à huit heures du matin. La présence de cette escadrille a fait sensation dans le pays el les bords de la Seine n'ont pas tardé a se garnir de curieux. Cette force navale a séjourné devant Jumièges jusqu'à trois heures de l'après-midi. Elle a ensuite regagné le Havre pour de là se rendre à Cherbourg.

Juillet 1902
. Un incendie se déclare au Trait dans un bâtiment où dorment onze ouvrier agricoles. Peu de dégâts. En revanche, deux heures plus tard, un second départ de feu dans un autre bâtiment ravage tout. Nous sommes dans la ferme de M. Bocquet, la propriétaire est MMe Tuvache, de Guerbaville.

24 juillet 1902, en pleine guerre de religion, le journal Le Temps s'insurge: "Les religieuses qui dirigent l'école maternelle libre de Jumièges ont reçu l'ordre de fermer cet établissement dans un délai de huit jours. L'asile de Jumièges a été construit il y a trente ans environ par Mme veuve Eric Lepel-Cointet. Le terrain, la-construction, l'aménagement, l'ameublement, n'ont pas coûté un centime à la commune.
Depuis cette époque, Mme Lepel-Cointet a payé de ses deniers les religieuses qui ont successivement dirigé l'asile, où tous les enfants sans distinction étaient non seulement admis, recueillis, soignés, instruits, mais encore presque entièrement nourris.
Ces temps derniers ils étaient au nombre de soixante-cinq. De plus, une religieuse était chargée de visiter les malades et de leur délivrer gratuitement des médicaments." 


Dans la Vigie de Dieppe — La commune île Jumièges va connaîre les douceurs des proscriptions édictées par M. Combes. Les religieuses dirigeant l'Ecole maternelle libre ont reçu, par lettre préfectorale en date du 13 juillet, l'ordre de fermer leur établissement dans les huit jours. L'Ecole maternelle de Jumièges recevait plus de soixante enfants. Cet asile — on lui a conservé dans le pays cette ancienne appellation — avait été fondée il y a une trentaine d'années par Mme Erric Lepel-Cointet, qui entretenait de ses deniers les soeurs institutrices. L'établissement qui vient d'être fermé par l'autorité ne coûtait donc rien à la commune; inutile de dire qu'il lui rendait de grands services.
Le Journal de Duclair fait une constatation piquante ; Il rappelle que le même M. Mastier qui, en qualité da préfet, vient de donner l'ordre de fermer 1'asile, a été,  il y a quelque vingt cinq ans, précepteur des enfants Lepel-Cointet, « c'est à dire instituteur libre et privé, aux gages de la famille Lepel-Coinlet, dans les mêmes conditions que les religieuses qu'il fait partir aujourd'hui. M. Mastier connaissait donc mieux que personne les conditions dans lesquelles l'école maternelle libre de Jumièges a été créée et fonctionnait
.

Le journal Le Renseignement nous renseigne précisément sur le succès grandissant d'une nouvelle pratique: le divorce. Un jugement du 23 décembre 1902  du tribunal de Rouen nous apprend celui de Marie Séraphine Landrin, résidant à Jumièges, d'avec le sieur Blard, qui n'y habite plus. Le jugement est au profit de l'épouse. Un autre jugement en date du 11 février 1903 scelle la séparation de biens entre Mme Ouin, demeurant à Jumièges et M. Barbey, journalier, au profit de la femme. 
Janvier 1904 : Alphonse Perdrix, 55 ans, rentier, est retrouvé pendu à Barneville, de l’aut’ côté d’l’iau. Le Dr Texier constate le décès de cet homme dont la raison s’égarait.


Le 8 février 1904, un certain Vincent, 42 ans, journalier d'Heurteauville, part avec une barque de location pour se rendre à Norville en compagnie de son fils âgé de 12 ans. On ne les revit jamais.

7 juin 1904. Ce sont les fêtes normandes à Rouen. La matinée et une partie de l'après-midi sont consacrées à une excursion à Jumièges. Les membres du comité et leurs invités se sont embarqués, à huit heures du matin, au quai de la Bourse, sur le vapeur Félix-Faune, qui s'est bientôt mis en marche pour son lieu de destination. La visite des ruines de la célèbre abbaye, chantée par Victor Hugo et qui fut fondée au douzième siècle 'sic !) par saint Philbert, et du musée lapidaire, ont vivement intéressé nos hôtes, qui étaient de retour à Rouen dans l'après-midi.

31 juillet 1904 : le Dr Maillard est réélu conseiller général du canton. 

26 septembre — Dans la journée de lundi, une jeune femme nommée Louise Bettencourt mourait presque subitement, au hameau du Sablon, près Jumièges. La gendarmerie, après une enquête sommaire, conclut à la mort par congestion alcoolique, sur les dires des voisins ; mais comme Louise Bettencourt portait une blessure à la poitrine, le docleur Chatel, de Duclair, fut mandé. Il vint au Sablon et, n'ayant pas qualité pour faire l'autopsie, il rédigea un rapport dans lequel il présumait que la blessure n'avait pu occasionner le décès.
L'autopsie seule pouvait établir la cause déterminante de la mort, le drame n'ayant eu d'autre témoin que Emile Barbey qui habitait avec la jeune femme. Le cadavre qui avait été déjà placé dans un cercueil,f ut mis sur une table et le médecin légiste pratiqua l'autopsie. Les conclusions n'en paraissent pas douteuses : il y aurait eu crime. Au vu des conclusions de l'autopsie, M. Perrin fit arrêter Emile Barbey.

15 janvier 1905 :  le Mérite agricole va à Sever Boutard, maire de Jumièges.

1905 : Fouilles à l'abbaye de Martin du Gard qui loge chez un ami, Maurice Ray, à Yainville. Les assises du transept et du chœur de Notre-Dame sont dégagées.

Du 15 au 20 juillet eut lieu une régate entre Duclair et Le Havre. Toujours en juillet 1905, le 17, deux bataillons du 74e cantonnèrent à Hénouville et La Fontaine et deux du 39e à Varengeville.


Années 1906-1907, Henry Lécuyer, le frère de lait de Maupassant, vit vraisemblablement à Jumièges après avoir épousé à Canteleu Augustine Duhamel. Il établit en effet une descendance ici à cette époque mais on perd ensuite sa trace…

27 juillet 1906, vers 10 heures du matin, le vapeur Hippolyte-Worms s'échoua sur la rive gauche du chenal, près du passage d'eau de Mesnil-sous-Jumièges ; s'étant renfloué par ses propres moyens et sans avaries apparentes, à l'arrivée du flot, il se remit en marche vers 2 heures après-midi.

Dans huit jours le mardi 18 septembre (1906) on vendra, chez un notaire de Caudebec-en-Caux, l'antique monastère de Fontenelle. Ce monastère, qui est situé dans un vallon boisé, sur le territoire do la commune de Sàint-Wandrille-Rançon., était occupé, avant la dispersion des congrégations non autorisées, par des bénédictins de Solesmes. Il y a une dizaine d'années, avant leur arrivée, on vendit, à l'hôtel des commissaires-priseurs de Rouen, le « trésor » de cette abbaye, et les vieux Rouennais se souviennent d'avoir vu, à cette époque, de fort belles boiseries, des missels et de curieuses orgues portatives du quinzième siècle qui passèrent dans les mains des collectionneurs. 

1er septembre 1906. Rien ne va plus chez les pompiers de Duclair. Capitaine des pompiers, conseiller municipal, président de la société de tir la Sentinelle, Alexandre Lamiré démissionne avec le lieutenant Albert Lemarchand, le sergent-major Achille Lécuyer, le sergent-fourrier Adolphe Falaise. Lamrié avait été reçu la légion d'honneur le 3 août 1905 en qualité de capitaine de réserve du 39e d'Infanterie. Quand Lamiré démissionne, le sergent Georges Vespier vient dêtre nommé sous-lieutenant. Une relation ?

Drame de l'alcoolisme à Varengeville

1er octobre 1906. (Le Petit Parisien)

Le parquet de Rouen s'est transporté au hameau de Candos, près Saint-Pierre-de-Varengeville, où un drame de l'alcoolisme a eu lieu.

Hippolyte Carré, journalier, âgé de cinquante-cinq ans, avait fait la fête, dimanche soir, avec Ernest Golle, âgé de trente-cinq ans, Gustave Bollée, vingt-huit ans, tous deux ouvriers de fabrique, et quelques amis. Vers minuit, tout le monde était ivre.
Une discussion très vive éclata entre eux pour un motif futile dans la cour d'un voisin, nommé Cavelier. Celui-ci sépara les antagonistes. Alors, Golle rentra chez lui et revint avec un fusil chargé de plomb no 7. Il était accompagné de Bollée tous deux invectivèrent Cavelier, sur lequel ils auraientcertainement tiré si sa femme ne l'avait empêché de sortir de sa maison.
Pour son malheur, Carré, lui, sortit, et voyant Golle armé, il s'élança pour lui arracher son arme. Dans la lutte, un premier coup partit qui n'atteignit personne. Le choc fit tomber Golle et, au moment où Carré allait lui arracher l'arme, l'ouvrier de fabrique lui envoya une décharge à bout portant quil'étendit raide mort, la trachée artère coupée. Les deux coupables allèrent ensuite se coucher.

La gendarmerie de Duclair, avisée par Cavelier, les a arrêtés ce matin. Après l'autopsie pratiquée par le docteur Didier, les meurtriers, qui se rejettent la faute l'un sur l'autre, ont été emmenés à Duclair.

En 1906, Henri Denise fait construire à Duclair sa norvégienne de un tonneau, le Comme tu Voudras... Elle circule encore en 1915.  Cette année-là, le Dr Chatel fait construire sa barque de plaisance du port de un tonneau, le Mischief. Il la cèdera au sous-brigadier des douanes, Fleury et elle prendra le nom de Vol au Vent.


Dimanche 10 février 1907, à Jumièges, Madeleine Duparc alluma un feu de joie fait de mille bourrées. Mille !

Avril 1907. Gêné par la brume, le vapeur norvégien Bayard détruit en partie l'appontement du Touring-club de France, à Duclair. Sa gazette de mai indique ques les services de la navigation vont le réparer promptement pour sauver la saison de yachting.

Mai 1907. Yvetot. — Fernaud Jauffrey, vingt-quatre ans, a été arrêté par le commissaire de police au moment où il mettait en vente sur le marché une vache qu'il avait volée dans un pré de Jumièges.

L'accident d'Yainville
27 mai 1907. C'est la fin de la journée. Une voiture appartenant à la maison Brillé, dont la construction venait d'être terminée au Havre, conduit le chauffeur Vestu et le mécanicien Héricher pour assister à une course de véhicules industriels. Les deux hommes reviennent au Havre quand à Yainville, en voulant éviter un chien qui gambade autour de la voiture, le conducteur Vestu percute la bête avec sa roue d'avant. D'autres diront qu'il entra en collision avec une charrette. Bref, l'auto fait une embardée et culbute dans un fossé. Seulement, au revers de ce fossé, trois chemineaux étaient assis. Ils n'eurent pas le temps de se garer et furent littéralement fauchés par l'auto : la veuve Boulais, 59 ans, qui a eu la cuisse droite fracturée, Henri Fromentin, 59 ans, tous deux journaliers à Villers-Ecalles et Jean-Louis Durand qui reçut de très graves blessures au sommet du crâne. Les trois blessés furent conduits à l'hospice de Duclair où Durand succomba quelques heures après. Les mécaniciens, eux, sont indemnes.

27 juin 1907. J Bastard, couvreur à Duclair, meurt d'une chute de toit.


Il avale du verre !

16 juin 1907. M. Boissel-Dombreval, juge d'instruction, confrontait, l'après-midi, un nommé Goll, de Saint-Pierre-de-Varengeville, âgé de trente-quatre ans, marié et pére de quatre enfants, braconnier fieffé, avec un nommé Decharrois et plusieurs autres témoins, au sujet d'importants vols de métaux commis à l'usine Gillon, de Villers-Ecalles. Les dépositions étant accablantes pour Goll, celui-ci sortit soudain une petite glace de sa poche, la brisa en mille morceaux et, avant qu'on pût prévoir son acte, en avala une grande partie. Goll a élé transféré à l'inflrmerie de la prison Bonne-Nouvalle.

Eté 1907 : Marcel Proust visite l’abbaye.

Septembre 1907. Au Mesnil, le jeune Aubert tombe accidentellement dans la Seine. Et coule à pic.

Début novembre. Jumièges. — Le feu a détruit la nuit un baraquement en planches servant d'habitation aux époux Moignac.

10 novembre 1907. Les bûcherons syndiqués exploitant la forêt dé Roumare se mettent en grève à la suite d'une réu'nion tenue à Saint-Pierre de Manneville. Ils. se sont rendus à Quevillon pour débaucher les ouvriers. Ceux-ci ont refusé de quitter le travail. Les grévistes demandent que l'exploitation de la forêt de Roumare soit exclusivement réservée aux bûcherons syndiqués.



1908 : Cette année, à l'abbaye de Jumièges, la maison Baron Aîné, de Déville, va consolider le porche et les tribunes du grand portail et reconstruit le pignon central sous la direction de M. Ventre, l'architecte des Monuments historiques. Mme Lepel-Cointet en est la commanditaire à ses frais.

Mai. Duclair. — M. Duquesne, rentier, s'aperçoit qu'on lui avait volé son bachot. Vite il saute dans un autre et rattrape ses voleurs, trois jeunes gens.

6 octobre 1908. Le steamer autrichien Zichy, en montant la Seine à destination de Rouen, s'est échoué sur le banc de Yainville. Il est rentré au Havre pour se faire examiner par un scaphandrier.



1er janvier 1909. Au Mesnil, on recherche un vandale qui a mutilé 40 peupliers à coups de serpe.

11 avril. Au Mesnil, un satyre de 53 ans, Victor Moulin, abusait d'une fillette infirme de 16 ans. Il est écroué.

4 mai 1909, cinq hommes pesant plus de 100 kg se réunirent au café Ameline. Il s'agissait de MM Lamy, Rousseau, Porte, le boucher, Jules Ibert, le forgeron et Baptiste Fradet, le chauffeur de Mme Lepel-Cointet. 1909 est aussi l'année où Eléonore Lambert devient capitaine des pompiers. Martin du Gard publie son étude.
Un officier, 17 hommes, 25 chevaux, un détachement du 3e escadron du train des équipages de Vernon est logé chez l'habitant à Duclair.

Au Mesnil, un satyre de 53 ans, Victor Moulin, abusait d'une fillette infirme de 16 ans. Il est écroué.

1er août 1909
, le Journal de la Gendarmerie nous apprend que par arrêté du ministre des Finances, a été nommé à Jumièges receveur buraliste de lre classe M. Partoy, ex-gendarme à la 15e légion de gendarmerie.

A cette époque, quand vient le mois de mai, il n’est pas rare de voir dans les fermes autour du marais d’Heurteauville des couleuvres se dorer au soleil sur les tas de fumier. Elles ont de 12 à 15 centimètres de long et la grosseur d’un petit crayon.



En 1910 Paul Mascart était préposé des douanes à Duclair. Il avait la particularité d'être peintre et fondateur, avec Marcel Delaunay, de la Société des artistes rouennais.

Janvier. Le cadavre du nommé Charles Buron, 59 ans, domestique, est retiré de la Seine à Jumièges.

31 mai: La société française d’archéologie termine un périple de deux jours par Jumièges. Elle remet à Mme Lepel-Cointet, membre de la société, sa grande médaille vermeil tout en regrettant l’absence de Martin du Gard pour enrichir les exposés.

4 juillet : Henri Denise, le restaurateur et maire de Duclair, est élu conseiller général.

Le maire assassiné !

L’homme qui arrêta Martin photographié ici l’année suivante près d’un puits.

14 juillet 1910, il est bientôt onze heures. Prosper Peschard, notaire et maire de Jumièges, s'apprête à présider la revue sapeurs pompiers commandés par Eléonore Lambert. Quand il tombe nez à nez avec Jules Martin, 45 ans, l’un de ses conseillers. Les deux hommes ont un lourd contentieux entre eux. Martin attend de l’argent du notaire. Le notaire attend de l’argent de Martin. 

Ce matin du 14 juillet 1910, Martin tire un coup de feu qui va résonner longtemps dans le bourg de Jumièges. Peschard meurt trois jours plus tard. 


La foule assiste aux obsèques. Les commerçants de Jumièges ont baissé leur rideau. Procès. Là, Martin continue de crier au voleur. Des Jumégeois viennent-ils vider leur sac à la barre ? Il les injurie. L’assassin est condamné à finir ses jours à Cayenne.

Lire notre dossier:

19 juillet 1910. Le vapeur norvégien Normand, capitaine Molvig, s'échoue à Jumièges. Il transporte du bois pour Rouen. Deux remorqueurs de la capitale viennent le renflouer.

Le maire assassiné, c'est son adjoint, Delametterie qui lui succède du 16 août 1910 au 13 mars 1911, date à laquelle s'installera Sever Boutard fils dans le fauteuil du premier magistrat.

9ctobre 1910 le feu ravage le domicile de Robert Delaville, pêcheur et cultivateur au Mesnil.

30 octobre 1910. Dans la soirée d'hier, vers neuf heures, le comte de Bonvouloir, venant de Paris et se rendant à Jumièges, traversait Rouen quand, sur le boulevard du Mont-Riboudet, il aperçut devant lui, malgré la boue qui recouvrait ses phares, un homme traînant une charrette à bras. Il essaya de l'éviter, mais il atteignit la charrette à l'arrière et la fit ournoyer si brusquement que celui qui la traînait fut projeté violemment sur le sol.
M. de Bonvouloir qui conduisait lui-même son automobile s'arrêta immédiatement et se porta au secours du malheureux qu'il venait de renverser; mais tous les soins furent inutiles. L'homme avait été tué sur le coup. La victime de cet accident est un marchand des quatre-saisons nommé Campart, demeurant à Rouen. En 1907, le comte de Bonvouloir avait été condamné par le tribunal de Bayeux pour blessure par imprudence et vitesse excessive. Son mécanicien, Rivière, père de quatre enfants juché sur le marchepied, avait dû être amputé.



Les masques noirs

Janvier 1911.  Duclair. — M. Léon Ponty, aide-maréchal, a été mordu par un cheval qui lui a sectionné littéralement la première phalange de l'annulaire gauche
La Londe. — Désespérée de la vie, Mme Vve Lamral, 65 ans, marchande-épicière, s'est pendue dans sa maison
Saint-Martin-de-Boscherville. — Pendant l'absence de M. Berlin, entrepreneur de peinture, des malfaiteurs se sont introduits chez lui et ont enlevé pour 700F de bijoux (La vigie de Dieppe 13 janvier).


15 janvier. Auguste Piel, rentier, âgé de soixante-treize ans, habitant seul dans une maison solitaire, à Hénouville, fut assailli chez lui, Lundi dernier, par deux individus, dont l'un
était masqué, qui le rouèrent de coups, puis fouillèrent la maison. Le vieillard ne porta pas plainte. Mais aujourd'hui, M. Piel a a succombé à ses blessures, et le parquet de Rouen, avisé, s'est rendu cet après-midi a Henouville.Ce fut la première victime de la bande dite des Masques noirs, composée de Levreux et Lieury, qui terrorisa la vallée de Maromme durant trois ans.

17 février 1911. On a repêché, à Jumièges  le cadavre de l'ouvrier Marcel Legris, 17 ans.

Mars. On ne sait pourquoi la Vigie de Dieppe publie cette brève : "Jumièges. — Mme Vve Glatigny, rentière, est morte subitement chez elle."

Dimanche 11 avril 1911, le Dr Loisel, de Rouen, se rend à Caudebec. Près de la gare du Trait, il change un pneu. Son fils est à ses côtés quand il est renversé par un coureur cycliste. Loisel porte plainte.

Mardi 11 avril 1911. Drouet, pharmacien de Duclair, avait à plusieurs reprises déclaré comme perdus et  de malles, des effets et un fusil de chasse pour encaisser la prime d'assurance. Il est arrêté et part à 15h en voiture pour être emprisonné à Rouen. Ce jour-là se tient le grand marché du Mardi-Saint. Raoul Lefebvre, cultivateur à Saint-Paër, rafle la plupart des prix. Primés aussi : Levasseur, de Varengeville, Boquet, Biard, Duquesne, Goddefroy, Prunier, de Duclair, Bataille, Hémard et Thierry, de Saint-Paër, Oscar Decaux et Albert Lainé, du Mesnil, Albert Jeanne, de Jumièges, Bernard et Hermier d'Ambourville...

Mai 1911. Un nommé Charles Lecoq, 20 ans, journalier, sans domicile fixe, d'Heurteauville, s'introduit par escalade chez M. Napoléon Saval, propriétaire à Hauville et dérobe une somme de 25 francs ainsi qu'une bouteille d'eau de vie. On l'arrête.

13 mai 1911. Un préposé des douanes, Léon Sainsaulieu, 32 ans, descendait la rue de l'Eglise à Duclair, lorsqu'il vint se heurter contre une automobile qui le culbuta et le traîna pendant plusieurs mètres. Il est grièvement blessé.

1911 : une particulière, Louise-Anne Givon, fait édifier une école au Conihout-de-Jumièges et en fait don à la commune. Elle gardera le nom d’école Lefort.

Eté 1911, la société d'histoire d'Eure-et-Loir visite la Haute-Normandie. 

"Nous brûlons Duclair, bourg pittoresque et tranquille qu'affleure la Seine, au confluent de l'Austreberthe. Comme dans un kaléidoscope, passent successivement les baies d'aubépine, les arbres fruitiers, les grandes cours normandes, les canetons à l'air ébahi.

Nos autobus s'engagent dans la presqu'île que dessine la dernière boucle du fleuve et que défrichèrent les 1.500 moines de l'abbaye dont les tours émergent à l'horizon.

Jumièges est le clou de notre excursion. Nous sommes introduitspar un guide compétent, originaire du pays, qui nous fait revivre tout un passé de domination monacale et de renaissance architecturale (...) Mme Lepel-Cointet, propriétaire de cet important domaine, ayant eu l'amabilité d'autoriser notre caravane à circuler dans toutes les dépendances, nous avons usé largement de l'hospitalité qui nous était offerte.

Les appareils photographiques sont vite braqués vers la façade, et le défilé commence dans les galeries, où des pancartes avertissent les touristes qu'on ne répond pas des accidents et qu'il faut avancer avec prudence. Comme rien ne résiste à l'action du temps, des moellons se détachent des bas côtés et des murs latéraux. Ce n'est pas tout : les points d'attache des dernières voûtes fléchissent, les contreforts ne peuvent plus résister à la poussée des grandes murailles que désagrègent les agents atmosphériques. « C'est grand dommage pour l'histoire et pour l'art, nous dit M. Mouton ; mais il n'y a guère de remède. »

25 juillet On apprend la mort dans d'atroces souffrances de Mme Théodule Eliot qui avait été grièvement brûlée à Duclair. 

8 septembre 1911. La presse :


Un officier victime de son dévouement

Le lieutenant Dusannier, appartenant à la  batterie du 22e régiment d'artillerie de Versailles, vient de trouver la mort en portant secours à un de ses hommes. C'est au cours des manœuvres de la 10e brigade, au village du Duclair, près Rouen, que ce triste accident s'est produit.

Pour baigner leurs chevaux en Seine, les canonniers avaient dû s'écarter du bord et s'avancer assez loin dans le lit du fleuve. A un certain moment, le cheval, monté par le canonnier Réthoré, glissa et disparut avec son cavalier. Le lieutenant Dusannier, voyant que celui-ci allait se noyer, n'écouta que son courage et se jeta à l'eau tout équipe. Bientôt, il donna des signes de lassitude, appela au secours et coula. Des mariniers se portèrent aussitôt avec une barque sur le lieu du sinistre. Mais il était trop tard. C'est à six heures et quart que le lieutenant s'était noyé. C'est seulement à sept heures que le corps du canonnier Rethoré fut retrouvé et a huit heures que celui du lieutenant Dusannier fut ramené sur la berge.

Les deux cadavres furent d'abord transportés à l'hôtel de la Poste, puis à l'hospice, où ils furent recouverts de fleurs et de drapeaux.


En 1911, le garde maritime Vincent, demeurant à Berville, vendit son canot, l'Ida, à Mlle Guise Smith, une Anglaise qui résidait à Duclair.

Décembre 1911.  Jumiéges.— Dans une crise de délirium tremens, Emmanuel Landrin se pend chez lui. Mesnil sous-Jumièges. — S'étant approchée trop près du fuyer, Madeleine Martin, dix ans et demi, met le feu à ses vêtements et est grièvement brûlée.


14 janvier 1912. Le vapeur anglais John-Mary Church, montant à Rouen, s'est échoué dans la nuit de jeudi à vendredi, à 200 mètres en amont du feu de Yainville. Un remorqueur de Rouen est parti sur des lieux d'échouement. On craint que le vapeur ne soit gravement avarié. (La Croix)

23 février 1912. Une rixe sanglante a éclaté à Ambourville-sur-Seine, pour un motif futil, entre le sieur Delalonde, son fils et son beau-frère, nommé Levée. Le jeune Ducatel, voulant s'interposer entre les belligérants, reçut à la tête un coup de nerf de bœuf. Ducatel père, accourant pour défendre son fils, fut également blessé mais, s'armant d'un bâton, il frappa Delalonde père, qui, grièvement atteint, succomba peu après. Les trois autres sont dans un état grave.

23 mars 1912. L'association des Amis du Vieux Caudebec est créée par Maître Louis James. Objectif : "inciter au respect des vestiges du passé." Non seulement elle obtiendra le classement de l'église et la sauvegarde de la maison des Templiers, mais elle soutiendra des actions extérieures à l'ancienne capitale du Pays de Caux comme une campagne de fouilles à Duclair.

"L'an 1912,  le 16 mai, jeudi, à 10 heures du matin, les membre du conseil municipal proclamés par le bureau électoral, à la suite des opérations des 5 et 12 mai 1912,  se sont réunis à la mairie sur la convocation qui leur a été adressée par le maire conformément aux art. 48 et 77  de la loi du 5 avril 1884.

La séance a été ouverte sous la présidence de M. Lefebvre Jules, maire, qui après l'appel nominal, a donné lecture des résultats constatés aux procès-verbaux et a déclaré installés MM:
Renault Anfry: 218 voix
Gruley Pierre: 210
Jeanne Albert: 192
Lefebvre Jules: 187
Glatigny Oscar: 184
Duparc Louis: 168
Neveu Raoul: 163 voix
Boutard Sever: 157
Duparc Aimable: 157
Gossey Emile: 156
Deconihout Albert: 136
Lamy Léon 129.

Dans leur fonctions de conseillers municipaux. M. Gruley, le plus âgé des membres du conseil, a pris ensuite la présidence. Le conseil a pris pour secrétaire M. Neveu Raoul"

(Relevé: Martial Grain)

Juin. Jumièges. — Emile Vigreux, 42 ans, domestique, se pend en se tirant un coup de fusil dans la bouche.

Juillet. Le prince est arrivé à Rouen vendredi matin à dix heures, par le chemin de fer, en compagnie de MM. Henry-P. Hansell, son précepteur anglais, et Maurice Escoffier, son professeur de français. Des appartements lui avaient été préparés a l'hôtel d'Angleterre où il a déjeuné. Au commencement de l'après-midi, le prince a été en automobile visiter l'abbaye de Jumieges. Vers quatre heures, il était de retour a Rouen. Il s'est alors rendu à lacathédrale... (La Vigie, 9 juillet)

Novembre 1912: le conseil municipal adopte une délibération capitale: ne plus financer de balais pour l'église.

Décembre 1912: M. Planques, au bureau de Poste de Duclair, ira remplacer Mme Cartier, receveuse au bureau de Bezons où son mari fut assassiné par des émules de Bonno t. Aucune femme n'avait accepté de s'installer dans le bureau tragique.

1912 aura été l'année où Parfait Paôn, instituteur à Jumiège aura publié une petite notice sur l’histoire de la presqu’île et a gardé dans l’oreille les souvenirs de Sever Boutard père, l’ancien maire. Jumièges compte 930 habitants, 200 au bourg, 450 au Sablon, 180 au Conihout. Entre les deux, le marais est maintenant asséché depuis une cinquantaine d’années. Trois grands fossés dérivent l’eau jusqu’à la Seine. Il n’est inondé qu’aux grandes marées d’équinoxe. Dans ce secteur se trouve la pâture commune. C’est 198 hectares enclos où, moyennant une faible redevance communale, les habitants font paître 300 bêtes à cornes et quelques chevaux à la belle saison. Le haut du plateau, avant d’arriver au bourg, est peu fertile et convient à la culture de la pomme de terre et de l’orge. Dans les pentes, en revanche, on cultive céréales, fèves, trèfle, pois et pomme de terre. Les terrains du bord de Seine sont en revanche bien plus riches et donnent de fortes récoltes de blé. La cérémonie du Loup Vert ne se limite plus qu’à une haute flambée et une procession. On garde toujours un tison pour se prémunir de la foudre et des maladies


1913 : Mme Lepel-Cointet offre une pompe à bras au corps des sapeurs pompiers. L’été, Apollinaire visite les ruines avec André Billy. « Elles s’élèvent dans un beau parc. Jean de Tinan y erra souvent, paraît-il. Et près du petit musée, où l’on conserve la pierre tombale d’Agnès Sorel et le tombeau des Enervés, nous vîmes un cabinet de travail dont la décoration nous ramenait un peu plus de quinze ans en arrière. Les murs sont couverts d’affiches, de programmes de théâtre, d’éventails, de photographies… »

Vers cette époque, M. Détienne devient le guide de l'abbaye. Il s'installe dans le logis de l'entrée. Avec son beau-père, il a aidé aux fouilles archéologiques de Martin du Gard. Il verra se tenir ici le congrès d'archéologie sous la présidence de Lefebvre-Pontalis. Puis vint le Prince de Galles qui regretta ne point pouvoir monter aux tours.

6 août 1913. Georges Despois, qui se baignait dans la Seine, à Varengeville, est surpris par l'arrivée du flot et se noie.

6 août 1913, le jeune Maurice Deconihout, âgé de onze ans et demi, élève de l'école mixte d'Heurteauville, remit au brigadier des douanes un porte-feuille renfermant 3.950 francs, qu'il venait de trouver sur le chemin de halage. Le soir même le propriétaire put entrer en possession de son bien. M. le président du Conseil, ministre de l'instruction publique et des Beaux-Arts, et M. l'inspecteur d'Académie ont adressé une lettre de félicitations au jeune Deconihout.

Septembre. Duclair. — Un enfant de neuf ans, nommé Landrin, dont les parents demeurent à Mesnil-sous-Jumièges, tombe en Seine en jouant et se noie.

Le crime de Mme Prunier
3 janvier 1914. Drame de l'alcoolisme. Au Mesnil-sous-Jumièges, habitent depuis un certain temps, un vannier, nommé Alphonse Prunier, 51 ans, dit encore Anfry et sa femme, née Ursule Lepelletier, 41 ans. Le mari était un ivrogne et un brutal, et il maltraitait continuellement sa femme.
Vers minuit, les voisins entendent des coups de feu et aperçoivent aussitôt Ursule, le visage ensanglanté. Le maire, qui habite à côté, se précipite et la questionne. Mais elle ne pourra pas répondre. Elle a la machoire fracassée. En pénétrant dans la maison, le maire découvre l'horreur. Anfry git à la tête de son lit.
Lasse de subir ses mauvais traitements, la femme Prunier profita du sommeil de son mari pour lui tirer à bout portant, un coup de carabine dans la téte, La mort fut instantanée. Puis, affolée d'avoir tué son mari, elle recharge son arme et tente de se tuer par le même moyen. Elle se blesse grièvement, et elle est transportée mourante à l'Hôlel-Dieu de Rouen.

1914 encore. Gabriel-Ursin Langé, le poète dont la mère est de Jumièges vient enterrer un grand maître de la confrérie de Saint-Jean Baptiste.

Juin 1914 : la troupe de l'Odéon donne La passion du Christ dans les ruines de l'abbaye. A la fin du mois: visite d'Aristide Briand, du prince et de la princesse de Grèce. Une noce s'égaye à travers les ruines quand sonne le tocsin de la mobilisation.

 


POUR SUIVRE: LA IIIe REPUBLIQUE  

 

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